Digitized by the Internet Archive in 2010 with funding from University of Ottawa http://www.archive.org/details/journaldesconnai1838pari m 1 n *^ ANMCE. 1838. J O U R :£«J AI. SES ■^ SERIE. Troisième année. COMAISSMC K>« RÉPERTOIRE MENSUEL ET PROGRESSIF DE TOUS LES FAITS UTILES, ÉC0x\03IIQUES ET NOUVEAUX, Guide du consommateur, ANXOXCES CRITIQUES ET RAISONNEES DES PRODUITS DE l'i.NDUSTRIE Une livraison de trente-deux pages par mois , contenant un demi-volume in-S". PRIX , FRANC DE PORT POUR TOUTE LA FRANCE , PAR AN, SIX FRANCS. Toutes les lettres devront être adressées, franc de port, à M. .\ugiste DESREZ, Directeur, rue Neuverdcs-Petits-Champs, n. 50, à Paris. Des salles d'asile, 3. I. AGP.ICULTLRE. Fourrages non graminés, 7. — Économie rurale : la muscardine , maladie des vers à soie, il. — De la ma- nière de connaître les bonnes faux et de les affiler. II. COJLMERCE , MAXLTACTLT.es , .\RTS ET MÉTIERS. Des couvertures de terrasses en zinc, 12.— Lanternes de sûreté, i4. m. ÉCONOMIE DOMESTIQUE. Du miel, du sucre et du sirop qu'on peut en faire, t4. IV. HYGIÉ.XE. Des eaux minérales, 16. — De la mort apparente et de XLMERO 1. — JAXYIER. la mort réelle : signes auxquels on peut les distin • guer, 19. V. MORALE , MÉTHODES D'EXSEIGXEMEXT, LÉGISLATION. ■ Organisation et administration municipales, 19. — Tra- vaux des maires pour le mois de janvier, 20. — Aperçu de la jurisprudence du conseil d'état en matière de con- tributions directes, 23. — Remboursement des lettres dites d'attrape, 27. — Peines de simple police, il/id. YI. AX.XOXCES CRITIQUES ET RAISOXXÉES DE L'IXDCSTRIE. But de cette nouvelle division du Journal, 29. Correspondance, 31. (2 'S JOURS delà FÊTES ET SOMS des INTÉRÊTS de fr. 100 REi par ^•EXU par E.MPI Dépense 01. Épargne PRODUIT de 1/10 épargné ûu boui de •3 ■3 semaine. SAIMS. à 4 p. 0^0. J. f. c. an. jour. 9/10. f. c. 1710. f. c. 20 ans. ÏT f. C. f. c. 1 1 lundi. CIRCONCISION. 1 0 1 100 0 27 0 24 0 2 301 24 2 2 mardi. s. Bazile, év. 2 0 2 150 0 41 0 36 0 4 453 50 3 3 mercredi. Ste. Geneviève. 3 0 3 200 0 54 0 49 0 5 606 10 4 4 jeudi. S. P.igobert. 4 0 4 250 0 68 0 61 0 G 756 50 5 5 vendredi. Ste. Amélie. 5 0 5 300 0 82 0 73 0 8 909 15 6 6 samedi. l'epiphame. 6 0 6 350 0 95 0 86 0 9 1060 50 7 7 DIM. S. Théan, orf. 7 0 7 400 09 0 98 0 10 1212 18 8 8 lundi. S. Lucien, év. 8 0 8 4.i0 23 1 10 0 12 1362 59 9 9 mardi. S. Furcy, abbé. 9 0 9 500 36 1 23 0 15 1515 22 10 10 mercredi. •S. Paul, ermite. 10 0 10 550 50 1 35 0 16 1666 74 U 11 jeudi. S. Théodore. Il 0 11 600 64 1 47 0 17 1818 26 12 12 vendredi. S. Arcadius. l2 0 12 650 78 1 60 0 19 1969 70 13 13 samedi. Baptême de N. S. l3 0 13 700 91 1 72 0 20 2121 30 14 14 DlM. S. Hilaire, év. l4 0 14 750 2 05 1 84 0 21 2272 82 IS 15 lundi. S. Maur, abbé. l5 0 15 800 2 19 1 97 0 23 2424 34 16 16 mardi. S. Guillaume. 16 0 16 850 2 32 2 09 0 24 2575 86 17 17 mercredi. S. Antoine, abbé. 17 0 17 900 2 46 2 20 0 26 2727 38 18 18 jeudi. Chaire S. P. à P.. 18 0 18 950 2 60 2 34 0 27 2878 90 19 19 vendredi. S. Sulpice, év. 19 0 1-9 1000 2 73 2 46 0 28 3030 42 20 20 samedi. S. Sebastien. 20 0 20 1050 2 87 2 58 0 30 3181 94 21 21 DDI. Ste. Agnès, vierge. 21 0 21 1100 3 01 2 71 0 31 3333 50 22 22 lundi. SEPTUAGÉSLME. F. M. 22 0 22 1150 3 15 2 83 0 32 3485 02 23 23 mardi. S. Ildcphonse. 23 0 23 1200 3 28 2 95 0 34 3636 54 24 24 mercredi. S. Babylas, év. 24 0 24 1250 3 42 3 08 0 45 3788 06 25 25 jeudi. Conv. de S. Paul. 25 0 25 1300 3 56 3 20 0 43 3939 58 2'6 26 vendredi, Ste. Paule, vierge. 26 0 26 1350 3 69 3 32 0 36 4091 10 27 27 samedi. S. Julien, év. 27 0 27 1400 3 83 3 45 0 38 4242 62 28 28 DlM. S. Charlemagne. 28 0 28 1450 3 97 3 57 0 39 4394 15 29 29 lundi. S. François de S. 29 0 29 1500 4 10 3 69 0 41 4545 66 30 30 mardi. Ste. Balhilde. 30 0 30 1550 4 24 3 82 0 42 4697 20 31 31 mercredi. S. Pierre, nol. 31 0 31 1600 4 38 3 94 0 43 4848 70 Le 1 lev. du sol. 7 h. 10 7 20 7 31 7 56 m., couch. 4 h. 12 m. 54 4 22 47 4 36 35 4 54 P. Q. le 3 à D. Q. le 10 à js'. L. le 19 à P. L. le 26 à 6 h. 52 m. du matin 7 29 du soir. 6 44 du matin. 2 1 du malin. AVIS. La nonvelle administration du Journal des Connais semées utiles a cru devoir introduire dans le plan général de ce recueil et dans la division des articles dont il se compose quelques modifi- cations importantes et quelques additions qui se rattachent essentiellement à la nature même da cette publication. Gdidk du consommateur et du producteur. — Le Répertoire de la conversation et de ta lecture sera remplacé par des annonces critiques et raisonnées sur tous les objets d'industrie et sur les entreprises commerciales et industrielles; par l'examen sérieux et impartial des annonces publiées dans les journaux de Paris et de la province; enfin, par la libre discussion des statuts des sociétés en commandite par actions. Nous expliquerons dans ce numéro (voir : VI. Annonces critiques et raisonnées de l'industrie) comment le Journal , profitable tout à la fois aux intérêts du produc- teur et du consommateur, doit être pour tous un véritable guide. Chaque numéro du journal commencera par un article d'utilité générale. Ces articles , par la variété des sujets auxquels ils seront consacrés, et par leur forme littéraire , remplaceront le Répertoire de la conversation et de la lecture. MÉTHODES d'enseignement. — Nous ajouterons ce titre à la cinquième division des matières traitées dans le Journal, et qui comprend déjà làmorale et la législation. Nous examinerons avec un soin scrupuleux , soit les nouvelles méthodes qui naissent chaque jour pour la lecture , — l'écri- ture , — le dessin , — la musique , — l'étude des langues , etc. , soit les livres recommandés aux familles pour l'éducation et l'instruction des enfans. Les observations que nous publierons sur ces graves matières auront toujours été contrôlées par l'expérience , et nous nous occuperons plus sou- vent de l'éducation pratique que des théories d'éducation. Brevets d'invention. — Nous donnerons régulièrement la liste des brevets qui , par l'expiration du terme fixé pour leur durée, tombent dans le domaine pubïic, et nous ferons connaître les prin- cipaux brevets qui auront été obtenus. Correspondance. — L'administration du Journal répondra avec la plus grande exactitude â toutes les lettres adressées franco à M. Auguste DESREZ, directeur du Journal, par des abonnés ou des membres correspondans , en tant que ces lettres soulèveraient des questions rentrant dans l'une des spécialités auxquelles le Journal est consacré. Nous publierons chaque mois les lettres qui nous paraîtront offrir un intérêt général pour nos lecteurs. JVota. Un grand nombre de nos abonnés nous écrivent pour nous demander sur Vagriculture , l'économie rurale , V économie domestique cl Vhygiène, des rcnseignemens qui leur paraissent utiles à connaître. Nous nous empresserons d'examiner et de résoudre les questions qui nous seront soumises et de publier nos observations ; mais lorsque ces mêmes observations auront été consignées déjà dans des numéros antérieurs du Journal des Connaissances utiles , nous nous bornerons à répondre par l'explication nécessaire pour retrouver dans le recueil du Journal les renseigncmcns désirés. {F'oir pour exemple la correspondance jointe à ce numéro.) Nous indiquons ici quelques-unes des améliorations qui seront introduites dans le Journal , nous réservant d'accueillir toutes celles dont la nécessité nous serait démontrée , soit par l'expé- rience , soit par les conseils de nos abonnés correspondans , ou que nous suggérerait notre constant désir de conserver à cette feuille une part de l'immense faveur qui l'accueillit à son origine. Janvier 1838. Le Directeur, Auguste DESREZ. Les abonnés au Journal des Connaissances utiles pour l'année 1837 reçoivent le numéro de janvier 1838. Ils sont invités à renouveler leur abonnement pour l'année courante, afin de ne pas éprouver de retard dans l'envoi des numéros et de recevoir le mois de février aussitôt sa publication. — Le numéro de février sera expédié à dater du 25 janvier, DES SALLES D'ASILE.2 3 DES SALLES D'ASILE. (Troisième et dernier article (1). Dans nos premiers articles nous avons fait connaître ïe but des salles d'asile, et les difTéreng mo(Jes d'après lesquels ces utiles établissemcns pouvaient être fondés ; il nous reste à examiner aujourd'hui la nature, l'étendue et la direction des travaux compatibles avec le premier âge, travaux auxquels doit être consacrée une portion du temps que les eiifans passent dans Vasile. On ne saurait croire combien il est important de faire contracter de bonne heure à l'enfant l'ha- bitude du travail. Si les premières occupations que vous lui imposez lorsqu'il atteint sa sixième année, par exemple, lui paraissent pénibles; s'il repousse ces occupations, si ses larmes mouillent quelquefois les pages de son livre, et c'est là l'histoiie ordinaire de l'enfonce , c'est que cet enfant sera resté trop long-temps complètement oisif, et que tout à coup vous lui parlerez du travail, chose toule nouvelle pour lui , et qu'il ne saurait comprendre. Avant de définir le meilleur emploi du temps dans les salles d'asile, nous dirons quelques mots des devoirs qu'ont à remplir les personnes qui dirigent les écoles pour la première enfance. On a dit, avec raison, « que la charité était une vertu de tous les jours. » En conséquence, la salle d'asile ne doit jamais être fermée ; il faut que les parens puissent, même les jours de fête et de chômage, s'ils s'éloignent de leur domicile, envoyer leurs enfans à l'asile. Une journée de vagabondage dans la rue détruit les salutaires effets d'un long séjour dans la salle d'asile. Les mauvais exemples sont si contagieux ! l'enfance est si impressionnable ! Le premier devoir du directeur d'une salle d'asile est donc, lorsqu'il veut jouir de quelques momens d'un repos néces- saire, indispensable même, de se faire remplacer par une personne digne de toute sa confiance. Le maître ou la maîtresse de l'asile, surtout lorsqu'il s'agit de salles d' asile-communale et de salles d asile-pension, devront toujours tenir en règle plusieurs registres, dont voici l'énumération. 1° Un registre d'entrée pour inscrire les enfans admis dans Vasile, avec l'indication des noms, profession et demeure de leurs parens. M. Cochin, dans son Manuel qui nous a si heu- reusement guidé dans nos recherches, piopose de disposer ainsi ce registre. ! NUMÉRO d'inscription. KOMS ET PRÉNOMS de l'enfant. KOMS ET PRÉNOMS des parens ou tuteurs. DEMEURE et profession. OBSERTATIONS. Lefèvre (Adèle). Lefévre (Philippe). En son absence, Lenoir (Louise), tante de l'enfant. Maçon , nie 3^ •\ t-C CK lA Cf 4 DES SALLES D'aSILE. on ne pût se livrer dans la classe aux jeux de la récréation, «iuln, dil-il, qu'elles soient toujours maintenues en état de propreté, et considérées avec respect, comme des lieux consacrés au tra- vail ). On peut tenir deux classes par jour, l'une de dix heures à midi , l'autre de deux heures à quatre heuics ; et il ne faudra rien moins ([ue la variété des exercices dont nous nous oixuperons bientôt, que les marches elles évolutions auxi|uelles ces dillérens exercices donnent lieu, pour que Ics'enfans demeurent, pendant deux longues heures, altenlils et silencieux. Chaque classe doit commeucer par une prière, fcM) Les enfans doivent être h penoux ; mais la prière doit être courte , et appropriée , autant que possihle, h l'intelligence des enfans. Nous avons assisté, dans quelques écoles lancastriennes , à des exercices religieux que nous ne saurions trop recommander. A la prière, succède un chant simple et facile, sur des paroles sans prétention. Ce chant intéresse beaucoup les enfans ; et, selon nous, en f;iit de première éduci-lion, il faut rendre tout agréable aux enfans. In prière aussi bien que le Irav.iil. Il seniit difficile de rien préciser ici à l'égard de l'instruction religieuse et mo- rale des enfans admis dans les asiles. Il faut chercher à leur faire connaître les premiers princi- pes et les vérités immuables de la religiou ; il faut faire naître en eux le sentiment des devoirs qu'ils ont à remplir envers Dieu, leurs parens, leurs maîtres, leurs camaradesjet eux-mêmes. La lecture de quelipies historiettes morales, de ([uelques |)assages de l'Ancien et du Nouveau Testa- ment, lecture accompagnée de questions et de réflexions, disposera merveilleusement les enfans à recevoir plus tard les enseignemens plus sérieux qui les dirigeront dans une vie honnête et chrétienne. On ne saurait trop comparer l'enfance à la terre : l'une et l'autre doivent être prépa- rées selon la nature des germes dont on veut leur confier le di'velo|)pement. On apprend à lire dans les salles d'asilr, ou par l'épellation ordinaire, ou par le chant, ou par les exercices de la planche noire. Nous donnons ici une esquisse h peu près fidèle de l'exer- cice de la lecture, lorsipie les enfans, en cercle ou par groupes, entourent le porte-tableau et apprennent ii lire par la ini'lliode ordinaire d'épellation. Le cours d'étude pour la Icrlure ne doit pas aller au-del^ de l'assemblage des mots : sans cela on anticiperait sur l'école élémentaire du second âge. Il est impossible de fixer ici d'une manière régulière la somme de temps qui doit être donnée à chacun des exercices, et voici pour- quoi. Le diiecteur de Tas/V^ surveille activement tous les enfans pendant qu'ils lisent : s'il s'a- perçoit (]ue les enfans soient distraits ou fatignés , s'il s'élève dans la classe un de ces sourds murmures qui prouvent que la leçon n'est plus écoutée, il faut sur-le-champ interrompre cet exer- cice et passer à un autre. Dans ce cas , ne cherchez pas à continuer plus long-temps l'exercice interrom|)u ; vos efforts seraient inutiles. Soyez persuadés que les enfans ont dépensé toute l'attention qu'ils pouvaient donner à la lecture, par exemple. Leur attention ne renaîtra que si vous leur offrez une occupation nouvelle. Chaque exercice peut donc être prolongé tant que cette DF.S SALLES D ASILE. 5 attcnlion est universellement soutenue. Si lesenfans sont resté s en classe de îcclure, debout, autour (.les monilcurs,pe:ulanUuie demi-heure, le maître doit "itrc satisfait. I II i'iiii"timii I Nous avons dit, dans la première partie de noire iravail, qu'il était à désirer qu'un gradin, ronstruit en amphithéâtre, s'élevât à l'extrémité de la salle, afin que les enfans qui fréquentaient 1 asile pussent y prendre place. Nous avons assisté, dans plusieurs salles d'asile aux exercices du gradin, et nous pouvons dire à quel point l'enseignement donné par le maître est profita- ble à ses jeunes auditeurs , lorsque ceux-ci , placés sous ses yeux , et ne pouvant échapper a sa surveillance, attendent en silence les exercices auxquels nous allons assister. Peut-être sera-t-on quelque peu étonné quand nous affirmerons que cette réunion d'enfans peut garder un silence complet qui permette d'entendre la sonnerie, et même le mouvement d'une montre ; et c'est pré- cisément en prouvant aux enfans que le hruit de ce mouvement et de cette sonnerie ne peut par- venir à leurs oreilles, s'ils ne font un profond silence, que ce silence s'obtient. Lorsque tous les enfans sont assis sur le gradin, el placés de telle sorte que les plus petits en- fans soient à cùté d'enfans plus âgés , au mot : Aiiention ! tous deviennent immobiles et sden- cieux; tous regardent le maître ; l'allention qui s'empare de tous ces jeunes esprits n'est pro- voquée ni parla crainte d'une piinilion, ni par l'esprit d'une récompense ; mais elle est insépara- ble du sentiment decurio'^ité que fait naître la variété des exercices : « C'est là que le maître peut varier à l'infini tous les objets d'occupation et d'amusement, faire pénétrer une foule d'idées, ou- vrir l'intelligence, discerner les dispositions, et avancer d'une manière surprenante ce qu'on doit a\i^(i\tv \' éducation du premier âge. ^i C'est une grave erreui- de croire que l'intelligence des enfans doit être circonscrite et bornée dans les plus étroites limites , qu'ils n'ont qu'une médiocre aptitude pour comprendre, et que le nombre des choses dont on peut leur parivr est infiniment restreint. Les enfans nous prouvent chaque jour qu'ils voient et qu'ils comparent. Or, croyez-le bien, dès le moment où vous ad- mettez que ces enfans peuvent voir , comparer et rapprocher d'une chose qu'ils connaissent déjà l'objet nouveau, la chose nouvelle que vous leur montrez , vous n'avez plus le droit de Aon- ter de leur intelligence; seulement vous devez, comme on l'a dit, « ne raisonner qu'avec ce que l'enfant a de raison, » et mettre les notions que vous voulez lui donner au niveau de son intelh- gence. Les exercices d'arithmétique et de géométrie succèdent au chant de l'alphabet et des syllabes, qui se gravent facilement, par la répétition du chant, dans la mémoire des enfans : ces exercices ofTrent un grand attrait. A l'aide du Boulier-compteur et du tracé des figures de géométrie , on fait, à chaque instant, passer un spectacle inconnu sous lesyeux desenfans. Le Boulier-compteur^ inst! ument dont nous avons parlé dans l'énumération du mobilier des salles d'asile, et qui con- siste dans un cadre coupé par des fils de fer parallèles, qui portent des boules de diverses cou- leurs, sert à apprendre à distinguer h couleur de ces boules, leur nombre, et à faire de nombreux exercices de numération. a DES SALLES D'ASILE. L'emploi d'une feuille de papier , pliée de manière à présenter des lignes droites , des angles , un équerre, un triangle, un carré, etc., est un mode d'enseignement d'autant plus ingénieux que les métamorphoses rapides et les nombreuses transformations que subit la feuille de papier étonnent et amusent les enfans, dont l'allenlion ne faiblira pas, parce qu'elle est soutenue, excitée. Les notions élémentaires sur la géographie, l'histoire, la musique et la physique céleste com- plètent, avec la lecture, l'arilhniétique , la géométrie et l'écriture , qui doit être bornée au tracé des lettres sur l'ardoise, l'eiiscignedient qui peut être donné dans ks salles d'asile. Il faut faire connaître aux enfans les villes principales du monde, s'occuper d'abord de l'Europe, et, avant tout , de la France. On peut leur apprendre, d'une manière abrégée , quels sont les mœurs et les habitudes des peuples dont on leur parle, quelles sont les principales productions de tel ou tel pays. Des dessins sur la planche noire leur donneront une idée précise de tous les accidens géo- graphiques; mais le maître ne devra tracer des cartes géographiques que quand il aura suffisamment expliqué pourquoi les quatre points cardinaux s'appellenl le levant, le couchant, le nord et le midi. Les leçons d'histoire devront également être élémentaires. 11 faut présenter aux enfans des récits historiques empruntés à l'histoire sainte , à l'histoire ancienne, à l'histoire moderne. L'his- toire de France doit jouer le rôle le plus important dans cette branche d'enseignement. Il serait inutile de charger la mémoire des enfans de dates chronologiques ; il est plus important qu'ils se rappellent le nom d'un bon prince, une belle action, un trait de vertu. L'étude de l'histoire, en rattachant à chaque f;iit une idée morale, serait une bonne et utile étude ! mettez en scène dans vos conversations avec vos élèves les enfans qui se sont distingués par leur amour filial, par leur dévouement, par leur reconnaissance: prouvez-leur ainsi qu'à tout âge le cœur peut être noble et généreux. Nous ne fixerons aucune base précise pour l'enseignement de la musique. M. Wilhem a inventé pour les écoles d'enseignement mutuel une méthode qui est adoptée aujourd'hui dans toutes les écoles pour l'enfance. Nous renvoyons nos lecteurs à ce guide ; ils n'en sauraient choisir un meilleur. Il nous reste à indiquer plusieurs modes de leçons dont on ne saurait trop recommander l'ap- plication. M. Cochin les définit ainsi: Leçons de choses, leçons par questions, leçons par contrastes, leçons par images. Quelques mots d'explication fera comprendre l'utilité de ces leçons. Apportez dans la classe une plante, une pierre, un oiseau, une pièce de monnaie , et dites aux enfans comme cette plante s'élève, dans quel pays vit cet oiseau, ce que c'est que l'argent, l'or, et vous ferez nécessairement pénétrer une foule d'idées dans ces jeunes intelligences. C'est tme leçon de choses. Interrogez les enfans : approuvez celui qui répond avec justesse, avec exactitude ; encouragez ceux qui , jusqu'alors, avaient gardé le silence, et qui parlent à leur tour. L'émulation va s'em- parer de tous les enfans ; et ceux-mèmes qui ne sauront rien dire, seront attentifs ; ils écouleront ceux de leurs camarades qui prendront part à cette lutte intellectuelle, profitable aux vainqueurs et aux vaincus. C'est une leçon par questions. Demandez à un enfant le mot le plus opposé, dans sa pensée, à celui que vous citez ; dites-lui: noir, il dira blanc. Dites-lui : bonté, il dira méchanceté. Dites-lui : ouvrir, il dira fermer, etc. Il trouvera par Uii-mèmc la valeur des mots ; son intelligence travaillera, et malheureusement on ignore trop, en fait d'éducation, les résultats qu'on obtiendrait de l'intelligence d'un enfant si sans cesse elle était exercée, mise en jeu, consultée. Un enfant trouve aujourd'hui ces contrastes, demain il trouvera les mots et les expressions qui ont entre eux une analogie. Il connaîtra les synonymes long-temps avant de comprendre ce mot ! Dessinez sur la planche noire l'image des choses usuelles dont vous voulez donner l'idée : un portrai*, une (leur, des animaux, une maison. Assurez-vous que quand l'enfant prononce le mot (leur, par exemple, il entend bien désigner l'objet que représente votre dessin. Montrez-lui alors une fleur coloriée, puis enfin une fleur naturelle, et vous serez convaincu que l'enfant sait ce que c'est qu'une fleur, ou plutôt ce que c'est que l'objet représenté par ce mot. Si chaque jour les enfans apprenaient seulement deux ou trois définitions exactes, de quels progrès rapides ne seriez-vous pas témoins ! Il importe peu que les enfans sachent beaucoup de choses d'une ma- nière superficielle: il importe seulement qu'ils en connaissent quclque.i-unes, mais qu'ils les possèdent à fond. Autour de ces connaissances premières, toutes les autres viendront se grouper. L'enfant marche sans cesse du connu à l'inconnu. L'enfant! mais nous aussi ; car nous ne sui- vons pas une autre route. Nous terminerons ici le travail que nous avons voulu présenter sur les salles d'asile .- nous pensons qu'il est assez complet pour suffire, dans un grand nombre de localités, à la fondation et à la direction d'un asile pour la premièie enfance. Ouaiit aux autorités publiques ou aux ci- toyens généreux qui voudraient fonder dans im grand eeiilre de population une salle d'asile sur une plus vaste échelle, nous ne saurions mieux faire que de leur donner pour guide le Manuel publié par M. Cochin. Pour nous, chaque fois que nos correspondans désireront quelques ren- seignemens nouveaux, ou quelques détails jilus circonstanciés sur ces utiles institutions, nous nous empresserons de nous associer à leurs ellorts, on mettant à leur disposition notre zèle, notre bonne volonit', et les lumières que nous devons à l'expérience et aux conseils éclairés de quelques généreux philanthropes. Louis BELLET. AGRICULTURE. 7 I. AGRICULTlIllE. GRANDE CULTURE. rOURBACES DES PRAIRIES NATURELLES ET ARTIFI- CIELLES, KON GRAMINÉS. Dans nos articles précédens, nons avons traité de toutes les plantes graminées qui for- ment la base des prairies naturelles, mais il s'en faut de beaucoup que ces végétaux s'y rencon- trent sans mélange. Parmi le grand nombre de plantes avec lesquelles ils se trouvent mêlés , il en est de fort bonnes pour la nourriture de quelques espèces d'animaux ; d'autres , qui conviennent à tout le bétail en général ; enfin il en est qui sont inutiles ou même très-nuisi- bles, et qu'il convient de connaître afin de les détruire. De toutes nous formerons deux sec- tions , les bonnes et les mauvaises , et nous en traiterons séparément , avant de commencer l'histoire des prairies artificielles, qui ne ren- fermera plus que des soins généraux de cul- ture. La famille de plantes la plus intéressante , relativement à notre objet , est sans contredit celle des légumineuses ; aussi est-ce par elle que nous allons commencer. Vourrages légumineux. ANTHYLLIDE (anthyllis) . Les fleurs ont leur calice ovale-oblong, souvent renflé dans le milieu et rétréci à son orifice, velu , persistant et à cinq deats; les élamines sont réunies tou- tes ensemble par leur base ; la gousse est pe- tite, à une ou deux graines , renfermée dans le calice. Ces plantes ont ordinairement les fleurs réunies en tètes serrées et terminales. L'Anthyllide tulnéraire (anihyllis vulne- raria, de Cand.) a les tiges longues d'uu pied et plus, presque couchées , rameuses , légère- ment pubescentes ; ses feuilles sont ailées , à folioles ovales-allongées, entières, pubescentes, inégales, les terminales beaucoup plus grandes, moins inégales au sommet des tiges ; les fleurs sont d'un jaune orangé, en tètes terminales ou latérales , sessiles , géminées : chaque tète sé- parée par une bractée digitée ; les calices sont velus. Cette plante vivace croît dans presque toute la France , dans les prés secs et montagneux , où elle fleurit presque tout l'été. Les bœufs, les moutons et les chèvres l'aiment assez, mais les chevaux la rebutent. On ne doit donc la conserver que dans les pâturages secs , où d'autres espèces plus abondantes en feuillages refusent de croître. Elle passe pour vulné- raire. AJONC iulex). Le calice est composé de deux grandes folioles courbées en carène , et munies entre elles , à leur base , de deux au- tres très-petites folioles ; la carène est à deux pétales ; la gousse est renflée et renferme un petit nombre de graines. Les fleurs sont jaunes et axillaires. L'Ajo-nc d'Europe {ulcx europœtis, Lin.) est vulgairement connu sous les noms de lande , jonc marin, brusc, genel épineux, jean, lan- dier, vigneau, etc. , et ces dilTérens noms prouvent assez qu'il est commun partout. Sa tige attemt ordinairement quatre ou cinq pieds en France, mais dans les climats plus chauds , et particulièrement en Espagne , il n'est pas rare de trouver de ces arbrisseaux hauts de douze à quinze pieds. Ses rameaux sont droits, hérissés d'épines vertes , raides et divergentes, formées par les vieilles feuilles et par l'extré- mité des tiges. Les feuilles sont petites, sim- ples , linéaires , persistantes ; les fleurs sont pédonculées , solitaires dans les aisselles supé- rieures : leur pédicelie sort d'entre deux petites folioles opposées, et porte trois écailles conca- ves, pubescentes , ovales , étalées , le calice est à deux folioles pubescentes , jaunâtres , dont l'inférieure est entière , obtuse au sommet ; l'é- tendard est échancré, plié sur la nervure longi- tudinale, et la carène est un peu plus courte que les ailes. L'ajonc ne se trouve jamais dans les prairies à faucher , par la raison qu'on ne l'y laisserait pas , et aussi parce que lui-même s'y plairait peu. Mais il est assez commun dans les pâtu- rages secs , dans les landes , les terrains stéri- les , etc., et il est quelquefois utile, non-seule- ment de l'y laisser, mais même de le multiplier. Toutes les espèces de bétail mangent ses jeunes tiges avec beaucoup de plaisir, et il parait cer- tain que les vaches qui s'en nourrissent donnent un lait gras et savoureux. En 1666, Querbrat- Calloet a publié un ouvrage sur l'éducation des chevaux, dans lequel il dit que cette plante est extrêmement utile à la nourriture des jeunes poulains ; depuis, presque tous nos agronomes en ont dit la même chose après en avoir fait l'expérience. Néanmoins , comme il ne faut s'enthousiasmer de rien quand on veut trouver la vérité, nous ne partagerons nullement l'opi- nion des personnes qui ont dit que l'ajonc était le meilleur des fourrages , et sa culture très- avantageuse. Le vrai est que l'on ne doit jamais lui sacrifier les terrains où pourraient croître des fourrages à faucher , et que sa véritable place est dans les landes stériles , partout où 8 AGRICULTURE. les habilans manquent de prairies et de bois à brûler. Dans ces lieux là, il est véritablement précieux, parce qu'il produit des fourrages pendant une ou deux années , et ensuite des fagols pour chauffer le four. Dans une partie de la Normandie , ■ on le cultive exprès pour ce dernier usage , et l'on a reconnu qu'il donne beaucoup plus de chaleur que toute autre espèce de menu bois. Comme nous l'avcps dit , il se contente des terres les plus médiocres , mais il faut qu'elles soient pai faitement et profondément labourées. La graine nouvelle est préférable à l'ancienne ; on la sème au printemps ou en automne, h la volée, ou mieux en rayons , à raison de trente livres par hectare. On peut, si l'on veut, le se- mer en mélange avec de l'orge ou de l'avoine ; mais comme il craint beaucoup l'ombre dans sa jeunesse , il faut que ces céréales soient eu petite quantité. La rapide croissance de cet arbuste fait que souvent il est possible d'en faire une coupe dès l'automne suivant ; mais quelle (|uc soit la qua- lité du sol , on commencera toujours à le cou- per au printemps de la seconde année. Dans tous les cas , celte opération doit se faire avant l'époque de la floraison , parce que ce n'est qu'à partir de ce moment que les feuilles se méta- morphosent en épines, et que les jeunes tiges durcissent. Dans plusieurs provinces, la coupe se fait à la faucille ou au volant , mais on peut aussi la faire à la faux, avec la précaution, néan- moins , de faire la seconde coupe un i^eu plus haut que la première, la seconde plus haut que la troisième, etc., afin que le tranchant de l'ins- trument ne rencontre pas les chicots des cou- pes précédentes. C'est ainsi que l'on fait en Espagne , où l'ajonc est cultivé avec le plus grand soin, à la vérité plutôt pour se procurer du bois à brûler que du fourrage. On pont re- nouveler la coupe deux ou trois fois par an , plus ou moins long-temps , selon que l'arbuste se soutient bien ou mal. Nous n'avons pas besoin de dire qu'on doit laisser des pieds intacts , en raison de la quan- tité de graines que l'on désire recueillir. Un peu avant sa maturité , on coupe les rameaux qui la portent ; cl, pour suivre le conseil de M. d'Ourche, on les place sur des toiles exposées au soleil. Dès que la dessication commence , les gousses qui renferment ces graines s'ouvrent avec bruit , et les laissent tomber sur la toile. Cette récolte se fait en juin. Soit que l'ajonc soit donné au bétail en vert ou on sec , il est nécessaire , pour détruire ses épines , et parer aux accidens qu'elles pour- raient occasionner aux animaux on leur piquant le palais, d'écraser ses liges en les frapjiant avec un maillet, ou, ce (|ui est infiniment préférable, en les passant sous la meule d'un pressoir à cidre. Depuis l'ouvrage de Querbrat-Calloct , qui le premier a donné le dessin d'une machine à écraser l'ajonc , beaucoup de nos agronomes se sont évertués à inventer des machines propres à cet usage ; leurs inventions sont toutes plus ou moins ingénieuses, mais toutes aussi pèchent par un point qui les empêchera toujours de se répandre : c'est que leurs prix sont beaucoup trop élevés, comparativement à leur utilité. M. Bosc a proposé de partager un champ d'ajonc en quatre parties , et d'en détruire une chaque année poui- la remplacer autre part ; il cioit que cet aménagement doit être adopté , suitout s'il est vrai que les pieds meurent, pour la plupart, vers leur septième année. On a dit que l'ajonc a la qualité de fertiliser les terres dans lesquelles on le cultive, et qu'après lui on obtient de belles récoltes de blé. Ce dernier fait est très-vrai ; mais selon moi , il ne résulte pas du tout de la cause à laquelle on l'attribue. Cela vient tout simplement de ce que, en arrachant cet arbuste , on est obligé d'ameublir et de tra- vailler la terre plus profondément que de cou- tume, et de ce que l'on est dans l'usage de brû- ler les racines sur place. Quoi qu'il en soit, on ne peut guère le ramener dans les mêmes ter- res qu'après cinq ou six ans d'une autre cul- ture. L'ajonc ne reprend pas , ou du moins il re- prend trcs-difRi'ilement à la transplantation : aussi est-on obligé de le semer dans toutes les circonstances. On a proposé d'en faire des haies, qui sont, dit-on, impénétrables et meil- leures que celles d'aubépine. Cette théorie, ins- pirée pai' l'aspect hérissé de la plante , ne s'est justifiée nulle part où je l'ai vu mettre en pra- tique. En voici les raisons : 1" dans un premier semis, il est impossible qu'il ne se trouve pas quelque vide : or, ces vides ne peuvent plus se remplir, parce qu'un nouveau semis par place est toujours étouffé par les arbustes du semis antérieur. 2" Il est presque impossible de dé- fendre la haie, pendant les deux premières an- nées, des dents du bétail , qui ne manquent ja- mais d'y faire des trouées, si elles ne la détrui- sent entièrement. 3" L'ajonc trace beaucoup, et envahit, dès la seconde année, une assez grande étendue de terrain. Si on détache ces nombreux drageons de leur mère, celle-ci périt infailli- blement. 4° La dernière raison, qui nous paraît sans réplique, est que cet arbuste, même dans les terrains qui lui plaisent le plus, ne vitque de cinq à sept ans. Comme il lui en faut trois pour être défensable, il faudrait replanter tous les six ans des haies qui ne cloraient que pendant trois années, ce qui est impraticable. L'Ajonc nain {ulex nanns, de Cand. ) est un arbuste qui diffère du précédent par ses pro- portions beaucoup plus petites, ses branches plus étalées, ses épines plus courtes, ses feuil- AGRICULTURE. les glabres, so> flLMirs plus polilcs et plus nom- breuses. Les folioles de son calice sont presque glabres , et l'inférieure se termine par trois dents ; l'étendard est entier au sommet et pres- que plane ; les ailes sont plus courtes que la ca- rène ; les écailles du pédicelle sont ti'ès-petites et exactement appliquées. Il fleurit au printemps et en automne comme le i)récédent. Ce petit ajonc croit très-abondamment sur les collines arides et les pays sablonneux, où les habitans pauvres vont le cueillir pour nour- rir leur vacbe au printemps, et pour chauffer leur four dans l'arrièic-saison. Il peut être utile dans de certains pâturages, mais nulle part il ne mérite une culture spéciale. ASTRAGALE (astragalus). Le calice est à cinq dents ; la corolle est papillonacée, à ca- rène obtuse ; la gousse est à deux loges, sépa- rées au moyen d'une cloison formée par le re- pli de la suture inférieure des valves. Les feuilles sont ailées avec impaire ; les fleurs, disposées en épis axillaires ou terminaux, sont rougeàtres oU d'un blanc sale. L'Astragale réglisse (asiragalus ghjcy- phyllos. Lin. ) est une plante annuelle, à tiges herbacées, longues d'un pied à un pied et demi, un peu velues, étalées ou demi-redressées ; les feuilles ont de I9 à 27 folioles elliptiques, tron- quées ou échancrées au sommet, pubescentes en dessous ; les pédoncules sont axillaires, plus couits que les feuilles , chargées de trois à dix fleurs d'un blanc jaunâtre, disposées en épi court ; les bractées sont fines et velues ; le calice est cylindrique, velu, àcinq divisions ; les gous- ses sont pendantes, arquées, cylindriques, mar- quées sur le dos d'un sillon très-léger, glabres, pointues. Cette plante se trouve dans toute l'Europe, dans les pâturages, sur la lisière des bois, au milieu des taillis. Elle fleurit à la fin du prin- temps, et forme de larges touffes d'un vert très- agréable. Ses racines sont très-sucrées, et rem- placent fort bien la réglisse dans tous les cas où son usage est indiqué. Linnée, dans sa Faune Suédoise , dit que les bestiaux en recherchent beaucoup la feuille, et tous les botanistes ont dit depuis la même chose : ilyaplus, M.Thouin, mort professeur au Jardin des Plantes, a fait sur les astragales et sur leur culture un long travail dans lequel il les recommande comme pouvant devenir un fourrage très-précieux. Cependant Bosc dit avoir remarqué qu'elles restent toujours intactes dans les pâturages même les plus fréquentés, et moi-même j'ai fait plusieurs fois la même observation. Que dois-je en conclure , car il n'est pas supposable que M. Thouin ait fait et publié son Mémoire sur la foi des botanistes avant d'avoir constaté po- sitivement la vérité de leur assertion ? J'engage donc les cultivateurs à foire des expériences pour s'assurer du fait , et si quelques espèces étaient mangées pai' le bétail, il est certain que ce serait une bonne acquisition pour l'agricul- ture, car toutes sont très-fourragcuses. On trouve dans la mauvaise compilation qu'il a plu à MM. Pourrat frères de décorer du titre de Cours complet d'Agriculture .- « Pâturé de bonne heure, cet astragale est un fourrage agréable aux bestiaux. « Mais cet ouvrage, compilé sans discernement et surtout sans au- cune connaissance en agriculture, ne mérite au- cune attention. jM. Yvart, dans son Traité des Assolemens, mentionne et décrit une quantité d'astragales ; mais il est remarquable que cet agronome n'en parle pas comme ayant fait lui- même des expériences positives , et il est plus évident encore qu'il n'a fait que compulser le Mémoire de ^I. Thouin, dont nous avons parlé plus haut, et la monographie des Astragales de M. de Candolle. Dans tous les cas , voici les espèces que l'on propose de cultiver, outre celle que nous avons décrite : Astragale queue de renard (asiragalus alopecuroides Lin.). Quoi qu'en dise le Cours complet de MM. Pourrat, je me suis assuré que le bétail refuse absolument cette espèce. — Astragale pois-chiche (asiragalus cicer, Lin.'}. Il aurait l'avantage de croître dans les prairies sèches, mais ses racines, extrêmement traçan- tes , nuiraient beaucoup aux autres bonnes plantes. — Astragale à boursette (asiragalus galegiformis Lin.). On dit que les bestiaux le mangent en vert avec plaisir. Il est originaire de la Sibérie, mais il s'est naturalisé dans plusieurs parties de la France. — Astragale faucile (as- iragalus falcaiîis, Lin.), de la Sibérie, et na- turalisé comme le précédent. — Astragale es- parcetie (asiragalus onobrichis, Lin.} , ainsi nommé à cause de sa ressemblance avec la vé ritable esparcette. — Astragale rude (asiraga-. lus asper, Lin.). Originaire de la Sibéiie. — Astragale hypoglotte (asiragalus hypogloiiis. Lin.) COROMLLE (coronilla). Le calice est court, en cloche, à cinq dents, dont deux supé- rieures rapprochées , et deux inférieures plus petites. L'onglet des pétales est souvent plus long que le calice ; la gousse est grêle, cylindri- que, divisée en articles monospermes (peu dis- tincts dans la coronille émérus). Les graines sont nombreuses, oblongues ou cylindriques. La Coronille bigarrée ( coronilla varia , Lin. ), vulgairement connue sous le nom de faucille, est une plante annuelle qui se trouve sur le bord des champs, des prés et des che- mins ; ses tiges sont couchées, rameuses, can- nelées, longues de dix-huit pouces et plus ; ses feuilles sont ailées avec impaire, et composées d'une vingtaine de folioles glabres, ovales, ob- tuses, et chargées d'unepelitepoinleàleursora- 10 AGRICULTURE. met ; les fleurs sont rassemblées dix à douze ensemble en couronne agréablement mélangée de rose, de blanc et de violet : ces couronnes sont portées par des pédoncules axillaircs, nus et de la longueur des feuilles. Voilà eucore une plante qui a été beaucoup prônée par les agronomes, comme fournissant un excellent fourrage, et qui demande de nou- velles expériences, au moins en France ; car il parait qu'en Angleterre, où le climat est plus humide, et où, par conséquent, elle durcit moins vile , sa culture est véritablement avan- tageuse. Chez nous, il est certain que le bétail la mange avec assez de plaisir avant sa floraison, mais qu'il ne s'en soucie plus dès qu'elle est en fleur. Néanmoins , comme elle croit très-bien dans les mauvais terrains, et que les abeilles recherchent beaucoup sa fleur, nous pensons qu'il faut la ménager dans les prés secs, et qu'on pourrait même avoir intérêt it l'y semer quand elle ne s'y trouve pas. En Angleterre, on se contente le plus souvent de jeter ses graines sur le sol, au printemps, sans se donner la peine de les recouvrir de terre. La coROMLLE NAINE (coronilla minima, Lin.) est vivace et se plait particulièrement dans les lieux pierreux et les terre calcaires. Sa tige est un peu ligneuse, couchée à la base; ses ra- meaux sont nombreux , ascendans , glabres , disposés en toulTe étalée ; les deux stipules sont assez petites, réunies en une seule stipule bifurquée, opposée à la feuille. Celle-ci est ai- lés, il neuf folioles ovales , souvent terminées par une petite arête. Les doux folioles inférieu- res sont insérées au bas du pétiole , très-près de la tige ; les fleurs sont jaunes , disposées en couronne au sommet du pédoncule. Les gousses sont anguleuses, noueuses. Celte petite plante ne sera certainement ja- mais cultivée spécialement comme fourrage , mais comme toutes les espèces de bétail la mangent , que les moutons la recherchent beaucoup , et qu'elle croit très-bien sur les collines les plus sèches, on devrait la multiplier dans les pâturages montagneux , où elle forme des touffus arrondies et très-serrées. Les abeil- les y gagneraient également. Elis {ervtim). Le calice est divisé en cinq lanières étroites, pointues, profondes, presque égales à la corolle ; le stigmate est glabre ; la gousse est oblongue et renferme de deux à (|ua- Ire graines. Les ers ont le port des vesces et s'en distinguent par leurs (leurs plus petites et leurs graines peu nombreuses. L'Ers i.entu.i,e, ou lentii-Le commune {ef- vum lens , Lin.) , est une plante annuelle, cul- tivée depuis la plus haute antiquité, et (pii croit spontanément en France dans lesbh'S.Sa tige est anguleuse, un peu velue, haute d'un pied; ses feuilles sont composées de dix à douze fo- holes oblongues, entières et un peu obtuses à leur extrémité : le pétiole se termine par un court filet. Les pédoncules sont grêles , axil- laircs, et portent deux ou trois fleurs blanchâ- tres, dont le pavillon est une peu rayé de bleu : le fruit est un légume court , assez large et rempli de deux ou trois semences roussà- tres ou noirâtres, connues sous le nom de len- tilles. ISous ne considérons ici la lentille que comme plante fourragère , comme légume, elle craint également l'excès du chaud et du froid , et elle ne réussit bien qu'entre le 40" et le 50= degrés de latitude ; comme fourrage , sa culture peut s'étendre plus au nord et au midi , et alors , loin de demander le sol léger et sec qui convient pour récolter ses graines, il est plus avantageux de la semer dans les terres grasses et un peu humides, parceciu'clle y thalle beaucoup plus. Elle fournit un fort bon fourrage pour les va- ches et les chevaux , pourvu (ju'on la coupe peu de temps après la floraison, car si l'on at- tend plus tard il devient un peu échaullant , surtout pour les chevaux. On pare néanmoins à cet inconvénient par un moyen très-simple, consistant à la semer en mélange avec du sei- gle en automne , ou avec de l'avoine au prin- temps. Celte méthode n'est pas aussi à dédai- gner qu'on s'est plu à le dire, parce que ces deux plantes mûrissent en même temps et se favoriseiiL mutuellement lorsque la première ne fait en nombre de pieds que le quart de l'autre. Les avantages de ce mélange sont bien connus dans quelques parties de la Picardie. On sème les lentilles au i)rintemps, dès que les gelées ne sont plus à craindre , c'est-à-dire au commencement d'avril dans le climat de Paris. Un bon labour à la charrue lui suflit pourvu que les mottes soient exactement bri- sées. On sème à la volée , un tiers plus épais que s'il s'agissait de la cultiver pour ses grai- nes, c'est-à-dire en raison de vingt cinq à trente livres par arpent; si on les saupoudre de plâ- tre lors(iu'elles commencent à sortir de terre on augmente beaucoup leur produit ; on pré- tend (|ue cette plante fournil un bon engrais quand on l'enfouit au moment de la floraison. L'ers ervii-lière (ervuin ervilia. Lin.) est aussi connue sous les noms de Konim et d'o- robe ofjicinale. Les botanistes la placent dans le genre des vesces (vicia) ; mais nous la laissons ici pour ne pas gêner les habitudes des culti- vateurs. Ses liges sont dressées, hautes de huit h dix pouces, rameuses, tétragones, pres- ques glabres ; ses feuilles sont ailées , terminées par un rudiment de vrilles : elle sont compo- sées de vingt à vingt quatre folioles lancéolées, linéaires, comme tronijuées, mucronnées, gla- bres : les stipules sont trifides ; les pédon- cules uniflorcs, arislés; les gousses, glabres, AGRICULTURE. 11 nrticulées, noueuses, rcnfermcuf de trois à qua- tre graines anguleuses, la Heur est blanehe , à étendard bleuâtre. Cette plante annuelle est cultivée comme fourrage dans quelques-uns de nos départe-^ mens méridionaux. Nous allons laisser parler M. Vilmorin qui a étudié ce fourrage avec son exactitude ordinaire. « L'ers, dit-il , sans être élevée, ne laisse pas que d'être fourrageuse, et produit surtout beaucoup de graines que l'on donne aux pigeons , mais avec ménagement parcequ'elle les échauffe. Le fourrage participe de cette qualité , il ne doit être administré aux chevaux que par petites rations , et lorsqu'on veut leur donner de l'ardeur et les soutenir pour des travaux pénibles. On m'a assuré que la plante mangée verte par les cochons leur était mortelle. La semence , comme aliment pour l'homme , est également très-suspecte, et l'on doit se garder de l'employer en mélange dans le pain. On voit par là que je veux moins engager à cultiver ce fourrage que prémunir contre ses dangers ceux qui ne les connaî- traient pas. L'ers peut être semée à l'automne, mais elle m'a mieux réussi au printemps. En- fouie en fleur , elle passe , dans quelques can- tons , pour l'engrais végétal le plus efficace. « Nous partageons en tout point l'opinion de M. Vilmorin , excepté en ce qui concerne les graines de cette plante ; elles ne sont pas un poi- son , ni pour l'homme ni pour les animaux , mais on croit qu'elles causent une débilité mus- culaire aux personnes qui en mangent , ce qui n'est pas suffisamment prouvé ; du reste elles sont très-employées en médecine, et leur farine forme ce que les médecins nomment une des quatre farines résolutives. Probablement que dans nos départemens méridionaux on préfère cette espèce à la précédente , pour la cultiver en fourrage , parce qu'elle craint moins la cha- leur. L'Ers a quatre gkaines (erviim letrasper- mimi, Lm.) est une plante annuelle, qui se plaît dans les moissons , le long des routes et sur les collines, ses liges sont faibles, anguleuses, lon- gues de dix-huit pouces, glabres ainsi que le reste de la plante. Les stipules sont entières, en demi-fer de flèche ; le pétiole se termine en vrille rameuse et porte six à dix folioles linéaires , très-obtuses : les pédoncules portent deux à trois petites fleurs rougeàtres, inclinées ou pen- dantes , auxquelles succèdent des gousses gla- bres , oblongues , à quatre graines. Elle fournit une excellente nourriture pour les bestiaux , surtout pour les moutons ; je con- çois que partout où l'on ne cultive pas de ers on néglige ce fourrage , mais je ne comprends pas pourquoi , dans nos départemens méridio- naux , on ne lui donne pas la préférence sur l'ervillière , car elle est plus grande , plus four- rageuse, et elle échaufl'c'rait moins les chevaux. L'kiis velue {ervum hirsiilum, Lin.) est éga- lement annuelle et croît dans les mêmes lieux , sa tige est haute de dix pouces, grêle, rameuse et très-faible ; ses feuilles sont composées de douze ou quatorze folioles obtuses , presque linéaires , et leur pétiole commun se termine par une viillc rameuse : les pédoncules sont axillaires et portent de deux à quatre fleurs fort petites , blanchâtres ou d'un bleu pâle. Le fiuit est un légume velu et à deux graines glo- buleuses. C'est un très-bon fourrage pour toutes les es- pèces de bétail; mais le peu d'abondance de son produit empêchera toujours de la cultiver spé- cialement. ÉCONOMIE RURALE. la muscardine, maladie des vers a soie. Tous ceux qui se sont occupés de magnane- ries ont appris à redouter les effets d'une mala- die contagieuse, connue sous le nom de mus- cardine, qui détruit souvent sans ressource tous les vers d'un établissement, au moment où ils vont, par leur transformation en chrysalides, indemniser les propriétaires de tous leurs soins et de toutes leurs dépenses. Nous croyons donc être utiles à un grand nombre de nos lecteurs, en leur faisant connaître le moyen de guérir les versa soie de cette maladie. Lorsque cette maladie s'est déclarée dans une magnanerie, le propriétaire, afin d'arracher jus- qu'aux racines du mal, doit brûler, dans un en- droit éloigné de l'établissement, les bois, les papiers, et même les fenêtres en papier qui pourraient contenir des germes contagieux , et en général tous les objets de peu de valeur qui auront servi à l'usage de la chambre muscardi- née. Il est très-imprudent, comme quelques cul- tivateurs en ont l'habitude , d'utiliser dans les étables les bois infectés ; il est préférable d'en faire le sacrifice et de les brûler, afin de ne pas s'exposer à contaminer sa maison et à commu- niquer plus tard la contagion aux vers à soie qu'on pourrait y élever. On parvient ainsi à purifier les magnaneries; mais si l'on veut obtenir une désinfection plus complète, il sera bon d'employer des fumiga- tions. Voici comment on procède -. après avoir mé- lange ensemble deux livres de soufre et un dixième de nitre, on les divise en parties égales dans cinq vases qu'on place au milieu et aux quatre coins de la chambre, dont on a la pré- caution de fermer hermétiquement toutes les ou- vertures, les croisées et les portes. On bouchera avec du foin ou de la paille le tuyau de la cheminée. On communique le feu à ces vases en même temps qu'on sort de lacham- 12 COMMERCE, MANUFACTURES, ARTS ET MÉTIERS. bre, que l'on doit tenir ferni(fe pendant vingt- quatre heures, ou six heures pour le moins. Les fumigalions à la Morveau et à la Smith sont trop faibles pour être employées avec suc- cès, non qu'elles pèchent par leur nature, car on sait que le chlore et l'acide nitrique sont au con- traire doués d'une grande énergie , mais parce qu'elles laissent dégager une trop petite quan- tité de gaz. 11 faudrait , pour obtenir avec les mêmes substances, un effet à peu près analogue à celui du soufre, doubler les doses et par con- séquent les dépenses. Encore l'action ne serait- elle pas aussi puissante et aussi prompte. DE LA MANIERE DE COSNAITBB LES BO.NNES FAUX ET DE LES AFFILER. Il est on ne plus important pour les agricul- teurs d'être à môme de distinguer les bonnes faux des mauvaises , et de reconnaître les dé- fectuosités de cet outil. Ces défectuosités pro- viennent, et de la qualité de l'acier ou du fer, et de la manière dont elles ont été trempées , en- sorte qu'une partie de la faux est très-dure et l'autre très-molle, parce que le fer mélangé'avec l'acier domine en une place et l'acier dans une autre. Afin de reconnaître l'inégalité du mélange ou son identité , on prend un couteau , et avec le tranchant on frappe de petits coups contrecelui de la faux : on jugera de chaque partie par l'impression que le couteau y laissera. Il est vrai que les marchands se prêteront difficilement à celle expérience. A défaut de couteau, on peut se servir d'une petite lime douce, et la promener lentement sur diverses parties du coupant. On remarquera alors les endroits où elle mord plus ou moins; enfin, s'il faut la rejeter ou l'acheter, la pierre à aiguiser démontre également les dé- fauts. Lorsqu'on a acheté une faux sans avoir pu reconnaître les endroits mous ou durs, le pre- mier soin est de les rechercher avant de s'en servir , par un des trois moyens énoncés ci- dessus , et surtout par un des derniers, et de marquer sur la lame, avec un instrument pointu, les endroits mous et les endroits durs. Lorsqu'il s'agira d'établir le tranchant des en- droits mous , on les mouillera avec de l'eau froide , ainsi que le marteau et l'enclume , jus- qu'à ce que le tranchant soit établi ; et, au con- traire, le tout sera sec lorsqu'il s'agira de l'éta- blir dans les endroits durs. A sec, les coups détrempent un peu la lame et l'adoucissent ; l'eau froide lui donne une trempe plus dure. Peu de personnes savent battre les faux , et un très-grand nombre les abîment. De là ces lames festonnées etk tranchant inégal. Il faut battre également partout, et toujours en propor- tion de la qualité du fer dans l'endroit où l'on bat. Le tranchant d'une faux destinée h couper des herbes fortes, telles que la luzerne, les prai- ries à gros foin , etc., doit être court ; il sera tenu long et bien aplati, si l'on doit faucher des herbes fines. On doit avoir la même attention lorsqu'on aiguise la lame avec la pierre. IL COMMERCE, MANUFACTURES, ARTS ET MÉTIERS. t.ANTER3JE5 DE SUEETE. Sur dix hàtimens ruraux consumés par le feu , il en est huit qui le doivent à la négligence des domestiques, qui portent dans les écuries et les greniers à fourrages de mauvaises lanternes, permettant aux corps combustibles, tels que le foin et la paille, de se trouver fortuitement en eontactavec le feu de la chandelle. M. Bosc, frappé du nombre d'accidens qui n'avaient pas d'autres causes, publia, dans k Cours d'agri- culture de Vélcrville, la description de deux lanternrs de sûreté, connues depuis fort long- temps dans diverses parties de la France. La première et la plus économique consiste en un cylindre de fer-blanc, de quatre pouces de dia- mètre, fermé par le bas, pourvu d'une porte garnie d'une vitre en corne mince, surmonté d'un cône tronqué et ouvert, également en fer- l)lanc , lequel est percé de beaucoup de petits Irouset termtné par un crochet. Li seconde, qui n'est connue que dans les départcmens de l'est de la France, mais dont il y a une grande fabrique à Lar-sur-Aube , est un cylindre de quatre pouces de diamètre , en fils de fer très- rapprochés , liés entre eux au moyen d'autres fils de fer perpendiculaires, et fermés aux deux bouts par une plaque de lùlc, dont la supérieure est pourvue d'un anneau. Une porte est ména- gée dans sa partie inférieure. Cette lanterne est positivement la lampe de Davy, si vantée ces dernières années, et avec raison, mais que les savans ignoraient exister en France depuis un temps immémorial. J'ai vu, chez les qumcaillers de Lonjumeau, près de Paris, une lanterne fort iiigcnieu.çe, très économique, et que l'on pourrait, si on le vou- lait, entourer de paille sans le moindre danger d'y mettre le feu. Elle se compose d'un bocal ordinaire de verre blanc, large de quatre pou- 13 il n'y a pas de laiilerne qui donne plus de lu- mière que celle-là. COMMERCE , MANUFACTURES , ARTS ET METIERS CCS, et haut de huit ou neuf; il est pose sur un fond de fer-blanc a, porté par quatre montans de même métal b b b b, appliqués contre le verre et maintenus par un cercle pareil c. Ses montans se prolongent en d d, et viennent se souder à un petit cône e, large de deux pouces €t demi, surmonté d'un anneau /", destiné h porter la lanterne. La chandelle se place dans une bobèche g, supportée par trois branches également de fer- blanc et se terminant en crochet h. On intro- duit ce petit appareil dans le bocal , et il s'y trouve maintenu au moyen des crochets h, que l'on place à cheval sur les bords du vase. Comme on le concevra aisément par la seule inspection de notre dessin , il n'est ni vent ni pluie qui puisse troubler la flamme de la chan- delle; nul corps combustible ne peut s'appro- du feu, et par conséquent on peut se prome- ner dans les granges, les greniers, et les écuries sans la moindre crainte de danger. Outre cela, Il est vrai qu'elle se casse aisément si on la choque contre un corps dur, et c'est ce qu'elle a de commun avec toutes les lanter- nes de verre. Mais quand cela arrive, on ca est quitte pour replacer un autre bocal dans la monture ; et pour cela il est bon d'en avoir de rechange. Si l'on voulait éviter ce léger incon- Nénient, rien ne serait plus facile-, il ne s'agirait que de placer autour du bocal quelques rangs de fils de fer que l'on souderait aux montans: ces fils garani iraient le vase des chocs, et ne feraient guère ;)erdre de lumière. CES COUVERTURES DE TERRASSES EN ZINC, COMPAREES A CELLES EN BITUME. On noAis demande quels avantages par- ticuliers peuvent offrir le zinc ou le bitume pour la couverture des terrasses , et cette ques- tion ne laisse pas que d'avoir une certaine im- portance ; aussi allons-nous tâcher de la résou- dre (le notre mieux. Pour ce qui concerne la couverture en bitume, nous renvoyons le lec- teur à la page 80 de l'année 1837 (numéro de mars), où nous en avons traité (t) ; nous allons (0 n'après les renseigncmcns que nous avaient trans- mis MM. Dournay, propriétaires des mines d'asphalte ou bitume minéral de Lobsann , nous en avons indiqué les divers emplois , principalement pour le goudron- nape des toiles , câbles , etc. ; l'enduit sur les murs hu- mides et salpêtres et sur les plâtres ; la couverlurê des bùlimeiis en lenasse ; le platelage des ponts ; la cons- truction des bassins, pièces d'eau, citerne?, rés«r- voirs, etc, 14 ici nous occuper de celles en zinc, puis nous cofnparerons les deux procédés. L'emploi du zinc ne date guère en France que de l'année 1789, époque à laquelle nous étions, pour sa fabrication, entièrement tribu- taires de l'étranger. Ce ne fut que long-temps après qu'on le lamina en France, et les progrès que flt ce genre d'industrie datent à peu près de 1810. Les ouvrages exécutés en France et à l'étranger en attestent la solidité. Mais on doit apporter le plus grand soin à l'isoler du fer ex- posé à l'air, et à le garantir de l'humidité des plâtres : il faut aussi le préserver bien attenti- vement du passage ou de l'infiltration des eaux qui auraient traversé un conduit de fonte , car alors elles se chargent d'un principe d'oxida- tion qui expose le zinc à une prompte détério- ration. On remarque dans le zinc une propriété qui lui est commune en quclquesorteavec le bronze, et qui contribue beaucoup sans doute à le faire durer long-temps : un oxide se forme à sa sur- face , et y devient adhérent. Cette espèce de patine préserve le métal et l'entretient en bon état.Berzelius l'appelle un sircx-oxide de zinc; il prétend même que la croûte, ainsi formée à ia surface du métal, résiste mieux que celui-ci à l'action mécanique et chimique des autres corps. Un grand avantage des couvertures métalli- ques, c'est délaisser beaucoup moins que les autres d'accès au vent, et d'otliir à l'eau moins d'issue que la tuile et l'ardoise. En outre, l'in- clinaison des toits ainsi couverts n'a pas besoin d'être aussi forte. L'angle des toits ordinaires, revêtus de tuiles ou d'ardoises, est de 45 à 50 degrés, et de 20 à 25 degrés seulement pour ceux couverts en métal; d'où il résulte diminu- tion de la surface à rouvrir, diminution de la quantité de bois à employer dans le comble , et par consé(|uent économie sensible. Il est essentiel que le zinc soit employé avec les précautions, et suivant les procé- dés convenables. Ces procédés, bien simples, consistent à n'assujettir le zinc que par des ourlets et des agrafes qui lui permettent de se dilater sans déchirement, et à ne le fixer EC0N03IIE D03IESTiQUE. sur la volige qu'avec des clous de même métal. L'objection la plus grave que l'on puisse éle- ver contre cette sorte de couverture , c'est qu'elle est sujette à s'altérer au froid comme à la chaleur, à sebossuer, à se déchirer même par suite des changemens de température. Oa . ne peut nier ces inconvéniens ; mais ce n'est pas au zmc seul qu'on pourrait les reprocher : tou- tes les couvertures métalliques en sont plus ou moins susceptibles ; et, sous ce rapport, les couvertures de bitume sont préférables, quoi- qu'elles soient aussi un peu sujettes à un retrait plus ou moins fort. Mais un reproche plus grave que je fais au ziuc, et que je ne crois pas lui avoir été fait, c'est de pourrir très-rapidement les charpentes sur lesquelles on le pose, et j'cQ ai vu plusieurs fois l'expérience. Ce que j'avance là, quoique très-vrai, surprendra sans doute nos lecteurs, comme cela nous a surpris nous-mèrae la première fois que nous en avons fait l'obser- vation. Mais avec un peu de réflexion on trouve aisément la cause naturelle d'un effet qui parait si extraordinaire au premier coup-d'œil. Comme tous les métaux, le zinc est mauvais conducteur du calorique ; les vapeurs que la chaleur sou- lève pendant l'été, rencontrant ce corps froid , se condensent et forment des gouttes d'eau qui retombent et coulent continuellement sur les bois de la charpente , ce qui les fait pourrir. On voit, par ce que nous venons de dire, que le zinc et le bitume, dans des circonstances semblables, ont des qualités et des défauts com- muns. Il peut se trouver des circonstances tel- les où l'un l'emportera sur l'autre. Néanmoins, si j'avais une terrasse à couvrir , dans une loca- lité où il n'y aurait aucune ciainte d'incendie, car le bitume ne convient pas dans cette cir- constance, ce serait à lui que je donnerais la préférence , par la seule raison qu'il est plus so- lide et qu'il conserve mieux les bois. Néanmoins, nous ne donnons ceci que comme notre opi- nion personnelle, et nous pensons qu'il faut en- core quelques années d'expérience pour consta- ter détinitivement la supériorité d'une méthode sur l'autre, abstraction faite des calculs d'éco- nomie. B. IIÏ. ÉCONOMIE DOMESTIOUE. DU MIEL, 1)U SUCHK ET DU SinOP Qf ON PEUT EN FAIRE, par M. Julia de Fontenclle. Le miel est une substance sucrée de 1 1 con- sistance d'un sirop épais, qui se prend, selon les qualités, en une masse grenue cristallisée, blanche, ombrée ou brunâtre ; il est fourni par l'abeille, apis «ie////?cfir,dc Linnée, qui pon:pe la substance sucrée des fleurs et la dépose en- suite dans les alvéoles de ses rayons. Nous ne chercherons point il établir ici si le miel se pro- duit dans l'estomac des abeilles, ou si elles le puisent tout formé dans les fleurs et si elles ne font que l'élaborer. La substance sucrée que ECONOMIE DOMESTIQUE Ion trouve dans les nectaires rend celte dcr- 15 bière opinion plus probable. Le miel se récolte en grande quantité dans les lieux où croissent beaucoup de plantes aroinaliqucs; mais c'est une erreur que de croire qu'il est d'autant plus blanc qu'ils sont plus exposés au midi. Cela est d'autant plus vrai que, dans le département des Pyrénées-Orientales, les miels sont très- colorés, tandis que dans celui de l'Aude, aux environs de Narbonne surtout, ils sont ou jau- nes dorés ou blancs. Les miels varient suivant les localités où on le récolte. Ainsi, ceux des environs de Narbonne où croissent en abon- dance les romarins, les sauges, le thym, le ser- polet, les diverses lavandes, les cistes, le ■phlomis herba venti, etc., le miel est très-beau et a un bouquet très-agréable ; il en est de même de celui qu'on récolte au mont Ida, en Crète, dans la vallée de Chamouny, dans les par- ties méridionales du département de l'Hérault. Celui qui est connu sous le nom de Gàlinois se rapproche beaucoup de celui de Narbonne, on attribue ses bonnes qualités aux plantes odorantes de ce pays , ainsi qu'à la grande quantité de fleurs de safran. Dans le Roussil- lon, la Bretagne, les Cévennes,où l'on cultive le sarrasin, où existent des bruyères stériles, etc, le miel est très-inférieur. Le voisinage des champs de sarrasin influe singulièrement sur l'inféi-iorité du miel. Il est d'autres plantes qui lui communiquent des propriétés dangereuses. Ainsi, indépendamment de l'empoisonnement d'un grand nombre de soldats grecs, lors de la retraite des dix mille, que Xénophon attri- bue au miel qu'ils avaient mangé sur les mon- tagnes de Trébisonde et les bords méridionaux du Pont-Euxin ; indépendamment des obser- vations de Tourneforl, faites sur les mêmes lieux , qui attribue l'efTet délétère de ces miels àl'azfl/ca ponlica qui couvre les montagnes de cette partie de l'Asie mineure, nous avons l'observation plus récente de jM. Auguste Saint- llilaire. Ce botaniste assure qu'il faillit être empoisonné au lîrésil pour avoir mangé du miel produit par la guêpe nommée Lechcna- gua, qui butinoit probablement sur une plante de la famille des apoignées qui abonde aux en- virons. Dans le midi de la France, on fait an- nuellement deux récoltes de miel, l'une au mois de mai, l'autre au mois de septembre. Le pre- mier est le plus beau et le plus riche en sucre cris- tallisable, et en général, les diverses espèces de miel, en se concrétant, surtout l'hiver, for- ment une masse cristalline, grenue, dont nous indi(|uerons le mode d'extraction. Les miels les meilleurs sont blancs ou jaunes dorés, épais et transparens ; quand ils ont un aspect louche, c'est une preuve qu'on les a fraudés au moyen de l'eau et de la farine. Pour s'en convaincre on n'a qu'à en faire dissoudre un peu dans l'eau chaude, et y ajouter quelques gouttes de tein- ture d'iode. Si le miel est falsifié, la liqueur prend une belle couleur bleuâtre. Les miels de septembre, contenant moins de sucre cristalli- sable que ceux de mai, restent aussi plus long- temps en consistance lérébenthineuse. J'ai re- connu que les proportions de sucre crislallisa- ble variaient dans les miels, non-seulement sui- vant qu'ils étaient récoltés au printemps ou en automne, mais suivant les localités et la régula- rité des saisons. Sirop de wî'e/.Dans les localilés où l'on a de très-beau miel blanc, on peut se passer d'en préparer un sirop; pour les besoins de la phar- macie, on peut le purifier et le réduire en sirop de la manière suivante : Prenez : miel blanc 9 G onces. Eau pure 24 Charbon animal lavé à l'eau froide et séché. . . 0 Eau battue avec trois blancs d'œufs 12 Craie lavée et pulvérisée, quant suf. Comme il est des miels acides, dès qu'ils ont été mis sur le feu avec l'eau et que la solution est complèle, on sature l'acide au moyen de la craie qu'on y projette tant qu'il se produit de l'eflervescence ; après un ou deux bouillons, on y délaie le noir animal ; après deux minutes d'ébullition, on y ajoute les blancs d'œufs, on remue, et, au premier bouillon, l'on relire la bassine du feu, on laisse refroidir le sirop pen- dant un quart d'heure, et l'on passe à la chausse jusqu'à ce qu'il soit bien clair et très-transpa- rent; on l'amène ensuite par un feu rapide à 31 degrés de Baume, qui est le point de sa cuite , que l'on peut reconnaître aussi comme celle du sirop de raisin. Quand les miels sont impurs et très-colorés, comme ceux de Bretagne, on suit le procédé suivant, qui est dû à M. Borde. Prenez : miel 10 livres. Charbon végétal en pou- dre 10 onces. Charbon animal, idem.. 5 Acidenitriqueà30ou32. 10 gros. Eau 10 onces. On triture dans un mortier de porcelaine, les deux charbons, l'eau et l'acide; on y ajoute ensuite le miel ; ou le fait chaufl'er ensuite dans une bassine élamée, sans le faire bouillir, pen- dant huit à dix minutes ; on y ajoute ensuite 60 onces de lait dans, lequel on a délayé un à deux blancs d'œufs. Après quatre ou cinq minutes d'ébullition, on passe à travers une étamine placée dans un lieu chaud, jusqu'à ce quele sirop reste bien cLir. Ce sirop, à la consistance de 32 degrés, se con- 16 HYGIÈNE serve très-bien. Nous sommes loin de le regar- der comme pur; il retient un peu d'acide nitri- que et les substances qui se trouvent dans le petit lait. Sucre de miel. Le miel peut être considéré comme un sirop très-concentré, qui ne tarde point à abandonner une grande partie de son sucre cristallisable. C'est ce qui arrive, en effet, au fond et sur les parois des vases dans lesquels on l'enferme; souvent même tout le miel n'offre plus qu' une masse grenue,cristalline, qui acquiert même quelque fermeté; ou en débarrasse le su- cre en en formant une pâte avec de l'alcool concentré, et les soumettant h la presse dans une forte toile. En répétant cette opération deux ou trois fois, l'on obtient le sucre de miel le plus voisin de son élat de pureté. Ce sucre a la couleur, l'odeur, la saveur (t les propriétés du miel d'où il provient ; l'alcool en dissout beaucoup plus que celui de cannes et de betteraves; il est hygrométrique et très- soiuble dans l'eau: cette solution fermente aisé- ment. L'acide nitrique qu'on fait agir sur ce sucre donne des cristaux d'acide oxallique très- blanc. Nous ne pensons pas que l'extraction de ce sucre puisse jamais avoir une autre importance que celle qu'on peut lui donner, pour le faire prendre, dans de certaines incommodités, aux personnes auxquelles le miel naturel répugne. IV. HYGIÊ]\E. DES EAUX MINÉRALES. Les eaux , comme on les appelle , jouent un trop grand rôle dans la médecine pour qu'il ne soit pas utile d'en parler ici avec quelques dé- tails , de manière à ce qu'on sache à quoi s'en tenir sur ces remèdes que la nature nous a pré- parés, et surtout qu'on puisse s'en servir judi- cieusement et utilement. Les idées qu'on va voir exprimées ne sont pas celles qu'admet un vul- gaire enthousiaste et ami du merveilleux ; néan- moins , comme elles ont obtenu l'approbation d'un giand nombre de médecins éclairés , peut- ctie méritent-elles de fixer quelque peu l'atten- tion des lecteurs. Toutes les eaux contiennent en dissolution des substances minérales, et l'eau absolument pure n'existe pas dans la nature ; mais on a réservé le nom dt eaux minérales à celles qui renferment des sels, des oxydes, des acides, etc., en pi oporlion assez considérable pour n'être plus propres aux usages domestiques. Ces eaux sont très-nombreuses : on en connaît plus de quatorze cents, dont la composition varie plus ou moins -. probablement on ne les connaît pas toutes. L'histoire des eaux minérales a été jusqu'il ces derniers temps environnée d'un vague mer- veilleux, d'où sont venues beaucoup d'erreurs : on les a considérées comme des présens du ciel, offrant , dans le traitement des maladies , des ressourrps qu'on ne trouvait point ailleurs. Piien pointant n'est plus naturel que leur origine et leurs propriétés. Des eaux, produites par la fonte des neiges ou des glaces, ou tombant des régions supérieures de l'atmosphère, s'infiltrent dans le sol et dissolvent diverses substances minérales formant les gisemens sur lesquels elles coulent ; puis elles passent au-dessus de foyers souterrains qui les échauffent à un degré plus ou moins considérable, et occasionnent souvent des réactions entre les matières dont elles sont chargées ; enfin elles viennent se mon- trer à la surface du sol. Quelquefois le nombre et l'ordre de ces opérations est changé , et donne en conséquence des résultats différens. Ainsi , telle eau , froide d'abord , s'échauffe et vient sortir de terre avec une température plus ou moins élevée : c'est ce qu'on nomme enux thermales ; telle autre, au contraire, chaude à son point de départ, s'est refroidie avant de sortir de terre: de là, une division naturelle des eaux minérales en chaudes et en froides. Les terrains secondaires et volcaniques sont ceux qui fournissent le plus grand nombre d'eaux minérales. Sous le rapport de leurs propriétés physi- ques , ces eaux diffèrent d'avec l'eau ordinaire, et aussi beaucoup entre elles. En général, elles sont limpides , incolores, plus ou moins odo- rantes et sapides , quelquefois louches et colo- rées ; enfin, plus ou moins pesantes, ou bien mêlées de gaz qui les rendent au contraire plus légères et mousseuses. Quant à leur tempéra- ture, elle est inférieure, égale ou supérieure h celle de l'atmosphère. Mais ces différences dé- pendent de causes parfaitement connues, et le calorique ne déroge en rien aux lois qui le ré- gissent, ainsi qu'on le croyait jadis, prétendant que les eaux minérales étaient plus chaudes que ne le serait de l'eau chargée des mêmes sub- stances et chauffée à la flamme de nos foyers , qu'elles rendaient la fraîcheur aux fleurs fanées, qu'elles ne brûlaient point, etc. L'analyse chimique a dès long-temps révél»' la composition des eaux thermales ; cepcndan» HYGIENE. 17 quelques personnes, intéressccs peut-être, sou- tiennent qu'on ne peut opérer (pie sur le cada- vre de ces eaux, si l'on peut ainsi dire, et que Jes substances (pi'on en extrait ne s'y trouvent pas dans l'état où la nature les y a mises. Quoi qu'il en soit, on procède par l'évaporation, par les réactifs, et aussi par la synthèse. C'est au moyen de celle dernière qu'on est arrivé à imi- ter plus ou moins parfaitement les eaux mi- nérales. Presque tous les corps de la nature ont été constatés dans les eaux, outre que le calorique et l'électricité jouent un grand rôle dans leur histoire. Les gaz simples, les acides, les alcalis y ont été reconnus ; mais ce sont particulière- ment les sels qui y abondent et qui s'y dissol- vent, et s'y décomposent suivant que leurs élé- mens respectifs sont susceptibles de réagir les uns sur les autres. D'ailleurs ces principes , si nombreux déjà, se multiplient, en quelque sorte, par les proportions infiniment variées dans les- quelles ils peuvent se trouver dans les eaux : aussi peut-on dire, avec vérité, qu'il n'y en a pas une seule qui ressemble véritablement à l'autre. Cependant, au milieu de cette multitude, il a bien fallu former quelques catégories, et l'on divise les eaux d'après leurs propriétés les plus saillantes ; savoir : d'abord en eaux thermales ou chaudes, et en eaux froides ; puis ensuite en eaux acidulés, sulfureuses, fe)Tugineuses et salmes, selon la nature de leurs principes mi- néralisateurs. D'autres divisions ont été propo- sées ayant pour base la présence de substances gazeuses , d'acides , d'alcalis ou de sels , de métalloïdes , de métaux , et même de matières organiques. L'action médicinale des eaux minérales est un des points les plus controversés delà méde- cine pratique. Ainsi, tandis que les uns, con- servant d'anciennes idées, leur attribuent des propriétés miraculeuses et presque divines , d'autres, parmi lesquels on compte beaucoup de médecins expérimentés et consciencieux , pensent que les bons effets qui ont été obser- vés s'expliquent naturellement par l'influence des médicamens actifs qu'elles tiennent en dis- solution, et à laquelle il faut ajouter les circon- stances dans lesquelles elles sont administrées , telles que le voyage , le changement d'air, de nourriture , d'habitudes , etc. Il en est qui, plus sceptiques encore, font remarquer que les eaux, en général, sont conseillées, soit contre des ma- ladies simples et qui guérissent d'elles-mêmes , soit contre des affections incurables , de telle sorte que Vichy, Spa, Bourbonne, Caiisbad , Tœplitz, Baden, etc., seraient les oubliettes de médecins qui enverraient mourir loin de leurs yeux, et hors de leur responsabilité, les malades pour lesquels ils ne savent que faire. Ces scep- tiques disent encore qu'aux eaux ce qu'où prend le moins, ce sont les eaux;'quc, sous prétexte de traitement pré])aratoire , concomitant ou com- plémentaire , on emploie une foule de moyens étningers aux eaux ; que d'ailleurs on fait chauf- fer celles qui sont froides , refroidir celles qui chaudes ; (ju'on laisse déposer celles qui sont fort chargées , et qu'on ajoute à celles qui ne sont pas assez puissantes ; qu'enfin on ne fait pas difficulté, lorsqu'une première saison n'a pas réussi , d'en recommencer une seconde. D'ailleurs, ils ne nient pas l'action médicamen- teuse des eaux sulfureuses, ferrugineuses, sali- nes, etc. ; ils ne nient point qu'elles n'agissent directement en provoquant des selles , des sueurs, des évacuations d'urine. Ils compren- nent également que les phénomènes observés aux eaux sont remarquables, tout en prétendant qu'on les obtiendrait également ailleurs, pourvu qu'on opérât avec les mêmes élémens et dans des conditions semblables ; mais ces phéno- mènes ne peuvent être raisonnablement rap- portés qu'au soufre , au fer, à l'acide carboni- que, et aux autres substances contenues dans les eaux. La mode, la routine, les intérêts particuliers ont conservé leur empire dans la matière qui nous occupe, nonobstant les lumières qu'y ont jetées les sciences naturelles et la philosophie médicale. On continue d'aller aux eaux par dés- œuvrement ; on continue d'aller leur demander la guérison de l'ennui , de la satiété et de quel- ques autres maladies moins incurables peut- être. Les guérisons qui surviennent sont attri- buées aux eaux, pour lesquelles une croyance superstitieuse établit une confiance qui peut être elle-même un moyen utile chez l'espèce de ma- lades qui vont y chercher la santé. Disons maintenant dans quelles maladies les eaux ont été recommandées et le sont encore aujourd'hui par beaucoup de médecins. Ce sont les maladies chroniques , celles par conséquent dans lesquelles on a eu l'occasion d'employer, sans succès , beaucoup de médicamens. Ce qu'on doit d'ailleurs remarquer, c'est qu'un très-grand nombre d'eaux assez différentes par leur composition chimique sont conseillées con- tre les mêmes affections. En général , les eaux thermales sont particulièrementindiquées contre les affections de la peau , contre les douleurs goutteuses , rhumatismales , nerveuses, les pa- ralysies, et aussi contre les engorgemens des ar- ticulations ou des viscères ; on les emploie plus généralement en bains. Au contraire, c'est plu- tôt à l'intérieur que se prennent les eaux froides. D'après leur composition, les eaux acidulés sont vantées contre les maladies des voies di- gestives, et en particirlier contre celles du foie , mais surtout contre les maladies des voies uri- naires. Les eaux ferrugineuses sont regardées comme toniques , et recommandées dans les 18 HYGIÈNE. affections caractérisées par la langueur générale des fondions, el aussi contre les dérangemens des digestions. Les eaux salines qui agissent comme purgatives et comme diurétiques, sont les plus employées de toutes, et conviennent dans le plus grand nombre de cas. Enfin les eaux ak-almes sont usitées comme résolutives et dissolvantes dans les scrofules, les Qux muqueux, les ulcères, la gravelle, etc. ; et les eaux sulfu- reuses, surtout celles qui sont chaudes et iodu- rées , sont presque celles qui jouissent de la confiance générale dans les maladies où l'usage des cxcitans paraît être spécialement applicable. Dans rimj)ossibilitc de nommer toutes les eaux minérales, nous nous bornerons à indiquer celles qui jouissent de la plus grande réputation. Eaux acidulés -. Monl-d'Or, Néris, Ussat, Seltz, Pougues, Cbateldon, etc. — Eaux fer- rugineuses : Passy, Forges, Spa, Bussang , Conlrexeville, Vais, Oronsac, qui sont froides; liourbon-l'Archambault, Montferrand, Nieder- bronn , qui sont rhaudes. — Eaux salines , chaudes: Plombières, Luxcuil, lîourbonne- les-Bains, IJagnères, Aix, IJourbon-Lancy , Dax, Carlsbad, Tœplitz; froides : Pyrmont, Scdlitz, Seydschulz, Epsom, Balh. Il faut y ajouter les eaux de mer et l'eau des salines : Ems, Chaudes-Aiguës, Vichy. — Eaux sul- fureuses : Baréges, Bagnères dcLuchon, Saint- Sauveur, Bagnols, Bonnes, Caulerets, Saint- Amand, Enghien, Baden, Schlangenbad, >Vis- badcn, Aix-la-Chapelle, Schinznach. Plusieurs de ces eaux sont une source de richesses pour les localités où elles se trouvent , et quelques- unes ont une certaine importance historique, politique ou commerciale. Le mode d'administration des eaux a, comme nous l'avons déjà dit, quelque chose de mysti- que et de superstitieux, et cha(|ue source possède à ce sujet des traditions et des procédés, qu'on regarde comme fort importons. La quantité d'eau à boire , le nombre et la durée des bains, sont autant de choses sacramentelles. D'ailleurs chaque espèce d'eau a sa saison, son traitement préparatoire, accessoire, etc. Chaque source a également ses accidens , tels que do la fièvre, des éruptions cutanées, des superpurgations, des hémorrhagies ; chacune aussi a son régime, indépendamment des indications relatives aux maladies en particulier. Pour faire jouir des bienfaits des eaux miné- rales ceux qui ne pouvaient pas les prendre à la source, on a imaginé de mettre ces eaux en bouteilles pour les transporter au loin; mais on n'a pas vu que par le refroidissement pour les thermales, et par le transport , il se faisait des réactions chimiques qui les changeaient totale- ment ; sans parler de ce qu'on leur ùîait un de de leurs plus grands élémens de succès, savoir le voyage entrepris par les personnes malades , et la distraction qui en est la suite. On a égale- ment imaginé, et l'honneur doit en être rap- porté surtout à M. le docteur Struve, de Dres- de, on a imaginé d0 fabriquer des solutions de sels, d'acides et de gaz, dans des proportions semblables à celles des eaux minérales, et cett« fabrication est devenue l'objet d'un commerce assez important. Quoi qu'en puissent dire les partisans des eaux naturelles, il est évident que, si l'on renonce aux avantages de l'exercice et de l'air des montagnes , les eaux factices ou artificielles sont supérieures aux eaux naturel- les transportées en bouteilles ; car il ne faut pas croire que les effets des eaux, pour la guérison des maladies, dépendentde quelques grains, en plus ou en moins, de quelque sel insignifiant , ou de quelque mince ditrérence dans le volume d'un gaz. La fabrication des eaux minérales ar- tificielles est une opération de chimie pharma- ceutique, difficile et délicate. Elle suppose la connaissance parfaite des substances contenues dans ces eaux, de leur quantité précise , et en- core de l'état où elles y ont été intioduiles, comme des réactions qu'elles ont pu y subir. Des travaux importans ont été faits sur ce su- jet ; on regrette seulement qu'ils n'aient pas une utilité plus réelle ou plus incontestée. On peut exprimer en peu de mots l'opinion qu'on doit avoir des eaux minérales. Elles n'a- gissent pas autrement que ne le feraient, toutes choses égales d'ailleurs , des solutions salines, ou autres, chauflécs artificiellement au même degré. Malgré l'immense variété d'élémens, et surtout de proportions qu'on y remarque, leur action médicamenteuse se rapporte à celui de leurs composans qui prédomine. Dire qu'il en est autrement, c'est donner un démenti aux observations les mieux faites; admettre quelque chose de merveilleux, de surnaturel , c'est de la déraison, et bien plus souvent du charlatanisme. Il est hors de doute que les moyens hygiéniques jouent un grand \oh dans les clfets salutaires at- tribués aux eaux minérales; enfin, que souvent l'emploi des eaux est toul-à-fait illusoire , et qu'on y guérit comme ailleurs, ni plus, ni moins. Laissons donc les eaux minérales comme des niédicamens simples et économiques , à ceux qui se trouvent dans leur voisinage; laissons- les aux riches qui paient leur tribut à la mode en s'y transportant de loin ; laissons-les égale- ment à ceux (pii ne peuvent ou ne veulent pas comprendre les eiïets de l'exercice, du régime, des bains, etc., et qui craignent d'éclairer les malades sur leurs véritables intérêts. BATIEB, D. M. P. Médecin du collège municipal de Jîollin , de la salle d'asile mo- dèle {maison Cochin) ; directeur- fondateur de l'école prépara- toire de médecine de Paris. MORALE, METHODES D'ENSEIGNEMENT , LÉGISLATION. 19 DB lA MORT ArPARENTF. ET DE LA :*IORT REELLE. SIGNES AUXQUELS ON TEUT LES DISTINGUER. L'arlicle 77 du Code civil pi-escrit qu'aucune inhumation ne sera faile sans autoiisalion, sur papier libre et sans frais, de l'ofTicier de l'élat civil, qui ne pouiia la délivrer qu'opréf s' Cire transporté nupri'S de la personne dérédée pour s'assurer du décès, et que vingt-quatre heures après le décès, hors les cas prc\ us par les rè- glemens de police. Mais quels sont les moyens pour un officier de l'état civil de s'assurer qu'une pcrsonme est réellement morte? Le médecin est seul compé- tent pour décider le cas. Nos plus célèbres professeurs de clinique et de pathologie ont donné à cet égard des indica- tions desquelles il résulte qu'il ne faut pas con- sidérer comme un signe certain de mort réelle la raideur du corps ou des membres, attendu que celte raideur peut se déterminer par des causes diffiirentes :, ils distinguent : 1° La raideur chez l'individu qui a été gelé ; 2" celle qui se manifeste à la suite d'afTcclions nerveuses graves, à laquelle on a donné le nom de convulsive ; 3° celle qui a lieu dans cer- taines syncopes , et qui n'empêche pas que la poitrine et le ventre ne conservent de la chaleur; •i° celle qu'on remarque chez les asphyxiés. Mais, selon ces savans , ces dilTérens signes ne doivent pas être considérés comme des indices certains de mort, puisque souvent ils ont cédé à des moyens de Ihérapeuthique bien adminis- trés. L'affaissement, le ternissement et le renfonce- ment des yeux dans leur orbite, ne sont pas tou- jours un signe certain de mort ; il en est de même de la cessation apparente des battemens du pouls, et de la suspension de la respiration ; on no doit pas, en conséquence, s'en rapporter à ce qu'un brin de laine cardée, ou bien la flamme d'une bougie présentés à la bouche et aux nari- nes, ne s'agiteraient pas, non plus à ce qu'un mi- roir placé devant la bouche n'aurait pas été terni par l'haleine. L'absence apparente de chaleur dans l'indi- vidu, surtout chez les noyés, n'est pas non plus uû signe de mort. Il en est de même de celle de la sensibilité. C'est donc bien mal à propos que l'on torture le corps d'un individu en pruli(juant dessus des incisions, des brûlures, des ventouses, etc., moyens tous secondaires , et qui ont l'inconvé- nient de fatiguer horriblement le malade s'il revient au mouvement. Onavu,ditM. Orfila , des personnes que l'on tenait pour mortes, revenir à la vie , au mo- ment où on allait les ouATir ou les ensevelir , ou bien lorsqu'elles étaient déjà dans le cercueil et même dans le tombeau. On peut assurer, ajoute t-il , que plusieurs ne sont mortes que poui avoir été enterrées avec trop de précipitation. Or, le signe le plus certain de la mort est la putréfaction bien caractérisée. Mais, ajoute M. Orfila, est-il prudent d'attendre qu'elle soit bien développée pour procéder à l'inhumation? Cette prali:]ue est dangereuse pour les assislan? et doit être bannie. On a pensé qu'il sulfisaii d'un commencement de putréfaction pour aflii- mer que l'individu était mort et qu'on devait l'enterrer , aussitôt après que ce signe s'élail manifesté, mais il faut , avant tout, faire senlii e maire délivre, sur papier libre et sans frais, le certificat de vie et de bonne tenue de l'enfant qui est représenté au maire. Ce certificat est une des pièces à pro- duire pour obtenir le paiement des mois de nourrice ou de pension, (i" janvier). ENGAGKMENS VOLONTAIRES. DcUX rCglStrCS doivent être tenus pour enregistrer les engage- mens volontaires, que reçoivent les maires des chefs-lieux de cantons, et non les maires des autres communes rurales. Le maire dépose un de ces registres aux archives de la commune, et l'autre au greffe du tribunal de première in- stance (dans le mois) . — Le maire du chef-lieu de canton transmet au sous-préfet , d'après l'ordre du registre, la liste des engagemens vo- lontaires qu'il a tenue pendant le mois. (31 jan- vier) . ENREGISTREMENT SUR MINUTE DES ACTES DE LA MAIRIE. — Les actes de la mairie qui sont sou- mis à cette formalité doivent être portés saas (0 Les déclaralions de succession doivent être fai- tes dans le délai de six mois , sous peine de payer le double droit. 22 MORALE , 3IÉTH0DES D'eIVSEIGNEMENT , LÉGISLATION. blanc ni interligne, et par ordre de numéro, sur un registre de feuilles au timbre de 1 fr. 25 c. Dans les vingt jours qui suivent l'approbation que le préfet donne à ces actes de la mairie , ils doivent être enregistrés. Le répertoire de ces actes est présenté au visa du receveur de l'en- registrement du canton (du P"" au 10 janvier). Les actes assujettis à l'enregistrement sur minute sont : les actes qui portent, au nom de la mai- rie, transmission de propriété , d'usufruit et de jouissance ; les cautionnemens qui peuvent être relatifs à ces actes; les adjudications de travaux communaux et les marchés de toute nature. Aucun maire ne peut se dispenser de la tenue de ce répertoire. ÉTAT CIVIL. — Le maire fait déposer au greffe du tribunal le registre des publications de ma- riage qui n'est pas en double. Quant aux regis- tres de l'état civil , l'un des doubles est déposé au greffe du tribunal de première instance (du 1" au 10 janvier). Lorsqu'il y a un bureau de poste dans la commune, le maire transmet au procureur du roi les registres, parla voie de la poste, en les plaçant sous des bandes croisées et portant la signature du ui.nre. — Le maire fait dresser les tables annuelles des registres de l'élat civil (du r-au 15 janvier). — Le maire doit avoir constamment présent à la pensée qu'une erreur de nom ou de prénom commise dans un acte de l'état civil exige presque toujours un acte de rectification, qui ne s'obtient qu'au moyen d'un Jugement, dont le coût s'élève à une centaine de francs au moins. Le premier soin de l'officier de l'état civil est donc de s'as- surer de l'identité des noms et prénoms, et d'ê- tre bien certain qu'il n'existe aucune transpo- sition dans ces derniers. CARDE ^ATIo.\ALl■. — Sous la présidencc du maire ou de l'adjoint, le con.seil de recensement procède aux opérations prescrites par les arti- cles IG et 17 de la loi du 22 mars 183J. Ces articles sont ainsi conçus : « Art. IG. Le con- seil de recensement procédera immédiatement à la révision des listes et à l'établissement du re- gistre-matricule. — Art. 17. Au mois de jan- vier de chaque année, le conseil de recensement inscrira au registre-matricule les jeunes gens qui seront entrés dans leur vingtième année pendant le cours de l'année précédente , ainsi que les Français ()ui auront nouvellement ac- quis leur domicile dans la commune. Il rayera dudil registre les Français qui seront entrés dans leur soixantième année pendant le cours de la même année; ceux qui auront changé de domicile et les décédés. Toutefois le service ne sera pas exigé avant l'âge de vingt ans accom- plis.» (Dans le mois.)— Le maire complète et rectifie le tableau général des citoyens mobilisa- l)les aux termes de la loi du 19 avril 1832 et de la "loi du 22 mais 1 83 1 . 11 adresse au sous-préfet les bulletins des gardes nationaux mobilisables (dans le mois). — Il transmet au sous-préfet le tableau des jugemens rendus par le conseil de discipline pendant le trimestre qui vient de s'écouler. (Dans les premiers jours de janvier). — Le maire notera, en marge du registre-ma- tricule, dans le courant de chaque année , les mutations provenant: i° des décès, 2" des changemens de résidence , 3" des actes en vertu destiuels des personnes auraient cessé d'être soumises au service de la garde nationale, ou en seraient exclues. Sur le vu des pièces justi- ficatives, le conseil de recensement prononcera, s'il y a lieu, la radiation. iNDiGENs. — Le maire établit et envoie au sous-préfet le tableau des indigens qui se trou- vent dans la commune. — Ces indigens doivent être divisés en deux classes.- 1° les vieillards et les infirmes qui ne peuvent travailler; 2° les mendians valides qui peuvent travailler. — Le maire doit toujours être à même de fournir des notes particulières sur ceux des mendians et des vagabonds dont le séjour et la présence offrent quelques dangers pour sa commune. MARINE. — Le maire adresse au sous-préfet l'état des pensionnaires de la marine décédés dans la commune pendant le trimestre précé- dent. Au nombre des renseignemens à fournir se trouve la quotité annuelle de la pension de ces marins. (Dans le courant du mois.) MERcuiuAi.Es. — Le maire constate le prix des fourrages, des grains, des denrées, des comes- tibles qui sont vendus chaque jour de marché dans sa commune. Il établit le prix de trois qua- lités de chaque nature de denrées. On fixe en- suite le prix moyen. (A dater du premier jour de marché tenu en janvier.) Le maire certifie un travail, qui prend le litre de Mercuriales de quinzaine, et dans lequel se trouve le résultat du prix moyen. Ce travail est adressé en double expédition, soit au préfet, soit au sous-préfet ( 16 et 3l janvier). Chaque année , et à l'aide de ces Mercuria- les de quinzaine , on établit le prix moyen pour l'année. NEIGES ET GLACES. — Lc maii'c prcscrit les me- sures nécessaires pour l'enlèvement des neiges et des glaces qui, à cette époque de l'année, peuvent gêner la circulation sur la voie publi- que. (Dans les premiers jours de janvier.) POPULATION. — Dans les trois premiers mois de l'année , le maire adresse au préfet ou au sous-préfet l'état du mouvement de la popula- tion pendant l'année écoulée. Le maire doit sui- vre avec exactitude toutes les indications qui se trouvent sur l'état que l'administration supé- rieure lui transmet à ce sujet. — Cet état de mouvement ne doit pas être confondu avec l'é- tat de recenscnicnlqui doit se faire tous lescinq .MORALE, MÉTHODES D'eNSE1GNE3IENT, LÉGISLATION. 23 ans pour établir le chiffre de la population de la ccranume. REciiuTEMENT. — Lb nialrc s'occupe du soin de dresser, pour le prochain tirage, les tableaux de recensement des jeunes gens qui peuvent y être appelés. Il devra recourir aux registres de l'état civil, afin de ne pas porter les noms d'une manière incorrecle. (Du l au 10 janvier). — Ces tableaux sont faits eu double expédition : le maire en conserve une, qui est indispensable pour les opérations du tirage et du conseil de révision; l'autre doit être liansmise au sous- préfet (15 janvier). Une ordonnance royale fixe l'époque de la publication de ces tableaux. — Le tirage a lieu au chef-lieu de canton , devant le sous-préfet. Chaque maire assiste au tirage ainsi qu'au conseil de révision. TRIBUNAL DE POLICE DU JIAIRE. LC malrC tient le tribunal de police dans une commune qui n'est pas chef-lieu de canton. Il adresse au receveur de l'enregistrement du canton la note des jugemens qui ont été rendus pendant le mois de décembre, et portant condamnation à une amende , afin que cet agent du trésor puisse recouvrer le montant de ces amendes. (Du 1 au 10 janvier.) Le maire adresse un ex- trait de ces mômes jugemens au préfet et au sous-préfet, et les recouvrcmens produits par les receveurs se trouvent ainsi contrôlés. — Tous les trois mois , le procureur du roi doit rece- voir, de la part du maire , l'extrait des juge- mens de police rendus pendant le trimestre qui vient de s'écouler , et qui prononcent l'empri- sonnement. (Dans les dix premiers jours dejan- vier.) — POLICE. Le maire seul a le droit d'exer- cer la police dans sa commune. Il peut en délé- guer une ou plusieurs parties à ses adjoints. Dans les communes rurales, le maire se relient ordinairement la partie administrative et charge l'adjoint de la police sous sa direction. — Le garde champêtre est incompélenl pour exercer la police municipale. Il doit se borner à la po- lice rurale et aux attributions que la loi lui confère spécialement. Ses procès-verbaux, en fait de police municipale, ne font pas foi jusqu'à preuve contraire , ils ne valent que comme rop- port. Le maire fait les réglemen?; et arrêtés mu- nicipaux de poHce ; le conseil municipal y reste étranger. VACCINE. — Le maire transmet au sous-pré- fet le tableau des vaccinations qui ont eu lieu dans la commune pendant l'année précédente. (Dans le mois.) L'administration fournit au maire un modèle à sufvre. APERÇU CE LA JURISPRUDENCE DU CONSEIL-d'ÉtAT EN MATIERE DE CONTRIBUTIONS DIRECTES. (Premier article.) Ce qui a rapport aux contributions, et prin- cipalement aux contributions directes , doit être placé au premier rang des connaissances les plus utiles à tout citoyen ; aussi le Journal des Connaissances utiles a-t-il publié , dès son apparition, 1831, pages 47 h 64, un Code du contribuable , qui résume méthodiquement les différentes phases (jue jtarcouient les con- tributions directes , depuis leur vote en masse par les Chambres jusqu'à leur recouvrement. Nous ne répéterons pas ce qui a déjà été dit sur le vote des impôts, leur nature, leur assiette, leur répartition, etc. Mais, pour y faire suite, nous analyserons les principaux arrêts du conseil-d'état en cette matière, l'une des plus usuelles du droit admi- nistratif. On sait que lorsque un contribuable est im- posé dans une commune pour une propriété située dans une autre, ou que, par erreur, on a cotisé sous son nom un immeuble qui ne lui ap- partient pas, la voie de la réclamation lui est ouverte ; de même que s'il a été taxé à la con- tribution personnelle et mobilière dans une commune où il n'a pas depuis six mois son principal domicile , ou s'il a été imposé à la contribution des portes et fenêtres pour des ou- vertures qui n'existent pas ou qui ne sont pas soumises à la taxe ; ou bien encore s'il lui a été attribué une patente sans qu'il soit compris dans les diverses classes des patentables, et sans (ju'il puisse y être ajouté par analogie, ou, s'il y a lieu, à descente de classe ; ou s'il est imposé par double emploi ; ou enfin si la cote est trop forte , comparaison faite avec celle des autres contribuables dans la même commune , et qu'ainsi l'égalité proportionnelle n'ait pas été observée. Nous diviserons les règles de jurisprudence pour chacune des quatre contributions, qui sont: la contribution foncière, la contribution person- nelle-mobilière , la contribution des portes et fenêtres, la contribution des patentes. CONTRIBUTION FONCIERE. Elle est répartie généralement, par égalité proportionnelle , sur toutes les propriétés fon- cières (fonds déterre, maisons et constructions de tous genres), à raison de leur revenu net. Le revenu net est ce qui reste au propriétaire , après le paiement des frais de culture , de se- mences, de récolte ou d'entretien. Le revenu imposable est le revenu net moyen, calculé sur un nombre d'années déterminé. Des hâtimens ne servant pas à l'habitation des hommes, et employés au contraire à des usages ruraux, ne sont imposés qu'à raison du terrain qu'ils enlèvent à la culture, et sur le pied des meilleures terres labourables de la coïimune. ( 26 décembre 1830 *.') (i) Ordonnance royale délibérée en conscil-d'éiat. 24 MORALE, MÉTHODES D'ENSEIGNEMENT, LEGISLATION Une demande en réduction de cote doit éta- blir que les bdtimens ont perdu leur destination primitive , et qu'ils sont affectés à des usages ruraux. ( IG novembre 1825.) Les bois vendus par l'État doivent, à compter de l'année suivante, être portés à la contribu- tion foncière, et les acquéreurs sont tenus de payer à l'administration des domaines, en sus du prix, une somme égale au montant de l'im- position qui reste due pour l'année de leur en- trée en jouissance. (10 février 1830.) Les simples usagers dans les bois de l'Etat ne sont pas redevables de la contribution fon- cière, à raison de leurs droits d'usage, (l 3 juil- let 1825.) Lorsqu'il y a contestation entre les proprié- taires et les coi.imunes usagères sur la réparti- tion de l'impôt foncier auquel les communes peuvent être obligées de contribuer au prorata de leur jouissance, en attendant la décision ju- diciaire qui doit fixer la proportion suivant la- quelle s'opérera la répartition, la contribution doit être imposée au nom des propriétaires. ( 14 mars 1834.) L'évaluation des bois aménagés a lieu d'après le prix moyen des coupes annuelles, déduction faite des frais d'entretien, de garde et de repeu- plement. (27 février 1835.) L'évaluation du revenu des bois s'étendant sur plusieurs communes, doit être basée sur le tarif des propriétés de chaque commune. (27 fé- vrier 1835.) Les propriétaires qui plantent en bois des terrains en culture ont droit, à titre d'encou- ragement, à la remise d'une portion de la con- tribution foncière, (l*"" septembre 1832.) La concession temporaire, sans réserve, d'un canal, oblige les concessionnaires au paiement de l'impôt foncier. ( 22 octobre 1830.) Les canaux d'irrigation sont imposés dans la même proportion que les terres qui les bor- dent. ( 5 mai 1831 , 20 février 1835.) Les terres traversées par les chemins de ha- lage sont imposables, mais la servitude dont elles sont grevées peut donner lieu à une re- mise ou modération d'impôt. (G mars 1835.) Les bourdiges ou pêcheries dépendant d'un canal doivent la contribution foncière ; il en est de même des francs-bords et des terrains inu- tiles à la navigation, et qui sont une dépendance des canaux. (4 novembre 1835.) Les presbytères sont considérés, lors même qu'ils sont propriété communale, comme affec- tés à un service public, et, à ce titre, ils sont exempts de l'impôt foncier, d'après la loi du 3 frimaire an vu. (23 avril 1836.) Les marais desséchés ne peuvent être aug- mentés de cotisation pendant les vingt-cinq premières années après le dessèchement , mais il faut que le propriétaire ait fait la déclaration exigée par l'article 117 de la loi du 3 frimaire anrii. (8 septembre 1819.) La même loi du 3 frimaire an vu exempte de la contribution foncière les bàlimens inhabités, pour reconstruction, non-seulement pendant leur reconstruction, mais ils n'y sont assujettis qu'à la troisième année après cette reconstruc- tion. Le sol seul est cotisé. (13 janvier 1810.) Lorsque les constructions sont achevées et mises en valeur successivement, elles sont im- posées successivement. (24 décembre 18I8.) Les travaux intérieurs , quelque importans qu'ils soient, lorsqu'ils ne constituent ni une construction, ni une reconstruction, ne donnent pas lieu à l'exemption temporaire de l'impôt. L'art. 88 de la loi du 3 frimaire an vu ne s'ap- plique qu'aux maisons nouvellement construites ou reconstruites. (28 novembre 1834.) Un moulin incendié, qui a été reconstruit h neuf, donne droit à l'exemption de deux années de cotisation bien que les murs du moulin aient subsisté après l'incendie (15 octobre 182G.) On ne peut soumettre à la contribution fon- cière une maison en démolition pendant le temps que durent les travaux de démolition. (31 mai 1833.) On ne doit pas imposer comme tourbières des entailles abandonnées et improductives. (30 mai 1834.) L'élévation du revenu imposable des usmes doit être déterminé uniquement d'après la va- leur locative des bàlimens. (G juin 1834.) La seule déduction à faire sur le loyer pour établir le revenu net imposable, est le tiers. (24 octobre 1834.) La valeur locative des établissemens indus- triels doit être calculée, non sur les produits qui résultent de l'exploitation, mais suivant l'état maléiiel de ces établissemens au moment où il s'agit de les imposer. (G septembre 1825, 30 décembre 1828, 30 mai, 6 juin 1834.) Le conseil de préfecture ne peut connaître des réclamations contre la répartition opérée par le conseil général. (29 août 1834.) C'est au conseil général de département que les communes doivent demander la réformation des décisions du conseil d'arrondissement rela- tivement au contingent qui leuraété assigné. (20 décembre 1834.) Le tarif des évaluations est une opération ad- ministrative , qui ne donne point ouverture à un recours contentieux, et contre laquelle on ne peut réclamer que devant le préfet en conseil de préfecture, et par appel au ministre des fi- nances (il juillet 1834; 9 mars, 13 avril 1830). Cependant un contribuable qui est propriétaire de la presque totalité d'une nature de culture peut réclamera la fois, par la voie contentieusc, contre le tarif des évaluations et contre le classe- ment de ses propriétés. (27 février 1835.) MORALE, METHODES D'ENSEIGNEMENT, LÉGISLATION. 25 Les maires sont sans qualiU; pour réclamer dans l'intérêt des communes contre le tarif des évaluations cadastrales arrêté par le préfet et sur l'avis duconseilde préfecture. (28 novembre 1834.) Le propriétaire d'un terrain qui a élé divisé en deux par le cadastre, ne peut réclamer, par la voie contentieuse, contre cette division, cat- la délimitation des communes est un acte pu- rement administratif. (30 juillet 1831.) Les conseils de préfecture sont seuls compé- tens pour statuer en premier ressort sur les récla- mations contre le classement cadastral des pro- priétés, pour fausse évaluation du revenu. (19 août 1835.) Les' réclamations doivent être formées, à peine de déchéance, dans les six mois qui suivent la mise en recouvrement du premier rôle cadastral, à moins que la réclamation ne porte sur des causes postérieures au classement, Imprévues, étrangères au réclamant et indépendantes de sa volonté. (Plusieurs arrêts.) Lorsqu'une réclamation est motivée sur une erreur matérielle commise dans la classification, elle est admissible à toute époque. (12 décembre ï'834.) H n'existe aucun délai fixé pour les réclama- tions relatives au classement, c'est-à-dire à l'é- valuation du revenu des propriétés bâties ; ces l'éclamations peuvent être formées sans égard à l'époque à laquelle ont eu lieu les opérations cadastrales. (Plusieurs arrrèts.) La participation du réclamant à l'expertise cadastrale, comme classificateur, ne fait point naître une fin de non-recevoir contre la récla- mation qu'il forme au sujet de l'évaluation don- née à ses usines. (8 août 1834.) Un contribuable ne peut demander la refonte totale du cadastre d'une commune. La loi n'ou- vre que le recours en rectification du classe- ment des parcelles. (5 mai 1831.) On ne peut se pourvoir par la voie con- tentieuse, tout à la fois dans un intérêt indivi- duel et commun , contre un arrêté de conseil de préfecture qui a rectifié le clas.sement des fonds et ordonné que la quotité réduite serait réimposée sur toute la commune. Ce recours ne peut s'exercer que par la voie administrative. (27 mai 1831.) Tout contribuable qui se croit surtaxé com- parativement aux autres contribuables, a le droit, aux termes de l'art. 4 de la loi du 2 mes- sidor an VII, de demander le rappel de l'égalité proportionnelle. (1" juin 1828.) L'article 129 de la loi précitée du 2 messidor an Tii , porte « que nulle demande en rappel à » l'égalité proportionnelle ne sera admise s'il ne M se trouve pas entre la cote du réclamant et celles j) qui sont prises en comparaison, une différence » proportionnelle de contribution d'un dixième » au moins ». Cette disposition qui était rela- tive aux anciens états de section n'est point ap- plicable aux réclamations cadastrales, lesquels sont soumis à des règles spéciales. (22 mai 1834.) Mais le réclamant doit justifier suffisamment que ses propriétés ont été injustement classées et comparativement aux types et étalons des di- verses classes où elles se trouvent portées. (H avril 1831; 13 avril 1836.) Il n'y a pas lieu d'accorder la rectification de classement lorsqu'il n'existe pas entre l'évalua- tion donnée aux propriétés du réclamant et celles des propriétés prises pour types des clas- ses respectives, une différence assez sensible (29 août 1834). La différence n'était que de ll24«. On ne peut admettre une réclamation tendant à obtenir une comparaison d'immeubles avec les propriétés de même nature situées dans les com- munes environnantes. (8 janvier 1836.) On ne peut choisir, comme points de com- paraison, des maisons dont la valeur locative s'est élevée depuis l'époque à laquelle elles ont été cadastrées. (27 février 1835.) Un propriétaire de bois vendus par l'état ne peut offrir pour termes de comparaison, des bois reconnus pour avoir été classés par erreur au dessous de leur valeur réelle. (10 juin 1835.) Un propriétaire peut prendre, pour points de comparaison, des terres dont le produit, depuis la confection de la matrice, a été augmenté par des améliorations introduites dans leur culture. (17 juin 1835.) Le conseil de préfecture ne peut prendre , pour terme de comparaison, une cote antérieu- rement réduite. (6 février 1822.) On ne peut opposer au réclamant des déci- sions antérieures rendues sur sa demande, s'il résulte de pièces authentiques que depuis ces décisions il existe une différence notable entre le revenu actuel et celui qui avait servi de base aux premières décisions. (28 novembre 1821.) Le rappel à l'égalité proportionnelle peut avoir lieu non-seulement en abaissant la cote du réclamant, mais aussi en élevant celle prise pour point de comparaison quand elle est trop faible. (19 décembre 1821 .) Lorsqu'un propriétaire a acquiescé à la réduc- tion du revenu imposable, sur une première ré- clamation, il n'est pns recevable à demander une nouvelle réduction sans la justifier par de nouveaux moyens. (27 juin 1834.) Les experts chargés de vérifications relatives à l'assiette des contributions, ne sont pas as- treints à prêter serment. (25 novembre 1831.) Lorsque lesdassificateurs s'abstiennent et re- fusent de donner leur avis, le préfet peut nom- mer uD expert pour vérifier l'objet de la récla- ^•-. 23 MORALE, MÉTHODES D'ENSEIGNEMENT, LÉGISLATION. malioa avec les experts du réclamant. (25 no- vembre 1831. ) Les experts doivent vériOer les revenus re- latifs à la cote du réclamant et aux autres cotes qu'il a indiquées comme points de comparaison. ( 1" juin 1828.) Ils doivent indispcnsablement se rendre sur les lieux pour faire leurs yérifications. (13 octo- bre 1833.) Du reste leur avis n'est qu'un des élémens de la décision à intervenir ; il n'entraine pas la décision. (IG février 182G ; 27 février 1835.) Lorsqu'une expertise a eu lieu, on ne peut en accorder une nouvelle, sous le prétexte que la première n'a pas été régulière, surtout si cette opération n'a pas été attaquée. ( 19 mai 1835.) 11 en est de même d'une contre-expertise faite sur la demande du réclamant. (21 mars 1835). Lorsque la contre-expertise est favorable au réclamant , les frais d'expertise sont à la charge de la commune. (8 septembre 1830; 27 mai 1831.) Dans le cas contraire, c'est au réclamant à les supporter. (27 novembre 1835.) Il n'est accordé un dégrèvement en faveur des propriétaires des maisons vacantes que lorsqu'elles le sont depuis six mois, et que le conseil municipal a consenti à la réimposition sur l'impôt foncier de la portion de dégrèvement non couvert par le fonds de non-valeurs. ( 7 août 1835.) Le propriétaire qui n'est pas dans l'usage de louer sa maison n'y a pas droit parce qu'il est censé s'en réserver la jouissance ; il en est au- trement si le propriétaire demeure dans la com- mune où est située cette maison, car on ne peut supposer, dans ce cas, qu'il s'en réserve la jouissance. (lOjuillet 1832.) Il y a lieu d'accorder un dégrèvement au pro- priétaire d'une usine, quand il résulte de l'ins- truction de l'afTairc que cette usine est placée dans une position défavorable, et qu'elle a éprouvé une diminution considérable dans son produit. (22 février 1821.) En règle générale , le dégrèvement lorsqu'il est accordé , doit partir du jour où la réclama- tion a été formée, (il mai 1825.) Le percepteur ne peut poursuivre le recouvre- ment de l'impôt foncier que contre l'individu dont le nom est porté sur le rôle, sauf le re- cours de ce dernier contre qui de droit. ( 23 janvier 1820.) Le propriétaire qui n'a fait aucune déclara- tion de mutation de propriété doit continuer à être imposé au rôle , sauf son recours contre ses acquéreurs. (22 juillet 1835.) L'héritier peut être poursuivi en paiement des contributions ducs par la succession, en admettant même qu'il ne fût pas propriétaire des biens imposés sous cette, dénomination , sauf son recours contre qui de droit, (l" no» vembrc 1826.) Les acquéreurs de plusieurs coupes succes- sives de bois peuvent être poursuivis en paie- ment de la contribution comme représentant 1q propriétaire. (15 octobre 1826.) L'adjudicataire d'un bien exproprié n'est pas obligé de payer les contributions dues par le saisi. Le percepteur doit se présenter à l'ordre sur la distribution du prix. (2 juin 1815.) La prescription de trois ans, établie en ma- tière de contributions directes, n'est pas oppo- sable à un tiers qui, ayant payé le percepteur, réclame au contribuable le remboursement des sommes qu'il a acquittées à sa décharge. (Cour de cassation, 28 janvier 1828.) Forme des réclamations. Les rôles étant annuels, les contribuables sont redevables à pré- senter chaque année leur demande en décharge. (6 mars 1835.) Toute réclamation au sujet des contributions directes doit être faite , à peine de déchéance , dans un délai de trois mots, à partir de la mise en recouvrement du rôle. A cet cdet, le contribuable adresse au sous- préfet une pétition en double, dont un sur pa- pier timbré si la cote s'élève à plus de 30 fr. Les réclamations au-dessous de cette sommç sont dispensées du timbre. Les demandes doivent être individuelles , à moins qu'il ne s'agisse d'un article de rôle con- cernant une propriété indivise; elles doivent être formées séparément pour chaque nature de contribution, datées et signées des réclamans, ouïe maire de la commune atteste qu'ils ne savent signer -. elles doivent être présentées par ks intéressés ou par leurs mandataires. Ainsi, ua père même n'a pas qualité pour réclamer au nom de son enfant majeur vivant avec lui (31 juillet 1 833 ) ; le maire et les répartiteurs d'une commune n'ont pas qualité pour demander la réduction de la côte d'un contribuable. (1 1 oc- tobre 1832.) Il faut joindre aux réclamations la quittance des termes échus de la contribution qui est exigible chaque mois par douzième, et de plus, s'il s'agit d'une demande en réduction; i° un extrait , certifié par le maire , de la matrice du rôle, contenant, par sections et numéros, le dé- tail de tous les biens-fonds du pétitionnaire dans la commune avec l'évaluation de leur revenu j 2° une déclaration du revenu net auquel il éva- lue lui-même ses biens. S'il s'agit d'-une demande en rappel à l'égalité proportionnelle, le réclamant est tenu de pro- duire, outre la quittance des termes échus , 1° un extrait de la matrice du rôle comprenant sa cote et chacune de celles qu'il prend pour points \.^ MORALE, de comparaison; 2<' uue déclaration détaillée sur chacune de ces cotes, en conirnençaut par la sienne, de la somme à laquelle il prétend que doit être porté le revenu imposable, pour qu'il y ait égalité proportionnelle entre elles. S'il s'agit d'inégalité entre les fonds de terre d'une part et les maisons et usines de l'autre, on fournit, 1° un relevé de la matrice du rôle éta- blissant le total du revenu imposable des fonds de terre de toute nature et des maisons et usi- nes; 2° une déclaration explicative de la somme à laquelle on croit que doit être portée l'évalua- tion du revenu iniposable des uns et des autres. Les pétitions régulières et appuyées des piè- ces exigées sont inscrites par ordre de date et de numéro, sur un registre tenu à la sous-pré- fecture. Les réclamations en matière de contributions directes , sont dévolues exclusivement aux con- seils de préfecture dont les décisions peuvent être déférées au conseil d'état, sans autres frais que le droit de timbre, lorsque les recours sont transmis au gouvernement par l'intermé- diaire du préfet dans le délai de trois mois, à partir de la notification. Les contribuables qui, depuis la confection et la mise en recouvrement des rôles, ont éprouvé des malheurs de commerce ou des pertes con- sidérables par suite d'incendie, grêle, inonda- tion, etc, peuvent demander une remise ou mo- dération de contribujtion. Leur pétition motivée ost adressée au sous-préfet qui en ordonne la vé- rification. C'est au préfet à statuer, et sa décision ne peut être l'objet d'un pourvoi au conseil d'état par la voie contentieuse non plus que la décision du ministre des finances sur ces sortes de demandes. - Henri CORNU , Secrétaire de la sous-préfecture de Clamecy {Nièvre) . remboursement du port des lettres dites d'attrape. Nous nous empressons avec d'autant plus de plaisir de publier la lettre suivante , qui nous est communiquée, qu'elle porte à la connaissance du public une mesure adoptée depuis long- temps par l'administration des postes en Fran- ces, et qui généralement n'est pas connue. « A M. le rédacteur du Journal de Saône et Loire. Mâcon, 20 novembre 1837. » Monsieui' le Rédacteur, •» Votre journal du 1 8 de ce mois reproduit un article extrait des journaux anglais, duquel il résulte que l'administration des postes an- glaises s'est fait une règle de rembourser, à la première demande, le port des lettres anonymes, quand il est évident, par leur contenu, qu'elles Oût été écrites dans le but de mystifier ou de METHODES D'ENSEIGNEMENT, LÉGISLATION. 27 tourmenter le destinataire, et vous terminez cd signalant à l'administration française cette me- sure bonne à imiter. » De temps immémorial, l'administration des postes en France est dans l'habitude de rem- bourser le port des lettres d'attrapé, c'est-à- dire de celles écrites dans l'intention de se mo- quer ou de nuire, et qui ne sont d'aucun mérite appréciable pour le destinataire. « Ces lettres peuvent être envoyées directe- ment par les destinataires à l'administration gé- nérale, à Paris, ou transmises par les directeurs des postes. » L'administration statue sur les réclamations et expédie l'autorisation de remboursement aux directeurs, qui en préviennent les réclamans. M Vous voyez, monsieur le Rédacteur, que l'administration des postes françaises n'a rien à imiter, sous ce rapport, de l'administration an- glaise, mais elle a donné au contraire plus d'ex- tension à la mesuri! du remboursement. «J'ai l'honneur d'être,- etc. » Ze sous-inspecteur des postes, Gloria . » PEINES DE SIMPLE POLICE. Les peines de police (i) sont : l'emprisonne- ment (2), l'amende (3) et la confisca'tion de cer- (0 On regarde assez généralement une peine de sim- ple police comme une chose de très-peu de consé- quence, surtout à cause de l'exiguilé de l'amende, lors- qu'il ne s'agit que d'une première contravention.Très- souvent môme des contrevenans, se Gant à l'indulgence du juge , et comptant, pour ainsi dire, sur une sorte d'impunité par la raison qu'on vient d'énoncer (le peu d'importance de l'amende), ne craignent pas de tomber en récidive. Ils ignorent sans doute , 1° que la récidive emporte de droit peine d'emprisonnement ; 2° qu'une fois le jugement prononcé, il est loisible au ministère public de le faire signifier à la partie condamnée , et que, dans ce cas, les frais de signification, ajoutés aux autres frais de la procédure, peuvent s'élever à une somme bien plus forte que l'amende, savoir ; Procès-verbal, timbre et enregistrement ; Citation, original et copie; Jugement, enregistrement, timbre et significalion ; Droit d'expédition, etc., etc., etc. Ces détails, qu'on ne saurait trop faire connaître, se- ront sans doute un avis salutaire pour que les person- nes qui ignorent les formes et les conséquences de la procédure ne s'obstinent point à lutter, comme il n'ar- rive que trop souvent, contre la force de la chose jugée. (2) L'emprisonnement pour contravention de police ne pourra être moindre d'un jour, ni excéder cinq jours, selon les classes, distinctions et cas ci-après spé- cifiés. Les jours d'emprisonnement sont des jours complets de vingt-quatre heures. (Art. 465.) (3) Les amendes pour contravention pourront être prononcées depuis un franc jusqu'à quinze francs in- clusivement, selon les distinctions et classes ci-après spécifiées, et seront appliquées au profit de la com- mune où la contravention aura été commise. (Art. 466.) La contrainte par corps a lieu pour le paiement do l'amende. Néanmoins le condaniné ne pourra être, pour cet objet, détenu plus de quinze jours, s'il justifie de son iasolvabililé. (Art. 467.) 28 MORALE, MÉTHODES D'EN tains objets saisis. Code pénal, article 464. Les amendes pour contravenlions ne peu- vent être prononcées que de i fr à 15 fr. in- clusivement ( idem, art. 46G), savoir . Pour tous les cas de contraventions prévus par l'art. 471 . , 1 f. à 5f. Pour ceux prévus par l'art. 475 , 6 f. à 10 f. Pour ceux prévus par l'art. 479 , 1 1 f. à 15 f. Au-dessus de 15 fr. l'amende n'est plus ap- pliqiiablc qu'en police correctionnelle. La con- trainte par .corps a lieu pour ic paiement de l'arnendi;. Codpénal, art 4C7. AMENDBS DB 1 FR. A i) F Abt. 471. Seront puais d'amendes, depuis 1 fr. jusqu'à 5 fr. mclusivemcnt : 1" Ceux qui auront négligé d'entretenir, ré- parer ou nettoyer les fours, cheminées ou usines où l'on fait usage du feu ; 2° Ceux qui auront violé la défense de tirer, en certains lieux, des pièces d'artifice ; 3° Les aubergistes et autres qui, obligés à l'é- clairage, l'auront négligé ; ceux aui auront né- gligé de nettoyer les rues ou passages, dans les communes où ce soin est laissé à la charge des habitans ; 4" Ceux qui auront embarrassé la voie pu- blique, en y déposant ou y laissant sans néces- sité, des matériaux ou des choses quelconques qui empêchent ou diminuent la liberté ou la sûreté du passage ; ceux qui, en contravention aux lois et règiemens, auront négligé d'éclairer les matériaux par eux entreposés, ou les exca- vations par eux faites dans les rues et places , 5" Ceux qui auront négligé ou refusé d'exé- cuter les règiemens ou arrêtés concernant la petite voirie, ou d'obéir à la sommation émanée de l'autorité administrative, de réparer ou dé- molir les édifices menaçant ruine ; G" Ceux qui auront jeté ou exposé au-devant de leurs édifices des choses de nature à nuire par leur chute ou par des exhalaisons insalu- bres ; 7° Ceux qui auront laissé dans les rues, che- mins, places, lieux publics, ou dans les champs, des contres de charrue , pinces , barres , bar- reaux, ou autres mnrhinos, ou instnimens, ou armes, dont puissent abuser les voleurs et au- tres malfaiteurs ; 8" Ceux qui auront négligé d'écheniller dans les campagnes ou jardins où ce soin est prescrit par la loi ou les règiemens ; 9° Ceux qui, sans autre circonstance prévue par les lois, auront cueilli ou mangé, sur le lieu même, des fruits appartenant à autrui ; JO» Ceux qui, sans autre circonstance, auront SEIGNEMENT, LÉGISLATION. glané, râtelé ou grapillé dans les champs non encore entièrement dépouillés et vidés àe leurs récoltes, ou avant le moment du lever ou après celui du coucher du soleil ; 1 1° Ceux qui, sans avoir été provoqués, au- ront proféré contre quelqu'un des injures, autres que celles prévues depuis l'art. 307 jusques et compris l'art. 378 (i) ; 12° Ceux qui imprudemment auront jeté des immondices !^ul■ quelque personne ; 1 3° Ceux qui, n'étant ni propriétaires, ni usu- fruitiers, ni locataires, ni fermiers, ni jouissant d'un terrain ou d'un droit de passage, ou qui n'étant agens ni préposés d'aucune de ces per- sonnes , seront entrés et auront passé sur ce terrain, ou sur partie de ce terrain , s'il est pré- paré ou ensemencé ; 140 Ceux qui auront laissé passer leurs bes- tiaux ou leurs bêtes de trait, de charge ou de monture, sur le terrain d'autrui, avant l'enlève- ment de la récolte ; 15° Ceux qui auront contrevenu aux règie- mens légalement faits par l'autorité adminis- trative, et ceux qui ne se seront pas conformés aux règiemens ou arrêtés publiés par l'autorité municipale (2), en vertu des art. 3 et 4, titre XI de la loi du 16-24 août 1790, et de l'art. 46 , tit. I"de la loi du 19-22 juillet 1791. Art. 472. Seront en outre confisquées les piè- ces d'artifice saisies dans le cas du n° 2 de l'ar- ticle 47l,lescoutres, les instrumenset les armes mentionnées dans le n" 7 du même ariicle. Art. 473. La peine d'emprisonnement pen- dant trois jours au plus pourra de plus être prononcée, selon les circonstances, contre ceux qui ont tiré des pièces d'artifice, contre ceux qui auront glané, râtelé ou grapillé, en contra- vention au n° 10 de l'art 471 . Art. 474. La peine d'emprisonnement con- tre toutes les personnes mentionnées en l'arti- cle 471, aura toujours lieu, en cas de récidive, pendant trois jours au plus. {La suite au prochain numéro.) (t) Ces articles qui ont rapport aux calomnies, lixlu- ros et révélations de .secrets, sont abrogés par la loi du 17 mai 1819, modifiée par celle du 25 mars 1822. (2) Lorsque les arrêtés municipaux étaient l'œuvre d'iine administration collective, ils avaient le titre de dt'Uhcralion^. Du moment que le pouvoir exécutif ma- nicipal a résidé dans la personne du maire seul, Ja qua- lification de délibération a fait place à l'expression au- jourd'hui en usage d'arrêté , règlement ou ordonnance de police. Le préfet de pelice, à Paris, et les maires des grandes villes du royaume, ont adopté l'expression ordonnance de police ; les maires des villes d'un ordre inférieur emploient indistinctement celle de règlement ou or- r<'te, .sans cependant que rien les empêche de se servir de la première , que des maires de simples communes rurales ont quelquefois adoptée. ANNONCES CRITIQUES ET RAISONNKES DE L'INDUSTRIE. 29 ^>f-§-H~H-f^-3-i-^f-^-S-^^^H-^H'i-^S-i~H-§^^ YL ANNONCES CRITIQUES ET RAISONNÉES DE L'INDUSTRIE. GUIDE DU PRODUCTEUR ET DU C0NS03IMATEUR. 8UT DE CETTE MOUVELtK DIVISION BU JOURNAL. « Il faut que tout propriétaire, quo tout fermier consulte , avant d'ense- mencer son champ, le Journal des Connaissances miles , pour savoir si quelque moyen de faire produire da- vantage n'a pas été divulgué. » 11 faut que tout consommateur, avant d'acheter quelque objet que ce soit, s'assure, en parcourant la table des inventions et des perfectionne- mens , s'il n'aurait pas plus d'écono- mie ou d'avantage à préférer tel ou tel autre objet destiné au même but, coûtant moins ou mieux confec- tionné. u II faut que tout fabricant ou commerçant , zélé pour l'état qu'il cierce, puise dans le Journal des Connaissances utiles des idées nou- velles qui ne le laissent jamais en ar- / rière de ses concurrens, etc. » (L'Emakcipation, jownal de Bruxelles.) C'est en t-ète d'une des éditions du premier volume du Journal des connaissances utiles, que nous trouvons cette épigraphe , et en la re- produisant aujourd'hui, à de longues années d'intervalle, dans le même recueil, nous voulons prouver que la publication du Journal est con- tinuée dans la tendance des idées qui amenèrent sa fondation et assurèrent son succès. Nous avons dit ailleurs que le but du Journal des connaissances utiles élSint principalement « de vulgariser et de faire descendre , par la publi- cité, dans la pratique et l'usage, toutes les dé- couvertes utiles dont s'enrichissent les arts, les sciences, l'industrie ; de décentraliser, au profit des départemens les moins avancés , les perfec- tionnemens dont Paris a long-temps conservé le monopole exclusif ; d'initier la France aux inventions étrangères ; de placer enfin dans un rapport constant et immédiat le producteur et le consommateur , la production et le dé- tHiuché. » Aussi , convaincu que l'industrie ^ révélation vivante et animée de l'intelligence humaine, le commerce, les arts et métiers , les arts libéraux apportent à la richesse d'un état des principes de vie actifs et puissans , nous avons consacré à ces matières une division du Journal , sous le titre de : commerce , manu- factures, arts et métiers. Et cependant, bien que nous ayons suivi l'exercice et le progrès d'un grand nombre de professions sociales; bien que nous ayons visité les fabriques , les usines, pour observer d'abord et indiquer ensuite les procédés qui ont pour eux la sanction de l'ex- périence ; bien que nous devions au zèle de nos correspondans des articles qui souvent portent une vive lumière sur des sujets encore inexplo- rés ou placés dans un faux jour, toujours est-il que l'industrie n'a pu souvent être considérée que dans son ensemble, ou tout au plus envisa- gée sous quelques-uns de ses principaux rap- ports. Nous voulons désormais rendre ce travail plus complet, nécessairement alors plus utile. n II faut que tout consommateur, avant d'a- cheter quelque objet que ce soit , s'assure , en parcourant la table des inventions et des per- fectionnemens , s'il aurait plus d'économie ou plus d'avantage à préférer tel ou tel objet , des- tiné au même but , coûtant moins , ou mieux confectionné. » Eh bien! nous nous défions en- core de l'aridité ou de la confusion qui, inévi- tablement, s'attacheraient à ces tables. Nous procéderons d'une manière plus rationnelle, plus longue peut-être : la voie que nous suivrons sera cependant la plus certaine. Les ANNONCES font connaître aux acheteurs tout ce que l'industrie met au jour et offre à la consommation. Nous indiquerons la supériorité ou l'infériorité des produits mis en vente , les avantages et les inconvéniens des procédés nou- veaux. Nous dirons avec franchise ceci est bon, CECI EST MAUVAIS , et uous dlrous pourquoi. Ce serait étrangement présumer de nos forces, que m ANNONCES CRITIQUES ET BAISONNÉES DE L'INDUSTRIE; de vouloir exercer par nous-même cette cen- sure, ou plutôt ce coqtrôle sérère qui se tra- duira par un blâme ou par un éloge : aussi nous sommes-nous assuré le concours de quelques hommes éclairés , possédant des connaissances spéciales, et qui, juges impartiaux, feront con- naître hautement leur opinion sur tous les ob- jets que met au jour le génie des inventions. Hàlons-nous de le dire , chaque fois que nous aurons commis une de ces erreurs matérielles dont nous n'avons pas la prétention de nous défendre à l'avance , nous admettrons dans la correspondance les déclamations qui redresse- raient un fait erronné. Pour que ces annonces critiques et rai- sonnées de l'industrie profitent réellement aux intérêts du producteur et du consommateur, il faut que nos investigations , nos recherches et nos opinions portent sur tous les objets dont on fait commerce , quelle que soit d'ailleurs leur nature ; d'un usage rare ou d'un usage vulgaire; d'un prix élevé ou d'un bas piix. Ainsi , et pour donner une idée plus précise de ce véri- table guide, nous voulons que les agriculteurs connaissent les meilleurs instrumens aratoires, et leur prix ; que ks chefs d'usine arrêtent leur choix sur les machines les plus économiques , sur les métiers les plus actifs. Nous voulons que chaque mère de famille, placée à la tète de l'administration domestique, sache où l'on vend les meilleurs meubles, les meilleurs ustensiles de ménage ; quels sont les meilleurs modes de chauffage et d'éclairage, etc., etc. Nous ne dé- daignerons aucuns des menus détails qui peu- vent intéresser la vie intérieure. En un mot, nous tiendrons nos lecteurs en garde contre les mille pièges tendus à leur crédulité , et chaque mois, dans l'analyse que nous présenterons des ANNONCES qui scmbleut toujours porter une merveilleuse empreinte, nous mettrons en relief LE BIEN et LE MAL. Les ANNONCES ont encore pour mission d'in- diquer aux capitalistes les entreprises com- merciales et industrielles qui appellent à leur aide la puissance de l'argent, et l'immense peint d'appui que leur présente l'esprit d'association. Le prix très-élevé des propriét('s foncières , la difficulté (le rencontrer des placemcns hypothé- caires avantageux , en supposant même qu'ils fussent à l'abri de tous dangers , de tous ris- ques , le taux élevé des fonds publics , et le bruit assez accrédité de leur remboursement , ont fait refluer vers les opérations industrielles une grande partie des capitaux disponibles. Aussi, depuis deux ou trois années, de nom- breuses entreprises ont surgi. Les sociétés en commandite et par actions ont pris un déve- loppement tellement immodéré, que le gouver- nement s'en est justement ému, et qu'il se peut qu'une loi intervienne pour régulariser l'exer- cice du droit d'association. Et cependant, il faut bien en convenir , il en est des placemens industriels comme de tout autre chose. Les uns y trouvent la source d'une fortune rapide, les au- tres y consomment rapidement aussi la ruine de leur fortune. C'est que ceux-ci se sont follement fiés à de sonores paroles ; ils n'ont pas môme pris le temps de vérifier les calculs- qu'on leur soumettait ; les chillres sont si éloquens ! Ouij mais que rencontie-t-on souvent au fond de l'éloquence ! Ceux-là , plus heureux par inspi- ration , ou tout au moins mieux conseillés , ont pris un intérêt dans des entreprises sagement combinées, et qui trouvent leur meilleure ga- rantie dans la haute moralité des hommes ap- pelés à les diriger ; ils ne se sont pas contentés de renseignemens inexacts , incomplets , nous allions dire trompeurs ; ils ont été au fond des choses , ils ont mesuré l'étendue des chances favorables et des perles qu'ils pouvaient espé- rer ou craindre. Pourquoi le Journal des Connaissances utiles ne serait-il pas aussi le guide de ceux de nos correspondans disposés à participer à des entreprises industrielles ? Pourquoi le Journal ne deviendrait-il pas pour eux une boussole qu'ils pourraient consulter au besoin ; pourquoi le Journal ne discuterait-il pas librement les sta- tuts des sociétés en commandite ; pourquoi ne dirait-il pas aussi , au sujet des sociétés , des compagnies qui naissent chaque jour, cette com- pagnie est BONNE, cette société est mauvaise; pourquoi ne confondrait-il pas , enfin , dans l'examen sérieux et impartial des annonces pu- bliées dans les journaux de Paris et de la pro- vince les objets d'industrie et les entreprises commerciales et industrielles ? Agir ainsi, c'est ajouter un nouveau degré d'utilité au Journal , qui , toujours fidèle k son origine , demeure une œuvre de progrès. Le Journal des Connais- sances utiles , qui si souvent s'est occupé des graves questions d'économie, qui a favorisé l'établissement des caisses d'épargnes et des banques de prévoyance , qui applaudit aujour- d'hui à la ffriiieture complète des maisons de jeu , salutaire mesure qui vient de s'accomplirj qui regarde l'agiotage comme la lèpre la plus hideuse de notre société ; ce Journal , disons- nous , n'a-t-il pas quelques droits à s'établir le guide et le conseil des hommes sages et pru-. dens , « des pères de famille qui cherchent à faire fructifier , mais non pas à risquer à l'a- venture dans l'industrie , les capitaux qu'ils ont péniblement amassés. » Nous avons voulu , dans ce premier numéro de l'année , indiquer la marche que nous comp- tions suivre à l'avenir , pour que ce chapitre du Journal apportât à l'ensemble de sa rédaction son tribut d'utilité : nous nous mettrons à l'œu- rre dans le prochain numéro. CORRESPONDANCE. 3t o- t^i^li-i--H-H-tii~H-f-H-S■t-g-H~|-f^i-^2-i■-^§-i-iti-^S-f■i-H-^ CORRESPONDANCE. Un de nos abonnés nous écrit : « Je viens encore vous exprimer mon désir que , dans la rédaction de votre précieux jour- nal , vous vous occupiez souvent des moyens de guérir les grains et les vins , et de faire su- bir à ceux-ci les améliorations dont ils sont susceptibles , de manière que la collection de voire Journal puisse suffire , soit à l'agricul- teur, soit au père de famille , qui souvent cher- che les meilleurs moyens pour ramener au vrai goût le vin moisi, aigre. Et ne dédaignez pas les autres branches de la vie domestique : en- cre ineffaçable pour marquer le linge ; procédés pour blanchir le fil, le lin, la laine , la soie , et pour teindre économiquement, et en bon teint, ces divers produits. « En réponse à cette lettre, nous croyons de- voir rappeler que le Journal des Connaissan- ces utiles a publié de nombreux articles , soit sur la culture de la vigne, soit sur la fabrica- tion des vins et sur leur conservation. L'auteur de la lettre dont nous venons de citer un ex- trait pourra consulter avec avantage les articles suivans : Procédé pour enlever aux vins le goût et l'odeur du fût. Procédé pour faire disparaître des ton- neaux l'odeui' de moisissure. (Journal des Conn. ut., 1832, p. 183.) Sur la conservation des vins. (Journal des Conn. ut., 1833, p. 99.) Trouble du vin dans les tonneaux. Manière de conserver le vin en perce. (Journal des Conn. ut., 1834, p. 69.) Procédé pour rétablir les vins tournés ou échaudés. (Journal des Conn. ut., 1835, p. 167.) Nous renvoyons également notre correspon- dant à la page 16 du Journal, année 1833. Il y trouvera les indications nécessaires pour com- poser une encre à marquer le linge , encre qui ne peut disparaître que par la destruction de la partie de l'étofTe sur laquelle elle est ap- pliquée. On nous écrit de Mulhouse : o Une découverte très-importante, et qui in- téressera au plus haut degré tous les grands propriétaires de vignes, vient d'être ûute. — Il s'agit de l'emploi des résidus du raisin , après qu'il a été pressé : ces résidus, dans la plupart des pays de vignobles, sont totalement perdus , et dans quelques localités ils sont soumis à une distillation pour en extraire le spiritueux. La découverte dont il est question permet, au moyen de très-peu de frais, de tirer un grand pro- fit de ces résidus, qui peuvent néanmoins être soumis encore à la distillation, et donner leurs produits ordinaires. Les propriétaires que cette découverte pourrait intéresser, et qui voudraient en faire l'application , sont priés de s'adresser, franc de port, au bureau de l'Industriel alsa- cien, à Mulhouse, département du Haut-Rhin. M. Arzac, qui, depuis dix ans, s'occupe de favoriser par tous les moyens la propagation du mûrier, nous adresse la lettre suivante , que nous nous empressons de publier, en la faisant suivre de quelques observations dues à l'expé- rience de M. Arzac : Lettre de M. Delpech , trésorier du comice agricole du canton deFillefranche {Haute- Garonne), à M. Arzac, conseiller muni- cipal à Toulouse. Villefranche, le lO octobre 183T, Monsieur, Je n'ai qu'à me louer d'avoir suivi vos con- seils ; je possède aujourd'hui une jolie planta- tion de mûriers des Philippines (c'est-à-dire multicaulis), qui me permettra l'année prochaine de faire une éducation de vers à soie , en m'of- frant la faculté d'en vendre quelques mille pieds. L'expérience que nous venons de faire de la feuille comme nourriture du ver nous promet un grand succès , car ces insectes ont préféré constamment la feuille du multicaulis à celle des mûriers de différentes espèces. Grâce à l'importation de cet arbre précieux, grâce au zèle de quelques hommes recomman- dables, la France, daiis quelque temps, ne sera plus tributaire de l'étranger pour la soie. On peut même prévoir facilement qu'il arrivera un temps où le bas prix permettra d'en faire la pa- rure des classes inférieures. 3a GORRESPOKDANCE. Il me reste , monsieur, à vous donner quel- ques renseignemens que j'ai puisés dans la cul- ture de mes mûriers. J'en ai planté dans divers terrains et à différentes expositions , et j'ai re- marqué que dans les bons fonds, légers, bien amendés, ils se sont bien développés, et présen- tent à l'œil une imposante massé de verdure ; mais dans les terres fortes, quoique plantés à la même époque, ils ont une tige menue, grêle, une feuille petite, et n'ont pas dépassé la hauteur de dix à douze pouces (je parle de la pourrette) ; je me propose aussi de les transplanter dans un terrain léger ou sablonneux. Ceux qui sont à l'abri des vents et dans un même terrain sont un peu plus beaux que les autres. Nous possédons dans notre canton quatre plantations , dont deux surtout sont remarqua- bles par leur beauté et leur importance : celle deM.Saubat, notre député, et celle de M. Olieu, maire de Villefranche. Ces messieurs ont dis- posé les multicaulis en vignes ; ceux à haute tige (mûriers blancs) ont une autre disposition, car, selon les conseils des plus habiles magna- niers , nous nous sommes pourvus d'espèces difl'érentes. J'espère que lorsque ces plantations seront en rapport , c'est-à-dire sous peu, beau- coup de propriétaires suivront l'impulsion don- née , et le Lauraguais rentrera en possession d'une industrie qui autrefois faisait sa richesse. Agréez, etc. Signé Delpech. M. Arzac fait suivre cette lettre des ré- flexions suivantes : « "Vu la lenteur que fait éprouver le mûrier blanc, ce serait le cas, tout en plantant de c^llc dernière espèce, de planter également des mû- riers multicaulis, surtout en haies ou en vignes, en observant une dislance de dix à douze pou- ces pour l'un, et de deux mètres pour le der- nier système, attendu qu'ils produiraient la première année une quantité de feuilles sufTi- sante pour élever de suite des vers à soie : la soie qui provient de ceux qui ont été nourris par cette feuille se vend d'ailleurs dix pour cent au-dessus de la soie ordinaire ; il serait même avantageux de greffer dans le temps le mûrier blanc sur cette espèce , puisque la végétation eu serait plus vigoureuse et la feuille plus abon- dante. » Si on plantait des mûriers blancs à haute tige sur toute la surface du champ , comme cela se pratique dans les Cévennes, on pourrait, en attendant une suffisante quantité de feuilles du mûrier blanc , planter provisoirement des haies de multicaulis entre les allées, en obser- vant une dislance de dix à douze pouces entre les multicaulis. « Les branches de multicaulis offrent à tous les cultivateurs l'occasion de créer des pépi- nières pour leurs propriétés ; mais il faut que les branches aient huit pouces de longueur, un seul bourgeon en dehors et le surplus sous terre. Au-dessus du bourgeon extérieur on doit lais- ser un pouce et demi à deux pouces pour le maintenir dans la fraîcheur. » On ne saurait assez rappeler au souvenir des cultivateurs la nécessité de faire travailler la terre qui entoure le mûrier aussi souvent que la vigne. Il est également indispensable de faire tailler les branches dès l'enlèvement de la feuille. Si la tige est attaquée par la mousse, on doit la faire enlever au moyen d'un torchon en paille ; à défaut l'arbre ne survivrait pas. » L'époque des plantations , qui commence ordinairement en novembre et finit le 1" mars, doit être précédée d'un défoncement de terre ou des trous avant deux mètres en carré. » « Montpellier, 7 novembre 1837. » Monsieur , w Je désirerais que vous fissiez paraître dnns un de vos numéros un article qui traitât des droits d'enregistrement d'une manière succitietc et en forme de tableau analytique. Je pense que ce travail serait agréable à tous vos abonnés , car il n'est personne qui , dans la vie des rela- tions commerciales , ne se trouve avoir besoin de consulter ce tableau , afin de connaître par lui-même la quotité des droits , de ne pouvoir suspecter les agens du trésor, et de savoir, avant de passer ou de faire un acte , combien il en coûterait. Il faudrait donner à ce tableau le plus grand soin, etc. M Agréez , etc. « Grailiif. , d. m. » Nous avons reçu de plusieurs abonnés des lettres dans le sens de celle que nous publions aujourd'hui. Pour satisfaire ii leurs désirs, nous donnerons dans le numéro de février le tarif des droits d'enregistrement pour toute espèce d'acte et de mutations. Ce tarif, que nous avons publié dans l'Almanach de France de celle année (1838), a élé collalionné sur les meilleurs documens. Toutefois il est impossible, à ruoins d'avoir fait une longue étude de la partie de l'enregistrement, de dire quels droits seront perçus sur tel acte : cela dépend d'abord des conventions des parties, et ensuite de la ma- nière dont elles sont rédigées. Il y a souvent dans une hquidation de suc- cession de communauté plusieurs clauses qui donnent ouverture à des droits difft'rens, comme obligation, quittance, vente, délégation, etc. Le tarif vous indique bien que l'obligation doit 1 p. \ 00, la quittance!) p. 1 00, etc. Mais un receveur seul peut déterminer le chiffre de la somme totale qui sera perçue sur l'ensemble de ces dispositions. BATIGROLLES-KOHCEAUX, IMPRIMERIE DE AUGUSTE Ï>£SKËZ ET COMPAGNIE, RUE LEMERCIER, 24. 1838. JOURNAI. I CONMISSMG RÉPERTOIRE MEÎVSLEL ET PROGRESSIF DE TOUS LES FAITS UTILES, ÉCONOMIQUES ET NOUVEAUX, Guide du consommateur, ANNONCES CRITIQUES ET RAISONNÉeS DES PRODUITS DE l'indUSTRIE. Une livraison de trente-deux pages par tnois , contenant un demi-volume in-^". PRIX . FRANC DE PORT POUR TOUTE LA FRANCE , PAR AN, SIX FRANCS. 8S ma Toutes les lettres devront ôtre adressées , franc de port, à M. Auguste DESREZ Directeur rue Neuve-des-Petits-Champs, n. 50, à Paris. ' ' El? ni NUMKRO 2. Inslruclion publique : écoles de charité en Angle- terre, 35. I. AGP.ICULTUnE. Grande culture : fourrages non graminés, 37. H. COMMERCE , MAXLFACTUP.ES , ARTS ET MÉTIERS. Procédé perfectionné pour obtenir des copies d'im- pressions, dessins, gravures, etc., 4i. — Imprimerie en taille-douce .- méthode pour encoller le papier de Chine, 42. III. ECONOMIE DOMESTIQUE. Brasseries de cidre américaines .- cidre roval, cidre- vin, 43. IV. HYGIENE. Du choix d'une nourrice, 44. -FÉVRIER. V. MORALE , METHODES D'ENSEIGNEMENT, LEGISLATION. Organisation et administration municipales, 48.— Tra- vaux des maires pour le mois de février, iW(/.— Aperçu do la jurisprudence du conseil d'état en matière de con- tributions directes, 51. —Enregistrement : droits fixes, 5'i. — Peines de simple police, 57. VI. ANNONCES Cl'.ITIQUES ET RAISOXXÉES DE L'INDUSTRIE. Nouveau procédiî pour le filtrage des eaux , 60.— Sur l'encrier siphoïdc, 62. Correspondance, G4. FÊTES ET NOMS des 1 lev. du sol. 10 20 28 7 h. S. Ignace. l'URIFICVTIO.V. S. Biaise. S. Philis. Ste. Agathe. S. Vaast. S. Romuald. S. Jean de .ilalha. Ste. Apolline. Ste. Scholastique. SKrTUAOF.SlME. S. Meléce. S. Lezin. Valentin. S. Faustin. Ste. Juliciwie. S. Théodule. SEXAGÉSI.MK. S. Gabin. S. Eulher. S. Pépin. Ste. Isabelle. S. Damiens. S. Mathias. (JUl.NQUAGCSIME. S. Nestor. Ste. Honorine. LES CENDUES. 33 m., couch. 4 h. ■20 r. 02 r, 47 5' INTF.nÊTS l'.EVENU EMPLOI. i de ^^^ » — ~^ ^ ! fr. 100 i 4 p. 0/0. par par Dépense Epargne an. f.~ jo ur. 9/ ~ f. 10. C. 1/10. ,1. f. c. f. c. 32 0 35 1650 4 52 4 06 0 45 33 0 30 1700 4 65 4 19 0 46 34 0 37 1750 4 79 4 31 0 47 35 0 38 1800 4 93 4 43 0 49 36 0 3'J 1850 5 06 4 56 0 50 37 0 40 1900 5 20 4 68 0 52 38 0 41 1950 5 34 4 80 0 53 39 0 42 2000 5 47 4 93 0 54 40 0 43 2050 5 61 5 05 0 56 41 0 44 2100 5 75 5 17 0 57 42 0 46 2150 5 89 5 30 0 58 43 0 47 '•2200 6 02 r, 42 0 60 44 0 48 '2250 6 16 5 54 O 61 55 0 4t) 2300 6 30 f, 67 0 63 46 0 50 2350 6 43 f, 79 0 64 47 0 51 •i4oo 6 57 5 71 0 65 48 0 52 2450 6 71 6 01 0 67 49 0 53 2500 6 84 6 16 0 68 50 0 54 2550 6 98 6 28 0 69 51 0 55 2600 12 « 41 =0 71 .52 0 56 •2650 26 6 53 0 72 53 0 58 27U0 39 (i 65 0 73 5 4 0 59 2750 53 (J 78 0 75 55 0 60 2800 67 6 90 •0 76 56 0 61 '2850 80 7 02 0 78 57 0 62 2yoo 94 7 15 ■0 79 58 0 63 2950 S 08 7 27 0 80 59 0 64 3000 S 21 7 39 0 82 60 0 65 3050 8 35 7 52 O 43 PRODUIT de 1/10 épargné au bout de 20 ans. r. 5000 5151 5303 5354 5606 5757 5909 6060 6212 6363 6515 6666 6818 6970 7121 7273 7424 7576 7727 7879 8030 8182 8333 8485 8626 8788 8939 9091 9242 1^ m m4 mu §0» N. L. le 24 à LECTintES UTILES : LE MUSÉE DES FAMILLES «). -aii-Sg€< Dans un précédent article, nous avons eu l'occasion de dire tout le prix que nous attachions à ce petit nombre de livres qui , conçus dans une pensée utile , développent et satis- font à la fois le goût de la lecture. Combien ils sont rares, malheureusement, ces ouvrages qui peuvent sans danger être laissés dans toutes les mains, et qui, recommandables par leur scru- ])uleuse réserve, par leur bon ton, par leur parfum de bonne compagnie, viennent prendre leur place au foyer domestique pour nous instruire et nous distraire ; amis fidèles , qui ont des pa- roles pour l'esprit et le cœur, s|)irituels causeurs qui nous amusent, graves moralistes qui veu- lent, malgré nous , nous rendre meilleurs. Au premier rang parmi ces ouvrages, nous plaçons le Musée des Familles , et nous lui par- donnons volontiers l'ambition de ce litre en faveur de cet autre qu'il n'a pas dédaigné : Lectures du soir. Ce livre , ce magasin , cette levue , nous ne savons en \érité quel nom lui donner, entre dans sa cinquième année ; et îi une époque où de semblables recueils vivent si rapidement , où on les voit naître , grandir, puis s'eflacer insensiblement pour disparaître bientôt , le Musée a sup- porté par quatre années d'existence une épreuve redoutable, à laquelle ses rivaux n'ont pas tous survécu. De vrai, le Musée des Familles , qui disait il y a deux ans : " Quand une entreprise cesse de s'améliorer, elle est bien piès de décroître , /> n'a pas perdu de vue cette vérité : aussi, pre- nant pour son meilleur point d'appui, pour la base la plus solide qui pût s'offrir à lui , le système des améliorations , il a constamment marché dans une M)ie de progrès. C'est ainsi que le Musée des Familles a tendu chaque jour à devenir une importante lievue à la manière des Revues anglaises ,- car, il faut en convenir, les Jievues en France oHîenl i)eu de modèles à suivre , et leur désinvolture, leur sans-façon en fait de morale , plus encoi'e que leur frivolité, ne sont pas des litres favorables h leur admission dans la famille. Le Musée offre une riche succession d'études, parmi lesquelles les études moro/p.9 occupent la première place. Les écrivains les plus célèbres signent tous les articles insérés dans le Musée , et la variété des sujets ajoute encore au mérite de cette collection. Les lettres et les beaux-arts comptent dans ce lecueil les plus dignes interprètes. Les études qui ont rapport aux sciences et à l'histoire naturelle peident, sous la forme littéraire dont elles sont revêtues , leur sécheresse et leur aridité ; elles descendent de leurs savantes ré- gions ; elles se parent avec co{|uctterie pour plaire aux gens du monde. L'histoire , les voyages, les costumes se déroulent à leur tour dans ce brillant panorama où l'œil s'arrête sans cesse sin- de nombreuses vignettes (|ui ne craignent plus aujourd'hui de rivalité , ni pour la pureté et le fini des dessins, ni pour la gravure sur le bois; et cependant, malgré la supériorité que le Musée des Familles a accpiise sous ce i apport , le dernier volume (183G-1837), que nous avons sous les yeux , témoigne des progrès apportés dans l'exécution des vignettes , traductions vivantes et ani- mées de toutes les pensées (jue le style et la plume sont impuissans à reproduire. Nous ne saurions trop recommander à nos lecleins ces Lectures du soir; elles sont bonnes cl îdiles. Cha(]ue article i)orle avec, lui son caractère distinclif de moralité , d'érudition , de saine cri- tique; chaque article porte encore un de ces noms d'auteurs dont la collaboration n'appartient pas indistinctement à toutes les Jievues ; ce sont .- IMM. Casimir Delavigne , Alexandre Duval, de Lamartine , Scribe , Salvandy, Villcmain, A'ictor Hugo , etc., etc. La rédaction en chef de ce recueil est confiée à M. S. Henry IJcrthoud, qui depuis longtem|)s occupe un rang distingué dans le monde littéraire. Certes, la rédaction du Musée des Familles ne |)ouvait reposer en meil- leures mains qu'entre celles de l'auteur (pii vient de publier VJ/onnéte homme , études morales, bon livre et bonne action dont nous félicitons sincèrement M. S. Henry Berthoud. Le Musée des Familles vient de passer sous la direction de 'SI. Auguste Desrez, qui, s'as- socianLaux constans ellbrts du rédacleur en chef de ce recueil , lui assurera le succès qu'il ajus- tement obtenu (!n suivant la marche graduelle (jui s'opérait dans les études, dans les goûts, et jusipic dans les besoins de ses lecteurs. ^ (i) S'adresser pour les al)Oiincinpns à JI, Auj^usto Dosrrz, éditeur, rue Keuvo-des-Pelils-Cliamps , 50 — CoiiiJilions de la souscription .- un an, 7 fr. So c. par la poste franco, l'ri.x de cliaque livraison mensuelle, .10 c.; par la poste, 70 e. — collections des quatre premières années, chaque volume broché, 5 fr. 50 c; franc de jiort, 7 fr. 50 c. INSTRUCTION PUBLIQUE. 35 INSTRUCTION PUBLIQUE. . SYSTÈME DES ÉCOLES DE CHARITÉ EN ANGLETERRE. Les écoles de charité établies en Angleterre ont occupé en France les hommes qui étudient les questions d'éducation publique. Ces établissemens ont souvent été proposés pour modèles , et le système qui préside à leur organisation a souvent été vanté parmi nous. Pour faire connaître et apprécier sainement la situation de ces écoles , nous empruntons l'article suivant à un ouvrage publié en Angleterre, sous le patronage de la Société centrale d'éducation, et ayant pour titre : Ecoles pour les classes ouvrières. Bien que nous ne partagions pas toutes les opinions de l'au- teur anglais sur les dangers que présente, selon lui, le système des souscriptions volontaires pour l'entretiea des écoles, nous croyons cependant qu'on ne lira pas sans intérêt les détails suivans : « La plus sérieuse objection qui ait été faite contre l'allocation d'un crédit national, pour l'é- ducation du peuple; c'est qu'elle entraverait d'abord, et finirait par arrêter totalement le dé- veloppement du système des dons volontaires pour l'entretien des écoles, qui retomberaient ainsi de tout leur poids à la charge du gouvernement. On prétend, dit-on, que l'effet de chaque allocation tend à réduire le montant des donations et des souscriptions par lesquelles les écoles sont généialement entretenues , et qu'il est nécessaire d'obvier à un semblable résultat. Mais si les particuliers viennent à diminuer leurs efforts , pré- cisément alors que l'assistance qu'ils pouvaient offrir allait devenir beaucoup plus puissante et beaucoup plus efficace , n'est-il pas raisonnable d'en conclure que plus la somme d'argent votée en aide des écoles sera considérable , plus ces particuliers eux-mêmes seront forcés de subvenir à ces dépenses, car la somme nécessaire à l'entretien des écoles , au lieu de provenir de leurs li- béraHtés , sera prélevée sur eux , au moyen d'un impôt local. En considérant la question au point de vue de l'économie politique , il est d'une très-petite im- portance de savoir quels moyens peuvent être employés pour se procurer les fonds nécessaires à l'éducation ; qu'ils soient donnés par le public (en supposant que le public veuille souscrire pour la somme entière), ou qu'ils soient prélevés sous la forme d'un impôt, peu importe; car dans l'un ou l'autre cas , l'argent , pour la plus grande partie du moins , sortira de la bourse des mêmes personnes. Le seul sujet digne desérieu^s réflexions, c'est de savoir si les fonds seront plus judicieusement employés et le but atteint d'une manière plus satisfaisante par une administration centrale (juc par la multitude de sociétés (1) locales et indépendantes qui, pour accomplir la même œuvre , se sont répandues dans toutes les directions, L'objection présentée peut être facilement détruite ; car, quelque soit le sort réservé aux écoles libres existantes, les classes ouvrières ne doivent pas recevoir l'instruction élémentaire des seuls dons de la charité. Le seul fait d'envoyer un enfant à une école de charité (et nous appelons écoles de charité touies les. écoles soutenues par la bienveillance particulière), a pour résultat d'arrêter chez les enfans le développement d'un sentiment d'indépendance et de confiance en eux- mêmes, sentiment que l'éducation se propose de faire naître. Le système des écoles de charité est un système de paupérisme. D'abord, il produit dans l'esprit une sorte de reconnaissance pé- nible , qui ensuite s'efface par degrés ; les pauvres s'accoutument vite au nombre des bienfaits répandus sur eux par les riches et s'apprennent à penser que ces dons peuvent s'accroître en- core. La valeur de l'éducation cesse d'être justement estimée, et le paysan demeure convaincu a ne ceux qui veulent bien être ses bienfaiteurs sont réellement engagés à lui fournir les moyens 'envoyer ses enfans à l'école. Ce système est également préjudiciable à l'esprit des enfans. L'élève d'une école de charité est continuellement rappelé aux sentimens de reconnaissance qu'il doit aux femmes riches et aux gentilshommes qui veulent bien prendre la peine de pourvoir à son éducation. S'il est conduit à l'église, en attendant le service divin, qui est le même pour tous , on lui répète les mêmes prin- cipes de gialitude dans des sermons à l'usage des enfans de charité -. dans les i-éunions pu- bliques (2), placés en parade autour d'une chambre , on les oblige à porter un toast à la santé de (0 L'organisation des écoles de cliarilé remonte à une époque assez éloignée déjà , car sur la grande porte de l'école de charité de Halton-Garden on trouve l'effigie de deux tètes d'enfans , et au milieu la date de 1696. On lit dans un rapport de la Soci(/le de l'instruction rhrctienne pour l'année I7i4 que dans les deux cités de Londres et de Westminster il se trouvait U7 écoles de charité dans lesquelles étaient élevés 3,ooo gardons et plus de i,700 filles. La plus grande partie de ces enfans étaient habillés aux frais de l'école. L'entretien de 50 enfans était évalué, en comprenant le salaire du maître, le logement, le chauffage et les livres, à 60 livres sterling par an. A la même époque, on comptait en Angleterre, outre les écoles de Londres, 900 écoles dans lesquelles plusieurs milliers d enfans étaient instruits. Pour donner une idée du nombre des enfans qui fréquentaient à Londres ces écoles, il sufTira de dire qu'en 1716 les enfans réunis pour le premier anniversaire de la fondation des écoles étaient au nombre de 5,ooo. (2) Depuis l'année 1782, les enfans des écoles de charité établies à Londres se réunissent le jour anniversaire de l'installation de ces écoles dans l'église Saint-Paul, où ils assistent au sermon. En 1782, 5,000 enfans assistèrent à cette première solennité. A cette époque, les écoles de charité de la Grande-Bretagne.et.de l'Irlande [comptaient plus de 40,000 enfans ! 36 INSTRUCTION PUBLIQUE. leurs bienfaileiiiT- ; on lour opprend à chanter des hymnes, des odes en lenr louange, et peut-être les revùtira-l-on hientôt d'un uniforme pris ou bleu : en les contraignant à porter un signe qui les dislingue des autres enfans, ou complétera leur dégradation. Ainsi, la première position qu'on crée à cet entant, au sein de la société , est analogue à la posi- tion d'un mendiant. On lui apprend à sentir qu'il reçoit journellement l'aumône; on lui apprend à ne point considérer cela coinme une honte! La première étincelle d'honnête iieité (si jamais une seule vient à biiller dans son àme) , s'éteint aussitôt; le premier exercice des facultés de son raisonnement le conduit seulement à découvrir qu'il n'v a aucun autre moyen de se soutenir dans le monde, que l'asservissement de sa personne, et il devient une créature faible, énervée et sans volonté : ou peut-être (car ce système produit (pielquefois une espèce de réaction qui est aussi dangereuse) la sévérité de la discipline , et la peine et la fatigue qui résultent de la routine méca- nique suivie dans une école mal dingée , le porteront à rompre toute contrainte et le conduiront ainsi à mener une vie vagabonde. La tendance de paupérisme, inhérente au système actuel des écoles de charité, (inii'a, si elle continue, par rendre l'emploi des séductions nécessaire pour déterminer chaque ouvrier à envoyer ses enfans à l'école. Ce principe a déjà pris un grand développement, et ne tend à rien moins qu'à détruire une à une toutes les écoles (pii n'ont pas recours aux mêmes expédieus. En edét, des personnes bien intentionnées se rendent au milieu des pauvres, s'en- quérant des raisons qu'ils peuvent avoir pour ne i)as envoyer leurs enfans à l'école ; on leur ré- pond que c'est qu'ils n'ont pas de soulieis, pas de bas, ou pas de vêtemens assez décens. Une souscription est aussitôt ouverte ])our fournir des fonds pour l'hahillcment de ces petits malheu- reux , et les parens sont informés que chaque enfant qui se rendra exactement à l'école, pendant un certain temps , recevra deux paires de souliers , deux paiies de bas , un chapeau ou un bon- net, et un habilcomplel. Hjcaucoup d'écoles qui n'ont pas la possibilité d'être aussi prodigues dans leurs libéralités, sont oligées de lestreindre leurs dons à une paire de souliers ou à un bon- net neuf, une fois par an. ])c là , les pauvres sont amenés à s'inquiéter, non pas de la meilleure école pour leurs enfans, mais bien de celle qui , par les moyens que nous avons indiqués, les ré- compensera le mieux de leur exactitude à les y conduiie. Dans un meilleur état de choses, un enfant ne serait pas conduit dans une mauvaise école; mais la consé(|uence du présent système est que les i)lus mauvaises écoles, eu égard à l'inslruc- lion qu'elles peuvent donnei-, comptent maintenant le plus grand nombre d'écoliers. Ces écoles se trouvent être toutes les plus rii-hcs , et par consé(|uent i)i)u\ anl distribuer la plus grande quan- tité de vèlemens, lorsque toutefois elles ne vont jus(pi'à répandre des libéralités en argent, comme fonr boire donné à un jeune api)renti. i\ous avons vu fré(|uemnjent des enfans qui avaient été envoyés six ans de suite dans une école dans hupielle ils n'étaient pas parvenus à apprendre même à lire bien couramment. Et si nous inlerrogions les parens pour savoir pourquoi ils les y avaient laissés, la réponse était toujours celle-ci : Il n'y avait pas d'aiilrc école dans le voi- sinage oùils eussent été alssi bien ii.\billk.s gratis (l). L'anecdote suivante montrera un des inconvéniens qui résultent de faire dépendre l'éducation de la charité : Un riche propriétaire avait fait bâtir au milieu de ses liiens une école pour l'instruc- tion des enfansde ses laboureurs, llariiva quen'ayant plusd'occupalionpourl'und'eux, il futohligé de l'avertir {|u'à l'avenir il eût à se pourvoir d'ouvi'age ailleurs : le paysan répondit à cet avis par cette menace : » Alors, monsieur, je relirsi-ai mes enfans de votre école! » Le paysan croyait évidemment cpie l'envoi de ses enfans à l'école avait été une des conditions de ses travaux, et considérant l'obligation comme muluelhi , il pensait (|ue la menace de reprendre ses enfans pré- vicndiait son propre congé. Si donc, les écoles gratuites étaient établies par le gouvernement ou par les autorités locales (le cha(|uecomnHme , au lieu de devoir leur origine à de simples parti- culiers ou à des comités de bienfaisance, l'éducalitm cesserait d'être considérée au point de vue d'une faveur conférée et reçue. Le pri\ilége d'env(»yor ses enfans à l'école serait regardé «'omme un droit auquel chacun estapi'.elé pai- les lois de son pays, et le système de séductions employées vis-à-vis des parens cesserait, du moment où l'éducation des enfans des pauvres ne serait plus confiée aux soins de leurs maladroits amis. Une autre raison s'oppose à ce (jue l'éducation reste sous la dépendance de la charité, c'est que ce système perpétue les distinctions et les dissensions de leligion, les particuliers ne pou- vant pas, comme le gou\ ernemeni, se placer dans une jxjsition neutre. Lorsqu'une personne en- treprendra d'élever une école pour l'instriiciion gratuite des enfans pauvres, cette école sera im?nédiatement désignée comme appartenant au culte catholique , protestant , luthérien , ou à toute antre secte. On supposera nalurelleinent (pie rintenlion du fondateur est de propager les idées religieuses dans lesquelles il a été élevé lui-même, et ceux qui ont été nourris dans d'autres sentimens seront disposés à ne point lui confier leurs enfans, et à les faire élever dans une école placée .sous nue autre direction. » _, (i) Un rapport (lo la Société nalionalf^ t'tal)lit (lu'antrofois les oiifans (•laiont sonveut lo^és et noiirrif;, ot tou- jours liabillcs. Voici ((iicl (Hait cii 1738, le trousseau coiiipiisaiit le costume d'un enfant (te charité : pour un garçon, un iial)it (le gros (!ra|) lileu, une chemise de grosse toile, une paire de bas, luie paire de iiants en tricot, un bonnet de coton, un rabat, une p.ijre de boucles, une paire de souliers ; pour une fille, une r()be et un jupon, une clie- mise de toile, une coiffe, un tablier blanc, bleu ou à llenrs, un corset et un lichu, une paire de bas, une paire de souliers, une paire di- boucles et une paire de gants de tricot. Le prix de ce costume s'élevait à 17 schellings pour un gari^'on ou une lille, environ uo francs'. On peut juger d'après cette dépense à quelle somme excessive s'élevait chaque année l'enlrelien d'une école de charité. AGRiCULTrjKE. 37 I. AGRICULTURE. GRANDE CULTURE. FOURRAGES DES PRAIRIES NATURELLES ET ARTIFI- CIELLES, NUN GnAMI.NÉs. Fourrages légumineux. — Suite. FEVE (faba). Ce genre diffère bolanique- nient des vesecs par ses vi'illes simples , et presque nulles ; ses folioles grandes et en petit nombre ; sa gousse grande , coriace , un peu renflée ; eniin par sa graine oblongue , dont l'ombilic est terminal. Ces caractères ont suffi pour en foire un genre à part , depuis Linnée. La FÈVE COMMUNE (fciba vulgaris, de Cand.) est originaire des bords de la nier Caspienne , d'où elle s'est répandue chez tous les peuples , dès la plus haute antiquité. Sa tige est droite , haute d'un à deux pieds , et souvent davantage; SCS feuilles sont ailées , à quatre folioles gran- des, ovales obiongues, entières, un peu épais- ses ; le pétiole ne se termine pas en vrille , et est muni à sa base de deux stipules un peu dentées, en demi fer de flèche : les fleuis sont presque sessiles , réunies deux ou trois ensem- ble aux aisselles des feuilles; la corolle est grande, blanche ou rouge dans une variété nou- velle , avec une tache noire et soyeuse sur le milieu de chaque aile. Les fèves sont une excellente graine pour la nourriture de tous les animaux domestiques, et valent mieux que toutes les autres pour engrais- ser ceux qu'on destine à être mangés , tels que les bœufs, les cochons , les dindes, les oies, les chapons, etc . ; elles augmentent considérable- ment le lait des vaches et le rendent d'une ex- cellente qualité. Réduites en farine et délayées dans de l'eau chaude, elles sont ce qu'il y a de meilleur pour engraisser les veaux, et peimet- tent, selon M. Gaujac, de gagner deux tiers sur leur vente , lorsque par le mode ordinaire on ne gagne qu'un quart. Ainsi que toutes les espèces de vesce , la fève fournit un très-bon fourrage , soit vert , soit sec, mais pour ceia il faut la couper à la faux au moment où elle est en pleine fleur. On sait en outre, que les fèves enterrées à la charrue, dans le moment de leur lleuraison , fournissent au sol un excellent en- grais, dont on fait un grand usage en Angle- terre. La fève a fourni un grand nombre de varié- tés, qui toutes pourraient être cultivées en pleins champs , mais non pas avec les mêmes avan- tages. Nous ne citerons ici que les plus intéres- santes ; et afin d'être toujours bien cojiipris , nous leur accolerons les noms lalins que les culliv.ileurs sont dans l'usage de leur donner. 1" La GROSSE FEVE COMMUNE, OU FEVE DE MA- RAIS (faba major des jardiniers). C'est une des plus cultivées dans les jardins et dans les champs. Elle a pour sous-variété la fèKc pi- carde, qui est moins grosse et plus aplatie ; 2° La FÈVE DE Windsor, plus grosse (jue la pré- cédente, presque ronde, mais produisant moins et craignant plus le froid ; 3° La FÈVE VERTE (faba viridis ) , dont le fruit reste vert, quoique .sec. Elle nous vient de la Chine, et elle est un peu plus taj'dive que la suivante ; 4° La JULIENNE (faba minor) , une des plus précoces, et, pour cette raison, des plus culti- vées dans les jardins; 5" La fève VIOLETTE ( fabtt violacea ) , ne diffère guère de la précédente que par la cou- leur de ses graines ; G° La fève A LONGUE COSSE ( faba longisili- qua), assez hâtive, et dont les cosses fort lon- gues contiennent plus de graines ,- 7° La fève NAINE (faba nana), hâtive, pe- tite , branchue , produisant beaucoup , propre à être cultivée sous châssis, pour primeur. Elle ne s'élève guère qu'à six pouces ; 8" La FÉVEROLLE ( fabtt vulgaris inquina ) , aussi connue sous les noms de goiirgane, fève de cheval, fève des champs, etc. C'est la plus cultivée dans les champs. 11 est à croire que c'est le type d'où sortent toutes les autres, car Olivier l'a trouvée sauvage en Perse, d'où il en a rapporté des graines. Elle est petite, fleurit tard, fournit beaucoup, donne des fruits pres- que cylindriques , âpres et durs. Elle a pour sous-variétés la féveroUe d'héligoland , que M. Vilmorin a rapportée d'Angleterre, et qui est une de celles qui produisent le plus ; la fé- veroUe d'hiver, variété plus rustique et résis- tant mieux aux froids de nos hivers. Un sol substantiel et frais est celui qui con- vient le mieux aux fèves. Elles n'aiment pas une teri'e trop ameublie , aussi ne les sème- t-on que sur un seul laliour , mais après avoir bien fumé le terrain. Elles ne réussissent nulle part mieux que sur un pré nouvellement défri- ché , et elles ne craignent pas un peu d'ombre. Comme elles craignent également les gelées tar- dives du printemps et les chaleurs de l'été , on les sèmera en automne dans le midi de la France, et au printemps dans le nord. Pour hâter la germination, on peut les faire tremper dans l'eau un ou deux jours avant de les semer. Pans nos dépaiiemens septentrionaux , on AGRICULTURE. sème en automne une variété particulière , qui résiste très-bien aux gelées , et que pour cette raison on appelle féverolle d'hiver. Il faut en- viron deux hectolitres de graines par hectare. Les GALEGA (galega) ont pour caractère générique : calice en cloche, à cinq dents poin- tues presque égales ; gousse oblongue , droite, comprimée, souvent bosselée par la saillie des graines. Ce sont des herbes ou des sous-arbris- seaux à feuilles ailées et à stipules distinctes du pétiole. Nous n'en trouvons en France qu'une espèce, qui est -. Le galéga officinal (galega officinaliis. Lin.) , vulgairement connu sous les noms de me de chèvre, faux indigo, lavanèse. C'est une plante vivace, à tiges hautes de trois pieds, droites, fermes, creuses, glabres, striées et ra- meuses ; ses stipules sont en fer de flèche, avec deux oreillettes pointues à leur base ; ses feuil- les sont ailées , terminées par un impaire , et composées de quinze à dix-sept folioles oblon- gues, glabres, obtuses ou un peu échanciées à leur sommet. Les fleurs sont disposées en longs épis pédoncules et axillaires ; elles sont bleuâ- tres, ou quekpiefois tout à fait blanches, et pen- dent la plupart sur leur pédoncule commun ; leur gousse est grêle, fort longue , marquée de stries obliciues placées entre les semences. Cette plante, assez commune dans toute la France, se plait dans les terrains gras et frais , sur le bord des ruisseaux. L'abondance de ses fanes , surtout dans la vaiiété à fleurs bleues , et la facilité de sa culture , l'ont fait prôner par un grand nombre d'écrivains agronomes comme formant des prairies artificielles d'un très- grand produit. Un de ces auteurs a même été jusqu'à dire en avoir fait l'essai avec un béné- fice considérable. Et cependant je me suis as- suré positivement, par des expériences répétées pendant plus d'un an, que les vaches et les che- vaux refusent absolument le galéga , sans doute à cause de l'odeur aromatique et de la saveur acre de ses feuilles. Les agronomes du mo- ment, ayant , ainsi que moi , observé la réi)u- gnance du bétail pour celle plante , ont dit (pi'il fallait l'y accoutumer peu à peu, et qu'une fois habitué, elle devenait pour lui une très-bonne nourriture. Je nie positivement ce dernier fait, parce que , outre l'àcreté dont j'ai parlé , les feuilles jouissent encore de qualités alexitères et sudf»rifiques très-prononcées ; et une drogue assez énergique ne peut jamais devenir une bonne nourriture. Quanta y habituer le bétail, je ne dis pas que la chose soit impossible, mais il est certain qu'elle est fort difficile , car j'avais à Wissous , il y a trois ou quatre ans , une jeune vache très-vorace , et je n'ai jamais pu , même par le moyen du jeûne, la délormmer à y toucher, ni en vert ni en sec. Je regarde donc, jusqu'à preuves contraires , tout ce qu'on a dit et écrit en faveur du galéga comme des erreurs. Si (pielqu'un était tenté de f;iire des expérien- ces à ce sujet , il devrait semer quarante livres de graines, selon M. Vilmorin, soixante livres, selon M. Tollard aine, par hectare de terrain. Les GESSES ( lathijrus ) ont un calice en cloche , à cinq découpures , dont deux supé- rieures plus courtes; le style est plane, élargi vers le sommet , velu ou pubescent dans sa partie antérieure ; la gousse est oblongue , à plusieurs graines anguleuses ou globuleuses. Ces plantes sont des herbes à tiges souvent grimpantes, à pétioles terminés en vrille, char- gés de deux à six folioles, à stipules en demi- fer de flèche , à fleurs portées sur des pédon- cules axillaires. Le bétail s'accoutume fort bien de toutes les espèces , mais on a dû se livrer seulement à la culture des plus fourrageuses, et c'est de celles-là que nous nous occuperons principalement. % La GESSE CULTIVÉE {lathifrus sativus, Lin.) a les tiges longues de dix-huit pouces à deux pieds, faibles, glabres et ailées ; ses feuilles sont composées de deux ou rarement de quatre fo- lioles pointues et nerveuses ; les fleurs sont so- lilaircs , axillaires , pédonculées et de couleur rose ou violette , ou quel(]uefois tout à fait blanches ; les légumes sont ovales, larges, com- primés , glabres , chargés sur leur dos de deux rebords ou espèce d'ailes longitudinales ; les pédicelles sont axillaires , uniflores , articulés un peu au-dessous de la fleur , et munis à leur arliculalion d'une ou deux bractées aiguës a peine visibles ; ces pédicelles s'allongent après la floraison. Cette plante annuelle est cultivée sous les noms de gesse à larges gotisses, geisses, pois de brebis , pois gesse , lentille d'Espagne , etc. Comme fourrage, elle convient à tous les bestiaux ; les bœufs , les vaches, les brebis, la mangent avec la plus grande avidité ; mais les moutons l'aiment encore plus , soit fraîche, soit sèche ; elle les tient bien en chair et les échauffe moins que la vesce. Sa graine, bouillie ou ré- duite en farine grossière, est excellente pour les mêmes animaux , et encore plus pour les co- chons , (ju'elle engraisse bien plus prompte- ment et à meilleur marché que l'orge. En effet, elle est très-sucrée , et, d'après l'expérience faite par Dussieux , aux environs d'Angou- lème , quatre boisseaux, semés sur un arpent , ont produit douze setiers, ce qui est beaucoup plus que produit l'orge. On en nourrit aussi toute espèce de volaille. Dans les parties méri- dionales de la France , les cultivateurs pauvres s'en nourrissent presque exclusivement pen- dant la moitié de l'année. Quoique l'on ait dit qu'elle occasionnait la paralysie des extrémités chez l'homme et chez les animaux , je ne crois pas que ces cultivateurs du midi soient plus su- AGRICULTURE. 39 jets à ces accidcns que ceux des autres climats où l'on ne mange pas de gesse. Cette plante n'est pas difficile sur le terrain et réussit également dans les ten-es fortes ou légères, pourvu qu'elles ne soient pas trop hu- mides. Dans le midi on la sème en automne , et partout ailleurs au printemps , en mais et ami. On la coupe lors(|u'elle est en fleur, si on veut la donner en vert ; lorsque ses premières gousses commencent à mûrir , si l'on veut la faner ; et enfin, lors de sa maturité complète, si l'on désire obtenir sa récolte de graines. On la sème en raison d'un hectolitre et demi de grai- nes par hectare. D'après des observations de Bosc , il parai- trait que sa récolte est plus avantageuse que celle des pois gris et de la vesce dans les par- ties méridionales de l'Europe ; mais moins dans les parties septentrionales. Avant de la semer il faut préparer la terre par deux labours , et si elle est humide ou qu'il vienne de la pluie après la semaille, elle foisonne beaucoup. Il parait qu'elle ne réussit pas en Angleterre , car les cultivateurs anglais, qui recherchent toutes les plantes propres à varier la série de leurs asso- îemens, la connaissent à peine. La gesse cultivée dans le midi rampe sur la (erre parce qu'on la sème très-clair et qu'on ne lui donne pas de supports ; on conçoit les in- convéniens qui doivent en résulter pour le four- rage, qui est souvent plein de boue , de sable, ou au moins de poussière. Pourquoi ne la sè- merait-on pas en mélange avec un peu de seigle, qui la soutiendiait ? La GESSE cincHE ou cicnE ( laihyrus cicera, Lin.) est aussi connue en agriculture sous les noms de gairoiittes, jurasse, pois breton, pe- tits pois chiches , garousse , gcssetle , petite gesse etjarat, selon les déparlemens où on la cultive, et cette multiplicité de noms est un in- dice de son importance. Elle diffère de la pré- cédente par ses gousses fortement sillonnées sur le dos, mais non prolongées en appendices membraneux ; par ses pédoncules, au moins de moitié plus courts, qui ne s'allongent pas après la floraison , et dont l'articulation est placée au-dessous du milieu du pédoncule; sa fleur est rouge. Cette plante, annuelle comme la précédente, est plus rustique et résiste mieux aux hivers. Elle fournit un fourrage très-abondant et fort estimé pour les moutons , mais elle a l'inconvé- nient d'échauffer beaucoup les chevaux ; aussi ne doit-on la leur donner qu'avec beaucoup de ménagemens. Ses graines ont une saveur agréa- ble qui les fait rechercher par tous les animaux domestiques , et elle en produit une quantité considérable. On la cultive beaucoup en Espa- gne, où on mange impunément ses grames. Mais, si on s'en rapporte à MM. Yilmorin, Tollard aîné, et surtout à une notice insérée par M. Deslandes dans \e Journal des Maires, elle devient un i)oison très-dangereux, qui donne la mort ou au moins frappe de paralysie incu- rable les peisoimes (|ui en mélangent outre me- sure dans leur pain. M. Tollard dit qu'on peut impunément en mêler un huitième, mais (juil ne faut pas passer cette mesure. Tout ceci , fondé, je crois , sur une observa- tion de M. Delanoue , chirurgien à Bourgueil , et sur l'opinion de deux ou trois autres person- nes, me parait un peu sujet à discussion, d'au- tant plus que les symptômes d'empoisonnement que l'on décrit sont tout à fait identiques avec ceux du blé ergoté, ce (jui pourrait faire croire, joint à d'autres raisons très-plausibles, que l'on a fort bien pu attribuer à celte gesse des effets produits par l'ergot. Néanmoins, lorsqu'il s'agit d'une chose aussi importante, il ne faut pas ju- ger à la légère, et le mieux est, dans le doute , de s'abstenir. Moi qui n'ai pas une foi aussi ro- buste que les personnes citées , relativement aux maléfices de la gesse, j'irai plus loin qu'elles en fait de prudence, et je conseillerai d'y re- noncer entièrement , car un poison pris à pe- tites doses ne laisse pas que d'altérer la consti- tution. La GESSE VELUE [lalkyrus hirsutus , Lin.) est annuelle. Sa tige, de deux pieds de hauteur, est ailée et rameuse ; ses feuilles sont compo- sées de deux folioles glabres, oblongues, un peu étroites, et chargées d'une petite pointe à leur extrémité ; les fleurs sont petites et portées deux ou trois ensemble sur de longs pédoncules ; il leur succède des légumes comprimés , velus , longs, et contenant huit à dix graines. Notre collaborateur , M. Tollard aîné, vient de publier une seconde édition de son excellent Traité des végétaux qui composent l'agri- culture, et nous y trouvons ce qui suit : «■ La gesse velue, connue dans le pays de Bray sous le nom gaze, apparaît parmi les seigles avant leur floraison , et souvent même quand ils sont en fleur. S'il survient une pluie, de presque in- visible qu'elle était au pied du chaume , elle s'é- lève, en une seule semaine, à toute la hauteur de cette céréale , qu'elle enlace , serre , étouffe et fait mourir , ce seigle eut-il six pieds de lîau- teur. Si dans les premiers jours de la seconde semaine , c'est-à-dire si après neuf à dix jours de pluie et d'humidité, le temps ne se met pas décidément au beau , il faut faire faucher le champ entier, et l'on obtient, au lieu de graines de seigle, un assez bon fourrage, qui se com- pose des tiges fatiguées du seigle et de celles de la gesse velue , et si on dédaigne ce produit , vaille que vaille , on n'a qu'un mauvais fumier. Ainsi, la gesse velue est plus qu'une mauvaise heibe , car elle est un véritable fléau dans quel- ques localités. » 40 AGRICULTURE. Celte observation sur celle espèce dcvaitamc- ner quelques exptMicnces , et c'est aussi ce qui estarrivé, comme M. Vilmorin va nous l'appren- dre. « M. le baron Wal , cullivaleur éclairé à Baronville, près Givet, dit notre agronome, m'a faitparl des succès qu'il a obtenus de la culture de cette plante comme fourrage. Seméeen automne, elle lui a paru pouvoir rivaliser d'utilité avec la vesce d'biver. Je l'ai essayée d'après son con- seil , et je l'ai trouvée en elFel ruslicp'.e et très- fourrageuse, mais un peu moins bàtive que la vesce et le pois d'hiver ; elle produit une quan- tité considérable de semences plus petites que celles de la vesce, mais qui paraissent être une bonne nourriture pour les pigeons. Au reste , dans le fourrage coupé encore vert , comme il doit l'être , la plupart de ces semences restent dans les cosses. Celte plante pourra entrer en li- gne h côté de celles à cultiver utilement pour la nourriture des bestiaux ; ce sera une conquête de plus sur les mauvaises herbes de nos champs, car la gesse velue n'a été autre chose jusqu'à présent. » La Gesse sauvage ou des bois (lathyriis sijl- vestris, Lin.) est vivace. Ses tiges, longues de deux à trois pieds , sont ailées , rameuses , et un peu grimpantes. Les feuilles ont leurs folioles longues , lancéolées , étroites, pointues et nei- veuses ; les vrilles qui terminent leur pétiole commun sont rameuses ou trifides ; les fleurs sont assez grandes , fort belles , roses ou pur- purines , et disposées quatre ou cinq ensemble sur de longs pédoncules axillaires ; leurs gousses sont glabres, inclinées. Cette plante est Irès-commune dans les bois elles prés montagneux, où tous les bestiaux la recherchenl et la mangent avec avidité. Dans les bons fonds elle atteint jusqu'à (juatre pieds de hauteur sans devenir liès-dure. Il en résulte ([ue l'on |)ourrail en former d'excellentes prairies arlificielles, (jui dureraient sans doute plusieurs années, et qui fourniraient oertainenicnt plu- sieurs coupes annuelles d'un fourrage .ibondanl et excellent. Nous ne pouvons donc qu'engager les cultivateurs à essayer sa cultuie, soit seule, soit en mélange avec (pielque haute graminée vivace (pii lui servirait de soutien. La Gesse a i-ahces feuu.i.es {lathijnis lalifo- litis , Lin.) est vivace. Ses tiges , longues de quatre pieds, en atteignent (luclqueibis six : elles sont ailées, glabres et i-ameuses : ses feuilles sont composées de ûvxw folioles ovales, larges , ner- veuses en-dessous , et chargées d'une iielite ])(»inte à leur sommet, qui est obtus et fiuehiue- fois échancré. Les stipules ont leur partie supé- rieure ovale-lancéolée et un peu nerveuse ; les fleurs sont grandes, belles, roses, et forment des grappes très -garnies, soutenues par de longs pédoncules. Cette plante , indigène au midi de la Franco , est très-commune dans nos jardins, où on la cultive sous le nom de pois vivace, pois éter- nel, pois à bouquet. Ses racines sont très- longues , cl elle est , pour cette raison , d'une leprisc très-difficile quand elle est âgée de plus d'un an. Elle ne fleurit, au moins abondamment, qu'à dater de sa troisième année Il est, en agriculture, des choses si simples, si aisées , et qui pourraient devenir si utiles , qu'on s'étonne de voir qu'elles n'ont jamais été mises en pratique. Le feuillage de la gesse à larges feuilles est du goût de toutes les espèces de bétail ; elle pioduit un fanage très-abon- dant, réussit assez bien dans tous les terrains , se multiplie beaucoup , dure fort long-temps , et pourrait se coujjcr plusieurs fois par an ; ses graines sont excellentes pour la volaille , elle en produit beaucoup ; et cependant on n'a ja- mais essayé d'en former des prairies artificielles, ni même de la cultiver comme fourrage. Peut- être doit-on altriliuer cet étonnant dédain des agronomes à ses tiges grosses presque comme des tuyaux de plumes, et assez dures quand la plante est mûre. ]\Lais je me suis assuré que, malgré cet inconvénient, les vaches et les mou- tons le mangent fort bien , même quand elles ont été coupées après la malurilé des graines. Tout le monde peut vérifier cette assertion, car il est peu de jardins qui n'en possèdent quelques touffes. D'ailleurs, si on la cultivait en prairies, on la couperait avant que ses graines aient dur- ci. Quoi(pie grimpante, cette plante n'aurait pas besoin de supports, parce que , lorsqu'elle n'est pas appuyée, elle forme de larges touffes qui se soutiennent fort bien seules. La Gesse des mes ( lathyrus pi'otensis. Lin.) est vivace et croit naluiellemenl dans les prés humides et les lieux couverts. Ses liges sont droites, très-grèles, anguleuses, un peu rameu- ses, el s'élèvent jusqu'à deux pieds ; ses feuilles sont composées de deux folioles lancéolées , velues, et chargées de trois nervures au-dessous; les stipules sont sagillées el presque aussi gran- des que les folioles ; les vrilles sont la plupart simples ; les fleurs sont jaunes, disposées depuis deux jusf[u'à huit sur des pédoncules droits qui les font paraître terminales ; le fruit est un lé- gume comprimé, chargé du style qui est per- sistant. Tous les bestiaux , cl surtout les vaches , en sont extrêmement friands. 'Arthur Young la met au-dessus de tous les autres f(»urrages, soit pour la quantité, s(til pour la (pialilé de sa fane. Cependant, en en jugeant par la seule inspec- tion de la plante à l'état sauvage , on serait porté il croire que l'auteur anglais a exagéré. Elle mérite certainement (|u'on répèle les essais faits en Angleterre, el (juc l'on constate ses pro- priétés d'une manière positive. Quoi qu'il en soit , sa qualité de croilrc dans les lieux très^ COMMERCE, MANLI-'ACTURES , ARTS ET MÉTIERS. 41 humides et même un peu marécageux , doit la faire mulliplier dans les bas pivs, ne fut-ce que 1 our corriger les vices d'un foin aipiatique et tiopcru. La Gesse des marais ( tathyrus palustris , Lin.) est vivace et a le port d'un oro[)e. Sa tige est ailée, un peu faillie, et s'élève à deux pieds au plus ; ses stipules sont aiguës, en forme de demi fer de (lèche ; ses feuilles sont composées de ([ualre à six folioles allongées , lancéolées , portées sur un pétiole commun qui se termine en une vrille rameuse ; les pédoncules sont axillaircs et chargés de trois à six fleurs bleuâtres. Cette plante croit non-seulement dans les prés humides, mais même dans l'eau. Tous les bestiaux la mangent. Elle semble, par la largeur de ses feuilles et par sa propriété de croître dans les marais, c'est-à-dire dans un sol où il y a peu de bonnes plantes fourragères, devoir l'empor- ter sur la précédente ; mais je ne pense pas qu'on ait fait des essais pour l'utiliser sous ce rapport. La Gesse a felili.es vaeiables (lalhyrus liclcrophyllus , Lin.) est vivace. Sa tige est droite , forme, ailée ; ses stipules sont ovales , lancéolées, acérées, prolongées à leur base en un appendice étroit et aigu ; le pétiole est ailé jusqu'à la première paire de feuilles, nu dans le reste de sa longueur, et se termine par une vrille simple ou rameuse ; i! porte de deux à quatre folioles oblongues, allongées, à trois ner- vures glabres, terminées par une petite pointe ; quelquefois l'une des folioles de la paire supé- rieure se change en vrille simple ; les pédoncules portent six à huit fleurs, grandes, purpurines ; les gousses sont glabres, comprimées. Cette plante fournit un excellent fourrage à toutes les espèces de bétail , et de ])lus elle a l'avantage de croître dans les terres sèches et rocailleuses, où peu d'autres réussiraient. Nous ne pensons pas qu'on puisse la cultiver seule , mais il serait certainement très-profi abie de la semer en mélange dans des pâturages secs et montagneux. Boitabd. {La suite au prochain numéro.) IL COMÎËRGE, MANUFACTURES, ARTS ET MÉTIERS. fnOCEDE PERFECTIONNE POUR OBTE.MR DES COPIES d'impressions, DESSINS, CBAVURES , ETC. Celte invention consiste d'abord à dessiner à la plume le manuscrit, le dessin, le plan ou la gravure , sur du papier ordinaire ou sur toute autre surface polie. On emploiera à cet effet l'encre ordinaire, et de la gomme non suscej)- tible de produire du coulage (déboire). Cet écrit ou ce dessin est alors tiansposé, pour être séché par pression, sur un autre papier ou sur- face semblable h celle précitée, capable de s'em- parer des caractères ou des traits tracés. Le nouveau dessin est alors recouvert avec de l'en- cre de poudre impalpable , capable d'absorber l'humidité des caractères ou du dessin ; elle doit être noire ou colorée, selon le dessin qu'où veut obtenir. Cette opération de recouvrir le dessin de poudre, doit se faire en saupoudrant, et la poudre n'adhère que sur les traits du dessin. Le surplus doit en être élagué au moyen d'un petit plumeau. Après cela , le dessin doit être humecté au moyen de l'haleine ou autrement , ce qui rend la poudre liquide ou presque li- quide, et la transforme en encre pour la double copie ou l'impression. La feuille de papier ou l'objet sur lequel on veut imprimer est alors superposé au-dessus du dessin préparé, et tous deux sont soumis à la pression entre deux rou- leaux ou sous une presse. L'impression s'opère ainsi , et on obtient une première copie. Le dessin est de nouveau saupoudré et épousseté ; une seconde feuille de papier est soumise à son contact, et on obtient ainsi une seconde copie ; on opère de la même manière pour d'autres co- pies. Quand les caractères gommés sont trop effacés, on les éponge, et la même surface peut être employée pour d'autres dessins. Pour que celte opération soit mieux com- prise , nous allons indiquer minutieusement l'encre, la poudre employée, et le procédé pour obtenir les copies. La pièce écrite ou dessinée est d'abord pro- duite au moyen de la plume , avec ung encre préparée comme à l'ordinaire c'est-à-dire seloa la formule suivante : Eau 200 parties. rsoix de galle. , 15 Sulfate de fer. . , 15 Sucre commun. . lO Gomme arabique. 12 A 1 8 parties de celte encre ordinaire , ajou- tez G lyi parties de sucre candi, 2 1/2 parties de sel déliquescent ou sel commun, hydrochlo- rate de chaux, de chlore ou de calcium, etc. Ayant composé ou produit un dessin sur une feuille de papier, ou sur toute aulre ma- tière, avec cette encre préparée , on la pose sur un plateau verni ou poli, sur une soie hui- 42 COMMERCE, MANUFACTURES, ARTS ET METIERS. lée ou sur une peau , ou autre surface conve- nable, appliquée sur le plalcau de la presse. Le manuscrit ou le dessin étant placé eu contact avec la surface unie ou ladite soie huilée ou peau , une double étoffe est alors placée au- dessus , et le tout passe sous la presse entre les rouleaux, au moyen de quoi le dessin est transposé à rebours du papier sur l'étoffe de soie , ou sur la peau. Une poudre impalpable, destinée à former de l'encre pour produire la copie ou l'impression, et composée de matières colorantes selon le dessin , est alors jetée au- dessus de la peau ou de l'étoffe de soie huilée , ou de la surface de transmission. Si c'est en noir, cette poudre sera composée de sulfate de fer ou d'acétate de fer, de noix de galle ou d'acide gallique, de sucre candi, et de noir de fumée; les proportions étant variées selon l'in- tensité de la couleur, et selon le nombre des copies qu'on désire obtenir. Par exemple : 1 partie de noir de fumée, 27 parties de sulfate de fer, 13 parties de noix de galle, CO parties de sucre candi , feront une encre en poudre im- palpable propre à obtenir des copies de manus- crits ordinaires. Cette poudre étant jetée au- dessus des caractères ou dessins transposés, y adhère ; ensuite, au moyen d'une brosse à longs poils, et très-douce, on enlève le superflu. Cela posé, on humecte la surface des caractères ou des lignes au moyen de l'haleine, jusqu'à ce qu'elles paraissent noires ou mouillées. Le même effet peut être obtenu avec plus de régularité au moyen d'une toile humectée qu'on étend au- dessus de la planche, ou bien une feuille de mé- tal mouillée avec une éponge, et dont les bords, étant loui-nés en-dessus, permettent de la poser sans toucher à la surface empreinte. La poudre ainsi s'humectera par le contact de l'étoffe ou de la plaque mouillée. Quand elle le sera suffi- samment, on placera le papier au-dessus, et on le passera sous la presse : on aura ainsi la pre- mière copie. Après cela, le plateau de transmission est de nouveau saupoudré , brossé , humeclé , et re- passé sous la presse de la même manière, et on aura une seconde copie , et ainsi de suite, selon îe nombre d'exemplaires dont on a besoin. Après cela, en lavant l'étoffe de soie ou la sur- face de transmission avec une éponge, elle devient apte à recevoir une nouvelle em- preinte. La seconde partie de l'invention consiste à produire l'impression sur le dos d'un livre re- lié. Pour y parvenir, on dispose sur le plateau sur lequel la presse appuie, une baguette de fer (|ui passe dans la partie creuse de la reliure. Le livre est pendant au-dessous du plateau qui est fendu , tandis que la partie qui doit recevoir l'impression est soutenue par la baguette de fer, qui doit avoir la forme convexe du dos du livre j on passe le tout sous la presse de la même ma- nière qu'il a été dit plus haut Je regrette que la modestie de resccllent chimiste qui m'a communiqué cet article , ne m'ait pas permis de placer ici son nom. B. IMPRIMERIE EN TAILLE-DOUCE. Méthode de M. Bémond pour encoller le papier de la Chine. On prépare une colle de pâte , avec la pré- caution de verser l'eau peu à peu pour l'éclair- cir, et de la battre convenablement afin de n'y laisser aucun grumeau. Elle doit n'avoir guère plus de consistance que de l'eau , être fort pro- pre et transparente. Sur une grande table , on étend un lange de la grandeur au moins de la feuille à encoller, et l'on place celle-ci dei^sus, ayant soin que l'endroit, et non l'envers, soit appliqué sur le lange. Avec un pinceau de blai- reau, large environ de trois pouces, on passe de celle eau de colle sur toute la surface de la feuille de papier, en tous sens, et légèrement. Lorsqu'elle en est bien également imprégnée, on prend un élcndoir de la largeur du lange, et on le glisse dessous l'étoffe, avec le soin d'en soulever un coin pour faciliter l'opération. Lors- que l'étcndoii' sera placé perpendiculairement, on donnera de l'air enlre la feuille et le lange, en prenant un coin delà feuille de la main droite; puis ensuite on placera sur la corde la feuille de papier avec son lange. On préparera de même une seconde, une troisième feuille, et ainsi de suite , de manière (ju'il faudra autant de langes qu'il y aura de feuilles de papier. Le lendemain , lorsque le papier est .sec, on lire les langes avec leurs feuilles dessus, et on met celles-ci à plat sur la table, avec le soin de bien les étendre en glissant les mains dessus, et de les ajuster les unes sur les autres. On se pro- cure un léger carton, que l'on coupe parfaite- ment d'équerrc, juste de la grandeur convena- ble au sujet que l'on doit imprimer , et on en forme ainsi une sorte de patron, que l'on pose sur une certaine quantité des feuilles que l'on veut couper. Ce nombre de feuilles ne doit pas dépasser vingt, et il vaut beaucoup mieux qu'il y en ait moins que plus. Si le patron donne six morceaux à la feuille, on commence par plier le papier en deux sur sa longueur, et on le coupe d'un bout à l'autre avec le couteau à papier; ensuite on met le patron juste à la coupe , et avec une règle, soit en fer, soit en bois que l'on ajuste contre le patron, on coupe avec un scal- pel un peu foil autant de morceaux que la feuille peut en contenir ÉCONOMIE DOMESTIQUE. 43 III. ECONOMIE DOMESTIQUE. BRASSERIES DE CIDRE AMERICAINES. —CIDRE ROYAL. CIDRE-Vl.N. Le cidre peut être considéré comme la bois- son ordinaire de la plus grande partie du peuple américain , excepté dans quelques-unes des plus grandes villes où la drèclie l'a presque en- lièrement remplacé. Quelques considérations sur les procédés qu'ils emploient pour fabriquer le cidre et pour le transformer en cidre royal et en cidre-vin , peuvent intéresser générale- ment. Les brasseries de cidre en Amérique sont divisées en deux parties distinctes ; l'une dans laquelle les pommes sont écrasées et broyées , et l'autre où l'on en tire le jus ou cidre. La première partie du bâtiment contient deux hauts et forts cylindres en bois, de quinze à dix-huit pouces de diamètre, et dont la hauteur est plus ou moins grande. Ces cylindres sont placés dans une forte charpente , de manière à ce qu'un levier, enchâssé dans une haute poutre qui s'élève au-dessus de la charpente , tourne l'un des deux cylindres qui jouent l'un sur l'autre par le moyen de roues d'engrenage. Précisément au-dessus des cylindres se trouve une trémie, dans laquelle on jette les pommes ; et tandis que les cylindres roulent l'un contre l'autre, les pommes tombent entre les cylindres, en s'échappant d'une ouverture pratiquée au milieu de la trémie, et, après avoir été complè- tement écrasées, elles passent dans une espèce de réservoir placé directement au-dessous. Comme les cylindres peuvent cire amenés au contact le plus étroit par le moyen de coins , on doit aisément supposer que les pommes sont complètement broyées, quoique cependant une très-petite portion des pépins soit écra- sée ; mais les Américains ne pensent pas qu'il soit nécessaire de broyer les pépins des pommes pour obtenir de bon cidre. Le levier attaché à l'un des cylindres est mis en mouvement par un cheval. Cette première partie du bâtiment est appelée le moulin à piler les pommes. Aussi près que possible de ce moulin , se trouve placé le pressoir ; il est formé par deux très-fortes et hautes pièces de bois , jointes en- semble au sommet par une autre pièce de char- pente placée en travers, et au milieu de laquelle sont pratiquées deux ouvertures pour donner passage à deux fortes vis de bois. A une éléva- tion convenable du sol , se trouve une plate- forme faite de planches solides, sur laquelle les pommes broyées , réunies en pile circulaire h l'aide d'un entourage de paille, sont placées de manière à ce que le jus puisse en être exprimé. Et ici, nous devons encore faire observer l'éco- nomie des brasseurs de cidre américains; car au lieu d'entourer le moût (nom qu'on donne aux pommes écrasées) d'une grossière et épaisse étofl'e de laine , ainsi que cela se pratique dans d'autres pays , ils y substituent de la paille de seigle ou de froment-, qu'ils disposent de la manière suivante : d'abord ils étendent sur la plate-forme une légère couche de paille, sur la- quelle ils disposent une couche de pommes broyées , de trois ou quatre pouces d'épaisseur : il est absolument nécessaire que les Iwuts de paille dépassent de quinze ou dix-huit pouces les bords de la couche de pommes , parce que les brins de paille doivent être relevés et rame- nés sur les pommes, de manière à les recouvrir, de sorte (]u'en y plaçant une nouveau lit de paille el de pommes , en suivant la même indi- cation, les rebords formés par le bout des pailles empêchent les pommes de s'échapper lorsque l'action du pressoir se fait sentir. Le poids de chaque nouvelle couche de pommes relient la couche précédente. De celte façon, par une constante succession de couches alternées , on peut former une pile de la hauteur qu'on veut ; mais une- pile de quatre à cinq pieds est consi- dérée d'une hauteur suffisante. Tout ceci ce- pendant dépend tout-à-fait de la quantité de pommes broyées que l'on possède , et de la force du pressoir. Quand la pile est terminée , on place dessus une seconde pièce de bois , sur laquelle les vis sont amenées à agir par le moyen d'un vindas , sorte de cabestan ou de levier. Une rainure circulaire est pratiquée au bord de la plate-forme sur laquelle on presse les pom- mes , et l'écoulement de la liqueur dans des vases disposés au-dessous pour la recevoir est facilité par une rigole placée sur l'un des côtés de la plate-forme. Quand les pommes cessent de donner beaucoup de jus, on prend le soin de se débarrasser des l)ourreleis de paille qui peu- vent former un obstacle au libre écoulement de la liqueur, et alors les vis sont de nouveau mises en mouvement , jusqu'à ce que les pommes soient entièrement pressurées. Le jus est alors mis dans des tonneaux, où il est d'usage de le laisser débouché jusqu'à ce que la fermentation soit à peu près terminée ; alors les tonneaux sont fortement bondonnés, et deux ou trois mois après le cidie est bon à boire. Beaucoup de brasseurs de cidre ont l'habitude d'introduire 44 HYGIENE. un gallon (quatre litres) de wliiskyii) (liqueur en usage en Amérique et en Angleterre) dans un tonneau contenant à peu près trente gallons de cidre ; mais, tout en augmentant sa force, ce mélange tend à lui donner un goût peu agréa- ble. On se sert plus généralement d'eau-de-vie pour cet usage ; et, s'il est nécessaire de se ser- vir de quelque spiritueux , il n'y a aucun doute que l'emploi de l'eau-de-vie ne soit préférable à toute autre liqueur de cette nature. Les Amé- ricains prétendent que le mélange d'eau-de-vie avec le cidre n'est point fait dans la seule inten- tion d'augmenter la force de cette boisson, mais encore pour l'empêcher de s'aigrir. Et , en vé- rité , il est quelquefois dinicile, lorsque les étés sont très-chauds et que les celliers sont impar- faitement construits , de garder le cidre sans qu'il ne devienne aigre et mauvais. Le meilleur fruit à cidre, en Amérique, est la pomme sauvage de la Virginie , dont huit ou neuf boisseaux (mesure de Winchester) suffi- sent pour donner un barril de cidre de 30 ou 33 gallons ( 120 à 130 litres). Le cidre royal s'obtient en faisant réduire le cidre ordinaire, par réhuliition,pendant un certain laps de tenips. Par ce moyen , quand le cidre est très-abon- dant, et par conséquent très-bon marche, beau- coup de gens , en le faisant bouillir , réduisent trois ou (juatre tonneaux en un seul ; de celte façon , ce cidre cuit est beaucoup plus géné- reux et beaucoup plus capiteux que dans son état ordinaire. Outre cela , il conserve sa bonne qualité et se garde beaucoup plus longtemps, ayant acquis plus de corps et de force par ce mode d'évaporation. Quoique ce cidre royal soit mielleux et enivrant, ce n'est en aucune manière une boisson propre à désaltérer ; c'est pourquoi on ne s'en sert pas comme boisson journalière, mais ou le garde pour les jours de fête ou pour présenter aux personnes de dis- tinction. Le cidre-vin est le nom que donnent les A mé- ricains à un cidre dont la force a été concentrée par l'adion de la gelée; comme sa force se trouve augmentée en proportion égale à la ré- (0 Eau-de-vie (le seigle que l'on fabrique génér.ile ■ ment en Irlande. duction obtenue , il a été appelé, par celte rai- son, cidre-vin. Le moyen adopté pour obtenir ce résultat est d'exposer le cidre à l'action d'une forte gelée. On vide un tonneau de cidre ordi- naire dans une cuve large et peu profonde, et placée dans un endroit où l'action de la gelée puisse se faire sentir librement. Une surface de glace se forme sur le cidre, selon le degré de froid. Cette glace ayant été enlevée une ou deux fois par vingt-quatre heures, pendant un cer- tain nombre de jours, une grande quantité de la partie aqueuse du cidre se trouve séparée sous la foruje de glaçons , tandis que la partie spiri- tucuse reste presque entière au fond du vase. J'ai vu souvent , dit le correspondant américain auquel nous empruntons ces détails, réduire ainsi du cidre au (|uart ou cinquième de la quan- tité première. Mais les essais faits pour obtenir une plus grande réduction n'ont jamais bien réussi; car il arrive qu'une quantité considé- rable de la partie spii ilueuse est perdue dans la glace avec l'eau. Apiès avoir été suiïisammcnt réduit de cette manière , le cidre appelé alors cidre-vin , est remis dans de nouveaux tonneaux ou dans des bouteilles ; dans l'un ou l'autre cas , il doit être gardé à un degré de température modéré. Le bou(|uet du meilleur cidre-vin rappelle en- core le goût du cidre, mais dans les endroits où le vin est rare, il peut le remplacer d'une façon supportable. La force de cette liqueur peut se calculer aisément, puis(|ue cinq tonneaux ayant été réduits en un , ce seul contient la partie spiritueuse des quatre tonneaux, selon la plus base évaluation ; car on doit toujours calculer une perte quelconque de spiritueux , puisqu'il doit toujouis s'en échapper une certaine quan- tité dans l'eau glacée. En supposant que le cidre qu'on à employé ne contint primitivement que 8 p. 100 d'alcool, les cinq tonneaux devaient en contenir -iO p. 100: et, en admettant une perte de 8 p. 100 dans la réduction, il reste en- core 32 p. 100 d'alcool dans le résidu obtenu. De sorte qu'environ un tiers de ce breuvage, qui est généralement regardé comme fort doux, n'est autre chose que du véiilable esprit de vin. ÏV. HYGIENE. BU CHOIX D'UNE NOURRICE (i). l'AR LE DOCTEUR MAIGNE. Malgré les raisons capitales qui doivent en- (1) A Paris, chez Auguste De.sroz , édilcur, rue Neuve-des-l'elits-Cliamps , 50. Un vol. in-8'\ Prix : 3 fr. 00 c. gager les mères à nourrir elles-mêmes leurs en- fans , il est des circonstances impérieuses qui leur interdisent quelquefois d'entreprendre cette noble tâche. Sans doute c'est pour elles un sa- crifice pénible , mais ce sacrifice est encore un effet de l'amour maternel , puisqu'elles le fonl à la santé, au bonheur de l'objet de leur tendresse. HYGIÈNE. 45 D'ailleurs , il faut Lien en eonvcnir, il n'est pas rare de renoonfrer des femmes qui , sans pouvoir alléguer aucune raison (lésante, et par des considérations égoïstes et futiles , oublient les obligations que leur impose le litre de mère, et préfèrent les plaisirs du monde aux jouissan- ces plus douces qui résultent de l'accomplisse- ment de ce devoir. De là , la nécessité d'avoir recours à une nourrice qui puisse donner à l'enfant un lait plus salutaire que celui de sa mère, ou suppléer aux soins qui lui sont refusés. Mais, dans le monde, c'est souvent sur des considérations bieR légères qu'on se décide dans le choix d'une nourrice ; le médecin lui-même , quand ou le consulte, n'est pas toujours à l'abri des petites intrigues qu'on fait jouer autour de lui. Quant aux parens , ils sentent rarement jusqu'où peut aller l'influence de tel ou tel lait sur la santé , et par conséquent sur l'avenir de leur enfant. Bien plus, ce qu'ils regardent comme une qualité de- vient quelquefois la source de leurs plus vifs regrets ; car une nourrice , dont la santé est florrissante en apparence , peut porter en elle , et à l'état de germe , une de ces maladies dont l'existence ne se révèle que par leur influence lâcheuse sur le frêle nourrisson qui a sucé le lait empoisonné. iVI. Maigne a donc rendu un véritable service à la science et à l'humanité en faisant connaître les résultats des nombreuses observations qu'il a été à même de faire dans la position favorable et toute spéciale où il a été placé, soit comme attaché à l'hospice de la Maternité de Paris, soit comme médecin inspecteur des enfans trouvés pour plusieurs communes des environs de Mantes. Dans les conseils qu'il publie , M. Maigne a pour but d'indiquer les conditions que doit réunir la nourrice pour être acceptée , et celles qui la rendent impropre à remplir cette tâche importante, afin que toute personne du monde puisse porter un jugement fondé, ci ne soit plus obligée de s'en remettre au hasard ou à l'in- trigue, quand il s'agit de la santé de .ses enfans. Un tel ouvrage ne semblait pas de nature à permettre de déployer un grand talent comme écrivain : M. Maigne s'en est cependant ac- quitté de manière à en rendre la lecture aussi agréable qu'utile ; c'est un œuvre de bon goût autant que de savoir et de philanlropie. Nous allons en extraire les données les plus essen- tielles. Parmi les qualités qu'on doit exiger d'une nourrice, il en est qui sont inhérentes ;i la nour- rice elle-même , tels sont l'âge, la constitution, la bonne organisation , les dispositions mora- les , etc. Il en est d'autres non moins impor- tantes qui dépendent des personnes ou des objets qui l'entourent. Par exemple : la santé de ses païens , les procédés de son mari à son égaid , son aisance , la salubrité et l'exposition plus ou moins favorable de son habitation. Aucune de ces conditions ne doit être négligée ; il est ditlicile de les rencontrer chez une même femme, mais il faut choisir pour nourrice celle qui en réunit le plus possible. Examinons chacune d'elles en particulier. Jge. — Il serait impossible d'établir une règle invariable à l'égard de l'âge que doit avoir une bonne nourrice ; une trop grande jeunesse, un âge trop avancé sont deux inconvéniens également à éviter ; mais il ne faut pas chercher à préciser d'une manière absolue l'époque con- venable entre ces deux termes. En général, dans nos climats, la femme au- dessous de l'âge de dix-neuf ans n'a pas encore acquis tout son accroissement ; ses organes , quoique développés, n'ont pas atteint toute leur perfection ; l'allaitement prématuré doit néces- sairement altérer une constitution trop peu for- mée , et la santé du nourrisson se trouve gra- vement compromise. Au-delà de trente ans , plus on se rapproche de l'âge de quarante ans, et plus nous voyons les organes se ressefitir de la décroissance générale des forces de la vie: la fraîcheur dispaiait, la peau commence à se ri- der , les membres perdent leurs formes arron- dies , le coeur se refroidit , l'économie toute entière est soumise à cette décadence progies- sive. M;;is c'est principalement sur les mamelles que les effets de l'âge sont remarquables ; elles se flétrissent , sécrètent avec lenteur un lait trop peu nourrissant , sous l'influence duquel l'enfant languit et a bientôt perdu la constitution qu'il avait pu recevoir de sa mère. C'est donc à cet âge où la vie surabonde en quelque sorte, c'est-à-dire entre vingt et vingt- cinq ans , qu'une nourrice présente le plus de garanties. A cet âge, en ett'et, tous les organes sont doués d'un surcroit d'énergie , et les ma- melles, à leur plus haut degré d'activité, peuvent être soumises à une déperdition abondante , sans inconvénient pour la femme. Est-ce à dire qu'il faudra toujours refuser une nourrice plus âgée? ÎVon, sans doute ; une femme de vingt-huit à trente ans présente très- souvent toutes les qualités désirables, et on peut l'accepter avec confiance lorsque à la fraî- cheur du visage elle joint une peau douce et tendue, un œil animé et des seins assez fermes pour se soutenir ; la vie alors n'a rien perdu de sa puissance, et le lait d'une telle femme sera une bonne nourriture pour l'enfant. Mamelles. — Considérées sous le rapport de l'allaitement , les mamelles méritent d'être examinées relativement à leur volume , à leur manière d'être et à leur mamelon ; ces trois points de vue suffisent pour fane reconnaître si 46 HYGIENE. elles présentent les qualités favorables à l'accora- plisseraent de leur fonction. Le volume des seins varie suivant l'âge , le tempérament, le climat, et une foule d'autres causes plus ou moins appréciables ; ils peuvent être très-développés , cl la glande mammaire , c'est-à-dire la partie de l'organe dans laquelle se sécrète le lait, n'avoir cependant qu'une très- petite dimension. Pour ne pas être induit en er- reur, il faut faire vider le sein de la nourrice, puis, la succion opérée , embrasser la mamelle avec l'extrémité des doigts , et la parcourir en tous sens de la base à la pointe, en exerçant une légère pression. On reconnaît alors la présence d'un corps plus résistant, légèrement bosselé, composé de granulations séparées par de très- petits intervalles , et on apprécie facilement le volume de cette partie glanduleuse , à moins qu'elle ne soit entourée d'une quantité de tissus graisseux assez considérable pour qu'on ne pui=se plus la distinguer, ce qui est alors un mauvais signe , car on peut affirmer que la nourrice ne donnera pas une quantité suffisante de lait. Mais avant de se prononcer définitivement, il est bon , si les deux seins sont doués d'un égal degré d'activité , de comparei- celui qu'on vient de vider à celui qui est encore rempli de lait, et déjuger approximativement du volume de la glande par la diirércnce qu'ils présentent. Il est vrai que cette manière de procéder n'est pas toujours possible , car on rencontre des femmes dont une des mamelles s'est atropliiée ; ce qui , pour le dire en passant , n'est pas un motif d'exclusion quand celle (jue la nourrice a conservée est fortement développée, et que la quantité de lait fournie est équivalente au pro- duit des deux seins dans les cas ordinaires, circonstance qui se rencontre souvent. D'après ce qui précède, on comprend pour- quoi le volume des mamelles n'est pas une ga- rantie de l'abondance du lait , et on ne sera pas étonné de voir des nourrices avec des seins très-développés fournir en petite quantité un lait mal élaboré. Le tempérament a aussi une très-grande in- fluence sur les seins de la nourrice. Les femmes brunes ont généralement la glande mammaire bien développée, entourée d'un tissu graisseux peu abondant ; la forme en est exactement sphé- lique , et la peau , d'une grande finesse , laisse apercevoir les ramifications bleuâtres des veines; aussi chez elles la gorge ne se flétrit que dans vn Age avancé , et presque toutes sont bonnes nourrices. Chez les blondes, au contraire, le sein plus allongé présente une forme presque conique ; la grande (piautité de graisse qui entoure la glande exerce une influence fâcheuse sur son activité, et par conséquent sur la quantité et la qualité du lait. Les mamelles ont une manière d'être qui ne dépend pas seulement de l'âge et du tempéra- ment, mais aussi du climat. Dans les pays chauds, elles sont molles et pendantes ; dans les pays froids , elles sont plus fermes et plus consistantes. Plusieurs autres causes ont en- core une influence incontestable sur cet état, telles sont les habitudes sociales , l'excès des plaisirs, les maladies, etc. En outre , elles sont exposées à des affections que font souvent naître les contusions , l'influence du froid momentané ou soutenu, et même la succion. Si ces mala- dies ont existé avant l'allaitement, et ont laissé des cicatrices , la nourrice ne doit pas être ac- ceptée ; si elles surviennent pendant l'allaite- ment , lors même qu'elles n'existeraient que dans l'un des seins , il serait encore prudent de donner à l'enfant une seconde nourrice , parce que les douleurs qu'elles occasionnent altèrent la sécrétion du lait. Le mamelon est ce tubercule placé au mi- lieu de la mamelle ; il est nécessaire qu'il soil bien conformé : trop petit ou trop déprimé, ce serait un motif d'exclusion , car la première condition c'est que l'enfant puisse le saisir. Ll doit avoir environ six lignes de longueur et la grosseur de l'extrémité du petit doigt. Il peut , il est vrai , se gonfler sous l'influence de la suc- cion , mais il est rare qu'une femme chez la- quelle il est trop enfoncé dans la mamelle puisse nourrir. Lorsque le mamelon vient à s'ulcérer, la nourrice peut continuer à allaiter, pourvu qu'elle prenne la précaution de faire une lotion avec de l'eau chaude avant de donner le sein, et d'étendre , pendant les intervalles , des linges enduits de cérat sur la partie malade. Lait. — Le lait est le fluide sécrété par les mamelles aussitôt après l'accouf^hemcnt ; il faut l'examiner relativement à son âge , à sa qualité et à sa quantité. Sous le rapport de l'âge , le lait qui convient le mieux à l'enfant nouveau-né est celui qui se rapproche le plus du moment de la naissance ; ce premier lait, encflèt, peu consistant et lé- gèrement laxatif, favorise l'évacuation des ma- tières épaissies dans les intestins , en même temps qu'il s'accommode mieux à l'estomac de l'enfant, encore si faible. Plus tard, le lait s'é- paissit et augmente progressivement de force comme l'enfant qu'il est destiné à nourrir ; il y aurait donc de l'inconvénient à le donner à un enfant naissant. Cependant, comme il est souvent impossible de trouver une nourrice récemment accouchée , on peut accepter sans crainte une femme dont le lait n'a pas plus de trois à quatre mois. Pour juger de la qualité du lait , on le fait ordinairement tomber par gouttes sur du mar- HYGIKNE. M bre, sur l'ongle, ou sur une cuiller à café, et d';iprès son inspeclion, ou (îéi-ide s'il esl aqueux ou bulir-eux , s'il a de l'odeur ou non , s'il est sueré, si sa couleur est Manche ou légèrement opaline. Ces expéiiences, loin d'èlre concluan- tes, ne sont souvent de la part du médecin qu'un saciifice (ail à l'exigeauce des parens , mais ce n'est pas ainsi qu'on peut prononcer si un lait donné convient ou non à un enfant ; c'est plutôt en interrogeant la conslilulion de la nouri'ice qu'on réunit les présomptions qui doivent le faire regarder comme lion , et c'est seulement lorsfpte l'enfant l'a sucé pendant quelques semaines qu'on peut en avoir la cer- titude. La quantité du lait est toujouis en rapport avec son 'igc. Il apparaît aussilùl après la fiè- vre de lait ; d'abord limpide , peu nourrissant et très-abondant pendant les quatre premiers mois ; il change de nature après celte époque, et la sécrétion en diminue progressivement ; enfln , à treize ou quatorze mois , la quantité en est si faible qu'elle peut à peine satisfaire le quart des besoins de l'enfant. C'est un préjugé répandu dans le monde que le lail d'une nourrice qui a sevré treize ou qua- torze mois après sa délivrance, et qui prend un second nourrisson, se renouvelle. Or, il est évi- dent qu'un second nourrisson ne peut pas chan- ger les dispositions physiques de la femme, et (lu'il faut une autre couche pour avoir un nou- veau lait et réveiller l'aclivilé des mamelles. Les inconvéniens qui peuvent résulter pour la nourrice d'un repos trop absolu ou d'un tia- vail trop pénible , d'une alimentation de mau- vaise qualité ou trop peu abondante , d'une ha- bitation malsaine, peu aérée ou mal exposée ; ces inconvéniens , dis-je , sont trop faciles à comprendre et ti'op connus pour qu'il soit né- cessaire d'y insister ici. Les affections morales, les émotions vives, ont sur la sécrétion du lait une influence non moins certaine. Il est impos- sible, sans doute , de se rendre compte de ce phénomène ; mais quand les faits parlent, toute explication est superflue. On a vu des enfans at- teints de coliques violentes pour avoir tété leur nourrice après que celle-ci avait été soumise à quelque mauvais traitement ; d'autres ayant piis le sein après un violent accès de colère de leur nourrice, sont morts dans les convulsions. Qu'une femme vive sous l'empire de la colère , de la haine , de la jalousie ; que , dans son mé- nage , elle soit sans cesse tourmentée par un mari brutal et querelleui-, pourra-t-on espérer que chez elle la sécrélion laiteuse ne sera pas souvent troublée et qu'elle fera une bonne nouriice? Que sera-ce donc si aux querelles, si aux menaces , succèdent les violences et les voies de fait ! L'altération du lait est bientôt res- sentie par l'enfant , qui maigrit et succombe en peu de lem|)S, si on ne le coiilie aux soins d'une autre femme. 11 esl donc indispensable , a\ant de choisir une nourrice, de prendre des informations sur son cai'acière, sur ses habitudes , sui" son maii et sur toutes les circonstances qui peuvent al- térer la tranquillité et le bien-èlre de sa vie in- térieure. Esl-il nécessaire qu'une nourrice ail de l'es- prit, de la' gailé, et qu'elle soit aimante? Malgré l'aulorilé de M. Maignc , nous ne croyons pas qu'on doive attacher une grande impoilance à la première de ces qualités. Nous ne savons sur quels faits ce praticien distingué a fondé son ojjinion, mais il nous semble impos- sible d'admettre une inilucncc directe de l'es- prit sui- la nature du lail , sur la nutrition de l'enfant, ni même sui- le développement de son intelligence. Sans doute, si, ainsi qu'autrefois chez les Grecs et les liomains, la nourrice de- vait rester attachée à son élève, soit comme chargée de son éducation, soit seulemenl comme confidenle et amie, les dispositions plus ou moins heureuses dont elle serait douée du côté de l'esprit pourraient imprimer une modifica- tion favorable à l'organisation pendant cet âge encore tendre où l'imitation est si puissante et si active ; mais nous ne pensons pas qu'on puisse dire, même en style figuré, que chez une nour- rice dépourvue de celle faculté brillante appe- lée esprit , le lail soit bêle , et qu'il soit capa- ble d'r«'5s/r l'inlelUgcnccde l'enfant. Il n'en est pas de même de la gailé ; nous re- connaissons qu'il est bon de proAoqucr de temps en temps l'hilarité de l'enfant aussitôt qu'il commence à reconnaître sa nouriice et à sourire à ses caresses. Celle espèce d'excitation nerveuse réveille chez lui la nature endormie et favorise l'accomplissement des di\erses fonc- tions d'une manière d'autant plus utile qu'on peut, pour ainsi dire , la faire naître à volonté. Or, une femme mélancolique serait peu dispo- sée à y donner lieu. Mais ce qui est surtout précieux dans une nourrice, c'est un caractère aimant, susceptible d'allachement, qui la porte à prévoir les be- soins de son nouirisson , à les satisfaire avec empressement, à suimonter toule répugnance pour les petites infirmités de cet âge, et à ou- blier sa peine et ses fatigues. On devine facile- ment tous les inconvéniens d'une disposition contraire. Le livre de i\ï. Maigne renferme, en outre, sur les précautions à prendre pendant la gros- sesse et après l'accouchement, un grand nom- bre d'excellens conseils . qui ne peuvent man- quer d'èlre lus avec intérêt , et surtout avec avantage. lîATIEH, D. M. P. Directeur de l'école préparatoire de médecine de Paris. 48 MORALE, METHODES D'ENSEIGNPMENT, LÉGISLATION. V. MORALE , MÉTHODES D'ENSEIGNEMENT , LÉGISLATION, ORGANISATION ET ADMINISTRATION IMUNICIPALES. LOI SUR l'administration municipale. TITRE II. — Des attributions des flJaires et des Conseils nuinicipaua:. CHAPITRE I". ^Des attributions des Maires. Art. 9. Le maire est chargé, sous l'autorité de l'administration supérieure, 1° De la publication et derexéculion des lois et règlenicns ; 2° Des fonctions spéciales qui lui sont attri- buées par les lois ; 30 De rexéculion des mesures de sûreté gé- nérale. Art. 10. Le maire est chargé, sous la sur- veillance de l'administration supérieure ; 1° De la polire municipale , de la police ru- rale et de la voirie municipale, et de pourvoir à l'exécution des actes de l'autorité supérieure qui y sont relatifs ; 2" De la conservation et de l'administration des propriétés de la commune, et de faire en conséquence tous actes conservatoires de ses droits ; 30 De la gestion des revenus , de la surveil- lance des étahlissemens communaux et de la comptabilité communale ; 4° De la proposition du budget et de l'or- donnancement des dépenses ; b" De la direction des travaux communaux ; G" De souscrire les marchés , de passer les baux des biens et les adjudications des travaux communaux , dans les formes établies par les lois et règloisens ; 7" De souscrire, dans les mêmes formes, les actes de vente , échange , partage , acceptation de dons ou legs, acquisition , transaction, lors- que ces actes ont été autorisés conformément à la présente loi ; 8" De représenter la commune en justice , soit en demandant soit en défendant. Art. 1 1 . Le maire prend des arrêtés à l'efTct, 1" D'ordonner les mesures locales sur les objets confiés par les lois à sa vigilance et à son autoril(; ; 2° De pulilier de nouveau les lois et règle- mens de police, et de rappeler les citoyens à Jeur observation. Les arj'ètés pris par le maire sont immédia- tement adressés au sous-préfet. Le préfet peut les annuler ou en suspendre l'exécution. Ceux de ces arrêtés qui portent règlement permanent ne seront exécutoires qu'un mois après la remise de l'ampliation constatée par les récépissés donnés par le sous-préfet. Art. 12. Le maire nomme à tous les emplois communaux pour lesquels la loi ne prescrit pas un mode spécial de nomination. Il suspond et révoque les titulaires de ces emplois. Art. 13. Le maire nomme les gardes cham- pêtres, sauf l'approbation du conseil municipal. Ils doivent être agréés et commissionncs par le sous-préfet ; ils peuvent être suspendus par le maire , mais le préfet peut seul les révoquer. Le maire nomme également les patres com- muns, sauf l'approbation du conseil municipal. Il peut prononcer leur révocation. Art. 1 4. Le maire est chargé seul de l'admi- nistration ; mais il peut déléguer une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints, et , en l'absence des adjoints , à ceux des con- seillers municipaux qui sont appelés à en faire les fonctions. Art. 15. Dans le cas où le maire refuserait ou négligeiait de faire un des actes qui lui sont prescrits par la loi , le préfet, après l'en avoir requis, pourra y procéder d'ofïiee par lui-même ou par un délégué spécial. Art. IC. Lorsque le maire procède à une ad- judication publique pour le compte de la com- mune , il est assisté de deux membres du con- seil municipal, désignés d'avance par le con- seil , ou , à défaut , appelés dans l'ordre du ta- bleau. Le receveur municipal est appelé à toutes les adjudications. Toutes les difTicultés qui peuvent s'élever gur les ojjérations préparatoires de l'adjudication .sont résolues, séance tenante , par le maire et les deux conseillers assistans, à la majorité des voix , sauf le recours de droit. (La suite au prochain numéro.'^ TRAVAUX DES MAIRES POUR LE MOIS DE FEVRIER, A JOURS FIXES OU A ÉPOQUES INDETERMINEES. INDICATION DES TRA- VAUX ANNUELS SANS EPOQUES FIXES. Archives. Le maire est le conservatcur-né des archives de la commune. Dans son pro- pre intérêt, il doit, en entrant en fondions, faire le recensement du mobilier , car il est re;^- MORALE, 3IÉTI10DE3 D'eNSEIGNEMENT, LTÉGISLATION. A9 poNSABLE des objets qui ne seraient pas repré- sentés, et notamment du /{cciicit du Bulleiin des Lois, des Acles administratifs de la Pré- fecture, etc., etc. Armée. Le maire transmet à tous les mili- taires qui se (rouvenl dans sa coniiiiune , reti- lés ou en activité de service, les nolificalions (|ue l'autorité peut avoir à leur faire. Le maire n'est pas juge de la posilion légale du sous- officier ou du soldat qui, libéré du service, vient établir son domicile dans la commune ; il doit transmettre immédiatement au sous-préfet un avis sur l'arrivée du nouveau résident. — Le maire envoie chaque année au sous-préfet l'état de tous les militaires qui, pendant l'année pré- cédente, ont pris domicile dans la commune. lÎArniENs COMMUNAUX. Lc maire doit faire ou faire faire de temps en temps la visite des bàli- meus communaux , afin qu'ils soient toujours dans un bon état d'entretien , et que ces bàti- mens puissent être réparés avant ({u'ils n'aient subi de graves dommages. liouLANGERs. Dans les communes où le ser- vice de la boulangeiie est organisé par ordon- nance royale , le maire a dû adresser au préfet ou au sous-préfet, le 31 janvier, la si'ualion gé- nérale de l'approvisionnement des boulangers. Pour les autres mois , le maire envoie l'état ré- capitulatif de la situation de l'approvisionne- ment de chaque boulanger pendant le mois écoulé, avec une note indiquant : l" les bou- langers qui , sans autorisation , ont disposé de tout ou partie de leur approvisionnement de réserve; 2° les mesures de répression (l), qui ont été prises à l'égard des boulangeis en re- tard. (Envoi de l'état récapitulatif et de la note : 1^'' février.) Caf.nayal. Le maire fait publier les règle- mens concernant la police des masques. Certificat de vie et de résidence. Le maire, lorsqu'il en est requis , délivre les certificats de résidence. Il délivre aussi, concurremment avec les nolaircs-certificateurs , les certificats de vie pour renies et pensions. Nous croyons , à cet égard , devoir repro- duire l'avis suivant, que nous empruntons à un excellent ouvrage de M. Miroir, auteur du For- mulaire municipal .- « Le certificat délivré par le maire est gra- tuit ; celui délivré par le notaire-certificateur est assujetti à un droit d'expédition ; cependant , dans l'intérêt du rentier ou du pensionnaire, si celui-ci réside dans une petite commune , on doit lui conseiller de s'adresser de préférence au notaire-certificateur , qui , par l'habitude qu'il a d'une rédaction fréquente de ces sortes (l) Ceg mesures «ont , selon la gravité des cas , la ré- primande Vinierdiction momentanée , Vhiterdiction absolue. d'actes, commet peu d'erreurs, tandis qu'un maiie, qui n'en délivre que rarement, s'expose à en faire davantage. Ces erreurs sont toujours préjudiciables à la partie intéressée. Une trans- position de prénoms, une lettre de moins ou de plus dans un nom , un jour mis avant ou après le véritable , dans une date de naissance; la date du certificat antérieure d'un seul jour ; toutes ces indications sont autant de causes de rejet de la pièce. Or, si le certificat est destiné pour Paris ou pour un département éloigné, les frais d'envoi , de retour , de renvoi , deviennent très-dispendieux. On a vu des certificats dévie, délivrés par les maires, être renvoyés des bu- reaux du Trésor ou de la Légion-d'Honneur jusqu'à trois fois ; que l'on compare alors les frais occasionnés par toutes ces allées et ve- nues au droit modique perçu par le notaire- certificateur , et l'on aura bientôt la conviction qu'il vaut mieux employer le ministère de ce dernier. » Comptabilité communale. Lo maire délivre les mandats à payer sur la caisse communale. Toutes les fois qu'il s'agit d'un paiement de fournitures ou de travaux, le mémoire ou la facture qui est produite à l'appui du mandat, doit être timbré , si la fourniture ou le mémoire excède dix francs. Si la facture n'excède pas cette somme , elle est exempte de timbre ; mais alors le mandat doit donner le détail des four- nitures. Conseil municipal. — Session de février. — Première session ordinaire de l'année. — Ce conseil est convoqué, comme il a été dit dans les travaux de janvier, au mot : Conseil muni- cipal. Il délibère sur tous les objets confiés à sa surveillance , et dont ternaire lui remet l'ex- posé.— Dans cette session, le conseil délibère sur Yaffouage (l) , s'il n'y a pas été procédé en novembre, \e parcours (2), les chemins vi- cinaux, l'instruction primaire, elc. Le con- seil s'occupera d'une manière spéciale des che- mins communaux (3) , de leur classilîcation, de la séparation de leurs limites et largeurs. On profitera de l'époque présente, qui est une des plus favorables de l'année pour faire ou achever la reconnaissance ou le classement des chemins vicinaux. En conséquence, le maire, assisté de deux membres désignés par le conseil municipal et. (1) Affouage, droit qu'ont pour leur chauffage les ha- bilans d'une commune ou d'une section de commune au partage de la coupe annuelle des bois de la com mune. (2) Parcours. Le droit de parcours est celui en verti» duquel les habitans de deux communes voisines peu vent envoyer réciproquement leurs bestiaux eu vain'' pâture d'une commune sur l'autre. (3) La loi qui règle les chemins vicinaux est du 31 mai 183<>. m MORALE, MÉTHODES D'ENSEIGNEMENT, LÉGISLATION. de quelques-uns des anciens habitans les plus aptes à procurer les renseigncmens désirables sur les véritables limites et laigcurs des che- mins, ainsi que sur les anliciitations qui au- raient été commises, se transportera sur les lieux , où il réunira tous les éiémens propres à dresser le tableau prescrit par la loi. Ce tableau de\ra présenter, entre autres ren- seigncmens , les limites de chaque chemin , sa largeur actuelle, celle qu'il con\icndrait de lui donner ; il indiquera aussi les anticipations qui auraient été faites, l'époque à laquelle elles au- raient eu lieu , les noms de leurs auteurs , etc. Le maire , dans le couiant du mois, fera pu- blier et afficher pendant deux dimanches con- sécutifs une copie du tableau , avec toutes les indications qu'il doit contenir. Les habitans seront invités à prendre con- naissance de ce tableau et à déposer à la mai- rie , dans le délai de quinze jours , à dater de la première publication , les réclamations et ob- servations qu'ils auraient à faire, soit contre l'inscription des chemins sur ledit tableau, soit contre leurs limites ou largeur, soit enfin au sujet des anticipations indiquées. A l'expiration du délai accordé aux réclamans , le maire cons- tatera la forn)alité des publications, et convo- quera le conseil municipal pour qu'il délibère , i° sur l'inscription des chemins au tableau; 2" sur la conservation de leurs limites et largeur, ou sur les modifications dont elles sei'aient sus- ceptibles ; 3" sur les anticipations commises ,- 4 " enfin sur les réclamations qui seraient dé- posées. Le conseil municipal, par une délibération spéciale, arrêtera le travail, et le tableau auquel seront jointes les réclamations produites , sera envoyé au sous-préfet, pour être soumis à l'homologation du préfet. Aussitôt que le maire aura reçu de l'admi- nistration supérieure l'approbation définitive des tableaux de largeur des chemins et du ti'avail de classement , il procédera , assisté de deux membres du (uinseil municipal , à un aborne- ment général des chemins , établi d'apiès les limites et largeur fixées par l'arrêté d'approba- tion ; cet abornement sera constaté par un pro- cès-verbal signé des fonctionnaires qui y auront procédé; et celte pièce, dont une expédition sera transmise à la préfecture, restera annexée en minute, au procès-verbal de reconnaissance des chemins. Correspondance. La correspondance ordi- naire du maire avec le préfet ou le sous-pré- fet, pour être franche, doit avoir lieu sous bandes croisées, et porterla signature du maire. •— La correspondance des maires entre eux , sur toutes les parties du service, est autori- sée dans la circonscriplion cantonnale. Ces let- tres doivent être également sous bandes et con- tresignées. Quant à leur correspondance avec les particuliers , les maires n'ont pas le droit de franchise , mais ils sont libres de refuser toute lettre qui leur parviendrait taxée. Curage des fossés. La loi du lG-2 i août J 790 place spécialement cet objet dans les attributions du maire. La saison la plus favorable pour le curage des fossés encombrés par les pluies de l'été et remplis de terre , de vase et d'herbes , est vers la fin d'octobre. A celte époque, le cu- rage général des fossés doit avoir lieu le long des chemins communaux. Si cette mesure a été négligée , le maire doit la faire exécuter (du 15 au 28 février). Après ce délai, les conlreve- nans sont passibles des peines prononcées par le tribunal de simple police. Echemllage. Une loi du 14 mars 1796 pres- crit l'échenillage sur tous les fonds où il se trouve des arbres , arbustes , haies , buissons , elc. Le maire rappelle à ses administrés l'exé- cution de cette loi (du l<">" au 5 février). Après le 20 du mois de mars , l'adjoint , le garde champêtre, ou des commissaires désignés par le maire , constatent les contraventions et font citer les contrevenans devait le tribunal de sim- ple police. Electeurs communaux. Le maire ne reçoit plus, le 7 février, après minuit, les réclama- lions concernant la hslc des électeurs commu- naux. Les réclamans doivent alors s'adresser au préfet. — Le maire achève déjuger en con- seil municipal les réclamations qui ont été pré- sentées avant le 8 février. Il réunit dans un ta- bleau les décisions qu'il a rendues et les arrê- tés que le préfet a pu prendre en conseil de pré- fecture (du 8 au 15 février). Engagemeins volontaires. Le maire envoie l'état des engagemens volontaires reçus pen- dant le mois (28 ou 20 février). Voyez ce mot à l'indication des travaux pour le mois de jan- vier. Foires et marchés. Le maire a la police des foires cl marchés cl fait les règlemens nécessai- res pour le maintien du bon ordre dans ces lieux publics. Le conseil municipal arrête un tarif, (pii doit être approuvé par le gouverne- ment, pour le prix des places occupées par les individus qui viennent vendre dans les mar- chés ou foires. Ce di'oit de place se verse à la caisse cantonnale. ■ Mercuriales de la quinzaine. En dresser et en envoyer le lahleriu ( Ui , 28 ou 29 février). Voyez ce mot il l'indication des travaux du mois de janvier. MORALE, MÉTHODES D'ENSEIGNEMENT, LÉGISLATION. 51 APERÇU DE LA JURISPRUDENCE DU CONSEIL p'ÉTAt EN MATIERE DE CONTRIBUTIONS DIRECTES. Deuxième article (l). Contribution personnelle et mobilière. La contribulion personnelle se compose de la valeur de trois journées de travail d'après le prix moyen fixé pour chaque commune par le conseil général du département , sur la propo- sition du préfet. La contribution mobilière est établie propor- tionnellement à la valeur locative de l'habita- tion personnelle du contribuable et de sa fa- mille. La contribution personnelle et mobilière est due par chaque habitant français et par chaque étranger de tout sexe jouissant de ses droits et non réputé indigent. On considère comme jouissant de leurs droits les veuves et les fem- mes séparées de leurs maris, les garçons et filles majeurs ou mineurs ayant des moyens sufïisans d'existence , soit par leur fortune personnelle , soit par la profession qu'ils exer- cent, lors même qu'ils habitent avec leurs père , mère , tuteur ou curateur. La taxe personnelle n'est due que dans la commune du domicile réel. (14 nov. 1834; 26 juin 1835) (2). Le contribuable qui a deux habitations dans des communes différentes ne peut pas être im- posé à la taxe personnelle dans chacune d'elles. (18 août 1833.) Lorsque , par suite de changement de domi- cile , un contribuable se trouve imposé dans deux communes , quoique n'ayant qu'une seule habitation , il ne doit la contribution que dans la commune de sa nouvelle résidence. (Art. 13 de la loi du 21 avril 1832.) La contribution personnelle étant réunie à la contribution mobilière, on impose à la taxe personnelle, au lieu où il réside lors de la con- fection de la matrice du rôle, le citoyen qui ne justifie pas du paiement de ladite taxe dans une autre commune. (23 avril, l" juin 183G.) Le mineur saisi de la piopriété des biens de son père décédé doit être considéré comme jouissant de ses droits , ayant personnellement des moyens d'existence, et comme tel assujetti à la taxe personnelle, quoique la propriété dès- dits biens soit réservée par la loi à la mère sur- vivante. (20 janvier, 16 décembre 1835.) Mais un mineur qui n'a pas personnellement de moyens sufïisans d'existence ne doit pas être imposé. (28 mai 1835.) Un citoyen qui exerce la profession d'avo- (0 Voyez le numôro de janvier, page 23. (2) Ordonnances royales délibérées en conseil d'état. cat, bien qu'il habite avec ses père et mère, doit (Mre assujeiti à la taxe personnelle, comme ayant un établissement distinct de celui de ses père et mère, (iti août 1833.) Un citoyen qui a cessé d'habiter avec ses père et mère, (pii a dans une ville une habita- tion qui lui est jtropre, cl qui n'est pas d'ail- leurs indigent, est considéré comme jouissant de ses droits , et doit être cotisé. (23 avril 183G.) Les personnes qui n'ont pas été désignées par le conseil municipal pour être exemples de toute cotisation doivent être imposées. (18 juillet 1834; 19 janvier 1835; 23 avril 1836.) Les frères des écoles chrétiennes ne peuvent être dispensés de la taxe personnelle à titre d'indigens , sous prétexte que , d'après les sta- tuts de leur ordre, ils ne possèdent rien. (18 juillet 1834.) Lorsqu'ils ont été portés au rôle collectivement en les désignant par leur nom- bre , et que ce nombre n'est point contesté , la cotisation doit être maintenue. (18 juillet 1834.) Tout habitant résidant dans une commune, qui n'est pas indigent, a le droit de demander son inscription au rôle de la contribution per- sonnelle et mobilière. (21 avril 1836.) Il est rare, malgré l'extension des droits électoraux , qui reposent généralement sur \m cens d'im- pôt , de voir arriver jusqu'au conseil d'état des réclamations de cette nature. La contribution mobilière est fixée d'après la valeur locative des maisons ou parties de mai- son servant à l'habitation personnelle du con- tribuable. (Loi du 21 avril 1832.) Toute habitation meublée située, soit dans la commune du domicile réel , soit dans toute autre commune , est soumise à la taxe mobi- lière. (Même foi.) On ne peut prendre pour base de la taxe mobilière les facultés présumées du contribua- ble. (Nombreux arrêts.) On ne peut l'établir non plus sur le revenu des propriétés foncières que le contribuable possède dans la commune. (4, 25 juillet 1834.) Lorsqu'un contribuable quitte une commune après la confection des rôles pour l'année sui- vante, il doit être maintenu au rôle de la con- tribution personnelle et mobilière dans la com- mune de son ancien domicile. (18 octobre 1832 ; 20 février 1835.) Cependant un contribuable qui, par suite d'un changement de rébidence à la fin d'une année, se trouverait l'année suivaiite imposé dans deux communes, quoique n'ayant qu'une seule ha- bitation , ne devrait payer que dans sa nou- velle résidence. (G avrij 183G.) Lorsqu'un contribuable change de logement dans la même commune , il doit être imposé à raison de son nouveau logement. (17 octobre 1834 ; 19 janvier 183G.) 52 MORALE, MÉTHODES D'ENSEIGNEMENT, LÉGISLATION. Une maison (jui n'est pas située dans la com- mune du domicile réel du propriétaire, que celui-ci n'habite point ou qu'il n'habile que ra- rement, est imposable. (25 octobre 1833 ; 24 janvier 1834). Il en serait de même si celle maison était située dans la commune du domi- cile réel. (11 avril l83i.) Un fils ou beau-fils est passible de la taxe mobilière à raison de l'habitation meublée qu'il occupe dans la même maison que sa mère, son père ou beau-père , bien qu'imposé déjà à la contribution mobilière dans une autre com- mune (29 nov. 1833; 14nov. 1834; 31 mars 1835); et à pins forte raison si la cote du beau- père a été diminuée d'une somme correspon- dant à celle imposée au gendre pour son loge- ment personnel. (1" juillet 183G.) Un fils qui occupe un appartement distinct de celui de sa mère doit être imposé , quoiqu'il n'y ait qu'un seul bail pour les deux, loge- mens. (G mai 183G.) On peut être imposé à la taxe mobilière pour un appartement qu'on occupe par suite d'arrangement de famille , quoiqu'on ne paie pas do loyer au propriétaire de la maison. (18 juin 1834.) Les cercles littéraires doivent être imposés à la contribution mobilière, quoique ces locaux ne servent pas à l'habitation des personnes qui s'y réunissent. (31 juillet I833j 8 janvier, 9 mars 1836.) Un ecclésiastique attaché d'une manière quel- conque à un hospice, r/il y est logé, doit être cotisé à la contribution mobilière d'a])rès la va- leur locative des appartemens qu'il occupe. (4 février 183G.) Les officiers d'état-major et les officiers sans troupes et à résidence fixe doivent être imposés à la contribution personnelle et mobilière dans le lieu de la résidence où les fixe leur service. (Plusieurs arrêts.) La contribution mobilière d'une maison est due par le locataire qui l'habite. (18 octobre 1833.) Les habitans qui n'occupent que des apparte- mens garnis ne sont assujettis à la contribution mobilière qu'à raison de la valeur locative de leur logement, évalué comme un logement non meublé. (Loi du 21 avril 1832, art. IG.) La contribution mobilière est duc par le nu- propriétaire dont la maison restée meublée se trouve à sa disposition depuis la mort de l'usu- fruitier. (15 août 1834.) Elle est due de même par celui qui s'est réservé la libre disposition d'une habitation meublée, (il avril 1834.) La contribution mobilière n'est jamais due lorsqu'une maison n'est ni meublée ni habitée. (28 janvier 1835.) Lorsqu'il est prouvé que l'on n'a plus d'ha- bitation meublée dans la commune , on ne doit plus être imposé. (17 octobre 1834-.) On ne peut considérer comme ayant con- servé une habitation meublée dans une ville un fonctionnaire qui a quitté ladite ville pour une autre résidence par ordre de service , parce que SCS meubles sont restés plusieurs mois dans son ancien logement. (21 avril 1836.) S'il n'existe dans la maison d'un contribuable qu'un certain nombre de pièces meublées et servant à son habitation personnelle , et si les pièces non occupées ne sont point une dépen- dance nécessaire de celles dont il se sert, la valeur locative des appartemens habités doit seule servir de base pour la fixation de la cote mobilière. (7 décembre 1832; 19 janvier, 4 février 1836.) Si une portion de la maison est affectée à l'exercice d'une profession pour laquelle le pro- priétaire paie patente, on ne doit pas compren- dre cette portion dans la valeur locative. (15 décembre 1833.) On peut réunir en une seule cote la taxe mobilière à asseoir sur deux locations , l'une par bail et l'autre par convention verbale seu- lement. (4 novembre 1835.) Les ateliers des peintres et statuaires , bien qu'indépendans de leur appartement et même de leur domicile , doivent entrer dans le loyei injposable. (2 juillet 183G.) Lorsqu'un conseil municipal a déclaré, pai délibération approuvée par le roi , que les ap- partemens servant à la fois d'habitation et d'a- teliers seront exempts de la contribution mo- bilière , dans le but de ne pas frapper de la taxe les locaux où il existe des métiers quelcon- ques et où des ouvriers sont employés , un in- dividu ne peut réclamer le bénéfice de celte exemption pour son atelier où il n'emploie pas d'ouvriers. (18 juillet 1834.) Lorsque la partie d'un hôtel de sous-préfec- ture non occupée par les buieaux a été mise tout entière à la disposition du sous-préfet sans réclamation de sa part, clic doit être considé- rée comme atlectée àson habilalion personnelle. (17 mai 1833.) Un fonctionnaire public ne peut obtenir une réduction de sa cote mobilière , se fondant sur ce qu'il n'a pris une habitation aussi considéra- ble que pour les besoins de son service, lors- qu'il résulte de l'instruction qu'il a été fait dé- duction des pièces destinées au service auquel il est préposé. (19 janvier 1836.) Les bureaux d'un notaire doivent être com- piis dans la valeur locative. La loi n'exempte que les bureaux des fonctionnaires chargés d'un service public, et non de ceux qui, comme les notaires , ne s'occupent que d'intérêts pri- ves. (17 mai 1833.) On ne peut prendre exclusivement pour Ms MORALE, MÉTHODES D'ENSEIGNEMENT, LÉGISLATION. 5S ise de la taxe mobilière les évaluations de va- leur locative telles qu'elles résulleul de l'exper- tise cadastrale. (8 août, 17 octobre, 28 novem- bre, 5 décembre 1834.) On peut s'en servir comme élémens d'appréciation. (21 mai 1833 ; 20 février 1835.) Si la vérification qui a eu lieu par voie d'ex- perts permet de fixer l.i valeur localivc de l'ba- bitalion du contribuable, le conseil d'état peut faire lui-même cette fixation , au lieu de ren- voyer devant le conseil de préfecture. (8 août 1834.) S'il n'a pas été procédé à une expertise, ou que l'opération soit irrégulière , le conseil d'é- tat renvoie devant le conseil de préfecture pour être statué après une expertise dans laquelle se- ront entrés tous les élémens de nature à ame- ner une juste appréciation de la valeur loca- tive. (17 octobre, 28 novembre, 19 décembre 1834.) Si l'expertise prouve que , quoique ayant agi sur une fausse base, les experts ont appiécié exactement la valeur locative , il y a lieu de maintenir la cote. (5 décembre 1834.) La valeur locative n'est pas déterminée non plus uniquement d'après le prix du loyer, ni d'après le prix d'acquisition. (15 août 1834; 20 février 1835 ; C mai 183C.) Il suffit que la proportionnalité de l'impôt entre les contribuables relativement à la valeur locative existe. (24 mai 1833 ; G mai 183G.) On ne peut fixer la valeur locative en pre- nant pour base la valeur nue des bàtimcns ; on doit examiner tous les élémens propres à déter- miner une juste appréciation. (2 juillet 183G.) On ne peut augmenter la taxe mobilière d'un contribuable à tilre de compensation pour la contribution foncière et des portes et fenêtres dont il a été exempté par la radiation du rôle, d'une maison qu'il avait déclaré être dans l'in- tention de démolir et qu'il n'avait pas démolie. (20 février 1835.) Le conseil de préfecture empiète sur les attri- butions des répartiteurs en décidant que la va- leur locative de l'habitation d'un contribuable sera portée à un taux plus élevé pour l'année suivante. (19 décembre 1834.) Mais il est compétent pour ordonner la subs- titution sur le rôle d'un nom à un autre , at- tendu que la taxe mobilière n'est point établie sur la personne, mais bien sur l'habitation. (7 février 1834.) Les termes de comparaison indiqués à l'ap- pui d'une demande en rappel h l'égalité propor- tionnelle doivent être pris dans la commune. (G avril 183G.) Il ne résulte pas de ce que deux cotes prises pour points de comparaison se trouveraient dans une proportion plus faible que celle d'un contribuable , qu'il y ait surtaxe pour celui-ci , si en effet il y a eu erreur quant aux termes de comparaison, et que la proportionnalité des cotes mobilières existe entre les autres babitans de la commune. (5 décembre 1834.) Lorsqu'un contribuable mis en demeure de recourir à l'expeitise lefuse en demandant la re- fonte totale du rôle, sa cotisation est maintenue. (2 juillet 183G.) Lorsqu'il est reconnu qu'il y a surtaxe et que la réduction réclamée est en rapport avec le résultat de l'expertise, il y a lieu de l'accor- der. (7 juin 183G.) Appliquant le principe de droit que les juges ne doivent jamais statuer au- delà des conclusions , le conseil d'état n'a pro- noncé, dans l'espèce, la réduction que jusqu'au taux demandé, bien qu'il fût sensiblement su- périeur à celui qui aurait dû être assigné. Lorsqu'il est démontré par l'instruction et par une expertise contradictoire que la valeur locative a été justement appréciée, la cotisation est maintenue. Les évaluations de l'expert du réclamant ne sauraient prévaloir sur celles de l'expert de la commune et sur l'avis des répar- titeurs , qui ne peuvent être considérés comme étant personnellement intéressés. (25avril 1834.) L'article 88 de la loi du 3 frimaire an 7 , qui exempte de la contribution foncière, pendant deux ans, les maisons nouvellement construites ou reconstruites , n'est pas applicable à la co- tisation mobilière. (16 décembre 1835.) On ne peut considérer comme habitant d'une ville et imposer à la contribution personnelle et mobilière un particulier qui occupe leraporai- remeut avec sa famille un appartement dans un hôtel garni. (2G décembre 1834.) Les domestiques attachés à l'exploitation d'une ferme ne sont point assujettis à la contri- bution personnelle et mobilière. (31 juillet 1833.) Un officier avec troupes, sans résidence fixe, qui occupe dans le lieu de sa garnison un ap- partement dont il paie le loyer avec l'indemnilé allouée par la loi, ne peut être considéré comme ayant une habitation particulière, et ne doit pas être soumis à la contribution mobilière. (Plu- sieurs arrêts.) Il en est de même des officiers des compa- gnies de vétérans, a moins qu'ils n'aient des ha- bitations particulières pour eux ou leur fa- mille ; et l'on ne peut considérer comme habita- tion particulière le logement occupé par un officier lorsqu'il n'est pas établi que ce loge- ment excède l'importance de celui qui aurait été accordé dans les pavillons de l'état. (5 dé- cembre 1834.) Henri CORNU , SccréUiire de la sous-préfecture de CUimecij [Nièirr). ^ MORALE, MÉTHODES D'ENSEIGNEMENT, LÉGISLATION ENREGISTREMENT. (Premier article.) Autrefois les parlemens, après avoir vérifié les lois qui leurélaient envoyées au nom du roi, en ordonnaient la transcription sur leurs regis- tres, ainsi que l'envoi aux juridictions de leur ressort , pour y être publiées , enregistrées et exécutées. Cet usage n'était pas une formalité sans im- portance. Depuis le quinzième siècle, il était reconnu que cette formalité était le complément indispensable de toutes les lois , et que celles qui n'en avaient pas été revêtues n'avaient au- cuneffet. Lorsque les cours souveraines faisaient des remontrances aux rois, et n'eniegistraicnt pas les lois qui émanaient de leur volonté, ceux- ci, au moyen des lits de justice, contraignaient ces cours à procéder à l'enregistrement. Il arrivait souvent qu'une loi enregistrée par quel(|ues-uns des douze parlemens qui se divi- saient le territoire ne l'était pas par d'autres parlemens ; l'autorité de ces lois n'était donc pas générale. La loi du 5 novembre 1789 fil cesser un pareil état de choses , en réduisant renregisiremcntà une mesure de pure forme. L'enregistrement qui fixe la date des actes et assure aux transactions la force de la loi est essentiellement une formalité légale : elle im- prime aux actes une espèce de sceau, une exis- tence authentique, un caractère d'inviolabilité. Les droits d'enregistrement se divisent en deux grandes classes ; les uns sont fiœes, et par conséquent n'augmentent ni ne diminuent de quotité; les autres sont proportionnels, c'est- à-dire qu'ils sont en proportion des valeurs sur lesquelles ils sont assis. Les délais pour faire enregistrer les actes pu- blics sont, savoir : de quatre jours pour ceux des huissiers et autres ayant pouvoir de faire des exploits ; — iladiœ jours pour les actes de notaires qui résident dans la commune où le bureau d'enregistrement est établi ; — de quinze jours ponr ceux des notaiies qui n'y lésidcnt pas ; — de vingt jours pour les actes judiciaires soumis h. l'enregistrement sur minute ou qui se délivrent en bre\ eis ; — de rinyt jours aussi pour les actes des administrations centrales et municipales assujettis à l'enregistrement. Les teslamens dé{)0sés chez les notaires ou par eux reçus, seront enregistrés dans les trois mois du décès des testateurs. — Les actes faits BOUS signatures privées et portant transmission de propriélé ou d'usufruit de biens immeu- bles, les baux à ferme ou ii loyer, sous-baux, cessions de baux , seront enregistrés dans les trois mois de leur date, sous peine de payer un double droit. Il n'y a pas de délais de rigueur pour renregislrcracut des autres actes faits sous signatures privées; mais il pe pourra en être fait usage , soit par acte public , soit en justice ou devant toute autre autorité constituée , qu'ils n'aient été préalablement enregistrés. Tarif des droits pour toute espèce d'actes et de mutations. DROITS FIXES. ( Cinquante centimes.) Assignations et exploits devant les prud'- hommes. — Significations d'avoués à avoués devant les tribunaux de première instance. (Un franc.) Abstentions, répudiations et renonciations à surcessions, legs ou communautés, lorsqu'elles sont pures et simples, et qu'elles ne sont pas faites en justice. — Acceptations de succes- sions, legs ou communautés, simples et par bé- néfice d'inventaire. — Acceptations de trans- port ou délégations de créances à termes, faites par actes séparés , lorsque le droit proportion- nel a été acquitté pour le transport et la délé- gation. Et celles qui se font dans les actes mê- mes de délégations de créances aussi à terme, — Actes qui ne contiennent que l'exécution, le complément et la consommation d'actes anté- rieurs, enregistrés. — Actes innommés: généra- lement tous actes civils, judiciaires ou extra-ju- diciaires, qui ne se trouvent pas dénommés dans aucun des paragraphes suivans , et qui ne peu- vent donner lieu audroit proportionnel. — Actes (les cédules exceptées; et jugemens préparatoires, interlocutoires, ou d'instruction des juges de paix, certificats d'individualité , visa de pièces et poursuites préalables à l'exercice de la con- trainte par corps ; les oppositions à levée de scellés par comparancc personnelle dans le pro- cès-verbal; les ordonnances et mandemens d'as signer les opposans à scellés ; tous autres actes des juges de paix non classifiés dans les para- graphes suivans et leurs jugemens définitifs portant l'évaluation de sommes dont le droit proportionnel ne s'élèverait pas à un franc. — Actes et jugemens de la police ordinaire , des tribunaux de police correctionnelle, et des cours d'assises, soit entre particuliers , soit sur la poursuite du ministère public avec partie civile, lor(pi'il n'y a pas condamnation de sommes et valeurs, ou dont le droit proportionnel ne s'é- lève pas à un franc ; et les dépôts et décharges aux greffes desdils tribunaux , dans les mêmes cas où il y a partie civile. — Actes et jugemens des prud'hommes, au-dessus de soixante francs, ou d'une valeur indéterminée. — Adjudica- tions au rabais et marchés pour constructions, MORALE, .METHODES D ENSEIGNEMENT , LÉGISLATION. 55 Exploits el antres aclcs du ministère des huis- siers qui ne peuvent donner lieu au droit pro- l)orlionncl, et non tarifés autre part dans cette pseniière partie. — Inventaires de meubles, objets mobiliers, litres et papiers ( par chaque vacation). — Jugcnicns des juges de paix por- tant renvoi ou décliarge de demande, débouté d'opposition, validité de congé, expulsion, con- damnation à réparation d'injures personnelles, et généralement tous ceux qui , contenant des dispositions définitives ne donnent pas ouver- ture au droit proportionnel. — Lettres missives qui ne contiennent ni obligations, ni quittance, ni autre convention donnant lieu au droit pro- portionnel.— Nominations d'experts, hors ju- gement. — Procès-verbaux d'ap})osition , de reconnaissance et de levée de scellés. — Procès- verbaux et rapports d'employés, gardes, com- missaires, séquesti'es, experts et arpenteurs. — Procurations et pouvoirs pour agir, ne conte- nant aucune stipulation ni clauses donnant lieu au dioit proportionnel. — Promesses d'indem- nité indéterminées et non susceptibles d'estima- tion. — Protêts d'effets de commerce faits par les notaires. — Reconnaissances d'enfans na- turels par acte de célébration de mariage. — He- connaissances pures et simples , ne contenant aucune obligation ni quittances. — Résiliemens purs et simples , faits par actes authentiques , dans les vingt-quatre heures des actes résilies. — Rétractations et révocalions. réparations, entretiens, approvisionuemcns et fournitures, dont le prix doit être payé directe- ment ou indirectement par le Trésor royal. Cautionnemcns relatifs à ces adjudications et marchés. — Adoptions.- ■ Attestations pures et simples. — Ritans. — Rrevets d'apprentis- sage , qui ne contiennent ni obligations de sommes et valeurs mobilières, ni quittance. — Cautionnement de comptables. — Certificats simples de vie et de résidence. — Collations d'actes et pièces ou des extraits d'iceux, par quelque ollicier public qu'elles soient faites. — Cotes et paraphes des registres des négocians et autres. — Délivrance de legs simples. — Devis d'ouvrages et entreprises (|ui ne contien- nent aucune obligation de sommes et valeurs ni quittances. — Exploits et significations ayant pour objet le recouvrement des contri- butions directes ou indirectes , publiques ou lo- cales, dont la somme principale excède 100 francs. '—Exploits et significations relatives aux procédures devant les juges et bureau de paix. — Lettres de voitures. — Police d'as- surances maritimes, lorsqu'il n'en est pas fait usage en justice. — Prisée de meubles. — Pri- ses ùe possession en vertu d'actes enregistrés. — Présentations, défauts et congés, faute de comparoir, défendre ou conclure , qui doivent se prendre au greffe. — Procès-verbaux de vente ou de destruction de navires , totales ou partielles. — Procès-verbaux de délits ou con- traventions aux règlemens généraux de police ou d'impositions. — Procès-verbaux el rap- ports des agens forestieis ou ruraux. — Ra- tifications simples d'actes en forme. — Signi- fications d'avoués à avoués de\ant les cours royales. — iSounîm/ons et enchères, hors celles faites en justice, sur des objets mis ou à mettre en adjudication ou en vente, ou sur des mar- chés à passer, lorsqu'elles sont faites par des actes séparés de l'adjudication. (Deux francs. ) Acquiescemens purs et simples, quand ils ne sont point faits en justice. — Actes de notoriété. — Actes refaits pour nullité ou autre motif, sans aucun changement qui ajoute aux objets des conventions, ou à leurs valeurs. — Autorisa- tions pures et simples. — Avis de pai'cns. — Certificats de cautions et de caiiUonnemens. — Consentemens purs et simples. — Décharges simples et récépissés de pièces. — Déclarations simples en matière civile et de commerce. — Dépôts d'actes et pièces chez les odiciers pu- blics.— Dépôts et consignations de sommes et effets mobiliers chez les otTiciers publics, lors- qu'ils n'opèrent pas la libération des déposans ; et les décharges qu'en donnent les déposans ou leurs héritiers, lorsque la remise des objets leur est faite. — Désistemens purs et simples. — (Ti'ois fraucs.) Actes et jugeuicns préparatoires ou d'ins- truction des tribunaux de première instance, de commerce ou des aibitres. ^- yJctes faits et passés aux greffes des mêmes tribunaux, por- tant acquiescement, dépôt, décharge, désaveu , exclusion de tribunaux, affirmation de voyage, opposition à remise de pièces , enchèies , sur- enchères, renonciation à communauté, succes- sion ou legs, reprise d'instance, communication de pièces sans déplacement, affirmation et véri- fication de créance, opposition à délivrance de jugement, dépôt de liilanet îcgistres, ojiposilion à publication de séparation , dépôt de sommes et pièces, et tous autres actes conservatoires ou de formalité. — Adjudications à la folle en- chère, lorsque le prix n'est pas supérieur à ce- lui de la précédenleadjudicalion. — Compromis ou nominations d'arbitres qui ne contiennent aucune obligation de sommes et valeurs don- nant lieu au droit proportionnel. — Connaisse- mens ou reconnaissances de chargemens par mer. — Déclarations on élections de command et d'ami, lorsque la faculté d'élire un command a été réservée dans l'acte d'adjudication ou le le contrat de vente, et que la déclaration est faite par un acte public, el notifié dans les vingt- quatre heures de l'adjudication ou du contrat. 66 MORALE, MÉTHODES D'EN Le délai est de trois jours pour les avoués et les acquéreurs des domaines de l'état. — Exploits et autres actes du ministère des huissiers, rela- tifs aux procédures devant les cours royales , jusques et compris la signification des arrêts définitifs non tarifés autre part dans celte pre- mière partie. — Jugemens souverains des juges de paix, rendus en dernier ressort, d'après la volonté expresse des parties, au-delà des limi- tes de la compétence ordinaire, lorsqu'ils ne contiennent pas de dispo.-iiions donnant ouver- ture à un droit proportionnel supérieur. — Ju- gemens interlocutoires ou préparatoires, or- donnances et autres actes des tribunaux de pre- mière instance, de commerce et d'arbitrage, (jui nesont pas de l'espèce de ceux dont il est parié aux droits fixes de 5 fiancs. — Ordonnances des juges des tribunaux civils, rendues sur re- quêtes ou mémoires, celles de référé , de com- pulsoire et d'injonction , celle portant permis- sion de saisir, gager, revendiquer ou vendre, et celles des procureurs du roi, dans les cas où la loi les autorise à en rendre. — Ordonnances sur requêtes ou mémoires , celles de réassigné , et tous actes et jugemens préparatoires ou d'ins- tructions des tribunaux de commerce. — Pres- tation de serment des greffiers, des huissiers, des juges de paix, des gardes de douanes, gar- des forestiers et gardes champêtres, pour entrer en fonctions , et généralement de tout employé dont le traitement n'excède pas 600 francs. — Renouvellement des lettres patentes portant confirmation des titres et changemons d'armoi- ries de chevalier. — Réunions de l'usufruit à la propriété, lorsque la réunion s'opère par actes de cession, et qu'elle n'est pas faite pour un prix supérieur à celui sur lequel le droit a été perçu lors de l'aliénation de la propriété. — Si- gnifications d'avocat à avocat dans les instan- ces à la cour de cassation et aux conseils du loi. — Titres-nouvel s et reconnaissance de rentes,. dont les contrats sont justifiés en forme. — Transactions en quelque matière que ce soit, qui ne contiennent aucunes stipulations de sommes cl valeurs , ni dispositions soumises à un plus fort droit d'enregistrement. — Unions et directions des créanciers, pures et simples. (Cinq francs.) Ahandonnemcm de biens, soit volontaires , soit forcés, pour être vendus en direction. — /ictes d'émancipation. — Actes de formation ou de dissolution de société, qui ne portent ni obligation, ni libération, ni transmission de biens meubles ou immeubles , entre les sociétaires ou autres personnes. — Actes et jugemens interlo- cutoires ou préparatoires des divorces. — Ar- rêts interlocutoires ou préparatoires rendus par les cours royales, lorsqu'ils ne sonl pas suscep- tibles d'un droit plus élevé, çt les ordonnances SEIGNEMENT, LÉGISLATION. et actes devant les mêmes cours. — Contrats de mariage qui ne contiennent d'autres disposi- tions que les déclarations des futurs, de ce qu'ils apportent eux-mêmes en mariage et se consti- tuent, sans aucune stipulation avantageuse entre eux, excepté celle d'associés. — Déclarations et significations d'appel des jugemens des juges de paix aux tribunaux civils. — Exploits et autres actes du ministère des huissiers , relatifs aux procédures devant la cour de cassation et les conseils du roi, jusques et compris les signi- fications des arrêts définitifs. Le premier acte de recours est excepté. — Jugemens des tribunaux civils prononçant sur l'appel des juges de paix; ceux desdils tribunaux et des tribunaux de com- merce ou d'arbitres rendus en premier ressort, contenant des dispositions définitives qui ne donnent pas lieu à un di oit plus élevé. — Juge- mens des mêmes tribunaux portant résolution de contiats de vente pour défaut de paiement (juelconque sur le prix de l'acquisition, lorsque l'acquéreur n'est pas cntréen jouissance, acquies- cement, acte d'affirmation, d'appel, de conver- sion, d'opposition il saisir, débouté d'opposition, décharge et renvoi de demande , à déchéance d'appel, péremption d'instance, déclinatoire, entérinement de procès-verbaux et rapports, homologation d'actes d'union et atermoiemens, injonction de procéder à inventaire, licitation, partage ou vente, main levée d'opposition ou de saisie, nullité de procédure, maintenue en pos- session, résolution de contrat pour cause de nullité radicale, reconnaissance d'écriture, nomi- nation de commissaires, directeurs et séquestres; publication judiciaiie de donations , bénéfices d'inventaires, rescision, soumissionet exécution de jugemens. — Partage de biens meubles et iamieubles entre co-propriétaires, ii quel titre que ce soit, pourvu qu'il en soit justifié et sans soulte. — Reconnaissances d'enfans naturels, autrement que par actes de célébration de ma- riage.— Testamens et autres actes de libéralité qui ne contiennent f|ue des dispositions soumi- ses h l'événement du décès , et les dispositions de même nature, qui sont faites par contrats de mariage entre les futurs, ou par d'autres per- sonnes. (Dix francs.) ^c/w translatifs de proiuiété , d'usufruit ou de jouissance des biens inniHubles situés, soit en pays étranger, soit dans les colonies fran- çaises, où le droit d'enregistrement n'est pas établi, sauf réduction, si le droit proportionnel qui serait dû s'il s'agissait de biens situés en France, ne s'élevait pas au montant du droit fixe. — Arrêts définitifs des cours royales, dont le droit proportionnel ne s'élèverait pas à 10 francs. — Arrêts interlocutoires ou préparatoi- res dc la cour de cassation et des conseils du MORALE, MÉTHODES D'ENSEIGNE3IENT, LÉGISLATION. 57 vo\. — Déclarations et siguilicadons d'appel des tiil)imaux civils , de commerce et d'arbi- trage. — ' Jngemens rendus en dernier ressort par les tribunaux de première instance ou les arbitres, d'après le consentement des parties, lorsque la matière ne comportait pas ce dernier ressort, sauf la perception du droit proportion- nel, s'il s'élève au-delà de 10 francs. — Lettres portant renouvellement des anciennes armoiries des villes de troisième classe. — Jienouvelle- ment des lettres patentes portant confirmation du titre et des armoiries de baron. (Douze francs.) Lettres patentes portant collation du litre de chevalier. (Quinze francs.) vicies de divorce. — Jugcmens de première instance portant interdiction, et ceux de sépa- ration de biens entre mari et femme, lorsqu'ils ne portent point condamnation de sommes et valeurs, ou lorsque le droit proportionnel ne s'élève pas à 15 francs. — Prestations de ser- ment des notaires, avoués, avocats, défenseurs officieux, gretïiers et huissiers des tribunaux ci- vils, criminels, correctionnels et de commerce, et de tous employés salariés par l'état, autres que ceux compiis ci-devant pour entrer en onctions. (Vingt francs.) Lettres de déclaration de naturalité. — Let- tres portant dispense d'âge pour mariage. — Lettres portant renouvellement d'anciennes ar- moiries pour les villes de deuxième classe. — Renouvellement des lettres patentes portant confirmation du titre et changement d'armoi- ries de comte. (Vingt-cinq francs.) Acte premier de recours en cassation, ou de- vant les conseils du roi, soit par requête, mé- moire ou déclaration, en matière civile, de po- lice simple ou de police correctionnelle. — Ar- rêts des cours royales portant interdiction ou prononçant séparation de corps entre mari et femme. — Arrêts définitifs de la cour de cas- sation et des conseils du roi. (Trente francs.) Lettres patentes portant renouvellement d'anciennes armoiries pour les villes depremière classe. (Quarante fiancs.) Dispenses de parenté pour le mariage. — Lettres patentes accordant des armoiries aux villes de troisième classe qui n'en ont pas en- core,— Actes de tutelle oiïk'imsQ,-^ Jngemens des tribunaux de première instance admettant unb adoption ou prononçant un divorce. ( Quatre-vingts francs.) Lettres accordant des armoiries aux villes de deuxième classe qui n'en ont pas encore, j (Cent francs.) Actes de l'état civil prononçant un divorce, s'il n'y a pas eu appel. — yirrêtsàcs cours d'ap- pel confirmant une adoption, et ceux qui pro- noncent définitivement un divorce. — Lettres patentes portant autorisation de se faire natu- raliser ou de servir à l'étranger. ( Cent vingt francs.) Lettres de noblesse, et celles qui accordent des armoiries aux villes de première classe qui n'en ont pas encore. (Six cents francs.) ',• Collations du titre héréditaire de vicomte. ( Huit cents francs.) Lettres patentes portant coUalion du titre hé- réditaire de baron. ( Douze cents francs. ) J^ettres patentes portant collation des titres héréditaires de marquis et de comte. (Trois mille francs.) Collations du titre héréditaire de duc. {La suite au prochain numéro.) PEINES DE SIMPLE POLICE. ~ (Suite et Fin.) AMENDES DE G FR. A 10 FR. Art. 475. Seront punis d'amende , depuis 6 fr. jusqu'à 10 fr. inclusivement: 1" Ceux qui auront contrevenu aux bans de vendanges ou autres bans autorisés par les rè- glemens ; 2" Les aubergistes, hôteliers, logeurs ou loueurs de maisons garnies, qui auront négligé d'inscrire de suite et sans aucun blanc, sur un registre tenu régulièrement, les noms, qualité, domicile habituel, dates d'entrée et de sortie de toute personne qui aurait couché ou passé une nuit dans leurs maisons ; ceux d'entre eux qui auraient manqué à représenter ce registre aux époques déterminées par les règlemens , ou lorsqu'ils en auraient été requis , aux maires , adjoints , officiers ou commissaires de police , ou aux citoyens commis à cet effet : le tout sans préjudice des cas Ue responsabilité mentionnés 68 MORALE METHODES D ENSEIGNEMENT, LÉGISLATION. en l'art. 73 (i) du présent Code, relativement aux crimes ou aux délits de ceux qui , ayant logé ou séjourné chez eux , n'auraient pas été régulièrement inscrits ; 3" Les roulicrs, charretiers, conducteurs de voitures quelconques ou de hètes de charge, qui auraient contrevenu aux règlemens par lesquels ils sont obligés de se tenir constamment h portée de leurs chevaux, hôtes de trait ou de charge et de leurs voitures, et en état de les guider et con- duire ; d'occuper un seul côté des rues, che- mins ou voies publiques ; de se détourner ou ranger devant toutes autres voitures, et, à leur approche, de leur laisser libre au moins la moi- tié des rues, chaussées, routes et chemins ; 4° Ceux qui auront fait ou laissé courir les chevaux, hètes de trait, de charge ou de mon- ture, dans l'intérieur d'un lieu habité, ou violé les règlemens contre le chargement , la rapidité ou la mauvaise direction des voitures ; Ceux (jui contreviendront aux dispositions des ordonnances et règlemens ayant pour objet: La solidité des voitures publiques ; Leur poids ; Le mode de leur chargement (2) ; Le nombre et la sûreté des voyageurs ; L'indication, dans l'intérieur des voilures, des places qu'elles contiennent et du prix des places ; L'indication à l'extérieur du nom du pro- priétaire ; 6" Ceux qui auront établi ou tenu dans les rues , chemins , places ou lieux publics , des jeux de loterie ou d'autres jeux de hasard ; 6° Ceux (|ui auront vendu ou débité des boissons falsifiées; sans préjudice des peines plus sévères qui seront prononcées par les tri- bunaux de i)olice (;orrectionnelle , dans le cas où elles contiendraient des mixtions nuisibles à îa sanlé ; 7" Ceux qui auraient laissé divaguer des fous ou des furieux étant sous leur garde , ou des animaux malfaisans ou féroces ; ceux (pii auront excité ou n'auront pas retenu leuis chiens, lors- qu'ils attaquent ou- poursuivent les passans , quand même il n'en serait résulté aucun mal ni dommage ; 8'^ Ceux qui auraient jeté des pierres ou d'au- (i) Col arliclo esl relatif à la responsabililo des auber- gistes, lorsqu'ils re(;oivciil cl lof;eiit des personnes re- connues par la suite pour f-lri^ des prévenus de crimes et délits, sans les inscrire sur leurs registres. Ce cas ne se présente que trop frcquemmenl faute de demander aux voyageurs l'exhibition de leur passeport. (1) \\ faut noter (pi 'il n'est ici (piestion que du mode de chargemeiii, (ju'il ne faut pas confondre avec Vexcén de char?;cmenl. L'art. 21 du décret du 23 juin ISOG punit cette der- nière contravention. Une ordonnance du IG juin 1828 régie tout ce qui concerne le poids des voitures publiques, diligences^ messageries et fourgons en poste. très corps durs ou immondices contre les mai- sons , édifices et clôtures d'autrui, ou dans les jardins ou enclos , et ceux aussi qui auraient volontairement jeté des corps durs ou des im- mondices sur quelqu'un ; 9° Ceux qui , n'étant propriétaires , usufrui- tiers, ni jouissant d'un terrain ou d'un droit de passage, y sont entrés et y ont passé dans le temps où ce terrain était charge de grains en tuyau, de raisins ou autres fruits mûrs ou voi-; sins de la maturité ; 10° Ceux qui auiaiont fait ou laissé passer des bestiaux, animaux de trait, de charge ou de monture, sur le terrain d'autrui, ensemencé ou chargé d'une récolle, en quelque saison que ce soit, ou dans un bois taillis appartenant à autrui ; 1 1° Ceux qui auraient refusé de recevoir les espèces et monnaies nationales, non fausses ni altérées , selon la valeur pour laquelle elles ont cours ; 12" Ceux qui , le pouvant , auront refusé ou négligé de faire les travaux , le service ou de prêter le secours dont ils auront été requis, dans les circonstances d'accidens , tumultes , naufrage, inondation, incendie ou autres cala- mités, ainsi que dans le cas de brigandage , de pillage, flagrant délit, clameur publique ou d'exécution judiciaire ; 13" Les personnes désignées aux art. 284 et 288 du présent Code (l) ; 1 4" Ceux qui exposent en vente des comesti- bles gâtés, corrompus ou nuisibles ; 15" Ceux qui déroberont, sans aucune des circonstances prévues en l'art. 388, des recoltes ou autres productions utiles de la terre , qui , avant d'être soustraites , n'étaient i»as encore détachées du sol. Art. 47C. Pourra, suivant les circonstances, être prononcé, outre l'amende porléc en l'arti- cle piécédent, l'emprisonnement pendant trois jours au plus , contre les roulicrs , charretiers , voituriers et conducteurs en contravention ; contre ceux qui auront contrevenu aux règle- mens ayant pour objet, soit la rapidité, la mauvaise direction ou le chargement des voi- tures ou des animaux, soit la solidité des voitu- res publiques , leur poids , le mode de leur chargement, le nombre et la sûreté des voya- geurs ; contre les vendeurs et débitans de bois- sons falsifiées ; contre ceux qui auraient jeté des corps durs ou des immondices. Art. 477. Seront saisis et confisqués, 1° les fables , instrumcns , appareils dos jeux ou dfis loteries établis dans les rues , chemins et voies publiques ; ainsi que les enjeux, les fonds, den- rées, objets ou lots proposés aux joueurs, dans le cas de l'art. 47G ; 2" les boissons falsifiées, (i) Ces deux articles ont rapport aux crieurs pubUcs cl afficheurs j MORALE, MÉTHODES D'ENSEIGNEMENT, LÉGISLATION, 59 trouvées appartenir au vendeur et débitant : ces boissons seront répandues ; 3" les éciils ou gra- vures contraires aux mœurs : ces objets seront mis sous le pilon ; 4" les comestibles gâtés , corrompus ou nuisibles : ces comestibles seront détruits. Art. 478. La peine de l'emprisonnement pendant cin(| jours au plus sera toujours pro- noncée, en cas de récidive, contre toutes les personnes mentionnées dans l'art. 475. Les individus mentionnés au n"^ 5 du même article qui seraient repris pour le même fait en état de récidive, seront traduits devant le tribu- nal de police correctionnelle, et punis d'un em- prisonnement de six jours à un mois , et d'une amende de IG fr. à 200 fr. AMENDES DE 11 FR. A 15 FR. Art. 479. Seront punis d'une amende de 11 à 15 fr. inclusivement: 1° Ceux, qui, hors les cas prévus depuis l'ar- ticle 434 jusques et compris l'art. 4G2, auront volontairement causé du dommage aux pro- priétés mobilières d'autrui ; 2° Ceux qui auront occasionné la mort ou la blessure des animaux ou bestiaux appartenant à autrui, par l'effet de la divagation des fous ou furieux, ou d'animaux malfaisans et féroces, ou par la rapidité ou la mauvaise direction ou le chargement excessif des voitures, chevaux, bê- les de trait, de charge ou de monture ; 3° Ceux qui auront occasionné les mêmes dommages par l'emploi ou l'usage d'armes sans précaution ou avec maladresse , ou par jet de pierres ou d'autres corps durs ; 4° Ceux qui auront causé les mêmes accidens par la vétusté, la dégradation, le défaut de ré- paration ou d'entretien des maisons ou édifices, ou par l'encombrement ou l'excavation, ou telles autres œuvres, dans ou près les rues, chemins, places ou voies publiques, sans les précautions ou signaux ordonnés ou d'usage ; 5" Ceux qui auront de faux poids ou de fausses mesures dans leurs magasins, boutiques, ateliers, ou maisons de commerce, ou dans les halles , foires ou marchés , sans préjudice des peines qui seront prononcées par les tribunaux de police correctionnelle contre ceux qui au- raient fait usage de ces faux poids ou de ces fausses mesures ; 6° Ceux qui emploieront des poids ou des mesures différentes de ceux qui sont établis par les lois en vigueur ; Les boulangers et bouchers qui vendront le pain ou la viande au-delà du prix fixé par la taxe légalement faite et publiée ; 7° Les gens qui font métier de deviner et pro- nostiquer, ou d'expliquer les songes ; 8° Les auteurs ou complices de bruits ou ta- pages injurieux ou nocturnes, troublant la tranquillité des habitans j î)" Ceux qui auront méchamment enlevé on déchiré les affiches apposées par ordre de l'ad- ministration ; 10" Ceux qui mèneront sur le terrain d'autrui des bestiaux de quelque nature qu'ils soient , et notamment dans les prairies artificielles , dans les vignes, oseraies, dans les plans de câpriers, dans ceux d'oliviers, de mûriers, de grenadiers, et d'arbres du iiiènic genre, dans tous les plans ou pépinières d'arlires fruitiers ou autres, faits de main d'homme ; 11° Ceux qui auront dégradé ou détérioré, de quelque manière que ce soil, les chemins pu- blics, ou usurpé sur leur largeur; 12° Ceux qui , sans être dûment autorisés, auront enlevé des chemms publics, les gazons, terres ou pierres , ou qui dans les lieux appar- tenant aux communes auraient enlevé les teri'es ou matériaux , à moins qu'il n'existe un usage général qui l'autorise. Art. 480. Pourra, selon les circonstances, être prononcée la peine d'emprisonnement pen- dant cinq jours au plus : 1" Contre ceux qui auront occasionné la mort ou la blessure des animaux ou bestiaux appar- tenant à autrui , dans les cas prévus par le n" 3 du précédent article ; 2° contre les possesseurs de faux poids et de fausses mesures ; 3° contre ceux qui emploient des poids ou des mesures différentes de ceux que la loi en vigueur a éta- blis ; contre les boulangers et bouchers , dans les cas prévus par le paragraphe 6 de l'article précédent ; 4" contre les interprètes de songes ; 5° contre les auteurs ou complices de bruits ou tapages injurieux ou nocturnes. Art. 481. Seront, de plus, saisis et confis- qués, 1° les faux poids, les fausses mesures, ainsi que les poids et mesures différens de ceux que la loi a établis ; 2" les instrumens, ustensi- les, et costumes servant ou destinés à l'exercice du métier de devin, pronostiqueur, ou inter- prète de songes. Art. 482. La peine d'emprisonnement pen- dant cinq jours aura toujours lieu , pour réci- dive, contre les personnes et dans les cas men- tionnés en l'art. 479. DISP9SITI0NS COMMUNES AUX TROIS SECTIONS CI-DESSUS. Art. 483. Il y a récidive dans tous les cas prévus par le présent livre, lorsqu'il a été rendu contre le contrevenant , dans les douze mois précédens, un premier jugement pour contra- vention de police commise dans le ressort du même tribunal. L'art. 463 du Code pénal modifié permet au juge de modérer la peine , soit de l'amende , soit de l'emprisonnement , et même de substi- tuer l'amende à l'emprisonnement, selon la na- ture des circonstances atténuantes. 60 ANNONCES CRITIQUES ET RAISONNÉES DE L'INDUSTRIE. VI ANNONCES CRITIQUES ET RAISONNÉES DE L'INDUSTRIE. GUIDE DU PRODUCTEUR ET DU CONSOJIMATEUR. >'Ol;YEAU PROCÉDÉ POUR LE FILTRAGE DES EAUX (l). L'allention publique a élé appelée depuis quelque temps sur le nouveau système de fil- trage en grand des eaux et autres liquides que l'Académie des Sciences a fait examiner par une commission spéciale, et qu'elle a ensuite ap- prouvé, sur le rapport fait par M. Arago, au nom de cette commission. Et comme l'inven- lion dont l'Académie a ainsi constaté l'ulililé peut avoir de grandes et heureuses conséquen- ces sur le régime hygiénique et sanitaire de nos villes de tout ordre , nous avons cru rentrer complètement dans notre spécialité en commu- niquant à nos lecteurs tous les renseignemens nécessaires pour leur faire connaître et appré- cier un objet si digne , en effet, de l'attention de tous les administrateurs, aussi bien que de tous les amis du progrès et des améliorations sociales. Voici donc le résultat de nos informations et de nos recherches. Le filtre de M. Henri de Fonvielle ne sau- rait être comparé aux filtres ordinaires. Ces derniers n'ont été appliqués juscju'ici qu'à des filtrations partielles. Jamais personne n'a eu l'idée de les employer sur de grandes masses d'eau capables de suffire largement à tous les besoins domestiques et industriels. Un coup- d'œil sur les établissemens de filtrage de Paris pourra convaincre de leur impuissance à cet égard. IJicn que nous soyons les premiers à re- connaître tout ce qu'il y a d'honorable et d'u- tile dans ces entreprises, on nous saura peut- être quelque gré de reproduire ici les chiffres communiqués à l'administration des ponts-cl- chaussées. [Annales des ponls-ft-chausscct;, année iS-iâ, tome XIll, p. Gl.) M. Ilappey , avec une surface filtrante de 71 82 mètres carrés, peut claiifier , en vingt- (piatre heures, 2,300 hectolitres, ce qui fait par chaque mètre supeiliciel 32 hectolitres. M. Ducommun possède une surface filtrante de 3 4 19 mètres carrés; il livre à la distribu- tion de 920 à 1.150 hectolitres, ce qui fait au plus, comme chez M. Happey, par chaque (0 L'entreprise qui a pour objet la rl.nrification des eaux publiques et autres dans toute la France, par un nouveau «vslùmc de filtrage en grand, est constituée 60US le titre de Couipwjiiie française de l'iltrwje. Le siège de la coropaguic csl à Paris, rue de la l'ianche, Ro 20 (fis. niètie superficiel , en vingt-quatre heures , 32 hectolitres. L'appareil de M. de Fonvielle, établi depuis près d'un an à l'Hôtcl-Dieu de Paris , n'a de surface que 0 80 mètres carrés ; il fournit par vingt-quatre heures [Rapport de M. Arago , page 10) 1,370 hectolitres. On le voit, un seul mètre superficiel du filtre de M. de Fonvielle produit au moins autant que 34 des appareils de ABI. Happey et Ducommun. Avec de tels chif- fres il est inutile de tirer les conclusions. Le nouveau système se distingue de tous les autres par une grande simplicité et par cinq points imporlans, dont la propriété d'invention et la jouissance exclusive en la personne de l'inven- teur ont été consacrés par des brevets succes- sifs, ce sont : 1° l'emploi de toutes les pressions, même les plus fortes ; 2" la disposition particu- lière des couches de matières diverses , desti- nées à opérer la filtration ; 3° le nettoiement , pans démontage et en ((uelques minutes ; 4" la multiplication des surfaces filtrantes ; 5<» la fer- meture hermétique de l'appareil. Nous allons fiiire connaître sommairement les principaux avantages qui résultent de ces combinaisons di- verses. Pr.lNCIPALX AVA.-^TAGES DE l'aFPAREIL. Emploi de la pression laphis faible jusqu'à la plus forte. Par une forte pression , celle d'une atmo- sphère, par exemple, on obtient une clarification extrêmement rapide ; la clarification de l'eau s'effectue presque instantanément, aussitôt (|u'elle arrive dans le filtre. La vitesse d'écou- lement dans les tuyaux de dégorgement n'est pas diminuée de moitié par l'interposition de l'appareil. L'abondance de produits qui en ré- sulte n'ote rien à leur qualité; il semblerait, au contraire, que plus la pression est forte et plus la limpidité est remaniuable. La raison en est facile à trouver : sous une forte pression, on peut employer des matières filtrantes extrêmement fines et comprimées, autant que le permet la ré- sistance des parois de l'appareil. L'eau, ne trou- vant pour ainsi dire que des issues capillaires, est forcée de traverser le filtre dans un état de division extrême, sous forme de filets infini-» ment petits et coutournés de mille manière^. , ANNONCES CRITIQUES ET RAISONNEES DE L INDUSTRIE Disposiiions partimUères des couches de mail ères filtra nies. une très-inséiiieuse combinaison des 61 Par matières deslinées à la filtration, et par un ar- rangement fort habilement caleulé des diverses couches formées avec ces matières, on est par- venu à obtenir dans le nouveau filtre des efTets qui ajoutent encore à ces causes physiques de division à l'infini de l'eau qui en traverse les dif- férentes surlaces. Dans un tel état de choses, les matières en suspension, les molécules les plus tenues , même celles qui échappent à l'oeil, sont complètement arrêtées, et se joignent ainsi aux autres matières filtrantes pour rendre les filets capillaires encore plus fins, et opérer une filtra- tion encore plus parfaite, si cela était possible. L'engorgement finit bien par se faire sentir, mais beaucoup moins que dans les filtres ordinaires. La forte charge en surmonte à chaque instant les progrès, au point qu'il faut que les matières li- moneuses arrêtées se prolongent jusque dans les tuyaux d'arrivée pour que le retard dans l'é- coulement soit très-sensible. Nettoiement spontané. '. Ici se présentait une grande difficulté , sa- voir : débarrasser l'appareil , sans l'ouvrir et le démonter, de tout le limon profondément en- gagé dans le filtre, et faisant pour ainsi dire corps avec lui. Eh bien ! ce problème a été ré- solu de la manière la plus simple et la plus sa- tisfaisante , par un nouveau système de nettoie- ment , et c'est en cela sm'tout (|ue les nouveaux procédés sont dignes d'attention. Pour opérer ce nettoiement , on fait traver- ser le filtre en sens inverse ; on tourne brus- quement, et en même temps, le robinet d'ar- rivée et le robinet de vidange ; on produit ainsi un choc considérable contre les matières fil- trantes, lequel en détache la vase et les autres ordures qui s'y étaient arrêtées, et les trans- porte dans un compartiment au-dessus du filtre, où un courant horizontal, produit brusquement, les entraine dans les tuyaux de vidange. Une autre manœuvre, encore plus puissante, est celle qui consiste à faire traverser le filtre par deux courans contraires , qui, à l'aide d'un jeu de robinets , produisent en se rencontrant, des chocs, des remous, des secousses presque instan- tanés. Lorsqu'on est témoin de cette opération , on ne peut conserver aucun doute sur l'effica- cité du procédé. Le robinet de vidange dé\erse l'eau excessivement sale et bourbeuse; mais immédiatement on rétablit l'état primitif de l'ap- pareil, et en moins de quelques secondes on voit sortir de l'eau d'une limpidité parfaite, et claire comme le ciistal. On comprendra toute l'importance de ce procédé si ingénieux de nettoiement, quand on saura que ce nettoie- ment est une des charges les plus graves des systèmes anciens et actuels de filtrage , et qu'il ne s'opère qu'avec une main-d'œuvre et des frais ruineux, tandis que dans le nouveau j^ys- tènie il se fait, comme on l'a vu, pour ainsi dire de lui-même , et sans frais ni embarras. Multiplication des surfaces filtrantes. Il ne fjuidrait pas croire qu'une forte pression fût indispensable à la marche de l'appaieil. Toutes les pressions qui produisent un écoule- ment sensible sont suffisantes. Mais, dira-t-on, les produits par unité de surface ne sont plus aussi rapides. Sans doute. L'appareil ne peut produire un ellét impossible ; il ne peut donner plus d'eau qu'il ne lui en arrive. Dans le cas d'une faible pression, il conserve encore l'avan- tage de multiplier les surfaces filtrantes dans un espace très-restreint. Quatre filtres peuvent être placés dans un tonneau de six pieds. Les deux premiers peuvent marcher ensemble sur la même eau, en descendant, par exemple. Les deux autres peuvent aussi marcher ensem- ble , en remontant. Les produits se trouvent ainsi plus que doublés, et ils ne laissent rien à désirer sous le rapport de la limpidité. Par une simple disposition de robinets , on pourra avoir encore dans le même appareil de l'eau parfaitement claire à travers trois filtres , et de l'eau n'ayant passé qu'à travers un seul filtre, et cela de plusieurs manières. Enfin, les quatre filtres peuvent fonctionner isolément, et donner quatre pi'oduils suffisamment beaux pour cer- tains élablissemcns industriels (les bains pu- blics). Pour peu qu'on réfléchisse, on voit que dans une distiibution d'eau utile à la fois aux besoins domestiques et aux besoins indus- triels, ces avantages sont d'une grande utilité. Il y a plus , même pour de très-faibles pres- sions le nouveau système conserve intégrale- ment un avantage bien précieux : on veut par- ler du nettoiement sans démontage et en quel- ques minutes, et dont l'explication a été donnée ci-dessus. Une pompe foulante, placée à côté d'une suite d'appareils, suffît pour produire les chocs , les secousses et les remous dont nous avons parlé. Il ne faut pas plus de deux minutes pour nettoyer un filtre. Le seul inconvénient des faibles pressions est donc de nécessiter un plus grand nombre d'ap- pareils. Il n'est donné à personne de l'éviter. On ne peut avoir un grand produit avec une faible charge et une petite section de conduite. Néanmoins, avec une pression disponible de quatre à dix pieds , le nouveau système pour- rait encore ètie appliqué en grand. Fermeture hermétique de l'appareil. La fermelui'eheimétique de l'appaieil permet de faire remonter l'eau avec des vitesses va- riables, suivant les lois de l'hydrodynamique, 62 ANNONCES CRITIQUES ET RAISONNÉES DE L'INDUSTRIE. jusqu'à son niveau de départ, sans moteur étranger, sans autre complication que des tuyaux de conduite. Et cela, par la seule raison que la colonne n'est pas interrompue et qu'elle tend continuellement à s'équilibrer, même à travers le liltre. Sous ce rapport, l'avantage sur les autres systèmes est frappant : quelle écono- mie de force ! Lorsqu'on a une charge suffi- sante, un appareil établi au rez-de-chaussée , au fond d'une cave, peut alimenter à la fois tous les étages supérieurs, jusqu'à concurrence du niveau de son départ. On pourra objecter qu'un filtre non fermé, placé à l'étage supérieur, alimenterait également tous les étages inférieurs. Mais (ju'on remaniue bien que l'appareil ne pourrait marcher que très-lentement ; qu'il en faudrait un grand nombre ; qu'un grand espace et des constructions solides seraient dès-lors nécessaires pour soutenir la charge très-consi- dérable de ces appareils , et qu'en définitive on aurait fait de plus grandes dépenses d'argent et de peine, le tout pour perdre de la force en laissant tomber de l'eau du dernier étage au rez-de-chaussée, au premier étage, au deuxième, et ainsi de suite. Les avantages que présente , au contraire , le filtre Fonvielle , nous paraissent précieux pour les établissemens publics. Les hospices , les casernes , les écoles , les collèges , les com- munautés , les prisons, y trouveront des amé- liorations hygiéniques remarquables. Sur la même ligne se placent une foule d'établissemens industriels : les bains publics, les papeteries, les teintureries, les blanchisseries de tous gen- res, etc. , etc. , et en général tous les établis- semens qui consomment de grandes quantités d'eau. On ne doit pas même excepter les mai- sons à loyer où se logent un grand nombre de ménages. Chaque cuisine i)ourrait ainsi avoir son eau parfaitement limpide , comme cela existe chez nos voisins d'outre-mer, en conser- vant sur eux l'avantage d'une lillration rapide et aussi complète qu'on peut le désirer. La fermeture hermétique offre encore de grandes facilités pour le choix de l'emplacement destiné aux appareils, et cela n'est pas à dé- daigner pour une distribution générale. Tous les points sur lesquels s'exerce la pression de la chute totale s'offrent avec un égal avantage. En général , les points les plus bas seront pré- férables. On le voit, avec un écoulement, dû à (|uelquos pieds de chute, on pourra trouver sur toute la conduite des points où la pression sera assez forte pour elléctner le neltoiement sans le secours d'une pompe foulante. Et (|uels sont les tuyaux de conduite (jui conservent une pente assez uniforme pour ne pas présenter plu- sieurs de ces points ? Après cet aperçus! rapide des avantages de l'appareil Fonvielle, il est impossible de ne pas rester convaincu de la facilité qu'il offre pour l'application à de grandes distributions d'eau. Quelle sécurité ne présenle-l-il pas dans son emploi pour toute administration éclairée ? Il n'y pas un seul tuyau à retrancher, pas le plus petit réservoir à établir, pas la moindre interruption à craindre dans l'écoulement des fontaines publiques. Un branchement est opé- ré sur un point ; il conduit les eaux sur les ap- pareils ; un mètre plus loin un autre branche- ment ramène les eaux toutes clarifiées dans leur route primitive. Mais si (chose qui paraît impossible), le système ne réussit pas en grand? Eh bien ! alors rien n'est compromis, aucune dépense n'est perdue, et un simple tour de robinet suffit pour rétablir les choses dans l'état où elles étaient auparavant. Redouterait-on la longueur des travaux ? Mais, si nos renseignemens sont exacts, et nous le croyons , en moins d'une année on peut être à même de filtrer plus de 300,000 hecto- litres d'eau. N'est-ce pas là un résultat fait pour satisfaire les plus difficiles ? Enfin, que peut-on risquer et perdre à l'em- ploi du procédé dont il est question? Evidem- ment rien. Et à côté de celte absence de tous risques quelconques , on doit placer la certitu- de de procurer à toute la population d'une ville, quelque grande qu'elle soit , une abondance considérable d'eau parfaitement clarifiée , émi- nemment propre à tous ses besoins domesîi- ques et industriels, et dont la libre disposition ne saurait man(|uer de produire les plus heu- reux changemens dans son régime sanitaire, comme le progrès le plus marqué dans la voie du bien-être intérieur des ménages. Nous avons assisté nous-mêmes aux épreu- ves de l'appareil filtrant établi depuis plus d'une année à l'Ilùtel-Dieu , pour le service journalier de cet hospice. C'est là que nous avons pu re- cueillir les marques d'assentiment données au système de filtrage de M. de Fonvielle, par les hommes les plus haut placés dans la science ; c'est là (|ue nous avons pu constater les princi- paux avantages de ce nouveau procédé , sur lequel le Journal des Connaissances utiles appelle l'attention des maiies de toutes les villes où se fait sentir le besoin de clarification et de filtrage des eaux potables ou industrielles. SUR L'ENCRIER SIPHOIDE (i), SO.N BDT ET SES AVAiNTAGES. Depuis longtemps on cherchait un mode de récipient qui , en bravant toutes les tempéra- tures , pût conserver les encres intactes et dans un i)arfait état de fluidité. Mille moyens , sous (i) Chaulin, papetier du roi, A Paris. ANNONCES CRITIQUES ET RÀÎSONNÉES DE L'inDUSTRIE. 63 des forme's diverses, ont élé tour à tour mis en usage, puis condamnés par l'expérience, dont les jugemens sont sans appel. Les uns, au moyen d'une vis de pression fon(;tionuant comme un piston, faisaient monter l'encre dans un cône renversé. Ce mode, assez rationnel quant à l'opposition que rencontre l'air, de- vient détestable lorsqu'il se trouve entre les mains d'une personne qui, écrivant rarement, laisse le temps à l'oxyde de fer que contient l'encre de souder les parois du passage du pis- ton. Ainsi privé de l'action du piston, cet ap- pareil, dont l'entretien présente de grandes difficultés, est mis hors de service. Autrefois on faisait usage d'un récipient de verre nommé romaine , mais qui , abandonné sans règle , pour l'entente de sa structure, à la volonté du verrier, présentait une foule d'in- convéniens , entre autres celui très-grave de se dilater par une température élevée , et de déverser son contenu sur tous les objets où il était posé. Après avoir soigneusement étudié les causes déterminantes de cette dilatation , tous nos ef- forts ont eu pour but d'y parer. Il est donc à remarquer d'abord que l'ancienne romaine se trouvant pourvue d'un ponli rentrant, forte- ment saillant à l'intérieur, et que la tubulure se trouvant plus basse que ce ponti^ la masse du fluide se portait, par ce seul fait, dans la partie supérieure de l'appareil , ce qui , en neu- tralisant l'action de l'air atmosphérique, lui ôtait dans beaucoup de ses variations la puis- sance d'y contenir le fluide (i). Au nombre des moyens à mettre en usage, il en était un qui nous parut concluant : ce fut de supprimer le ponti rentrant de manière à obtenir le plancher rentrant d'un même niveau, ce qui, permettant au récipient de contenir vers sa base une plus grande masse de fluide, sert merveilleusement de centre d'attraction aux quantités qui tendent à s'échapper. Mais ce ré- sultat eût été encore imparfait en ne changeant pas la tubulure ; aussi l'avons-nous élevée de quelques lignes au-dessus du plancher inté- rieur; puis, en la dirigeant sur un plan légè- rement incliné, nous l'avons ramenée autant que possible à la perpendiculaire, opposant ainsi le plus puissant obstacle à la dilata- tion. ' Si noius nous permettons de garantir avec assurance les incontestables avantages de l'en- crier siphoide, c'est qu'ils s'appuient sur une expérience que depuis deux années déjà rien n'est venu démentir. On est d'accord sur la fluidité parfaite des encres contenues dans les encriers siphoïdes qui dispensent les consom- mateurs de tous soins d'entretien. Ces encriers offrent des avantages économiques qui, sous des rapports administratifs, seraient bien di- gnes de mériter quelque sollicitude. Quand on songe, par exemple, que le siphoide grand mo- dèle contient l|8« du litre , que ce li8<-, du prix de 25 à 30 centimes, peut durer huit mois, même en écrivant tous les jours, n'est-on pas naturellement amené à calculer quelle serait pour Paris seulement la réduction que l'on ob- tiendrait sur les 42G,O0O litres d'encre absor- bés annuellement ? Quantité énorme, dont l'at- mosphère absorbe plus de la moitié, en raison des appareils partout en usage aujourd'hui ; car l'encre subit comme les autres fluides les lois imprescriptibles de la nature , et tout le monde sait que, par une température élevée, l'évapo- ration est d'un pouce cube par vingt-quatre heures. L'encrier siphoide méritait à un dou- ble titre que nous lui donnassions une place dans nos Annonces critiques et raisonnées de lin- dustrie, puisqu'il est utile et économe. fO Une imitation anglaise que l'on cherche à propa- ger„imitalion que nous avons sous les yeux , laisse dé- border l'encre aussitôt que la température est élevée. 64 CORRESPONDANCE MANIERE DE REMPLIP. l'eNCRIER SIPHOÏDE. Prendre l'encrier B , el après l'avoir rouché horizonlalenjenl de manière h ce que la tiiliu- lure 1) se trouve en dessus , y introduire l'en- tonnoir E. L'appendice F doit être saisi sous o-g-f-H-g-H-g-H-«^-^-e-i-J-g-i-^-^-g-?-g-S-i le pouce afin de maintenir l'entonnoir perpen- diculairement pendant l'aclion du remplissage. 11 est bien entendu que la main G opérera avec lenteur pour laisser à l'air le temps de s'échap- per. Il faudra cesser de verser au moment où l'encre arrivera à la naissance de la tubulure. -?-^g-&-?-^^ r-H-?-§-l-§-^g-i-§~§-S-§-0 CORRESPONDANCE. Dans notre nu?Tiéro du mois de juin 1837 , page iG9,nous avons annoncé cpie M. S. Curtis avait trouvé le moyen de détruire les chenilles par l'emploi de la chaux vive en poudre. Plusieurs de nos abonnés ont fait eux-mê- mes l'expérience que nous avons indiquée ; ils constatent aujourd'hui le succès de ce procédé. M. liarlhe-lîriard nous écrit de Verdun , 20 décembre : « L'emploi de la chaux vive contre les chenilles a parfaitement réussi. Cette subs- tance, mêlée de suie et applitpiée au pinceau sur l'écorce , la démousse et produit un effet surprenant. » M. JJastard, de Niort, a également obtenu les plus hcuieux résultais de ce procédé. « J'ai fait, dit-il, l'année dernière, cette opération sur des cerisiers de 24 à 30 pieds de haut. Cela m'a très-bien réussi. J'ai eu beaucoup de fruits : mes voisins en ont été privés. Ceux-ci me trou- vaient fou lorsqu'ils me voyaient répandre de la chaux en poudre sur les lleurs de ces arbres; ils m'ont trouvé moins fou quand ils ont vu mes cerisiers couverts de fruits, et ils m'ont demandé à être instruits de ce nouveau procédé. J'ai sa- tisfait leur désir. » M. S. Curtis indicjue l'emploi d'arrosoirs ou de cylindres pour répandre la chaux on poudre. M. Bastard regarde ce moyen d'exécution comme inqiralicable lorsqu'il s'agit d'attein- dre des arbres ayant une certaine hauteur. Pour remédier à cet incon\énient, il pro[)ose un appareil dont nous donnerons le dessin en le faisant suivre de l'explication dont M. Bas- tard l'accompagne. " M. Cornu, secrétaire de la soui*-préfeclure de Clamecy, el l'un de nos collaborateurs les plus éclairés , nous invite à ])ublier les errata suivons pour relever des fautes qui se sont glissées dans deux articles qu'il a publiés, l'un sur la voirie, dans le numéro de décembre, l'autre sur la jurisprudenee du conseil d'état eu matière de contributions directes, dans le numéro de janvier. Nous déférons avec d'au- tant plus de plaisir à celle demande qu'elle nous donne l'occasion d'assumer sur nous la respon- sabilité des fautes typographiques qui ont pu être connnises dans des articles publiés précé- denmient, et dus également aux laborieuses recherches el au zèle de M. Cornu. ERRATA. Numéro de décembre 1837, page 377, 1" co- lonne, ligne 27, alors une, lisez : alors l'une-, 2<' colonne, ligne 24, des grandes routes, lisez : de grandes routes; ligne 32, dépôts , lisez : dépôt. Page 378, l'« colonne. G' Vigm, aucunes espèces, lisez : aucune espèce ; ligne 22, maintenu, lisez : maintenue ; 2' colonne, ligne ^5, à la conttsta- tion, lise:: : à contestatUm. Page 379, 1" co- lonne, lignes 17 el 18, auront, lisez : ont ; 2" co- lonne, ligne 3, sur la voie publique, lisez : sur ou joignant la voie publique ; ligne 13, aux pré- fets, lisez : au préfet ; lignes 13 et 14, inscrits au ministère de l'intérieur, lisez : ensuite au ministre de l'intérieur ; ligne 4G, de droits, li- sez : des droits ; ligne 47, rendus, lisez : rendue. lYota : ligne i, déductions en dispenses, lisez : déductions ou dispenses. Numéro de janvier, page 23, 2' colonne, ligne 17, lisez : lorsqu'un, au lien de : lorsque un; ligne 2.'), après le mot domicile , il fallait point et virgule; lignes 31 et 32, les mois s'il y a lieu ne devaient ])as être séparés par des virgules de ceux 0(1 et « descente de classe qui les précè- dent et les suivent. Page 25, l" colonne, ligne 3, après le mol préfet, celui et doit être supprimé; ligne 53 , après le mol rappel , li.sez : à au lieu de; 2' colonne, ligne 3, lisez : lesquelles, au lieu de : lesquels; ligne 4, lisez : soumises, au lieu de : soumis ; ligne 8, le mol et qui précède celui comparativement doit ctre supprimé. L\ LIBRAIRIE d'Auguste DESREZ est transférée rue Neuve-des-Petits- Cliamps , 50 , où sont établis les bureaux du Panthéon Littéraire, du Jour- nal DES (connaissances UTILES , de l'Almanacii de France et du Musée DES Familles , qui vient de passer sous la direction de M. Auguste DESREZ. BATIG.\OLLES-MONCtAUX, IMPRIMERIE DE AUGU.STE DESREZ ET COMPAliNIE, RUT LEMEUCIER, 24. 1838. JOURNAI. DES CONMISSMC (ME SERIE. Troisième année. REPERTOIRE MENSUEL ET PROGRESSIF DE TOUS LES FAITS UTILES, ÉCONOMIQUES ET NOUVEAUX, Guide du consommateur, ANNOiSCES CRITIQUES ET RAISONNEES DES PRODUITS DE l'iNDUSTRIE. Une livraison de trente-deux pages par mois , contenant un demi-volume m-S" PRIX , FRANC DE PORT POUR TOUTE LA FRANCE , PAR AN, SIX FRANCS. U^ Toutes les lettres devront être adressées, franc de port, à M. Auguste DESl'.EZ, Directeur, rue Keuve-des-Petits-Champs, n. 50, à Paris. Nouvel atlas par M. Heck, 66. La vie réelle, études morales, 67. I. AGRICULTURE Grande culture : fourrages non graminés, 71. — Éco- nomie agricole : engraissement des bœufs, 77. — De l'emploi du bois d'acacia dans les constructions rurales, 82. — Nouveaux silos pour la conservation des pommes de terre, ibid. — Du trèfle incarnat, 83. — Cuisson spontanée des pommes de terre destinées à la nourri- ture du bétail, 84. — Assolement quinquennal, 86. II. COMMERCE , MANUFACTURES , ARTS ET MÉTIERS. Fabrique de papiers : papiers vernis, 87. — Teintu- res : causes des lâches sur les étoffes, ibid. NUMERO 5. — MARS. III. ÉCONO.MIE DOMESTIQUE. Sur le lapin domestique, ibid. IV. HYGIÈNE. Du chauffage et de la ventilation, 91.— Des envies, 93. V. MORALE , MÉTHODES D'ENSEIGNEMENT, LÉGISLATION. Travaux des maires pour le mois de février, 94. VI. ANNONCES CRITIQUES ET RAISONNEES DE L'INDUSTRIE. Annonces, 96. \M 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75' 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 Le I 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 1 lev. 10 — 20 — 31 — JOURS de la semaine. jeudi. vendredi. samedi. DIM. lundi. mardi. mercredi. jeudi. vendredi. samedi. DlM. lundi. mardi. mercredi. jeudi. vendredi. samedi. DIM. lundi. mardi. mercredi. jeudi. vendredi. samedi. DIM. lundi. mardi. mercredi. jeudi. vendredi. samedi. FETES ET NOMS des S. Aubin. S. Simplice. Ste. Cunégonde. QUADUAGESIME. s. Drausin. Ste. Colette. Ste. Perpétue. Ste. Rose. Ste. Françoise. S. Blanchard. REMI.MSCERE. s. Pol, év. Ste. Euphrasie. S. Lubin. S. Zacharic. S. Cyriaque. Ste. Gertrude. OCULI. S. Joseph. S. Joacnim. S. Benoit. S. Paul. S. Victor. S. Simon. L.ETARE. S. Ludger. S. Rupert. S. Gontrand. S. Eustase. S. Ricul. S. Balbine. INTERETS de fr. 100 à 4 p. 0;0. J. f. c. 61 0 66 62 0 67 63 0 69 64 0 70 65 0 71 66 0 72 67 0 73 68 0 74 69 0 75 70 0 76 71 0 77 72 0 7-8 73 0 80 74 0 81 75 0 8'i 76 0 83 77 0 84 78 0 85 79 0 86 80 0 87 81 0 .^8 82 0 89 83 0 90 84 0 92 85 0 93 86 0 94 87 0 95 88 0 96 89 0 97 90 0 98 91 0 99 par par an. jour. f. f. c. 3100 8 49 3150 8 63 3200 8 76 3250 8 90 3300 9 04 3350 9 17 3400 9 31 3450 9 45 3500 9 58 3550 9 72 3600 9 86 3650 10 00 3700 10 13 3750 10 27 3800 10 41 3850 10 54 3900 10 68 3950 10 82 4000 10 95 4050 11 09 4100 U 23 4150 U 36 4200 U 50 4250 Il 64 4300 11 78 4350 U 91 4400 12 05 4450 12 19 4500 12 32 4550 12 46 4600 12 60 EMPL Dépense 9/10. f. c. 7 64 7 76 7 89 8 01 8 13 8 26 8 38 8 50 8 63 8 75 8 87 9 00 9 12 9 24 9 36 9 49 9 61 9 73 9 86 9 98 10 10 10 23 10 35 10 47 10 60 10 72 10 84 10 97 11 09 H 21 11 34 1/10. 17 cV 0 84 0 86 0 87 0 89 0 90 0 91 0 93 0 94 0 95 0 97 0 98 1 00 1 01 1 02 1 04 1 05 1 06 1 08 1 09 1 10 1 12 1 13 1 15 1 16 1 17 1 19 1 20 1 21 1 23 1 24 1 25 PRODUIT de 1/10 épargne au bout de 20 ans. f. c. 9394 40 9543 90 9697 45 9828 95 10000 45 10152 00 10303 50 10455 05 10605 50 10757 05 10908 55 11060 Oi 11211 60 11363 10 11514 GO llbdO 15 11817 65 11969 20 12120 70 12272 20 12423 75 12575 25 12726 55 12878 30 17029 80 13181 35 13332 85 13484 35 13635 90 13746 40 13938 85 du sol. 6 b. 45 m., couch. 5 h. 6 27 5 6 6 6 5 43 6 41 m. 55 10 27 P. Q. le 3 à P. L. le II à D. Q. le 19 à N. L. le 25 à 6 h. 44 m, 8 49 6 40 9 54 du matin, du matin, du matin, du soir. il iié ni Si'ï^ ETUDES GEOGRAPHIQUES. NOUVEL ATLAS, PAR M. L. HECK. La géographie se lie intimement aux études historiques : ce serait méconnaître les avantages qu'elle présente pour l'intelligence de l'histoire et la lecture des voyages, que de la reléguer avec dédain dans le programme des études classiques. Celle science, car la géographie s'élève jusque à ce nom, est incessamment mise en application par les savans et les publicistes , les poètes et les romanciers, les artistes et les économistes. Non-seulement la géographie sert à interpréter le texte des historiens; non-seulement elle nous fait assister avec plus d'intérêt aux expéditions et aux travaux de ces voyageurs hardis, cherchant et découvrant des mondes nouveaux sur l'inmiensité des mers ; mais encore elle nous aide à graver plus profondément dans notre mémoire les noms des héros et le récit de leurs exploits, le nom des navigateurs et le tableau de leurs conquêtes. C'est que les connaissances les plus positives dont notre esprit peut s'orner sont celles que nous acquérons parles yeux; c'est que la vue saisit avec promp- titude et conserve avec Ddélilé. 11 faut avouer cependant que la plupart des Atlas ne répondentpas à l'importance que nousleur attribuons, soit parce que, incomplets dans leur ensemble, ils ne peuvent être consultés avec fruit; soit parce que, considérés dans leurs détails, ils sont dressés sans celle régularité sévère et minu- tieuse qui révèle le talenl consciencieux du géographe ; soit cnûn parce que, sans égards pour les progrés de la science , ils ne reproduisent trop souvent que des caries dont la configuration oa les divisions appartien.nent déjà à d'autres temps. Nous annonçons donc , en la recommandant à nos abonnes , la publication d'un Atlas , conçu sur un plan nouveau, s'adressant tout à la fois aux jeunes gens qui \eulent faire une étude appro- fondie de la géographie, et aux gens du monde qui l'interrogent pour rendre leurs lectures plus fécondes et plus substantielles. Cette publication doit être accueillie favorablement à une époque où les livres d'histoire et les chroniques sont avidement recherchés. Cet Allas , dont nous allons indiquer l'ordre systématique, a été dressé d'après les meilleurs ma- tériaux français et étrangers par M. Heck ; les cartes, gravées sur pierre sous sa direction ont été revues avec un soin scrupuleux, sous le rapport de la rectitude des échelles, de la précision des dessins et de la correction du texte. Trois divisions distinctes ont été introduites dans cet atlas , contenant soixante-cinq cartes origi- nales, qui ne sont pas livrées isolément au commerce. Ces divisions sont : Géographie mathéma- tiquû , — Géographie historique^ ancienne, du moyen-âge, et moderne; — Géographie physique ' et politique. GKOciiApriiE MATiiÉMATiQUE. — Huit cartes se succèdent sous ce titre. C'est là que se trouvent les systèmes du monde , les sphères , les différens hémisphères , suivis d'une mappe-monde physique , indiquant les principaux voyages autour du globe. Quelle lumière ne doit pas répandue sur l'his- toire des découvertes la carte sur laquelle sont tracées les routes que se frayèrent devant eux Chris- tophe Colomb, Vasco de Gama, Samuel Wallis, Cook, Bougainville , Krusenstern , Duperré , etc. ? Cette première partie de l'Atlas est accompagnée de notes explicatives, où les mouveraens des corps célestes sont développés avec tant de clarté et de précision que l'auteur semble avoir voulu rédiger un cours élémentaire d'astronomie, à la portée de toutes les intelligences. ci';or,RAPiriE HISTORIQUE. — Douze cartes sont consacrées à la géographie ancienne. Ceux qui étu- dient l'histoire sainte auront la géographie des Hébreux; ceux qui lisent Qulntc-Curce, l'histoire romaine , les commentaires de Jules-César, Flavius-Joseph , etc., auront à leur tour Vempire d'A- lexandre et le théâtre de ses guerres ; l'Italie ancienne, la (Gaule, l'Espagne , la Germanie, la Palestine sous les Romains. L'un évoquera sur la carte d'Egypte les merveilleux souvenirs des Pharaons; l'autre cherchera sur la carte de la Grèce Athènes, Sparte, Thébes et Corinthe ; celui-ci suivra sur la carte de la JYumiilie la guerre dont Salluste fut l'historien ; celui-là réédifiera l'em- pire romain sous Constantin, quand le siège de l'empire était à Lyzance. Plus loin s'ouvre une nouvelle série de cartes pour l'époque à laquelle le moyen -âge commence , quand l'histoire an- cienne s'abîme sous les ruines de l'empire romain d'Occidenl. Voici d'abord Y Europe au temps de Chai;lemagne,; puis l'Kurope sillonnée pendant un siècle et demi parles croisades, puis encore les Etats chrétiens de l'Orient ; enfin se rencontrent huit pages muettes, et cependant éloquentes, huit pages qui vous disent en quelque sorte l'histoire de la France pendant près de sept siècles : à la mort de Louis-le-Jeune ,- — après le traité de Bréligny ; — à la fin du règne de Charles f^ll; — sous François I"; — sous Louis XJP^; — en 1792; — sous l'empire; — et en 1837. GÉOGRAPHIE piiYsinuE ET POLITIQUE. — Là, après Ics proflls des principales hauteurs de l'Europe et des autres continens ; après le tableau du système hydrographique et orographique de l'Europe, se groupent trente-sept cartes, où toutes les contrées de l'ancien monde et du nouveau sont repré- sentées, non-seulement dans leur ensemble , mais encore dans leurs subdivisions. M. Heck, pour rendre son travail plus complet , a donné vingt plans ou environs de villes principales. M. Buchon, chargé de la direction historique du Panthéon littéraire, la collection la pluS com- plète des chefs-d'œuvre de l'esprit humain, a prêté à la publication de cet Atlas le concours de sa haute expérience et de .ses laborieuses recherches. Nous avons nommé le Panthéon littéraire, qui déjà s'est enrichi pour Hérodolc d'une des cartes de M. Heck ; eh bien ! nous pensons que tous les souscripteurs à celte vaste entreprise littéraire accorderont leurs suffrages à cet Atlas, et qu'ils n'y chercheront pas vainement un utile appui au nom des historiens, des chroniqueurs et des au- teurs de voyages dont le Panthéon littéraire a recueilli les œuvres. L'impression des cartes a été confiée aux presses de MM. Lemercier, Bénard ctcomp., dont les travaux lithographiques, justemunt appréciés par les artistes , promettaient à l'avance une exécu- tion digne des soins apportés à toutes les parties de cet important ouvrage. Comme toutes les publi- cations auxquelles se ratlaclie le nom de M. Auguste Desrez , éditeur , tendent vers ce double but : la diffusion des lumières et le progrès dans toutes les sciences , il a voulu que ce nouvel Allas se recommandât encore par la modicité du prix, afin que, consulté par un plus grand nombre de lec- teurs, il put développer le goût des études géographiques, et tourner ainsi au profit de la science. L. B. AVIS. — Le numéro d'avril contiendra plusieurs dessins dont la gravure a éprouvé quelques retards. ÉTUDES MORALES. 6T ÉTUDES MORALES. ■-i>«©e«BE»- § I". — t.ÈS AMIS DE COLLEGE. Dans le collège d'uue petite ville des Haiitcs-Pyréuées, se trouvaient deux élèves orphelins et qui présentaient le contraste le plus absolu de fortunes et de positions sociales. L'un, fils d'un pauvre serrurier, était élevé gratuitement par la pitié du Principal ; l'autre appartenait à une famille noble et immensément riche. Tant qu'ils firent ensemble leurs études , leur sort différa peu, car ils portaient le même uniforme, mangeaient à la même table, suivaient les mêmes cours , et étaient soumis à la même règle : l'un ne s'apercevait pas de sa pauvreté , l'autre de sa fortune. Mais le jour arriva enfin on, leurs classes terminées, les jeunes gens se trouvèrent à la veille de quitter le collège pour entrer dans la vie réelle. Le Principal , vieillard respectable plein d'expérience , et qui portait un intérêt tout paternel à ces jeunes gens , dont il ne s'était point séparé depuis dix années, les fit appeler et leur dit : — Mes enfans , jusqu'ici mes soins ont veillé à vous faire une existence douce, laborieuse, paisible, et à vous faire acquérir des connaissances qui vous permettent d'aborder le monde , avec les moyens de vous y guider sans trop de péril. Vous avez été plus que mes autres élè- ves les objets de ma sollicitude, car vous êtes orphelins, et placés chacun dans les positions les plus dangereuses où puissent se trouver deux jeunes gens. Samuel, vous êtes très-pauvre, Etienne, vous êtes très-riche ; or, mes enfans , il faut que vous , Samuel , vous fassiez votre fortune , et vous, Etienne, que vous conserviez la vôtre. L'une de ces choses est aussi diliicile que l'autre. Vous ne savez pas encore bien clairement ce que signifient ces mots funestes : richesse et pauvreté ; je vais vous les expliquer. L'homme pauvre se voit entouré d'obstacles. Comme il semble ne pouvoir être utile à per- sonne, personne ne songe à lui être utile. Par conséquent, son premier soin doit être de se vendre nécessaire à la société, et il faut que tous ses efforts tendent à arriver à un résultat de si grande importance : le travail et la probité en offrent des moyens assurés : les plus pares- seux et les plus déshonnètes prisent ces deux vertus , et recherchent avec empressement ceux qui en font preuve. Soyez donc honnête homme, Samuel; n'hésitez jamais devant le strict accomplissement d'un devoir, quelque rigoureux qu'il soit, quelque désavantageux qu'il vous paraisse. Si vous n'agissiez point ainsi par amour de la vertu, 11 faudrait le faire dans votre intérêt. Quand on vous saura honnête homme, personne n'hésitera à vous confier ses affaires, si l'on vous connaît en outre laborieux et intelligent. Mais ne vous attendez pas néanmoins à gagner d'abord facilement votre vie. Non, mon enfant, les premières années d'un homme qui entre dans la carrière, quelle que soit sa supériorité intellectuelle, sont hérissées d'obstacles, et il n'y peut marcher que pas à pas, lentement, et à force de fatigues, de persévérance et de labeurs. Ne reculez devant rien de tout cela : ne vous laissez jamais aller au découragement, travaillez. Peu à peu ce champ aride et stérile se défrichera et deviendra fécond. Une fois que vous com- mencerez à recueillir les fruits de votre activité et de vos sueurs, votre existence changera tout- à-fait de face, le succès vous apparaîtra au loin, et vous marcherez vers lui plus rapidement. Il faudra bien vous garder de vous enivrer de ce succès ; les fumées de l'orgueil sont plus 68 ÉTUDES MORALES. fatale encore que la défiance que l'on pourrait concevoir de soi. Pour soutenir votre fortune nais- santes ne cueillez pas les fleuis, attendez que le fruit paraisse, qu'il atteigne sa grosseur, qu'il arrive à sa maturité. Gardez-vous surtout de jamais vous écarter d'un esprit d'ordre sé- vère, d'une économie bien entendue. Sans avarice comme sans prodigalité, rappelez-vous que l'économie triple la valeur des choses, et que l'ordre les quintuple ; il les place sous un jour favorable, il en prolonge la durée. L'ordre, mon enfant, est non-seulement la fortune, mais encore la vertu ; appliquez-le à votre conscience comme à votre conduite, et vous serez irrépro- chable devant Dieu et devant les hommes. Ne vous écartez donc point de ces règles, Samuel : marchez avec persévérance ; prenez pour guides la probité, le travail, l'économie, l'ordre, vous ne pouvez manquer d'arriver, sinon à l'o- pulence, du moins à une vie douce et honorée. Quant à vous, Etienne, je dois en faire l'aveu, j'éprouve plus d'inquiétude sur votre avenir que sur l'avenir de Samuel.... Il va trouver l'existence trop difficile ; vous allez la trouver, vous, trop facile, mon enfant, car vous êtes riche. Riche! vous ne savez pas tout ce que ma pru- dence lit de sinistre dans ce don funeste que le sort vous a fait ; vous ne savez pas tous les pièges au milieu desquels il vous jette, sans expérience pour les deviner et pour les éviter. La flatterie, ce démon qui excite la vanité tout haut et s'en moque tout bas, la flatterie va vous entourer de ses guirlandes de fleurs , si douces à respirer d'abord , mais qui cachent des épines cruelles , dont elles déchirent quand elles étreignent leur proie. Les flatteurs abuse- ront de votre inexpérience et de l'araour-propre naturel à tous les jeunes hommes, pour vous dépouiller et s'enrichir à vos dépens. Ils vanteront votre expérience et votre sûreté de jugement, afin de vous entraîner à des spéculations fausses; ils feront résonner à vos oreilles des mots harmonieux et pleins d'attraits, qui cachent autant de remords et de douleurs; ces mots sont : plaisirs , amour, renommée. Ils iront jusqu'à dire qu'ils vous aiment, eux vos plus cruels ennemis, eux qui ne veulent que votre naufrage, pour recueillir vos épaves. Simple, droit et bon comme vous l'êtes , vous les croirez, mon enfant, vous vous livrerez à eux sans défiance, et vous répondrez à ces tendresses menteuses et perfides par une affection franche et dévouée. Les résultats de quelques années de cette vie, seront une diminution réelle dans votre fortune. Alors, justement alarmé, vous penserez sans doute au seul parti sage qu'il faille prendre en pareil péril : diminuer vos dépenses, restreindre votre faste ; vous arracher à la vie perfide que vous menez ; mais au lieu de vous laisser écouter la voix de la raison , ils s'attacheront à vous , et vous offriront mille autres partis plus séduisans. A les entendre, ce serait folie que de songer à une existence plus régulière. Il faut tenter la fortune; il faut triompher de ses caprices ; il faut la soumettre et non reculer devant elle. Ils vous parleront de spéculations nombreuses qui doi- vent tripler votre foitune amoindrie. C'est une pierre philosophalc qui n'attend qu'un peu d'or pour en produire des monceaux... Vous les écoulerez ; vous leur prêterez l'oreille, car il vous en coûte cruellement de rompre vos habitudes, de renoncer à vos plaisirs, et votre amour-propre souffrirait de rendre publics la confidence de votre état de gène et l'aveu de la mauvaise di- rection donnée à votre fortune. Vous suivrez leurs perfides conseils, mon enfant... Alors vous êtes tout à fait perdu ; l'abîme où vous vous jetez n'a point de fond, et ne vous laisse aucune espérance de salut. Chaque nouvelle peite, au lieu de vous faire comprendre dans quelle voie de perdition vous vous êtes engagé , ne vous rendra que plus ardent à ce jeu funeste , où toutes les chances se réu- niront contre vous, sans vous laisser même le sang-froid nécessaire pour les apprécier. Plus une affaire se présentera difficile et chanceuse , plus vous y exposerez les débris de votre for- lune. Dès ce moment, adieu à tout repos, adieu à tout bonheur, adieu à toute aisance; bien- tôt il ne vous restera plus que la misère et le repentir, , Tout à l'heure , je résumais mes conseils a votre ami par ces mots : travail et ordre ; il faut, Etienne, que ces mots deviennent aussi votre devise. Travail et ordre, entendez-vous bien; voilà vos moyens de salut. Jouissez honorablement de votre fortune ; mais prenez le travail pour talisman contre les tentations de l'oisiveté, et l'ordre pour préservatif contre les séductions du faste. Rendez-vous compte souvent de votre position, et souvenez-vous bien qu'il est encore plus difficile de conserver sa fortune que de la conquérir. En achevant ces conseils, le bon vieillard tendit les bras aux deux jeunes gens, qui s'y pré- cipitèrent en versant des larmes , et lui renouvelèrent à diverses reprises la promesse de suivre religieusement ses conseils. Le principal ne voulut point se séparer de ses jeunes amis sans les réunir encore une fois à sa table, comme il le faisait les jours où il avait quelque récompense à leur accorder. Ce repas terminé , deux personnes entrèrent aans l'appartement ; l'un était l'intendant du jeune Etienne de Senchères, l'autre un négociant de la ville, fabricant de draps et propriétaire d'un magasin de détail fort achalandé. — ' Messieurs, leur dit-il, je remets en vos mains chacun de ces deux jeunes gens. Vous avez bien voulu, monsieur le négociant, admettre, à ma recommandation, dans vos magasins, le jeune Samuel. Je prierai Dieu, chaque jour, pour vous remercier du service important que vous me rendez, en prenant mon élève sous votre protection. Quant à vous, monsieur l'intendant, voici votre jeune maître. Puisse-t-il trouver en vous un conseiller sage et prudent ! ETUDES MORALES. 69 L'Intendant salua et remit une bourse pleine d'or à Etienne ; le négociant, après avoh- serré la main du Principal , emmena Samuel ; ils n'avaient point encore achevé de descendre toutes les marclies de l'escalier, quand ils entendirent Etienne qui accourait les rejoindre. — Samuel, dit-il à voix basse, et en passant son bras sous le bras de son camarade , prends cette bourse ; ne me la refuse pas, au nom de notre tendre amitié. Commençons, a;joula-t-il, car il voyait son ami bésitcr, commençons un échange de bons oflices ; lorsque j'aurai besoin de l'aide d'un ami, je jure de ne recourir qu'à toi. Samuel embrassa Etienne en pleurant , et ils se séparèrent. §11. L'intendant fit monter Etienne dans une chaise de poste qui partit aussitôt pour Paris. Le jeune homme crut rêver quand il se sentit emporter avec rapidité par les chevaux ; et durant les premières heures, il ne pouvait se lasser de regarder les paysages qui passaient sous ses yeux, et se succédaient comme les verres d'une lanterne magique. Lorsqu'il fut un peu remis de cette pre- mière sensation de surprise et de joie, l'intendant lui dit : — Monsieur le comte , je vous dois quelques renseignemens sur la fortune que votre tuteur doit remettre entre vos n)ains dès que nous serons arrivés à Paris. Cette fortune , que j'ai été chargé de gérer pendant votre minorité, consiste en un magnifique hôtel dans le faubomg Saint- Germain , et en propriétés territoriales immenses dans la Bourgogne ; elles entourent un château où vous pourrez aller passer l'été, et sont afTermées d'une manière avantageuse et sûre ; le revenu annuel qu'elles produisent s'élève à quarante mille francs : le capital qu'elles représentent produi- rait peut-être un tiers de plus , s'il était réalisé et placé d'une autre façon. Mais je n'ai rien voulu changer avant votre majorité et sans vos ordres. — Je suis bien assez riche comme cela, répondit Etienne, et je serai fort embarrassé sans doute de dépenser une aussi grosse somme. J'ai bien envie d'écrire à Samuel de venir passer sa vie avec moi à Paris. J'ai assez de fortune pour deux , et le pauvre garçon ne serait pas obligé de passer sa vie dans un comptoir à auner du drap. En outre , j'aurais ainsi près de moi un bon ami. L'intendant sourit. — Monsieur le comte , dit-il , attendez quelque temps encore avant de prendre cette résolu- tion : peut-être avant peu seriez-vous fâchés tous les deux de l'avoir mise à exécution. Le voyage d'Etienne toucha enfin à son terme ; il entra dans Paris, cette ville de tous ses rêves. Il prit possession de son bel hôtel de la rue de Varennes. 11 ne pouvait croire que cette vaste ha- bitation et ces beaux meubles fussent à lui ; il avait toujours envie de se servir lui-même , malgré les domestiques qui se trouvaient à son service ; et il lui fallut plusieurs jours avant de pouvoir s'habituer à leur donner ses ordres. Cependant, personne n'aurait pu reconnaître dans l'élégant jeune homme qu'on avait fait d'Etienne le lycéen naguère mesquinement vêtu d'un habit bleu à collet droit et assez médiocrement taillé. Un coiffeur avait disposé avec grâce et savamment bouclé ses cheveux blonds ; un frac dessinait d'une manière avantageuse sa taille mince ; une chaus- sure élégante remplaçait les gros souliers de la pension, et ses mains avaient perdu sous des gants souples et doux la rudesse qu'elles devaient aux exercices delà gymnastique. En outre on l'avait initié aune foule de merveilles et de plaisirs dont il ne pouvait se rassasier. Le matin, il allait se promener au bois et y faire admirer son élégant tilbury et son beau cheval arabe , qu'il commen- çait à savoir conduire lui-même ; le soir , il trouvait dans les spectacles mille distractions char- mantes ; et quand il rentrait chez lui, c'était pour se féliciter de la bonne journée qui venait de se passer et de celle dont il jouirait le lendemain. Disons cependant qu'au milieu de toutes ces fêtes, Etienne n'oubliait pas Samuel ; qu'il lui écri- vit plusieurs fois, et (ju'il le pressa même vivement de quitter la province et de venir partager ses nlaisirs de Paris. Voici comment Samuel lui répondit : « Mon cher Etienne , M Je reçois la bonne lettre, et je ne saurais t'exprimer toute la joie qu'elle m'a faite; car elle me prouve ton bon cœur, et combien tu as d'affection pour moi. Les témoignages de tendresse que tu m'y donnes m'ont ému ; mais je n'en dois pas moins refuser les offres que tu m'adresses ; car, mon ami , je serais bien indigne de toi et de l'éducation que j'ai reçue, si je consentais à mener une vie oiseuse à tes dépens, et à manger un pain que je n'aurais pas gagné par mon travail. Tu m'as déjà fait un trop magnifique cadeau, que je n'aurais point dû accepter. Du reste , les cinq cents francs en or que tu m'as remis en partant m'ont servi à faire un petit commerce auquel m'a au- torisé mon patron , et je te regarde comme mon associé dans cette affaire. Tu y as apporté tes capitaux et moi mon industrie. Ce commerce consiste à acheter de petites quantités de laines et à les revendre plus tard avec un léger bénéfice. Adieu , mon cher Etienne , merci d'avoir pensé à moi qui pense toujours à loi. )) Ton ami , Samuel. » On le voit : la lettre de Samuel exprime plutôt la tranquillité d'esprit et le contentement que la tristesse de la résignation ou le chagrin. Et cependant, la vie qu'il menait était rude et laborieuse • mais au sortir de la règle sévère d'un collège , il fallait que le pauvre garçon , comme les autres W ÉTUDES MORALES. commis du fabricant , se fevàt dès cinq heures du matin pour mettre le magasin en ordre, et même le balayer chacun à tour de rôle. Le reste de la journée se passait dans les comptoirs à tenir les écritures, à répondre aux chalands et à placer et replacer sur les rayons du magasin les pièces de draps. Le soir venu et les portes fermées, il fallait se rendre compte des ventes du jour, de sorte qu'à dix heures, les commis, accalilés de fatigue, se voyaient seulement délivrés de leurs travaux; d'ordinaire ils profilaient de cette liberté pour aller se coucher : car je vous ai dit com- ment leur journée s'était laborieusement passée, et à quelle heure matinale ils devaient se lever le lendemain. Cependant ce, ne fut pas Samuel qui le premier éprouva de la satiété et de l'ennui au sortir du collège : ce fut Etienne. Etienne se lassa bientôt de l'existence de plaisirs et de fêtes qu'il menait. La facilité avec laquelle il pouvait réaliser tous ses projets leur ôtait tout leur charme , et il recon- nut que le cercle des jouissances que peut se procurer un homme oisif, quelque fortune qu'il pos- sède, se trouve beaucoup plusrestreint qu'on ne paraît d'abord le croire. Etienne s'ennuyait donc le matin chez lui , et atlçndait avec impatience l'heure de la promenade ; mais l'ennui le suivait à la promenade , et c'était vers le spectacle que se dirigeaient ses désirs. Le spectacle ne parve- nait pourtant pas à calmer ses baillcmens et à récréer son imagination, et il rentrait chez lui l'es- prit vide , fatigué comme s'il se fût livré à des travaux bien laborieux , et n'ayant de goût et de plaisir à rien. La société des jeunesgens à la mode parmi lesquels il se trouvait jeté ne lui valait pas des dis- tractions bien grandes ; il n'avait pu s'habituer encore à leur ton léger , à leurs propos vides , à leur conduite irrégulière , et il se trouvait cneore trop près de la bonne éducation qu'il avait reçue au collège pour ne pas se fâcher encore de les voir mépriser ce qu'il avait été habitué à respecter. Néanmoins il voyait chaque jour ces étourdis ; il en faisait sa société habituelle , et il les recevait chez lui, où souvent ils venaient traîner leur oisive frivolité. Un matin après un bal, sept ou huit de ces étourneaux déjeunaient avec Etienne , et le vin dC; Champagne avait porté leur gaîlé au plus haut point, quand un domestique vint apprendre à Etienne qu'un homme demandait à lui parler et voulait à toute force arriver jusqu'à lui. Il y met tant d'insistance, ajouta-t-il , que j'ai cru devoir prévenir M. le comte de ce qui se passe. — Et quel est ce jeune homme? demanda Etienne, qui jouait avec un cure-dent? ' — Un commis marchand, je crois ; car il porte un paquet sous son bras. — Un commis marchand, répéta en riant un des jeunes gens. — Il faut le faire entrer , nous nous en amuserons ; car je suis sûr que sa mine est drôle, ré- pliqua un second. En ce moment, on entendit une lutte entre l'inconnu et un domestique. — Je veux le voir, s'écriait-on , quand il saura que vous m'empêchez d'arriver jusqu'à lui, il vous grondera, je suis son ami Samuel ! La p.orte s'ouvrit, Samuej se précipita dans la chambre. — Etienne ! mon cher Etienne! mon ami, mon frère, sanglota le bon commis marchand en se jetant au cou de son camarade. Je te revois enfin ! après dix-huit mois de séparation ! Etienne partageait la joie de Samuel et lui rendait avec émotion ses caresses. Mais après les premiers momens donnés à la surprise et à la jouissance des souvenirs de la jeunesse, quand il porta les yeux sur ceux qui l'entouraient , il se sentit le rouge monter au visage , car il ne voyait que des sourires moqueurs. En effet , le costume de Samuel ne paraissait point de nature à mériter les suffrages de ces fashionnables. C'était tout bonnement son uniforme de collège dont le collet droit avait été changé tant bien que mal par un tailleur assez inexpérimenté de province. Le pauvre garçon portait encore le chapeau de laine dont il faisait ses beaux jours quand il al- lait en promenade les jeudis avec Etienne. Après un quart d'heure donrié à son ami, et quand il lui eut conté qu'il allait désormais habiter Paris , car son patron , satisfait de son zèle, l'avait placé chez tm associé qu'il avait rue Sainte- Anne, Samuel prit rongé d'Etienne qui l'alla reconduire jusqu'à la porte extérieure de son sa- lon, afin de pouvoir l'embrasser encore une fois, sans avoir à redouter les moqueries de ses convi- ves. Quand il rentra, un de ces fous parodiait la démarche timide de Samuel. Il se livrait à des plaisantepies insolentes sur le costume de celui qu'il appelait un pauvre hère, puis il alla gravement féhciter Etienne sur les brillans amis qui lui arrivaient de la province. Etienne aurait voulu se lâcher, mais le railleur mettait tant d'esprit, de gaîté à débiter ses boulFonneries qu'il força son amphylrion à se dérider et à rire. Le lendemain malin Samuel revint pour revoii son cher Etienne, et demeurer plus lon- guement avec lui. Etienne se trouvait encore entouré des mêmes fous que la veille. — Dites que je n'y suis pas , répondit-il au domestique; il m'ennuie, ajouta-il, en se tournant vers les convives. Samuel qui suivait le valet de chambre entendit ces paroles cruelles qu'Etienne ne pensait pourtant pas, mais qu'il laissa échapper pour se soustraire aux railleries dont il se voyait me- nacé. Vous pouvez juger quel coup celle injure porta à Samuel qui sortit en tâchant de retenir les larmes qui remplissaient ses yeux, S.. Henry BERTHOUD. ( Sera continué. ) AGRICULTURE. 71 I. AGRICULTURE. GRANDE CULTURE. rOUBKAGES DES PRAIRIES NATURELLES ET ARTIFI- CIELLES, KON CRAMIKÉS. Fourrages légumineux. — Suite. Les LENTILLES (ervum) ont le calice di- visé en cinq lanières étroites, pointues, profon- des, presque égales à la corolle : le stigmate est glabre ; la gousse est oblongue, renfermant de deux à quatre graines. Ces plantes ont le port des vesces, et s'en distinguent par leurs fleurs plus petites et leurs graines peu nombreuses. La LENTILLE A UNE FLEUR, OU d'aUVERGNE (cr- vum monanlhos , Lin.) jarosse, ou jarode , trouvera sa place ici, quoique ce soit réellement une vesce (vicia monanthos, Desf.); et si nous la plaçons parmi les ers , c'est pour nous plier à l'usage établi par les agriculteurs. La plante est glabre dans toutes ses parties ; sa tige est anguleuse, rameuse par la base, haute de douze à dix-huit pouces ; les stipules sont petites, linéaires, aiguës, munies à leur base d'une oreillette étroite et acérée ; le pétiole se termine en vrille rameuse et porte six à douze folioles linéaires, obtuses, échancrées ou termi- nées par une petite arête ; les pédoncules sont axillaires , plus courts que la feuille , chargés d'une ou deux fleurs purpurines assez sembla- bles à celles de la vesce-cracca ; le calice est à cinq dents, dont les inférieures , qui sont les plus longues , n'atteignent pas le tiers de la co- rolle : le stigmate est barbu au sommet : la gousse est pendante , glabre , ovale-oblongue , pointue, comprimée, et renferme de deux à cinq graines. Elle est annuelle et croît naturellement dans le midi de la France. Toutes les espèces de bétail recherchent cette plante dont le fourrage est doux et de bonne qualité. Dans quelques départemens de la France on la cultive non-seulement pour le bétail, mais encore pour sa graine farineuse aussi utile à la nourriture de l'homme qu'à celle des animaux. Quoiqu'elle ne soit pas très-produc- tive , eUe mérile cependant d'être plus généra- lement cultivée , parce qu'elle a la précieuse qualité de croître dans les sables et les terrains les plus arides, où l'on ne peut élever ni la vesce ni le pois gris. Comme ses tiges grimpantes sont très-faibles, on est dans l'usage de semer avec elle un peu de seigle ou d'avoine d'hiver pour les soutenir. On la sème également au printemps et en automne, mais plus avantageusement dans cette dernière saison, parce qu'elle résiste très- bien aux rigueurs de l'hiver. Il faut un hectoli- tre de graines par hectare. Nous terminerons cet article par une citation empruntée à M. Vilmorin. «Depuis plusieurs années , dit-il , j'ai été à même de reconnaître l'extrême utilité de cette plante pour les mau- vais sables, soit par l'emploi que j'en ai fait sur mon exploitation, soit surtout par les cultures très-étendues que j'en ai vu chez un agriculteur très-instruit de mon voisinage, M. Valentin de Culliou , maire de Chàtiilon-sur-Loing. Les masses de fourrages qu'il a obtenues de la len- tille d'Auvergne et du pois gris d'hiver, sur des terrains qui jusques là étaient réputés incapables d'en produire une botte, sont telles qu'elles au- ront et ont déjà pour résultat une immense amélioration dans l'état de ses fermes. Je ne saurais trop engager les propriétaires qui pos- sèdent de très-mauvais terrains siliceux, et qui manquent de fourrages , à introduire chez eux la culture de la lentille d'Auvergne ; je suis as- suré qu'ils y trouveront de grands avantages. Je dis terrains siliceux, car, sur de mauvais sols calcaires où je l'ai également essayée , elle n'a végété que très-médiocrement. » Pour les autres lentilles, nous en avons traité sous le nom d'ers, voyez la page 10 du numéro de janvier 1838. Néanmoins nous mentionne- rons encore : Le LENTiLLON (crvum lensminor, du cata- logue Vilmorin), qui n'est rien autre chose qu'une variété de la lentille commune, fournis- sant un fourrage très-estimé dans les environs de Paris, où elle est assez cultivée. Cette variété, annuelle comme son type , aime surtout les terres sèches, où on la sème à la volée, au prin- temps, en raison d'un hectolitre et demi de grai- nes par hectare , et en mélange avec un peu d'avoine destinée à soutenir ses tiges grimpantes. Ce fourrage est peu productif, mais il a , selon M. Tollard aîné, « l'avantage de nourrir les ani- maux à volume une fois moindre que les autres fourrages. » Ce qui nous paraîtrait un peu exagéré si c'était avancé par un obsenateur moins éclairé que M. Tollard. On en possède deux sous-va- riétés, qui sont : le Icntillon d'été, qu'on sème au printemps , et le lentilton d'hiver, qu'on sème en septembre en mélange avec du seigle. Toutes deux réussissent dans les terrains mé- diocres et donnent des graines qui engraissent beaucoup les animaux domestiques. Les LOTIERS (lotus) ont le calice tubuleux, persistant, à cinq découpures égales ; les ailes sont plus courtes que l'étendard , rapprochées longitudinaleraent par le haut ; la gousse est 72 AGRICULTURE. oblongue , droite , cylindrique , chargée , dans quelques espèces de quatre ailes saillantes et foliacées. Ces plantes ont toutes des fleurs jau- nes ou rougeâtres ; les stipules grandes , dis- tinctes du pétiole et semblables à des folioles. Le LOTIER COMESTIBLE {lotUS cduUs, LiN .) 3 la tige droite, un peu branchue, presque glabre, oxcepté vers l'extrémité de ses pousses; les stipules sont ovales , assez larges à la base ; le pétiole porte trois folioles glabres, ovales, oblon- gues , un peu retrccies à la base ; le pédoncule se termine par une, deux ou trois fleurs jaunes, entourées de deux ou trois folioles ovales ; la carène a sa sommité violette ; les gousses sont épaisses, glabres, un peu courbées, munies dans leur jeunesse de deux rides voisines des sutures, et qui disparaissent à la maturité : il est annuel. Bosc dit qu'en Egypte on en mange les gous- ses qui , avant leur maturité , sont remplies d'une pulpe douce analogue h celle des petits pois. Son opinion est que cette plante, qui fruc- tifie très-bien dans les environs de Paris, de- vrait être cultivée en grand pour la nourriture des bestiaux , et surtout des cochons. On cou- perait sa fane avant la maturité des graines. Le LoTiER coRNicuii ( lotus comiculatus , Lin.) se distmgue à sa racine vivace, un peu dure ou ligneuse ; à ses tiges demi-couchées ; à ses pédoncules beaucoup plus longs que ses feuilles, et chargés de huit à dix fleurs réunies en tète déprimée , jaunes, et qui deviennent ver- tes par la dessication ; enfin h ses gousses droi- tes, raides, cylindriques. On en trouve plusieurs variétés qui s'élèvent depuis cinq pouces jus- qu'à dix-huit, et qui sont plus ou moins velues. Cette plante fournit un excellent fourrage , très-recherché par le bétail, et elle est toujours un indice certain de la bonne qualité du foin des prairies où on la trouve. Elle a en outre l'avan- tage déformer d'excellens pâturages, de venir fort bien sur les terrains secs, et d'y maintenir sa végétation en été. Quoiqu'elle s'élève peu, elle ne laisse pas de donner un fourrage assez abon- dant. M. Yvart prétend qu'il résiste également bien à l'effet des sécheresses et des inondations. Et cependant , si on en excepte l'Angleterre où on le cultive dans quelques endroits pour la nourriture des moutons, je ne crois pas qu'il soit cultivé nulle part. Cela vient .sans doute de ce que , semé seul , il commence à .se dégarnir dès la seconde année , ou plutôt de ce que ses graines , peu abondantes , sont très-difiiciles à récolter. Le LoTiEu VELU (lotus vUlosus ,Thvii.i..) n'en est qu'une variété commune aux environs de Paris, et dont Thuillier en a fait une espèce. Il n'en diffère que parce qu'il est tout hérissé de poils , surtout sur les calices , et qu'il forme des touffes hautes de quinze à dix-huit pouces.' Elle croit au bord des bois. Ce lotier semblerait devoir l'emporter sur le précédent, par la qualité qu'il a de croître dans les prairies humides , et même inondées pen- dant six mois de l'année, suivant les observa- lions de M. Tollard. M. Vilmorin dit: « Cette plante se plait dans des terrains plus humides , est plus fourrageuse, et, d'après sa longue du- rée et ce que j'en ai vu, tant à l'état sauvage que dans les semis que j'en ai faits, je ne doute point que ce lotier ne soit une bonne plante à cultiver, peut-être seule, mais tout au moins dans les mé- langes destinés à former des prairies naturelles. Il graine beaucoup plus abondamment que l'au- tre. On le sème en mars et en avril, à raison d'environ seize litres de graines par hectare. : Le LOTIER siLiQUEux (lotus siUquosus, Lin.) est vivace comme les précédens. Ses liges sont longues de six à neuf pouces , velues et un peu couchées ; ses feuilles sont composées de deux stipules ovales et un peu lancéolées, et de trois folioles placées au sommet du pétiole, plus gran- des et presque cunéiformes : les deux latérales ont leur bord intérieur très-diminué ; elles sont toutes molles , légèrement velues , et d'un vert un peu glauque ; les fleurs sont grandes , d'un jaune pâle , solitaires , axillaires et portées sur de longs pédoncules ; elles ont chacune à leur base une bractée composée de trois folioles moins longues que le calice : les légumes ont quatre angles feuilles et membraneux. Cette plante a beaucoup été vantée en Angle- terre comme propre à être semée en mélange, au printemps, dans les prairies humides. Son fourrage convient à toutes les espèces de bétail et plait particulièrement aux chevaux ; néan- moins j'ignore si on a tenté sa culture en France. Le LOTIER ROUGE { loius tctragonolobus , Lin.) est annuel, et se distingue aisément de tous les autres à la couleur pourpre foncée de ses fleurs. La plante est velue, molle, demi- couchée ; sa grandeur varie de six h douze pou- ces ; ses liges sont cylindriques, rameuses ; ses stipules sont ovales et lancéolées , assez gran- des; la pétiole porte trois folioles insérées au sommet , ovales , rétrécies h la base , un peu pointues ; les pédoncules portent une à deux fleurs munies d'une feuille à deux ou trois fo- lioles sessiles et ovales ; la gousse est à quatre ailes membraneuses. M. De Candollc dit que les gous.ses de cette espèce se mangent comme celles des pois sans parchemin, et qu'il l'a vue, à Dieppe, culti- vée comme plante potagère. Madame Gacon- Dufour prétend que ses graines torréfiées peuvent, mieux qu'aucune autre chose, rem- placer le café , et j'aime mieux m'en rapporter à cette dame que d'en faire l'expérience. Comme AGRICULTURE. 73 fourrage, ce lolier convient à loiUcs les espèces de bétail ; mais , comme les autres plantes de son genre, il plaît pi incipalementaiix chevaux. Les auteurs recommandent de le semer en mé- lange , au printemps , en terre chaude et bonne, et de ce dernier fait il résulte qu'on pourrait trouver des plantes plus avantageuses. Aussi je ne pense pas qu'on l'ait cultivé en France , ail- leurs que dans les jardins. Les LUPINS ( lupinus ) ont un calice à deux lèvres entières ou dentées ; la carène est à deux pétales presque entièrement distincts ; les éla- mines sont toutes soudées par leur base ; la gousse est coriace , oblongue, à plusieurs grai- nes. Toutes les plantes de ce genre sont des herbes à feuilles digitées et souvent velues , à stipules adhérentes au pétiole, à fleurs disposées en épis terminaux. Le LUPIN DLANc (lupînus albus , Lin.) est annuel. Il a la tige droite, cylindrique , un peu velue ; ses feuilles sont pétiolées , digitées , à cinq ou sept folioles oblongues, entières, mol- les , glabres et d'un vert foncé en-dessous, cou- vertes en-dessus et sur les bords de poils longs, soyeux et couchés , qu'on retrouve sur les sti- pules et les calices ; les fleurs sont blanches , alternes, pédicellées, disposées en grappes droite terminale, dépourvues de bractées ; la lèvre su- périeure du calice est entière , l'inférieure est à trois lobes ou trois dents ; la gousse est épaisse, hérissée , et renferme cinq ou six graines orbi- culaires , applaties , blanchâtres, amères. Les anciens connaissaient le lupin et le cul- tivaient , comme nous , pour l'enterrer et en obtenir ainsi un bon engrais-, et de plus pour nourrir leurs esclaves ;wec ses graines. Pour la manière dont ils le cultivaient, on peut consul- ter Columelle, lib. 2, cap. 10. Les pauvres po- pulations de la Corse et de l'Italie s'en nourris- sent encore , après les avoir préalablement fait macérer dans de l'eau de mer ou de l'eau douce, pour enlever leur amertume. Comme cette amer- tume gît entièrement dans l'écorce, il serait mieux de décortiquer ces graines comme on le fait des pois. Quoiqu'il en soit, les graines de lupin, après leur macération , fournissent aux animaux do- mestiques, et principalement aux bœufs, un ex- cellent aliment, qui les engraisse beaucoup. La plante entière, enterrée avec la charrue pendant qu'elle est en fleur, engraisse la terre aussi bien que le meilleur fumier ; dans sa jeunesse elle fournit un très -bon pâturage pour les mou- tons. Le lupin a l'avantage de très-bien végéter dans les terres les plus mauvaises , telles que les argiles maigres, les sables graveleux, féru- gineux,etc. Il est un peu sensible au froid, et, sous le climat de Paris , ne doit être semé que vers le 15 avril. Il faut dix à douze décalitres I ï de graines par hectare. On prétend qu'il ne réussit pas dans les terres calcaires, et que ses fanes enterrées sont très-longues à se décom- poser. Les LUZERNES (mcdicago) sont des her- bes ou arbrisseaux à feuilles ternées , à folioles dentées en scie , à stipules adhérentes à la base du pétiole , à fleurs disposées en petites grappes lâches, ou rarement solitaires. Le calice est à peu près cylindrique , à cinq divisions égales ; la carène est un peu écartée de l'étendard ; la gousse est à plusieurs graines , de forme très- diversifiée , toujours courbée en forme de faulx, ou tortillée en spirale. La LupuLiNE ou LUZERNE-HOUBLON (medicago lupulina , Lin. ) a les liges menues, couchées et longues de six à quinze pouces ; ses feuilles sont pétiolées et composées de cinq folioles ova- les , un peu élargies vers leur sommet qui est légèrement denté ; les fleurs sont fort petites , de couleur jaune , et poilées sur des pédoncules axillaires beaucoup plus longs que les feuilles ; les légumes sont petits, pubescens, monosper- mes, réniformes, striés, noirâtres dans leur maturité, et ramassés en tète. Cette plante bisannuelle est connue par les cultivateurs sous les noms de minette, minette dorée, trèfle jaune, trèfle noir, trèfle de Germanie. Pendant longtemps on ne l'a cul- tivée que dans quelques localités assez rares de la France , et il n'y a que peu d'années que ces bonnes qualités ont étendu son domaine. Elle fournit un fourrage assez abondant , fin , de bonne qualité, et presque sans danger pour les animaux qu'il météorise rarement. En vert, elle produit de si bons effets sur les moutons , que peut-être serait-il aussi avantageux de la faire pâturer sur place par eux , que de la fau- cher et delà convertir en foin. Elle aie précieux mérite de réussir sur les terres sèches et de mé- diocre qualité. Dans les assolemens des terres à seigle , elle peut occuper la même place qu'oc- cupe le trèfle dans ceux des terres à froment. On la sème ordinairement au mois de mars , à raison de trente livres par hectare. M. Tollard aîné a faitsur la lupuline, comme sur tous les végétaux cultivés , des observations très-intéressantes qu'il a consignées dans sou Traité des végétaux qui composent l'agri- culture ; nous renvoyons nos lecteurs, pour plus de détails, à cet excellent ouvrage (i). La LUZERNE CULTIVÉE {medlcttgo saliva. Lin.) a les tiges droites, hantes de dix-huit pouces , fermes , glabres et rameuses ; folioles ovales-lancéolées, dentées vers leur sommet, et quelquefois un peu velues. Les fleurs sont dis- posées en grappes axillaires, et sont ordinaire- ment de couleur violette ou purpurine , quel- quefois jaunâtres ou bleuâtres : les gousses sont (1 ) Chez M. Tollard atné, quai aux Fleurs, u cl 2 1 , Paris, VA AGRICULTURE. dépourvues de poils et d'épines, éiroites, tor- tillées en escargot , cl formant un ou deux tours sur elles-mêmes. Cette plante vivace croit na- turellement dans les prés et sur les vieux murs. Vanter ici les avantages de la luzerne serait une chose oisive , car il n'est pas un cultiva- teur qui n'en ait fait ou du moins vu faire l'ex- périence. Cet excellent fourrage a cependant le défaut , en sec , d'échauffer un peu les chevaux el les bœufs qui n'y sont pas accoutumés, et de météoriser les moulons et hèles à cornes , soit lorsqu'on leur fait pâturer le malin quand il est humide par la rosée ou mouillé parla pluie, soit quand on leur donne en vert à l'écurie , avant de l'avoir laissé bien se ressuyer. Il peut même occasionner des accidens aux bestiaux par sa seule quantité si on leur en donne im- modérément en vert; s'il ne les méléorise pas, il leur donne des diarrhées qui pour- raient devenir dangereuses si on n'y remédiait promptement. D'une autre part, on a vu des bœufs, nourris à discrétion avec de la luzerne sèche, prendre tout à coup des pissemeus de sang, qui , cependant, cèdent assez facilement au traitement rafraîchissant. Nonobstant ces inconvéniens , qui ne résultent jamais que d'un défaut de soin , la luzerne est restée jusqu'à ce jour. le fourrage dont la culture est le plus pro- fitable dans les terrains qui lui conviennent. Malheureusement celle plante , quoiqu'on en ait dit , ne réussit pas également dans tous les sols , et il en est même beaucoup où elle refuse absolument de croître , au moins pour mé.'iter la peine d'y être cultivée. Par exemple, dans les lerrcs ou trop humides , ou absolument sè- ches ; dans celles qui n'ont pas au moins neuf h dix pouces de profondeur, et qui reposent sur des tufs, des craies ou des argiles imperméables, et qui , pour cette raison, retiennent l'humidilé. Enfin-, elle ne réussit ni dans les terres marneu- ses , tourbeuses , froides, ni dans les sables sté- riles. Il est vrai que dans un terrain qui ne lui est pas absolument contraire , elle végète pen- dant deux ou trois ans , mais dans ce cas elle produit si peu qu'il est beaucoup plus avanta- geux pour le cultivateur de lui préférer le trèfle, ou autre fourrage plus approprié au sol. Le produit d'une luzerne varie d'une ma- nière étonnante en raison du climat et de la na- ture des terres. On a vu en Espagne des lu- zernières que l'on fauchait jusqu'à quatorze fois par an , du moins si on s'en rapporte à l'itiné- raire de M. de La Borde. Cet auteur dit avoir fait cette observation aux environs de Malaga, où les habitans obtiennent ce produit énorme au moyen des arrosemens. Ce fait ne m'en pa- raît pas moins exagéré. Bosc prétend avoir vu dans les vallées volcaniques du Viocnlin des lu- zernières que l'on coupait huit fois par an. Ce qu'il y a do certain, c'est qu'on coupe la lu- zerne quatre fois dans le midi de la France ; souvent trois fois aux environs de Paris, et plus au nord, deux ou une fois. Les anciens connaissaient la luzerne tout aussi bien que nous et l'appréciaient beaucoup. Pline dit qu'une luzernière dure trente ans; cela peut être en Italie. En France , sa durée est en raison de la qualité, et surtout de la pro- fondeur du terrain, plus que du climat qui néanmoins y influe aussi pour quelque chose. J'ai vu dans le midi , en très-bon fond, des lu- zernes de dix-huit el vingt ans se soutenant en- core très-bien. A la latitude de Lyon, elles du- lent de dix à douze ans , quelquefois quatorze ou quinze , dans les meilleures terres. A Pa- ris, dans les mêmes circonstances , on peut la conserver de six à huit ans ; dans le nord, de cinq à sept. Mais pour obtenir ces résultais, il lui faut une terre légère et substantielle , ni trop sèche ni trop humide, d'une température moyenne, bien divisée el facile à percer ; il faut surtout que la couche de terre végétale soit profonde , ou au moins posée sur un lit assez ferme pour retenir les principes ferlilisans , el pourtant assez per- méable pour laisser échapper l'eau superflue. J'ai remarqué qu'elle produit beaucoup plus dans les terres calcaires, rouges et un peu com- pactes , que dans celles qui sont siliceuses et granitiques. L'exposition d'une luzernière n'est pas aussi indifierenle qu'on pourrait le croire, el elle doit varier en raison du climat. Dans le midi , la plante croît très bien à l'ombre des arbres et dans les terrains exposés aux vents du nord. A Paris, il lui faut uue exposition plus chaude , ou au moins la plaine. Plus au nord, on devra la semer dans des terres chaudes, à l'exposition du midi. Il est toujours ulilede préparer la terre à rece- voir de la luzerne par quelque culture qui empê- che les mauvaises herbes de croître, telles que celles de la vesce, des pois gris, ou oblige à des binages propres à les faire périr lorsqu'elles ont pousse , telles que celles des fèves de marais , des pommes de terre, etc. En Angleterre on la sème fréquemment après une récolte de raves ou sur une houblonnière , une garancière dé- truite, etc. Il est nécessaire que le terrain qu'on lui destine soit largement fumé, labouré aussi profondément que [jossible, afin (juc ses racines pivotantes , longues de quatre à six pieds , ne rencontrent pas de difïicullés à s'enfoncer pen- dant les premières années. J'ai remarqué que plus la racine d'une luzerne est profonde , plus les tiges de la plante acquièrent de hauteur. Or- dinairement on la sème sur trois labours , mais deux peuvent suffire lorsqu'ils sont convenable- ment faits. Aujourd'hui, on a l'habitude de la semer sur une avoine ou une orge au printemps. Dans les situations un peu basses , \oisines des bois, ou exposées par une cause quelconque aux gelées blanches, tardives, il est prudent de ne semer qu'en mai , car cette plante , dans sa première jeunesse , est extrêmement sensible au froid. Dans de certains cantons on a même l'habitude de ne la semer qu'en été. Dans les sols légers et secs , on peut la semer avantageusement , comme l'a fait M. Yvart, de bonne heure en automne , avec de l'escourgeon ou du seigle. Indiquer une époque fixe pour semer serait impossible, car cette époque doit varier en raison du climat et de la saison. Dans le midi on la sème en septembre ou en mars, un peu plus tôt ou plus tard, selon les temps et les lieux. Les semailles faites en septembre font gagner une année, puisque dans la suivante on coupe cette luzerne comme les autres ; il faut cependant ob- server qu'elle fleurit plus tard et qu'ordinaire- ment on a une coupe de moins. Il est plus avanta- geux de la semer un peu plus clair que trop épais, parce que l'influence de la première année des plantes agit sur toute leur vie ; c'est-à-dire que celles qui ont alors souffert ne sont jamais aussi belles que celles qui ont crû en liberté. La quan- tité de semences à répandre dépendant de la nature du sol et de celle du climat , on ne peut l'indiquer ici d'une manière rigoureuse. Pour les environs de Paris, il en faut environ qua- rante livres par hectare. On la recouvre aussi- tôt au moyen d'une herse légère armée de ra- meaux d'épines, de manière à perfectionner le nivellement déjà donné au sol. Elle craint d'ê- tre trop recouverte , comme toutes les graines unes , mais cependant elle veut l'être suffîsam- odént. Quelques cultivateurs sèment du trèfle avec la luzerne , dans la proportion d'un quart, d'a- près la considération que les récoltes des deux premières années seront plus foites , et que le trèfle disparaîtra à l'époque où la luzerne sera arrivée à toute sa force. Je ne blâme pas absolu- ment cette méthode dans les terres extrèniement fertiles ; mais il est à croire que dans les autres la gène qu'éprouve le jeune plant pendant sa jeunesse doit avoir une influence sur tout le reste de la vie de la plante, et dans ce cas le cul- tivateur perdrait beaucoup plus à la longue qu'il n'aurait gagné dans les deux premières années. Une fois levée, la luzerne ne demande plus aucun soin, si ce n'est celui de détruire avec la houlette, les chardons et la bardane qui peuvent y croître, car pour les autres herbes moins for- tes il ne faut pas s'en inquiéter ; si elles se mon- trent la première année , la luzerne saura bien les étouffer l'année suivante en prenant du dé- veloppement. Ce serait donc de la peine et du temps perdu que de la sarcler , comme le re- commandent à tort quelques auteurs. AGRICULTURE. 7$ Si l'on veut avoir une belle luzernièrc , qui dure très-longtemps, il faut s'abstenir de la cou- per la première année, quelle que soi t la beauté de sa végétation. Les pieds prendront plus de force, et celte vigueur de jeunesse influera sur les plantes pendant plusieurs années. De ce fait on doit encore conclure que pour la pre- mière fois il faut la couper avant sa floraison, afin de déterminer une plus forte repousse qui augmente le nombre des tiges et la vigueur des racines. Pendant l'hiver on fera exactement enlever toutes les pierres qui se trouvent à la surface du champ. Dès la seconde année la luzerne peut déjà donner deux coupes ; mais ce n'est qu'à la troisième qu'elle parvient à toute sa vigueur. Pendant tout le cours de sa vie, il ne reste plus qu'à la couper et à la fumer. L'époque à laquelle il convient de faire les coupes est le moment où elle commence à en- trer en fleurs. Plus tôt elle est trop aqueuse , noircit, diminue beaucoup au fanage, se casse davantage dans les opérations du bottelage , du transport, et enfin nourrit moins les animaux, plus tard, elle laisse moins de temps pour la re- pousse, est plus dure sous la dent des bestiaux, et s'atlaiblit d'autant plus qu'elle perfectionne davantage ses semences. Eosc recommandait de couper la luzerne peu après la pluie, afin que les racines profitassent de l'humidité de la terre pour donner promptement naissance à de nouvelles tiges. Cependant il faut éviter de la rentrer humide , sous peine de la voir se gâter. Plusieurs auteurs ont indiqué des moyens pour rajeunir les vieilles luzernes, mais l'expé- rience prouve que rarement il y a un véritable avantage à le faire. Les engrais les meilleurs à employer dans la culture de la luzerne, sont : le plâtre ; la chaux éteinte et en poudre ; le fumier très-consommé répandu en hiver; les cendres; la marne dans les terres légères , enfiu la terre végé- tale. Mais de tous les engrais, celui qui produit le plus d'effet, non-seulement sur les luzernes mais encore sur toutes les plantes de la famille des légumineuses, est sans contredit le plâtre. On choisit pour le répandre , un temps couvert et qui promette de la pluie. Cette cpéialion peut se faire non-seulement à la fin de l'hiver, avant la végétation , mais encore au printemps et en été, sur la première ou la seconde pousse déjà développée. La LUZERNE EN FAUCILLE {tncdicogo falcata, Lin) est vivace comme la précédente et croît naturellement dans les pics secs et monîueux. Ses liges sont longues de dix-huit pouces et quelquefois davantage, dures, cancéreuses, cou- chées inférieurcment, mais un peu redressées 7B AGRICULTURE. dans leur partie supérieure ; ses folioles sont lancéolées, un peu étroites, tronquées et den- tées k leur sommet. Les fleurs sont disposées en grappes lâches, nues et presque terminales ; elles sont ordinairement d'un jaune rougeâtre, ou quelquefois d'un jaune pâle mêlé de bleu ou de violet ; les gousses sont comprimées, oblon- gues, courbées en forme de faucille, dépour- vues de poils et d'aspérités, renfermant quatre graines. Bosc recommande cette espèce pour en faire des prairies artificielles, « parce que, dit-il, quoique moins productive, elle se plaît dans des sols où l'autre ne pourrait pas subsister. » Le vrai est que tous les bestiaux la recherchent avec avidité ; mais néanmoins IJosc se serait trompé dans ses prévisions si on s'en rapporte aux expériences de M. Vilmorin. Voilà ce que dit ce clernicr : « A l'égard de la luzerne fau- cille, dont la culture a été plusieurs fois con- seillée, elle s'est toujours montrée, dans les essais que j'en ai faits, fort inférieure ;i la luzerne rus- tique {mcdicago média). Après des essais con- tinués pendant plusieurs années, j'ai renoncé à en tirer parti pour mon exploitation, quoiqu'elle y croisse naturellement sur des terrains calcai- res. Semée sur ces mêmes terrains, les plantes rapprochées ne végètent plus du tout avec la même vigueur que montrent celles qui croissent isolément ça et là ; les tiges ont d'ailleurs ime disposition trop prononcée à rester couchées sur le sol. Finalement, pour qu'elles donnassent des produits avantageux dans ces mauvaises terres, il faudrait que celles-ci fussent fortement améliorées, auquel cas la luzerne ordinaire, in- contestablement préférable , y réussirait au moins aussi bien. » La LUZERNE nusTiQUE {medicago média de M. Vilmorin) est une espèce inconnue aux bo- tanistes ; sans doute une variété de la précédente ou de la luzerne cultivée. Quoi qu'il en soit, M. Vilmorin, après avoir, dans un livre très- répandu, attiré l'attention des cultivateurs sur cette plante, a fini plus tard par annoncer qu'elle n'offrait aucun avantage prononcé sur l'espèce ordinaire. '^ Le genre luzerne renferme encore vingt-trois plantes indigènes que nous ne décrirons pas, afin de ne pas trop allonger ce cours d'agricul- ture fourragère sans un grand intérêt. Il nous suffira de dire que toutes donnent un fourrage qui plaît plus ou moins au bétail, et que pour cette raison on doit les ménager dans les prai- ries partout où on les trouve. Cependant nous décrirons encore, comme fournissant d'excel- lens pâturages : La i.izERNE TACHÉE {mcdicago maculata, Decandi — M. cordata, Lam ; — M. poly- morpha, Lin). Ses tiges sont glabres, faibles, étalées, anguleuses ; ses stipules sont dentées ; ses folioles sont glabres, en forme de cœur ren- versé, dentelées vers le sommet, le plus souvent chargées en dessus d'une tache brune ; !e pé- doncule, qui est plus court que le pétiole, porte deux à quatre petites fleurs jaunes ; les gousses sont comprimées, armées sur le dos de deux rangs de crochets saillans et acérés, roulées en escargot sur elles-mêmes, de manière à former une petite sphère un peu déprimée et toute hérissée. Cette plante annuelle croît dans les lieux sa- blonneux et un peu humides, au milieu des her- bes les plus épaisses, dont elle ne craint nulle- ment l'ombrage. Tous les bestiaux l'aiment beaucoup, surtout les vaches et les moutons. On la sème au printemps avec d'autres plantes d'une plus longue durée, et elle se ressème d'elle-même pendant plusieurs années, pourvu qu'elle ne soit pas broutée de trop près. Elle augmente beaucoup la qualité des pâturages. LesMELILOTS (melilotus) forment un genre très-intéressant que les caractères botaniques classent entre les trèfles et les luzernes. Ils dif- fèrent des premiers par leur gousse saillante hors du calice ; leurs fleurs sont jaunes ou bleu- âtres, disposées en grappes allongées et axil- laires ; leurs stipules n'adhèrent au pétiole que par une partie de leur base et persistent souvent sur la tige après la chute des feuilles ; celles-ci ont trois folioles dont les inférieures sont insé- rées à quelque distance de la foliole terminale, de sorte que la feuille est réellement ailée à trois folioles ; leurs gousses sont de formes très- diverses et renfei ment d'une à trois graines. Le MiaiLOT COMMUN ou officinal {melilotus officinalis, Decand) a les tiges hautes de dix- huit pouces, dures et rameuses; ses stipules sont entières, lancéolées ; ses feuilles sont pétio- lées, composées de trois folioles glabres, ovales oblongues, quelquefois un peu étroites et dentées dans leur partie supérieure; les fleurs sont pe- tites, de couleur jaune, pendantes et disposées sur des épis grêles, lâches et assez longs ; il leur succède des légumes courts, pendans, un peu ridés et qui renferment une ou deux se- mences. Cette plante bisannuelle a deux variétés qu'il importe aux cultiva.leurs de connaître, parce qu'elles ont été recommandées par quelques auteurs agronomes comme espèces : 1° Lemclilot blanc, qu'il ne faut pas con- fondre avec celui de Sibérie, dont nous parle- rons plus loin. Il ne difl'ère de son type que par sa fleur blanchâtre. 2° Le mclilot des bois, dont les tiges, pres- que ligneuses à leur base, s'élèvent jusqu'à six pieds de hauteur; ses gousses sont noirâtres. Tous les bestiaux, principalement les mou- tons et les chevaux, aiment beaucoup le mélilot, surtout avant sa floraison ; mais, s'ils en font yiCRICULTURE. 77 un usage immodéré quand il est encore mouillé par la rosée ou par la pluie, il a le grave in- convénient de les météuriser, ainsi que la lu- zerne. Ils le mangent également avec bcauconp de plaisir quand il est sec, et dans cet état il développe une odeur parfumée très-propre à aromatiser le foin et h le rendre plus agréable au goût des animaux. Un bon agronome doit donc en semer, soit pour le donner en vert, soit pour le mélanger à ses autres fourrages. Tout terrain, pourvu qu'il ne soit pas aquatique, lui convient. Je pense qu'on pourrait utiliser les champs arides en l'y semant, mais il faudrait le couper de bonne heure pour ne pas laisser à ses liges le temps de durcir. Il repousse très-bien du collet de sa racine , d'où il résulte qu'on pourrait le couper deux fois par an. Ses deux variétés possèdent les mêmes qua- lités, mais celui des bois demande une terre plus légère et un peu humide, d'où il résulte qu'il faudrait ne le semer qu'au printemps. Le MÉLILOT DE SIBÉrIE OU BLAKC {mélUotUS aîbus) a été regardé par quelques botanistes comme une variété du précédent ; mais il en dif- fère spécifiquement par ses ailes qui ne dépassent pas la longueur de la carène, par ses fleurs constamment blanches et plus petites, enfln par ses tiges qui atteignent jusqu'à huit pieds de hauteur M. Tbouin, dans un mémoire imprimé parmi ceux de la Société d'Agriculture de Paris, pré- sente ce mélilot comme un des meilleurs four- rages dont on puisse introduire l'agriculture en France. Tous les bestiaux l'aiment tant en vert qu'en sec, et il fournit prodigieusement. On peut en faire trois et même jusqu'à quatre cou- pes par an : on le doit même, parce que d'abord ses tiges deviennent ligneuses avec l'âge et ces- sent par conséquent d'être mangeables, ensuite parce que, de bisannuel qu'il est naturellement, on le rend par ce moyen vivace pour plusieurs années. Les terrains humides et légers sont ceux qui lui conviennent le mieux ; cependant il vient dans tous ceux qui ne sont pas aqua- tiques. Il fournit une grande quantité de graines qui peuvent être données aux volailles et aux cochons. Les tiges des pieds réservés pour grai- nes sont très-bonnes à chaufTer le four, à aug- menter la masse des fumiers, à faire de la po- tasse. Voilà ce qu'a dit Daubenton, ce qu'a répété André Thouin et ce qu'a prétendu con- firmer Bose. Et cependant nulle part, que je sache, on ne cultive ni on n'a cuUivé le mélilot de Sibérie, au moins en grand et d'une manière régulière; pourquoi cela? C'est ce que va nous apprendre l'homme aux expériences, l'homme positif, en un mot M. Vilmorin. « Si le mélilot de Sibérie, dit-il, si beau, si vlgour«u?:, si fourrageux, n'est pas devenu jus- qu'ici d'un emploi usuel, voici pourquoi. Ses tiges, trop a(iueuses dans leur jeunesse, trop grosses et trop dures un peu plus lard, rendent sa conversion en fourrage trop difficile et peu avantageuse; son emploi en vert serait plus profitable , mais il exige des précautions et de la surveillance, les raélilots passant pour être encore plus dangereux que le trèfle et la luzerne. J'ai eu connaissance de quelques essais faits en Beauce, au moyen de semis très-épais, mais qui n'ont point eu de suites décisives. Quelque juge- ment qu'on en porterait dans la suite comme fourrage, il possède un avantage bien reconnu maintenant, celui de fournir aux abeilles, par ses fleurs très-nombi'euses et successives, une pâture abondante qu'elle l'echerchent avec avi- dité. On sème ordinairement à raison de vingt- cinq à trente livres par hectare ; mais dans les essais dont j'ai parlé plus haut, on avait doublé cette quantité, ce qui était le moyen d'obtenir les tiges plus fines et plus propres à être con- verties en foin. » BoiTARD {La suite auj)rochain numéro.] ECONOMIE AGRICOLE. ENGRAISSEMENT DES BOEUFS. La Société industrielle de Maine-et-Lon-e , instruite que parmi les boeufs qui concourent à l'alimentation de Paris , ceux du pays de Cho- let jouissent à juste titre d'une réputation de bonne qualité qui leur fait toujours donner la préférence par les acheteurs de la capitale , a fait publier, dans l'intérêt de diverses localités du département, une instruction relative à cette branche essentielle de notre industrie agricole. La méthode d'engraissement qu'elle indique pouvant trouver une utile application dans tous les pays de culture et de pâturage , nous nous empressons de la porter à la connaissance de nos abonnés agriculteurs. ENGRAISSEMENT DES BOEUFS SELON LA METHODE EMPLOYÉE DANS LE PAYS DE CnOLLET PAR M. MAIL- LET, DU dÉPARTEJIENT de MAINE-ET-LOIRE (l). Dans l'exposé de celte méthode , je traiterai successivement : 1° Du choix des bœufs d'engrais ; (i) Le pays de Cliolet a beaucoup de répulation en France pour rengraisscment des bœufs, qui coQslitue une des principales sources de la richesse des habitans. L'engraissement repose surtout sur la culture et l'em- ploi du chou. On entend parler du chou cavalier, dont la tige très-élevée fournit des feuilles toujours vertes, ne s'étiolant pas, parce qu'elles ne se recouvrent pas de maui 3° après en avoir obtenu la cuisson en les faisant fermenter pendant quelques jours. La pomme de terre crue contient, comme presque toutes les plantes de la même famille ( les solanées), mais dans une faible proportion , un principe acre et narcotique qui peut agir défa- vorablement sur les organes digestifs. Les cul- tivateurs qui ont l'habitude de donner ces tu- bercules sans aucune préparation ont reconnu qu'il en résulte quelquefois des inflammations dangereuses , qui peuvent instantanément cau- ser la mort si cette substance entre pour une trop grande proportion dans la nourriture jour- nalière des bestiaux. Comme ce principe est très-volatil , il suffit , pour le faire entièrement disparaître, de soumet- tre cette plante à la cuisson : alors elle n'est nullement dangereuse , et l'on peut même la donner comme unique nourriture sans le moin- dre inconvénient. Mais comme la cuisson des pommes de terre devient coûteuse , même avec un fourneau économique, il en résulte que cette opération n'est effectuée que pour les poics , et que les autres animaux les man- gent crues : car dans les exploitations agricoles un peu considérables , où 1 on nourrit quinze à vingt tètes de gros bétail et trois ou quatre cents moutons , souvent bien d'avantage , il faudrait, pour opérer la cuisson des pommes de terre nécessaires à la consommation de ces ani- maux, un appareil gigantesque, de sorte qu'elles y sont données dans leur état naturel. Il existe un moyen de les rendre très-nour- rissantes et fort saines sans faire de dépense en combustible pour les faire cuire. Ce moyen consiste en un mélange de pommes de terre cou- pées et de paille hachée ou de son humecté d'eau froide, que l'on empile dans une caisse, et qui, selon les circonstances de température , s'é- chauffe tellement , dans l'espace de trois à quatre jours , qu'il s'y manifeste une véritable cuisson. Voici le procédé que M. Fournier ( de Se- longey) a employé l'hiver dernier. « On tranche , au moyen du coupe-racine, » des pommes de tei re ; on en place un lit » dans un cuvier , puis on met par-dessus un » lit de son, et successivement un lit de son et » un lit de pommes de terre , jusqu'à ce que le )) cuvier soit rempli. Alors on couvre la cuve » et l'on abandonne le tout dans un lieu dont la » température doit être élevée à dix degrés au- » dessus de zéro , jusqu'au moment où la fer- » mentation se développe , ce qui arrive quel- » quefois après quarante-huit heures, et se re- )) connaît à une odeur alcoolique agréable et » très-prononcée. C'est dans ce moment qu'il )) faut donner cette nourriture aux bestiaux, et » surtout aux vaches , qui en sont très-frian- 7) des , et dont le lait acquiert une qualité Irai- AGPxICULTURE. 85 «remarquable par l'usage de octie fennentation. » On peut aisément se passer du coupe-racine » indiqué plus haut pour préparer les pommes » de terres que l'on veut faire fermenter : celle » opération peut se faire à la main. Les tuber- )> cules , coupés à tranches jjlales , doivent » s'alterner avec des couches de son fort min- » ces , puisque trois mesures de son suffisent M pour un hectolitre 1/8 de pommes de terre. » La fermentation est quelquefois retardée M par l'abaissement de la température ; mais si )» les cuves sont placées dans une étaM.e bien » close et habitée par plusieurs animaux , la » chaleur qui s'en exhale doit la développer » avant lesquaranle-huit heures. On peut d'ail- » leurs, dans le cas d'un froid excessif, ajou- j> ter au mélange une partie d'eau bouillante w après la disposition des couches. Comme la 3) fermentation n'arrive pas toujours à des épo- 3> ques régulières, puisqu'elle est influencée par » l'atmosphère environnante, il est nécessaire « de découvrir les cuviers après un certain » temps, trente-six heures, par exemple, afin w de s'assurer si l'opération est terminée. >> Quand elle est finie , on le reconnaît à l'o- i> deur alcoolique qui s'en dégage. Un trop long » séjour dans la cuve pourrait faire tourner à 3> l'acide. » Mais afin d'avoir toujours de cette nourriture h sa disposition, voici les précautions qu'il faut prendre : on choisit, dans l'étable ou ailleurs , un espace bien nivelé de quinze à vingt pieds de longueur , suivant le besoin , sur cinq à six de largeur. On divise la longueur en quatre par- lies égales, et chaque division est séparée des autres par une cloison en planches de quatre pieds de hauteur. Le fond en est pavé de pierres à bâtir , liées entre elles par du mor- tier. La préparation du fourrage a lieu de la ma- nière suivante : on amoncelé le son , la paille hachée ou le foin, etc., qui doit être consommé dans un jour , à la hauteur d'un pied environ dans une des cases ; on jette dessus autant d'eau froide, chaude ou bouillante, suivant la tempé- rature de l'atmosphère , que ces substances en peuvent absorber ; on brasse le rnonceau avec une fourche ju.squ'à ce que les parties soient bien humectées. On y mélange ensuite des pommes de terre hachées bien menu, et on foule le tout dans cette case ; on presse autant que possible, et on laisse en repos jusqu'à ce que la cuisson sort complète. Le lendemain et les jours suivans, on fait la même opération dans les autres cases, de manière que chaque division vienne , à tour de rôle, servir de nourriture toute préparée aux bestiaux de 'exploitation. Lorsque la tempéra- ture est rigoureuse, quatre divisions ne peuvent être suffisantes , car la masse exige plus de temps pour atteindre une cuisson complète; alors cinq divisions deviennent indispensables. Dans l'emploi de ce procédé, M. Fournier a fait plusieurs expériences qui lui ont confirmé le goût que les moulons avaient pour cette nour rilure. Il avait placé à l'une des extrémités de la crèche de ses moutons des pommes de terre crues mélangées de son ; les brebis se sont d'abord jetées avidement sur cette nourri- ture. Pendant qu'elles mangeaient d'un côté, il plaça les pommes de terre cuites avec du son par le moyen de la fermentation, d'après la mé- thode que nous venons d'indiquer ; aussitôt les brebis , attirées par l'odeur, quittèrent la pre- mière nourriture qu'il leur avait donnée , pour aller à celle qu'il venait de leur placer à l'ex- trémité opposée. Il a renouvelé cette expérience plusieurs fois, et il a toujours fait la même remarque. Une bre- bis de son troupeau n'avait presque pas de lait; son agneau était languissant et pouvait à peine se soutenir sur ses jambes; il a fait nourrir cette bète particulièrement pendant plusieurs jours avec des pommes de terres cuiies par la fermentation , et au bout de quelques lemps le lait lui est venu, et son agneau, de languissant qu'il était, est devenu , dans moins de quinze jours, aussi beau que les autres. M. Bonnet a aussi fait l'essai de cetle nourri- ture pour ses moutons ; mais au lieu de son il a mélangé de la paille et du foin hachés avec les pommes de terres ; il en a obtenu les meilleurs résultats, et il a reconnu, comme M. Fournier , que les pommes de terre cuites ainsi, profitaient beaucoup plus aux animaux que les crues. Un agriculteur de Chàteau-Gonthierqui em- ploie aussi cette méthode pour la nourriture de ses vaches, en a reconnu de même tous les avan- tages. Ses bêles mangent avec avidité les pom- mes de terre ainsi préparées ; elles donneut un lait délicieux , et se maintiennent en bon état. La masse de nourriture qu'il leur fait donner est très-faible. Il n'emploie pour la nourriture à l'é- table de deux vaches de taille moyenne pendant sept jours, que la quantité d'une feuillette (un hectolitres quatorze litres) de pommes de terre, quatre doubles décalitres de son et vingt ki- logrammes de paille, dont une partie est rejetée par les animaux dans la litière. L'année 1835 , l'expérience ne lui ayant pas encore appris l'accroissement nutritif qu'obte- nait la pomme de terre cuile par ce moyen , il fut obligé de vendre ses vaches à c^use de leur enbompoint ; elles ne donnaient presque plus de lait. Celte disposition à un rapide engraissement était d'autant plus remarquable, que ce pro- priétaire achète ordinairement des vaches très- maigres. {Extrait des annales agricoles littérai- res et industrielles de l'Ariège). 86 AGRICULTURE. ASSOLEMENT QUINQUENNAL. N» 1. N° 2. N" 3. N" 4. N° 5. La propriété divisée en 5 portions égales comme au tableau ci-dessus , et l'assolement établi ainsi qu'il va être démontré , la rotation marchera comme il suit : Années. B16 seul. No 1. Blé et Irène. No 2. Trèfle. Maïs. Fèves avec fumure. 1837. No 3. No 4. No 5. 1838. No 3. No 5. No 2. No 1. No 4. 1839. No 2. No 4. No 5. No 3. No 2. No 1. 1840. No 5. No 1. N» 4. No 3. 1841. No 4. No 3. No 1. No 5. N» 2. Le blé , comme il est facile de le voir , se trouve toujours placé dans les conditions les plus favorables à sa réussite , puisque de deux cinquièmes de l'assolement, semés chaque an- née en blé, l'un vient après un défrichement de trèfle , et l'autre après deux récoltes sarclées , dont la dernière fumée ; aussi dans la plupart des cas, chacun de ces cinquièmes produit plus de blé que n'en produirait le tiers consacré à cette récolte dans l'assolement triennal. Le cinquième , cultivé en mais , vient égale- ment dans les circonstances les plus favorables, après une seule récolte de céréales , &ur défri- chement de trèfle, et produit beaucoup plus que dans l'assolement triennal. Je dois faire observer que la grande quantité de paille et fourrage,.fournie par l'assolement quin- quennal , me permettant d'élever beaucoup de bestiaux, je peux, sans nuire aux autres tra- vaux , faire labourer les chaumes destinés aux mais de l'année suivante, immédiatement après la moisson , ce qui nie procure une excellente jachère de dix mois , beaucoup plus profitable pour l'amélioration des terres , que la jachère de l'assolement triennal , quoique sans perte de récolte ; car la jachère n'est réellement profita- ble qu'en ce qu'elle soumet alternativement la terre aux influences des chaleurs de l'été et des gelées de l'hiver , et ce but que j'atteins par le labour qui suit immédiatement la moisson, est presque toujours manqué dans l'assolement trien- nal , où l'on n'ouvre les terres qu'après l'hiver. D'ailicurs, par ce labour après l'hiver, je net- toie parfaitement le sol ; les graines de toutes les plantes nuisibles, et en particulier celle dek folle avoine , naissent presque en entier après ce labour d'été , que je fais suivre d'un hersage énergique pour favoriser cette naissance, et elles sont facilement détruites par le second la- bour que je fais exécuter à la fin de l'automne , avant qu'aucune ait pu monter en graine. S'il en reste quelques-unes qui , trop enterrées ou renfermées dans les mottes, n'ont pu germer , l'on conçoit qu'elles ne pourront résister aux ré- coltes sarclées qui suivront , et qu'à la fin de Tna rotation, j'aurai mon sol dans le plus grand état de netteté possible. Il est inutile d'énumérer tous les avantages qui résultent de mon assolement. Au simple énoncé de ma rotation, ils seront généralement appréciés par les agriculteurs pratiques auxquels je m'adresse. La seule chose qui dans cet assolement pourra contrarier les idées reçues , c'est de ne laisser subsister le trèfle qu'une année, tandis que pres- que partout on le laisse exister deux ans. Ce- pendant, pour peu que l'on y réfléchisse, l'on verra que , bien loin d'être un inconvénient , c'est au connai.'-e un avantage. Le trèfle en ef- fet produit très peu la seconde année ; produi- sant peu, il laisse peu de débris sur la terre , et ce qu'il laisse, ne compense pas ce qui se perd des débris provenant des coupes de la première année ; aussi la terre est presque toujours en meilleur état après une seule année de trèfle qu'après deux ans. Il n'y a pas de cultivateur qui n'enait fait l'expérience. Ue plus, il est sou- A'ent impossible , et toujours très-diflicile , de défricher le trèfle de deux ans, tandis que les défrichemens de trèfle d'un an s'exécutent avec une extrême facilité. En résumé, le double de blé , beaucoup plus de maïs , une immense quantité de paille et de fourrage me fournissent les moyens d'élever assez de bestiaux pour produire plus de fumier qu'il ne m'en faut pour fumer un cinquième de ma propriété ; tels sont les immenses avantages que m'a déjà procurés mon assolement quin- quennal , quoique je ne l'aie établi que depuis cinq ans. [Extrait d'un rapport présenté au co- mité agricole de Villcfranche [Haute-Ga- ronne), par M. FouRTANNiER, maire de Mont- giscard ) . Le Journal des Connaissances utiles organise en ce moment avec les Sociétés d'Agriculture et les Comités agricoles qui existent dans les départemens un système de relations actives et continuelles, afin que les abonnes du Journal puissent profiler des travaux , des recher- ches, et surtout des observations pratiques dont s'oc- cupent spécialement les membres de ces sociétés sa- vantes. COMMERCE , MANUFACTURES , ARTS ET MÉTIERS. 87 II. COMMERCE, MANUFACTURES, ARTS ET MÉTIERS. FABRIQUE DE PAPIERS. —PAPIERS VERNIS. M. de Gatigny a soumis à la Société d'encou- ragement nn nouveau papier de tenture de l'in- vention de M. Benoit. — La fabrication du pa- pier peint pour la tenture ne s'.exécute en France, que depuis 60 ans, et cependant cet art est ar- rivé à un haut degré de perfectionnement. M. Be- noit vient de le perfectionner encore , et il af- firme que ses papiers peuvent être livrés au commerce à des prix analogues à ceux des au- tres fabriques, et offrir une durée infiniment plus longue ; les couleurs en sont plus stables, sans altération au contact de l'air et à l'action de la lumière ; on peut les laver pour les débar- rasser des taches produites par les corps gras; on peut les coller sur des murs humides et nou- vellement construits ; enfin, on peut, au moyen de ses procédés , utiliser, pour les coller facile- ment , les papiers les plus communs dont on ne peut autrement faire l'application qu'avec les plus grandes difficultés. Pour obtenir ces heu- reux résultats, M. Benoit fait usage d'un ver- nis gras dont il est l'inventeur, et pour son ap- plication sur les papiers peints , il se sert préa- lablement d'un encollage particulier. — Pour appliquer le vernis dit glacé imperméable et malléable, on se sert de tables en marbre d'une longueur de près de dix mètres , et le rouleau de papier, étendu dessus de toute sa longueur, reçoit, au moyen de brosses , le vernis avec une grande promptitude. — L'encollage se fait avec de la gélatine épurée et mêlée avec une disso- lution de caoutchouc. La composition du ver- nis se fait avec la gomme copale , l'huile , l'es- sence, la cire vierge , de la lilharge , du sel de Saturne, etc. — Ce papier, du prix de 75 c. le rouleau , a été collé sur un mur vieux, mal uni et il ne s'est pas déchiré ; il n'a point été altéré dans ses couleurs malgré son exposition à l'air et à la lumière pendant 5 mois. Sali par les mains, il a pu être lavé avec de l'eau de savon au moyen d'une éponge , sans enlever le vernis ni laisser des traces de ce lavage partiel . TEINTURES. CAUSES DES TACHES SLR LES ÉTOFFES . M. Chevreul vient de faire connaître aux fa- bricans d'étoffes de laines imprimées la cause à laquelle doivent être attribuées les taches ou les teintes produites par l'action de la vapeur sur des étoffes sorties parfaitement blanches, en apparence, des mains du blanchisseur. lia mon- tré que ces taches ou ces teintes sont produites par la décomposition du sel de cuivre employé mal à propos pour rendre plus éclatant le blanc de ces étoffes en les azurant légèrement. Celte observation , qui semble si simple, eût pu tar- der bien long-tpmps encore à être faite, parce que le blanchiment et l'impression ont lieu dans des ateliers différens. Cependant, les inconvé- niens de cette coloration accidentelle avaient les résultats les plus fâcheux ; ils occasionnaient des contestations fréquentes et tendaient à restrein- dre la fabrication d'une sorte de tissus qui fi- nira par remplacer avec avantage toutes les toiles peintes de coton. C'est donc un service bien réel que le professeur des Gobelins a rendu à l'industrie. m. ECONOMIE DOMESTIQUE. SUR LE LAPIN DOMESTIQUE. Pour répondre aux demandes de quelques uns de nos abonnés, nous allons donner quel- ques détails sur l'éducation d'un animal dont on est si loin, dans beaucoup de nos provinces, de soupçonner l'utilité, qu'il y en a même où on ne le mange pas. Dans les environs de Pa- ris , le lapin domestique est l'objet d'un com- merce de détail , mais immense , et il est telle guinguette de la barrière de Belleville ou du Maine, qui en consomment jusqu'il quinze cents par semaine. Outre leur chair, les l.ipins fournissent au commerce leur peau pour faire de la colle , et leur poil indispensable à la cha- pellerie surtout depuis que celui du castor de Canada a quintuplé de valeur. Nous en donne- rons une idée juste en disant que la chapellerie française a employé, dans ces dernières années, c'est-à-dire avant la ridicule invention des cha- peaux de carton , pour 1 5 millions par an de de poils de lapin ; il faut ajouter à ce calcul la quantité que la bonneterie en emploie pour la fabrication des gants et des bas , plus tout ce 88 ECONOMIE DOJIESTIQUE. qu'il en entre dans celle des draps. Aussi som- mes-nous obligés de tirer de l'étranger une grande partie de cette marchandise. On ne peut attribuer qu'à une seule cause le peu de progrès que fait, dans beaucoup de loca- lités, l'éducation du lapin domestique ; et cette cause est la mortalité , qui enlève souvent des portées entières et décourage le cultivateur. Mais nous prouverons ici qu'avec un peu de soins il est extrêmement facile de l'éviter. Oc- cupons-nous d'abord des différentes races qu'il convient d'élever. Le LAPIN DE GARENNE {Icpus cunictilus) , ori- ginaire d'Espagne, mais naturalisé dans toute l'Europe, et souvent au détriment de l'agricul- ture, est le type de nos races domestiques. Le clapier ordmaire est celui qui s'en rappro- che le plus, car il n'en diffère guère que par sa taille, qui est un peu plus grande. Lesamateurs, avec la précaution de ne jamais laisser mélan- ger les races et d'accoupler toujours ensemble , de génération en génération , les individus les plus gros, ont fini par en obtenir des variétés qui atteignent et dépassent même la taille du lièvre, car M. de Larmoy en a propagé une espèce qui pesait jusqu'à dix et douze livres. La chair du clapier est moins estimée que celle du lapin sauvage, mais cela vient unique- ment de la nourriture, car lorsqu'on nourrit le premier pendant quelque temps avec du son, de l'avoine, du persil ,de la pimprenelle et un peu de sel, il est impossible au plue fin gastronome d'en faire la différenc£. Il sera même meilleur que le lapin de garenne si on lui a fait subir l'opération delà castralion, car il aura perdu cette odeur fade et cependant assez forte qui distingue cet animal. Le RICHE [L.cunicuîus argenteus , Lin.) diffère du clapier par son poil, en partie d'un gris argenté , en partie couleur d'ardoise plus ou moins foncé, et quelquefois entièrement noir. Ce poil est aussi pins long , plus doux et plus soyeux : aussi emploie-t-on sa peau comme fourrure dans plusieurs pays du nord de l'Eu- rope, et parliculièrementen Suède ; elle se vend ordinairement le double de celle du lapin ordi- naire. C'est la race la plus vigoureuse, la moins sujette aux maladies, et celle qui réussit le mieux dans nos climats. Sa chair est aussi bonne que celle du claplier. Le LAPIN d'angora (L. cunîculus angoren- sis. Lin.) est un peu plus grand. Son poil, long, soyeux et touffu, est d'un excellent usage dans la bonneterie, et la mue seule de l'animal est un produit assez remarquable. On recueille le poil soit en le peignant souvent, soit en l'arrachant presque entièrement deux ou trois fois pendant l'été, particulièrement le long du dos, du cou, des côtes et des cuisses. Il faut avoir soin de laisser aux mères le poil du ventre , parce qu'elles s'en sen'ent pour faire leur nid, et d'ail- leurs il est d'une qualité inférieure. La chair de cette race est un peu plus blanche et plus fade que celle des précédens, cependant elle n'est pas mauvaise lorsque les lapins ont été nourris 'comme nous l'avons dit plus haut. Nous ne nous étendrons pas davantage sur les variétés et sous-variétés , parce qu'elles ne sont intéressantes qu'en raison du prix qu'y met le caprice des amateurs. J'ai vu payer, au mar- ché Saint-Germain, à Paris, jusqu'à 50 fr. une femelle de lapin, parce que, mesurée sur la tète du bout d'une oreille à l'autre, elle portait un pouce et demi de plus qu'une femelle de 4 à 5 fr. Nous ne devons envisager le lapin ici que sous le rapport économique. Plusieurs maladies attaquent les lapins , et toutes peuvent se rapporter à trois causes prin- cipales , savoir : l'humidité du sol , l'humidité des alimens et le mauvais air. Nous allons dé- crire les maladies les plus dangereuses , qui sont : 1° L'indigestion. Les animaux qui en sont attaqués périssent en peu de temps si on n'y porte remède. Elle est occasionnée par une nourriture verte trop succulente, telle que les pommes de terre crues, les carottes, les feuilles de choux pommés, etc. L'animal cherche l'obs- curité et le repos ; il urine souvent et ses excré- mens sont à demi liquides. Il se remet assez promptement si on remplace desuite cette nour- riture par du foin sec, du persil, de la pimpre- nelle et du son dans lequel on jette une pincée de sel pilé très-fin. 2° La dare, ou le gros ren/rp, n'est rien autre chose qu'une hydropisie des viscères du bas-ventre et particulièrement de la vessie. L'a- nimal conserve une sorte de gaîté et surtout son appétit presque jusqu'au moment de sa mort ; maison reconnaît aisément le mal à la fréquence de ses urines et surtont à l'enflure molle de son ventre. Les herbes mouillées ou d'une nature très-aqueuse , telles par exemple que les sa- lades, les choux, les turneps, etc, , sont les causes premières du mal , mais l'humidité du sol y contribue beaucoup aussi, surtout lorsque cette humidité est occasionnée par l'urine. Dès qu'un lapin est attaqué du gros-ventre, il faut le séparer des autres, car il n'est pas certain qu'il ne soit pas contagieux. On le met au ré- gime du regain, de l'orge grillé et du son, mais sans y ajouter du sel pendant les premiers jours. On joint à ce régime , chaque soir, une poignée de iliym , de serpolet ou de sauge. Il faut aussi donner de l'eau à l'animal, car il lui est souvent nécessaire de boire, quoi qu'en aient dit quelques personnes. J'ai remarqué à Wissous, oîi les cultivateurs ont tous des lapins , que lorsque la dare s'était mise une fois dans un clapier, elle y reparais- ÉCONOMIE DOMESTIQUE. 80' sait les années suivantes, au point de faire sou- vent renoncer à faire des éducations ; ce qui prouve que la nourriture n'estpasl'unique cause du mal. Dans ce cas on enlève un pied de terre que l'on remplace par de la terre prise ailleurs en plein air, et on lave les cabanes, les murs et généralement tous les ustensiles du clapier avec du lait de chaux , ou, ce qui vaut mieux, avec du chlorure de chaux étendu dans de l'eau. 3° L'étisie. Cette maladie attaque principale- ment les jeunes lapins, arrête leur croissance, les attriste et leur ùte l'appétit ; elle les fait en- fin mourir dans de fortes convulsions, et, si elle n'est pas arrêtée à temps, elle peut gagner tout le clapier. On l'attribue généralement à l'humi- dité, qui est l'ennemie mortelle des lapins. Dès qu'un animal en est attaqué , il faut aussitôt le mettre à part, lui donner une nourriture sèche et substantielle , du son , de l'avoine , du foin, de l'orge, et mêler un peu de sel à tous ses ali- raens. 4° La maladie du foie. Elle consiste en des pustules purulentes qui attaquent cet organe et le couvrent quelquefois entièrement. Il paraît qu'elle est due à l'humidité croupissante de la htière et à la nourriture mouillée. La propreté et une nourriture sèche sont les meilleurs moyens à lui opposer, et comme elle est contagieuse, il faut aussitôt tuer ceux qui en sont attaqués. 5° Le 'mal d'yeux n'attaque que les petits lapins , vers la fin de leur allaitement, et les fait périr assez promplement. Il est occasionné par l'air méphitique et l'ammoniaque qui se dé- gagent des vieilles litières à demi pourries; aussi est-elle inconnue dans les clapiers tenus propre- ment. Dès qu'on s'en aperçoit , on enlève les petits et on les transporte dans un lieu propre, sur de la litière nouvelle. Il n'en faut pas da- vantage pour les guérir rapidement. Nous terminerons l'article des maladies du lapin en recommandant pour tous les cas , et aussitôt qu'un animal tombe malade, de changer aussitôt la litière de tout le clapier, et de tout laver à l'eau de chaux, comme nous l'avons dit. Par ce moyen on combattra la contagion et l'on évitera de grandes pertes. Nourriture des lapins . On a cru trop généra- lement que tous les débris des plantes cultivées dans les jardins formaient une bonne nourriture pour les lapins, et c'est de cette erreur que sont nés tous les désappointemens, tous les accidens et les non-succès. Il est certain que les herbes des champs valent beaucoup mieux pour ces animaux que celles des jardins, sans doute parce qu'elles sont moins acqueuses et que leurs es- pèces sont plus variées. Outre cela , les herbes qui sont le plus cultivées dans le potager sont positivement celles qui leur nuisent le plus , quoiqu'ils les mangent avec plaisir : tels sont par exemple les choux, les laitues et toutes les espèces de salades et de plantes succulentes. Celles qui, au contraire, leur conviennent très- bien, sont principalement le thym , la pimpre- nclle , la chicorée sauvage , les feuilles de ca- rottes et le persil ; mais il faut s'abtenir de donner ce dernier aux mères qui sont pleines ou qui allaitent , car il leur fait passer le lait. On fera donc bien de semer des bordures de ces plantes et de s'abstenir de leur en donner d'autres, excepté des herbes des champs. Par- mi ces dernières, le trèfle, la luzerne, le melilot et généralement toutes les légumineuses, le serpolet et la plupart des plantes aromatiques, et en général toutes les plantes qui sont mangées par les vaches, en observant de ne pas leur pré- senter ce que le bétail refuse , par exemple la jusquiame noire , les colchiques , la ciguë , le mouron rouge, etc., etc.; enfin des feuilles d'ar- bres de toute espèce peuvent compléter la nour- riture d'été. On garde pour l'hiver les carottes, les pommes de terre , les turneps , les betteraves champêtres, les topinambours , les regains , les feuilles de maïs. Le son, l'avoine, l'orge, leur conviennent en tout temps , surtout pendant l'été et lorsque la saison est pluvieuse , pour corriger les effets d'herbes acqueuses. L'usage du sel leur est aussi avantageux qu'aux autres animaux domestiques : il augmente leur appé- tit, stimule les fonctions de l'estomac et les maintient en bonne santé. Un principe que l'on ne doit pas négliger est de varier leui nourri- ture autant que possible. On a dit que dix lapins mangeaient autant qu'une vache, et cette exagération est ridicule. Il est prouvé par l'expérience qu'avec l'herbe nécessaire à une vache on peut nourrir soixante lapins. Si cette assertion a été avancée de bonne foi, ce dont je doute beaucoup, c'est que la personne qui a fait l'observation a compté la surabondance d'herbe qu'elle avait donnée sans aucun soin , et que les lapins avaient foulée et réduite en litière avant d'avoir pu la consom- mer , ce qui n'arrive pas dans un clapier bien entretenu. On donne l'herbe à ces animaux dans de petits râteliers faits absolument comme ceux des chevaux, de manière qu'ils sont obli- gés de l'en tirer à mesure qu'ils la mangent, et qu'ils n'en peuvent point gâter. L'heure des repas n'est pas indifférente , comme on pourrait le croire, et c'est principa- lement sur ce fait que la plupart des éducateurs se trompent en donnant la nourriture à midi. Le lapin aime à se promener et à paître depuis la nuit tombante jusqu'à neuf ou dix heures du soir , et une demi-heure avant le crépuscule du matin jusqu'au soleil levant; il dort pendant le jour. Il n'est pas tm braconnier qui ne sache parfaitement cela. On fera donc bien de suivro cette indication de la nature, et de ne lui donner à manger qu'aux mêmes heures. 90 ÉCONOMIE DOMESTIQUE. f Une chose plus essentielle encore est de ne jamais leur donner de l'herbe mouillée par la rosée ou la pluie, sous peine de les voir bientôt mortellement malades. 11 faudra donc faire sé- cher l'herbe, pendant quelques heures au moins, à un courant d'air et à l'ombre. Quelques personnes sont dans l'usage de ne la leur don- ner que le lendemain qu'elle a été cueillie , et s'en trouvent fort bien. A l'âge d'un mois , les lapereaux commen- cent à manger assez pour n'avoir plus besoin du lait de leur mère, dont ils partagent la nour- riture verte et sèche. Mais ce n'est qu'à six semaines qu'il faut les séparer d'elle pour les mettre dans une loge à part , afin que les gros ne leur enlèvent pas leur ration. A deux mois et demi on les lâche dans le clapier , et ils vi- vent avec et comme les autres. Du clapier. — On appelle ainsi le local dans lequel on élève les lapins. Les conditions indis- pensables qu'il doit offrir sont celles-ci : 1° ex- position du levant ou du midi ; 2" il doit y avoir deux fenêties au moins, au moyen desquelles on puisse renouveler l'air tous les jours ; 3° il doit être placé sur un terrain sec et avoir une pente suffisante pour laisser promptement écouler les eaux ; 4° il doit être entretenu dans une extrême 'propreté. Un clapier mal tenu exhale une odeur insup- portable , d'où il résulte que des plaintes ont été quelquefois portées à l'administration , parce qu'on a regarde cette odeur comme méphitique et capable d'occasionner des maladies. On s'est trompé en un point : ces miasmes, il n'y a pas de doute, deviendraient dangereux pour les hommes si les lapins n'y étaient pas plus sensibles qu'eux; mais il est certain qu'ils périssent tous avant qu'il y ait le moindre danger pour notre espèce, ce qui fait nécessairement cesser la cause d'infec^- tion. Quant à la forme du clapier , elle est à peu près nidifférentc, pourvu que les femelles et les mâles puissent y avoir des loges séparées, etqu'il ferme assez bien pour empêcher les chats , les fouines et les belettes d'y pénétrer. 11 faut qu'il soit dallé, ou solidement pavé, ou au moins ferré avec de la grosse pierraille h une certaine pro- fondeur , afin que les lapins ne puissent pas y creuser des trous. Lorsque le clapier n'est pas couvert d'un toit , il faut en couronner le pour- tour avec des ardoises saillantes à angle aigu , pour empêcher les animaux nuisibles de grimper sur les murs. Les cabanes des mères seront éle- vées de huit à dix pouces au-dessus de terre et construilcscn lattes serrées ou en planches fortes qui résistent ii la dent des l.ipins et laissent en- tre elles un libre passage h l'air ; leur moindre grandeur doit être de deux pieds et demi à trois pieds en tous sens, et le fond en sera plein , soit en plâtre, soit en planches; il faut lui ménager une inclinaison douce d'avant en arrière, et quelques trous de distance en distance pour faciliter l'é- coulement de l'urine. Leur porte latérale doit s'ouvrir facilement/et donner un libre passage à la litière, qu'il faut renouveler de temps en temps. Chacune des cabanes doit être garnie d'un petit râtelier de la forme de ceux qui sont en usage dans les bergeries ; il sert à recevoir les fourrages verts ou secs qui sont destinés aux lapins,- et à les empêcher de les fouler et de les perdre ; il faut aussi que la cabane soit garnie d'une sébille pour le son et la graine qu'on doit donner particuliè- rement aux nourrices, Les cabanes doivent être assez bien fermées pour que les petits lapereaux ne puissent pas sortir à travers les barreaux ; souvent ils s'y étranglent en voulant passer dans le commun général. Un clapier de 12 h 15 métrés de longueur sur 4 à 5 de largeur peut contenir vingt à vingt- quatre loges , dont deux seront destinées pour les mâles, et deux autres, qui devront être le dou- ble des premières, serviront de communs aux jeunes lapins de cinq à six semaines , lorsque leurs forces ne leur permettent pas encore de courir en liberté dans le clapier. Le nombre des loges peut être considérablement augmenté, sui- vant la méthode pratiquée par quelques proprié- taires , si l'on en met plusieurs rangs placés les uns au-dessus des autres , en observant d'éloi- gner les inférieures toujours davantage du mur de clôture, afin que les animaux ne soient pas in- commodés par l'urine qui coule des cabanes su- périeures. Propreté et soins divers. — Si on veut réus- sir dans une éducation, il faut apporter les soins les plus minutieux à entretenir la propreté. La qualité de la litière qu'on leur donne est une des considérations les plus essentielles, carie mau- vais état de la litière occasionne ou favorise tou- tes les maladies dont ils peuvent être atteints. La paille qu'on leur donne doit être sèche et souvent renouvelée. L'époque du changement total de la litière doit avoir lieu toutes les trois semaines, et notamment huit jours avant l'épo- que à laquelle les mères mettent bas , et quinze jours après la naissance des petits. Il est bon , dans l'intervalle des changemens , de recouvrir d'un lit de paille fraîche l'ancienne litière. En un mot, plus on la changera souvent, plus on aura de chances de succès. Des le premier jour de la naissance des lape- reaux, on doit rechercher avec soin si la mère ne les a pas déposés dans l'humidité , ce qui les fe- rait infailliblement périr. Dans ce cas, on les en- lève avec précaution et on les dépose dans l'en- droit le plus sec de la cabane. L'expérience a prouvé que cette opération faite convenablement ne nuisait en aucune manière aux petits , et n'en dégoûtait pas a mère ; mais il faut user modéré- ment de cette ressource . et tâcher d'éviter l'in- HYGIENE. 91 convénient qui oblige d'y avoir recours , en nc- toyant les cabanes à des époques fixes et se met- tant en état de ne point les déranger dans les premiers momens. Pour cela , il est très-néces- saire de remarquer avec soin les époques aux- quelles les mères ont été mises aux mâles , afin de pouvoir les changer à temps et leur enle- ver à propos la première portée, qui les détour- nerait lorsqu'elles voudraient mettre bas la seconde. Chaque femelle peut produire six à sept por- tées par. année, et on leur donne mâle trois se- maines après qu'elles ont mis bas. On les y met le soir et on les en retu'e le lendemain ma- tin. On commence ii les faire couvrir à six mois, et elles peuvent produire jusqu'à l'àgc de cinq ans, et même quelquefois plus long- temps. Le temps de la gestation est de trente et un jours. VÉRARDI. IV. HYGIENE. DU CHAUFFAGE ET DE LA VENTI- LATION DAKS LES HOSPICES , MAISONS DE TRAVAIL, MANU- FACTURES ET APPARTEMENS (l)- Pour que les créatures humaines de saine constitution puissent vivre et se bien porter pendant toute la durée ordinaire de l'existence, quatre choses sont de toute nécessité : air sain, chaleur , alimens et exercice du corps et de l'esprit. VenUlaiion. Une créature humaine altère ou vicie près d'un gallon { mesure anglaise) d'air par minute. Cette quantité d'air, par sonmélange avec la masse générale , corrompt une quantité au moins trois fois plus forte, de sorte que dans une réunion d'un certain nombre d'individus, à moins que la ventilation ne soit en proportion avec le nombre des personnes présentes , l'air est bientôt dans un état qui peut sérieusement compromettre la santé de ceux qui le respirent. L'histoire de la prison appelée depuis La Fosse aux Noirs, à Calcutta, fournit un exem- ple frappant à l'appui de ce fait, puisque sur cent quarante-six militaires qui y furent enfermés pendant quelques heures sans ventilation, vingt- deux seulement survécurent à ce court empri- sonnement. Cette opinion est encore confirmée par les indispositions , souvent suivies de sé- rieuses maladies, que beaucoup de gens ressen- tent après avoir séjourné dans des églises, cours de justice , théâtres et autres lieux de réunion où se trouvent de grandes foules, sans une aération suffisante ; et, quoique ces réunions soient d'ordinaire de courte durée et que les personnes qui se sentent indisposées s'empres- sent de sortir, avertissant ainsi celles qui restent d'ouvrir les fenêtres et les portes, de fatals évé- nemens n'en sont pas moins très-fréquens. C'est (i) Nous empruntons cet article à une revue an- glaise. C'est l'extrait d'un rapport présenté par le doc- teur Arnott aux commissaires pour la taxe des pauvres, et qui se trouve dans le second rapport annuel de ces commissaires. encore dans les prisons et sur les vaisseaux mal aérés que ce poison invisible, quoique moins con- centré , exerce une funeste influence par son action continuelle. Des fièvres de l'espèce la plus maligne , celles appelées par exemple : fièvre des prisons et fièvre des marins , en sont la conséqence ; et là où cet air vicié existe , mais à un plus faible degré, comme dans la plu- part de nos manufactures et de nos ateliers, la santé des ouvriers n'en est pas moins peu à peu altérée, sans que la cause de celte altération soit seulement soupçonnée. Dans ces dernières an- nées, depuis l'établissement des écoles primai- res, des enfans qui avaient été rassemblés dans de petites chambres où aucune précaution <\r ventilation n'avait été prise, ont été atteints d^ maladies épidémiqucs qui n'étaient produite? que par la même cause. Ce n'cstque depuis quelques années seulement que l'on a observé que les ouvriers travaillan' dans les filatures de coton et autres établisse mens devenaient en très-peu de temps p.àles et maladifs , et que beaucoup d'entre eux étaient atteints de maladies scrofuleuses plus ou moins graves : les causes de ces accidens furent re- cherchées , et on reconnut que ces maladies ne résultaient que de l'ignorance des manufactu- riers , qui ne se doutaient pas de la fatale in- fluence que pouvait exercei' sur la santé de leurs ouvriers, leur séjour pendant de longues heures dans des logemens dont la ventilation est laissée au hasard, et même quelquefois combattue avec soin afin de maintenir la chaleur utile aux tra- vailleurs. Ces ouvriers ainsi rassemblés respi- raient continuellement un air malfaisant , pres- que aussi dangereux pour eux que Id seraient pour les truites d'un ruisseau de montagne les eaux stagnantes d'un étang ; c'est pourquoi , dans beaucoup de manufactures , on a récem- ment placé , pour la ventilation , des roues ou fanneur?, par le moyen desquels l'air est chassé et renouvelé avec la rapidité désirée. Par ce moyen, l'air frais, artificiellement chauffé, rem- place continuellement celui qui avait été altéré ; et aujourd'hui, dans les localités où ces moyens 92 HYGIENE. ont été adoptés, les ouvriers des manufactures, ayant une nourriture favorable et n'étant pas surchargés d'ouvrage, sont évidemment deve- nus la plus saine portion de la classe ouvrière. Dans beaucoup d'écoles, d'hôpitaux, etc., la ventilation est pratiquée par des ouvertures près du plafond , ouvertures semblables à une petite fenêtre dont le carreau serait cassé. Elles donnent accès directement à l'air du dehors, et peuvent , lorsqu'on le désire , se fermer à l'aide de petites portes qui y sont adaptées ; mais ces moyens sont loin de remplir le but qu'on s'est proposé d'atteindre. En hiver, quand le feu est allumé, ces ouvertures , au lieu d'être des con- duits servant à la sortie de l'air impur , ne sont qu'autant d'entrées pour l'air froid , qui tombe sur ceux qui sont assis dans cette direction, et qui , en se glissant le long du plancher, glace les pieds de toutes les personnes placées sur le chemin qu'il parcourt pour rejoindre le courant de la cheminée. Les personnes assises près ou au-dessus de ces ouvertures, étant nécessaire- ment exposées à des rhumes ou inflammations, les ferment généralement aussitôt qu'elles le peuvent, afin de ne pas être exposées à ces ac- cidens. Aussi , c'est principalement en hiver qu'arrivent ces altérations de santé dont nous avons parlé , et qui résultent uniquement de la mauvaise aération ; car dans les saisons plus chaudes les croisées peuvent être fréquemment ouvertes sans que ceux qui sont placés près d'elles en éprouvent la moindre incommodité. Maintenant ce ne serait certainement pas un problème trop difficile à résoudre , avec l'aide des connaissances déjà acquises , que de cher- cher à obtenir partout une parfaite ventilation. L'aération de nos appartemens par le corps de nos cheminées est très-imparfaite, car le cou- rant emporte plutôt l'air pur qui séjourne dans la basse région de la pièce , qu'il ne la débar- rasse de l'atmosphère délétère qui , après son séjour dans nos poumons , est monté vers le plafond , et qui s'y maintient longtemps avant de redescendre et de pouvoir s'échapper; mais comme l'espace est généralement grand en pro- portion du nombre des personnes présentes, excepté dans le cas de gi andes réunions , cet état de choses produit rarement de graves in- convéniens. Ce fut dans les filatures de coton, où se trouvaient des machines à vapeur , et où chaque individu possède quelques notions de mé- canique, que se présenta pour la première fois l'idée de se procurer une saine aération par des moyens artificiels, qu'elle y fut exécutée, et que des résultats satisfaisans en furent aussitôt ob- tenus. Voici ce qu'on imagina pour la ventila- tion des ateliers : une roue , sur le modèle des fanneurs dont on se sert dans les granges, est placée à une ouverture communiquant à la pièce qui doit être aérée ; et étant tournée avec la ra- pidité désirée , elle attire et renouvelle par son mouvement de rotation, l'air de toutes les par- ties de la salle. Une roue de moindre dimen- sion pour des petits appartemens peut être mise en mouvement par un mécanisme tout-h-fait semblable à celui des tournebroches ordinai- res. Au lieu d'une roue, on peut encore se ser- vir d'une pompe, d'un gazomètre mouvant, de cylindres ou de toutes autres machines que les ingénieurs connaissent et indiqueront au be- soin. On peut encore construire un appareil avec un tuyau ou conduit à embranchemens , disposés de manière à renouveler fréquemment l'air de chaque chambre d'un bâtiment. Chauffage. — En hiver des personnes assi- ses , se livrant à un travail manuel , et vêtues comme c'est l'usage en Angleterre , ont besoin d'une température de GO à 65 degrés [thcrmo- mùire anglais) , pour se trouver dans un état de chaleur convenable, qui est la seule garantie contre les maladies occasionnées par le froid. ^Maintenant il est tout à fait impossible d'obte- nir, au moyen du feu dans une cheminée, une semblable température , dans toute l'étendue d'une grande et vaste pièce ; ceci est une vérité qui peut être vérifiée par des personnes qui, d'un commun accord , se plaçant en cercle au- tour d'un bon feu, peuvent se convaincre qu'en dehors de ce cercle, elles auraient froid, et qu'au dedans elles auraient trop chaud ; aussi , lorsqu'il arrive que dans une chambre avec un feu ouvert, une nombreuse compagnie se trouve convenablement chaufTée, c'est que toujours chaque indi\idu est parvenu à garder sa cha- leur naturelle à l'aide de celle résultant de la respiration de chacun. La grande quantité d'en- gelures qui atteignent les enfans des écoles, où beaucoup d'entre eux se trouvent assis pendant longtemps dans la même chambre , sans pouvoir tous également jouir du bénéfice du feu de la che- minée n'est évidemmentque la conséquence de ce mode de chauffage. Cette incommodité n'est oc- casionnée que par le refroidissement des pieds, qui ne sont pas assez couverts pour résister au froid, où qui se trouvent places dans un cou- rant d'air qui glisse sur le parquet pour aller rejoindre celui de la chcUiinée. La chaleur ol)- tenue par les poêles de fonte en usage en Alle- magne et en Russie, est plus uniforme que celle des cheminées, et n'est pas diminuée par les courans d'air inséparables de ce dernier mode de construction. Mais il y a de graves objections à faire sur l'état insalubre et pernicieux auquel l'air se trouve bientôt réduit, par son contact avec la fonte chauffée à un haut degré (i). En (i) Les médcoins sigiialonl une foule de maladies pro venant non du froid, mais de la chaleur excessive pro- duite par des poules , dont on ne sait pas toujours mo- dérer l'aclivité. En .\nglelerre, on a généralemcni l'ha- bitude de mettre un vase rempli d'eau sur le poCle. Op HYGIENE. 93 Angfèterre, où il y a de nombreux et vastes ate- liers, pour la filature des cotons principalement, et dans lesquels se trouvent journellement un grand nombre de personnes , on est parvenu à la découverte d'un bon moyen de chauffage, au moyen de tuyaux d'eau chaude ou de vapeur qui, en parcourant toute la longueur des salles, les chauffent entièrement aui*nème degré, tan- dis que l'air frais introduit pour la ventilation , vient aussi se réchauffer par son contact avec ces conduits. Il doit être bien entendu que l'air introduit dans une chambre remplie de monde, pour suppléer à son imparfaite aération , n'en doit pas moins être à peu près au même degré de chaleur que celui de la température exis- tante dans cette chambre, autrement il ne crée- rait que des courans d'air dangereux pour lesha- bitans, ou tout au moins il causerait une cha- leur inégale dans l'appartement. De tous les modes de chauffage, aujourd'hui en usage, ce- lui qui s'obtient par les conduits d'eau bouil- lante ou de vapeur, et qu'on peut observer dans l'hospice des fous d'Hanwell et dans plu- sieurs autres grands élabhssemens , est le seul convenable pour des salles de grandes dimen- sions. Dans les endroits oîi le mode de ventila- lion que nous avons décrit a été mis en usage , on peut faire une addition à l'appareil destiné à l'extraction de l'air impur et à l'introduction de l'air du dehors. Ce perfectionnement consiste- rait à mettre en contact pendant un certain espace les deux courans d'airs renfermés chacun dans de très-minces tuyaux de métal , de sorte que l'air du dehors, à son entrée, absorberait presque toute la chaleur de l'air rejeté, et pro- curerait ainsi un air pur et chaud , et éviterait par conséquent chaque jour une nouvelle dé- pense de combustible. Par ce procédé, on dé- barrasserait le système de ventilation de tous les dangers que présentent les courans d'air et l'inégalité de la température. Ce simple mode a déjà été décrit par le rap- porteur à rinstitut-Royal de Londres, en mars I83G. DES ENVIES. Ce sujet , sur lequel il n'est plus permis de s'étendre longuement de nos jours, présente un des plus curieux chapitres des erreurs de l'es- prit humain. L'observation avait montré que les femmes dans l'état de grossesse étaient a calculé que l'air d'un appartement ordinaire, chauffù par des tuyaux , doit évaporer au moins un /itre d'eau par jour, pour ne pas occasionner de dérangement dans les fonctions de la poitrine et ne pas causer de cépha- lalgie. En effet, lair, en s'échauffant, finit par se dessé- cher, si l'on n'a pas soin de lui rendre de l'humidité en maintenant un vase pour l'évaporalion. L'air sec que l'on respire enlève de l'humidité aux cellules pulmonai- res et les dessèche à la longue, ainsi que la peau du vi- sage et des mains, avec lesquels il se trouve en contact. douées d'un excès de susceptibilité , et que l'en- fant pouvait souffrir plus ou moins des impres- sions ressenties par la mère ; et , comme des enfans naissent, présentant quelques difformités plus ou moins singulières, on crut pouvoir les attribuera ce qui avait frappé l'imagination de la mère, et particulièrement aux envies non satisfaites qu'elle avait pu éprouver. De là , le nom d'envies , nœvi materni , par lequel on désigne communément des taches , des tumeurs de couleur et de volume différcns, qu'on ap- pelle également signes de naissance. La croyance vulgaire à ce sujet est que, quand une femme éprouve une envie qu'elle ne peut con- tenter , son enfant apporte, en naissant, l'image plus ou moins parfaite de l'objet désiré, sur la partie du corps où elle a porté la main en ce moment. On voit fréquemment chez les enfans nou- veau-nés des taches plus ou moins larges, avec ou sans saillie de la peau , tantôt roses , rouges et violettes, tantôt brunes et livides. Eh bien ! ces taches viennent , dit-on , de ce que la mère a souhaité du vin , du café, ou bien tel fruit ou telle fleur, avec lesquels une prévention igno- rante et aveugle s'obstine à trouver une ressem- blance frappante. On va même jusqu'à dire qu'à l'époque du développement des fleurs ou de la maturité des fruits , ces taches présentent des changemens de couleur. La forme et le volume que ces tumeurs prennent quelquefois ont été interprétés de la manière la plus bizarre. Ainsi, on a voulu y voir des couennes de lard , des huîtres, ou bien aussi des araignées, des cra- pauds , des vipères. Nous ne parlons pas ici des enfans h tête de singe ou de chat, qui sont des difformités plus ou moins singulières, mais qui s'expliquent très-bien maintenant par des monstruosités, c'est-à-diie par un développe- ment!, soit incomplet, soit surabondant, de certaines parties du corps. Car, il ne faut pas s'y tromper , la nature n'a ni caprices , ni bizar- reries , et ses irrégularités , ainsi que nous les appelons, sont soumises à des lois déterminées et connues maintenant. Les envies, pour la plupart, sont des vices de structure de la peau , tantôt des tumeurs variqueuses, ou des cicatrices , ou des adhé- rences formées pendant la vie intra-utérine. Elles n'ont surtout aucune liaison avec les désirs dont les femmes grosses ont pu être toiu-mentées , que ces désirs aient ou non été satisfaits ; enfin, comme elles sont ou des maladies ou des traces de maladies , elles peuvent être guéries avec succès, et au moins presque toujours sans danger. Ce n'est pas qu'il ne soit bon de tenir les femmes enceintes à l'abri de toute impression pénible et de tout spectacle dégoûtant , mais ce n'est pas dans la vue que l'on se-propose coin- H MORALE , MÉTHODES D ENSEIGNEMENT , LEGISLATION. munément. Le meilleur moyen qu'on puisse mettre en usage consiste à donner aux femmes iine éducation solide et sérieuse, qui les mette à l'abri des écarts de l'imagination. On appelle encore envies des fentes ou des excoriations légères qui se font aux doigts , vers la racine des ongles ; insignifiantes par elles-mêmes , ces petites plaies occasionnent quelquefois des douleurs assez vives, et peuvent taême susciter une inflammation notable des doigts. On ne doit donc point négliger cette affection , qui , outre le danger qui vient d'ê- tre signalé, présente encore celui de permet- tre l'introduction des matières vénéneuses ou virulentes, qui sont sans action sur la peau intacte. Outre qu'il faut, autant que possi- ble , garantir les mains du contact des corps durs ou irritans, on doit aussi couper avec précaution les pellicules qui se soulèvent, au lieu de les arracher , comme le font quelque! peisonoes. Un petit emplâtre adhésif est égale- ment utile pour préserver du retour de cet ac- cident. F. RATIER, D. M., Directeur de l'école préparatoire de médecine de Paris. V. MORALE, MÉTHODES D'ENSEIGNEMENT, LÉGISLATION. TRAVAUX DES MAIRES POUR LE MOIS DE MARS, A JOURS FIXES OU A ÉPOQUES INDÉTERMINÉES. INDICATION DES TRA- VAUX ANNDEtS SANS EPOQUES FIXES. BouLANGF-Rs. — Envoi au sous-préfet de l'é- tat récapitulatif de l'approvisionnement de cha- que boulanger (l'=""mars). Chemins communaux. — C'est ordinairement dans ce mois que se fait , à l'époque déterminée par le préfet, la tournée da commissaire-voyer , pour recevoir les travaux exécutés sur les che- mins communaux. Lorsque cet agent de l'admi- nistration se présente dans la commune ( le jour est indiqué d'avance), le maire se concerte avec lui pour assister à ses opérations, inspecter, ac- tiver et diriger les travaux qui sont en cours d'exécution, faire sur le tout ses observations, prendre les notes nécessaires à la rédaction des projets de nouvelles communications, qui pour- raient être conçus dans l'intérêt de la commune, tracer enfin les parties des chemins dont l'ou- verture et les directions auraient été approuvées. Il convient donc que le maire accompagne le commissairc-voyer partout où sa présence peut être nécessaire. Clôture de la chasse. — C'est dans ce mois que le préfet fixe , par un airêté , le jour de la clôture de la chasse sur les terres non closes ; l'époque de cette clôture varie de plus ou moins de jours selon l'avancement ou le retard de la saison ; le maire fait afficher l'arrêlé du préfet ou un avis qui le reproduit ; le maire doit recom- mander aux gardes-champêtres et forestiers, ainsi qu'aux gendarmes en résidence dans sa commune , s'il y en a , une surveillance exacte pour prévenir ou réprimer les délits commis sur le territoire de sa commune pour fait de chasse, un tomps prohibé. Il se fait remettre les procès- Tèrbaux constatant ces délits et les transmet au procureur du roi. (Dans le mois). Comptabilité communale. — Le maire des communes nonjusticiables de la Cour des comp- tes , c'est-à-dire dont les revenus ne s'élèvent pas à 10,000 fr., dresse, dcconcertavec le re- ceveur communal, l'état des dépenses ordon- nancées au 31 décembre précédent, et qui n'ont pas été payées (31 mars). Cet état est soumis au conseil municipal, à la session de mai, en même temps que le compte de l'exercice clos. Contributions directes. — Le maire du chef-lieu de réunion de perception vise , après vérification de la caisse et des écritures du comptable, l'état trimestriel de situation des re- couvremens sur les contributions directes et sur les revenus communaux. Il examine les cotes des contribuables , indi- viduellement, s'assure que les poursuites sont faites sans partiahté, stimule les. contribuables en retard afin de leur éviter des frais de pour- suites. Si les sommes en caisse appartenant à la com- mune sont d'une certaine importance, il en provoque le versement au Trésor à titre de placement, conformément aux instructions (31 mars). École primaire. — Le dernier jour du tri- mestre, le maire délivre à l'instituteur, dûment nommé, agréé et installé (il ne peut y en avoir d'autre ) , son mandat de traitement (31 mars). Ce mandat doit toujours être appuyé du cer- tificat du comité local. Si la commune se trouve du nombre de celles dont les centimes votés et les autres ressources sont insuffisans pour la dépense du traitement et du loyer de la maison d'école , le maire fait faire, à double , sur des imprimés spéciaux dé- livrés par la préfecture, le certificat du comité local constatant cette position , et l'adresse au sous-préfet pour être transmis au préfet t ofia MORALE, MÉTHODES d'eNSEIGNEMENT, LÉGISLATION. 95 d'obtenir -la subvention que, dans ce cas, le département accorde à la commune. L'un des doubles du certificat est destiné à être joint au mandat de paiement; l'autre double reste à la préfecture comme pièce justificative qui doit être produite à l'appui du compte d'administra- tion du préfet. S'il s'agit d'un premier mandat , l'instituteur doit produire à l'appui : 1" Copie, certifiée par le maire, de l'arrêté du comité supérieur portant sa nomination ; 2° Copie, également certifiée, de la délibéra- tion du conseil municipal, dûment approuvée , qui fixe le traitement de l'instituteur. Les mandats des trimestres subséquens n'ont besoin d'être appuyé d'aucune autre pièce que du certificat du comité local qui constate le temps d'exercice. Une décision du ministre des finances du 21 octobre 1834 exempte du timbre les quit- tances ayant pour objet, soit le traitement fixe , soit la rétribution mensuelle, considérée comme supplément de ce traitement, lorsque ces deux traiteniens réunis n'excèdent pas trois cents francs. Electeurs communaux. — Le maire dresse le second tableau de rectification présentant le résultat des arrêtés du préfet, du jugement du tribunal civil et de ses propres décisions prises pour donner suite à ces arrêtés ou jugemens. Il complète ou réduit la liste des censitaires et des domiciliés pour la mettre en rapport avec la population , et enfin il procède, assisté de la commission du conseil municipal, à la clô- ture de la liste des électeurs communaux (31 mars ) . Cette liste, une fois close, ne peut plus éprou- ver de changement jusqu'au 21 mars de l'an- née suivante, sauf ceux qui résulteraient deju- gemens , de décès ou de perle des droits civils ou politiques. Engagemens volontaires. — Envoi de l'é- tat de ceux reçus pendant le mois (31 mars). Etat civil. — Le maire n'a que jusqu'à la fin de mars pour déposer au greffe les tables an- nuelles de l'état civil, s'il n'a pas rempli cette formalité dans l'un des deux mois précédens. Exploits, Assignations, Significations. —' Le maire reçoit les assignations pour les per- sonnes absentes de sa commune. Il vise l'ori- ginal que lui présente l'huissier , mais aupara- vant il s'assure , autant que cela dépend de lui , que l'assigné est véritablement absent. Au retour de celui-ci, il lui fait connaître qu'il a reçu pour lui une copie et l'invite à la retirer. Le maire vise au moyen de cette formule : vu et reçu copie , les originaux de commandemens dits de trente jours et autres. Le maire certifie les appositions d'affiches pour vente de biens de aaineurs , expropriations forcées, etc. , etc. , en ces termes : vu et certifié à ce le maire de Gaude-ciiampêtre. — Le maire ordonnance le traitement du trimestre écoulé (31 mars). Jury de révision . — Le maire dresse, pour l'en- voyer au juge de paix, la liste des gardes nation- aux appelés à concourir aux fonctions de mem- bres du jury de révision, qui, aux termes de la loi du 22 mars 18 31 , se renouvelle en avril (dans le mois). Livrets. — Le maire délivre les livrets des ouvriers et des domestiques ; il n'est dû aucun droit pour celte délivrance, seulement l'ouvrier fournit son livret imprimé. — Le maire vise ces mêmes livrets lorsqu'un ouvrier ou un domes- tique quitte la commune pour se rendre dans une autre. Il s'assure d'abord que le dernier maître ou que le fabricant que l'ouvrier quitte ont inscrit en bonne forme le congé d'acquit , et il légalise la signature de ceux-ci. - Mercuriales de la quinzaine. — En dres- ser et en envoyer le tableau (15 , 31 mars). Population. — Le 31 mars est le dernier terme accordé au maire pour fournir l'état de mouvement de la population si cet état n'a pas été produit dans les mois de janvier ou de février. Vaccine. — Le maire adresse au sous-préfet le tableau des vaccinations pratiquées dans la commune pendant l'année précédente s'il n'a pris déjà ce soin dans l'un des deux mois précé- dens (du 1" au 15 mars). Vidange des fosses d'aisance. — Cette opé- ration doit être l'objet d'une surveillance sou- tenue delà part de l'autorité. Il n'est pas d'an- nées qu'il ne périsse un assez grand nombre d'mdividus chargés de ces travaux , toujours par suite d'imprévoyance ou d'imprudence. L'autorisation qui permet la vidange d'une fosse doit porter que ce travail ne pourra com- mencer avant que préalablement la fosse n'ait été ouverte par un entrepreneur, un certain nombre d'heures à l'avance , afin d'opérer le dégagement du gaz qu'elle renferme. Il doit être fait défense de jeter aucune ma- nière enflammée dans la fosse, dans le but d'é- prouver quel peut être le degré de force et d'ac- tivité du gaz. Les hommes préposés à la vidange doivent être munis de cordes , ainsi que de tous ustensiles nécessaires pour opérer avec sûreté et célérité. Celui qui descend dans la fosse doit toujours être attaché par le milieu du corps avec une corde dont l'autre extrémité est solidement fixée au-dehors , afin de lui porter au besoin le plus prompt secours. Il doit être expressément défendu à tout vi- dangeur de descendre dans une fosse , si préa- lablement on n'y a jeté une livre ou deux de chlorure de chaux pour neutraliser l'action du gaz hydrogène sulfuré. PUBLICATIONS NOUVELLES. Auguste DZÏSREZ, imprimeur-éditeur, RUE KEUYE-DES-PETITS-CHAMPS, 50, A PAWS. ÉDUCATION DES MÈRES DE FAMILLE, ou DE LA CIVILISATION DU GENRE HUMAIN PAR LES FEMMES. (Cet ouvrage a ètè couronné par l'Academie-t'rançaiae.) Par X.. AIMÉ MARTIN. 1 vol. in-8o. Prix : 7 fr. Celte seconde édition renferme plusieurs an- notations considérables et douze chapitres nou- veaux sur les matières les plus importantes de l'éducation. 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BESPRÉAUX , Employé supérieur de l'enregistrement et des domaines, SUIVI DU CODE DE LA FAMILLE, ou Entreliens sur l'état des personnes, la propriété et les différentes manières de l'acquérir et de la transmettre , les contrats et obligations, Par M. laODis BEXaliET. La première partie de cet ouvrage a été couronnée par la Société pour l'enseignement élémentaire. 1 vol.in-16. Prix : 1 fr. 50 c. MALADIES DE POITRINE. — RHUMES. Les affections de poitrine provoquées par les rhumes, les toux, les catarrhes, symptômes de la phlhisie pulmonaire, ont fait surgir mille découvertes pharmaceutiques qui toutes sont demeurées impuissantes. Après des recherches longues et approfondies et des études persévé- rantes, M. Dégenétais, pharmacien, aidé des conseils et de l'expérience de quelques célèbres praticiens , est parvenu à composer une pâte pectorale de mou de veau dont le succès a com- plètement répondu aux espérances de l'auteur. Des expériences souvent réitérées dans les hô- pitaux de Paris et des principales villes de France , les observations de quelques célèbres médecins et professeurs à la Faculté de mé- decine de Paris , les certificats les plus flatteurs adressés à l'auteur pai plusieurs médecins de 'Angleterre et de l'Allemagne, ont établi d'une manière incontestable les bons effets que pro- duit l'usage de la pâte de mou de veau dans les cas de rhumes opiniâtres et toux rebelles. Elle est employée avec succès dans les cas de phlhi- sie et dans plusieurs affections de poitrine , qui trouvent toutes un remède puissant dans le principe du mou de veau soigneusement re- cueilli par M. Dégenétais et heureusement uni à plusieurs extraits de fruits pectoraux. La pâte pectorale de mou de veau de Dégené- tais (i) a été brevetée du gouvernement et au- torisée par ordonnance royale du 23 avril 1 836. 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De !a f.irce et de la faiblesse, iO'ul. — l'.li jines , toux , 'M firanile culture .- lourf;if;ei non f;r;imini''5^, I03. — Ma- catarrhes, in.—Kfrels pernicieux du duvi l de platane, *.-o^ t-C'î cliiiie à iiioissoiiiicr, lo». — Ai)j'..:reil pinir it'i);i! dré la ibid. iM à c|i;iux vive en poudre sur les arbres ut pour (!( les iusocles, loi;. — Kurniire de la vi^'iie par le ■tri.'ire trélîn. V. MOriAI.E , M1-TM0I)ES D'ENSEIGNEMENT, LEGISLATION. il 110. — Médecine vetériiijiire : Iraiteiueat do l,i pieuro- Enseignement iiuiversel, us. —Organisation et admi- pncuDiouile des hèles à corucs , iù.il. — Le lenuier, le nistration municipa'e:', li2. — Travaux des maires pour philosophe et les eliarençons, m.- le mois d'avril, liS. — Aner(;u de la juris uudeuce du II. co.\imki{<;k, m.\.\u1'A(;ixi;ks,.\I'.ts !;tmk riKits. conseil d'étal ci! matière de contributions Jirecles, 12;. Grands réservoirs en bi Ion, ui. — .Maciiiiies à fabri- VI. AN.NONGKS GRITIOUES ET UAISON.VEiCS DE quer les tuiles, ii3. L'INDLSTniE. Ht î-ilS V')^. 111. KGO.\0>!ir- DOMICSTIOL!'. r.arïipes Eéron, lî". fxl Couvertioii Ua bois eu ciiarbon, (/;((,'.— secour s con- Gorres;!0!Kbn.^-e. ij8. ,. s-»» O J9 J 0 L- Il S delà 1 FETES ET >O.MS des 1 INTÉHr.TS de' fr. 100 UEVE.N'U E.Ml'LOI. V 11 on VIT de 1/10 epar(;né au b(;ut de m K^ %^^ "i^iT"' par Dépense lOliarfiiie m "^ seniait'.e. Sil.MS. 1 ! à i p. 0/0. ""J.~"f."e: aii. jour. ~f.~c.~ 9/10. ~f. c.~ 1/10. "r. e.' iO ans. "f. c.~ i 91 t i>l>'. jl.\ PASSION. i/J 1 Oi) 4'j50 l'J 73 Il 40 1 -il 14087 31 m 1 Ui •2 lundi. s. l-ranvois de l'ad. yj 1 (Il 47UO li 87 l'i 58 1 VM 1 1J40 yo Vi a mardi. 's. r.icliard. yl 1 03 ■i-50 13 01 11 71 1 30 Ul'J-i iO m •i uiereredi. s. Isidore. S/i 1 0» 4tiOO 13 15 Il 83 1 31 H5i3 95 S i/-'?) m Mj h jeudi. s. Anibroie. Uti 1 Oi 4S50 13 Ui 119. 1 3i 14095 55 r^:4 vu tf vendredi, s. Prudent. y7 1 Vi 4900 13 4i li OS 1 ;ii 11310 93 ■m$ U7 7 samedi. ste. Perpétue. ys 1 07 49 0 13 5o li 'iO 1 35 l4y9S 50 ut ^4 m 08 8 "J.M. Il.l.s l\tMl;v(X. h-J 1 08 cuou 13 09 Vi ji 1 30 15150 00 yu y huuli. ste. Marie éf;ypt. loo i ey .5050 13 bi li 45 1 3.'i l.i301 55 lUO 10 mardi. s. î'uibert. 101 1 10 5100 13 97 fi 57 1 39 I5i53 05 m^i 'm 101 1 1 mereredi. s. I.éon, pape. lU-J 1 11 5 ! 50 li 10 li 09 1 41 15oOl (iO ■■> 13 0(j 1 4-. 10059 15 tt 1 i.-f''i 106 la [lundi. S. l'ruetueur. [ M- 1 17 5 1(10 14 79 13 31 1 47 l03tiJ V!0 i-^>^ ^1^? 107 17 'mardi. S. A;iii-ei. ! UI8 1 IB 5450 14 y3 13 43 1 49 lù513 70 ^?. ni •2i inianii. ste. heme. ' 115 l Jti 5bO0 15 !49 1 i 30 1 59 1757 1 35 < 14 4i 1 tiO rm: 85 Hi n^. ' 4-î iiti •JG (jeudi. s. Giel, pane. i 117 1 -.iS 5yOJ l() Iti 1 i 54 1 01 lïh77 40 ■ 17 •21 venliedi. S. l'olvcarpe. ' 118 1 -iJ 5950 la 30 14 07 1 03 l8U'i3 90 t<>l 118 ■J8 sani-di. S. \ liai. 1 liy 1 30 bOOII lli -13 ; H 79 i 1 04 Ksua li î>i^-i l'a 11» ■i'J MM. S. noii'Tt, -.bb.j. ; ijo 1 31 00 lO IJ 5 7 j 1 4 9 1 1 1 (i 'i lîi.,.1. 00 i^m IJO M lui:di. s. i:ulrui,e. ,! '•^' ' --^ UIOO 1j 71 1 . 04 ! 1 07 ItiWi 50 i^ uo '■ 0". — — i> r 0 D. 1,1. le 19 à 3 j') du sii.r fU ■Jf^/Ï ■j 0 4 a 7 1 1 N. ; ,. le -..5 a 7 10 du i:,;,li n. Uk '^ 'é'Vf LIVRES ITTILES. MANUEL DES HERITIERS ", DONATAIRES ET LEGATAIRES, . ,,, EN MATIÈhK DR DROITS DE SUCCKSjIO.V ; ,' , • SUIVI DU CODE DE LA FAMILLE. Auteur du Coàe de la Famille, qui forme la seconde pnrlie de rolte puMirnIion nouvelle, j'éprouve ualurelleruenl quelque embanas et quelque hésilalion à rendie compte de l'ouvrygc signé |)ar M. Dcspiéaux et [>ar moi. Je dirai d al.ord ce que je pense du Manuel des Héri- tiers , et (|uant au Code de la Fanrille , j'exposerai ce (jue j'ai Vitiiiu faire , lais>aal à nos lec- leuis le soin de juger si j'ai touclié le l»ui que je me jiroposais d'atteindie. « Touies les pe; sonnes , dit M. Despréaux, en faveur desquelles vient à s'ouvrir une sueces- sioi!, telle modique qu'elle xoit , se trouvent embarrassées poiu' rac(|uittement des droits de imitation dus à I h'tat et payables à des receveurs de l'enrci-'islrcment et des domaines, soit eu raison des délais, soit en raison de la situation des 1 iens , cl suitoul pour la somme nécessaire au paiement de ccn droits. » Cela est vrai. Combien de personnes, en effet , au moment où une successio,n vient i\ leur échoir, ignorent souvent quels sont les droits de mutation (ju'elles doi- vent à l'Etat, comment ces droits s'établissent, comment ils sont perçus et (jucis sont les délais fixés pour les acquiller. C'était donc rendre un service signalé au public que de faire connaître aux héritiers, donataires et légataires tout ce (|u'il f.iut savoir jiour faite régulièrement le paie- ment des droits dus pour toutes successions. ]S!. Despréaux s'est acquitté de cette tàclie, et son livre, qui, sans conli'cdit, est appelé h piTudre place atr iisilieu des livr-cs réellement utiles , di<- penseia pi-esque toujours les héiiliers de recourir à la science d'un nol.'iire et leur épargnera des frais tout à fait inu'ilcs, surlout dar^s le cas de successions non produclives. M. Dospréaux , éclairé par- des études de trente années sur les difliculiés que présente la liqui- dation des droils de sui'cession, s'est elfoicé de rendre simple et facile l'intelligence des lois et arrêtés sur l'enrefjistrement. H a rattaché chacune des dispositions légales (pii légissenl celte matière aux aitides du Code ( ivil , de telle sorte que cIko^uc partie de cet ou\ l'.îge , qui peut être consullée isolémerit , <'(mcourl cependant à l'en-seml le d'un travail qui teiiioigne des laborieuses rcclierclu'S de M. Despréaux et de la haute expérience (pi il a ac(piise dans l'cxanicn de toutes les (jiiesli;ms passées en revue dans sou Manuel. ],(! Journal des Cotinaissonces utiles m'a fourni ré[>igiaphequc j'ai placée en tète du Code de la Famille -. « Nul , dit-on , n'f-sl censé ignorer la lor ; eh lien ! nul ne l'ignorera quand on aura dit à cha<',un ce que la loi attend de lui comme «-iloyen ou ccmime membre d'une famille. » Ce sont principalement les lois qui régissent litilérieur de la famille que je me suis proposé de fair-e coniiailie, de répandre, et j'ai surtout insisté sur (C qu'on appelle Yétat des personnes , c'e;-l ii-dirc sur les condilions néces.-^air'cs pour ri(nis c récils (pii serxenl en quelque soi'te d'inlerprélalions animées airx articles du Code. Au reste, la forme (pic j'ai choisie a pour elle une sanction (pi'il m'es! p.ermis de rappeler ici : la pr'cmière parlie du Code de la Famille , sauf les nori.bieiiscs moddii alions (|u'elle a subies, a été eourdrinée par' la Sociélé pour iensel(jnemenl éléiitenlaire S(!us le lili'e de : Notions élénienlaireA de droit français, clat des personnes, (ie sull'iage élait sans doute le plus ho- norable (pi'il me fut pei'inis d'amlilioiiner. J'ai complété ce premier travail par' de nouveaux cn- ti'cliens sur la propriété, les diljrrentes manières de l'aequérir et de la eonscrver, les con- trats et attlif/ations. La seule pens('-e (;ue le Cade de la lamille \w\\\ contribuer ii iiopulaiiser la comiaissance des lois cl à rerid.e peut-être plus facile raccomplissement des obligations que cha-'un de nous doit niupiir comme fils , < omiiu' époux, comme pi-re , comme membre de la famille, en un mot , celle scirle |iei:si'c , di -je, m'est aiijomd'lmi une douce r('Compeiise de quel- ques elforts (pi ne seront pas iLans utùilé s'ils rt pondent ;.u sincère désir' que j'ai eu d'être utile. L. B. (l) l'n vol. iii-i3. Pih : I fr. ^o c. (..\.ci >.\iz. !.c ;ez, tviilcur, rue Xcu\e-Jcê-l'clit.-Chsmp% u" 50. PIERUI': S.\.CA?.K DE GASTON. Ô9 >%%%%%%%%%%%%%%%%?-<>%%%%%%%%%%%°-^^^K%%%K%%%%%y^^^^ PIERRE SACAZE DE GASTON, MONTAGNARD DKS PYP.KNJES. Pendant que je prenais les bains aux Eaux-Cliaudts dans les lîasses-Pyiénécs , je faisais de fiéqi!enlcs evcuisioiis dans les vall>-es et les niontagnes des enviions. Désireux que j'étais de réunir plusieurs des niint-i'aiix les plus rares du pays, je in'itiloiniais partout si quelque paysan, sachant prévoir la curiosilé des étrangers, n'aurait pas , dans ses couiK'S après l'ours ou l'isard, ou dans ses exeuisions au pic. du irudi d'Ossau, réuni quelques échantillons de pienat noir, de quartz violet, de copliolite , ou iiiénie de hrillans morceaux de criblai de roche à olliir à mes amis de Paris. Je ne trouvai i ien de rassemblé à l'avance de ce côté des Pyrénées ; mais on m'in- diqua, dans unHillap;e à quelques lieues des L'inix-Chaudes, dans la muntagiie, un paysan dont tout le monde pariait avec un haut sentiment d'estime et (|u'on disait fort versé dans la l.ota- uique. Ce loianisLe rural est Pierre Sacaze de Gaston. Le village de Images, où il demeure, est silué sur une montagne d'un aci'ès on ne |)ent |)li:s âpre , à une demi-lieue du village de L'éost, (ju'il do- mine à pic, et il une lieue environ de Laruns, commune qui englobe les hanœ-Chaudes , et estsitiiée aussi sur la route des L'aux-Iionnes. A une premièi'e \isile, je ne trouvai (jue le père de Sacaze de Gaston, vieillard grand et droit de (luatre-vingt-deuxans. Une famille assez non)- breuse de fils et de neveux l'entoinait. C'est un de ces caractères cidnies et indépendaus, tels (|u'on eu trouve souvent dans les montagnes du liéain ci du pays basque. Au moment de l'eni- vre, il avait désappiou\é la rcconstrucliou d'un trùneliérédilane, et il avait développé son vote uégalif sur ie registre ouveit dans ( haque comnuinc. i.'empire une fois cl.dili , il ( éc'a à l'expres- sion de la volonté générale, et son exemple ne fut pas sans induence dans un pays où de vieux attachement pouvaient donner une physionomie un peu plus noble à des intiiguos personnelles. A ma i)reu:ière (juoslion, le viciîlaru me répondit : « C'est sans doute mon iils ie botaniste que vous demandez : il vient de sortir ; mais pendant que vous vous reposerez ici, en acceptant une hospitalih- de famille, il reviendra et il vous montrera sa collection.» J'altendis , en dirigeant la conversation de manière iiac(juérir quelques renseignemens sur une famille dont l'aspect général me plaisait. Au-dessus de rocheis accumulés avec désordre, par un chemin impissable au jj'us rude chariot , apparaît le village de IJagès, (jui s'avance sur la cime des [uécipices coniRic pour sur- veiller avec jalousie la fécimdilé des vallées environnantes. A l'extrémité de ce village de rochers se inésenle une nalure plus douce; des bois et des pâturages ornent les flancs abruples de la moiitaguc el reposent l'anl et le pi;'d. La maison de P. Sacaze est la dernière du village et la pre- mière près de la \erdure. Deux portes grillées y conduisent , donnant l'une sur le jardin, l'auirc à l'extiéinilédu village. La maison est propre ," le jardm bien entretenu, les chaiiips de toutes parts rians dans leur grandeur. , Sacaze n'arrivani pas, je me décidai ii profiler de mon exrur.'-ion Cc^ce côté du gave (i) d'Ossau pour aller aux Eanx-lioiines par les bois el la montagne. Le vieillard me coi;duisit , avec l'al- lure d'un jeune homme, par des lois et des sentiers si délicieux que ce serait la fortune d'un prand |)(.intre paysagisle d'avoir pu les rè\er. En nous sépa/ani, il me dit que son fils le botaniste allait >endre le lendemain des bestiaux à la foiie de lléost, et (|u'il m'y atlendi-ait. Je m'y rendis donc le lendemain avec quelques amis. Nous tiaversàriies le champ de foire, demandant "Gaston, («} Carr «iiirnîfic' rivière dan^l,-. langue du Bt'arn. 100 PÏERÎÎE SACAZE DK GASTON. et un riiré du pays m'amena près de lui. C'est un homme de quarante ans, grand . s\cilt' , Jl l'û'i! vif, à la lif:,'uic it;,'u! ère, à la touinuie aisée. Il y a dans son apparence cette dislincli(»n na- tive que doimc ime inlcllic^'ciice élevée. Appuyé sur son loiif,' l;àlo!i auprès de ses vaclies , il ré- pond t avee aménilé, avec netlelé à mes (piestions. Quelijues renseijruemens d'aiitii]uilé loralo (iiie je tus assez heureux pour pouvuii- lui donner avec |>réçision me concilièrent son intérêt , et il s'olFrit à satisr.iire compièiement la curiosité que je maoifestiiis sur l'étendue de ses études, dans une visite ipj il me feiait le lendemain aii\ Eaux-Bonnes. 11 arriva en eflet à I heure dite. Les couises de montagne les plus ruùes sont un jeu pour les liéarnais et les lîas(iues. Une personne fort spirituelle, qui avait vu Sacazo la veille avec moi , et qui s'est occupée aussi t'e botanique pralicpie , désira assister à notre enlrelien , et je crois que la présence de i c second auditeur contribua beaucoup à donner plus de vivacité et plus de relief a la conversation de (îaston. Je désirais savoir comment lui était venu d.'.ns sa jeunesse le goût de la poésie et de la musique, taleus jiour lesquels il est cilé d uis les moutagi.'es ; comment avait surgi en lui le goùl de 1.1 botaniijue d'abord, puis de la miuéi'alogie ; quels secours il avait trouvé dans les honmies cl les livres ; coimncnt il av';iil débrouillé l'énigme des dassilications latines ; quel temps il y avait em- ployé; à (piel pointue la carrière scieniilicpic il était arrivé, et s'il se sentait force cl volonté de persévérer et de la parcourir. J'écrirais les pages les plus attachantes si je pouvais seulement reproduire dans leur poétique simplicilé les détails decclle vie de pasteur. Sacaze est méridional, son langage est parfois coloré, et ses idées le sont bien plus encore que son langage. J'ai heu- reusement un témoin à pésenler |)our me défondre contre tout enthousiasme et toute exagéra- tion. Je raconte le vrai , mais ce viai est neuf et moral : comment, sur les raoutagnes du IVIidi, ne deviendrait-il p.is i)oéliqi!e ! Sacaze me laconta (]ue, depuis sa jeunesse , il avait eu , comme ses frères , son mois de garde des bestiaux paiernels. Aux premiers revcrdissemens (lu printemps, le pasteur part pour la montagne avei^ ses vaches et ses moulons , pour ne les faire rentrer au village (ju'à la première neige. Seul avec son troupeau sur un étroit oasis de pel(»use, au milieu des rochers et au milieu souvent de ces brouillards mois entiers, medil-il,surun pi.-uenKUitagne, le p.isteiira besoin decomprcn- dre(]u'il existe non loin ce lui des êtres (jui vivent lomme lui et sentent avec lui ; la voix ordinaire ne peut traverser les gorges des montagnes ; le chant seul, el une certaine espèce de chant, peut y parvenir. Si léchant était vif et saccadé, il n'arriverait que lout-h-fait indistinct au pasteur éloigné, brisé (ju'il SiTail par les échos (pii l'assaillent au [lassage. Pour qu'il arrive plus net , et par c(Hi.'iéquenl plus exi)ressif, il faut (pie chaque son soit lentement proKuigé, el (jue les linalcs en soient un peu aiguës. i)\\ ces sons prolongés, ce chant sans nuances variées, a toujours en soi quelque cho.se de solennel et de mélan 'oliiiue. Voyez la musique d'ég'ise : elle procède ainsi par sons lents et suis lujances ; elle s'adresse, non à une oreille, mais à un sentiment qu'elle va chercher , CiUiime le fait la nJIre. Seulement, comiiK; les sons, dans les plus vastes églises, ne peuvent se perdre et sont concentrés entre d s voûtes et des pierres nuis qui les retien- nent et les r.imènenl i\ tous , la niusii[ue d'église peut faire ai)pel aux stms graves, qui s'al- lient avec la force et la m.ijeslé , tandis ^\w^. nous, nous siuumes obligés de ne faire appel (lu'aux sons aigus, (pii rq)pelient toujours les plainles et les douleurs. Nos ini-:truniens de montagne S(uit ('oiislruits sur les mêmes principes , et leurs sons portés au loin sont profondément mélancoliques [tour vous-mêmes , liabilans blasés des villes. Mais l'instru- menl est toujoui's un peu froid, et la voix de l'homme \ibre seule |wof(Ui(lément au cœur de riutinme. A l.i lin de nos longues journées , quand nous arrive dans notre solitude un son de voix d'homme, porté à nous d'échos en échos et triomphant de leur opposition mo- tp.ieuse, alors notre ccc'ur se réchauffe, c'est comme la visite d'un ami longtemps absent. La voix c,es.-e et l.i notre lui ivjtond , jiour aller éveiller ailleurs les mêmes sentimens. Elle n'arrive pas à un seul ; elle parle [larfois à dix autres êtres comme nous, (]ue nous ne voyons pas, que nous cherchon.s et dont nous reconnaissons la présence au chant nouveau qui parle au nc»tre. Peu à i)eu les rochers s'aninient ; une sorte de lutte de chant s'engage , lutte de caur en même temps a ne de voix , lutte (pii met en jeu toutes les sympathies et nous prép;ue (jiitbiucs bonnes heures c rêverie pour la solitude qui va succéder. « PlF/àni' SACAZr, DF. GASTON. 101 » -r- On ni'.issurc, !iii dis-jo, Sarazo, (;iie vous ne vous êtes pns tenu s.'ilisfiiit (!o ri'polor 1rs mé- lodics anrionncs q-ii vous ('laient liadilionncllcmcnt transmises , mais que vous-même avez rompost' quelques ehansons cl y avez ;ijoi;lé des luclodirs nouvelles nées rn vous. — Que voulez-vous, me répondil-il , qu'un pasleur igr.i):;uilet i.«o!é comme nous fasse de son imagina- tion , quand elle s'allume au feu du souvenir, s'il ne devient un peu poète. Noire langue béar- naise est douei? , n.'iïve, flexi!''e, enfantiiie; les mois uni une !i.irmoi;ic naturelle (jui s'allie liiea avce le eliant, el noire aeectit esl déjà une récrie pour l'ereille, en même temps que le chant nous forée de nous resserrer dans des limites certaines , et que la rime, si fieile cliez nous, vietit cîoïc nalurellemenl le mètre. Une plainte, un regret, un désir, s'encadrent ainsi avec aisance dans le couplet ; on ne veut pas plaire aux autres par un jeu d'esprit qi;i ne parviendiait pas à leur oreille ; on a , pour ainsi dire , un constant monologue avec soi-même , et le chant indique seul aux autres l'expression de ce monoiogt;e. Tout est dit quand noîie sentiment arrive harmonieux à notre oieille par les mots , et à celle des autres par le clsant. Tout poéic dans les montagnes a commencé par des chansons. » Mais quel(]uefois l'exercice, qui amène la passion d'un art et .]ui nous rend habiles à le manier, nous préparc et nous excite à des compositions plus sérieuses, et peut-être, eu cherchant bien dans quelq\ies-unes de nosrabanes, trouveriez-vous de pelitsdrames quineseraient pas sansinféiêt j)our un liOM-me dont le goût se porterait de préférence vers le simple el le vrai. Je ne sais si les autres approuveraient mes essais en ce genre, mais ils m'ont fait passer de douces heures, et je pourrai vous les montrer. 0"-Tîit à l'habitude que j'ai acquise de créer ou i)Iut6t de combiner et d'ajuster plus ou moins bien h mes vers quelques mélodies, cela lient à un autre mode d'existence qui nous est resté en propre dans le village de lîagès, à la vie de famille, à la vie patriarcale. » Vous êtes allé chez mon père , et vous avez pu voir comment nous sommes tous rassemblés sous s?n vieux bras. Nous sommes onze frères et neveux dans la niaison, et la plupart des familles (le Bagès sont ainsi réunies en grand nombre sous la même autorité de famille. .Tusqu'à leur mariage, quel que soit leur âge, les garçons et les filles restent dans la maison du père ; après le mari.ige , le nouveau couple s'ajoute à l'une des deux familles , suivant les besoins de l'une ou de l'autre , et continue sous l'autorité du chef commun. Et ne croyez pas que je prétende que c'est parce que nous valons mieux (p.ie vous que nous avons si long'îcmps conservé ces mœurs patriar- «•ales. Sans doute ces mœurs produisent de bons et doux senlimcns; mais leur conservation est i'eiïet, non de notie propre caractère , mais de noire situation physique. Vous avez vu lîagès : vous semble-t-il (juc ses habilans, condamnés à trouver partout les pentes les plus rapid(S, les il ;s escarpées, dans leurs chemins comme dans leurs champs, dans leurs bois comme dans leurs prairies, vivant dans la région des orages et parfois mèuiedes lavanges''!), puissent avoir le même mode d'existence qre les paisibles habitans de la vallée? A Bécstetà Laïuns , placés s(u> nos pieds , les récoltes .se sèment en leur temps et se recueillent en leur temps ; on sait quel jour il faut couper les foins, pendant combien de jours il f.mt les faire sécher , quel jour il faut atteler les chevaux et les bœufs pour labourer ou rentrer les moissons. L'homme isolé de la vallée a plus do force parce qti'il peut s'aider et du temps qu'il prévoit et des animaux (;u'il dirige. Dans notre montagne de Bagès, c'est tout autre chose. TS'i le cheval, ni le mulet, ni le bœi.'f ne peuvent être emjtloyés ni à la culture d'un terrain placé sur des pentes aussi rapides , ni à rappoi ter nos mois- sons, notre bois, nos foins dans nos greniers. Quelles roues assez fortes, quels trains de voi- tures assez étroits, quelle construction d'essieu assez robuste pourrait résister à des chocs de ro- chers aussi incisifs? quels animatix as'^ez puissans pourraient faire remonter le moindre poids h leur suite sur ces hauteurs perpendiculaires, et ne pas être entraînés en les descendant? Il a donc fallu que l'homme s'aidât des secours de l'homme. Livré seul , avec ses seules forces , aux atta- ques gigantesques de la nature, il eût succond)é sans faute. Ce n'est qu'en nous agglomérant que nous avons pu résister. Un nuage subit vient-il menacer nos regains ('?), richesse si pré(MOuse, à l'instant il faut faire appel à tous les dévoùmens. Totites les volontés doivent tendre vers le même objet : sauver la récolte ! et tous les dos recevoir leur firdeau. Que ferait ici un homme seul, je vous le demande , quand, avec l.ant de bras réunis vers le même but , nous menons nous-mêmes une existence si précaire? Couper le bois pour l'hiver, le rentrer, labourer , transporteries mois- sons et les foins, tout cela doit se faire par les seules forces de l'homme, et cela, non pas dans le moment qu'on désigne soi-même, mais à l'improvisle, au moment où vous seriez le plus nécessaire ailleurs, dans la minute fatale que vo'.is prescrit la voix Iruyanle de l'orage ; car après cette minute . tous vos travanx seraient anéantis. Voilà l'impérieuse nécessité qui nous réunit ; voilà le principe conservateur de notre vie de famille. «INIai^, quand sont passes les travaux des champs, quand la neige a f.it rentrer sous le.s toits les trou|)eaux et les pasteurs, quand tous ont à j>;»sser auprès du mè.me foyer les lon- gues soirées d'hiver , quand la neige amoncelée fait dispaïaîlre les chemins et dot les portes des maisons, pour ne laisser lil'ros à l'air que les fenêtres su[)érieurcs, comment alors charmer les l(»ngues veillées ? La musique revient a^ec nous de son émigraîion champêtre et anime le foyer de famille comme elle avait peuplé la solitude, i^îoii pèie était , dai.- sa jeunesse, un chanteu." et un musicien cité. Ses enfans, nui sont certains d'aller toujours sûrement en mai- (l) On apprilp lavanaei ihns \c- V-^rvn.'.c ce (j'i'on nppo'lr avalvchcs dan? les .\'p s. {•i) Dcrnjî'iç cotip'' de? foiiis. 102 PIERRE SACAZn DE GASTON. chant nii il a imrché, se sont mis aussi à niUivcr h musique. Chacun de nous joue tant bien que rnr.I do son inslrument , qu'il falriinio Itii-nièmo, cl dans la dernière heure de U veii!(\' nniis improvisons di'S <'oncfrls à milic liianièro. I.'inslrument soutient la voix et en dé- guisa' 1.1 faillisse. L'cnscmldc de tous fait disparaître les inégililcs de cliacun , et nous passons une liontio lioure, et nous nous endormons Wva's [)ar l'harmonie à peine éleinle encore.. Ost pou;- montrer les plantes indiquées dans mon livre. Il m'en montra une soixantaine que je reconnu-s aisément pour les avoir fréquemment trouvées sous mes pas. Je mis sous eha- »-une le nom qui m'était d(!nné pa.- mon livre : c'él.ii! un nmn latin. Voyant mon empressement à m'instruire de li tiomenclature hotanique ijui m'était nécessaire, le pharmacien et un autre ha- liitantde la vilii' me prêtèrent des voyages scienlifiques dans les Pyrénées, et un entre autres, la Blore pyrcnrriinr de I.a J'érouse, dans leq'irj sont déiTitcs plus de deux cents plantes que je reconnus auxsimpi 'S lia ils qui en sont donnés et que je plaçai également de coté avec leurs noms. M,\ nomen- clature s'eni ichissait , mais en désordre, et il me devenait indis[)e:isalile d'ctahlir dans toutes mes notions et dans mes fleiu'S une cla.ssifîcalion quelconque pour m'y reconnaître. J'achetai l.innée, (pii étr.it sou\ eut cilé p.u' i!:es livres, ci ('((mme la nomer.cl.ilure de Linnée est en latin, je me mis juste dans l:i tctece (pi'il fdiail do latin pour la retenir, et pou h peu je me rendis ainsi maître de mon terrain. Il n'est pis do fleurs des P\n'iiées qui rie soit pour moi ime amie familière. J'ai su même en faire légiiimer q;ielqijos-unes qui n'étaient pas «-onnues et faire rendre à d'autres un nom mal connu. .Mon herhier, que je vous montrerai, est a! ondamment fourni de toutes nos plantes dans toutes leurs variéti-s. Quand j'aurai [)u lui donner une toilette qui lui pei mette de se montrer dans le monde, il aidera, je re.-.[)è;e , à rectifier (juelquos erreurs de la science et à faire rechercher encore davantage nos pp'cieuses montagnes. Tenez, voyez c( s tieaux lys ! voyez cette multitude de Heurs aux couleurs si vives que j'ai l'écollées en venant vous voir ce matin, car je sais aujourd'hui où se cacho la plus modeste (leur : ne pensez-vous pas que , placées dans vos jardins, elles en devienriraient r(»rnement? »La scion:'e est devenue pour moi un culte ampioljene cesserai jamais de me vouer avecardeur. Vous pensez que la ville, ('e Pau se laissera persuader de former un jardin d'acclimatation des plantes [lyrénéeruics. .îe serais charmé de seconder cet utile étahlissement. Quand on le dési- rer-a , j'ira! le commencer et mettre tout en bonne voie, et de temps en temps j'accourrai de mes montagnes pour y donner mes soins; ca-', pour quitter mon village et ma famille et mon vieux père, c'est ce(iuejene ferai pas, du moins tant (|u'uii grand ir^alheur ne m'aura pas frappé. Afin (!e nous < onserver auprès de lui , m«i père a fait de g-ands sacrifices pour acheter un homme pour mes {U:v.\ fiires; le troisième est piètre d ms le dépaitement des I andes, et la seule fa- veur (pie nous puissions avoir à réclamer- des puis.sans du siècle est de le rapprocher de nous en le fr.isant j) isser du dioc'se d'Aire dans le diocèse il' lîayonno: moi, le (juatiiènie , j'aurais sacrifie plus encore que mon deuxième fière, si cel : eut été nécessaire, pour ne pas m'éloigner de ma f;mil!o, et j'ai fait en réalité rc sacrifice , puisque j'ai renoncé au mariage plutôt que d'aller porter mes hras au secours d'une autre famille. Je n'irai donc pas, en ce monjcnl où mon père est âgé de (piilre-vingl-dcs'x ans, empoi-irinner par' mon propre éloignement les années de bon- heur ou il peut nous donner encore. A lui se-:l le séjour permanent; à la S( icnce, tous les jours (jue ne iéclamc pas mon père. » Je ferai plus encore. Vous croyez persuader à (;tielqucs-uns de vos amis du conseil muni- cipal ilyi Pau qu'il sérail bon de réunir dans un !\îuséo pyrénéen tous les minéraux de nos montagnes. Eh bien; la scicme mini-ialogiipie est aussi une'de mes passions; et en effet , il est difficile ici de séparer le culte des i-oclu-rs du culte des fleurs qui les ornent et les parfument. J'ai coni;!:encé une colieclion des inin('iaux pyr'é;;éens ; je me perfectionnerai pour vous dans cette science , et je compl-'/eiai ma colîcriiun dans mes courses de printemps, et je vous l'offre pour la ■ville (ie Pau. si vous :edésiiTZ, et sans voi.loir accepter d'autre prix (jifune loiine parole dite par votre ont! enii^e à l'évèque de Itayonne en faveur de mon lVè:e le curé. » J'ai essayé do. reproduire du l'ioins la ^élie des laisonnemens de Sacaze; mais ma copie est bien décolorée, comparée à l'original. H y manque, et le vêtement poétique jeté sur les idées, et ler-egar-d, et le geste, et la tenue intelligente et aisée qui donne du relief à toutes les paroles. Saca/;c est certainement un des hommes les plus intelligens que j'aie rencontré dans ce pays si inie'ligent, et le spectacle d'une belle intelligence au service d'une belle àmc rafraîchit mieux le corps et l'esprit que l'eo.u mènic des Eaux-Bonncs (-t que l'air des mont.5gGes. ACniCL'LTUnE. 103 1. AiiRiciLTi m:. GRANDE ClUl UE. FOLRRACES DES PRAiniES N ATIT.EI.I.E.S ET ARTIFl- CIKII.ES, ^0N r.nAMINKS. Fourrages légtiimneu.r. — Suite. Mélilot rLEv (melihtns rœrulca. Lin.), aussi roiimi dans les jaidins, oi'i on lecullive comme plante d'a^'réiiienl, sous les noms de lo- iirr odoranl , baume du 'Vrou , baumicr, trèfle musqué, e!c. Il est aiimiel et origi- naire de la l]o!iènie. Ses ligos s'élèvent à deux pieds, et jusqu'à trois dans les terres substan- t '?Ili s et fraivhes; ses feuilles sont conii)osL'es de deux folioles , et , ce qui le fait aisément re- connailre parmi tous seseongénè:es, ses tleurs sont bleues, en giappes, et répandent, comme toute la |)lanlc, une odeur ;giéablc, plus forte que dans les autres espèces , cl (jui augmente quand le mé.i'ol est dcssccbé. Toutes les cspvccs de lé! ail mangent cet le espèce avec assez de pl.ù-ir, mais c'est parliculièrement quand on é ève des .ibeilrsqu'e. le devient d'une culture pré; ieusc. (ics insectes rechei client en- core plus ses (leurs (]ue cvliesde^ antres espè- ces qu'elles aimciit l e:;ucoup , et elles y buti- nent une ample p'rovisiim de mii-l et de cire. Il est donc essentiel, si on ne la cultive pas en prairie, d'en semer une I onno (juanlilc autour de leurs ruches. Du reste, (juoi qu'en aient dit plusieurs agronomes , je pense qtie c'est là la plus grande utiiilé du méiilot 1 leu. Dans la grande miltuie , on le sème en automne , peu après les moissons , parce que sa giaine lève avant l'hiver et s , que l'on sème en mars ; la troisième est le pois gris d'hiver , que l'on sème en automne. Celle-ci commence à se ré- pandre b'eaucoup depuis quelques années et parait fort avantageuse , surtout dans les ter- rains secs. On emploie communément vingt- quatre à vingt-six décalitres de graines pour e;:sci!iencer un hectare. Le Pois ciciie (cicer) forme un genre h part, dont le calice esta cimi divisions presque aussi longues (pie la corolle ; quatre de ces divisions sont penchées sur l'étendard , qui est grand, et la einipiième est placée sous la carène, qui est petite ; la gousse est rhomboïde, rcnllée, à deux graines. Le rois CICIIE tête de bélier ( cicer arieti' ninn, Li.n.) est connu dans quelques localités sous les noms de garvancc, café français, pois chiche, etc. Cctle plante annuelle est haute d'un pied, ii îige droite, rameuse, anguleuse et un lieu velue ; ses feuilles sont ailées avec une i;n|>airc, composées de (p.iinze à dix-sept foho- siics pour être mangée par les bestiaux cl que j les ovales . velues el dentées en leur bord ; les les pois non encore murs les engrais.-ienl ; ils y pédoncules sont axillaires, solitaires, uniflores, trouvent encore cet avantage (pi'il n'e.-t pas at- ! plies et chargés il'un filet court place dans le lacpié par les mulots, les campagnols, les sou- { voisinage de leur angle; les (leurs sont d'un ris, les pigeons, les coil eaux , les giais , les ] pourpre violet, ou blauebes dans une variété; moineaux el autres animaux qui y foui un ] le légume est comî , à deux semences ipii res- graiid dégât quand on attend le mouient de \à seic! ieut un peu à la tête d'un bélier, .•omplèie mnlurité ; ensuite les co.-ses (\\'.\ sont i Dès la plus baulc antiquité on a cultivé le au bas de^ tiges n'ont pas le temps de i-oun-ir. ! ciehe pour sa graine, en Asie, en Afrique, dans Dau;ee cas (ui laisse sécher les fanes iomnic ' le li.idi de l'Europe et de la France. Un'}' •'» ])':.r f.ire. du fourrage, puis ou le 1 at ( ouime ' (ju'mie tieniaiuc d'années (pi'on s'est avisé de le li' quand Ls cosses .s'ouvrei.l avec facilité. ' 1; tr-urpoilç- dap:. les p.v;ies septentrionales AGRICULTURE. 105 de la France pour l'iilijiser comnio fourrage, parce que le bétail l'aime l)Ciiucou|). Eu outre, on a remarqué que celte plante est tiès-propre à l'amélioration des terres quand on l'enfouit à la charrue; mais si on la cultive pour ses graines, elle a, dit-on, l'inconvénient d'épuiser beaucoup le sol. C'est après la récolte des céréales que l'on sème le pois ciche dans le midi , sur un seul la- bour. Lorsqu'on ne le met en terre qu'au prin- temps, son produit est peu considérable. Le plus souvent on répand la graine à la volée et clair, mais il vaut mieux la mettre en rayons pour pouvoir donner des binages à la charrue , opération qui concourt puissamment à l'aug- mentation des produits. Cette plante végète rapidement et parvient presque toujours à se mettre en état de lésister aux gelées et aux pluies de l'hiver. Op la récolte plus ou moins tard l'année suivante, selon que la saison est favorable. Ce qu'il y a de singulier, c'est que Hall et Rozier, puis tous les compilateurs qui sont ve- nus après eux , aient confondu le ciche avec le pois gris dont nous avons parlé plus haut. Le SAINFOIN (hedysarum) a un calice persistant à cinq divisions ; la carène est trans- versalement obtuse, assez grande, comparée aux autres pétales ; la gousse est formée d'arti- culations orbiculaires , comprimées , lisses ou tuberculeuses et monospermes ; les feuilles sont ordinairement ailées , à stipules filiformes, dis- tinctes du pétiole. Nous avons en France trois espèces de ce genre, qui toutes sont recherchées par le bétail et principalement par les moutons. Sainfoin d'Espagne ( hedysarum corona- rium, DK Cand.) , cultivé dans les jardins sous le nom de sainfoin à bouquet et siilla de Ca- labre. Cette plante vivace a les liges un peu rameuses , de dix-huit pouces à deux pieds ; ses feuilles sont composées de sept ou neuf folioles ovales, un peu velues en leur bord , et dont la terminale est plus grande que les autres ; les fleurs sont d'un beau rouge, rarement blanches, assez grandes , droites ou étalées , jamais pen- dantes et disposées en grappes courtes , portées sur des pédoncules plus longs que les feuilles ; les gousses sont composées de quatre ou cinq articles arrondis , compiimés , glabres , garnis sur leurs deux surfaces de tubercules saillans et presque épineux. Voilà une plante qui fournit en abondance un excellent fourrage , en vert ou en sec , pour les chevaux , les mulets , les bœufs et les moutons ; aussi a-t-elle été beaucoup vantée par les agro- nomes de cabinet, qui ne se lassent même pas encore de la recommander. Tout ce qu'ils disent d'avantageux sur son compte est rigoureuse- ment vrai , mais ce qu'ils ne disent pas c'est qu'elle esl très-sensible au froid , et que, même dans nos jardins, où on la cultive pour l'orne- ment , il est fort dilficiie de lui faire passer l'hi- ver; il faut [lour cela des couvertures de paille, de feuilles sèches , et des soins impossibles à prendre si on la cultivait en grand. Néanmoins nous dirons quelques mots de sa culture, car il est à peu près certain qu'elle léussirait dans quelques-uns de nos départemens méridionaux, et dans ces localités privilégiées, sa culture de- viendrait extrêmement précieuse. Le sulla vient bien dans tous les terrains , mais il préfère les sols crétacés et profonds. On doit le semer en automne, pendant les pluies et sur un bon labour, et non le répandre sur le chaume des blés , comme on fait en Calabre, en Espagne et à Malle , oîi , malgré les plus mau- vaises méthodes de culture , il produit prodi- gieusement. Sa réussite dépend : i" de la qua- lité du sol ; 2" des pluies ; 3° du sarclage , sur- tout celui du chiendent, qui dans le midi a une vigueur de végétation dont on ne se fait pas d'idée. Un semis de sulla bien conduit et qui n'est pas frappé de la gelée peut donner de bonnes récoltes pendant au moins trois ans ; mais ce- pendant on n'est pas dans l'usage de le laisser subsister au-delà de la première année. C'est en mai qu'on le récolte , mais comme ses tiges sont fort dures, il vaudrait mieux le couper en avril , c'est-à-dire aussitôt que ses premières fleurs sont épanouies. Le SAINFOIN OBSCUR (hcdysarum oiscurum , Lin. ) a la tige épaisse, peu rameuse, glabre, de dix-huit pouces à deux pieds de hauteur ; ses feuilles sont composées de neuf à onze folioles ovales , obtuses ou quelquefois un peu échan- crées à leur sommet ; les fleurs naissent sur des pédonculer axillaires disposés en longues grappes redressées.- elles sont pendantes , pédi- cellées, d'un bleu pourpre ou d'un blanc jaunâ- tre ; les bractées sont grêles et plus longues que les pcdicelles ; la gousse esl pendante , lisse, glabre , comprimée , séparée en deux ou trois articles arrondis et monospermes , bordés en dessus par une aile fort étroite. Cette plante vivace n'est pas rare dans les hautes montagnes du Dauphiné, à l'exposition du nord. Toutes les espèces de bétail la recher- chent , mais les vaches surtout la mangent avec avidité. Je ne crois pas que jamais elle ait été cultivée, et cependant la qualité qu'elle a de croître vigoureusement dans les sols secs, froids et élevés, auprès des torrens et des glaciers, à une grande élévation, ja rendrait très-précieuse pour former d'excellens pâturages dans les Al- pes élevées et arides. Le SAINFOIN ALUAGi ( hedysorum alhagi , Lin. ) est un arbrisseau épineux , originaire de l'Orient. Il se dislingue facilement des autres 106 AGRICULTURE. plantes de son genre par ses feuilles simples ; ses fleurs sont rougeàtres , disposées en petites grappes axillaires ; ses gousses sont recourbées et articulées d'un côté seulement. Dans son pays, cet arbrisseau sert à la nour- riture des bœufs , des chevaux et des cha- meaux. Aux environs de Paris il ne craint nul- lement le froid et réussit très-bien dans les ter- res sèches et un peu sablonneuses. Je l'ai sou- mis pendant deux ans h quelques expériences qui ne me permettent pas de douter que, cul- tivé en grand , à la manière de l'ajonc , il se- rait beaucoup plus productif que ce dernier ar- buste épineux et fournirait un fourrage bien préférable : on pourrait le couper au moins cinq ou six fois par ans , et il se regarnirait toujours fort bien , grâce à la facilité avec laquelle il émet de ses racines un grand nombre de rejetons. J.'iîSPAncETTE appartient à un autre genre, quoiqueles cultivateurs l'aientconstammentclas- sée parmi les plantes du genre précédent. C'est VonobrycJds des botanistes. Les esparceltes dif- férent des sainfoins par leur corolle dont les ailes sont extrêmement courtes ; par leur gousse courte , comprimée, monosperme, à une seule* loge, souvent hérissée de pointes, toujours tronquée et aplatie du côté supérieur. On en con- naît plusieurs espèces, savoir : Le SAINFOIN COMMUN {oïiobrycMs sativa, de Cand.) aussi cultivée sous les noms d'cspar- cetle ciiliivée , Bourgogne , et même , par er- reur, sous celui de sulla. Les tiges de cette plante vivace .sont rameuses, anguleuses, fer- mes, assez droites ou quelquefois un peu cou- chées dans leur partie inférieure ; ses feuilles sont composées de huit à neuf paires de folioles lancéolées , étroites et terminées par une petite pointe particulière : ses flears forment des épis soutenus par de longs pédoncules axillaires; el- les sont d'un rouge vif ou blanchâtre , et leur pavillon suitout est agi éablemcnl rayé de pour- pre ; la carène est plus courte que l'étendard , et les ailes sont égales à la longueur du calice ; les gousses sont pubesccntes, comprimées, planes sur le bord supérieur, demi-urbiculai- res, marquées sur les deux faces de rides pro- éminentes et bordées de petites dents épineuses dans toute la i)arlic arrondie de leur contour. La culture du sainfoin est d'une utilité si gé- néralement reconnue qu'aujourd'hui elle est p;-aliquéc partout en France, en Angleterre et en Allemagne. Chez nous, la supériorité de ce fourrage sur beaucoup d'autres est surtout re- maniuable dans le midi. 11 donne trois et même quatre coupes par an , tandis que dans le nord il eu donne à peine deux. Partout il se contente d'un sol médiocre, sec et pierreux , sablonneux et graveleux, surtout s'il est calcaire. Il vient très-bien dans les terres argileuses ou même crayeuses , pourvu qu'elles ne soient pas humi- des ; mais il se plaît de préférence sur le pen- chant des coteaux calcaires, à l'exposition du midi. Dans les sols qui lui conviennent, il peut durer de dix à quinze ans ; mais généralement assez mal cultivé en France , où on le place dans des terrains qui lui conviennent peu et où on le laisse étouffer par les mauvaises herbes, il ne dure que cinq ou six ans , et quelquefois même il commence à se perdre dès sa troisième an- née. Son fourrage , soit sec, soit vert , est excel- lent pour tous les genres de bétail , et pour les tenir en bon état , il est remarquable qu'il leur en faut moins que de trèfle ou de luzerne. Les moutons le préfèrent à tout autre. Il donne au lait et par suite au beurre des vaches une qualité supérieure, Les cochons qui s'en nour- rissent sont mieux disposés à l'engrais. Enfin, les poules, les pigeons et autres volailles re- cherchent ses grains, doAt l'usage, dit-on, les porte à pondre davantage , dernier fait qui nous parait un peu hasardé. Encore plus que les autres fourrages, le sainfoin garni de graines est beaucoup plus nourrissant pour les chevaux ; on peut leur don- ner cette graine pure en guise d'avoine. Les ti- ges qui ont fourni de la graine sont dépouillées de feuilles, dures, insipides , et par conséquent ne sont guère du goût des bestiaux. M. Huil- lier conseille de les hacher avec le hache-paille, de mélanger leurs fragmens avec de la paille également hachée et du son , de mouiller le tout vingt-(niatre heures à l'avance, et d'en faire ainsi une excellente nourriture pour les chevaux , qui , dit-il , recherchent avec ardeur ce mélange. On sème le sainfoin en raison de trente-six â quarante-cinq décalitres par hectare. Cette graine se conserve bonne pendant deux ans et même trois lorsqu'on la laisse dans sa gousse. Il faut la renfermer dans des sacs ou des ton- neaux défoncés d'un bout et la placer dans un lieu ni trop sec ni trop humide. Cette planic n'o«xige que fort peu de soins et de dépenses pour son semis et son entrelien ; elle améliore le terrain pour les récolles futu- res en céréales ou autres, comme le prouve jus- qu'à l'évidence l'exploitation du domaine de M. Yvart, a. Maisons, i>vi's Charenton ; mais, nous devons le dire, elle produit une quantité de fourrage beaucoup moindre que le trèfle et la luzerne, et c'est sans doute pour cette rai- son que sa culture n'est pas aussi répandue qu'elle devrait l'être. Avant de semer le sainfoin , il faut préparer le terrain parla culture antérieure de raves, de pommes de terre, haricots, de pois, de len- tilles ou autre récolle binée deux ou trois fois dans le courant de l'été, afin de purger le sol autant que possible de toutes les mauvaises AGRICULTURE. 107 herbes. On pourrait le semer en nulomno avec le blé, mais comme il est sensible aux fortes ge- lées dans sa jeunesse , on est dans l'usage de ne confier ses graines à la terre qu'au prin- temps. Un labour très-profond avant l'biver, un autre pendant cette saison et un troisième à l'époque des semailles, sont nécessaires au suc- cès d'un semis de sainfoin. Avant le dernier labour, on répand , si le terrain l'exige , les engrais qu'on lui destine , tels que suie, cendres , marne , chaux et autres amendemcns. Quand on doit se servir de plâ- tre, c'est autre chose : on ne le répand que la seconde année du semis et lorsque la plante est en pleine végétation. iJt plâtre ne produit pas sur le sainfoin un effet aussi prononcé que sur le trèfle et la luzerne , mais néanmoins il augmente beaucoup la vigueur ds sa végéta- tion. On sème à la volée , plus ou moins épais , selon la qualité du sol. Quelques cultivateurs, pour connaître juste combien il faut de graines dans chaque localité , ont trouvé une méthode assez ingénieuse : ils sèment, en sainfoin , une quantité de graines double de celle du blé qu'ils emploiraient sur la même superficie de terrain. Il paraîtrait au premier coup d'oeil que cette quantité serait peut-être trop forte dans les bons sols ; mais il est rare qu'il n'y ait pas un quart et même un tiers de cette graine qui ne lève pas, soit parce qii'eHe est mangée par les oi- seaux et les mulots , soit parce qu'elle n'a pas été assez enterrée pour pouvoir profiter de l'hu- midité du sol , soit enfin parce qu'elle ne valait rien , les fleurs du sommet des épis avortant ordinairement. La bonne graine doit peser en- viron trente-un kilogrammes l'hectolitre. On doit autant que possible choisir un temps pluvieux pour faire le semis, qu'on ne retar- dera pas plus tard que le milieu du mois de mars. Pour protéger les jeunes plantes contre les ardeurs du soleil de l'été , et aussi pour com- penser les frais de culture de la première an- née, on sème avec le sainfoin du blé, du seigle, ou, ce qui vaut mieux pour les jeunes plantes , de Torge ou de l'avoine. On conçoit que ces derniers grains soient jetés clair, afin qu'étant peu serrés ils n'étouffent pas le sainfoin. J'observerai que le sainfoin d.oit être semé plus épais que tout autre plante, si l'on veut que ses tiges soient plus nombreuses, plus grê- les et plus tendres ; mais je dois dire aussi que dans ce cas il dure moins longtemps , parce que les jeunes plantes gênées dans leur pre- mier développement ne deviennent jamais très- vigoureuses. L'essentiel , pour recouvrir la graine après le semis, est de faire le hersage avec beaucoup de soin. Lorsque le semis, par une cause quelconque, ne se trouve pas bien garni , il est toujours pos- sible de semer de la nouvelle graine dans les places vides, au printemps de l'année suivante. Les pieds qui en pro\ iendront , quoique d'-ment avec la m^uie ffirce , mais .-«lissi avec une éjnle dur^e. Kl ce qui produit en nouî ce douie, cesl quiej jih!.'; :;i.ie partout ailleurs riîiduenec du corps se fait sentir; c'est que le s;slènie nerveux , le tempcranent , le s..np, !a constilu:io*> pl'.y<.iijue toulenii(\re, nous p; raisfcul for- tement iulc;re'^s?;s dir.s la question . et que l'àme ren- eoiure p!ii' ou moin-j d-; Uif!irulii> à dominer 'n chair, djns l'orir-' i •lelieciun! nuss: liien qii'- dans l'ordre ii li- ra', en d'auircb lcrmc>- , po'jr Iji'mi cuniprer.dre cnjnnic Quiconque a l:er.ucoup vu P>:ui avoir beaucoup retenu. La Fontaine, avec raison, n'a pas dit doit a' olr leaucoup retenu. En ti!i mot, comme on n'engraisse pas de ce qu'on mar.ge, mais de ce qu'on digère, de même on n'est passavant de ce qu'on a Ixi, mais de ce qu'on n retenu. L'enseignement univciscl , publié en 1818 par M. Jacot'it en L'olgiquc , cl introduit plus tard en France jiar V. Serph Dunsagnou , éproiiva le sort de toutes les vérités nouvelles. Ses principes hardis excitèrent tm toile géné- ral ; il fut incompris cl calomnié. Ceux-là par ignorance, ceux-ci |)ar mativaise foi, le repous- sèrent avec opiniâtreté, l'attaquèrent avec achar- nement. Les plus basses et les plus odieuses accusations finent même prodiguées it l'inven- teur, dont on oubliait la longue et laborieuse carrière. On le traila de charlatan, de démora- lisateur public; à SCS paroles -.Essayez, cela ne coûte rien ! on répouiîilpar d'impuissantes railleries. Cependant iSl. Jacotot, qui avait cru devoir sacrifier sa position it son indépendance, répétait iinperturbabiement : ./e trou* que Dieu n créé idmc humaine capable de s'instruire seule et sans maître explicatcur ; toutes les intelligences sont égales. Qui veut peut ; totit Col dans tout. Si parfois il consentait k descendre dans l'arène, c'était pour y détacher avec vigueur quelques-unes de ces flèches acé- rées qu'il sait si bien manier et que ses adver- saires s'applaudissaient rareinenl d'avoir pro- voquées. Au milieu de ces agressions et de ces mauvais vouloirs , l'enseignement universel , examiné et compris par des hommes conscien- cieux cl éclairés, se propageait de ])roche en j)roi-hc : on en parlait avec moins d'aigreur; des écoles fiorissaient dans les Pays-Uas ; en Lrancc, des éducations parliculièics réussis- saient; un rapport lumineux était adressé au ministre de 1 instruclioii pul'liquc ; en Angle- terre, des tentatives individuelles étaient cou- ronnées de succès. La révolution de juillet éclata et vint donner aux esprits une nouvelle impulsion, aux idées généreuses un nouveau pour liien agir. " Alors, disent les spirituels auteurs de l'article, à quoi hou expliquer ? X'r>pliqucz pas si vous n'avez aucun e-poirde vous faire comprendre.'» Mais je réponds que dans l'explication l'élève suit le maiire aus:i loin qu'il peut, rarement jusqu'au bout , et que pour savoir, s'il ne peut aller jusqu'à ce dernier terme, il faUt au moins essayer de l'y conduire . car pour sa- voir, i! faut avoir expérimenté. Au reste, tout ceci est une simple réserve que nous fai.-ons en publiant , san-; y rien clianjer, cet article remarquable doiit le principal auieur, trop modeste pour dire ce que lui doit l'eMseij;nenient universel qu'il a mis tant d"» zi'ie à réiiandre en Krauce, est aussi no- tre plus ancien et le pins actif coilaboratetir dans la ré- daciion il'! cet ouvrape. Mieux (.;ue personne, M. i;a- li'.r comprendra celle ré- ve que nou? consi..:nons ici, J,-tl-S, 122 MOP.ALF. , METHODES D'iîNSËIG.NEMENT, LÉGISLATION. courage. T.'cnscigncmoiil uni\'crscl fil (Je nou- veaux clîoils pour se fuu e écouler ; les disrus- sions icconiinenoLVonl avec h incnie ignorance et la même mauvaise foi ; il y eut encore des dciracleurs passiutiDes cl tics .-.dniirateuîs iru- prudeiis; mais celle fois le p'us gr;md iioml're de rieurs ne fol |)is pour les aut.^goiiislcr,. En- fin, déliarr.iss^ du cortéf,v des li.ùnes eîiveiii- mées el des.imiîiés |»lus d.nifjercuscs , l'cnsci- guemcnl universel mardi i lèle levée. Le fmi- daleur, ve:iu ;i l*aris , exposa h (pii voiilul l'cnlendre sa dncliiiie el pullia de nouveau le rcsnllal de ses oliS'-*r\ali()i;s >ou.-; foi'iiic de livre el sous forme de journal. Des cours furenl gra- tuitcmenl ouverls où sl-s idres furent di-velop- l)ées avec zcle. Eiifui, en is;i:î, une sooiélé l'ut fondée pour les propaiçer ; le nomlire des essais cl des succès se muiliplia ; des exercices pu- blics eurent lieu dans diilërens él.:Missemeiis, et des inslilulioiis s'ouvrirenl (pii avouèicnt liaiilc- nienl el avec orgueil leur syslrme, nou-seule- iiienl dans les provins es, mais à l'éiianper, en JJelgiipie, en A ngleieiie, en iUissie, en ila.iovr.', d.ms le D.uiem.iik el mjme e;i Amériijuc, où la doclrine comp'e aujourd'hui de fervcusdi-ciples. L'u grand noniliie de puMicilioiis ont été faites sur, pour ou contre l'euseig.iemeiil universel et rériiancip.ilion inlellei-tticLe, les unes |»ar la so- ciété, le^ autres par des ault-iirs isolés. Nous donnons ici la liste des principaux ouvrages (pie nous avons du consulter i)0',ir léliger le court cl imparfait résumé : l" Langue tiiaternclle, parJ. Jacotol; 2" Jourtvii de i'éinancipa- tion intellectuelle, \yM' MM. E. el V. Jacotol; .'!" Rapport adre.-.sé il M. Valimesnil , par K. l'audouin ; i" Jlésu7ne (les principes de l'en- xcignetnent uiiiccr.sel, par M. Deshoulièrcs; S" Ce que, r'exl que la iiie't/iodr .Idcotot, p;;r le do("teurBalier; G"Pri>ccs-veil)ddelaséance pu- blique du 17 janvier l s.3G.lMi(in, i nus signa lor.s sections de commune -, 1" Le mode d'adnànislration des biens com- munaux ; 2'' Les conditions des baux h ferme ou à loyer dont la durée n'excède pas dix-huil ans pour les liens ruraux , et neuf ans pour les au- tres biens ; ?," Le mode de jouissance et la répartilion des p.àtur.'ges et fuits communaux autres (\\xe les bois, ainsi (pie les conditions .a imposer aux parties prenantes ; 4" J-es alFouages , en se conformant aux lois foreslières. Art. 18. Expédition de toute délibération sur un tics objets énoncés en l'article précédent est mmiédiatement adressée par le maire au sous- piélVt, qui en délivre ou fait dilivrer récépissé. La délil ératiou est exécutoire si , dans les trente jours ipù suiveiit la dale du récépissii, le lirélVl lie l'a pas annulée, soit d'ofRce^ pour Mi dation d'une (iisposilioii de loi ou d'un rè- glemenl d'adiMinisIralion iiublique, soit sur la réclam:ili(Mi de touîe partie intéressce. 'loulefois , le |)réfel peut suspendre l'cxtru- lioii de la délibération pendant un autiC délai de ticnie jours. Art. li). Le conseil municipal délibère sur les obj(Ms suivans : 1" i.c budget de li commune , et en g('néral toutes les recettes el dépenses, soit oriiiii.iires, soit cxîl'aordinaires ; 2" Les tarifs et r('glemens de perception de tous les revenus communaux ; 3" Les ac(iuisilions, aliénations cl ccbanges des propriétés comnuinales, leur an'eclalion aux (iilTéiens services publics, et en général tout et; (|iii intéresse leur conserv.dion cl leur aniélioiali(m ; 4" La délimitation ou le partage des 1 iens in- divis entre deux ou plusieurs communes ou à raltenlion des personnes (pii v(»u(ti aient s'édi- fier plus amplement encore les écrits de ^M. de Se- près, E. l'.outniy, l'enjaniin [.arocbe, de Las- leyrie, lleter de iJrigion, (lonod et Duiietz. E. Uatie;; , directeur de l'Â'cole prrparntnire de médecine , à Paris., et \. R\tii:b. OKOAMSAUON ET ADAHMSTIIATION I^ilMCH'ALES. (Troisième article. — Mars.) i.ni st R i,'admim.strat!on Communale. ilTUE I". cHAPiTnn II. — Des atlribulions des Conseils municipauœ, Art, 17, tes conaciié municipnux règlent par Isurs (k'!i!t«i:Uion« Ic6 objet»* suivans i Les conditions des baux à ferme ou à loyer dont la durée excède dix-buit ans pour les biens ruraux, et neuf ans pour les .lutres biens, ainsi (-ue celle des 1 aux des biens pris à loyer par la cfuiimune, «p:elle (pfen soil la durée ; ()' Les projets de constructions , de gro.sscs réparations cl de démojilions, el en général tous les travaux .i entreprendre ; 7" L'ouverture des rues el places publi(pies, et les projets d'alignement de voirie munici- pale; 8' Le parcours el la vaine pâture ; !)" L'acceptatifui des dons et legs faits à la commune cl aux établissemens communaux; 10° Les actions judiciaires et transactions; Et tous les autres objets sur lesquels les lois et tèplcmeDS appellcnl les conseils municipaux h (jélib(5rcr. Ari. 30. L59 îl41i))éralion8 dei conseil» mu- MORILF-, MKTîlODl.S D'eNSIîIGNEMENT, LKGISLATIOX. 123 nicipmx Sur les olsjcls énonrc-s h l'ailirîc pré- cédent sonl .i(J:essé;'S nu s:!i!s-pr('fol. Kilos soni oxù'iiloircs sur rn[)i»'()l';i!i(in du préfi'l, s.iuflcs cns où riippiolaliuu p:u' le mi- nislrc conipélcnl ou p;u' oiilo'inaiire rcyaie osl pros.'.iilc [lar les lois ou |»ar l'.'s jvgleiiieus d'ad!iii!;is'ra:ioii puiiiijuc. An. 21. Le conseil imi;:i ipal est loujoiirs appelé à donner son avis s'ur les ol jels suiv.-.iis : 1" les ci •(•(»: srri|:lio!is lelilivisau C:;ile; 2' Les eiceous.Tiplioiis celalivcs à la dislii- bulion des seco'.i: s publics ; 3° Les pîoj.'ls d'aligiicîi:en'i de grande voiiic dans l'in!éiiei:r des villes, I ou:gs el vill;:ges ; r' L';'.ccepialio;i des dons ei li-gs faits aux ctal.'lissèinciis de cliaii'éel de I ieiiiaisatu-c ; 5" Les auiori vili.ms d'eiiipiunler, d'acîjué- rir, d'échanger, d'.diénei', de plaider ou de transiger, dcMunidéos par les nièuies éîaMisse- mens , el pai- les f. 1 iiipies des églises el, autres adminis(ralio:;s piéjiosées ;i Tenir •'ien des cul- tes d!)nt ks inuii l:es soûl saLu'iés parl'élal; G" Les Inidgets cl les comptes des él:.li:isse- mens de ciiarilé et de l;;ei;f;usance ; 7" Les budgets el les coiiiptes des fal'rif|';es et autres admiinstralions pré[)()sées à l'eiUieiieu des cukcs dont les ministres sont salariés par l'état , lorsrpi'ellcs reçoivent des secours sur les fonds communaux ; 8 J Enfin tous les objets sur lesquels les cun- scils iuunicipaux sonl appelés par les lois et rè- glcmens à donner leur avis ou se. ont consultés par le i)réfet. Art. 22. Le conseil municipal réclame, s'il y a lieu, contre îe conîingeiU assigné à la coni- niuîie dans l'établissemeai des impots de répar- tition. Art. 23. Le conseil municipal délibère sur les comptes présentés annuellement par le maire. Il entend , débat cl arrête les co:;^ptcs de de- niers des receveurs, sauf règlement définitif, conformément à l'article CG de la présente loi. Art. 2i. Le conseil nuiniiii)al peut exprimer son vœu sur les objets d'inîérèl local. Il ne peut faire ni pul lier aucune prolesla- tion , proclamation ou adresse. Art. 2ô. Dans les séances où les comptes d'administration du maire sonl débatli s , le conseil nuuiieipnl désigne au scrutin celui de ses membres (]uiexerc' la piésidence. Le maire peut assister à la délibération : il doit se retirer au moment oi'i le conseil nmi:i- cipal va émettre son vote. Le p!('si'Jent adresse directement la déiibéiation au sous-p; éfet. Art. 2G. I^orsque, après deux convocations successives faites par le maire, à hiiil jours d"intervnlîc , el dûment constatées , les mem- bres du cdn?cil munirip?,! ne se sent pas ré'J» his en nombre tvMtm, la dclil ération prise après la troisième convocation est valable , quei j que soit le nombre des membres présens. ! Art. 27. Lesdélil éralion- des conseils muni- I cipa'ix se [irennenl à la majorité des voix. En j cas de partage , la voix du président est p;é- I j)0!)dérante. Art. 28. Lfs déiih-rations seror:t inscrites, ' parcu'dre de date, sur un registre coté et pa- I rapbé par le sous-préfet. Elles seront signées j {)ar tous les membres [irésens à la séance , ou ! mention sera faite de la cause qui les aura eni- I pècliés de signer. Art. 29. Les séances des conseils municipaux ne sont p:!s pul li jues ; leurs débals ne peuvent être publiés olliciellement qu'avec l'apiJrobation de l'autorité sujiéricme. Il est volé au scrutin secret toutes les fois que trois des membres présens le réclament. (La suite au jirochain luimcro.) TRAVAUX DES ^L\IRES l'OI'R LE :.!()1S Ij'aVHIL , A JOUR.S FIXES ET A ÉPO- OCRS lM)ÉTEn.MI\ÉK.S. SCITE DE l'iSDIC.VTION DES Ti;.\VAVx a?;nlei.s sans ÉronuES fixes. Docr.ANGr: n.s. — Envoi au sous-préfel de l'état récajiiUilatifde l'appr()\isionncmcnt de chaque boul.mger. 'i.) avi-ii.) cADASTiîE. — Commencement des opérations du cadastre auxquelles le maire concourt pour lous les renseignemens qui lui sont demandes par les ingénieurs chargés de ces opérations ou par leurs [)réposés. Le maire recueille et prépare to'.;l ce rpii est nécessiirc pO':r les aveitissemens à donner aux propriétaires dont les immeubles doivenl être cadastrés. ( Dans le mois. ) (:iiemi.m:es et Four.s. — Le maire prescrit une vb-ile générale des foui'set des chemim'es pour s'assursi' (pie toutes les précaiilirnsonl été p: i- ses pour éviter les incendies. ( Du l" au 10 avril.) — Les fours des 1 oulange'-s, pâtissiers, etc. etc., doivenl èlre ran;o::és au moins une fois par mois. CONSEIL DE FABRIQUE. — Dcuxièmc scssIoH dcs conseils de fal'rique. (Le dimanche de la Quasi- modo) . Dans cette assemblée, tenue au mois d'a- vril , ont lieu tous les trois ans les élections ordinaires. On entend dans ceile séance la pré- sentation du budget, le rapport du lonipte du Irésorici', e! l'on procède à l'examen, à la clô- t ne et à l'aim emenl de ce compte. — Une co- pie du compte annuel , arrèié par le conseil de fabrique, esl déposée à la mairie. co.x.sEiL MLMcirAL. — Lc mairc prépare les lettres de convocation pour la session du con- seil municipal qui se tient dans le mois de mai. ( Du 36 au 30 avril. ) Aussitôt que le prcfel a fait connaître le jour fisc pour l'ouverture de \n cession , ké membre? du consçl! sont ronvo- 124 MOr.ALK, MhTHODES D ENSEIGNEMENT , I.ÉG!SI,.\TION. qués , au moins cinq jours à l'ovance, p;ir let- tres closes remises à domiiile. coNTuiDcnoNS DiKECTTis. MutctUons . — Vers le 20 avril, rommrncc la tournée des contrû- icurs jtour le Iravaii des mutaîions, qui se fait de concerl avec les ri'iiartileiirs et en présence du pcrcepieur. I.e maire, qui lient un rcgisîre pour inscrire les déclarations des liahitaiis ou forains dont les propriélés ont subi quelque mu- tation par suite de vente , d'échange , de dona- tion , legs, succession , etc., communique ce registre au contrôleur des contributions et lui fournit tous les documens qu'il a pu se p.o- curer. l,e maire on le secrél.iiro de la mairie, lors- qu'il inscrit la déclaration sur le registre , n'a droit à aucune perception de taxe pour raison de ce travail qui est enlièreuient gratuit. DECLARATIONS !)•; 'i'CCK.S.SlONS. — ToUS IcS trois Tiiois , le mai.e f;ut connaître au receveur de renregislremeol ilu canton les décèsqui ont eu lieu dans la conuîiune pendant le Irinicslre précédent. EcoLK PRIMAIRE. — Lc piairc remet à l'insiitu- teur communal , afin que celni-ci le certifie , le rôle de la rétiihulion mensuelle à percevoir des parens des élèves, (r"" avril.) KNFANS TROUVl's ET AriANDONNES. Lc ITialre délivre , sur papier li!)i e et sars fiais , le ccrii- ficatde vie et de liotiiic lonue de l'enfant qui est représenté au maire. ("iiM-crtifical est une des piè- ces à produii e pour olilfiiir le paiement des mois de nourrice et dcfiension. (Du \" au 5 avril. ) KNCACKME.'NS voi.r)NTAi l'.rs. — Euvoi de l'élat de cetjx reçus i)endant le mois. (30 avril.) CAr.Dn NATION Ai.i;. Jury (le révision. — Une inslrucli(m du minisire de l'intérieur (30 août 1831) fixe répo(jtic (il lenonvolliMnent du jury de révision au i'' avril et au l"' octobre de cha- que aniiée. — Je maire, qui dans le conrant du mois précédent a adressé au juge de paix la liste des gardes nationaux .ippelés à concouiir aux foncliims de membres du jury de ré\i- sion, assiste au tirage du jury. ( 17 avril ) — Le maire du chef-lieu assiste à rinstallalion. — L'cole.^. — I.c m.iire adresf-c au sous-préfet le rapport sur le nond)ic d'officiers et de .sous- ofliciers qui se livicnt à l'étude des éc7.AiNE. — En drcsscp ct en envoyer le tableau. ( 30 avril. ) RnrERTOlRK DKS ACTKS DE LA MAiRIK. — LC TC- pertoire des actes de la mairie , soumis h la for- malité de l'enregistrement, est piésenté au vi.s.i du receveur du canton. ( Du i" au 10 avril.) APEIIÇU DZ LA JURISI'aDPKNCn DU CONSEIL d'kTAT K."» HATliir.K DK CONTRIBUTIONS DIRKCTRS. Troisième et dernier article (l). Contribution des porte: et fenêtres. Cet impôt est établi sur les portes et fenêtres donnant sur les voies publiques cl sur les cours et jardins des maisons, batimens et usines. Il est réparti conformément au tarif annexé à la l(»i du 21 avril 1832, dans le(]uel on a combiné la population des localités avec la na- ture et le nombre des ouvcrluies. Ce tarif, gradué d'après la population des communes , est applicjué suivant les tableaux ofTiciels de la po|>ulalion, publiés tous les cinq ans, et ([ue l'on ne peut atlaorlion!iel:ement à la co: tiiuulion foncière imposée auxdiles mai- sons (10 février 1835). Les écoles second.ûres eccîési.isliquos (petits séminaires) soulallranchiesde l'impôt des por- tes et fenêtres, C(unnie établissemens d'instriii'- liun p'ib!i(pie (•-'3 octobre 1835), airsique les i26 .MOUALK, MliTHOBliS o'ErsSElGNKMENT, LÉGISLATION. S 'rninaires cIiorés:iin5, cl iiiùine hs niaiâon.s qui doi\ ei:! !;•. palcnle : le parliciiiier qui est reconnu n'en sont eue les annexes. 1 vendre d'aulrc vin que celui de sa récolte ( 20 Vu étalilissemciil p;irli>'uli>'r d'i'.istruclinn , • oct. iSlOj: ia coiiîu.iorc qui travaille ( Lez elle un pensionnai, doit être iini»osé, altendu qu'on ! et a des ouvrières ( l^'-aoùt 1834 ) ; les voitu- iie peut lui appliquer rexciiqition ar,:ordéc aux riers ([ui se chargent des transports par terre et liàlimens employés à un service pulilic d'instruc- tion. On ne doit point non plus lui accorder l'exemption due aux locaux deslinés à l'exer- cice d'une industrie, celle exemption n'étant applicable qu'aux Itàtiniens d'une manufacture \ (20 décend)re 1834). | Les ouvertures des 1 à;imens affeclés h des usaf^es ruraux, et qui ne servent pas hal iiuel- lement à l'haliilalion des lionimes , ne doivent pas èt:e assujettis à la contribution des portes et fenêtres (x'« décembre 1830, IG mars 183G). Mais on ne peut considérer comme afiéctés à des usages ruraux les bàlin:ens servant à un marchand de blé pom- resserrer des grains. On regarde ces bàlimens connue les magasins d'un marchand , et non pas connue les greniers d'im cultivateur (7 mars 1834). Eu accordant décharge à un contribuable de l'impôt des portes et fenêtres portant sur une fabrique , on ne tloit point lui oter la cotisa- tion allérenle aux bàlimens où loge le concierge de rétablissement (IG mars I83u). Le changeiiicnt de deslinalion d'un bâtiment, lorsque ce changement n'est (jue momentané , n'est pas de nature à faire modifier la taxe éta- blie (Il octobre 1833 , 20 août 1834 , 3 fé\rier 1835). Une maison (pu n'a pas cessé d'être babil. dslc ne peut être exenqtlée de la contiibulion des portes et fenêtres, |iar cela seul (jue le proprié- taire en aurait changé la destination, en la fai- sant servir momenlanénienl à des usages ru- raux (14 décembre 183G). Les demandes en dégrèvenieiil , fondées sur ce (pie la maison est restée inhabitée peiidant le cours de l'année , ne sont pas de ta compé- lenre du conseil de piéfectine. Le préfet seul peut en connaître (G avril 1S3G). Couirlhulion des paknies. Cette contribution atteint l'industrie dans une é(piilable proiïortion avc(^ les produits qu'elle donne : elle est assignée d'ai)rés un tarif dans lequel ^ont classées, eu égard à l.i population des villes ou cuunuunes , les diverses indus- tries. La patente se compcise de deux droits, l'un fixe, l'autre proportionnel h !a valeiu' locative des mines , aldiers, bouliipKS et maisons d'ha- bitation. La loi ne pouvait nomenclalurer toutes les prolessi(tns sujettes à la patente, mais la ju- rispiudence du ••onseil d'étal y a suppléé. Ainsi , pour ne citer i;r.e quelques exemples, par eau, (juelques soient la nature de leur char- gement el l'espace qu'ils parcourent ( 15 déc. 1835); les poliers de terre convertissant les ma- tières premières eu des objets d'une autre forme et (jualilé (14 fév. 1834). • On impose ;i la patente de commissionnaire, celui qtii reeoil des i]iarclian(iisesi)our lec omptc de maisons françaises et étrangères , ou (jui fait des a( bals chez les fabricans d'une ville pour diverses maisons étrangc'res à celle ville , ou qui est reconnu faire des aebals el ventes pour le compte d'aulrui ( IG mai 1834 ; 2Gjuiii, 7 août , IG nov. 1 835 ): à celle de colporteur avec balles, celui qui transporte des marchandises, taniot dars un dé|)artcment, tantôt dans un au- tre ( 30 juin 1835 j;, il celle de marchand de caries ii jouer, celui qui est reconini en avoir vendu dans l'année (28 nov. 1834); il celle de bottier, la veuve d'un bollier (jui occupe des ouvi'icrs en viile pour faire des bottes (23 déc. 1835); il celle dem.irchand foiain avec voilure, celui (jui transporte en voilure ses marchandi- ses dans d'autres communes que celle de son domicile (4 déc. 1835); h celle de directeur d'un bureau d'à Ha ires, celui (jui s'occupe des diflërenles opérations qui constiluent une agence d'allaires (21 déc. 1825, 25 avril 1834'j; à celle de marchand de vin , celui qui achète des vins cl les transporte dans d'autres contrées pour les revendre (22 fév. 1833); à celle de lo- geur el aubergiste, ceux qui reçoivenl , logent et nouiiissenl des voyageurs , ou louent h l'an- nJe ou au n;ois des chaiulces g:!rr.ies (23aviil 1832, 21 mars 1834 , 30 juin 1835); il celle de banquier, celui (jui se livre h des opéialions de 1 anijuc el d'escompte sur des valeurs françai- ses el étrangères, ou ([ui prend, moyennant un droit de c.-.mîuission, tK'S mantîats sur des dél ileiirs éloignés , ou qui lient un c(unptoir où l'on trouve eu tout temps cl pour telle somme que l'on désire du papier sur les principales jilaces de l'intérieur el de létrangcr (31 oct. 3 833 ;-|4 janvier, 10, 11 juillet 1834, 21 oct. 1835) ;. à celle de marchand en gros ,ceha qui expédie habituellement des marchandises de l'é- îraiiger, ou ipii les expédie p,\r balles et par quintaux, ou (jui aiiprovisionne des débitans : de l'espèce de marchandises (iii'il vend ( 3 , janv. 1834 ; 27 fév., IS a\ril, 7 août 1835); à I celle (le marchand de \iii en gros, celui qui est I recoi.nu exei-cer celle proléssion ou (pii a pris une licence coiiin;c Ici cl vend par hectolitres ( 2G déc. 1834 , 2G août 1835); ;i celle de mar- 1 chaud de lois en gros , celui (pii met en vente dans son chantier (h si «us provenant de cou- ÀNNONdcS cniTiour.s Mt RAisoNMŒS df. i/iàdustrie. 127 J)cs qu'il a achetées , ou qui oxploilc des coupes dans les Lois d'aulrui (i sjuiu i sa4, 30.juini 836). Sont exempts de la palenle : les proprié- taires et cultivnlcurs faisant la vente ries l'ruils provenant exclusivement de leurs fonds (23 déc. 1835): tel est cel'.ii qui vend la louilie (|u'il ex- trait de sa propriéli' et excédant sa propre con- sommation (23 déc. I8:îô), ou qui vend le vin de ses vignes (22 juillet 1835), ou qui dél;ile des bois |)rovenanI excliisivenient d'une fo.'èt dont if est prop;iétaire (20 déc. 1834); dlui qui s'est rendu adj;idi> ataire d'une coupe de bois de l'état s'il est conslant qu'il n'en a pas revendu los produits (23 mai 1 834); les agricul- teurs et fabricans de sucre indigène qui ne ma- nipulent dans leurs labrifpies (|ue les produits de leurs récolles (24 août 1832); les pépiniéristes qui ne vendent que les [(roduits de leui-s pépi- nières ( 31 juillet 1833). L'exemption est également applicaMc : aux médecins ou ofTiciers de santé attachés au ser- vice des pauvres par noinin-ition du gouverne- ment ou des autorités constituées (25 avril, 28 nov., 19 dJc. 1834, 27fév. 1835); aux exploi- taus des marais salans et des salines du midi (4 août 1828, 17 avril 1834;; aux fermiers des droits de location des places dans les marchés (14 fév. 1834); aux maîtres de postes, pour le service puUio dont ils sont chargés : s'ils sont en même temps entrepreneurs de diligence , ils sont patcntaMfs sous ce dernier litre ( 15 avril 1828); aux jurés-<-onq)teu:s , parce qu'ils sont les agens directs d'une administration publique (30 juin 1824). Le droit proportionnel dû parles patentables est du dixième du loyer des maisons d'iialiila- tionet des usines (31 juillet 1833, 23 mai 1834, 7 août 1835). Ou ne peut le baseï' sui' les béné- fices présumés de l'établissement. ( Plusieurs arrêts.) Lorsqu'il y a un bail aulhcntique, et que ce bail n'est pas argué de taux , il sert de base aux droits proportionnels (2!) mars 1831); à dé- faut de bail , on prend pour assiette le revenu foncier (2G déc. I8î0); et à défaut de bail et de cote parlicnlièie, le droit est (ixé par éva- luation au dixième du prix de location des lieux destinés au cominer.'c ou à l'excrci/e de l'in- du-trie(28 fév. 182S, 30 mai 1834). L'év.-.b.'a- tion peut se faire pai- comparaison avet; les mai- sons ou usines dont le loyer est régulière. licnt constaté ou nol(:i:eriieiit connu ( 24 oct. 1834 , 20 fév. 1835), ou avec des étal. issemens com- 1 * merciaux du mèmegciirv), placés dans les mê- mes conditions ( 1!) déc. 1834). Le droit proporlionriel est dû dans toutes les commniuncs où le patentable a des usines , ma- gasins, bouti(iues , habitations, (|ue ces établis- semens soient tcmpor.iires ou permanens (31 juiUet 1833, 8 iio..t 1834; 10 février, 19 août 1835). Le droit fixe est d 'i au lieu du principal éla- i blissement où ce droit est le plus élevé (l 9 août, } 21 oct. 1835;. Les patentes sont prises dans les trois pre- niicrs mois de l'année pour l'année entière. (Plu- sieurs arrêts.) îi n'y a lien à réduction et h restitution du droit de patente jiour une portion de l'année- qu'en cas de décès. ( Plusieurs ai rets. ) Un pateniable qui , dans le cours de l'année, agrandit son exploitalit>n de manière à se faire ranger dans une classe supérieure est compris dans un rôle supplémentai: e el cotisé pour la lin de l'année au droit, de celle deinière classe (4 juillet 1834). IlEMii COU.NU, Secrélaire de la sous-préfecture lie Claiiiecij (Aiècre). VI. ANNONCES CRITIQUES ET RAISONNÉES DE L'INJ)LSTRIE. GDIl^K DU PnODLCTKUU ET DU CONSOMMATEUn. EA.VirE.S DE M. t'KKO.V (l). Nous appelons l'altenlio.! des ai chitectcs, des propriétaires, des cntrepieneurs sur les ram- pes de AL Léron , qui vient de poiterà u\^ grande perfection l'art du ranqiiste, auquel ou attachait une importance bien au-dessous de celle qu'il mérite. Grâce à l'industrie de M. Fé- ron , nos rani|»es d'escaliers ne le céderont en rieu aux cliefs-d'œu\ re les plus élégans de (0 r.ue de Cliclii, 29, h l'aris. l'éliénisteiie. Plusieurs de nos correspondans nous ont demandé des i enseignemens sur ces nouvelles rampes. Voici ceux (pie nous pou- vons leur do.iiier, el (pie nous consignons ici avec d'autant plus d empressement que nous nous sommes convaincus nous-mêmes que (es rampes olTrenl, sous le rapport de la solidilé et de la durée, des avantages réels. ^r. Féron ne s'occupe , pour la fahricaliou des rampes, que des rerélcmetu en bois dont elles furent recouvertes lorsqu'on abandonna les levèlemens en fer, par l'inconvénient grave 128 CORRESPONDANCE. qu'ils péseii!aie:il de se o.ouviir d'hiimiilité, de salir et de refruidir la main ; mais , il faut en convenir, le revêtement cii liois qi:e la rampe reçut d'aloid, comme prcniiiTC pet IcTlion, cou- tcasle élr;ing(nnei;t, par sa simplicité, avec les décors qui oi ueiit nos escaliers , et souvent on renco:ilre dans ce travail di.'^, asseiîil lages si mal déguisés qu'on poui rail les compter tous. Ce défaut est évité dans les rampes de ?»I. l'é- ron ; les maiiis-oouraïUes (ju'il nous a l'ait voir ne laissent rien à désirer. i'.llcs sont euiLellies d'incrustations en mos.iïqiie et de moidures d'une exécution parfaite. .\. Féron , par un procédé qui lui est particulier, est parvenu à donner à l'^'^semlilage des pièces une solidité invarial'le. Nous nous sommes assurés , en ef- fet, que les incrustations que nous avons exa- minées ne doivent pas être confondues avec le placage superilciel de nos ébénistes ; elles pé- nètrent à trois lignes de profondeur ; elles sui- vent tous les contours de la rampe avec une étoim.-intc précision, et n'éprouvent aucune al- tération sous l'impression des vai ialions atmos- phériques. Sous ce rapport , ces rcvètemens en bois doivent obtenir ime préférence maïquée; sous le rapport de l'ed'et qu'ils produisent comme ornement , on peuî allirmer que ces rampes contiibueut à la décoration intérieure des édifices. Ce qui a le plus parliculièremcnl altiré notre attention et celle des personnages capables d'ap- précier ks diflicïJllés que M. Féron a dû ren- contrer, c'est un modèle de forme Ibyrsc, dont les filets sont de la plus grande régularité et suivent, en co:;ser>ant leur pa;alléii->mc, tous les contours de la ranq.e. Le fond des cannelu- res est arrondi et peut se nettoyer facilement avec une brosse. Le principal mérite de ci-t ba- Liie ouvrier est dans l'invention des ingénieuses maciiines à !'.".ide desquelles ces mains-courantes sont fabriquées , et cpii lui permettent de les établir à un |»ri>: peu élevé ;iU-dessus de celui des rampes ordinaires. C'est une condition arce que, dans une seconde épreuve faite en présence des membres de la Société d'agriculture, il fut re- connu (jue celte machine ne répondait pas à tous les avantages i;uii(]ués dans le rapport de la commision. Au reste , AL llerland, qui est doué d'un esprit fort inventif, s'ell'orcera sans ^ute de i)ei lectionnei' cette machine à battre. « Agrée/,, etc. » Si .^L llerland met h exécution une m.ichinc à battre dont l'cnjp oi nous |)araissc réelle- ment u;ile poin- les cultivateurs, nous nous em- pressorons de la f.iiie connaître. B.\riG.\ Lr.-s-Mos;' AUX, iM:;uMi;:;;ii d:; ,\UJi;s;:: DIZ.SKEZ ur co.\i:'.\cs!K, '..l;: Lr,ML:'.ci!:E, 21. 101 ^-^ ANNliE. 183S. JOURNAI. DBS ME SKRIE. Troisième année. GONNAISSÂNC REPERTOIRE MENSUEL ET PROGRESSIF DE TOUS LES FAITS UTILES, ECONOMIQUES ET NOUVEAUX, Guide du consommateur, ANNONCES CRITIQUES ET RAISONNÉES DES PRODUITS DE l'iNDUSTRIE. Une livraison de trente-deux pages par mois , contenant un demi-volume in-S°. PRIX , FRANC DE PORT POUR TOUTE LA FRANCE , PAR AN, SIX FRANCS. ES P Toulcs les lettres devront être adressées , franc de port, à M. Auguste DESREZ , Directeur, rue Neuve-des-Pétits-Champs, n. 50, à Paris. La vie réelle : études morales, 130. I. AGRICULTURE. Grande culture : fourrages non graminés, I33. — Sur la teigne delà vigne, 138. — Plantation delà vijne, ibid. — Dangers du trèfle pâturé en vert, 139. — Éco- nomie agricole : culture de la citrouille à vaches, ilnd. — Manière d'élever les veaux sans lait, ibid. — Médecine vétérinaire .- de la nécessité de purifier les lieux infec- tés par la contagion du typhus, i4i. — Sur les aides ru- raux ou garçons de ferme, H^. II. COMMERCE , MANUFACTURES , ARTS ET MÉTIERS. Échelle pour incendie, ibid. m. ÉCONOMIE DOMESTIQUE. Blanchissage : savons divers, 144. f>Z^ P5i NUMERO o. — MAI. IV. HYGIÈNE ET MÉDECINE. Des erreurs populaires relatives à la médecine, ibid. — Emploi de la feuille de saxifrage, 145 . Y. MORALE, MÉTHODE D'ENSEIGJSEMENT, LEGISLATION. Organisation et administralion municipales, i46. — Travaux des maires pour le mois de mai, 148. — Enre- gistrement : droits proportionnels, 1 51. — Fondations utiles : caisse des incendiés, 153. — Banque de pré- voyance, 154. VI. ANNONCES CRITIQUES ET RAISONNÉES DE L'INDUSTRIE. Brevets d'invention relatifs à des objets d'intérêts agricoles délivrés en 183T , 155. — Fers creux laminés, l'57. Comité de rédaction, 159. tn-O 2 'S JOURS de la FETES ET KOMS des INTÉRÊTS de Ù-. 100 RE1 par •ENtJ par EMPI Dépense 01. Épargne r- ■ PRODUIT de 1/10 épargné au bout de ■3 semaine. SAl.NTS. à 4 p. o;0. an. jour. 9/10. i;iO. 20 ans. J. f. c. f. f. c. f. c. f. c. f. c. 121 1 mardi. S. Philippe. 122 1 33 6150 16 85 15 16 1 68 18635 05 122 2 mercredi. S. Athanase. 123 1 34 6200 16 98 15 28 1 69 18786 55 123 3 jeudi. Inv. Ste. Croix. 124 1 35 6250 17 12 15 41 1 71 18939 10 124 4 vendredi. Ste. Monique. 125 1 36 6300 17 26 15 53 1 72 19089 60 125 5 samedi. S. Augustin. 126 1 38 6350 17 39 15 65 1 73 19241 10 126 6 DIM. S. Jean-Porle-L. 127 1 39 6400 17 53 15 78 .1 75 19392 65 127 7 lundi. S. Stanislas. 128 1 40 64:.o 17 67 15 90 1 76 19544 15 128 8 mardi. S. Désiré. 129 1 41 6500 17 80 16 02 1 78 19695 65 129 9 mercredi. S. Grégoire. 130 1 42 6550 17 94 16 15 1 79 19847 20 130 10 jeudi. S. Gordien. 131 1 43 6600 18 08 16 27 1 80 19998 70 131 11 vendredi. S. Mamers. 132 1 44 6650 18 21 16 39 1 82 20150 25 132 12 samedi. Ste. Flavie. 133 1 45 6700 18 35 16 52 1 83 20301 75 133 13 DlM. S. Servais. 134 1 46 6750 18 49 16 61 1 84 20453 30 134 14 lundi. S. Boniface. 135 1 47 6800 18 63 16 76 1 86 20604 80 135 15 mardi. S. Isidore. 136 1 49 6850 18 76 16 89 1 87 20756 30 136 16 mercredi. S. Honoré. 137 1 50 6900 18 90 17 01 1 89 20907 85 137 17 jeudi. S. Pascal. 138 1 51 6950 19 04 17 13 1 90 21059 35 138 18 vendredi. S. Venance. 139 1 52 7000 19 17 17 26 1 91 21210 90 139 19 samedi. S. Célestin. 140 1 53 7050 19 31 17 38 1 93 21362 50 140 20 DIM. S. Bernardin. 141 1 54 7100 19 45 17 50 1 94 21513 90 141 21 lundi. R0GAT10^•S. 142 1 55 7150 19 58 17 63 1 95 21666 45 142 22 mardi. Ste. Julie. 143 1 56 7200 19 72 17 75 1 97 21816 95 143 23 mercredi. S. Didier. 144 1 57 7250 19 86 17 87 1 98 21968 144 24 jeudi. ASCENSION. 145 1 58 7300 20 00 18 00 2 00 22120 145 25 vendredi. S. Donalien. 146 1 60 7350 20 13 18 12 2 01 22271 146 26 samedi. S. Quadrat. 147 1 01 7400 20 27 18 24 2 02 22423 147 27 DM. S. Hildebert. 148 1 62 7450 20 41 18 36 2 04 22574 148 28 lundi. S. Germain. 149 1 63 7500 20 54 16 49 2 05 22726 149 29 mardi. S. Maximin. 150 1 64 7550 20 68 18 61 2 06 22877 150 30 mercredi. S. Ëmi'e. 151 1 65 7600 20 82 18 73 2 08 23029 151 31 jeudi. ijte. P( tronille. 152 1 66 7650 20 95 18 86 2 09 23179 Le 1 lev. du sol. 4 h. 10 4 20 4 31 4 42 m., couch. 7 h. 12 m. :8 7 25 li 7 38 I 7 51 P. ^■ le 1 à 5 h. 14 m du soir. p. !.. le 9 à 5 7 du soir. I) 0. le 16 à 9 51 du soir. N I., le 23 à 4 32 du soir. D. Q. le 31 à 7 44 du matin p=-s 130 ÉTUDES MORALES. ÉTUDES MORALES. À. r.A VIS REELIâE. §111. n faut avoir dix-huit ans , il faut avoir un cœur tendre et dévoué pour comprendre la dou- leur qu'éprouva Samuel lorsqu'il sortit de l'hôtel d'Etienne pour retourner à son magasin. Une main de fer semblait serrer son cœur, sa poitrine oppressée respirait à peine, et de grosses larmes roulaient dan's ses yeux brùlans. Lorsqu'il entia chez son patron , les commis marchands ses camarades ne purent s'empêcher de remarquer sa pâleur et son air de souffrance ; ils l'en- lourèrenl avec intérêt, ils s'informèrent avec empressement des motifs qui lui causaient une émotion si forle... Ils l'aimaient déjà tous, quoiqu'ils le connussent à peine depuis trois jours, car Il y a dans la véritable vertu une puissance secrète , un prestige mystérieux dont il est impos- sible de ne point subir l'influence et le charme. Samuel avait besoin de ces témoignages d'iil- lérèt pour ne pas se livrer tout à fait au désespoir qui le poignait : il remercia les jeunes gens , reprit ses occupations près d'eux en silence et s'efforça de trouver dans le travail une préoccu- pation aux idées qui l'agitaient. Le soir venu,, il se relira dans sa petite chambre et se mit à écrire la lettre suivante : '( Etienne, >> Je ne t'écris pas pour te faire des reproches ; je ne t'écris pas pour te rappeler les paroles cruelles par lesquelles tu m'as chassé de ta maison. Tu m'as fait comprendre que mon amitié était pénible pour toi , que, tu rougissais de ma pauvreté , et qu'il fallait désormais être un grand seigneur pour te plaire. Etienne, yài compris ta pensée, j'ai lu dans ton cœur, ton insulte a dessillé mes yeux , et désormais je deviens un étranger pour toi. Je ne puis donc avoir rien de commun avec celui que j'ai tant aimé et que j'aime encore malgré son abandon : je te renvoie les cinq cents francs que tu m'as remis le jour où nous avons quitté le collège ; j'y joins en outre une somme de huit cents francs , moitié des bénéfices qu'a produits cette somme utilisée par moi dans quelques petites spéculations commerciales. Adieu!... Puisses-tu jamais n'éprouver comme moi la douleur qui déchire l'âme en perdant la croyance sainte et absolue que l'on avait dans un ami d'enfance. _ « Samuel. », Un commissionnaire apporta le lendemain à Etienne cette lettre de son ami. Etienne se trou- vait sejil, et par conséquent aucune influence étrangère ne l'empêcha de comprendre toute l'indignité de sa conduite et combien il s'était montré lâche et ingrat envers Samuel. Il se leva précipitamment , car il était encore au lit , il s'habilla sans même appeler à son aide son valet de chambre , et il avait déjà pris son chapeau pour courir près de Samuel , pour lui demander pardon, pour lui dire, pour lui prouver qu'un moment d'erreur, qu'une faute n'avaient riea diminué de l'aflection qu'il portait à son camarade d'enfance, lorsqu'il se rappela tout à coup (jit'il ignorait l'adresse du magasin où demeurait Samuel. Un seul moyen lui restait de la con- naître : c'était d'énrire à leur ancien proviseur et de la lui demander. II fallait donc attendre huit jours avantde revoir Samuel, avant de Se réconcilier avec lui! Force fut à Etienne de garder l'ar- gent que son ami lui avait renvoyé. Mécontent de lui-même, il allait commencer sa lettre au pro- viseur, lors(|ue trois de ses nou,veaux compagnons entrèrent chez lui avec les plus charmans projets pour passer la journée. Etienne saisit avec empressement ce moyen de s'étourdir, de se soustraire à lui-mè(ne et de chasser pour (juelques heures les pénibles pensées qui le tourmeri- taient. Il acheva précipitamment la lettre, tout en donnant l'ordre à son valet de chambre d'atteler son cheval , et bientôt il partit aU milieu d'un escadron de jeunes écervelés qui galo- paient vers le Cliamp-de-Mars , où devaient avoir lieu des courses de chevaux. Après les courses , il fallut diner à l'un des cafés à la mode ; après le dîner, les Italiens atten- daient les jeunes sybarites , et au sortir des Italiens ils ne pouvaient faire autrement que d'aller passer la nuit au bal masqué, car le carnaval touchait à sa fin. Cette vie d'agitation , de plai- sirs et de fatjgue dura huit grands jours , pendant lesquels le souvenir de Samuel n'apparut à la pensée d'Etienne que d'imc manière vague et fugitive. Tant d'autres plaisirs , tant d'agitations succédèrent à ces agitations , à ces plaisirs, que le repos venu, Etienne, sans le moins du monde se rappeler Samuel, partit pour un voyage en Italie , oubliant défaire porter à la poste la lettre au'il avait écrite à soti ancien proviseur : cette lettre était restée sur son bureau , perdue parmi 'autres papiers. ÉTUDES MORALES. Hi Par un bienfait mystérieux de la Providence, il n'est point de douleur, si violente qu'elle soif, tiue le temps ne parvienne à rendie peu à peu supporlalile et à calmer insensiblement : c'est une plaie qui ne disparaît point , mais qui se cicadiso ; il suffit que le moindre choc la heurte pour en réveiller la souffrance, mais jusijuc-là cette soiifiVance reste le plus souvent endormie. Samuel, découragé, brisé d'abord par la perte de sa plus chère croyance, finit cependant par retrouver du courage et de l'énergie. Son nouveau patron ne tarda point à remarquer l'intelligence , l'amour du travail et la probité du jeune commis. Aussi Samuel se vit-il traité avec des égards par- ticuliers , non-seulement par le maître , mais encore par ses corap.Tgnons , qui reconnaissaient l'intelligence supérieure de leur camarade. Ce fut donc avec une joie générale et sans jalousie au'on le vit recevoir des témoignages fréquens de la satisftiction du négociant et obtenir au bout e trois mois un traitement double de celui qu'on s'était engagé à îlii domier. Samuel reçut en outre l'autorisation de faire valoir comme iU'entendiait la petite somme dont il était posses'seur : grâce, à d'habiles combinaisons , elle ne larda point h se quintupler. Il se trouva donc pos- sesseur de quatre mille francs, et le négociant son patron fut lui-même étonné du savoir-faire que Samuel avait prouvé dans les petites spéculations qu'il avait mises en œuvre pour faire valoir son petit capital. Un matin, il le fit appeler dans son cabinet et lui dit : « Samuel , des affaires graves m'obligent à partir pour entreprendre \m voyage d'outre-mer qui ne durera pas moins de deux ans. Il s'agit de recouvrer une grande partie" de la fortune de ma femme, et moi seul je puis diriger celte affaire de façon à ce qu'elle réussisse. J'ai donc besoin d'une personne fidèle , probe et dévouée , qui dirige habilement ma maison de com- merce pendant mon absence , et j'ai jeté les yeux sur vous , Samuel , malgré votre grande jeu- nesse et quoique vous n'ayez encore que vingt-un ans accomplis. » Samuel pensait faire un rêve et n'osait en croire les paroles qui frappaient ses oreilles. Le négociant reprit : « Voici donc les conditions que je vous propose ; vous ne les accepterez qu'après les avoir soi- gneusement examinées, et je vous laisse quarante-huit heures pour cela. Vous êtes libre de m'adresser toutes les observations que vous croirez convenables , et même de me proposer les modifications qui vous paraîtraient nécessaires. Prenez le papier qui contient ces conditions, et après-demain , à la même heure , trouvez-vous dans mon cabinet : d'ici là je vous tiens quitte de tout travail dans mon magasin. » On se figure aisément avec quelles émotions tumultueuses Etienne remonta dans sa petite chambre et déplia le i)apier que lui avait remis son patron, ^k conditions que proposaient ces notes étaient toutes des plus avantageuses et des plus honorâmes pour Samuel : elles lui offraient la gestion complète de la maison de commerce sans autre contrôle que l'examen du négociant à son retour, et elles lui assignaient en outre une part considérable dans les bénéfices en lui pro- mettant le titre d'associé si , pendant les deux années de sa gestion , il obtenait des résultats heureux et prouvait que la confiance du négociant avait été bien placée. Quoique son patron lui eût imposé quarante-huit heures pour réfléchir, Samuel ne courut pas moins le remercier aiussitôt et lui témoigner sa reconnaissance. L'acte d'association pour deux ans fut dressé en bonne forme et Samuel se vit installé dans sa nouAclle position. § IV. Pendant que ces événemens heureux survenaient à Samuel , Etienne voyageait en Italie, avec un faste sans égal , dans la société d'un jeune homme à la mode , garçon d'esprit , et qui s'était habilement insinué dans les borincs grâces du riche héritier. Le vicomte Féli.x de Beaupré, c'est ainsi qu'il se nommait , savait mener une vie de bien-être et de luxe sans qu'on lui connût la moinare fortune ; mais à Paiis, dans la vie dissipée à laquelle se livre tant de monde , on ne s'en- quiertque rarement, de ces sortes de choses, et l'on admet des inconnus dans son hitimitéavec une légèreté extrême. Etienne avait reçu chez lui le vicomte comme il recevait d'autres jeunes gens ; ce fut donc insensiblement et sans qu'il s'en aperçût que leurs relations devinrent plus fréquentes et prirent un caractère intime. De Beaupré savait se plier à merveille aux goûts d'Etienne et finit par se rendre tout à fait indispensable à son nouvel ami. Il ne pouvait y avoir pour ce dernier de bonne partie de plaisir quand Félix ne l'avait pas réglée, et l'ennui ne taruait point à gagner l'oisif Etienne si son compagnon l'abandonnait durant une seule de ses journées. Félix en effet possé- dait mille moyens de rendre sa société agréable : personne ne montait à cheval mieux que lui, personne ne maniait un fleuret avec plus d'habileté , et s'il tirait au pistolet, c'était pour abattre une poupée à chaque coup. Élégant , spirituel , railleur, il savait donner aux moindres choses qu'il contait de la grâce et du piquant : ce n'était qu'un esprit superficiel , mais brillant ; une raison étroite, mais habile. Le moyen habituel dont il se servait pour agir sur les autres était de mettre leur amour-propre en jeu et de leur faire redouter le ridicule, qu'il s'entendait mieux que personne à jeter sur ceux contre lesquels il voulait employer cette arme. Il savait le faire sans au'ils eussent le droit de se fâcher contre lui ; par conséquent les coups qu'il portait devenaient 'autant plus redoutables qu'on ne pouvait ni témoigner la douleur que l'on en éprouvait, ni s'en venger avec des apparences de bon droit. Comme il mettait tout son talent à faire, valoir Etienne , (pielquefois encore mal à l'aise et un peu timide parmi ses nouvelles relations , Etienne 132 ÉTUDES MORALES. \it dans cette conduite des témoignages d'amitié et s'attacha sincèrement à Félix ; il s'habitua peu à peu à ne voir fiue par ses yeux : aussi , quand ce dernier parla de faire un voyage en Italie , Etienne ne rêva plus que feonie et Naples , et il voulut partir avec lui. Tous les deux se mirent donc en route pour Marseille et s'embarquèrent pour Naples. Naples est une ville de plaisirs pour les étrangers, et mille moyens s'offrent à eux de dis- siper leur or. Un des moyens les plus sûrs qu'ils y trouvent de rendre leur .bourse plus légère consiste dans les maisons de jeu. l.e vicomte , à peine arrivé , voulut mener Etienne dans un de ces, lieux de ruine et de réprobation. Etienne hésita. — Mon cher Félix , dit- il , j'ai promis à mon père mourant de ne jamais mettre le pied dans un semblable endroit, et je veux tenir ma promesse. — A Dieu ne plaise que je tente de vous faire jouer, interrompit le vicomte ; mais quand on voyage il faut tout voir; il faut se donner une idée exacte des mœurs du pays , et qui n'a point vu ici un casino n'a point vu Naples. En vous faisant promettre de ne point entrer dans une maison de jeu , votre père a seulement voulu vous faire promettre que vous ne joueriez jamais , mais non pas de passer vos journées seul à vous ennuyer. Il serait ridicule de ne regarder qu'une seule face des mœurs d'un pays pour satisfaire ji la lettre d'une promesse, quand il suffit d'en respecter l'esprit ; car, vous le savez, mon cher Etienne, la lettre tue et l'esprit vivifie , comme dit le livre de la Sagesse. Le faible Etienne se laissa convaincre par ces paroles de Félix et le suivit au casino , bien résolu à ne point toucher aux cartes et à ne point approcher d'une table de jeu. Il tint en effet la promesse qu'il s'était faite et sortit sans avoir joué. Félix s'était montré moins réservé , car il joua , gagna une somme considérable , et rentra chez lui chargé d'or. Le lendemain, ils retournèrent au casino. Le vicomte tenta d,e nouveau la fortune , et la for- tune lui sourit encore une fois, si bien qu'il lui fallut recourir à Etienne pour emporter les masses d'or dont il se .trouvait possesseur. Comme ils allaient sortir tous les deux , une femme masquée s'approcha d'Etienne et lui dit avec une \o\)i douce et en fixant sur lui , à travers les ouvertures de son masque , deux yeux noirs qui étincelaient : — Seigneur cavalier, voilà deux nuits que vous passez au casino sans jouer. — Je ne joue jamais , signera. — Pourquoi cela? — Parce que j'ai fait serment de ne jamais jouer. — Serment ! répéta le masque|ÉBc un léger rire , — serment ! pour votre compte peut-être , mais non pas pour celui des autresrAlettez donc pour moi cette pièce d'or sur cette carte ; je suis sûr? que vous me porterez bonheur. Etienne hésitait ; mais la voix du masque était si douce , son regard si magnétique , que ma- chinalement , et comme si une puissance irrésistible l'eût poussée , la main du jeune homme laissa tomber la pièce d'or sur le tapis vert. Le dé fut jeté dans la roulette qui tourna sur elle-même avec un léger griricement; puis elle s'arrêta, et vingt pièces d'or vinrent tomber sur la pièce d'or qu'avait jetée Etienne. Il se disposait à ramasser cette petite fortune et à la présenter au joli masque, quand l'in- connue lui arrêta le bras. — Non point, dit-elle. La fortune vous sourit trop pour nue vous vous arrêtiez à sa première faveur. Laissez toutes ces pièces de monnaie à la place où elles sont : nous allons savoir si vrai- ment vous êtes aimé du hasard. ^ Elle parlait encore que le banquier jetait sur h ponte d'Etienne une somme vingt fois égale à celle qui lui appartenait déjà. Douze fois l'anonyme exigea qu'il tentât de la sorte la fortune, et douze fois cette hasardeuse entreprise réussit. Alors la femme masquée fit signe à l'un des employés du jeu de ramasser la somme immense, qu'il échangea contre des billets de banque ; et quand il voulut les lui remettre : -- Donnez les billets à ce seigneur, dit-elle ; une femme , en sortant seule avec une somme si considérable, s'exposerait à des périls certains, dans ce pays de lazzaroni et de poignards. Le seigneur français voudra bien assurer ma fortune et pie servir d'escorte jusqu'au logjs. En disant cela , elle passa son bras sous le bras d'Etienne et l'entraîna vivement. Etienne , qui n avait pas su résister aux prières de cette femme quand elle lui avait demandé de jouer , ne se montra pas plus courageux devant les séductions de la folle créature. Il la suivit et prit place à côté d'elle dans une voiture qui les emmena rapidement. Durant le trajet , Etienne la supplia d'ôter son masque et de lui montrer des traits qu'il était avide de voir. — Non, pas aujourd'hui, dit-elle; non, pas aujourd'hui, mon jeune seigneur : j'ai besoin de trop de mystère , il faut que je m'entoure de trop grandes précautions pour vous livrer ainsi mon secret avant de savoir si vous êtes digne de le connaître et capab'ie de le garder. Revenez demain au Casino, vous m'y rencontrerez peut-être ; et peut-être d'ici là pourrai-je prendre sur vous assez de renseignemens pour mieux vous connaître. En disant ces mots, elle ouvrit habilement la portière de l.-^ vo'Mure , sautant avec légèreté, dis- parut à travers des rues détournées et sombres, et laissa Etie.anc stupéfait , confus, piqué au vif, et en proie à la plus ardente curiosité. S, Henst BERTHOUD. '' (Sera continué.) AGRICULTURE. 133 I. AGRICULTURE. GRANDE CULTURE. rOURRAGES DES PRAIRIES NATUUELI.ES ET ARTIFI- CIELLES, KO.N GRAMINÉS. Fourrages légumineux. — Suite. TRÈFLE (trifolium). Toutes les plantes de ce genre sont des herbes à feuilles ternées , à fleurs réunies en tètes ou en épis serrés, à sti- pules soudées au pétiole. Le calice est tubuleux, persistant, à cinq dents ; la carène est d'une seule pièce, plus courte que les ailes et l'éten- dard; la gousse est très-petite, à une ou deux graines, recouverte par le calice. Dans quelques espèces de trèfle , et surtout dans plusieurs de la seconde section , tous les pétales sont réunis , et la corolle est monopé- tale quoique papillonacée. Dans presque tous, les trois folioles sont insérées ensemble au som- met du pétiole et sont réellement ternées ; dans deux espèces voisines des mélilots, les deux fo- lioles latérales sont insérées au-dessous du som- met du pétiole , et la feuille est réellement ailée à trois folioles. l^e SECTION. — Calices glabres, non renflés après la floraison ; étendards caducs ; fleurs blanches et rougeâtres. Trèfle rampant (trifolium repens, Liy.), vulgairement connu sous les noms de triolet , petit trèfle blanc , trèfle blanc , petit trèfle blanc de Hollande. Ses tiges sont plus ou moins longues, presque glabres, ordinairement couchées sur la terre et rampantes à leur base; ses feuilles sont péliolées et composées de fo- lioles ovales , souvent en cœur renversé , et denticulées ; les fleurs sont d'un blanc décidé et ne deviennent brunes ou un peu rougeâtres que lorsqu'elles se sèchent ou se flétrissent. Elles ont chacune un pédoncule particulier, très- court, ce qui, dans leur développement parfait, Jes rend un peu pendantes et donne à leur tète l'apparence d'une ombeHe ; les dents du calice sont inégales entre elles , et l'on observe une cetite tache rouge de chaque côté de la base de la dent inférieure du calice ; les gousses ren- ferment quatre graines et sont cachées dans le calice. Cette espèce , commune dans les pelouses , les prés et sur le bord des chemins, est vivace. Quoiqu'elle ne s'élève guère qu'à cinq ou six pouces , elle est tellement estimée dans le Mek- lembourg , contrée de l'Allesnagne célèbre par la perfection de son agriculture, que les fer- miers des laiteries , avant de louer les terres , exigent que celles destinées aux pâturages soient semées , par le piopriélaire, de ce trèfle plutôt que de toute autre plante. En eflet, c'est un des meilleurs fourrages, non-seulement pour les vachesà lait, mais encore pour les moutons; les cochons se trouvent extrêmement bien de son usage. Les Anglais, qui le connaissent sous le nom de fin-houssy, l'ont soumis à une cul- ture réglée, dans l'inlcntion d'en former de pré- cieux pâturages uniquement pour les mou- tons. Cette plante, qui ne craint ni les froids ri- goureux de l'hiver ni les chaleurs de l'été, ni même le piétinement des animaux , a encore le grand avantage de pousser dès les premiers jours du printemps, et de fournir ainsi un pâtu- rage à une époque où ils sont très-rares. Celte précocité est encore plus considérable dans les terres sèches , qu'elles soient sablonneuses ou crayeuses^de sorte que c'est dans ces sortes desolsquWfaut particulièrement la semer, d'au- tant mieux que souvent ils sont peu propres à d'autres cultures et qu'ils deviennent improduc- tifs pendant l'été. Vingt-quatre litres de grai- nes suffisent pour ensemencer un hectare. Comme il est en fleur jusque vers la fin de l'automne, dans les plaines il fournit aux abeilles leur dernière récolte. Selon les obser- vations de M. Vilmorin, non-seulement il réus- sit l)ien dans les terres sèches, mais encore dans celles qui sont humides , même au point de produire la fétuque flottante , d'où il conclut qu'on peut avantageusement eu garnir les fonds des prés. Trèfle des Hautes-Alies ( trifolium alpi- num, Lin.), aussi connu sous les noms dere- glisse de montagne , réglisse des Jlpes. Sa racine est longue, épaisse, garnie vers son col- let de beaucoup de paillettes ou espèces de poils grisâtres , et pousse une ou plusieurs hampes fort courtes , ne dépassant guère qua- tre ou cinq pouces ; ses feuilles sont radicales, pétiolées et remarquables par leurs folioles longues, étroites, glabres et fixement nerveuses; les fleurs sont purpurines, fort longues, pédi- cellées , peu nombreuses et disposées en bou- quet lâche. Cette petite plante vivace ne croît que dans les terres sèches des hautes montagnes. Ses feuilles , quoique fort aimées de tous les bes- tiaux , sont si peu abondantes qu'elles ofirent |34 AGRICULTURE. peu d'intérêt au cultivateur ; mais il n'en est pas de même de ses racines succulentes et douces, qui sont liès-rechcrchées par les co- chons et leur fournissent une excellente nour- riture. Sous ce rapi)ort on pourrait essayer de la multiplier dans les pâturages secs et élevés de nos départemens montagneux. Des monta- gnards du Forez , où elle croît abondamment, m'ont dit avoir remarqué que les moutons qui la paissent engraissent beaucoup plus vite que dans des pâturages beaucoup mieux garnis avec d autres plantes. Trèfle r-aide [trifolium striction, Lix.). Sa lige est droite, raide, peu rameuse, glabre ainsi que toute la plante, haute de cinc; h six |)ouces; les stipules sont rliomboïdales, finement dente- lées, adhérentes entre elles , formant une large gaine dont l'orifice est oblique; les feuilles sont lisses, pétiolées, à trois folioles oblongues, fine- ment dentées en scie , un peu striées ; les pé- doncules sont raides,axillaires, plus longs que la feuille, terminés par une tète ovoïde presque globuleuse ; les fleurs sont petites, d'un blanc rose ; leur étendard est allongé , un peu tordu au sommet ; leur gousse est droite, à deux giai- nes. Comme tous les trèfles, cette espèce est re- cherchée par le bétail , mais efle convient parti- culièrement aux montons. Elle se plail dans les prés découverts, sur les collines, eJMC l'ai sou- vent remarquée aux environs de Fontainebleau. On pourrait l'utiliser en mêlant sa graine aux semences de quelques autres récoltes , car , croissant très-vite, étant annuelle et ne crai- gnant pas l'ombre, quand ces récolles seraient enlevées , elle fournirait un excellent pâturage qui ne nuirait en rien au sol. M. Rabourdin fils, fermier de la belle terre de Contin , s'occupait à faire sur cette plante des expériences dont les résultats paraissaient devoir être intéressans quand la mort vint le frapper. Trèfle hybride ( trifolium hybridum , Lin. ). Cette espèce vivace a beaucoup d'ana- logie avec le tiède rampant ; elle en diffère par ses dimensions plus grandes , ses liges as- cendantes et non rainpanles, par ses calices qui ont les dénis presque égales entre elles, plus longues que le tube, dont les deux supé- rieures sont un peu écartées et l'inférieure non tachée de pourpre à sa base. On la distingue du trèfle gazonnaiit à sa taille beaucoup plus grande et à ses folioles un peu échancrées au sommet. Elle est très-commune dans toute la France et fournit un fourrage tout aussi bon et aussi abondant que le trèfle rampant , et cependant je ne crois pas qu'elle ait jamais été soumise à la culture, à moins qu'elle ait été confondue avec ce dernier trèfle par quelques cultivateurs, ce qui me paraît très-probable. Dans tous les cas elle se plaît davantage dans les terres up peu humides , et elle est vivace. . '' Le trèfle gazonnant ( trifolium cœspito- sum. Lin.) lui ressemble beaucoup, ainsi qu'au trèfle rampant ; mais sa racine , qui est dure et presque ligneuse, émet plusieurs tiges nullement couchées ni rampantes, disposées en gazon toufi"u , longues de trois ou quatre pou- ces au plus ; les folioles sont ovoïdes, rétrécies à la base, élargies, obtuses , mais non échan- crées au sommet, finement dentées en scie : les calices ont leurs dents toutes égales entre elles; les fleurs sont d'un blanc tendant un peu vers le pourpre, droites, jamais pendantes et à peine étalées à la fin de la floraison. Sous le rapport de la culture, tout ce que nous avons dit du trèfle rampant peut conve- nir à celte espèce vivace, qui fournit également un très-bon fourrage aux vaches laitières et aux moutons. Cette section renferme encore deux espèces, mais annuelles : le trèfle aggloméré {trifolipm glomeratum, Lin.), à fleurs roses, et le trèfle étouffé (trifolium stiffocatum , Lin. ), à fleurs blanchâtres cachées dans le calice! Toutes deux pourraient être utilisées comme nous l'avons dit du trèfle raide , la première dans les sols secs et pierreux , la seconde dans les sables maritimes du midi. 2'' SECTION . — Calices velus ou herisués, non renflés après la floraison ,- étendards ca* ducs ; fleurs blanches ou rougcàtres. Trèfle rocge [trifolium rubens, Lin. ), vi- vace , entièrement glabre , droit , haut d'ui) à deux jiieds; ses stipules ont jusqu'à un pouce et demi de longueur : elles sont étroites, ter- minées en pointe acérée ; le pétiole est court, chargé de trois folioles oblongues, obtuses, un peu fermes, bordées de dents aiguës ; les fleurs sont pourpres , disposées en épis cylindriques ou oblongs , serrés, obtus ; leur calice est tout bordé de poils longs et hérissés ; sa division in- férieure est beaucosé se composer de 1,600 bâtons, en faire trois parts dont chacune ser-a disposée ainsi : Les échalas à ])asser au feu seront réunis autour de (|uatre bâtons fixés en travers sur quatre autres piqués en terre et servant de monlans ; la disposition à donner aux échalas doit être telle que la moHié ou environ forme à l'inté- rieur une pyramide renversée , que l'autre moi- tié figure à l'extérieur une pyramide tronquée. Tous les bâtons composant la pyramide inté- rieure seront placés le gros bout en bas ; on donnera une disposition inverse à ceux de la py- ramide extérieure. On pourra recouvrir la par tie restée ouverte avec d'autres échalas for- mant une sorte de claie ; les vides seront rem- plis de feuilles de vigne sèches, ramassées sur le lieu même , de paille , de sarment sec , de co- peaux de bâtons aiguisés , de sapin , enfin de toutes les matières propres à donner beaucoup de flamme, facilement inflammables, surtout faciles à se procurer. On aura soin pendant la combustion , de flamber avec des torches de paille enflammées, les faces des bâtons reslées à découvert à l'extérieur. La main d'oeuvre également sera fort peu dispendieuse ; on s'en convaincra si l'on réfléchit à la facilité , en y occupant un certain nombre de bras , de sou- mettre à la fois une grande quantité de bâtons à l'opération proposée , laquelle , loin d'être nuisible et toute considération d'économie de combustible écartée, gagnerait à être prolon- gée, les bâlons ainsi passés au feu devant, par leur durée , racheter la dépense fort peu consi- dérable du procédé. » Enfin , la commission propose, comme der- nier moyen, d'allumer aux deux époques où le papillon éclot des lampions posés sur des pla- teaux enduits d'un corps gras , ainsi qu'il a été fait dans le Maçonnais pour la pyrale. » S...., à Mâcon (Saône-et-Loire.) PLANTATION DE LA VIGNE. L'excellent journal des propriétaires ruraux du midi de la France rend compte d'une expé- rience que l'on croit devoir signaler aux agricul- teurs des départemens vignobles. Elle consiste, lorsqu'on plante une vigne de boutures, à laisser au sarment toute la longueur que doit avoir le pied du cep, au lieu de le rabattre à deux ou trois yeux comme on le pratique ordinaire- ment. En 1832 , on planta une vigne sur un ter- rain préparé suivant l'usage. Sur une moitié, les plans furent rabattus à deux yeux. Sur l'au- tre ils furent coupés à vingt pouces. A la fin de l'été , la vigne ofl'rait une belle végétation ; cependant elle fut reconnue bien supérieure sur la seconde moitié, qui avait en outre quatre fois moins de manquans que la première. En 1833, cette vigne fut taillée; mais, sur la partie en expérience , on ne fit que rabattre quelques brindilles latérales, qu'on laissa pour- tant avec un ou deux yeux. En 1834 et ed 1336 , la vigne entière fut taillée de la même manière. Depuis la plantation jusqu'en 1837, celle moitié de vigne a conservé une supériorité de végétation remarquable. Les tètes de ceps ont été plus tôt et mieux formées , et le produit a été reconnu supérieur. Il serait donc établi , d'après cette expériencQ AGRICULTURE, 139 Renouvelée chez plusieurs propriétaires, qu'il y a un grand avantage à former la souche sur la lige même plantée , au lieu de l'établir sur la pousse d'un bouton latéral souvent faible. Il parait encore résulter de ce procédé une re- prise plus assurée , p.uistiu'à toutes les visites , les manquans sur la partie rabattue ont été re- connus beaucoup plus norabieux. Un autre avantage du procédé, c'est que l'élévation de la tige préserve les bourgeons des gelées priu- tannières , et que si , par événement , les pre- miers poussés étaient détruits , la végétation ne tarderait pas à se développer sur les yeux in- férieurs, ressource que ne présente pas l'an- cienne méthode. DANGERS BU TREFLE PATURE EN VERT. Celte admirable plante, qui est destinée à nous rendre les plus grands services pour l'é- lève de nos nombreux bestiaux, pour la pro- duction du lait dans nos vacheries et l'amélio- ration de nos fromages, est fort dangereuse pour les ruminans lorsqu'elle est pâturée en vert et fraîche , au printemps et en été ; mais au mois d'octobre, elle perd ces quahtés gazeuses qui causent le météorisrae. Depuis quatre ans j'en Dais l'expérience en y laissant paître plu- sieurs heures de suite tous mes bestiaux ; il ne m'est point arrivé d'accident : la luzerne , au contraire, conserve ses qualités périlleuses jus- qu'en hiver lorsqu'elle est pâturée. J'ai des vaches qui s'y sont ballonnées en novembre, principalement lorsqu'elles étaient à jeun , et qui auraient infailliblement péri , si mes bergers ne leu avaient fait avaler un verre ou deux d'eau-de-vie nitrée à l'aide d'une petite bou- teille qu'on leur introduit dans la bouche en leur élevant fortement la tète. L'effet de cette dissolution de nitre (trois onces par litre d'eau- de-vie) est si certain que, malgré le nombre considérable de bêtes à cornes qui ont été mé- téorisées chez moi , je n'ai perdu qu'un jenne taureau auquel on n'eut pas le temps de l'ad- ministrer. Une once de chlorure de chaux dissous dans une bouteille d'eau ordinaire produit le même effet , et souvent avec plus de promptitude. Ce dernier moyen étant moins dispendieux mérite d'ailleurs d'être préféré. Le maréchal de camp baron Higonkt. ÉCONOMIE AGRICOLE. CULTURE DE LA CITROUILLE A VACHES d'aPrÈs tE PROCÉDÉ DE M. VERGNAUD-ROMAGNÉsI. Dans la Sarlhe et dans la Mayenne particu- culièrement , on cultive en grand une espèce de potiron , appelée dans le pays citroiiiUe des vaches , qui sert à la nourriture des bestiaux de toute espèce , principalement à celle des va- ches , des bœufs jeunes , des cochons et des moulons. Elle les rafraîchit et les tient en bon élal pendant les temps froids ; aussi a-t-on re- marqué que les cultivateurs qui avaient eu la précaution de serrer avec soin des citrouilles ont éprouvé pendant les hivers longs et rigou- reux bien moins de pertes de bestiaux que les agriculteurs privés de celte ressource. Outre le fruit , les feuilles de cette cucurbi- tacée donnent un très-bon fourrage d'été et d'automne , et ses graines sont également pré- cieuses par l'huile abondante qu'on en retire. Les terrains sableux, graveleux et néan- moins substantiels , quoique légers, sont ceux qui conviennent le mieux pour cette culture ; elle est néanmoins pratiquée avec succès dans les terres à froment et à chanvre , comme dans celles à seigle , à blé noir et à maïs. Les terreaux de basse-cour bien consommés, et à leur défaut le fumier éteint , les curages de trous à fumier et des cours , conviennent com- me engrais. On dispose la terre soit à plat, soit en sillons , qu'on peut alterner en en plantant un en pommes de terre et l'autre en citrouilles. On pratique à la charrue , de deux à trois pieds de distance , suivant la qualité du sol, un sillon qui est immédiatement couvert par l'en- grais. On disperse la graine sur cet engrais à deux ou trois pouces de distance si l'on veut ensuite éclaircir le plant , ou à trois pieds de distance en mettant plusieurs graines ensem- ble, ce qui est préférable ; un second sillon pra- tiqué à côté du premier sert à enterrer la grai- ne, et ainsi de suite. Les derniers jours d'avril et le commen- cement de mai sont les époques les plus convenables au semis. Si l'on a semé à la volée , on éclaircit à la distance de trois pieds lorsque le plant a cinq à six feuilles. Si le semis a été fait par paquets , on laisse un ou deux pieds des plus beaux. On peut remplacer à la houe ceux qui auraient manqué, mais rarement ils deviennent aussi productifs que ceux qu'on sème sur place. Entre le semis et le moment où le fruit se noue , il suffit de sarcler si l'herbe poussait trop abondamment. Dès que le fruit a atteint la grosseur d'une pomme , on doit labourer des deux côtés et tenir la terre en bon guéret. La plante doit rester constamment enterrée jus- qu'aux premières feuilles. En général , la plante peut être abandonnée à elle-même ; cependant on en enlève les feuil- les sans inconvénient. C'est lorsque le fruit a atteint à peu près sa grosseur que le fourrage devient une récolle importante , parce qu'alors il est inutile de couper les branches folles deux ou trois nœuds au-dessus du fruit. 140 AGRICULTURE. Du commencement d'octobre au 15 de no- vembre, selon les années, la citrouille mûrit, ce qu'il est aisé de reconnaître à sa couleur jaune au sommet , à sa queue qui se cerne un peu et au dessèchement de la branche qui la porte. On peut alors la recueillir de suite , mais il est préférable de la laisser suer quelques jours dans les champs, surtout si les gelées ne menacent point. Les citrouilles se conservent très-saines, soit en les entassant daas des cours aérées , soit en les plaçant sous des hangars et dans des cel- liers secs. Si on les laisse au dehors, il suffit pour les préserver de la gelée, jusqu'à trois ou quatre degrés Réaumur, de les couvrir de chau- me ou de paille, dont on augmente la quantité suivant l'intensité du froid. Ce fruit se conserve jusqu'en février et mars; néanmoins , vers Noël , il s'établit de la pourri- ture dans ceux qui sont les moins mûrs ; aussi doit-on avoir soin de les détasser, d'employer ceux qui se gâtent et de serrer coux qui sont en bon état. On coupe ce fruit au hachereau , d'abord en deux parties pour en extraire la graine, ensuite eïi morceaux très-petits pour les moutons, plus gros pour les vaches , et seulement brisés pour les cochons. Ces morceaux, quoique très- durs , sont donnés en nature aux vaches, dont le lait augmente sensiblenient en quantité et en qualité tant qu'elles mangent de cette nour- riture. On les fait cuire avec du son , des choux verts et autres fourrages pour les jeunes élèves. Si l'on veut engraisser des porcs rapidement, il faut leur donner abondamment de la graine avec la pulpe. Lorsqu'elle a été extraite du fiuit, elle doit être jetée dans des paniers et triée dans la jour- née. On l'étend ensuite au soleil ou dans des greniers bien aérés ; on peut même la passer au four pour en hâter la dessiccation et éviter la moisissure. Elle doit être mise soigneuse- ment hors de la portée des volailles , qui en sont très-friandes et qu'on serait en danger de perdre si elles en mangeaient avec excès. La graine, étant séchée, se conserve pour être mondée dans les longues soirées d'hiver, ainsi que la graine fraîche obtenue de la con- sommation journalière. On humecte dès le ma- lin la quantité de graine sèche qui peut être mondée le soir de son enveloppe : cette précau- tion est nécessaire pour empêcher la fève de se briser, ce qui occasionnerait beaucoup de perte. Le mondage s'opère facilement et rapidement , en brisant avec l'ongle du pouce droit le re- bord prononcé de la graine d'un des côtés ; la pression du pouce et du premier doigt fait en- suite aisément sortir la fève, qui est immédia- tement mise sur des claies ou sur des toiles. Avant que de porter les fèves à l'huilerie , il convient de les passer au four vingt-quatre ou trente heures après que le pain en a été tiré. Peu de cultivateurs font eux-mêmes leur huile , elle est généralement extraite par des huiliers qui se font largement payer. L'huile s'extrait à froid pour l'usage alimen- taire ; elle* est alors aussi bonne et peut-être même préférable aux huiles de noix et de fai- nes. Pour brûler on la prépare à chaud , et son produit est nécessairement plus considérable. Cent citrouilles peuvent donner de six à huit boisseaux de graines. Il faut quatre de ces bois- seaux, qui pèsent trente livres en grain froment, pour en produire un de fèves mondées et sé- chées d'un poids égal à celui du grain. Cinq livres de ces fèves donnent communément au moins un litre d'huile. Les résidus ou marcs de l'huile, appelés tourtes, sont donnés avec avantage aux bes- tiaux en les mêlant à leurs boitures. MANIÈRE s'élever LES VEAUX SANS LAIT. On a cru longtemps le lait indispensable pour élever les veaux, mais il n'en est rien ; on peut remplacer cette nourriture de la manière sui- vante : On met du foin dans un vase où l'on jette de l'eau aussi chaude que possible ; on re- couvre ensuite le vase avec un couvercle de bois ou de drap pour maintenir la chaleur. La décoction de foin opérée est tirée au clair et donnée aux veaux lorsqu'elle est descendue à la température du lait qu'on veut traire. Lorsque l'on veut soumettre les veaux à ce régime, il faut ne les laisser téter que trois ou quatre jours ; après ce temps , on leur donne la décoction de foin en y mêlant un peu de lait les premiers jours seulement , et en le sup- primant peu à peu. On continue alors de les nourrir avec la décoction de foin pure sans mélange. On peut ainsi élever les veaux, aussi bien que par la méthode ordinaire, qui consiste à leur donner uniquement du lait ou même des œufs pendant une espèce de temps assez long, méthode extrêmement coûteuse. Ce mode, qui a été indiqué il a quelques années , ne devait, d'après le dire de ceux qui l'annon- çaient, s'appliquer qu'aux veaux qui étaient destinés à la boucherie ; mais c'était une er- reur : on obtient de cette manière de très- beaux élèves. Le Journal de la Flandre agricole, à qui nous empruntons cet article , dit que tous les agriculteurs du Nord qui l'ont employé en ont été très-satisfaits et qu'ils ont ainsi de beaux bœufs et de belles gé- nisses. La possibilité de se passer du lait pour éle- ver les veaux n'est pas une chose sans impor- tance, surtout pour les agriculteurs de la ville AGRICULTURE. 141 et des environs , qui peuvent vendre leur lait à un prix très-élevé , et le remplacer dans cette circonstance par une nourriture aussi bonne et qui ne leur coûte presque rien. Nous leur conseillons donc d'essayer ; ils doivent y être d'autant plus disposés que l'expérience en a été faite. On a indiqué quelques moyens analogues ; nous allons rapporter un de ces procédés pour les personnes qui voudraient également l'es- sayer; mais nous n'en garantissons pas la bonté, attendu que nous ne l'avons pas vu pratiquer et qu'il faut que l'expérience ait parlé avant que nous nous décidions à pro- noncer. Ainsi on peut, dit-on, employer une décoc- tion d'orge faite de la même manière que la dé- coction de foin indiquée ci-dessus. Il faut avoir soin, comme nous l'avons déjà dit , de ne présenter aux veaux ces décoctions, soit de foin, soit de farine d'orge, qu'à la tem- pérature du lait qu'on vient de traire ; on s'assure qu'elles ne sont ni plus chaudes ni froides en plongeant la main dedans : on re- connaît alors facilement , à l'aide d'un peu d'habitude , qu'elles ont le degré de chaleur voulu. (Journal d'agriculture de l'Ain.) médecine: vétérinaire. »E LA NÉCESSITÉ DE PURU^IER LES LIEUX INFECTES PAR LA CONTAGION DU TYPHUS. Premier article (i). Les mesures de police sanitaire, ayant pour but capital la préservation des bestiaux sains de l'épizootie typhoïde, seraient inutiles si elles n'étaient accompagnées ou suivies d'une bonne désinfection. En effet, à quoi bon cerner, cou- per la marche suivie par la contagion ; à quoi bon soustraire les animaux sains aux nombreux agens contagifères qui les menacent , si les en- droits qui ont recelé les animaux malades , si les corps animés ou inanimés qui ont été en rapport avec eux ne sont pas rigoureusement désinfectés ; ou si , en d'autres termes , ces lieux, ces corps, sont encore infectans ou aptes à transmettre la maladie? La désinfection, que plusieurs personnes considèrent comme une mesure adjuvante aux mesures extirpatrices du mal, doit être, selon nous, placée au même rang d'importance; car non seulement il faut détruire la maladie, mais (1) Nous empruntons cet article à l'excellent ouvrage que M. V. Delafond, professeur de pathologie et de thérapeutique à l'École royale vétérinaire d'Alfort, vient de faire paraître sous le titre de Traité sur la police sa- nitaire des animaux domestiques. Paris, 1838. Chez Dé- bet jeune. aussi ses germes reproducteurs. La désinfec- tion est une mesure complémentaire, indis- pensable, qui, il faut bien le noter, doit être regardée comme la fidèle compagne de toutes les mesures dont nous avons parlé jusqu'à présent. Pour que la désinfection soit complète , elle doit comprendre : 1° la désinfection de l'éla- ble et des objets qu'elle renferme ; 2° la puri- fication de l'air qui y est contenu ; 3° la désin- fection des personnes et des animaux qui ont été en rapport avec les bètes malades. Désinfection des e'tables. La bave , le mucus nasal ou la morve , les larmes, les excrémens, les urines, les matières provenant des plaies suppurantes , la matière de la transpiration cutanée et pulmonaire, tels sont les principaux véhicules fixes ou volatils qui renferment les virus susceptibles de repro- duire la maladie. La bave, le mucus nasal, les larmes , les ex- crémens, les urines, s'attachent non seule- ment aux crèches , aux râteliers , aux sépara- tions en planches et autres objets de l'étable, mais encore, souillent les alimens, les litières, les fumiers , et pénètrent à une certaine pro- fondeur dans le sol. Détruire ces élémens virulens fixes ou vola- tils par des moyens physiques ou chimiques, partout où ils se rencontrent , telles sont les conditions que doivent rempHr les procédés de désinfection quels qu'ils soient. La ténacité des virus est très-grande ; elle résiste souvent à l'action chimique de certains agens dont l'é- nergie sur les matières animales est bien con- nue. J'ai trempé , dit Vicq-d'Azyr , des tam- pons imbibés de virus dans les huiles grasses et aromatiques ; je les ai exposés à la vapeur de l'acide sulfureux volatil, à celle de l'acide ma- rin dégagé du sel de cuisine par l'acide vitrio- lique ; je les ai mouillés avec l'alcali volatil , et la maladie s'est communiquée aussi facilement: son invasion a seulement été retardée sur les bestiaux inoculés avec les tampons imbibés avec l'alcali volatil. De semblables essais démontrent positive- ment combien on doit être sévère dans le choix de l'agent désinfectant , et quelles sont les at- tentions qui doivent présider à une bonne désin- fection . Nous allons faire connaître les procédés les plus usités aujourd'hui et dont l'expérience a sanctionné l'efficacité. Précautions à prendre à l'égard des litières et des fumiers. Selon M. d'Arboval, l'épizootie typhoïde aurait reparu à la fin de mars de l'année 1815 }42 AGRICULTURE. chez le sieur Toulotte, qui en avait éprouvé les funestes effets il y avait deux mois , et chez le nommé François Delrue , parce que ces per- sonnes auraient négligé de faire enlever et en- terrer soigneusement les fumiers provenant des étables infectées. Ainsi que nous l'avons déjà fait observer, im- prégnés de bave , de larmes , d'excrémcns , de la matière de la transpiration cutanée , les fu- miers recèlent tous les germes de l'infection , qu'ils transmettent non-seulement par leur con- tact immédiat, mais encore par les vapeurs contagieuses qu'ils laissent échapper, lesquel- les , prises et entraînées par les courans d'air , transmettent la maladie à une grande distance si elles viennent à être respirées par des ani- maux bien portans. Les dangers auxquels exposent les litières et les fumiers nécessitent donc l'application des précautions voulues par les règleraens sanitai- res ; les voici : Les fumiers, dit l'arrêt du 31 janvier 1771, art. 13, seront enterrés avec les cadavres dans les mêmes fosses. Défense est faite par l'arrêt du 30 janvier 1775, a peine de 500 fr. d'amende, de vendrç ou d'acheter les fumiers provenant des bêtes à cornes infectées. Vicq d'Azyr, et après lui M. Huzard père, ont conseillé d'incendier les litières et les fu- miers. Ge moyen est excellent. Certes , le feu détruit tous les élémens de la contagion ; mais la perte quoique faible des fumiers vient ce- pendant grossir la somme de celles en bestiaux que le propriétaire a déjà faites. Nous pensons qu'il serait préférable d'enfouir les fumiers in- fectés d.uis la terre à plusieurs pieds de pro- fondeur, de les y laisser pourrir et séjourner pendant un ou deux mois, époque où la pu- tréfaction aurait cessé; puis de les extraire pour les enfouir dans les terres à ensemencer. Los fumiers ainsi utilisés ne seraient d'aucun danger et deviendraient profitables aux cultiva- teurs. Précautions à l'égard du sol des étables. Le sol des élables, imbibé de liquides conta- gieux jusqu'à une certaine profondeur , ren- ferme tous les élémens de la contagion ; se des- séchant par la chaleur , il dégage une vapeur •humide , infecte , contagieuse , qui devient la source d'une nouvelle infection qu'il faut évi- ter. On enlèvera donc le sol pénétré de matiè- res animales , et alors d'une couleur noire , d'une odeur infecte, jusqu'à une profondeur qui sera indiquée par la couleur naturelle du sol. Ordinairement l'enlèvement d'un pied à un pied et demi suffît. Cette couche infectée sera déposée dans une fosse creusée à une grande distance des étables , et remplacée par de la terre fraîche bien battue. Si le sol de l'étable est pavé, on le dépavera, et les pavés seront lavés, balajés, avant d'être remis en place. Cependant si quelques bêtes seulement avaient été malades dans une élable bien tenue et dont le sol serait pavé, le dépavage pourrait être négligé en ayant l'allenlion de gratter les intervalles des pavés avec de bons balais , de les laver ensuite avec de l'eau bouillante, puis avec une solution de chlorure de chaux. Huit seaux d'eau, dans lesquels on aura fait dissou- dre deux livres de ce chlorure, suffiront pour désinfecter le sol d'une étable pouvant contenir douze bêtes à cornes. . Précautions à l'égard des planchers, des murs, des crèches, des auges et des rate' lier s. Dans beaucoup d'étables les planchers son» formés par des solives placées à distance, dont les intervalles sont remplis par des fourrages emmagasinés au-dessus. La portion du four- rage faisant partie du plafond de l'étable, ex- posée aux émanations contagieuses , s'en im- prègne profondément ; puis se desséchant plus tard, laissant échapper le virus, elle devient le foyer d'une nouvelle infection. Il sera donc toujo'urs indispensable d'enlever cette couche de fourrages et de les enfouir dans le sol avec les fumiers. Lorsque les plafonds seront en bois ou eo mortier, il faudra avoir le soin d'enlever toutes les nombreuses toiles d'araignée dont ils sont garnis. Ces toiles, que beaucoup de personnes regardent comme des rets dans lesquels vien- nent se prendre les insectes nuisibles aux bes- tiaux, sont, dans le cas dont il s'agit, des plus perfides : elles recèlent les germes de conta- gion, peuvent les conserver longtemps et être cause de la réapparition de la maladie. Les toiles d'araignée enlevées , on lavera les solives et le plafond avec une solution de chlo- rure de chaux ; les crèches , les mangeoires , les râteliers, les séparations en maçonnerie ou en planches, les murs, seront gradés, lavés à l'eau bouillante, ou, ce qui est préférable, avec une lessive de cendre. Enfin on terminera l'o- pération en passant toutes les parties lavées , brossées, grattées ou raclées , à la solution de chlorure de chaux dans les proportions que nous avons indiquées. Les crevasses, les dégradations de murs né- cessiteront surtout une attention particulière ; on s'attachera à bien laver et à faire pénétrer le chlorure dans ces parties , qui emprisonnent et retiennent le virus. Si les murs étaient par trop dégradés , il se- rait préférable de les recrépir avant ou après le lavage. COM.MERCE , MANUFACTURES , ARTS ET HIETIERS. Beaucoup de personnes font blanchir avec un lait de chaux les murs et autres objets de l'é- table, mais ce blanchiment ne saurait être utile et bon qu'autant (]u'il aura été précédé de la désinfection à l'eau de Icssivvj ou au chlo- rure. Les objets destinés au nettoyage, tels que les pelles , les balais , les seaux , les civières , les brouettes , seront brûlés s'ils sont mauvais, si- non lavés, lessivés, raclés à l'eau chaude , puis désinfectés avec l'eau chlorurée. Les objets de pansement, tels que les brosses, les étrilles , les peignes , les époussettes, etc., seront détruits ou lessivés. Les longes , les chaînes, les colliers destinés à fixer les animaux à l'élable, les objets de har- nachement, tels que les gouges, les colliers, les lanières en cuir, subiront les mêmes désin- fections. Ces opérations indispensables étant termi- nées , on procédera a la purification de l'air de l'étable. ( La suite au prochain numéro.) SUR LES AIDES RURAUX, OU GARÇONS DE FERME. La Société centrale d'agriculture de Nancy a communiqué le désir qu'elle avait de voir plusieurs autres sociétés se joindre à elle pour solliciter près du gouvernement une loi qui forçât les aides ruraux (ou garçons de ferme) d'être porteurs d'un livret, et obligeât les maî- tres de n'en admettre aucun sans celte garan- tie. Elle espère par ce moyen arriver à ce que 143 l'agriculteur instruit trouve plus de docilité dans ses ouvriers à se servir des nouveaux ins- trumens, qui sont en partie la base de la bonne culture. M. Leroy (d'Angers) annonce que l'horti- culture de ce pays a déjà soumis ses ouviiers à la possession d'un livret , et l'on en apprécie l'heureux résultat, qui permet d'apprendre po- sitivement du maître le motif de la sortie de l'ouvrier, qui doit nécessairement craindre d'ê- tre mal noté s'il n'a pas rempli ses engage- mens et si sa conduite n'a pas été régulière. On ne peut douter de l'utilité ou pour mieux dire de la nécessité de cette importante mesure, qui aurait encore l'avantage de ranger les aides ruraux dans la classe des ouvriers, en les sou- mettant aux mômes règlemens , et en effet une exploitation rurale ne doit-elle pas être consi- dérée comme une manufacture? On peut encore observer que la police, par ce moyen , arrive- verait plus facilement à trouver les malfaiteurs qui se cachent dans la campagne ; et en exigeant la présentation immédiate des livrets, elle con- naîtrait exactement le nombre des travailleurs dans chaque ferme. La Société industrielle d'An- gers s'est donc réunie avec empressement à la Société centrale d'agriculture de Nancy pour provoquer cette loi qui aiderait si puissam- ment notre agriculture dans ses pi ogres, et l'on doit féliciter bien sincèrement cette Société d'a- voir pris l'initiative de cette proposition, qui sera appuyée par tous les amis de l'agriculture. (Bulletin de la Société In- dustrielle d'Angers.) II. COMMERCE, MANUFACTURES, ARTS ET MÉTIERS. ECHELLE POUR INCENDIE. Cette échelle, inventée par M. Gambert (de Genève), et que M. Capplet, l'un de nos plus zélés propagateurs des choses utiles, vient de faire connaître en France, est faite en bois de mélèze, vernie en gris, les tenons en laiton, fer- rée en fer doux d'Allemagne. Voici les princi- pales pièces dont elle est composée : 1° une roue garnie de petites pointes qui grippent au mur et empêchent de glisser de droite ou de gauche; 3" une poulie pour hisser, par une dou- ble corde, les boyaux ou jets de pompe , ou tout autre objet que l'on voudrait faire parvenir au haut d'une maison ; 3° des cordes de trente à quarantepieds environ, que tiennent des hom- mes, un de chaque côté , à environ vingt à trente pieds de l'échelle, pour préciser la direc- tion de sa partie supérieure ; 4" un tenon en bois , plaqué en laiton, qui vient s'emboîter dans l'extrémité inférieure des montans d'une pièce d'échelle ; 5° des crochets qui servent à recevoir des fourchettes pour soulever l'é- chelle au moment où on la monte , et pour lui servir ensuite d'appui , près de la base ; 6° des vis qui servent à la placer parfaitement d'aplomb : il faut encore plusieurs lanternes de verre , attachées à l'échelle, entièrement enve- loppées d'un quadrille de baguettes en gros fil de fer ; et cinq paires d'arcs-boutans , depuis vingt pouces jusqu'à cinq pieds, qui empêchent l'échelle de céder sous le poids et de s'affaisser contre la face. La compagnie pour l'échelle d'incendie se compose d'un capitaine , de trois officiers, d'un sergent, de trois caporaux et de vingt soldats. L'échelle une fois installée, le sous-officier le plus expérimenté monte le pre- mier. Lorsqu'il atteint une des lanternes , il la 144 détache, et la place de manière qu'elle soit en- Ire l'échelle et la face de la maison. 11 s'empare ensuite des plus longs arcs-boutans qu'on lui fait parvenir par une échelle d'hommes qui le suivent sur l'échelle, et il les fixe d'un éche- lon h la face ; il continue à monter , et place ÉCONOMIE DOMESTIQUE. ainsi successivement tous les arcs-boutans. L'échelle montée peut atteindre un sixième étage : elle a soixante pieds de développe- ment, et peut supporter ainsi autant d'hommes qu'il y a d'échelons . {Mémorial Encyclopédique .) lO. ECONOMIE DOMESTIQUE. BLANCHISSAGE : SAVOSS DIVERS. M. Shkridan fabrique en Angleterre une nouvelle espèce de savon dans la composition duquel il fait entrer le silex. Pour opérer , il calcine et réduit eu poudre, en les humectant pendant le broyage, des silex pyromatiques noirs ordinaires ; puis il mêle cette poudre avec de la soude ou de la potasse caustique , et il fait bouillir le mélange jusqu'à ce qu'il soit arrivé à une véritable saponification. Le mélange ainsi obtenu est ajouté à la pâte ordinaire du savon, lorsque celle-ci est prête à être mise en formes. — Ce savon ressemble beaucoup au savon de résine. Il se dissout dans l'eau, et sa solution mousse par l'agitation. Il laisse au fond des vases une poudre blanche , fine , qui s'attache fortement à leurs parois ; cette poudre insipide, insoluble dans tous les véhicules, est de la si- lice. — D'après une décomposition chimique, il entre dans ce savon 19 0^0 de silice; ce savon est d'un blanc jaunâtre. — En 1837, un autre Anglais a pris une patente pour un savon de toilette perfectionné et sans causticité. Il le préparait en ajoutant à du savon ordinaire 7 o;0 de marne fine et très-pure et 2 0;0 de potasse. — Une nouvelle espèce de savon l)lanc a été envoyée tout récemment de Mar- seille à un négociant de Rouen. Ce savon est destiné à remplacer [e savon en table, si em- ployé dans les ateliers de rouge des Indes. Il est en briques semblables à celles du savon marbré. Ce nouveau savon se dissout dans l'eau chaude à la manière du savon en table. Sa dissolution est très-alcaline et mousse peu par l'agitation , mais elle laisse déposer une poudre blanche et fine qui se dissout dans l'a- cide nitrile et offie tous les caractères de la chaux. — Il est composé, sur lOO parties, de Soude 4,1'» Matière grasse 38,08 Eau.' 64,00 Chaux 2, GO Sel marin et sulfates 1,20 99,94 le savon en table de Marseille étant générale- ment composé de : Soude 4,6 Matière grasse 60,2 Eau 45,0 100,0 on voit d'après cela que le savon chloruré ren- ferme 8,8 0/0 d'eau de plus, et 3,80 o;0 de substances ct.rangcres , en sorte que le sa- von blanc ordinaire présente 12, GO 0;0 do ma- tière utile de plus que ce nouveau savon. Ce dernier est donc inférieur .sous le double rap- port de la pureté et de l'économie. {Journal de Pharmacie.) l\. HYGIENE ET MEDECINE. DES ERREURS POPULAIRES RELATIVES A LA MÉDECIISE. Détruire une erreur, c'est rendre h la so- ciété un service aussi important que de démon- trer une vérité ; c'est d'après cette idée que , dans une publication comme le Journal des connaissances utiles , on doit s'attacher avec zèle cl assiduité h combattre les erreurs popu- laires relatives à la médecine , erreurs qui , par leur nombre et leur importance, ont fait et font chaque jour de nombreuses victimes. Plusieurs auteurs recommandables ont traité ce sujet avec talent ; mais trop souvent ils ont négligé les points les plus inléressans pour se livrer à des discussions qui présentaient plus d'agrément que d'utilité réelle. Quel avantage en effet revient au public lorsqu'on lui prouve. HYGIENE ET MEDECINE. par exemple , qu'il n'existe point d'hermaphro- dites, ou bien encore que le siège de l'amour physique n'est pas dans le cervelet? Personne assurément n'est mort de pareilles erreurs , et je ne m'occuperai pas à les attaquer ; mais si je parviens à démontrer les dangers qui ac- compagnent l'usage inconsidéré et abusif de certains médicamens , l'inutilité de quelques pratiques insignifiantes qui empêchent de re- courir aux moyens convenables ; si je puis éclai- rer les personnes du monde sur les pièges que leur tendent le charlatanisme et la cupidité , peut-être mon travail ne sera-t-11 pas sans quel- que utilité. Eùt-il été plus convenable de placer la réfu- tation de chaque erreur auprès du précepte rationel qu'on doit adopter? on pourrait le pen- ser. Mais peut-être anssi, présentées en de- hors et séparément, feront-elles plus d'impres- sion, parce qu'elles seront signalées d'une manière plus évidente. Je suis loin de les avoir rassemblées toutes ; un pareil projet serait inexé- cutable. Celles que j'ai pu recueillir sont celles qui ont un rapport direct avec les points les plus importans de la médecine pratique , ce sont les plus communes et les plus pernicieu- ses ; d'ailleurs , semblables aux têtes de l'hy- dre , elles paraissent renaître et se multiplier à mesure qu'on parvient à les abattre. Impatiens et crédules , les malades et ceux qui les entourent embrassent avidement et sans examiner tout ce qui leur promet la santé. Doit-on s'étonner, après cela , que les erreurs aient pullulé de toutes parts en médecine; et n'est-il pas permis de croire qu'elles sont sou- vent venues des médecins eux-mêmes ? Telle est du moins l'opinion d'un praticien très-estimable, Pujol (de Castres), qui après avoir parlé de l'étrange abus qu'on faisait des vésicatoires , ajoute : « Voilà les suites funestes des erreurs » des médecins ; elles deviennent populaires, et » par là elles acquièrent un empire qu'il est » ensuite bien cl|lflcile ou même impossible de » détruire. » Des théories médicales surannées et vicieuse- ment alliées entre elles , des rapports mal saisis entre des causes et des effets , des observations peut-être exactes en elles-mêmes, mais mal interprétées, telles sont les principales sources d'où découlent les erreurs populaires en méde- cine. Les exemples ne manqueraient pas pour étayer cette proposition. Ainsi lorsque parut M. Broussais, les idées dominantes étaient celles de Vhumorisme -. les maladies dépendaient alors soit d'humeurs nuisibles qu'il fallait éva- cuer , soit d'une faiblesse à laquelle on devait re- médier par des toniques et des excitans. M. Broussais prétendit, lui, que l'irritation causait tous les maux , et qu'il fallait affaiblir et affai- blir encore. Fidèle alors aux anciennes doctri- 145 nés, le public ne voulait pas de la saignée, de la diète , et aujourd'hui ce même public veut à toute force qu'on lui mette des sangsues et qu'on lui fasse boire de 1 eau de gomme, main- tenant que les médecins ont abandonné au moins les exagérations de M. Broussais. Citons un autre exemple relatif à la variole. On avait remarqué depuis longtemps que la maladie était en général moins grave quand l'éruption se faisait avec facilité , et que la condition la plus favorable à son développement était un certain degré de moiteur de la peau. Jusque là rien que de rationnel ; mais pour produire cette moiteur, on a eu recours à des sudoriûques appelés chauds , c'est-à-dire à des toaiques , à des excitans de toute espèce ; de là les accidens in- flammatoires graves et trop souvent funestes. On ne saurait donner trop de soins à dissiper les erreurs populaires ; elles produisent des maux incalculables et dont les médecins peuvent seuls se faire une juste idée. Une erreur, on ne peut trop le redire , n'est jamais indifférente , parce que si elle n'est pas directement nuisi- ble , elle l'est dans ses conséquences en empê- chant de faire ce qui est convenable. Ainsi, bien qu'un amulette, comme un sachet de camphre ou quelques gousses d'ail , au moyen desquels quelques personnes supposent qu'elles échap- peront aux maladies contagieuses , soient par eux-mêmes insignifians et absolument incapa- bles de nuire , il est facile de concevoir qu'en inspirant une perfide sécurité , ils ouvrent une libre carrière à la contagion. Les personnes sensées sont toutes persuadées des inconvéniens des erreurs en médecine , il serait superflu d'insister sur ces généralités ; il suffira de les leur signaler avec détail pour qu'el- les les abandonnent , et pour qu'elles réunissent leurs efforts afin de les déraciner entièrement ou plutôt afin de les poursuivre sans relâche à mesure qu'elles se renouvellent. Il est difficile d'imaginer à quelles bizarres di- vagations on s'est livré , quelles opinions absur- des et ridicules on s'est formé dans le monde sur des objets qui intéressent la santé ; on pourra cependant se convaincre qu'il n'y a rien d'exagéré dans le tableau que je présente, et que je suis presque toujours resté au-dessus de la vérité, ( Sera continué. ) F. RATIER , Directeur de l'École préparatoire de Médecine de Paris. EMPLOI DE LA FEUILLE DE LA SAXIFRAGE POUR PANSER LES VESICATOIRES. Les feuilles de bette, ou poirée, Beta vulga- ris, sont généralement employées dans le pan- sement des vésicatoires ; cependant cette M6 MORALE, MÉTHODES d'ENSEIGNEMENT , LÉGISLATION. plante n'offre rien d'agréable ; ses fenilles sont susceptibles de se geler au moindre froid , et mises sur le vésiratoire, elles se pulréfienl avec une extrême facilité. — M. le docteur Rous- seau a trouvé dans l'emploi des feuilles de la saxifrage de Sibérie , saxifraga crassifolia, une substance végétale qui est exempte de ces mconvéniens. — Ces feuilles persistantes , épaisses, lisses d'un côté, grandes, ovales et toujours vertes , se trouvent toute l'année et ne sont pas susceptibles d'être gelées dans les hivers même les plus rigoureux. — Elles con- tiennent un liquide aqueux , doux, maintenu à l'intérieur par des mailles et à l'extérieur par un parenchyme très-solide ; mises dans l'eau , elles peuvent être conservées plus de trois se- maines; appliquées sur les exutoircs après avoir été recouvertes à leur face la plus lisse d'une pommade épispatiquc , elles facilitent l'exsudation sans irritation ni odeur. V. MORALE, MÉTHODES D'ENSEIGNEMENT, LÉGISLATION. ORGANISATION ET ADMINISTRATION MUNICIPALES. Cinquième article.— Mai (i). LOI SUR l'administration COMMUNALE TITRE III. Des dépenses et recettes , et des budgets des communes. ART. 30. Les dépenses des communes sont obligatoires ou facultatives. Sont obligatoires les dépenses suivantes = 1" L'entretien, s'il y a lieu, de l'Hôtel-de- Ville ou du local affecté à la mairie ; 2° Les frais de bureau et d'impression pour le service de la commune ; 3° L'abonnement au Bulletin des lois ; 4° Les frais de recensement de la popula- tion ; 50 Les frais de registre de l'Etat civil , et la portion des tables décennales à la charge des communes ; 6° Le traitement du receveur municipal , du préposé en chef de l'octroi , et les frais de per- ception ; 7° Le traitement des gardes des bois de la commune et des gardes champêtres. 8° Le traitement et les frais de bureau des commissaires de police, tels qu'ils sont déter- minés par les lois ; 9° Les pensions des employés municipaux et des commissaires de police , régulièrement li- quidées et approuvées ; 10° Les frais de loyer et de réparation du local de la justice de paix , ainsi que ceux d'a- chat et d'entretien de son mobilier, dans les communes chefs-lieux de canton ; 11° Les dépenses de la garde nationale, tel- les qu'elles sont déterminées par les lois ; (1) Erratum. — Dans le numéro du mois d'avril, page 122, au lieu de .- troisième article, — mars, lisez : quatrième article, — avril. 12° Les dépenses relatives à Tinstructioa publique , conformément aux lois ; 13=» L'indemnité de logement aux curés et desservans , et autres ministres des cultes sa- lariés par l'Etat, lorsqu'il n'existe pas de bâli- timent affecté à leur logement ; 1 4° Les secours aux fabriques des églises et autres administrations préposées aux cultes dont les ministres sont salariés par l'Etat, en cas d'insuffisance de leurs revenus, justifiés par leurs comptes et budgets ; 15° Le contingent assigné h la commune, conformément aux lois , dans la dépense des enfans trouvés et abandonnés ; 16° Les grosses réparations aux édifices communaux , sauf l'exécution des lois spéciales concernant les bàtimens militaires et les édifices consacrés au culte ; 17° La clôture des cimetières, leur entre- tien et leur translation dans les cas déterminés par les lois et règlemens d'administration pu- blique ; 1 8° Les frais des plans d'alignement ; 19° Les frais et dépenses des conseils des prud'hommes , pour les communes où ils siè- gent ; les menus frais des chambres consultati- ves des arts et manufactures, pour les communes où elles existent ; 20° Les contributions et prélèvemens établis par les lois sur les biens et revenus commu- naux; 21° L'acquittement des dettes exigibles, Et généralement toutes les autres dépenses mises à la charge des communes par une dis- position des lois ; Toutes dépenses autres que les précédentes sont facultatives. ART. 31. Les recettes des communes sont ordinaires ou extraordinaires. Les recettes ordinaires des communes se composent : 1° Des revenus de tous les biens dont les ha- bitans n'ont pas la jouissance en nature ; 2° Des cotisations imposées annuellement MORALE, METHODES D'ENSEIGNEMENT , LÉGISLATION. U7 sur les ayant-droit aux fruits qui se perçoivent en nature ; 3" Du produit des centimes ordinaires afTec- tés aux communes par les lois de finances ; 4° Du produit de la portion accordée aux communes dans l'impôt des patentes ; 5° Du produit des octrois municipaux ; 6° Du produit des droits de place perçus dans les halles, foires, marchés, abattoirs, d'a- près les tarifs dûment autorisés; 7°. Du p.oduit des permis de stationnement et des locations sur la voie publique, sur les ports et rivières et autres lieux publics ; 8° Du produit des péages communaux , des droits de pesage , mesurage et jaugeage , des droits de voirie et autres droits légalement éta- blis; 9° Du prix des concessions dans les cime- tières ; 10° Du produit des concessions d'eau, de l'enlèvement des boues et immondices de la voie publique , et autres concessions autorisées pour les services communaux ; 11° Du produit des expéditions des actes administratifs et des actes de l'état civil ; 12° De la portion que les lois accordent aux communes dans le produit des amendes pro- noncées par les tribunaux de simple police , par ceux de police correctionnelle et par les conseils de discipline de la garde nationale , Et généralement du produit de toutes les taxes de ville et de police dont la perception est autorisée par la loi. ART. 32. Les recettes extraordinaires se com- posent : 1° Des contributions extraordinau'es dûment autorisées ; 2° Du prix des biens aliénés ; 3" Des dons et legs ; 4^ Du remboursement des capitaux exigibles et des rentes rachetées ; 5" Du produit des c-oupes extraordinaires de bois ; 6° Du produit des emprunts, Et de toutes autres recettes accidentelles. ART. 33. Le budget de chaque commune, proposé par le maire et voté par le conseil municipal , est définitivement réglé par arrêté de préfet. Toutefois le budget des villes dont le revenu est de cent mille francs, ou plus , est réglé par une ordonnance du roi. Le revenu d'une commune est réputé attein- dre cent mille francs, lorsque les recettes ordi- naires , constatées dans les comptes , se sont élevées à cette somme pendant les trois derniè- res années. Il n'est réputé être descendu au-dessous de cent mille francs que lorsque, pendant les trois dernières années, les recettes ordinaires sont restées inférieures à cette somme. ART. 34. Les crédits qui pourraient être re- connus nécessaires après le règlement du bud- get sont délibérés conformément aux articles précédens , et autorisés par le préfet , dans les communes dont il est appelé à régler le budget, et par le ministre, dans les autres communes. Toutefois, dans ces dernières communes, les crédits supplémentaires pour dépenses urgentes pourront être approuvées par le pré- fet. ART. 35. Dans le cas où , par une cause quelconque , le budget d'une commune n'au- rait pas été approuvé avant le commencement de l'exercice , les recettes et dépenses ordinai- res continueront , jusqu'à l'approbation de ce budget, à être faites conformément à celui de l'année précédente. ART. 3G. Les dépenses proposées au budget d'une commune peuvent être rejetées ou rédui- tes par l'ordonnance du roi , ou par l'arrêté du préfet qui règle ce budget. ART. :i7. Les conseils municipaux peuvent porter au budget un crédit pour dépenses im- prévues. La somme inscrite pour ce crédit ne pourra être réduite ou rejelée qu'autant que les reve- nus ordinaires, après avoir satisfait à toutes les dépenses obligatoires, ne permettraient pas d'y faire face, ou qu'elle excéderait le dixième des recettes ordinaires. Le crédit pour dépenses imprévues sera em- ployé par le maire, avec l'approbation du préfet et du sous-préfet. Dans les communes autres que les chefs- lieux de département ou d'arrondissement , le maire pourra employer le montant de ce crédit aux dépenses urgentes, sans approbation préa- lable, à la charge d'en informer immédiatement le sous-préfet, et d'en rendre compte au con- seil municipal dans la première session ordi- naire qui suivra la dépense efiectuée. ART. 38. Les dépenses proposées au budget ne peuvent être augmentées , et il ne peut y en être introduit de nouvelles par l'arrêté du préfet ou l'ordonnance du roi qu'autant qu'el- les sont obligatoires. ART. 39. Si un conseil municipal n'allouait pas les fonds exigés pour une dépense obliga- toire, où n'allouait qu'une somme insuffisante, l'allocation nécessaire serait inscrite au budget par ordonnance dti roi, pour les communes dont le revenu est de cent mille francs et au- dessus, et par arrêté du préfet , en conseil de préfecture, pour celles dont le revenu est infé- rieur. Dans tous les cas, le conseil municipal sera préalablement appelé à en délibérer. U8 MORALE, MÉTHODES D'ENSEIGNEMENT, LÉGISLATION. S'il s'agit d'une dépense annuelle et variable, elle sera inscrite pour sa quotité moyenne pen- dant les trois dernières années. S'il s'agit d'une dépense annuelle et fixe de sa nature, ou d'une dépense extraordinaire, elle sera inscrite pour sa quotité réelle. Si les ressources de la commune sont insuf- fisantes pour subvenir aux dépenses obligatoi- res inscrites d'office en vertu du présent article , il y sera pourvu parle conseil municipal, ou, en cas de refus de sa part , au moyen d'une contribution extraordinaire établie par une or- donnance du roi , dans les limites du maxi- mum qui sera fixé annuellement par la loi de finances, et par une loi spéciale si'la contribu- tion doit excéder ce maximum. ART. 40. Les délibérati'ons du conseil muni- cipal concernant une contribution extraordi- naire destinée a subvenir aux dépenses obliga- toires ne seront exécutoires qu'en vertu d'un arrêté du préfet , s'il s'agit d'une commune ayant moins de cent mille francs de revenu, et d'une ordonnance du roi s'il s'agit d'une com- mune ayant un revenu supérieur. Dans le cas où la contribution extraordinaire aurait pour but de subvenir à d'autres dépen- ses que les dépenses obligatoires, elle ne pourra Être autorisée que par oi donnance du roi , s'il s'agit d'une commune ayant moins de cent raille francs de revenu, et par une loi s'il s'agit d'une commune ayant un revenu supérieur. ART. 41 . Aucun emprunt ne pourra être au- torisé que par ordonnance du roi, rendue dans les formes des règlemens d'administration pu- blique , pour les communes ayant moins de cent mille francs de revenu , et par une loi s'il s'agit d'une commune ayant un revenu su- périeur. Néanmoins , en cas d'urgence , et dans l'in- tervalle des sessions, une ordonnance du roi , rendue dans la forme des règlemens d'adminis- tration publique, pourra autoriser les commu- nes dont le revenu est de cent mille francs et au-dessus à contiacter un emprunt jusqu'à concurrence du quart de leurs revenus. ART. 42. Dans les communes dont les reve- nus sont inférieurs h cent mille francs, toutes les fois qu'il s'agira de contributions extraor- dinaires ou d'emprunts , les plus imposés au rôle de la commune seront appelés à délibérer avec le conseil municipal, en nombre égal à ce- lui des membres en exercice. Ces plus imposés seront convoqués indivi- duellement par le maire , au moins dix jours avant celui de la réunion. Lorsque les plus imposés appelés seront absens , ils seront remplaces en nombre égal par les plus imposés portés après eux sur le rôle. ART. 43. Les tarifs des droits de voirie sont réglés par ordonnance du roi rendue dans la forme des règlemens d'administration publique. ART. 44. Les taxes particulières dues par les habitans ou propriétaires:, en vertu des lois et des usages locaux, sont réparties par délibé- ration du conseil municipal , approuvée par le préfet. Ces taxes sont perçues suivant les formes établies pour le recouvrement des contributions publiques. ART. 45. Aucune construction nouvelle, ou reconstruction , entière ou partielle , ne pourra être autorisée que sur la production des projets et devis. Ces projets et devis seront soumis à l'ap- probation préalable du ministre compétent quand la dépense excédera trente mille francs, et à celle du préfet quand elle sera moindre. {La suite au prochain numéro.) TRAVAUX DES MAIRES POUR LE MOIS DE MAI , A JOURS FIXES ET A EPO- QUES INDÉTERMINÉES. SUITE DE l'iNDICATION DES TRAVAUX A.NNUELS SANS EPOQUES FIXES. Boulangers. — Envoi au sous-préfet de l'état récapitulatif de l'approvisionnement de chaque boulanger. (15 mai.) Conseil municipal. — Session de mai. — Deuxième session ordinaire de l'année. — (Du i'=''au 10 mai ou le jour fixé par le préfet.) La première opération est l'élection du secré- taire du conseil dont les fonctions durent d'une session ordma/rc à l'autre. Le dernier secrétaire peut toujours être ré- élu. Dans celte session , on débat et reçoit le compte d' fon- der cette utile institution. Avant l'ouverture de la session , le maire a eu l'attention de recueillir dans une note prépa- rée avec soin le détail de tous les objets qui sont susceptibles d'être rais en délibération sous le rapport des intérêts communaux. Tout ce qui est relatif au budget est classé , article par article , dans des chemises étiquetées avec ordre et dont le numéro correspond à celui des articles du budget. Avec ces précau- tions, \\n maire rend la tâche de l'administra- tioii supérieure beaucoup plus facile. Ecole primaire. — Le maire remet à l'msli- tuteur communal , afin que celui-ci le certifie , le rôle de la contribution mensuelle à percevoir des parens des élèves. (17 mai.) Engagemens voLojiTAiREs. — Lc maire envoie l'état des engagemens volontanes reçus pendant le mois. (3i mai.) LÉGALISATION. — Lc maifc légalise la signa- ture des citoyens. Si la personne qui se présente pour réclamer la légalisation lui est inconnue , il exige la pré- sence de deux témoins domiciliés qui attes- tent bien connaître le réclamant , et le maire mentionne le cas dans la légalisation en dési- gnant les témoins. Le maire peut même légaliser une signature donnée en blanc-seing , mais dans ce cas il dit : Fu par nous , maire de pour léga- lisation de la signature de M. (ProfeS' sion ou qualité et demeure), apposée devant nous, en blang-seing, à ce Il est bien important qu'un maire voie écrire devant Lui la signature qu'il doit légaliser ; le fait suivant en est une preuve. Deux personnes , le mari et la femme, se pré- sentent devant un maire pour obtenir une léga- lisation (celle de la signature du mari); le maire l'accorde sans avoir vu faire la signature. Quel- que temps après , le mari vient à décéder ; la femme conteste la vérité de la signature du mari, encore bien qu'elle ait été présente à la légali- sation; la justice informe sur le fait, elle nom- me des experts-vérificateurs , la signature est reconnue fausse ; le maire est pris à partie et condamné à six mille francs de dommages- intérêts envers les plaignans lésés. Ce fait, qui ne remonte guère qu'à sept ou huit ans , a été rapporté par tous les journaux de l'époque. LoGEMENs MILITAIRES. — Tout habitant est ■ assujetti au logement militaire. Le maire fait les règlemens nécessaires pour que cette charge commune soit répartie avec toute l'équité possible et que .nul ne puisse s'y 150 MORALE, MÉTHODES d'ENSEIGNEMENT , LEGISLATION. soustraire. Les vrais indigens seuls ont droit à l'exemption absolue lorsque leur position a été constatée par l'administration. Les contraventions aux règlemens sur les lo- gemens militaires sont constatées par des pro- cès-verbaux et poursuivies par voie de simple police (1). Le maire peut, dans son règlement , ordon- ner que les militaires envoyés chez un habitant qui, sans motif accueilli par l'autorité, se refuse- rait à les recevoir, seront logés do//ice, aux frais dudit habitant , dans une aubcKge. Pour arriver à une juste répartition des loge- mens militaires , un rôle ou contrôle général est dressé par feu ou ménage. Ce rôle contient tou- tes les indications propres à faire connaître, en toute occasion , la position de l'habitant, soit sous le rapport du plus ou moins d'aisance , soit sous celui du changement de résidence. Toutes les mutations qui surviennent dans l'année sont exactement notées sur le rôle. Le rôle , une fois dressé et arrêté pour l'an- née courante , on peut , par mesure d'ordre, en- voyer à chaque habitant assujetti au logement Un avertissement qui lui fasse connaître le nom- bre de militaires qu'il devra recevoir à son tour de rôle , afin que s'.il se trouve dans le cas de réclamation , il puisse la présenter d'avance et n'attende pas à cet effet le moment toujours inopportun de l'arrivée de la troupe. Une commission choisie dans le conseil mu- nicipal, et à laquelle seraient adjoints un ou plusieurs citoyens notables de chaque rue, pour- rait être chargée de procéder à l'examen des ré- clamations et de donner son avis sur l'admis- sion ou le rejet de la demande. Les répartiteurs et le contrôleur des contributions pourraient être au besoin utilement consultés. Quoique ces moyens ne soient ni prescrits ni même indiqués par la loi , rien ne s'oppose à ce qu'ils soient mis en pratique parce qu'ils con- courent à sa plus parfaite exécution. Il est indispensable que le dernier billet de logement délivre soit joint à l'appui de chaque réclamation. Dans l'Jlbum municipal, M. Miroir con- seille la mesure ci-après indiquée comme l'une des plus propres à assurer une juste réparti- tion des logemens militaires et à donner à l'administration la certitude que, quels que soient les niomens de presse , un habitant ne logera jamais deux fois de suite avant son tour. Cette mesure sera admise sans doute avec d'au- tant plus d'empressement qu'elle concilie les principes d'une stricte équité avec les égards que l'autorité s'empresse toujours d'avoir pour les habitans selon la position respective de chacun d'eux. (i) Voir les peines de simple police , no» de janvier et tëyrier 1838. Le maire fait établir un casier divisé en au- tant de compartimens qu'il y a de rues , pla- ces, quais, impasses, etc., dans la ville. Chaque case porte un numéro d'ordre et est étiquetée à sa partie supérieure du nom de la rue, de la place, etc., que l'on a soin de classer par quartier. Le numéro de la case est répété sur le billet de logement ; car chacun sait que rien n'est plus commode que le classement par numéros. Les billets ayant été préparés d'avance , de manière à ce qu'il n'y ait plus à y mettre que la date et la signature, on en forme des paquets par rue , on chiffre chaque paquet du nombre de billet qu'il peut contenir et on le place dans la case à laquelle il appartient. On conçoit qu'en épuisant successivement toutes les cases , il est difficile qu'il puisse y avoir double emploi pour le même habitant. L'arrivée d'un corps ou d'un détachement est-elle annoncée , on retire les billets d'autant de cases qu'il est nécessaire , en observant tou- jours l'ordre successif, opération que rend on ne peut plus facile l'inscription sur chaque pa- quet du nombre de billets dont il se compose , et après avoir daté et signé ces billets, on les remet aux sous-officiers chargés de leur distri- bution. Succède bientôt , selon l'usage, la foule de ré- clamations, soit pour cause d'absence (i), de maladie ou de changement de logement, soit pour tout autre motif que dans ces momens de presse il est difficile de pouvoir apprécier. L'employé chargé de cette partie du service, prend , sans objection ni discussion , les billets rapportés, les échange contre ceux qui font suite, après avoir noté au dos , d'après le dire des réclamans : Absent, malade, a changé de logement, demeure actuellement etc. Il replace provisoirement ces billets dans leur case respective , où ils restent jusqu'à ce qu'il ait été possible d'examiner à l'aise la validité des motif allégués parles réclamans. L'inter- valle d'un passage de troupes à l'autre laisse à cet égard toute la latitude convenable. S'il résulte de l'examen des réclamations, que les réclamans aient cherché à en imposera l'administration, il est dressé procès-verbal contre eux ; mais s'ils ont dit la vérité, les bil- lets qui n'ont pu recevoir leur application sont, pour ne pas échapper à la plus prochaine dis- tribution, immédiatement replacés dans une case spéciale , la dernière du casier , laquelle doit toujours être vidée la première. Au reste, ajoute M. Miroir dans son utile manuel, qui devrait trouver place dans tou- (1) L'habilanl qui s'absente peut être contraint par le règlement à désigner une auberge pour y placer les militaires qui lui sont destinés; en cas de refus de sa part, l'administration les fait loger d'offlce à ses frais. .MORALE, MÉTHODES D'ENSEIGNEMENT- LÉGISLATION. 151 les les bibliothèques conimunales , si l'idée présentée dans cet article ne convient pas gé- néralement, elle peut au moins en suggérer d'autres d'une utilité éqHivalenle. Mercuriales de la quinzaine. — En dres- ser et en envoyer le tableau. ( 15 et 31 mai. ) Voir ce mot à l'indication des travaux du mois de janvier. ENREGISTREMENT. •i Deuxième et dernier article) (i). DROITS PROPORTIONNELS, ( 20 centimes par 100 francs.) Baux d'industrie , à ferme ou à loyer des biens meubles ou immeubles; de pâturage et nourriture d'animaux ; à cheptel ou reconnais- sance de bestiaux ; convention pour nourriture de personne , lorsque la durée est limitée, sur le prix cumulé de toutes les années. (25 centimes par loo francs.; Donations entre-vifs de biens meubles fai- tes par les père, mère et autres ascendans, lorsqu'elles contiendront partage entre leurs enfans et descendans. — Lettres de change tirées de place en place. — Mutations par dé- cès en propriété ou usufruit de bienâ meubles en ligne directe. (50 centimes par 100 francs.) Abandon pour fait d'assurance ou grosse aventure en temps de guerre. — Atermoie- mens entre débiteurs et créanciers. Le droit est perçu sur les sommes que le débiteur s'en- gage à payer. — Billets à ordre, cessions d'ac- tions mobilières des compagnies et sociétés d'actionnaires, et tous autres effets négociables, de particuliers ou de compagnies , à l'excep- tion des lettres de change tirées de place en place. — Brevets d'apprentissage , lorsqu'ils contiendront stipulations de sommes ou valeurs mobilières payées ou non. — Cautionnemens de sommes et objets mobiliers (autres que ceux relatifs aux baux), les garanties mobilières et les indemnités de même nature. — Il ne sera perçu qu'un demi-droit pour les cautionne- mens des comptables envers le gouvernement. — Cautionnemens de se représenter ou de représenter un tiers, en cas de mise en liberté provisoire , soit en vertu d'un sauf-conduit dans les cas prévus par le Code de procédure et par le Code de commerce , soit en matière civile, soit en matière correctionnelle ou cri- (0 Voir le numéro de février. minclle. — Jugemcns contradictoires ou par défaut des juges de paix, des tribunaux civils, de conmierce et d'arbitrage , de la police or- dinaire, de la police correctionnelle et des cours d'assises , portant condamnation , collocation ou liquidation de sommes et valeurs mobiliè- res, intérêts et dépens entre particuliers, ex- cepté les dommages-intérêts. — Obligations à la grosse aventure ou pour retour de voyage. — Quittances et rachats de rentes et rede- vances de toute nature ; les retraits exercés en vertu de réméré par acte public, dans les dé- lais stipulés ou faits sous signature privée , et représentés à l'enregistrement avant l'expira- tion de ces délais, et tous autres actes et écrits portant libération de sommes et valeurs. — Fentes publiques de marchandises qui , con- formément au décret du 17 avril 1812, sont faites à la Bourse et aux enchères, par les cour- tiers de commerce , d'après l'autorisation du tribunal de commerce. (Un franc par 100 francs.) Abandonnemens pour fait d'assurance ou grosse aventure ; actes et contrats d'assurance lorsqu'il en est fait usage en justice. Le droit est perçu sur la valeur des objets abandonnés et sur la valeur de la prime. — Adjudications ' au rabais, et marchés pour constructions, ré- parations et entretien , et tous autres objets mobiliers susceptibles d'estimation , faits entre particuliers, qui ne contiennent ni vente ni pro- messe de livrer des marchandises, denrées ou autres objets mobiliers. — Adjudications an rabais, et marchés pour constructions, répara- tions, entretien , approvisionnemens et fourni- tures, dont le prix doit être payé par des ad- ministrations locales ou par des élablissemens publics , et non par le trésor directement ou indirectement. — Contrats, transactions, pro- messes de payer, arrêtés de comptes, billets , mandats ; les transports , cessions et déléga^ tions de créances à terme , les délégations de prix stipulés dans un contrat pour acquitter les créances à terme envers un tiers, sans énon- ciation de titre enregistré, sauf, pour ce cas, la restitution dans le délai prescrit, s'il est jus- tifié d'un titre précédemment enregistré ; les reconnaissances , celles de dépôts de sommes chez des particuliers, et tous autres actes ou écrits qui contiendront obligations de sommes sans libéralité et sans que l'obligation soit le prix d'une transmission de meubles ou immeu- bles non enregistrée.— Z?epô/s de sommes chez les particuliers. — Donations entre-vifs de biens immeubles faites par les père , mère et autres ascendans, lorsqu'elles contiendront par- tage entre leurs enfans et descendans. — Echann ges de biens immeubles , quelle que soit leur 152 MORALE, MÉTHODES D'eNSEIGNEMENT , LÉGISLATION. nature , faits entre toutes personnes , et lors- qu'un des immeubles échangés n'est point con- ligu aux propriétés de l'un des échangistes , sur la valeur d'une des parts seulement, et sans soulte. Le droit d'un et demi pour cent pour transcription n'est perçu que sur l'une des parts, en outre. — Mutations de biens immeubles , en propriété ou en usufruit , qui ont lieu par décès en ligne directe. ( I franc 25 centimes par 100 francs.) Démissions de biens meubles en ligne di- recte, autres que celles ci-devant désignées. Donations entre-vifs en propriété ou usu- fruit, de biens meubles en ligne directe. Il n'est dû que moitié droit si elles sont fai- tes par contrat de mariage aux futurs. ( 1 fr. 50 cent, par lOO fr.) Donations enire-vifs et mutçitions qui s'o- pèrent entre époux, par décès, soit par succes- sion, soit par testament ou autres actes de li- béralilé à cause de mort , en propriété ou usu- fruit de biens meubles. Il n'est dû que moitié droit si les donations entre-vifs sont faites par contrat de mariage. (2 fr. par 100 fr.) Adjudications, ventes , reventes, cessions , rétrocessions, marchés , traités et tous autres actes, soit civils, soit judiciaires, translatifs de propriété à titre onéreux, de meubles, recolles de l'année, sur pied , coupes de bois taillis et de haute futaie , et autres objets mobiliers gé- néralement quelconques , même les ventes de biens de cette nature, faites par le domaine. — yldjudications à folle enchère de biens meu- bles, mais seulement sur ce qui excède le prix de la précédente adjudication , si le prix en a été acquitté. — Cessions de rentes. (Le droit est augmenté d'un demi pour cent, pour trans- cription , lorsque le titre du cédant remonte avant le il brumaire an 7.) — Constitutions de rentes, soit perpétuelles, soit viagères, et de pensions, à litre onéreux ; les cessions, trans- ports et délégations qui en sont faites au mê- me titre , et les baux de biens meubles faits pour un temps illimité. — Dommages-inté- rêts ea matière civile. — Donations entre-vifs de biens meubles par contrat de mariage, entre frères et sœurs , oncles et tantes , neveux et nièces. — Elections ou déclarations de com- mand ou d'ami, sur adjudications ou contrats de vente de biens meubles, lorsque l'élection est ► faite après les vingt-quatre heures, ou sans que la faculté d'élire un command ait été réservée dans l'adjudication ou le contrat de vente. — Engagemens de biens immeubles. — Ports et I portions acquises par licitation de biens meu- bles indivis. — Soultes, retour de partage de biens meubles. — fientes de biens immeubles, consenties au nom de l'état par les préfets, sous-préfets et autres agcns de l'aulorité pu- blique. (2 fr. 50 cent, par lOO fr.) Donations entre-vifs par contrat de maria- ge, en propriété ou usufruit, de biens meubles, entre grands-oncles, grand'tantes, petits-ne- veux et petites-nièces et cousins germains. — Donations et démissions entre-vifs, en pro- priété ou usufruit de biens immeubles, en ligne directe. Il n'est perçu que moitié droit si les donations sont faites par contrat de mariage aux futurs. Le droit est augmenté de i franc 50 cen- times pour tenir lieu du droit proportionnel de transcription , pour les donations enire- vifs. (3fr. par 100 fr. / Donations enfre-w'/s et mutations qui s'ef- fectuent par décès, soit par succession , soit par testament ou autres actes de libéralité à cause de mort , de propriété ou d'usufruit de biens immeubles entre époux. Dans le cas de donations entre-vifs , le droit est augmenté d'un franc cinquante centimes par cent francs, pour tenir lieu de droit de transcription. Donations entre-vifs de biens meubles et mutations par décès, entre frères et sœurs, on- cles et tantes, neveux et nièces. — Donations entre-vifs, par contrat de mariage, de biens meubles entre parens au-delà du quatrième de- gré et jusqu'au douzième. (4fr. par 100 fr.) Actes portant vente d'immeubles , et dont la date certaine est antérieure au 28 avril 1816. — Donations entre-vifs et mutations par dé- cès de biens meubles , entre grands-oncles et grand'tantes , petits-neveux , petites-nièces et cousins germains. — Donations entre-vifs , par contrat de mariage, de biens meubles, en- tre pei"sonnes non parentes. — Donations en- tre-vifs en ligne directe, hors contrat de ma- riage , de biens immeubles , lorsque l'acte ne contient pas partage. — Par/5 et portions in- divises de biens immeubles, acquises par lici- tations. — Soultes et retours de partage de biens meubles. (4 fr. 50 cent, par 100 fr.) Donations entre-vifs de biens immeubles , • MORALE, METHODES D'ENSEIGNEMENT, LÉGISLATION. par contrat de mariage, entre frères et sœurs , oncles et tantes, neveux et nièces, de biens im- meubles, hors contrat de mariage, entre époux. (5 fr. par 100 fr.) Donations entre-vifs de biens immeubles , en propriété ou usufruit , par grands-oncles , grand'tantes , petits-neveux , petites-nièces et cousins germains, par contrat de mariage aux futurs. — Donations entre-vifs et mutations par décès de biens meubles, entre parens , au- delà du quatrième degré et jusqu'au douzième. Indépendamment du droit principal , il sera perçu un franc cinquante centimes par cent francs, en sus, pour droit de trans- cription. (5 fr. 50 cent, par lOO fr.) Adjudications, ventes, reventes, cessions , rétrocessions et tous autres actes civils et ju- diciaires, translatifs de propriété ou d'usufruit, de biens immeubles, à titre onéreux. — Adjur dications à folle enchère de biens de même na- ture, mais seulement sur ce qui excède le prix de la précédente adjudication , si le droit en a été acquitté. — Baux à rentes perpétuelles de biens immeubles, ceux à vie et ceux dont la durée est illimitée. — Donations entre-vifs , par contrat de mariage, entre parens du cin- quième au douzième degré (immeubles). — Déclarations ou élection de command ou d'ami, par suite d'adjudication ou contrat de vente, de biens immeubles, autre que celles des domaines nationaux, si la déclaration est faite dans les vingt-quatre heures ou trois jours (suivant le cas) de l'adjudication ou du contrat, et lorsque la faculté d'élire un command n'y a pas été réservée. — Retour d'échanges de biens immeubles. — Retraits exercés après l'expira- ration du délai convenu par les contrats de vente, sous la faculté de réméré. — Soultes d'é- changes de biens immeubles. (6 fr. par.iOOfr.) Donations entre-vifs , par contrat de ma- riage , de biens immeubles , entre personnes non parentes. — Donations entre-vifs et mu- tations par décès de biens immeubles entre personnes non parentes. (6 fr. 50 cent, par 100 fr.) Donations entre-vifs et mutations par dé- cès de biens immeubles, entre frères et sœurs, oncles et tantes, neveux et nièces. (7 fr. par 100 fr.) Donations entre-vifs et mutations qui s'ef- 153 fectuent soit par succession, soit par testament ou autre acte de libéralité à cause de mort , de propriété ou d'usufruit , de biens immeubles , entre grands-oncles , petits-neveux et cousins germains. Lorsque les donations entre-vifs sont faites par contrat de mariage aux futurs , il n'est perçu que 5 pour 100 , compris le droit de transcription. Indépendamment du droit principal sur tou- tes les donations entre vifs et immobilières , il est perçu un droit de l franc 60 centimes pour 100, et la transcription ne donne plus droit à aucun droit proportionnel. (8fr. par 100 fr.) Donation entre-vifs et mutations, etc., en- tre parens du cinquième au douzième degré (immeubles). (9 fr. par loofr.) Donations entre-vifs et mutations , etc. , entre personnes non parentes (immeubles). (10 fr. par 100 fr.) Du cautionnement .- Ordonnances portant nomination des avocats à la cour de cassation, notaires, avoués, greffiers, huissiers, agens de change, courtiers et commissaires-priseurs. OBSERVATION. Plusieurs abonnés ont paru surpris que dans le premier article que nous avons publié sur l'enregistrement, et qui contenait les DROITS FIXES, il ait été fait mention des droits qui frappaient les actes de divorce et les actes de l'état ci- vil prononçant un divorce. Bien que le divorce soit aboli depuis long- temps , il n'a été apporte' aucune modification dans le texte de la loi qui a fixé les droits d'en- registrement ; nous avons donc cru devoir rap- porter cette loi dans son entier et telle qu'elle se trouve dans sa dernière édition (1835) du Manuel du stirnuméraire de l'enregistre- ment et des domaines, par M. Flour de St- Denis, vérificateur des domaines. Nous n'a- vons pas voulu retrancher de la loi sur l'en- registrement les articles relatifs aux actes de divorce, quoique les dispositions de ces arti- cles soient aujourd'hui sans objet. FONDATIONS UTILES CAISSE DES ince:seigseme>t. Questions d'économie sociale et de morafe pu- blique; caisses d'épargnes; caisses de secours mutuels ; banques de prévoyance ; salles d'asile; extinction de la mendicité. — Knfans trouvés. Aliénés. — Maisons de correction. Législation et jurisprudence dans leurs rapports avec le citoyen contribuable, garde national, juré, soldat, maire, administrateur et adminis- tré. — Questions sur les lois de la garde natio- nale, du jury, de recrutement, etc. — Questions sur le budget : impôts; contributions foncière, personnelle-mobilière, des portes et fenêtres. — Patentes; modèles de pétition à décharge, de réclamations en restitution de droits, etc. — J ravaux des maires. Devoirs et droits politiques : Loi électorale ; électeurs , éligibles ; droits des tiers en matière d'élection ; élections des députés , des conseils- généraux , des conseils d'arrondissement , des conseils municipaux et des maires; élections des officiers de la garde nationale. Instruction publique ,— primaire, secondaire, supérieure; brevets de capacité; diplômes; bi- bliothèques publiques, musées, conservatoires. Devoirs et droits des viembres des familles entre eux : liens domestiques; intérêts privés ; éducation privée des enfans. — Instituteurs ou institutrices; méthodes à l'usage des parens : exa- men des méthodes d'enseignement. — Éduca- tion professionnelle ; établissemens spéciaux. — Questions relatives au CODE CIVIL; actes de l'état civil ; naissances , mariages, décès, etc. — Formules d'actes de vente, de contrats de louage, de prêt, etc. VI. ANNONCES critiques ET RAISONNKES DK l'industrie. Renseigncmens sur la supériorité ou l'infério- rité des produits de l'industrie mis en vente; sur tous les objets dont on fait commerce, quelle que soit leur nature, d'un usage rare ou d'un usage vulgaire, d'un prix élevé ou d'un bas prix. — Opinions sur les avantages ou les incon- véniens des nouveaux procédés de fabrica- tion, etc.. etc. — l'venseignemcnssur les sociétés par actions , compagnies , entreprises indus- trielles, banques, etc., etc. AVIS AUX ABOMl^TÉS CONCERNANT LE COMITÉ DE RÉDACTION. 1« Toutes les questions soumises au comité de rédaction devront être adresséesj)ar écrit à M. le Rédacteur en chef du Journal des Connaissances Utiles, rue des Jeûneurs, 1. — Toutes les kttres non alTranchies seront refusées sans aucune exception. 2» Les abonnés de province dont les souscriptions ne sont pas faites directement et en leur nom à l'administration du Journal, devront justifier par un visa des libraires ou correspondans qu'ils sont réellement abonnés à l'époque où ils soumettent au comité de rédaction les questions dont la solution peut les intéresser. 3° Les abonnés sont invités à soumettre au comité de rédaction les questions qui les regardent personnellement ou celles qui ont rapport à un intérêt général, on se bornant à l'exposé des faits. 4" Il sera répondu à l'abonné dans la quinzaine du jour à dater de la réception de sa lettre , et dans la huitaine lorsqu'il motivera un cas d'urgence. 6° Comme, dans un grand nombre de questions, celles relatives, par exemple, à la matière électorale, l'abonné peut avoir intérêt à connaître la décision du Comité avant l'expiration d'une date ou d'un délai fixés par la loi , il devra toujours , pour n'être pas pris au dépourvu , calculer le délai de quinzaine ou de huitaine au moins que le Comité se réserve pour répondre. fi" Les abonnés comprendront combien il importe que les renseignemens dont ils croiraient devoir accompagner une question, tels que extraits ou copies d'actes, d'arrêtés administratifs, de lettres, de plans, de conventions, etc., soient très-lisibles et aussi complets que possible. Les abonnés éviteront ainsi des frais de correspondance , qui demeureront toujours a leur charge, et des lenteurs dans l'expédition des alTaires soumises au comité de rédaction. 7° Les pièces et documens envoyés au Comité par les abonnés leur seront retournés , .s'ils en font la demande expresse dans leur lettre d'envoi , avec la solution de la question qu'ils auront proposée ; sinon ils resteront à leur disposition entre les mains du directeur du Journal. 8° Le COMITÉ DE rédaction recevra avec reconnaissance la communication qui lui sera faite par les abonnés des découvertes , des procédés nouveaux dans l'agriculture, l'industrie, les sciences et les arts, surtout lorsque la pratique aura consacré ces procédés. Le Comité accueillera égale- ment toutes les idées d'améliorations sociales, en ce qui concerne principalement l'éducation de l'enfance, l'instruction publique, les méthodes d'enseignement, les enfans trouvés, l'extinction de la mendicité, les associations de bienfaisance, de prévoyance, etc. 0° Le comité de rédaction s'occupera des questions d'Economie politique, c'est-à-dire de la science dont le butspécial est de constituer les élémcns matériclsdu bien-être d'un état, mais il ne répondra à aucune lettre qui soulèverait la discussion de théories politiques ou gouvernementales. ADMINISTRATION. S'adresser ; Pour les AB0NNEMENS , LES ENVOIS d'ARGENT ET LES RÉCLAMATIONS, X M. AUG. DESREZ, imprimeur-éditeur, Directeur du Journal, Rue Neuve-des-Petits-Champs. 50 à Paris. REDACTION. S'adresser .- Pour la rédaction , pou.r la communication des renseignemens qui peuvent intéresser le Journal, et pour la solution des questions ren- trant dans l'une des spécialités auxquelles le Journal est consacré {voir plus haut Droits des Abonnés) A M. Louis BELLET, Rue des Jeîineurs, 7 , à Paris. BATIGNOLLES-MONCKAUX. — • IMPRIMERIE DE AUGUSTE DESREZ ET C% RUE LEMERCIER , 24. >ME IM ^ ANNÉE. |ir| 1838. mi 'M^ Ml lii>i %m '*• SKRIE. !&dbi JOUB.NAI. DES Troisième année- fOi GOIAISSANCES UTIL REPERTOIRE MENSUEL ET PROGRESSIF DE TOUS LES FAITS UTILES, ÉCONOMIQUES ET NOUVEAUX, Guide du consommateur, ANNONCES CRITIQUES ET RAISONNÉES DES PRODUITS DE l'iNDUSTRIE. Une livraison de trente-deux pages par mois , contenant un demi-volume in-S". PRIX , FRANC DE PORT POUR TOUTE LA FRANCE , PAR AN, SIX FRANCS. Tontes les lettres devront ôtre adressées , franc de port, à M. Auguste DESP.EZ, Directeur, rue Kcuve-des-Petits-Channps, n. bO, à Paris. NUMERO G. — JUIX. Études morales : la vie réelle, 162. I. AGRICULTURE. • Grande culture : fourrages non graminés, 165. — Cul- ture de la garance en Auvergne, 169.— Culture indigène des diverses espèces de thés à Angers, 170. — Culture industrielle : nouvelle plante textile, ibid. — Culture, pro- duit et extraction de l'indigo du poli/gomim linclorium, ibid. — Economie agricole : herse pour les prairies, i7i. — Conservation des graines, ibid. — Emploi de la farine de riz pour la nourriture des vers à soie, 172. — Viti- culture : des amendemens et engrais qui conviennent à la vigne, ibid. — Emploi du fil de fer pour la vigne, ni. — Médecine vétérinaire .- de la nécessité de purifier les lieux infectés par la contagion du typhus (suite et fin), ibid. 11. COMMERCE , MANUFACTURES , ARTS ET MÉTIERS. Fabrication des épingles, 177. III. ÉCONOMIE DOMESTIQUE. Persiennes en tôle , ibid. — Carbonisation du bois et utile emploi de l'acide pyroligneux qui s'en dégage, 178. IV. HYGIÈNE ET MÉDECINE. Des erreurs populaires relatives à la médecine (suite), 179. — Choix d'un médecin, 182. V. MORALE, MÉTHODES D'ENSEIGNEMENT, LÉGISLATION. Organisation et administration municipales, 183. — Travaux des meires pour le mois de juin, 184. — Re- crutement de l'armée : des remplacemens, i86. — Des maisons d'école dans les communes, 189. — Éducation professionnelle : école préparatoire de médecine, 190. VI. ANNONCES CRITIQUES ET RAISONNÉES DE L'INDUSTRIE. Brevets d'invention relatifs à des objets d'intérêts agricoles délivrés en 1837 (suite et fin), I9i. Correspondance, ibid. JOURS FÊTES ET NOMS INTÉRÊTS © es delà des de fr. 100 •a •T3 semaine. SAINTS. à 4 p. 0/0. J. f. c. 152 1 vendredi. S. Pamphile. 153 1 67 153 2 samedi. S. Pothin. 154 1 68 154 3 nui. PENTECÔTE. 155 1 69 155 4 lundi. S. Quirin. 156 1 70 156 5 mardi. S. Roniface. 157 1 72 157 6 mercredi. S. Claude, 4 T. 158 1 73 158 7 jeudi. S. Robert. 159 1 74 159 8 vendredi. S. Médard, 4 T. 160 1 75 160 9 samedi. Ste. Pélagie, 4 T. 161 1 76 161 10 DIM. TRINITÉ. 162 1 77 162 11 lundi. S. Barnabe. 163 1 78 163 12 mardi. S. Basilide. 164 1 79 164 13 mercredi. S. Antoine de P. 165 1 80 165 14 jeudi. FÊTE-DIEU. 166 1 81 166 15 vendredi. s. Guy, martyr. 167 1 83 167 16 samedi. S. Fargeau. 168 1 84 168 17 DIM. s. Avit". 169 1 85 169 18 lundi. s. Maurice. 170 1 86 170 19 mardi. s. Gervais et Prot. 171 1 87 171 20 mercredi. S. Silvère. 172 1 88 172 21 jeudi. s. Leufroy. 173 1 89 173 22 vendredi. s. Paulin. 174 1 90 174 23 samedi. S. Félix. 175 1 91 175 24 DIM. S. Jean-Baptiste. 176 1 92 176 25 lundi. S. Prospère. 177 1 93 177 26 mardi. s. Baboiin. 178 1 95 178 27 mercredi. s. Ladislas. 179 1 96 179 28 jeudi. |S. Irénéc. 180 1 97 180 29 vendredi. s. Pierre et Paul. ' 181 1 9S 181 30 samedi. iComra. s. Paul. 1 1 182 1 99 1 REVENU par an. 7700 7750 7800 7850 7900 7950 8000 8050 8100 8150 8200 8250 8300 8350 8400 8450 8500 8550 8600 8650 87uO 8750 8800 8850 £900 8950 9000 9050 9100 9150 par jour. f. c. 21 09 21 23 21 36 21 50 21 64 21 78 21 91 22 05 22 19 22 32 22 46 22 60 22 73 22 87 23 01 23 15 23 28 23 42 23 55 23 69 23 83 23 97 24 10 24 24 24 38 24 52 24 65 24 79 24 93 24 06 EMPLOL Dépense 9/10. f. C. 18 98 19 10 19 23 19 35 19 47 19 60 19 72 19 84 19 97 20 09 20 21 20 34 20 46 20 58 20 71 20 83 20 95 21 08 21 20 21 32 21 45 21 57 21 69 21 82 21 94 22 06 22 19 22 31 22 43 22 56 Epargne l?10. 2 21 2 23 2 24 2 26 PRODUIT de 1/10 épargné au bout de 20 ans. f. c. 23331 15 23482 65 23634 20 23785 70 23937 25 24088 75 24240 25 24391 80 24544 40 24695 95 24847 50 24999 11 25150 50 25302 11 25453 50 25605 10 25756 60 25908 10 26058 60 26210 10 26361 65 26513 15 26664 65 26816 20 26967 70 27119 20 27270 75 27422 25 27573 70 27725 30 tttttt-8-tttr-S-tt^ttttttttt^tf-§-tt-e-tfi--?--§--g-t-g--§--§-ftti~S-H--?--8-> ÉTUDES MORALES. I.A VI£ REELLE. § V. Ne craignez pas que je vous entretienne plus longtemps des ruses et des pièges dont la perfidie du, vicomte de IJeauprc et l'astuce d'une femme perdue, secondées par la l'atalilé, en- tourèrent Etienne pour le précipiter dans un aliime de ruine et de remords. Je vous dirai seulement qu'il revit cette femme dans un bal , et qu'il la revit toujours entourée de mystères , de façon à exciter vivement sa curiosité et sa passion de jeune homme ; puis enfin , après des démarches et des efforts sans nombre , il parvint h soulever le masque dont elle n'avait pas cessé jusque-là de couvrir son visage, et quand ce masque tomba, grâce aux sollicitations les plus ardentes , grâce aux prières les plus tendres , il vit des tiaits d'une admirable beauté et un sou- rire dont la séduction était iriésistible pour lui ; il devint l'esclave de celte femme : ses moindres caprices étaient des lois pour l'insensé , et plutôt que de ne point satisfaire le plus frivole de ses désirs, il eût sacrifié sa fortune entière. El pourtant (linevra n'était qu'une courtisane, une cantatrice moins célèbre par son talent que par l'éclat de scandale dont elle élonnait Venise ; celle ville (jue n'étonna aucun scandale. On contait sur elle cent histoires infâmes où elle avait joué le rôle de spoliatrice et de femme sans cœur : tel étail le délire d'Etienne (|ue rien ne put lui ouvrir les yeux. 11 se figura que celle aui n'avait jamais aimé personne l'aimerait épcrdument, et comme l'adroite créature savait aller avec un art infernal la vanité de ses dupes, il se laissa aller à ces illusions d'amour- propre de manière à ne reculer devant aucune folie : car une telle passion lui semblait trop précieuse |K)ur qu'il ne la récompensât point lui-nième au prix de tous les dévoucmens. D'abord les sacrifices lui semblaient pénibles, mais bicnlùl il prit plaisir à la vie agitée de la comé- dienne ; le désordre, cpii avait commencé par lui répugner, finit par lui j)laire, et au bout d'un mois il menait la vie la plus irrégulière et pass;iit les nuils en folles équipées , en orgies et au jeu. Oui , au jeu ! La promesse sacrée qu'il avait faite à son père mourant, il l'avait oubliée, il l'avait fouh'e aux pieds, et on le citait à Venise parmi les joueurs les plus effrénés!. D'abord la fortune , ainsi (|u'il arrive presipie toujours, se montra favorable à Etienne; et, conmie dans la nuit falale où il rencontra Ginevra , il lui suffisait de s'approcher des tables de jeux pour (\\ie les chances de gain vinssent aussitôt au-devant de lui ; la confiance qu'Etienne prit dans le sort devint sans réserve et il ne reculait pas devant les dépenses les plus monstrueuses; il jetait l'or à pleines mains, sûr de retrouver le lendemain au jeu une source inépuisable de fortune. Quand par hasard il lui airi\ait de se souvenir de sa vie d'autrefois , de ses scrupules , de la samle aversitm pour le jeu que lui avait inspirée son père, il riait, il haussait de pitié les (épaules, et il se moquait de la faiblesse ridicide (ju'il avait eue de se soumettre si longtemps à d'absurdes préjugés, k Jlélas ! il n'eut que trop l'occasion de reconnaître combien sa joie était insensée. Un soir, la fortune, si constante dans sa faveur pour lui , changea tout à coup de face;'non- seulement il ne gagna point la forte somme dont il avait besoin pour satisfaire au paiement d'une magnifique parure en diamans (|u'il venait d'acheter à Ginevra, mais encore il perdit une somme assez considérable el rentra chez lui contrarié, de mauvaise humeur, déconcerté, mais non pas encore découragé, et bien résolu h tenter de nouveau la chance; car il lui fallait absolument la somme que réclamait le bijoutier, et que non-seulement il n'avait point gagnée au jeu, mais qu'il y avait perdue en outre. 11 perdit encore ce soir-là , et pour satisfaire à son créancier, pour se procurer l'argent nécessaire à son besoin de jouer, il dut faire plusieurs lettres de change que le vicomte de Beaupré se chargea de faire escomi)tcr par les banquiers juifs établis à Venise et avec lesquels il avait déjà eu des relations. Ceux-ci ne firent point diiriculté de traiter cette affaire, et pen- ÉTUDES MORALES. 163 dant six mois ils fournirent à Etienne les sommes immenses englouties par Gino\ ra et par le jeu. /Vinrs les banquiers déclarèrcnf qu'ils ne pou\ aient plus consentir a faire de nouvelle-^ avances à Etienne, et il fallut recourir aux usuriers, car Etienne ne sut se résoudre ni à se séparer de (jinevra, ni encore moins à renoncer au jeu. Je n'ai pas besoin de vous dire avec quelle rapidité la fortune d'Etienne, aux prises avec trois principes de ruine assurée, la courtisane, le jeu et les usuriers, devint embarrassée et tomba en ruines. Chaque jour il envoyait en France sa procuration pour faire vendre quelque partie de ses propriétés, sans jamais vouloir se rendre compte de l'état de sa fortune : « Qu'ai-je besoin de compter avec moi-même, se disait-il, la chance ne peut pas toujours me rester défavorable; il faudra bien qu'elle me revienne féconde et riche , alors je rachèterai ces terres , ces biens que je vends. » Il marchait donc, il marchait sans s'arrêter dans celte voie de perdition où le poussait une main infernale et .sans pitié. Une année, deux années s'écoulèrent durant lesquelles toute sa jeu- nesse, toute sa beauté disparurent et firent place à une pâleur effrayante; son front se dé- pouilla de ses cheveux ; son esprit, si vif et si plein d'insouciance, devint sombre, taciturne, fantastique et rude ; Ginevra elle-même ne savait plus obtenir de lui une parole aimable ni même un sourire. Il passait les nuits entières au jeu , ne rentrait au logis que pour dormir d'un sommeil obtenu à force d'opium ; le sang brûlé , le cerveau desséché , le cœur sans cesse palpitant d'un mal causé par les émotions et les transes du jeu , il n'avait plus ni repos ni bien-être. Ses domestiques redoutaient les accès de colère auxquels il se livrait sans motif, car plus d'un avait été déjà la victime de ses violences et de ses emportemens. Il fuyait la société de ses amis, re- cherchait la solitude, ne trouvait à répondre aux paroles les plus bienveillantes que des paroles amères, et devenait d'une sordide avarice. Oui, l'homme , qui le soir n'hésitait point à aventurer sur une carte des sommes énormes , qui naguère jetait à pleines mains ses trésors aux pieds d'une courtisane, se refusait aux dépenses les plus nécessaires et les plus indispensables , et préférait se voir harcelé par ses créanciers plutôt que de les satisfaire en leur cédant un peu de cet or qu'il leur devait et qu'il dissipait au jeu. M les plaintes , ni les mena(;es de ses créanciers , ni la honte , ni le mauvais renom que lui valait son manque de probité ne pouvaient parvenir aie rendre à des sentimens plus honorables. Son cœur s'était pétrifié, sa conscience s'était endurcie ; une seule passion, une seule sensation vivait et brûlait en lui : le jeu ! Pour le jeu , il eût sacrifié plus encore s'il avait possédé plus encore : c'était une horrible démence, une dé- mence fatale et terrible qui chaque jour prenait un développement plus redoutable. Un jour, ou plutôt un matin , après une nuit passée au jeu , après une nuit durant laquelle il avait perdu constamment sans une minute de relâche , il rentra chez lui la mort dans le cœur, fuiieux , se labourant la poitrme de ses ongles et en pioie à des pensées de suicide. Il demanda Ginevra... Ginevra était partie la veille au soir avec le vicomte de Beaupré ; ils avaient emporté tout ce qui restait k chacun des débris de son ancienne opulence , et on ignorait vers quel pays se dirigeait la chaise de poste qui les emportait. Etienne, altéré , entendit tout cela sans pouvoii' répondre un mot , sans donner un signe exté- rieur d'émotion ; son cœur battait avec violence, sa langue se desséchait dans son gosier, et il lui semblait {|u'unc massue frappait à coups redoublés sur son front. Il fit signe qu'on le laissât seul , et il demeura là justju'au lendemain plongé dans un abattement slupide et Sc|ns avoir la possibilité ou la force d'une résolution. Ce fut dans cet état que le trouvèrent ceux qui , dès qu'ils apprirent sa ruine complète, vin- rent s'abattre sur lui comme une nuée de corbeaux : les insultes , les menaces, les' reproches sans réserve comme sans pudeur, rien ne lui fut épargné. Il les écouta silencieusement ou pliuôt il ne les entendit point , et il finit non par émouvoir de pjlié tons ces gens-là , mais par lasser leur colère : ils le quittèrent donc enfin , et le malheureux Etienne , chassé de l'appartement qu'il occupait , se dirigea vers l'un des canaux de Venise où l'eau se trouvait profonde et les rives escarpées. § TI. Pendant les années où se déroulait si étalement la destinée d'Etienne , son com))agnon d'études, Samuel, devenu l'associé de son patron, prenait à lui seul la direction de la maison de commerce et faisait tous ses elforls pour mériter la confianee dont il avait reçu des témoi' gnages si honorables et si généreux. Il commença par établir dans l'administration de l'éta- l)lissement encore plus d'ordre et d'harmonie qu'il ne s'en trouvait : car dans les affaires , pensait-i! avec juste raison, trop d'ordre n'est point assez. Il voulut donc. que ses subordonnés prissent l'habitude de se rendre compte de tout ce qu'ils faisaient même dans les détails les plus minutieux, et ensuite il travailla à simplifier les rouages de la vaste machine qu'il dirigeait de manière à en apprécier et à en dirigera son gré tous les mouvemens. Il méditait longtemps les entreprises commerciales qu'il voulait faire, les préparait avec babilelé, calculait bien toutes les chances et agissait ensuite avec énergie, sans hésiter, sans reculer, marchant droit et vivement au but qu'il manquait rarement. Si toutefois il survenait un échec , il l'envisageait avec sang-froid, ne s'enlètait point à persévérer, s'arrêtait aussitôt , dès qu'il n'y avait plus d'avantage à faire de nouveaux pas , et tirait par d'habiles expédiens tous le parti qu'il restait encore à tirer de cette affaire manquée. Je n'ai pas besoin de vous dire que sa probité scrupu- 1G4 ÉTUDES MORALES. leuse et loyale ne ?pécnlail jamais que sur des entreprises probes et avantageuses pour ceux qui les acceptaient comme pour relui qui les créait , chacun trouvant son licnélice h traiter avec lui , recherchant avec empressement ses relations commerciales et se sentant disposé à lui foire des concessions qu'il ne demandait jamais qu'avec justice. Il profita de ces bonnes dispositions sans étendre sesallaires, et quand, Jiprès une longue absence, le négociant, son patron, revint en France et à Paris, il trouva sa fortune plus que Iriplé! Je n'ai pas besoin de vous dire quelle joie et quelle reconnaissance il témoigna à Samuel. — Ma confiance en vous n'a point été déçue, s'écria-t-il après avoir parcouru les inven- taires et les livres de commerce ; ma reconnaissance égalera les services que vous m'avez rendus, cl j'espère bientôt vous en donner des témoignages. Ces témoignages ne tardèrent point en elFet à arriver, car le négociant, par ses relations et par les éloges qu'il lit de Samuel, ne tardèrent point à valoir au jeune homme un mariage des plus avantageux; non-seulement la femme du jeune homme reçut une dot considérable, mais, ce qui \ alait mieux encore, elle était jeune, belle, sagement élevée, d'un esprit agréable et d'une gi'ande douceur de caractère. Après deux années durant lesquelles conlinua l'association de Samuel avec son ancien patron, celui-ci désira quitter les affaires, que lui rendait impossible désormais sa mauvaise santé, et traita de sa moitié Gela maison de commerce avec Samuel. Ce dernier, devenu possesseur d'un établisenient où il était entré pauvre petit commis et qui se trouvait mainte- nant d'immenses capitaux h sa disposition , n'hésita point à établir jjlusieurs fabriques qui devaient augmenter considérablement ses bénéfices ; il réussit dans ce nouveau moyen de fortune et ne tarda point à devenir un des plus riches et des plus influens négocians de Paiis. Son crédit était immense, chacun recherchait avec empressement son amitié, et sa vie était douce et heureuse, sans que la moindre inquiétude vînt jamais en altérer la sérénité ; se souvenant qu'il avait été un pauvre jeune homme sans fortune , il avait tendu généreusement la main à tous les jeunes hommes laborieux et inlelligens qui étaient venus léclamer son patronage -. aussi tous ceux qui agissaient sous ses ordres le servaient-ils avec intelligence et disccrnen^ent , d'abord par un juste sentiment de reconnaissance , ensuite parce qu'ils savaient (]ue leurs travaux et leurs soins ne resteraient point sans récompense, et que Samuel ne laissait jamais méconnu un service ou un devoir loyalement rempli. Jusqu'alors Samuel ne s'était jamais occupé que de ses affaires et du bonheur qu'il trouvait près de sa femme et au milieu de sa famille, lorsqu'un jour plusieurs personnes, parmi lesquelles se trouvèrent de ses amis et de ses obligés, vinrent le trouver et lui proposèient d'accepter la candidature îi la députation. Samuel hésita longtemps, après avoir d'abord refusé; puis il finit par se rendre aux sollicitations et aux raisonnemens de ceux qui étaient venus le trouver. En efl'el, comme ils le lui avaient dit, quand un homme s'est acquitté de ses devoirs envers les siens, il doit se consacrer à son pays , il doit le servir par l'expérience qu'il s'est acquise et par l'in- fluence qu'il doit à son travail et à ses vertus. Samuel accepta donc la candidature à la députation et fut élu sans la moindre opposition, car il savait user si sagement de sa haute fortune que chacun la lui pardonnait. Plus triste que joyeux de la réussite de cette élection , Samuel se montra à la Cliambre des Députés tel qu'il avait été dans sa vie commerciale, doué d'un bon sens et d'une raison sévère, ne se laissant éblouir ni par l'esprit de parti ni par les prévenions de secte, voyant sainement et avec netteté. On re(;hercliait ses avis, on aimait sa manière de s'exprimer exempte d'emphase, de rhétorique, et de cbailalanisme, et un jour, sans (ju'il eût sollicité cette faveur, il se vit appeler à la chambre haute et nommer pair de France. Fidèle aux travaux de législation qui lui étaient confiés, Samuel résolut de profiter de l'inter- valle (jui se trouve entre chaque session pour entreprendre des voyages nécessaires à la santé de sa femme, et il partit pour l'Italie. Arrivé à Venise depuis quelques jours, il se promenait en gondole près du canal Orfaiio (juand il vit un malheureux se jeter dans l'eau avec une réso- lution désespérée. Sans hésiter, Samuel voulut secourir l'infortuné, et s'élancant de la gondole, il nagea courageusement jusqu'à ce qu'il eu! ressaisi le corjis inanimé qui venait de disparaître sous l'eau ; tandis que l'on prodiguait dans la gondole des secours à l'infortuné pour lequel Samuel venait d'exposer sa vie, le pair de France regardait avec anxiété le visage pâle et défiguré du noyé, dans lequel il croyait remanpier des traits qui ne lui étaient pas inconnus. — Etienne ! s'écri;i-t-il tout à coup , Etienne! est-ce toi que je retrouve après une si longue séi)aralion? Etienne souleva la tête, reconnut Samuel, et jetant les yeux sur l'opulence qui entourait son ancien ami : — Dieu est juste! murmiira-t-il : lu es riche et je suis devenu misérable; tu recueilles les fruits de ton bon coeur et de (on travail, moi les fruits de ma vanité et de mon ingraliludc! — Ne te livre pas au désespoir, fie-loi à mon amitié : des jours heureux t'attendent dans ma famille (pii deviendra la tienne; le bonheur, le repos.... — Il n'y a plus de repos et de bonheur possibles pour moi que là-haut ! dit Etienne en montrant le ciel.... Là haut, si tes prières obtiennent de Dieu un pardon que je ne mérite pas. l*rie pour moi , Samuel ! Et sa lèle retomba , car il était morl. ■ S. HcisriY Berthoud. AGRICULTURE, 165 ï. A'UFalCULTÎJllF., GRANDE CULTURE. FOURRAGES DES PRAIRIES NATURELLES ET ARTIFI- CIELLES , NON GRAMINÉ.S. Fourrages légumineux . — Suite. Trèfle des prés (Irifoliumpratense, Lin.), connu sous les noms de Irèfte commun, grand trèfle rouge, trèjle rouge de Hollande. CeUe plante vivace, commune dans nos prés, a les liges ascendantes , peu rameuses, presque tou- jours glabres ; ses stipules sont ovales , sur- montées par une pointe fine qui se termine par un faisceau de poils ; la pétiole porte trois fo- lioles elliptiques , à peu près glabres , entières ou à peine dentées ; les (leurs sont d'un rouge pourpre, disposées en une tète arrondie, ser- rée , qui est entourée à sa base de deux feuilles formant une espèce d'invokicre ; le calice est presque glabre , à cinq lanières fines, velues, dont quatre égales entie elles , et dont l'infé- rieure, qui est presque double des autres, n'at- teint cependant que la moitié du tube de la corolle : celle-ci est monopétale et son étendard est un peu plus long que les ailes. Avant de faire l'bistoire de cette précieuse plante , nous parlerons de ses variétés , la plupart obtenues par la culture. 1° Trèfle d' Avignon. Souvent, en agricul- ture, on désigne sous ce nom le trèfle des prés cultivé, mais ayant encore tous les caractères du trèfle sauvage ; par conséquent partout où croîtra naturellement ce dernier , on pourra recueillir de la graine de trèfle d' Avignon et juger du succès que l'on pourra en attendre en raison de la qualité du terrain. 2" Grand trèfle de Hollande. Encore sem- blable par ses caractères botaniques au trèfle sauvage, mais en différant par ses proportions plus grandes. Ses tiges sont plus hautes , ses feuilles plus larges et les tètes de ses fleurs plus grosses. 3° Grand trèfle de Hollande à fleurs blanches. Il ne dilfère du précédent que par la couleur de ses fleurs. 4° Grand trèfle de Piémont. Un peu moins grand que le préi^édent , mais plus que le trèfle d'Avignon; fleurs rouges. 5° Grand trèfle d'Espagne. Cifl'érant . si peu du précédent qu'il ne me parait en être qu'une très-légèie sous-variété ; fleurs rouges, quelquefois Manches. G» Trèjle d'Argoiie. Ne dilTérant du trèfle rouge ordinaire que parce qu'il est, dit-on, plus hâtif et (|u'il dure plus longtemps, ce qui le supposerait plus vigoureux et moins difficile sur la qualité du sol. Pendant plusieurs années il a été beaucoup cultivé et préconisé en Suisse ; mais les essais qu'on en a fait aux environs de Paris n'ont pas répondu h ce qu'on en al(en- dait. 7° Grand trèfle normand. Comme je n'ai pas été à même de juger cette nouvelle variété par moi-même, je laisserai parler l'habile agriculteur M. Vilmorin : «M. de Laquesne- rie, dit-il, savant agriculteur, a fait connaître cette variété du trèfle ordinaire et a bien voulu m'en envoyer de la graine. Les semis que j'en ai faits m'ont misa même de reconnaître l'exac- titude des détails qu'il avait donnés sur ce fourrage. Le grand trèfle normand, ou plutôt, suivant M. de Laquesnerie, du pays de Caux, est beaucoup plus élevé que le commun , plus tardif, et ne donne ordinairement qu'une coupe, mais qui souvent é(juivaut aux deux coupes du trèfle ordinaire ; son fourrage est plus gros et la plante m'a paiu être plus durable. Ce trèfle doit-il être préféré à l'espèce ordinaire ? Je ne prendrai pas sur moi de résoudre cette question , qui d'ailleurs est probablement sus- ceptible de solutions opposées dans des terrains et dans des circonstances différentes .Cette espèce est encore trop récemment connue pour qu'il soit possible d'en porter un jugement ; mais j'ai cru devoir l'indiquer aux cultivateurs comme un sujet intéressant d'épreuves et d'observations. » Je terminerai celte petite monographie par une observation importante, et la voici : il faut distinguer dans toutes les plantes cultivées , fourrages ou céréales, deux sortes de variétés: 1" celles qui sont le résultat de la culture, du climat ou de (]uelque autre circonstance de loca- lité ; 2" les variétés botaniques. Ces dernières se soutiennent constamment, ou au moins pendant fort longtemps, quand on les change de climat et de terrain. Tel est le trèfle à fleurs blanches , nommé par les botanistes trifolium pratense flore albo, et le trèfle velu, Irifolium pralense villosum. Mais les pi-emières, n'étant que de purs accidens, retournent i)romptement h leur type dès qu'elles ne sont plus soumises aux mêmes influences qui les en avaient fait varier, îl faut donc ne pas trop compter sur les pro- messes que font les agronomes à la condition de cultiver telle ou telle autre variété, et sur- 166 AGRICULTURE. tout se bien persuader qu'il n'y a que l'expé- rience faite dans la localité où l'on cullive qui puisse donner des résultais certains. J'ai vu , et il n'est pas un cullivateur (jui n'ait put faire la même observation , telle variété dénigrée par les auteurs donnei-, dans de certaines terres , des résultats incomparablement meilleurs que telle autre variété vantée par eux outre me- sure. Voyons maintenant quels sont les avantages que peut offrir la culture d'une plante si pré- cieuse aujourd'hui et dont l'agriculture ne s'est cependant emparée que depuis deux siècles en- viron. Le trèfle est moins productif que la luzerne, mais cependant il donne à sa seconde anné^ des récoltes très-considérables. Gilbert cite ces lieux où ces coupes réunies ont fourni, par ar- pent, dix milliers de fourrage sec ; aux envi- rons (le Paris, où on le coupe rarement plus de deux fois , il offre souvent la moitié de cette quantité. Il est précoce; sa croissance est très-rapide ; il exige moins de soins que les autres plantes fourragères qui peuvent lui être comparées , et les gelées produisent peu d'effet sur lui. Donné en vert ou en sec aux bestiaux, il est pour eux une excellente nourriture. 11 procure aux \ aches, aux brebis et aux chèvres un lait très-abondant et de bonne qualité, et , sous ce rapport , il est également précieux pour les jumens poulinières. Si on s'en rapporte aux auteurs, il convient mieux aux chevaux que tout autre fourrage , et ceci peut être vrai si l'on fait abstraction du foin de prairies naturelles. Les cochons le préfèrent à toute autre nourri- ture : il les tient toujours en bon élat de santé et les dispose à l'engrais. On peut le leur faire pâturer sur place, et alors ils mangent sa racine avec plaisir; mais le plus souvent on le leur donne cuit et en mélange avec une petite quan- tité d'autres alimcns. Les bœufs, et même les moutons, ne peuvent être que difficilement en- graissés avec le trèfle seul ; mais lors(]u'on leur donne en mélange avec une autre nourriture, il leur produit un fort bon effet pour l'engrais. On a dit que les racines de trèfle peuvent être employées utilement h la nourriture des bestiaux , et l'on cite même quelques localités où l'on s'en sert h cet usage. Sans révoquer ce fait en doute , je pense néanmoins que cette méthode ne peut être suivie avec avantage, non- seulement à cause des frais d'extraction des racines , fiais qui ne se trouveraient pas com- pensés par le fourrage, non -seulement parce qu'une nourriture terreuse serait la cause de plusieurs maladies mortelles pcuir les animaux, mais encore parce que l'on piiverait le sol d'un engrais qui lui est indispensable. Considéré sous le rapport des assolemens , le trèfle offre encore des avantages inapprécia- bles : c'est une des meilleures plantes que l'on puisse cultiver comme préparation de la culture du blé et des autres céréales. Aujourd'hui il entre dans les assolemens de tous les pays qui ont le bon esprit de le cultiver, dans beaucoup de nos départemens, en Belgique , en Allema- gne et en Angleterre. Dans ce dernier pays sa réussite est regardée comme assurée sur toute espèce de sols , aussi y est-il devenu la bran- che principale de l'agriculture de beaucoup de comtés de l'est, etcouvre-t-il ordinairement deux cinquièmes de l'étendue de chaque ferme. Dans les terres fortes et argileuses, le trèfle, en soule- vant la (erre au moyen de ses racines, Yallegit, la rend poreuse et meuble ; en un mot il la rend creuse, pour me servir des expressions des cul- tivateurs. Au lieu de faire paître la dernière pousse du trèfle par le bétail , on peut l'enterrer à la chari'ue pour fertiliser le sol. Ce n'est qu'a- vec beaucoup d'engrais que l'on obtient de bonnes récoltes de céréales; or le trèfle, outre le fumier que fournissent les bestiaux qui en sont nourris , outre les débris de ses feuilles et de ses liges , donne encore à la terre l'humus produit par la décomposition de ses racines , humus dont on n'a pas calculé la quantité , mais qui doit être considérable si on en juge par leur consistance et par les belles récoltes que l'on obtient après cette plante. Une des plus importantes propriétés du trè- fle, propriété qu'il partage avec la luzerne, c'est d'entretenir la surface du sol, par son ombrage, dans une humidité constante, hu- midité qui favorise la décomposition des par- celles des animaux et des végétaux et la fixa- tion des principes de l'air. « Le plus riche cullivateur , dit Arthur Young , n'est pas celui qui laboure continuellement, mais celui qui sème Jes pâturages. Il est, inutile d'insister sur ce fait; il sullit de comparer les pays de pâturage et ceux qui produisent des grains, pour en être convaincu. Dans l'un on manque d'engrais , dans l'autre on en a avec abondance ; comment les terres n'en seraient-elles pas fer- tiles ? chaque année elles s'améliorent : or , la fertilité est la base de la richesse. « Le même auteur a conclu, d'un relevé de beaucoup d'expériences faites sur sa ferme, qu'aucune jilantc ne donne plus de prolit avec moins de dépense, et, en outre, n'est plus pro- pre h améliorer le fond. Sa culture est une des déi)enses les plus modiques, puisque les frais de labourage et d'ensemencement sont payés par l'orge , l'avoine ou le froment qu'on sème avec lui. Il prépare la terre pour le froment aussi bien qu'une jachère, et il oifre le produit immense de ses deux ou trois coupes en échange de la non-valeur de l'année de jachère et de la moindre récolte de l'espèce de céréale qui a été semée avec lui , céréale qui , dans un bon cours AGICULTURE. 167 (l'assolement 5 n'est jamais le fiomcnt. Une cir- conslancc qui le rend encore très-précieux , c'est qu'il réussit également les années sèches et les années pluvieuses. Il n'y a que les extrê- mes de ces deux cas qui aient une influence léellement inquiétante sur le produit de sa ré- colte, et ces extrêmes sont rares. D'ailleurs, s'il y a production moins abondante dans une année sèche, il y a meilleure qualité. Après avoir parlé des avantages de la cul- ture du trèfle, je dois parler de ses inconvé- nicns. Comme toutes les autres plantes, il épuise les terres dans lesquelles on le ramène trop souvent , surtout lorsqu'on le laisse por- ter graines. Pour cette raison , Schoubart , un des plus grands partisans que le trèfle ait eu en Allemagne, dit que, dans les terres qui lui con- viennent le mieux, il ne doit revenir que tous les six ans au plus; et dans celles où il ne se plaît pas, tous les douze ou quinze ans. En Angleterre , dans le comté de Norfolck , pays dont le trèfle a fait la fortune , on s'aper- çoit depuis quelques années des inconvéniens de le faire revenir trop souvent dans les asso- lemens ; aussi , pour ménager les terres dans lesquelles on est forcé d'en mettre , le mélange- t-on pai' moitié avec le ray-grass (ivraie vi- vace). Par cette association on peut faire durer les pieds deux ans au grand avantage des culti- vateurs, qui coupent ou font paître le trèfle par les chevaux la première année, et qui em- ploient le ray-grass à l'engrais des bœufs la seconde année. Mais l'inconvénient le plus grave du trèfle , c'est de météoriser les animaux avec beaucoup plus de facilité que tous les autres fourrages lé- gumineux. Les vaches ^ les bœufs et les mou- tons sont particulièrement sujets à cet accident, qui les fait périr en quelques heures si on n'y porte un prompt remède. Or, comme cet acci- dent est malheureusement trop fréquent, nous croyons indispensable d'entrer ici dans quelques détails. Le météorisme , ou la tympanite , aussi, nommé dans quelques-uns de nos départemens le gonflement, n'est rien autre chose qu'une tu- méfaction du ventre produite par la dilatation d'un gaz, ordinairement de l'acide carbonique, qui se dégage de certains alimens au moment de la digestion. Le ventre est distendu; la respi- ration devient difficile ; la digestion se dérange ; l'animal souffre, s'agile, bat du flanc et ne rend point de vents par l'anus ; le ventie ré- sonne quand on le frappe , à la manière d'un tambour, sans donner aucun signe de fluctua- tion de matière liquide. Enfin , le mal s'accroît avec une rapidité efi'rayante et l'animal suc- combe en quelques heures. Tels sont les symptô- mes ordinaires de la tympanite dans la vache , le bœuf et la brebis. L'indication qui se pi'ésonte est de faire dis- paraître le gaz développé et d'empêcher un nouveau dé\eloppcment de ce même gaz. Comme l'a dit M. Uigonet, dans le précédent numéro de ce journal , page 1 39 , le chlorure de chaux, dans le premier cas, et une dissolution de nitre dans le second , peuvent avoir de très- heureux résultats. Mais il est des circonstances telles que ces deux remèdes , le second surtout, pourraient manquer d'énergie , et dans ce cas , il vaut beaucoup mieux administrer aux ani- maux de l'ammoniaque ou tout autre alcali. Ces substances, ayant une grande affinité avec l'acide carbonique , se combinent rapidement avec lui et forment un sel neutre qui n'a plus aucun in- convénient pour les animaux. Si , malgré ces moyens , la tympanite aug- mente avec le battement des flancs , il ne reste plus qu'à plonger un trocàrt dans la panse de l'animal, et à y laisser la canule jusqu'à ce que le gaz qui y était contenu s'en soit dé- gagé entièrement. Quoique l'on ne doive faire cette opération que dans les cas désespérés, elle n'a pas autant de danger qu'on pourrait le croire, et l'expérience prouve que la canule étant retirée , les bords de la plaie se rappro- chent et se cicatrisent promptement. J'ai vu quelque chose de plus étrange dans les monta- gnes de.Saône-et-Loire, à Matour : on ouvrit la panse d'un bœuf avec un couteau ; le berger plongea la main dans le flanc de l'animal, en retira une quantité de matière , et finit par le panser comme si c'eût été une plaie ordinaire. On m'assura dans le pays que cette opération épouvantable se faisait assez souvent et presque toujours avec succès. Je dis ce que j'ai vu. Il est des cas qu'il faut savoir distinguer, où la tympanite est le résultat d'une forte inflam- mation des orifices du feuillet , et alors il faut avoir recours à un traitement plus complet. On emploie la saignée , les boissons adoucissantes , leslavemens émolliens et mucilagiueux, et enfin tous les médicamens capables de diminuer l'in- flammation. Les chevaux sont également sujets a la tym- panite , quoi(|ue plus rarement ; mais le siège de la maladie, au lieu d'être dans l'estomac, est dans d'autres viscères. Comme les gros intes- tins occupent la plus grande partie du ventre , et qu'ils ne sont pas assez épais pour s'opposer aux eflbrls du gaz dilaté , cette maladie les ré- duit en peu de temps à la dernièra extrémité. Le ventie présente un gonflement considérable; les matières fécales sont retenues ; la respiration est difficile, les fonctions de l'estomac trou- blées ; l'anunal s'agite avec violence ; le ventre est dur, élastiqn • sonore lorsiju'on le frappe , et s'il sort des vents par l'anus, l'animal parait soulagé ; il n'y a pas de temps à perdre si on veut le sauver. Il faut se hâter de livrer passage 168 AGRICULTURE. au gaz renfermé dans l'intestin cœcum et le co- lon. Pour cela , on ôtera promptement , avec les mains enduites d'huile d'olive, les matières contenues dans le rectum ; on donnera aussitôt des lavemens composés de la seule infusion de fleurs de camomille romaine, et on administrera les breuvages dont nous avons parlé plus haut. Les lavemens de savon blanc , le savon tri- turé avec des ognons et du poivre, et autres remèdes irritans qui ont été vantés par quel- ques auteurs, sont contre-indiqués, surtout s'il existe la plus légère inflammation. Dans ce dernier cas, la saignée, la décoction de racines de guimauve saturée de crème de tartre, l'oxy- crat prescrit en lavemens , sont les remèdes à employer. Mais il vaut beaucoup mieux prévenir la tym- panite que d'avoir à la guérir, et, avec des pré- cautions dont on ne doit jamais s'écarter d'un instant, rien n'est plus aisé. D'après l'observa- tion de M. Higonet , il paraîtrait que le trèfle, pâturé et donné en vert a l'élable , est beaucoup moins dangereux en automne qu'au printemps et en été. Voici déjà une utile mdication ; mais pour plus de certitude, il est bon de ne le faire paître , en toute saison , que lorsque les rayons du soleil ont enlevé la rosée de la nuit et toute l'humidité qui peut surcharger ses feuilles après une pluie ou un brouillard. Il est prudent aussi de n'y laisser les animaux que le temps stricte- ment nécessaire pour leur repas , et plus pru- dent encore de ne leur donner le trèfle qu'à l'écurie, car ils l'aiment avec tant de passion qu'ils s'en gorgent tant qu'ils peuvent quand ils en trouvent l'occasion , et ils prennent ainsi des indigestions d'autant plus dangereuses que la plante est plus acqueuse ou plus chargée d'humidité. Il ne suffit pas de la leur rationner à l'écurie, il y a encore à prendre quelques soins que nous allons enseigner. Gilbert prétend qu'en donnant à boire aux animaux avant de leur livrer le trèfle, on em- pêche celui-ci de leur occasionner des indiges- tions, et il cite pour preuve l'cxcniiilc des cul- tivateurs de l'Alsace. Malgré la haute estime que j'ai pour cet écrivain, je pense que celle assertion est au moins hasardée. Il vaut beau- coup mieux ne le donner au bétail que dans l'écurie , après l'avoir coupé la veille , ou au moins quelques heures à l'avance , afin qu'il soit parfaitement essuyé et même un peu flétri, et de le mélanger avec une certaine quantité de paille sèche aussitôt qu'il est coupé. Cette es- pèce de stratification écarte tout danger et elle communique à la paille une saveur qui plaît beaucoup aux animaux. La dessiccation du trèfle est très-difficile, à raison de la grosseur des tiges et de la (piantité d'eau de végétation que contient la jjlante; il est sujet à noircir, à moisir, à s'échaulTer lors- qu'il est entassé sans être parfaitement sec; ou, s'il est mouillé, après avoir été mis en meule et rentré , plus qu'aucun autre four- rage il est exposé à s'enflammer spontané- ment. Quand on le fait sécher sur le cliamp où on l'a récolté, il noircit , les tiges deviennent raides et dures, et elles se dépouillent entière- ment de leurs feuilles qui se détachent et se per- dent en poussière. Pour parer à ces divers inconvéniens , les agronomes ont imaginé plusieurs moyens, et ces moyens ont le double but de conserver le trèfle et d'en faire un fourrage très-sain, non sujet à météoriser le bétail. Commerel conseille de planter des piquets d'un pied de haut, et de placer sur ces piquets des perches horizontales assez rapprochées pour supporter le trèfle ; mais cette méthode est très-dispendieuse. Gilbert et, après lui, Rougier de la Bergerie, veulent qu'a- près avoir laissé le trèfle jeter son premier feu sur le champ, c'est-à-dire pendant que ses tiges sont encore flexibles et que ses feuilles ne se détachent pas, on l'apporte au grenier et qu'on le stratifié avec de la paille sur un lit de fagots d'épines, établissant de distance en distance des courans d'air au moyen d'autres fagots posés debout au-dessus les uns des au- tres. Cretté de Palluel et Hell faisaient appor- ter de la paille d'avoine, ou autre à son défaut, sur le champ , et faisaient rouler les andains avec elle. Mais toutes ces méthodes avaient plus ou moins les mêmes inconvéniens ; et il y a vingt ans, à peu près, que je publiai pour la première fois un mode de dessiccation qui, malgré son efTet aussi bon que certain , n'a ce- pendant commencé à se répandre généralement que depuis quelques années. Le voici : Aussitôt que le trèfle est fauché , au lieu de l'étendre sur le terrain pour le faire sécher selon la méthode ordinaire, on le réunit en petits tas de quatre à cini} pieds de hauteur et on le laisse ainsi se faner pendant vingt -quatre heures. Après ce laps de temps on défait chaque tas, on remue le fourrage à la fourche, cl l'on refait de nouveaux tas qu'on laisse s'échau/fer un peu, en prenant néanmoins bien garde à laisser moisir. Après tiois ou quatre jours, plus ou moins , selon la qualité du trèfle et la tempéra- ture plus ou moins chaude, on défait les tas et on laisse le trèfle se ressuyer une heure ou deux au soleil, après quoi on l'entasse de nou- veau. On recommence cette opération jusqu'à ce qu'il soit parfaitement sec , ce qui arrive plus tôt si les tas sont petits et plus tard s'ils sont gros. La sorte de demi-fermentation qu'éprouve le fourrage en se desséchant ainsi fait que les tiges et les feuilles conservent leur souplesse , que ces dernières ne se détachent pas, et qu'elles conservent une belle couleur de foin au lieu de AGHICULTUHE. Î69 noiivii-'. En cet éla[ lo trèfle se conserve très- | labours ou même souvent par un seul. Mais si l)ien sans le moindre danger ; le bétail le mange, | le sol relient l'eau , il est indispensable de l'as- senl ou en niéJange , sans inoonvénieni , il perd j sainir au moyen de rigoles ou d'égouts, car beaucoup moins de son poids et par conséquent ; celte plante, tout en aimant une certaine' IVai- de sa substance nutritive, ne devient jamais I cbetu-, craint beaucoup une bumidiléstagnanle. dur et ne court la chance ni de pourrir ni Rarement on fume avant de semer leirèfle de s'enflammer. Tel est le mode de dessicca- tion le plus avantageux à employer non-seule- ment pour le trèfle, mais encore pour la plu- part des fourrages lègumineux , si on veut leur conserver toutes leurs qualités. Cette plante , si précieuse surtout dans l'as- solcnieiit triennal parce qu'elle supprime l'année de jacbère , n'est pas très-difficile sur la qualité du terrain . Cependant elle réussit mieux dans les terres légères, fraîches sans être trè.s-humides, profondes et pas trop compactes , que partout ailleurs. Néanmoins on la cultive avec avantage dans presque tous les sols , même dans ceux qui sont très-argileux si on les amende conve- nablement, et dans les sables si le fond n'en est pas brûlant. Les terres calcaires sont celles qui lui paraissent le moins avantageuses, et ce- pendant j'en ai vu de très-beaux dans des fonds de cette nature. « Comme c'est, dit Rozier, du prompt accrois- sement en longueur et en diamètre de sa racine que dépendent la vigueur de la plante et sa la- cul lé de lésister aux sécheresses de l'été , il faut, dès que les semailles des blés d'automne sont faites, donner aux champs dans lesquels on veut mettre du trèfle, deux labours cioisés , et de plus faire passer deux fois de suite dans le même sillon , afin de soulever la terre à une grande profondeur. On multiplie , il est vrai , la dé pense et le travail , mais la piospérilé de la prai- rie en dédommagera largement , et le froment qu'on sèmera ensuite prouvera encore mieux que cette dépense et ce travail n'ont pas été faits à perle. Je prescris ce premiei- labour avant l'hiver, comme un travail de nécessité absolue, afin que la terre profite mieux des gelées. La gelée est le meilletn- cultivateur connu; plus elle est forte et mieux elle soulève la terre , et elle la soulève plus ou moins profondément. Si l'on veut, on peut, après l'hiver, répéter les deux labours dans le même ordre qu'auparavant , et surtout, SI le froid a été ligoureux, la terre res- semblera h celle d'un jardin, et il est impossible que le succès du trèfle ne soit pas complet. S'il existe des mottes on les cassera ; ensuite on hersera, afin de niveler exactement le sol. » Certes, les conseils de Rozier sont excellens, mais il reste h savoir s'ils sont économiques ; et tout bon agriculteur ne doit jamais perdre de vue que l'économie est le premier objet que l'on doit se proposer. Ensuite le trèfle réussit très-bien dans les terres passables sans toutes ces précautions coûteuses, et généralement on se contente de préparer le tenxain par deux parce que l'exiiérience a prouvé que l'on obte- nait d'assez bonnes récoltes sans cela. Il est pourtant utile de le faire dans les terres arides ou usées, et d'ailleurs l'engrais n'est jamais perdu , parce qu'il profite à l'avoine ou au fro- ment qui lui succéderont. Il est d'une grande impoitance de choisir de bonnes graines si l'on veut obtenir un suc- cès complet dans la culture de ce fourrage. Souvent on en trouve qui ont été cueillies avant leur parfaite maturité , ou qui ont élé moisies dans les sacs, sans que l'on puisse s'en aper- cevoir aisément à la première vue. Les bonnes graines doivent être grosses , pesantes et d'une couleur luisante. Gilbert a constaté que celles que l'on fait venir de Hollande pèsent envii-on un septième de plus que celles de Normandie, et ne perdent qu'un neuvième de leur poids au lavage , tandis que les autres en perdent un cinquième. Quant à l'âge qu'elles doivent a»oir, les cultivateurs ne sont pas d'accoid sur ce point : les uns , et ce sont les plus instruits , veulent que l'on sème la graine de la dernière recolle ; les autres , contre toutes les lois de la physiologie végétale, veulent que l'on donne la préférence aux graines de deux ans. Dans tour, les cas, il en faut semer plus ou moins épais, en raison de la qualité du sol, mais, terme moyen, on emploie trente-deux livres de grai- nes par hectare. BoiTARD. CLLTIRE DE LA GARANCE EX AUVERGNE. AGE DE LA GRAINE. En 183G, MM. Grasset et Ghvralbi ont ob- tenu à Mauriac , dans le Canlal , de bonnes ra- cines et de bonnes graines de gai-ance. Les plantes ont éprouvé au mois de novembre 1 8.3ô, année du semis, un froid de 9 degrés, sans en souffrir aucunement, quoiqu'elles n'eussent pas encore été chaussées ou plutôt recouvertes de trois à quatre pouces de terre dont on les en- toure à l'enlix'e de l'hiver et qu'il n'y eût point de neige pour protéger leurs tiges et leurs ra- cines. M. Grasset a reconnu que les graines, qui , suivant un ouvrage d'agricullure assez récent , devraient se semer immédiatement après leur dessiccation, viennent très-bien semées plus tard et germent encore à deux ans. Les essais de graine de deux ans ont réussi sur plu- sieurs points diiïérens de localité et de sol , no- tamment dans le leirain volcanique de Mauriac et dans ua terrain de transport, à la fois calcaire 170 AGRICULTURE. et volcanique, d'un champ près d'Aurillac, où la graine a élé pour ainsi dire jetée s;uis autres préparations et laljoiirs que ceux qui avaient été donnés pour le blé noir qu'on y sema en même temps en juin. Ou sait que la garance appartient à la catégorie des plantes sarclées et que ses tiges et ses feuilles sont mangées par les bestiaux. CULTURE INDIGENE DES DIVERSES ESPECES DE THES A ANGERS. La société d'horticulture de Paris a désiré connaître si l'on pourrait acclimater en France, et particulièrement sous le climat d'Angers, les diverses espèces de thés de Chine. En 1830, ayant vu les camélias résister au froid , j'avais formé le projet d'établir cette culture dans mes pépinières, persuadé de réussir. En efTet, je possède depuis cinq à six ans plusieurs jeunes thés verts, Iheaviridîs, thés bous, thea bohca, livrés à la pleine terre, exposés au couchant et plantés en terre de bruyère parmi de fort beaux camélias variés à fleurs doubles , qui ont plus de huit à dix pieds d'élévation , et qui , depuis 10 à 1 5 ans , ont résisté à nos hivers sans aucun abri , et notamment, en 1829, à une tempéra- ture de 14 degrés Réaumur. Je suis donc per- suadé qu'on peut , dans ce pays , cultiver avec succès les diverses espèces de thés , et même je crois qu'ils peuvent se passer de terre de bruyère. J'ai dans mon jardin , dont la terre est douce et légère, plusieurs camélias plantés sans apprêts; leur végétation n'est pas moins belle. J'ai remarqué que le thé vert grefTé sur camé- lia élait plus rustique que le franc pied ; cela vient pi-obablemcnl de ce qu'ils sont moins vi- goureux et que leur végétation n'est pas aussi tardive. J'ai pour preuve le thé bou franc de pied , qui fut d('i)onillé de ses fenilles par les gelées d'automne , tandis que le thé vert et thé sosanf|ua greflés se sont conservés. Je ferai observer que les hivers précédens au- cune des espèces n'avait souffert. Appréciant l'importance de celle culture, je me propose de l'établir assez grandement pour suffire aux expé- riences que désire faire M. Godefroy, membre de la Société industrielle d'Angeis , sur la pré- paration des feuilles, cherchant à les obtenir telles qu'elles nous sont livrées dans le com- merce. M.l.TLiio\, àAngers. CULTURE INDUSTRIELLE. — NOUVELLE PLANTE TEXTILE. A la dernière exposition des produits de l'in- dustrie de la Côle-d'Or, h Dijon , on a vu des cordages fabriqués avec l'écorcc de la Napée {Napœa lœvis de Linnée), grande plante de ^ la famille des malvacées, originaire de l'Amé- rique septentrionale et cullivée depuis long- temps dans les jardins. Cette plante s'élève jus- qu'à dix pieds de hauteur, même dans les mau- vais terrains. On en sépare facilement l'écorce lorsque les tiges ont élé plongées dans de l'eau pendant deux jours ; la filasse qu'on en relire est moins forle et moins fine que celle du chan- vre, mais serait très-utile pour la fabricalion des cordes communes , et de beaucoup préfé- rable pour cet usage à l'écorce du tilleul. On pourrait aussi en fabriquer du papier, et il se- rait à désirer que quelques-uns de nos actifs induslriels fissent des expériences à ce sujet ; le cbilTon de chanvre étant rare et cher, la dé- couverle d'une sulistance propre à le rempla- cer serait aujourd'hui d'une grande utilité pour nos fabriques. CULTURE , PRODUIT ET EXTRACTION DE l'iNDIGO DU POLYCONUM ÏINCTORIUM. Le Poligonnm iinctorium paraît devoir doter la France d'un produit qui la metlia h l'abri de toute crainte sur la privation d'une denrée utile , dans le cas d'une guerre mari- time. Sa culture n'exige aucun soin minutieux, surtout dans le midi de la France, où il doit être semé vers la mi-mars , sur des plates-ban- des exposées au midi , pour être repiqué dès que la plante a acquis quatre ou cinq feuilles ; il faut altendre qu'il n'y ait plus aucune chance de gelées tardives. Les plantes doivent être es- pacées d'environ deux pieds en tous sens et en lignes parallèles ; il serait peut-être conve- nable de les chausser; les autres soins h leur donner se bornent à des binages multipliés.-- Dès que la plante a atteint un pied de hauteur, on commence la récolle, qui doit êlre conti- nuée jusqu'au mois de septembre ; elle con- siste à cueillir les feuilles, en laissant au sommet de la plante celles qui sont indispensables pour maintenir la végélation ; pour cela , on doit les enlever proprement avec un instrument tran- chant, en ayant soin de ne pas trop fouler le terrain aux environs des touffes ; celte opéra- tion doit s'exéculer le plus promptement pos- sible, afin que les feuilles ne s'échauffent point. Le envier dans lequel on opère doit être cylin- drique ; on dispose les feuilles sur son fond aussi régulièrement que possible. On met dans une chaudière un volume d'eau vingt fois aussi grand que celui des feuilles sur lesquelles on opère ; on chauffe celte eau jusqu'à 00 ou 70° de Réaunnir; on la verse dansle cuvier. Bien- lôt on voit s'élever la coujeur sous la forme de pelils nuages d'un bleu vcrdàtre, qui s'épa- nouit à la surface du liquide. On laisse les cho- ses dans cetélal pendant dix-huit ou vingt heu- res , au bout desquelles on aperçoit a la sur- AGRICULTURE. 171 face de l'eau une légère pellicule irrisée. On commence alors le battage ; pour cela on verse la li(|ueur obtenue dans un autre cuvier, par un robinet placé au-dessus des feuilles. Quand on a obtenu toute l'eau qui peut couler par ce robinet, on achève d'évacuer le liquide con- tenu dans le premier cuvier par un robinet placé au fond de ce dernier. Tout le li(|uide soutiré, on lave toutes les feuilles entassées pour en retirer l'indigo qu'elles peuvent avoir con- servé. On réunit toutes ces eaux dans le deuxiè- me.cuvier, et l'on commence le battage, qui doit avoir lieu sans interruption. Cette opéra- tion consiste à battre , avec un balai d'osier, l'eau chargée du principe colorant. On pour- rait arriver au même résultat au moyen d'une machine placée obliquement dans le cuvier, qui serait mise en jeu par un engrenage. Le bat- tage produit une écume abondante à la sur- face du liquide ; cette écume , d'abord blanche , devient d'un bleu d'azur. On continue la même opération jusqu'à ce que l'écume ait acquis ce bleu brillant qu'elle conserve quand elle est af- faissée sans rien acquérir par le repos. Ou cesse alors de battre , et quand l'écume est affaissée, on l'enlève avec une palette mince et on la dépose dans un bassin. Ce produit, qui peut servir pour la peinture à l'aquarelle , ne nuit en rien à la bonne qualité de l'indigo qu'on ob- tient dans la suite. Lorsqu'on cesse de battre, la fécule ne tarde pas à se précipiter ; il ne reste plus alors qu'à décanter. Le cuvier de battage doit, à cet effet, être muni de plusieurs robi- nets placés les uns au-dessus des autres. L'in- digo est alors mis à nu , et il suffît de quelques lavages pour le rendre aussi pur qu'il est pos- sible. D'après les derniers essais qu'a faits M. Chapel , pépiniériste à Bordeaux , il y a lieu de croire que , par une opération bien dirigée, chaque kilogramme de feuilles fournirait près de 30 grammes de fécule. ÉCONOMIE AGRICOLE. HERSE POUR LES PRAIRIES. Les herses connues jusqu'à ce jour fonction- naient avec une grande difficulté dans les prai- ries. MM. Salanville et Gambin fds , jeunes cultivateurs du département du Rhône, vien- nent de donner à cet instrument une construc- tion mieux appropriée à la culture des prairies, et ils ont créé un instrument qui , à la pre- mière vue, semble devoir remplir parfaitement l'objet pour lequel il a été construit. La herse proprement dite est suspendue dans un cadre extérieur, porté lui-même sur trois roues. Cette idée est ingénieuse et mérite d'attirer l'atten- tion. On conçoit tout d'abord que la herse, de- venue ainsi presque indépendante du train qui la porte, ne doit point ou doit peu souffrir des obstacles qui entravent la marche régulière des trois roues, et l'on voit en même temps qu'il est aisé de triompher des obstacles agissant directe- ment sur la herse, à l'aide de deux leviers qui sont ajustés ingénieusement derrière l'instrument sous la forme de deux mancherons. Le conduc- teur peut, ave^ facilité, soulever la herse à droite, à gauche ou des deux côtés, selon que l'exigent les ondulations du terrain, les buttes ou les ri- goles à franchir. Un râteau placé derrière le cadre extérieur rassemble les mousses extirpées par les dents de la herse; on le nettoie selon le besoin en le soulevant, sans arrêter la marche de l'attelage. Cette herse a été essayée sous les yeux de M. le préfet du Rhône, qui a donné des encouragemens très-vifs aux auteurs de l'invention. CONSERVATION DES GRAINS. M. le général Demarçay, depuis 1825, con- serve les blés de froment sans aucune espèce de soins et sans y toucher. La première expérience a eu lieu de novembre 1825 à la fin de juillet 1828. Le blé mis dans le lieu de conservation était de 1825 ; il y est resté sans qu'on y ait touché jusqu'à la fin de juillet 1828. époque de la vente. Jamais les blés n'ont été attaqués par les charençons ; jamais ils n'y ont éprouvé la moindre humidité, sans perdre leur couleur et leur aspect naturel. Ce grenier contient 220 hec- tolitres on 360 quintaux. D'après M. De- marçay , si le blé à conserver n'est pas exposé à une chaleur au-dessus de — IS" et à moins de — 7° Réaumur ; si en même temps il est contenu dans l'air le plus sec possible , qui n'éprouve presque jamais ni mouvement ni va- riation hygrométrique , il se trouve dans une condition convenable pour que les œufs des charançons ne puissent y éclore, que ces insec- tes ne se propagent pas et pour que le blé se maintienne toujours sec. Pour arriver à ce résultat, M. Demarçay a fait établir dans une glacière une caisse posée sur une charpente, à un pied au-dessus du fond de la glacière ; il a disposé des poutrelles appuyées contre les murs, et la glacière a été construite en forme de cône tronqué. Il a fait clouer un parquet sur la charpente du fond et sur les poutrelles latéra- les, de manière que l'air peut s'élever avec la plus grande facilité du fond, par tout le pour- tour de la caisse , jusqu'au toit de la glacière, qui est en paille, exposé aux courans d'air et à l'action du soleil. M. Demarçay insiste sur ce point, qui, avec la position de la caisse, forme tout l'artifice et la particularité de son grenier. Il met aussi sur le haut de la caisse des plan- ches, les unes à côté des autres, pour s'opposer 172 AGRICULTURE. ail cl à la propagation de la an iiioiivemcnt de cbaleiir. • — Un journal de Diil)!in puMie le procédé suivant, rjii'il nous parail inléressant de faire connaître au commerce et à l'agriculture, puis- qu'il est destiné à préserver les farines des cha- rançons et autres insectes qui s'y introduisent. Il coasiste dans l'introduction, au milieu des tas ou sacs de farin«, de plusieurs bâtons de houx, auxquels on a fixé des morceaux de caout- chouc, ou gomme élastique, après les avoir pré- sentés au feu po'.H- y opérer un commencement de fusion. Il sutfit de les présenter de nouveau au feu toutes les semaines et de les replacer dans la farine. Si quelques-uns de nos corres- por.dans essayaient l'emploi de ce procédé dont nous n'osons pas garantir l'efficacité, nous les engageons à nous adresser les résultats de leurs observations. r.MPLOI Ur. I.A FARINE DE EIZ POUR LA NOURRITURE VEH VERS A SOIE. Dans l'ouvrage chinois sur l'éducation des vei's à soie que M. Stanislas Julien, de l'ins- litul, a traduit dernièrement sur l'invilalion du ministre des travaux publics , on trouve in- difjué un procédé curieux dont l'exactitude vient d'être démontrée ^vec un plein succès. Il est dit qu'en Chine , pour suppléer à la quantité de feuilles de mûrier pour la nourriture des vers à soie, on saupoudre ces feuilles avec de la farine de riz. Or, M. lîonafous, de Turin, qui a traduit l'ouvrage en italien , sur la tra- duction française , a voulu vérifier le procédé chinois ; il a saupoudré les feuilles de mûrier avec de la farine de liz, avec de la farine de froment, a\ec de la fécule, etc., et il a reconnu que ces diverses substances, qui seules ne se- raient point mangées par les vers à soie , de- viennent au contraire dans ce cas un aliment tout à fait de leur goût et produisent un dé- veloppement plus rapide. Les cocons des vers nourris avec de la farine de riz ont été surtout beaucoup plus beaux et plus lourds. La fécule n'a pas produit un résultat aussi satisfaisant, mais on doit espérer (pic des expériences faites chez nous, avec dillërentcs substances farineu- ses, conduiraient;» la connnais'sance d'une sub- stance aussi avantageuse, sous ce rapport , que la farine de riz. VITICULTURE. DES AMENDEMENS ET ENGRAIS QUI CONVIENNENT A LA VIGNE. Après les engrais animaux, tous chers, mais bien puissans, qui nuisent plus ou moins à la qualité du vin , viennent les engrais végétaux, auxquels on ne fait pas les mêmes reproches (l). Etd'alord la vigne elle-même pourrait, sur sr-s produits annuels, dans les vignes qu'on renouvelle par le provignage , fournir bien au- delà de l'engrais dont elle a besoin. Cet engrais offrirait l'avantage de se composer des sucs propres de la vigne, des substances qu'elle s'est déjà assimilées, et qui, par conséquent, lui seraient éminemment favorables. Les feuilles de la vigne, recueillies avec soin en quelque pays pour la nourriture des ani- maux , sont le plus souvent abandonnées et perdues pour l'engrais de la vigne. La plus grande partie est enlevée par les vents ou en- traînée par les eaux , et celles qui restent à la surface se décomposent jiresque sans profit pour le sol. On pourrait les utiliser comme en- grais si on les rassemblait après la vendange. Comme elles doivent peser au moins un ((uintal par œuvrée, elles fourniraient au moins une masse d'engrais à peu près la même, et tout aussi efficace que le fumier, aux fosses néces- saires pour entretenir la vigne. Mais il ne suf- firait pas de les rassembler en monceaux; les vents et les orages les disperseraient pendant l'hiver. Pour prévenir cette déperdition, on les couvrirait d'un peu de terre ou on les placerait dans igne, d'après les expériences des chimistes, contient une assez forte propor- tion de matière végéto - animale , et surtout se compose tout entière de substances de la vigne, di^à tout assimilées à sa nature. Mais la vigne donne d'autres produits qui ne lui profitent pas et qu'on lui rendrait avec avantage : ainsi, au lieu de brûler les sarmens, qui le plus souvent n'ont qu'une valeurmoyenne de 60 à GO centimes par (juintal alois qu'ils sont secs, on pourrait en faire des engrais pour la vigne; on placerait un lit de sarmens dans la fosse, à .3 pouces au-dessous du coude des pro- vins. Par ce moyen, on donnerait, pour une longue suite d'années , de. la vigueur aux ceps placés au-dessus. La taille de 20 à 30 ceps, (]ui produit 100 à 150 brins, suffirait à une fosse , et celle de 1 00 à 1 50 ceps aux cinq fosses par œuvrée; l'engiais et l'entretien de la vigne n'absorberaient donc ainsi guère que motié du sarment produit. On emploierait ces sarmens avant qu'ils fus- sent secs , parce que leur décomposition serait Cl) Le Joiirnnl des Connaissances niUes, en s'occu- paiU (les difTérens entrais (jui convicnnnnt à la vigne, a dù}ii eu l'occasion d'exprimer celle mi^me opinion. Voir annexes I83i-i832, p. 210; année lb34, p. 76; année 1836, p. '^04. AGRICULTURE. 173 plus facile; 8 à 9 livres par fosse d'une subs- ( tance toute composée des sucs de la vigne four- niiaient, sans aucun doule, autant d'engrais (jue les 20 à 25 livres de fumier qui se rédui- sent à 5 ou G livres de substance sèclic, et cet engrais coulerait au plus 5 centimes par fosse ou 25 par œuvrée, au lieu de GO que coule l'engrais en fumier : son effet , inoins sensible dans les piemières années , le serait beaucoup plus dans les années suivantes, et la durée se prolongerait facilement jusqu'au nouveau pro- vignage. On aurait encore une importante ressource dans le marc du raisin pressé. Lorsqu'il est distillé, il produit assez peu d'efTel. Cependant, dans les sols humides et non calcaires, on le juge encore utile ; dans le sol calcaire sec, son efiel est peu sensible. jMais le marc non distillé donnerait, je le pense, un excellent engrais : ce serait un assez léger sacrifice que de le donner à la vigne sans le cuire ; on rendrait ainsi aux ceps une partie des sucs qui leur ont le plus coûté h produire. Avec le prix actuel de l'eau-dc-vie , la distillation du marc ne donne guère, en pro- duit nel d'eau-de-vie, que 20 centimes par hectolitre de vin : or, cet hectolitre de vin est le produit moyen d'une œuvrée et a laissé un quintal de marc. Ce quintal suffirait, à ce qu'il nous semble , pour les cinq fosses de la vigne , et aurait sans doute plus de puissance actuelle et h venir que le quintal de fumiei- animal qu'on lui donne, parce qu'il contient au moins le double de substances sèches , qui se composent de la substance du fruit lui-même , du produit spécial qu'on demande à la vigne. Il renferme encore plus de ferment ou de substance azotée que la feuille , et le pépin , semence de la plante, contient une poulpe huileuse très-fécondante , comme toutes les substances de sa nature ; mais tout cela se dénature et perd en très- grande partie ses propriétés à la distillation, et, en outre , ce serait un engrais moitié moins cher que le fumier. Il nous semblerait utile , pour prévenir la déperdition que lui fait subir la fermentation, de l'alterner avec de minces couches de terre. Remarquons encore que le marc de raisins, comme le sarment , comme la feuille de vigne, au contraire des autres en- grais , n'altère d'aucune façon la qualité du vin. Dans l'Arriége , on sème dans les vignes calcaires de l'esparcetle, qu'on y récolte pen- dant deux ans. Pendant ce temps, on ne cul- tive pas la vigne ; on ne foit que la tailler et la vendanger. Elle s'aflaiblit toutefois un peu sous ce régime ; mais, à la tioisième année, au prin- temps , on défriche le sainfoin, on enfouit sa tige et ses racines au pied des ceps. La vigne alors reprend une grande vigueui' , qu'elle con- serve pendant unç suite d'années. Dans d'autres cantons, on se trouve encore mieux de semer de bonne heure, en automne , du trèfle incarnat (l). Ce trèfle réussit bien , lors même qu'on le sème sans remuer le ter- rain. Au printemps , il pousse de bonne heure ; on l'enterre à la première façon , éporpie où sa tige et ses racines produisent beaucoup d'en- grais. On conçoit (|u'en le plâtrant, il pousse encore jilus vigoureux et engraisse par consé^ quent encore mieux. Le procédé du trèfle incarnat nous semble convenir beaucoup à notre pays. Sa végétation est printannière et a lieu avant que la vigne allonge ses bourgeons ; à la fin de mars , outre le tapis de ses feuilles sur le sol et les nom- breuses racines qu'il a distribuées dans son sein, ses tiges ont souvent déjà 5 à G pouces de hauteur. Cette niasse végétale, enterrée dans la vigne, produit un engrais abondant sur toute l'étendue et dont l'eiTet doit durer pendant plusieurs années. I\lais il îml tenir la mam à ce que les vignerons ne succombent à la ten- tation de donner ce fourrage appétissant à leurs vaches au lieu de le donner comme engrais à la vigne. Ces engrais nous semblent avoir un grand avantage sui- tous les autres. Ces végétaux vi- goureux et dont les racines entrent profondé- ment dans le sol le débarrassent des déjections que la vigne y a accumulées et qui sont un grand obstacle à sa vi'gueur. Ils ofl'rent encore, en (juehiue sorte, l'avantage de l'alternance, et peuvent reculer beaucoup le moment d'arracher la vigne poui- la replanter en détruisant dans le sol les principes qui lui répugnent et l'aiTai- blissent. Il semble même que les excrétions de la vigne fournissent à ces plantes des sucs spéciaux par- ticulièrement favorables, car ils s'y dévelop- pent avec beaucoup de vigueur. Nous n'avons jamais récolté d'aussi bon sainfoin que dans une vigne épuisée, en sol tout-à-fail médiocre, qui depuis a été rétablie et repousse maintenant tiès-bien. La vigueur que donnent à la vigne ces végétaux doit faire penser que ses racines tirent aussi un très - grand parti soit de leurs débiis soit des excrétions de ces plantes lé- gumineuses elles-mêmes; il s'ensuivrait que le service réciproque que se rendent ces plantes permettrait de rapprocher les époques où ces engrais légumineux peuvent reparaître sur le sol, en même temps qu'ils éloigneraient celui de l'arrachement ou' du renouvellemeat de la vigne. Toutes ces considéi'ations , que nous liions du point de vue nouveau sous lequel on envi- sage la loi d'alternance, auraient toutefois eu- (0 Voir numéro d'avril 1S38, p. 218, un article « siw la fumure de la lUjnepar le trille. » 174 AGRICULTURE. core besoin d'èlre éclaircies et confirmées par de nombreuses expériences , qui offriraient beaucoup d'intérêt. {Extrait d'un mémoire publié ; par M. Puvis.) EMPLOI DU FIL DE FER POUR LA VIGNE. ■ M. de Macheco, d'AUeret , a fait l'essai d'un nouveau procédé pour la culture de la vigne. Ce procédé consiste à remplacer les échalas or- dinaires par du fil de fer goudronné, à l'aide duquel on attache et on fixe les pampres. On forme ainsi une espèce de guirlande qui prend bientôt une consistance telle qu'elle peut résister aux plus grands vents. Des piquets de 4 à 5 pieds , selon la nature du sol , charbonnés ou goudronnés à la partie qui doit entrer en terre, sont placés à distance de 1 1 à 12 pieds les uns des autres , et on les enfonce assez loin des ceps pour qu'ils n'en gênent pas la taille. Ces piquets servent à assujettir le fil de fer à leur sommité. La livre de fil de fer que M. de INIacheco a employé à cet usage avait à peu près 91 pieds de développement. Les ceps sont plantés en lignes de 3 pieds et à 2 pieds dans chaque ligne. Pour 150 toises ou 60 ares, il a consommé 20 livres de fil de fer, prix 10 fr.; 300 piquets, 15 fr.; un petit échalas pour chaque cep, en- semble 10 fr; total 35 fr. Or, il faudrait, pour la même étendue de terrain, 2,500 échalas à 1 8 fr. le mille ; total , 45 fr. En outre , les écha- las ont besoin d'être renouvelés tous les quatre ans , tandis que le fil de fer goudronné et les piquets charbonnés ou goudronnés auront une bien plus longue durée, et la main-d'œuvre en est, d'ailleurs , bien moins chère. La substitu- tion du fil de fer et des piquets aux échalas aide h la maturité du raisin ; elle facilite la cueillette et la taille ; elle présente une économie réelle, et, de plus, une grande solidité, véritable garantie contre les coups de vent. Cette mé- thode nouvelle n'avait encore été indiquée par aucun auteur (i). MÉDECINE VÉTÉRINAIRE. DE LA NÉCESSITÉ DE PURIFIER LES LIEUX INFECTÉS PAR LA CONTAGION DU TYPHUS. (Deuxième et dernier article.) Désinfection de l'air contagieux des élables. Un grand nombre d'agens désinfectans ont (1) Comme il ne nous a pas été possible de vfriner si le procédé indi(iiié par M. de Macheco avait été mis en pratique par quelques propriétaires et si celje inno- vation avait réussi, nous laissons ce renseignement à l'appréciation des personnes qui s'occupent plus par- ticulièrement de la culture de la vigne. été conseillés pour opérer la purification de l'air ou pour mieux dire la destruction des virus volatils unis à la vapeur d'eau que cet élément tient toujours en suspension. Vantés à certaines époques , tombés en discrédit à d'au- tres , ces agens ont suivi le cours des idées ré- gnantes sur la nature et l'essence de la compo- sition des virus. Supposant les virus formés par une matière animale putréfiée , associée à l'air et déceice à l'odorat par la fétidité , quel- ques personnes ont pensé que les élémens vo- latils aromatiques unis à l'air pouvaient annu- ler les effets septiques de la matière infectante. D'autres, ayant cru découvrir des élémens aci- des dans la composition du conlagium , leur ont opposé les alcalis vaporeux , dans le but de former une association nouvelle et innocente. Par contre , et par la conséquence d'une sup- position non moins gratuite, quelques patho- logisles, ayant admis que les virus étaient de nature alcaline, ont conseillé les acides pour en neutraliser l'action. Enfin d'autres , admet- tant que les virus sont des êtres animés micros- copiques , ont cherché et vanté des agens ca- pables d'en opérer la destruction ou la mort. Tous ces moyens ont eu leur temps , leur vo- gue , leurs apologistes et aussi leurs détrac- teurs. Tour à tour abandonnés avec les idées de ceux qui les avaient créés , l'expérience est enfin venue éclairer de son flambeau ce chaos obscur, et on s'est convaincu qu'il n'existait point d'agi'nt exclusif de désinfection, mais bien _des pi'océdés, des méthodes de désinfec- tion dans lesquels ont fait entrer différens agens désinfeclans. Quoi qu'il en soit, beaucoup de personnes peuvent avoir lu ou avoir entendu vanter les avantages de quelques agens désinfectans de l'air usités ou inusités aujourd'hui ; nous les fe- rons connaître dans le but de démontrer l'inef- ficacité ou la bonté de leur emploi. Ces agens sont : 1° les fumigations aromati(]ues; 2" la dé- tonation de la poudre ; 3° les fumigations aci- des ; 4'> les fumigations alcalines ; 5" les feux allumés dans les étables ; C les fumigations de chlore. 1° Fumigations aromatiques. — Les fu- migations aromati(iues se pratiquent en briilant dans les étables ou dans des lieux infectés di- verses substances aromatiques, telles que les résines, les baumes, les gommes - résines , les huiles essentielles , le camphre , les baies de genièvre. Associée à l'air, la fumée odo- rante de ces substances est impuissante pour altérer les propriélcs malfaisantes des virus ; inspirant quoique confiance en masquant la félidilé de l'air, elles deviennent dangereuses par la sécurité trompeuse qu'elles inspirent. Conseillées cependant par Bonrgelat cl par Vicq d'Azyr pour neutraliser les virus , au- AGRICULTURE. 175 jourd'liui on ne doit vanter leur utilité que comme agent excitant , dans la supposition où elles sciaient légères et faites pendant le si\jour des animaux dans les ctabics dans le but d'ex- citer la transpiration cutanée et d'introduire par la voie d'absorption pulmonaire quelques principes excitans dans le sang ; mais ces fumi- gations , comme pouvant purifier l'air et dé- truire les virus', sont tout a fait ineflicaces. Z" Détonation de la poudre. — La combus- tion de la poudre, eu l'endammant dans des vases ou'en tirant des coups de fusil dans les étables, ébranle l'atmospbère, secoue brusque- ment les molécules aériennes, peut éloigner de l'étable par les portes , les fenêtres ou autres issues, la masse d'air qu'elle renferme, et con- courir ainsi à son renouvellement. Mais doit- on compter beaucoup sur un pareil moyen physique pour raréfier et purifier une masse d'air circonscrite? Non. Les fluides élastiques développés pendant la détonation sont- ils par devers eux capal)les de désinfecter l'air ? Encore non. Car ces fluides gazeux , composés de gaz acide carbonique , de gaz azote , de deutoxide d'azote, de gaz oxide de carbone, de vapeur d'eau, de gaz bydrogène sulfuré, sont tout à fait incapables d'opérer la destruction des ma- tières animales et virulentes. Ce second moyen désinfectant est donc encore à rejeter. 3" Fumigations acides. — On a conseillé, comme fumigations acides, les vapeurs de vi- naigre , d'acide sulfureux , d'acide nitrique et d'acide hydrochlorique. Nous dirons un mot sur la valeur de chacun de ces agens. Les vapeurs de vinaigre , qu'on obtient en vaporisant l'acide acétique sur des charbons ardens, des pierres chaudes ou des morceaux de fer rouges , masquent la mauvaise odeur , mais elles ne sont point assez tenaces pour s'at- ta.cher aux matières animales virulentes et les détruire complètement ; on ne doit donc espérer aucun bon résultat de leur emploi. Les vapeurs [d'acide sulfureux, qu'on ob- tient en projetant de la fleur de soufre ou du soufre en poudre sur des charbons ardens ; plus pesantes que l'air, peu expansibles , elles n'ont qu'une faible action sur les matières ani- males, qu'elles ne peuvent décomposer entière- ment. L'acide nitrique gazeux proposé par Schmitz est employé de préférence à tous les autres acides en Angleterre. On l'obtient en plaçant dans un vase trois onces de nitrate de potasse sur lequel on verse deux onces d'acide sulfurique ou vitrioiique ; on place le vase sur des charbons, et à l'aide d'une douce chaleur, des vapeurs blanches formées par l'acide nitri- que se dégagent et se répandent dans l'air. L'a- cide nitrique est trèj-caustiquc , son action est si grande sur les matières ar^imalcs qu'il les désorganise promptement. On peut donc bien facilement croire qu'associé à l'air atmosphéri- que chargé de matières animales, il atta(juera celles-ci et les détruira complètement. INIais malheureusement ce gaz acide est plus pesant que l'air, il ne peut gagner les régions supé- rieures des étables ; peu expansible, il ne pénè- tre que peu ou point dans les coins et l'ecoins de l'étable, dans les trous des murailles, dans les fentes des cloisons, des planchers, etc.; sous ce rapport , et bien qu'incontestablement bon pour détruire les virus , on ne peut lui ac- corder une glande confiance : cependant on devra faire usage de la fumigation anglaise dans les étables ou cénacles peu spacieux dont les murs et autres parties de l'étable seraient dans un bon état. L'acide hydrochlorique muriatique ou marin, par sa grande afïinité pour la vapeur d'eau existant dans l'air et son action sur les matières animales, qu'il attaque et qu'il décom- pose de même que l'acide nitrique , est néan- moins comme le dernier plus pesant que l'air , peu expansible et ne se répand que difficile- ment dans toutes les parties à désinfecter. Ce- pendant Vicq d'Azyr assure avoir obtenu de l)ons efiets des fumigations hydrochloriques. C'est donc un agent désinfectant que l'on pourra employer en l'absence du procédé Guytonien. Le procédé à l'aide duquel on obtient l'acide hy- diochlorique gazeux est simple. On place dans le milieu de l'étable un vase en terre vernissé dans lequel on a mis une demi-livre de sel de cuisine {chlorure de sodium) réduit en poudre, sur lequel on verse une à deux onces d'acide sulfurique concentré : un boursoufïlement s'o- père dans le mélange ; des vapeurs blanches se dégagent et remplissent bientôt le local. Cette quantité de sel et d'acide suffit pour désinfecter une étable contenant de quinze à vingt-cinq bètes. Les vapeurs d'acide nitrique et d'acide hydro- chlorique ne sont point à dédaigner comme agens désinfectans ; nous leur accordons toute notre confiance. Cependant il est un procédé de désinfection simple , facile , peu coûteux , dont l'expérience a sanctionné l'efficacité depuis bon nombre d'années, auquel nous accordons la préférence ; nous voulons parler du procédé Guytonien ou des fumigations de chlore ga- zeux ou d'acide muriatique sur -oxigéné. Mais avant de faire connaître l'emploi de ces fumigations, il est convenable d'indiquer les conditions dans lesquelles on devra placer le lieu à désinfecter et les opérations préliminaires qui concourent à l'obtention des succès de celte désinfection. Avant de procéder aux fumigations de chlore, 176 AGRICULTURE. on aura dû mettre en pratique les procédés de désinfoclion qu'on a fait ronnailre à l'égard des fiuiiieis, du sol, des murs, des crèches, des clijels de pansement : ces désinfections prélimi- naires sont de rigueur. Après avoir ouvert les portes et les fenêtres de l'étahle pour procurer des courans d'air et le renouveler, on allumeia des feux au milieu de l'étable si elle est petite, et dans plusieurs endroits si elle est grande ; ces feux seront faits avec de la paille , des fagots ou autres matières facilement combustibles et don- nant le plus de flamme possible. Ils seront entretenus pendant douze heures et surveillés attentivement pour éviter tout accident. Cette combustiona deux avantages: i"de procurer des courans d'air qui renouvelleront l'air de l'éta- ble ; 2" de détruire les matières animales vola- tiles et contagieuses que la flamme atteindra ; 3» enfin, par la chaleur qu'elle répandra dans l'étable, de dessécher les parties humides, de dilater l'air en procurant l'expansion des molé- cules vaporeuses infectes qu'il renferme. On conçoit donc la bonté de ce procédé simple , que nous ne sauiions trop recommander en hiver surtout. Ces précautions prises , on fermera les portes et les fenèlies des lieux infectés , et on procé- dera à la fumigation Guytoniènc de la manière suivante. On mettra dans une petite terrine de terre vernissée , de trois litres de capacité : Sel gris de cuisine 1 livreetdemie, Oxidede manganèse en poudre i demi-livre. On mêlera bien ces deux substances, on placera le vase sur quel(iues chaibons allumés , puis on y versera un mélange d'acide sulfurique et d'eau dans la proportion d'une livre chaque. On pratiquera encore plus facilement les fu- migations de chlore en prenant -. Chlorure de chaux 2 onces. Acide sulfurique 2 onces. On mettra le chloiure dans un vase vernissé, on le placera au milieu de l'étable , on versera l'acide sulfurique dessus, et on mélangera vi- vement les deux substances. Il .se dégagera im- médiatement une grande quantité de vapeurs blanches formées de chlore gazeux et d'acide hy(!r()ch!ori(|ue. On se relirer.i aussitôt pour ne point respirer ces va|)eurs irritantes, et on fer- mera la porte par laquelle on est entré. On laissei'a dégager la fumigation pendant une heure. Ce laps de temps écoulé, on ouvrira les poites et les fenêtres de l'étable pour laisser dégager les vapeurs de chlore. La désinfection de l'air de l'étable sera alors complète. Cepen- dant , pour plus de sûreté , on devra encore , autant (pic faire se pourra, laisser l'étable vide pendant une huitaine de jours. Le huitième jour on fei-a une nouvelle fumigation , et deux heures après on rentrera les bestiaux dans l'étable. Désinfection des •personnes qui ont soigné ou touché les anitnaujc malades ou sus- pects. Les vêtemens des personnes qui ont approché ou touché les bestiaux malades ou suspects doivent être aussi l'objet d'une sérieuse atten- tion ; ils deviont être lessivés: les vieux cha- peaux, bonnets, casquettes, les sabots, les guêtres des bouviers , seront détruits ou lavés avec la dissolution de chlorure. Précautions à prendre à l'égard des ani- maux de la même espèce ou d'espèce dif- férente qui ont cohabité avec les bêtes malades ou suspectes. Nous avons lapporté plusieurs exemples qui prouvent jusqu'à l'évidence que les animaux de la même espèce aussi bien que les animaux d'espèce difTérente , comme les chevaux, les moutons, les chiens, les chats, les porcs, pou- vaient transporter au loin les virus volatils qui s'attachent à la surface de leur corps ; que les excrémens , l'urine , la bave , les débris de fu- mier, de litière, qui peuvent s'attacher à la peau , aux pieds ou ailleurs, étaient des parties (|ui, renfermant les germes de la contagion, sont capables d'infecter les bêtes à cornes (|ui les re- cèlent ou bien celles cpii pourraient les loucher, les flairer ou en lespirer les émanations. Il est donc indispensable, toutes les fois (prou désirera conserver par la séquestration les bêles infec- tées et permettre la libre circulation d'animaux n'appartenant point ;i l'espèce bovine, de les soumettre à une désinfeclion con\enable. Le procédé à mettre en prali(iue sera simple. On confectionnera de l'eau de lessive, au besoin on se servira d'eau chaude et de savon gras , et, à l'aide de brosses , de bouchons de paille , on nettoiera le corps des animaux. Quehpies par- lies du corps des bêtes k cornes, comme la croupe , les fesses , (pii piulent des matières excrémenlitielles attachées et durcies aux poils, seront spécialement bien apjiropriécs ; on pourra en couper les poils au besoin. L'eau (pii aura servi au lavage et les poils ou autres débris de matières animales ou excré- menlilielles ([u'clle aura détachés seront en- fouis dans 1j sol immédiatement (i). V. Dei.afond , Professeur de pathologie et de thérapeu- tique à l'école vétérinaire d'Jlfo\'t. (i) Nous avons indique dans le numéro de mai que nous cmprunlionS ces articles à l'ouvrage que M. Dcla- fond vient de publier sons le titre de Tra'uù sur la po- lice saniiaire des animmur domcsiiqms. Nous venons d'acliever la lecture de ce livre, que nous ne saurions trop recommander aux vétérinaires , aux médeeius et aux autorités civiles et militaires. COMMERCE , MANUFACTURES , ARTS ET METIERS. l77 II. COMMERCE, MANUFACTURES, ARTS ET MÉTIERS. FADRICAïION DES EPINGLES. Parmi celte foule d'objets divers dont on fait un usage journalier, il en est beaucoup (|ui de- mandent des capitaux considérables et un nom- bre d'ouvriers dont on est loin de se douter. Ainsi, par exemple, une épingle, qui , de tous Jes objets fabriqués, est peut-être celui dont le prix est le plus bas, n'arrive à la consommation qu'après avoir passé dans les mains de plus de vingt-cinq ouvriers. Aujourd'hui, la fabrication de cette marchandise s'exécute avec une célé- rité qui tient du prodige; en voici les principa- les opérations .- Les épingles se font ordinairement en fd de laiton , que l'on tire du noid de l'Eui'ope , en état d'être coupé , aiguisé , etc. La piemière opération consiste à bien dresser ce fil, afin de pouvoir le travailler, lin ouviier habile dresse 600 toises de fil par heure. Quand une botte d'environ 25 livres est diessée, on frappe avec une planchette les extrémités des fils afin d'ob- tenir une surface plane ; ensuite on coupe le fil de laiton en tronçons de même longueur au moyen d'une cisaille. Un ouvrier peut dresser et couper en un joui- assez de fil pour fabriquer 240 milliers d'épingles. Du coupeur, les tronçons passent aux em- poinleurs (qui font les pointes). La machine dont on fait, usage dans cette opération est une meule d'acier trempé, taillée en lime sur son contour; cette lime circulaire est montée et mise en mouvement comme les meules des cou- teliers. Il y a deux sortes de meules : l'une pour dégrossir et l'autre pour finir. Pendant que la meule use les tronçons, l'ouvrier les roule entre ses doigts afin que la pointe de l'épingle soit aiguë et conique. Les tronçons dont les deux bouts sont aiguisés passent des empoin- icurs à l'ouvrier coupeur. Celui-ci, armé d'une cisaille et muni d'une boîte qui lui seit de régu- lateur, retranche, vers les deux bouts du tion- çon , deux longueurs ; ces deux parties déta- chées représentent deux épingles sans tête , que l'on appelle hanses. Un ouvrier peut, dans un jour, faii-e la pointe de 180 milliers d'é- pingles. Les tèles se font avec du laiton roulé en tire- bouchon à l'aide d'une machine composée d'un petit arbre de fer poli, qu'on fait tourner soit avec la main, soit au moyen d'une roue et d'une corde; à l'extrémité de l'arbre est aj'.isté im fil de lai- ton sur lequel se roule celid des têtes, d'où ré- sultent des hélices tout-à-fait semblables aux ressorts de bretelles. Au moyen d'un cisaille, l'ouvrier coupe d'un seul coup deux tours de chaque hélice .- il peut couper jusqu'à 12,000 têles d'épingles à l'heure. Pour fixer les têtes, on fait usage d'un mou- ton. Pour celte opération, l'ouvrier a trois sé- biles aulour de lui : une contient des lètes , une autre les hanses el la troisième les épingles avec des têles. Il prend une hanse, l'enfonce au ha- sard dans la sébile aux têles et les fail couler vers le gios bout de la hanse. On peut frapper 1,200 tètes d'épingles par heiue. Après que les épingles ont été décrassées et étamées , on les fait sécher, puis on les remet aux houleuses, qui sont chargées de les placer sur les papiers telles qu'on les livre au com- merce. Ces papiers sont percés au moyen d'une sorte de peigne dont les dents sont en acier; afin de percer plusieurs doubles de papier à la fois, on frappe dessus avec un marteau. Une houleuse peut percer i4i milliers de trous dans sa journée et placer dans ces Irons 48 milliers d'épingles, pareillement dans un jour. Le cuivre étant à peu près l'unique matière employée dans la fabrication des épingles , ce métier est sale et malsain. Les empoinleurs meurent généralement pulmoniques et de bonne heure; ceux qui ont pu lésisteraux dangers de leur élat l'abandonnent vers l'âge de qua- rante à cinquante ans au plus tard. Il serait à désirer que des procédés moins insalubi'cs vinssent en aide h une cla.sse d'industi'iels dont les avantages sont loin d'être en rapport avec les dapgers réels, f|ui sont inséparables aujoui- d'bui de leur profession. lïl. ECONOMIE BOMESTIÇï:E, rERSlE?;>iES EN TOLE. On fabrique dans quelques départemens des Persiennes en tôle qui ont plusieurs avantages . sur celles en bois ; ainsi elles sont plus légères, coûtent moins cher et ont une durée plus grande que ces dernières ; elles n'exigent pas non plus l'emploi de ferrures aussi fuites pour être fi- 178 ÉCONOMIE DOMESTIQUE. xées au mur, toutes considérations qui ne sont pas à dédaigner ; aussi plusieurs feuilles publi- ques en ont-elles déjà rcconuuandé l'usage. Cette dernière circonstance nous engage à prévenir tout propriétaire, qui serait tenté d'employer ces nouvelles persiennes, de bien s'assurfer aupara- vant si elles n'ont pas le grave inconvénient d'être excessivement sonores lorsque la grêle ou seu- lement la pluie vient à fouetter contre , et si les rayons du soleil ne leur communiquent pas une chaleur pour laquelle, on le sait, la tôle est un conducteur beaucoup plus efTicace que le liois. Dans ce dernier cas, leur usage ne se- rait plus aussi avantageux et devrait être même presque abandonné , car c'est principalement contre la chaleur du soleil et de ses rayons que les persiennes ont mission de défendre l'inté- rieur de nos habitations. Ne connaissant pas cette industrie nouvelle , et ayant pour règle de ne recommander que ce (|ue nous connaissons, nous ne saurions faire autre chose que de livrer ces observations aux personnes qu'elles peuvent intéresser, CARBONISATION DU BOIS ET UTILE EMPLOI DE l'acide pvroligineux qui s'en dégage. l'acide se condense à mesure qu'il se dégage et tombe dans un tonneau. Voici la marche et le résultat de cette opé- ration, tels qu'un de nos correspondans nous les fait connaître : ^ « Je remplis', dit-il , mon cylindre de mor- » ceaux de bois de sapin , fendus eu deux et )) sciés de la longueur nécessaire. Peu de temps » après que le foyer fut allumé, la combustion » s'établit dans le cylindre, et , après trois hcu- )) res de feu, le bois était réduit en charbon. De » ce moment, je laissai éteindre le feu du foyer, » et, deux heures après, le refroidissement étant )) suffisant, j'enlevai la bonde et retirai ducy- :» lindre le bois transformé en la plus belle qua- » lité de charbon. » î) Un demi-stère m'a produit sept ciiitées , i) dont le cinquième a été brûlé dans le foyer. » Voici le résultat de mon opération sous le rapport productif: Ce demi-stère de bois de sapin , évalué à 3 fr. » a produit un sac et demi de char- bon , valant 6 fr. le sac. ... 7 50 L'acide pyroligneux qui se dégage du bois lorsqu'on le carbonise , est , de toutes les ma- tières que l'on emploie pour la conservation des bois, celle qui présente le plus d'efficacité, à cause du suc légèrement astringent et cmpy- icumatique qu'elle possède. On voit de quel avantage il sera pour tout propriétaire d'utiliser de celle manière la quantité de bois de chaufTage dont il pourra disposer, puisqu'il en retirera tout il la fois du charbon, de l'acide pyroligneux et en outre une assez grande quantité de gou- dron qui se précipite au fond de l'acide, lors- qu'on l'a laissé reposer pendant huit ou dix jours. Ce goudron peut encore trouver lui- même un utile emploi. La meilleure manière de carboniser le bois pour en retirer l'acide pyroligneux , consiste à enfermer un cylindre de fonte ou de tôle dans un fourneau, au-dessus du foyer de combus- tion, et de façon que la chaleur et la fumée cir- culent tout autour avant de s'échapper par la cheminée. A chacune des extrémités de ce cy- lindre, on réserve une ouverture, l'une servant à introduire dans l'intérieur le bois que l'on veut caiboniser, après quoi on bouche celte ou- verture avec un tampon creux en tôle, garni à l'intérieur de terre glaise , et que l'on a le soin encore de luter tout autour avec la même ma- tière, pendant le temps que dure la combustion. A l'ouverture de l'autre extrémité , on adapte un tuyau en tôle qui circule dans l'eau froide : Bénéfice. 60 Ce propriétaire annonce en outre avoir re- tiré vingt jiinles d'acide et quatre pintes de gou- dron ; mais n'ayant eu en vue, dans son opé- ration , (jue la caibonisation du bois, il jeta l'a- cide et ne conserva que le goudron i)our le graissage des charrettes, ou pour les enduire en guise de peinture. Si ce propriétaire eût connu l'utile emploi qu'il pouvait faire de l'acide , il aurait encore eu davantage à se féliciter du bé- néfice que lui aurait procuré la carbonisation de son bois. La mani'ère d'appliquer cet enduit sur les bois est ensuite des plus f;iciles : lorsque le bois est débile et prêt .'i être employé , on en recou- vre toute la surface avec cet acide au moyen d'un jtinceau; on répèle l'opération pendant six à huit jours jus(|u'à ce que le bois soit pénétré à une assez grande profondeur. De cette manière on pourra être sûr de le préserver de toute pour- riture et de la piqûre des vers. L'acide étant entièrement transparent ne donnera en outre aucune couleur désagréable au bois, et ne for- mera à la surface aucune épaisseur. — Le numéro du mois de juillet du Journal des Con- naissances miles conlienilra plusieurs vignettes rcpré- seiilaiit des instrumcns de cuisine destinés, par leur incontestable ulililé, à obtenir quelques succès auprès des personnes qui s'occupent d'ccononde domestique. Ces instrumcns, inventés ou perfectionnes par .M. Ar- nlieiter, mécanicien breveté du roi pour les instrumcns d'auricullurc, ont tous subi le contrôle^dercxpérience. HYGIÈNE. 179 IV. HYGIÈNE ET MEDECINE. DES ERREURS POPULAIRES RELATIVES A LA MÉDEcn'E. — (Siiile.) En parlant des erreurs populaires , il faut assurément mettre en première ligne l'histoire des charlatans et des vendeurs de remèdes se- crets, dont je voudrais pouvoir révéler toutes les honteuses menées , afin d'empêcher le pu- blic, dont on ne saurait comprendre la crédu- lité, d'en être plus longtemps la victime. Com- ment ne pas concevoir, en eflél, que les individus qui débitent des remèdes secrets ont pour but principal de gagner de l'argent, sans s'inquiéter le moins du monde de la guérison ou de la mort de leurs dupes ; qu'ils leur vendent au poids de l'or un remède composé de quelques médica- mens bien connus et généralement de peu de valeur, comme je le ferai voir plus tard. Ce sont, en général , des substances douées d'une action violente, l'émétique, lejalap, etc.; aussi produisent-elles des effets bien sensibles et font- elles rendre, à la grande satisfaction des mala- des, une énorme" quantilé d'humeurs. Quelques malades guérissent avec ou malgré la panacée : on en fait grand bruit; les autres meurent, et l'on n'en parle plus. La chance de ces charlatans est vraiment merveilleuse : si un malade guéiit , on chante leurs louanges ; ils ont sauvé un in- dividu abandonné , dit-on , par les meilleurs médecins ; vient-il à mourir, cela devait ar- river ainsi ; il s'était rais trop tard entre leurs raains ! Le public peut bien être persuadé que les remèdes secrets sont tous des pièges tendus à son inexpérience et à sa bonne foi. En effet, d'après la loi, la rente en est prohibée lors- qu'ils n'ont pas obtenu l'approbation du mi- nistère de l'intérieur , après l'eœamen et le rapport de l'Académie royale de Médecine. Lorsqu'il se présente un remède véritablement avantageux, le Gouvernement l'achète et le pu- blie ; en conséquence, ceux qui restent entre les mains de leurs auteurs n'ont pas mérité cette distinction et n'ont aucun avantage. Entrons dans quelques détails sur quelques-uns de ces prétendus spécifiques si chèrement vendus , si souvent funestes et dont la meilleure qualité serait une complète inertie. Mais, avant d'aller plus loin , signalons à l'opinion publique les médecins indignes de ce titre qui s'associent au honteux li afic des charlatans , en recevant d'eux une rétribution sur la vente de ces mé- dicamcns. Je pourrais citer des faits ; des pro- positions m'ont été faites à moi-même pour prescrire un élixir dont je veux bien ne pas nommer l'auteur ; un de mes confrères m'a montré une lettre par laquelle il est constaté que le débitant d'une tisane, dont le prix est de 12 francs la bouteille, donne 3 et 6 francs de remise aux médecins qui prescrivent sa drogue! Il faut le dire encore, les prospectus de ces charlatans sont couverts de certificats au bas desquels se trouvent les noms les plus distin- gués ; et l'on doit déplorer la facilité avec la- quelle ces hommes, abusant de l'empire qu'ils exercent sur l'opinion, le font ainsi tourner au détriment delà santé publique. Jamais un mé- decin qui se respecte ne prescrit un remède se- cret. Ce ne sera jamais non plus un homme es- timable qui se fera le prête-nom d'un charlatan, et qui le couvrira de son titre lorsque ses mé- faits l'auront conduit devant les tribunaux. Les marchands de remèdes secrets débitent ordinairement avec leurs drogues de peiiles brochures dont l'auteur s'est attaché à établir une théorie telle, que le remède en question s'a- dapte à tous les maux, passés, présens et à ve- nii'. Ainsi celui qui débite un purgatif prouve que toutes les maladies viennent des humeurs ; que, par conséquent, toute la médecine consiste à se purger et à se purger souvent (bien en- tendu avec sa drogue); que le sang est un li- quide trop précieux pour qu'on doive ris- quer d'en perdre la moindre parcelle , mais qu'il se charge quelquefois de matières étrangè- res et nuisibles dont on peut le débarrasser par les purgatifs. Au reste, tous ces livrets peuvent être analysés en deux mots : toutes les mala- dies sont produites par telle cause, que ma dro- gue peut seule combattre efficacement. Les charlatans se reposent sur le peu de soin que prend l'autorité de les poursuivre. Voici ce que disait l'un d'eux , et ce que probablement ils pensent tous. On lui demandait pourquoi il n'avait pas présenté son remède à l'apprécia- tion de l'Académie royale de IMédecine pour qu'il fût examiné : « J'en serais bien fâché, ré- pondit-il; je n'obtiendrais pas l'autorisation, parce que mon remède n'a rien de nouveau ; mais l'autorité s'occupe peu de cela ; je vais vendre ma drogue tant qu'on me laissera faire; j'aurai un procès qui me fera connaître ; je paie- rai une modique amende, et je vendi-ai mon re- mède clandestinement et une fois plus cher. » C'est au public à juger jusqu'à quel point de pareils hommes sont dignes de la confiance qu'il leur accorde. L'un des plus anciens remèdes secrets sont 180 les poudres d'AUhaud. Elles se composent de substances émineninient purgatives ; elles pro- duisent une irritation plus ou moins considérable du canal intestinal et peuvent aller jus()u'à dé- terminer une dyssenterie mortelle. On juge fa- cilement quels désordres elles peuvent amener lorsque les intestins sont déjà le siège de quel- que lésion; mais tel est l'aveuglement des ma- lades, ([u'ils ne pensent jamais à attribuer au remède les maladies qu'ils éprouvent ; au con- traire, ils croient qu'ils n'en ont pas pris assez. C'est ainsi que s'exprimait une malbeuieuse femme, parvenue au dernier degré de la con- somption , par suite d'une alfection organique de l'estomac. Elle avait pris, sans m'en parler, des poudres d'Ailhaud, et me racontait a\cc satisfaction (|u'elle avait eu jus(ju'à trente éva- cuations en douze beures et (pi'elle avait rendu jusqu'au sang. Elle était cncbantée de ce résul- tat, quoiqu'elle soulTrit encore de violentes co- liques, et elle était toute disposée h recommen- cer, ne songeant pas le moins du monde que ces poudres eussent pu lui faire du mal. Ce re- mède a beaucotq) perdu de son ancienne répu- tation, mais il est encoie assez usité pour qu'il soit bon de le signaler. Le remède spii a en quelque sorte succédé à celui-là et qui conserve une vogue trop consi- dérable encore est le voinitif-purjjatifdu sieur Leroy. Son usage a été très lépandu, et il en est résulté d'assez graves inconvénieus , pom- que l'autorité ait cru devoir prendre enfin des mesures probibitives. Les faits contenus dans le rapport des commissaires de l'Académie, pu- blié il y a quelques années, montrent combien peu on doit avoir de confiance dans les remè- des secrets en général et dans celui qui nous occupe en particulier. La composition de celte drogue est la suivante : la bouteille éti(pielée voMcriF contient une solution d'éméti<|uc dans du vin blanc, coloré avec un peu de mélasse; la fiole étiipietée i'urg.mik renferme une forte teinture de jalap, coloré par les mêmes moyens. On voit que les ingrédiens ne sont pas rares, et cependant cette quantité de remède coûte (> fr.! ]l est probable (pie le pîruniacien les vendrait 25 à 30 sous au plus. Alais .M. Leioy se piipie (le probité; et, pour le jirouver , il donne un composé dont la dose est cinq fois plus forte (|ue celle qu'il indique dans la formule déposée au minisîèie de l'intérieur. On juge des effets (pie peut produire un remède dont chaque cuil- leiée contient quatre ou cinq grains d'émélique et peut-être vingt-cinq à trente grains de résine de jalap : aussi a-t-on vu souvent des inflamma- tions très-graves de l'estomac et des intestins suivie l'emploi de cette drogue. Les médecins de rH(')pital du Gros-Caillou, à Paris , remar- (piaieiit ([ue, depuis quelque temps, l'un des ré- gimens de la garde royale fournissait un nom- HYGIENE. lue d malades infiniment plus considérable que les autres et que presque tous ces militaires offraient la même afl'eclion. Des pert|uisitions firent connaître qu'un individu s'était glissé parmi les soldats et les avait engagés à prendre ce remède par précaution : on le défendit fort séi ieusement, et la maladie cessa. Il suffit, sans doute, de cet exposé pour faire bien compren- dre aux personnes sensées : l" que le vomitif- ptirgaiif-Leroy n'a aucun avantage, puisqu'il est composé de substances bien connues et journellement employées en médecine ; 2° que son usage intempestif peut avoir les plus fà- cbeusesconsé(|uences ; 3° que si l'usage d'un vomitif-purgatif est quelquefois utile, il est plus raisonnable d'aller le prendre chez un pharma- cien, à un prix modéré, que de payer 6 francs ce qui vaut intrinsèquement le quart de cette somme, et peut-être moins. Espérons, pour le bien de l'humanité, que le règne désastreux de ce remède finira sans qu'il soit remplacé par un autre. IMusieurs composes sont vendus sous le nom d'élixirs anti-glaireux -. les uns sont formés de substances purgatives , et provo(juenl des évacuations plus ou moins abondantes ; ils ont tous les inconvénieus que nous avons signalés à l'article piécédent, et ne doivent pas être ju- gés plus favorablement : les autres renferment des amers el des aromatiques ; leur action est d'une autre nature , mais pour être plus lente , elle n'en est pas moins fâcheuse. Les médica- mens de ce genre peuvent avoir quelque uti- lité lorsqu'on les emploie à propos , mais ils ne sont en rien^préférables à l'élixir de Garus , de gentiane, au vin de quinquina , qui se trouvent chez les pharmaciens. En conséquence , oià est la nécessité de les payer plus (|u'ils ne valent? Mais lorsqu'on en fait un usage suivi (et c'est toujours ainsi que le livret conseille de s'en servir), ils excitent une inflammation du canal digestif, le plus souvent chronique el obscure , qui peut amener à sa suite une foule d'affec- tions : telles sont les crampes, les coliques d'es- tomac, les vomissemeus o[)iniàlrcs , les diar- rhées interminables , el enfin trop souvent le cancer de l'estomac et des intestins. Xous in- diquerons plus tard ce qu'on -doit penser de la théorie des glaires, sur laquelle repose l'admi- nistration de cesmédicamens. La tisane d'Arnaud , employée contre la maladie vénérienne, a , d'après M. Cullericr, dont le nom fait autorité en pareil cas , une grande ressemblance avec celle de Feltz , dont la formule se trou\ c partout. La principale dif- férence , c'est qu'elle se paie 12 francs la bou- teille. Il faut l'avouer, pour rendre justice à qui de droit , que cette préparation n'a rien de dan- gereux , qu'elle a même de bons effets ; je ne l'indique ici que comme un exemple du HYG prix ('norme que coûtent les remèdes secrets. C'est encore sous le même point de vue que je signaleralla W(>/«rc brésilienne, Yopiat, Vcli.rir anti-lencorrhécn , (|ui , sans être pré- cisément mauvais , sont loin de posséder tous les avantages annoncés par ceux qui les débi- tent ; ils peuvent même, entre les mains de personnes du monde , occasionner par leur mauvaise application quehjues accidens. On peut ranger encoi'e dans la même catégorie le sel de Guindre, qu'on vend quatre l'ois ce qu'il vaut; le sel de Cheller\h(wi et toutes les autres drogues anglaises dont nous sommes inondés depuis quelques temps. Il n'en est pas de même des pommades cl des onguents que vendent certaines gens pour dissoudre ou fondre les glandes engorgées. Ces médicamens, composés de substances métal- liques, telles que le sublimé corrosif, les oxides de mercure, de cuivre ou d'arsenic, incorporés dans des corps gras et déguisés de diverses ma- nières, sont essentiellement irritans ; et de leur application résultent l'inflammation violente de là peau et des parties qui sont au-dessous, des engorgemens énormes , des abcès , des ulcères, des douleurs intolérables et une fièvre de con- somption qui conduit au tombeau les malbeu- reux qui se sont confiés aux promesses pom- peuses de ces misérables charlatans. Il arrive bien souvent qu'une femme , veis l'époque du retour, a quelques petites glandes engorgées dans les seins ; ces tumeurs se dissipent le plus souvent d'elles-mêmes , ou bien elles s'endur- cissent et restent tout à fait indolentes ; mais la plupart des femmes s'en inquiètent et craignent d'avoir un cancer; c'est alors qu'elles ont re- cours aux remèdes secrets, et qu'elles occa- sionnent précisément l'affreuse maladie qu'elles ledoutaient. J'ai vu périr tout récemment une malheureuse femme , qui précisément se trou- vait dans cette position. L'onguent dont elle se sei'vait était horriblement irritant : il conte- nait une forte proportion d'arsenic. Le charla- tan faisait payer 15 francs un pot d'environ quatre onces, qui, eu égard à la mulliplicilé des applications , ne durait que quati'e ou cinq jours. Cet infâme ne donnait pas son adresse; le remède était colporté par des femmes, com- mères et complices qui se présentaient comme ayant été guéries par lui de cancers énormes , mais elles refusaient, sous divers prétextes, de montrer les traces de la maladie. Paris fourmille de gens qui traitent la mala- die vénérienne sans mercure ; parmi eux se remarque le propriétaire du fameux rob anii- siphilitique, qui n'est assurément pas le moyen de la guérir économiquement. Eh bien ! ce pré- tendu remède sans mercure renferme , ainsi qu'on s'en est assuré, une forte dose de su- bliQîé corrosif (deuto chlorure de mercure }. Il 1E\E. 181 ene.st de même de la plupart des autres remè- des qui s'annoncent de la u)ême manière. On voit vendre aussi des remèdes qui ont pour but de stimuler les organts de la généra- lion , et qui sous le nom de diablotins , de pas- tilles, d'élixirs asérasiques , anti-anapbrodi- siaques, renferment des cantharides, dont l'ac- tion irritante sur la vessie est connue de tout le monde. Rien de plus nuisible que ces pré- paiations , rien en même temps de moins capa- ble d'atteindre le but , s'il s'agit de remédier à la stérililé. Je n'ai garde d'oublier le sucre de Laurenti, ce sucre merveilleux qui vaut 10 francs la livre, et qui, suivant son illustre auteur, n'est qu'un aliment. Mais combien il est précieux cet ali- ment , qui en sucrant le malin le café ou le cho- colat du consonimaleur, est pour lui une source inépuisable de santé ! Tout le monde a pu se faii-e une juste idée du talent littéraire de M. Laurenti, en lisant ses Lettres aux Parisiens, placardées au coin des lues de la capitale , et expédiées dans toutes les villes de France; il est inutile de s'en occuper davantage ; le ridicule est souvent une arme plus puissante que le rai- sonnement. On ne croirait pas qu'à Paris, au centre des lumières et des connaissances, on aille consul- ter les médecins d urine , objet des plaisante- ries des personnes raisonnables. Cependant, si l'on restait quelque temps dans l'antichambre d'un certain appartement aux enviions de la Halle, on y verrait peut-être tel individu , qui le soir s'épuise en plaisanteries contre la su- perstition et la crédulité. La ressource des mé- decins d'urine est connue : ils ont, dans l'anti- chambre , des compères qui les instruisent à l'a- vance de ce qu'ils ont l'air de trouver au fond d'un verre d'urine. Ils prescrivent ensuite des médicamens plus ou moins bizarres , mais de telle sorte que le consultant ne sorte pas de chez eux sans avoir singulièrement allégé sa bourse. Au résumé, les remèdes secrets sont ou dan- gereux ou insignilians ; ce ne sont que des combinaisons plus ou moins informes de sub- tances connues et journellement prescrites par les médecins ; ils ne méritent en aucune ma- nière la préférence qu'on leur accorde ; ils for- ment un tribut levé par l'ignorance cupide sur l'ignorance crédule. Pourquoi faut- il que des personnes recommandaliles par leur esprit et leurs lumières se laissent prendre à des piè- ges si grossiers ? Les gens sensés éviteront soi- gneusement de se servir de médicamens qui leur seraient présentés par d'autres personnes que celles qui ont légalement le dioit de les ven- dre ; ils se défieront des annonces pompeuses et emphatiques, et se rappelleront le vieux pro- verbe : Qui veut trop prouver ne prouve rien. Aux remèdes secrets viennent se joindre na- 182 HYGIENE turellenient les alimens secrets : le kaïfa , le nafé, le racaliout (l), qui soûl analeptiques, anodins, etc., etc., et (]ui consistent simple- ment dans de la fécule mêlée avec un peu de sucre et de chocolat, mais qui, grâce aux pom- peuses annonces des inventeurs, aux honora- bles certificats des médecins , se vendent un peu plus cher que de bon chocolat. F. Ratier , Directeur de l'École préparaloire de médecine, à Paris. DU CHOIX d'un médecin. Nous ne croyons pas pouvoir placer nulle part mieux que dans ce recueil quelques idées sur le choix d'un médecin ; la confiance qu'on lui accorde peut avoir de trop graves consé- quences pour qu'on ne doive pas prendre pru- demment plus de précautions (|u'nn ne le fait communément. Aussi serait-il à désirer qu'on n'attendit pas qu'on fût malade pour songer , pour la première fois, au médecin qu'on appel- lei'ail auprès de soi. Il est bien singulier, en ef- fet, de voir des personnes , d'ailleurs éclairées, mettre dans leclioix d'un médecin moins d'at- tention que s'il s'agissait d'un ouvrier quelcon- que. Tout individu qui se dit médecin leur pa- raît remplir toutes les conditions nécessaires, et ils abandonnent leur santé, leur vie à celui-là même auquel ils ne confieraient pas la moins (i) Voici ce qtio dit M. Gaiiii.i!, juge fort compotenl en semblables malières, sur le racalioul des Araljcs et le lapioca .- « Il se vend depuis quelque temps, sous le nom de racahoiu des Arabes , à un prix exorbitant (3 ou 4 fr. la livre), un mélange de fécule de pomme de terre, do cacao, de sucre aromatisé avec de la vanille ou du sto- rax. Ce mélange peut se remplacer écononii maritime. « La première condition pour celui qui se pré- sente comme remplaçant est d'être Français, et de n'avoir pas été condamné à une peine afflic- tive ou infamante , ni à une peine correction- nelle de deux ans d'emprisonnement et au- dessus , avec surveillance de la haute police et interdiction des droits civiques, civils et de famille : cas d'exclusion absolus du service mi- litaire prévus par l'article 2 de la loi précitée. 11 faut en outre qu'il soit dégagé de tout lien par rapport au recrutement. Dès lors, il ne doit être ni jeune soldat faisant partie du contingent d'une classe non libérée , ni remplaçant d'un homme dont le temps de service n'est pas léga- lement expiré, ni engagé volontaire, ni ren- gagé , enfin ni inscrit maritime. Un jeune homme qui s'est fait remplacer ne peut pas être admis lui - même comme rempla- çant avant l'expiration de l'année pendant la- quelle subsiste sa responsabilité pour le cas de désertion du remplaçant. De même, un jeune homme (pii est remplaçant ne peut se faire rem- placer qu'après l'expiration delà responsabilité à laquelle la loi soumet celui qu'il représente. Celui qui désire remplacer et qui a été exempté doit en justifier par un certificat du sous-préfet dans l'airondisscment duquel il a concouru au tirage. Celui qui a été militaire a pu servir à divers titres , savoir : comme jeune soldat ayant fait paitiodu contingent d'une classe, comme en- gagé volontaiie, comme rengagé, comme rem- plaçant. Suivant l'une ou l'autre de ces diffé- ronles positions, il doit être porteur de pièces cpii ja>tinonl qu'il a satisfait aux obligations que la loi du recrutement lui avait imposées. S'il a fait partie du contingent de sa classe et a été appelé sous les drajjcaux, il doit produire son congé délibération de l'armée active ou, <à dé- faut de cette pièce, son congé provisoire, signé du conseil d'administration du corps, visé par l'officier général et le sous-intendant militaire, MORALE, BIKTIIODES D EN L'engagé est tenu à la même production ; il prouve aussi qu'il est lilire tic son premier en- gagement en justifiant que l'aele qui le liait au scrviee a été annulé, soit judiciairement, soit administralivement ou par suite du licencie- ment du corps dont il faisait partie. Le mili- taire rengagé pour un temps (iuelcon(|ue a à faire les mêmes justifications. Le militaire qui a déjà servi comme remplaçant est considéré comme le jeune soldat dont il a pris la place; il doit produire son congé de libération ou , à défaut de cette pièce , son congé provisoire ; il peut également justifier de l'annulation de l'acte de remplacement qui l'avait fait admettre sous les drapeaux pour le compte d'un autre. L'inscrit maritime doit produire un acte de déclassement délivré par le commissaire de l'ins- cription maritime du quartier dans lequel il avait été classé. « 2" Être âgé de 20 à 30 ans au plus, ou de » 20 à 35 s'il a été militaire, ou de 18 à 30 s'il •» est frère du remplacé. » Le remplaçant prouve son âge par une expé- dition de son acte de naissance ou par les pièces qui peuvent en tenir lieu , conformément à l'article 40 du Code civil. C'est au jour même du remplacement devant le conseil de révision que l'homme doit avoir moins de 30 ou 35 ans révolus , suivant qu'il n'a pas ou qu'il a déjà servi. « 3° N'être ni marié , ni veuf avec enfiins. » Il n'est pas toujours possible à un remplaçant de justifier qu'il n'est ni engagé volontaire, ren- gagé, remplaçant ou inscrit maritime ; ni marié, ni veuf avec enfans ; ni qu'il n'a point été réformé du service militaire, et n'a reçu en conséquence ni congé de réforme , ni congé de renvoi ; mais l'article 43 de la loi donnant les moyens sûrs et prompts d'atteindre un remplacement illégal , les conseils de révision exigent que le remplaçant , avant d'être admis , déclaie d'a- bord verbalement et ensuite par écrit , en présence de deux témoins connus , qu'il n'est dans aucune des positions spécifiées ci-dessus. Aux termes de l'article 43, tout remplace- ment effectué, soit en contravention des dispo- sitions de la loi , soit à l'aide de pièces fausses ou de manœuvres frauduleuses , est déféré aux tribunaux; et, sur le jugement qui prononce la nullité de l'acte de remplacement, le rem- placé est tenu de rejoindre un corps ou de fournir un autre remplaçant dans le délai d'un mois à dater de la notification de ce jugement. Quiconque a sciemment concouru au rempla- cement frauduleux, comme auteur ou complice, est puni d'un emprisonnement de trois mois à deux ans , sans préjudice de peines plus graves en cas de faux. « 4" Avoir au moins la taille d'un mètre ein- « quante-six centimètres, s'il n'a pas déjà servi SEIGNEMENT, LÉGISLATION. 187 » dans l'armée , et réunir les autres qualités rc- » quises pour faire un bon service. » Un mètre cinquante-six centimètres représen- tent 4 pieds 9 pouces 7 lignes 1/2 de l'ancienne mesure. Ces mots s'il n'a pas déjà servi dans l'armée ont été insérés dans la loi pour ne point exclure les jeunes soldats de la classe de 1830 et les engagés volontaires reçus, en vertu de la loi du 1 1 décembre 1830, à la taille d'un. mètre cinquante-quatre centimètres (4 pieds 9 pouces), afin que ces militajres, après leur li- bération , puissent revenir sous les drapeaux en qualité de remplaçans (i). Du moment qu'un jeune homme a été com- pris définitivement dans le contingent de son canton , il peut présenter un remplaçant n'ayant que la taille de i mètre 56 centimètres ; mais il n'en est pas de même si ce jeune homme se fait remplacer après avoir été inscrit sur les re- gistres matricules d'un corps. En effet, lesrem- placemens pour les corps spéciaux , tels que la cavalerie, le génie, l'artillerie, les compagnies d'ouvriers , les bataillons de pontonniers, etc., sont plus difficiles que pour l'infanterie , parce que les hommes destinés à ces corps doivent avoir une taille plus élevée , être d'une consti- tution plus forte et réunir d'autres qualités que l'on n'exige pas pour l'infanterie. La répar- tition du contingent entre les divers corps de l'armée se fait immédiatement après la clôture de la liste du contingent départemental , ainsi que l'inscription des jeunes soldats sur les re- gistres matricules tenus au dépôt de recrute- ment pour chaque corps, conformément à l'article 29 de la loi du 21 mars. Il est donc de l'intérêt des jeunes soldats de se faire remplacer avant la formation de la liste du contingent dé- partemental , dont l'époque est fixée , pour cha- que classe, par ordonnance royale. Avec les conditions d'aptitude déjà expli- quées, le remplaçant doit être robiiste, bien constitué et sans aucune infirmité apparente ou cachée. « 5" Navoir pas été réformé du service mili- » taire. » Afin de remédier en partie aux graves in- convéniens de l'admission trop fréquente d'hom- mes impropres au service dans les rangs de l'armée , tout militaire qui a reçu un congé de réforme ou un congé de renvoi ne peut être admis comme remplaçant. Les jeunes gens exemptés par les conseils de révision pour in- firmités doivent être considérés comme réformés du service militaire. « G° Suivant sa position , être porteur des (\) L'article 14 de la loi du 10 mars 1818, abrogé en cela par la loi du U décembre 1830, fixait la taille à un mélre cinquanle-sepl centimètres (4 pieds lo pouces) 188 MORALE, MÉTHQDES D'ENSEIGNEMENT, LÉGISLATION. » ctrlificats spécifiés dans les articles 20 et 21 » ci-apiès. » « Art. 20. Le remplaçant produira un ccrtid- )) cat délivré par je maire de la commune de son M dernier domicile. Si le remplaçant ne compte » pas au moins une année de séjour dans cette )) commune , il sei'a tenu d'en produiie égale- « ment un autre du maire de la commune ou des i> maires des communes où il aura été domicilié » pendant le cours de cette année. » Le remplaçant est obligé de justifier, par un ou plusieurs certificats, de son domicile pendant au moins toute une année. Cependant s'il avait été libéré du service depuis moins d'un an , il ne serait tenu de produiic un certificat de bonnes vie et mœurs qu'à partir du jour où il serait rentré dans son domicile. « Les ceiiificats devront contenir le signale- » ment du remplaçant , et attester, =) 1" La durée du temps pendant lequel il a été « domicilié dans la commune ; w 2" Qu'il jouit de ses droits civils ; » 3'' Qu'il n'a jamais été condamné à une )) peine correctionnelle pour vol , escroquerie , w abus de confiance ou attentat aux mœiu's. )) iJans le cas où le maire de la commune ne » connaîtrait pas l'individu qui ferait la demande » de ce ceitificat , il devra en constater légale- » ment l'identité et i-ecueillir les preuves et lé- « moignages (lu'il jugera convenables pour ar- i> river à la connaissance de la vérité. » Le module de ce certificat, émané du ministère de la guerre, se trouve dans toutes les njairics. «Art. 21. Si le remplaçant a été militaire, )) outre le certificat du maire, il devra produire )» un certificat de bonne conduite du corps dans " lequel il aura servi. » Car il faut empêcher de reparaître sous les drapeaux des sujets indignes d'y figurer. '< Le remplaçant est admis par le conseil de" )) révision du déparlement dans lequel le rcm- » placé a concouru au tirage (art. 22). » Toute exception à cette disposition serait vainement sollicitée auprès du ministre de la guerre. Si le rem|)lacé est absent de son dépar- tement , il est rei)résent(; par son père, son tu- teur ou toute autre personne autorisée légale- ment à contracter et à signer pour lui. Un remplacement autorisé par un conseil de révision autre que celui du département où le remplacé a concouru au tirage serait illégal et devrait être déféré aux tribunaux, en vertu de l'article 43 de la loi. Les pièces produilos par les romplaçans sont assujetties h la formalité du timbre, et elles doi- vent être légalisées par le sous - piéfel cl même par le piéfet si elles sont destinées pour un au Ire département, à l'exception des congés et des certificats de bonne conduite délivrés par les conseils d'administration des corps à ceux qui ont servi. « Le remplacé est , pour le cas de désertion , » responsable de son remplaçant pendant un » an à compter du jour de l'acte passé devant » le préfet. Il est libéré si le remplaçant meurt w sous les drapeaux ou si , en cas de désertion , )> il est arrêté pendant l'année (art. 23). » La responsabilité du remplacé ne se borne point au cas de désertion , car nous avons vu plus haut que si l'acte de remplacement vient à être annulé, le remplacé est obligé démarcher lui-même dans un délai limité, ou de fournir un autre remplaçant. Cette dernière partie de la responsabilité subsistant jusqu'au jour de la libération de la classe du remplacé, il importe aux jeunes gens et à leurs familles de prendre tous les renseignemens et précautions possibles pour s'assurer de la validité des i)ièces produites par leurs remplacans et de la sincérité des dé- clarations qu'ils signent en présence du conseil de révision. L'insoumission est considérée comme déser- tion dans le sens de l'article 23. Du leste, le remplacé ne peut être tenu de marcher ou de fournir un autre remplaçant , pour le cas de désertion , que lorsque l'année de responsabilité est expirée. « Les actes de remplacement sont reçus par » le préfet dans les formes prescrites pour les « actes administratifs. » Les stipulations particulières qui pourraient » avoir lieu entre les contractans, ;i l'occasion » des remplacemens , sont soumises aux tnêmes » règles et formalités que tout autre contrat » civil (art. 24). » L'administration n'a aucun droit de s'im- miscer dans ces arrangemens, et elle doit tou- jours rester étrangère aux contestations qui pourraient en être la conséquence. Les subslitutions ( ou échanges ) de numéros entre les jeunes gens d'un même canton, portés sur la liste de tirage de ce canton, peuvent avoir lieu jusqu'à la mise en activité , si celui qui se présente à la place de l'appelé est reconnu propre au service par le conseil de révision. (Voyez les articles 17, 18, 22, 24 et 43 de la loi du 21 mars 1832.) Ce mode de remplacement présente des avan- tages qui ne sont pas assez appréciés par les parties intéressées. Ainsi le substituant pro- cure l'exemption à son frère, tandis que le remplaçant est privé de cette faveur, et le sub- stitué n'encourt pas la responsabilité imposée au remplacé et n'est pas obligé de marcher lui- même ou de fournir un autre homme si son substituant déserte. Certains cnlroprcncurs de remplacemens ])ar- coiîrent les cam[)agnes et abusent souvent de la crédulité des familles en se flattant de l'appui de MORALE, METHODES D'ENSEIGNEMENT, LÉGISLATIOIV. 180 l'admiiiislralion ; il faul se tenir en garde contre ce piégo tendu à la bonne foi des jeunes gens et de leurs parens : aucune entreprise ayant pour objet le remplacement ne peut être reconnue par le gouvernemonl. Eu résumé , voici quelles sont les pièces <à produire par tout individu qui désire remplacer : 1" Son acte de naissance sur papier timbré et dûment légalisé par le président du tiibunal de première Instance , ou les pièces qui, aux termes de l'arlicle 4G du Code civil, peuvent tenir lieu de cet acte ; 2° Un certificat du sous-préfet de l'arrondis- sement ou du préfet du département dans le- quel le remplaçant a concouru au tirage cons- tatant qu'il a été libéré ou exempté. Ce certificat doit être rédigé sur papier timbré et contenir le signalement du tilulaue ; s'il est délivré par le sous-préfet et (]u'il doive en être fait usage dans un déparlement autre que celui où le rem- plaçant a concouru au tirage, la signature du sous-préfet doit être légalisée par le préfet ; 3° Un certificat du maire de la commune ou des maires des communes où le lemplaçant a été domicilié depuis au moins un an sans inter- ruption. Ce certificat doit contenir aussi le si- gnalement de l'individu ; il doit attester la durée du temps pendant lequel il a été domicilié dans la commune, qu'il jouit de ses droits civils et qu'il n'a jamais été condamné h une peine cor- rectionnelle pour vol, escroquerie, abus de confiance , ou attentat au.K mœurs. Ce certificat, dont le modèle existe dans les mairies, est assu- jetti de môme à la formalité du timbre et au visa du sous-préfet et du préfet. Si le remplaçant a été militaire , il produit, avec son acte de naissance et le certificat u.° 3 ci-dessus : 1° Son congé définitif ou provisoire de libé- ration signé du conseil d'administration du corps, visé par l'officier général et le sous -in- tendant militaire ; ou il doit justifier, s'il était engagé voiontaii e ou remplaçant, que l'acte qui l'attachait au service a été annulé ; 2° Un certificat de bonne conduite délivré par le conseil d'administration du régiment dans lequel il a servi. Ces deux dernières pièces n'ont pas besoin d'être sur papier tia)bré. Enfin le remplacé et le remplaçant doivent être accompagnés devant le conseil de révision de deux témoins connus , sachant lire et écrire, pour attester la déclaration k faire , en leur pié- sence , par le remplaçant. (V((yez la note qui suit le n° 3 de l'article 19.) Henri Coknu , Secrétaire de la sous-préfeclure de Clamecy (Nièvre). ■ — On nous adi-esse la question de savoir si la disposition de la loi du recrutement qui exempte celui dont un frère est sous les drapeaux , à tout autre Jitre que pour remplacement, ou bien est mort en activité de service , est appli- cable niênje lorsque les deux frères sont de deux pères différens (consanguins) ou de deux mères diiïérentes (utérins). La dénominalion gé- nérale de frère, employée dans la loi, exclut toute espèce de distinction entre les frères con- sanguins. Utérins ou germains. Les uns et les autres sont frères dans les termes de la loi ; ils ne forment qu'une seule et même famille ; ils doivent conséquemment , par confusion de droits , jouir du bénéfice de l'exemption que la loi accorde. Cette solution, d'ailleurs, est conforme à celle que M. le ministre de la guerre a donnée lui-môme en 1 83G . (Recueil des Actes adminis- tratifs, I83G, n° 29.) DES MAISONS d' ECOLE DANS LES COMMUNES. En fait de libéralisme véi'ilable et d'idées progressives, le législateur et le gouvernement né de la révolution de juillet sont en avant des populations. On l'a dit et répété, et on a eu raison. Il ne faut qu'ouvrir les yeux pour s'en convaincre. En effet, s'il est, dans l'ordre moral, une loi libérale, c'est assurément celle sur l'instruction primaire , libérale à tel point , qu'elle recèle dans son sein une monarchie de plus en plus démocratique. S'il est, dans l'ordre matériel, une loi progressive , c'est , sans nul doute , celle qui prescrit l'amélioration des chemins vicinaux. Eh bien! parcourez les campagnes et vous reconnaîtrez avec douleur que, dans plus de la moitié des communes , les chemins sont restés aussi détestables qu'ils l'étaient avant la loi. Il faut en excepter sans doute les chemins de grande communication ; mais le peu quia déjà été fait sur ces chemins est l'œuvre de l'admi- nistration supérieure que la loi heureusement a rendue toute puissante à les créer , bien plus que le produit spontané de la volonté des po- pulations. Visitez les écoles, et vous trouverez bon nombre d'entre elles misérablement constituées sous le rapport du matériel, sans même en ex- cepter celle du chef-lieu. Vous rencontrerez sans doute de bons instituteurs, surtout parmi ceux qui ont été institués dans ces dernièi-es années; mais généralement vous les trouverez quelque peu découragés. La loi a été parcimonieuse à leur égard lors- qu'elle s'est arrêtée au taux de 200 fiancs pour le traitement obligatoire. Mais il faut rendre cette justice au législateur, qu'il comptait sur le libéralisme des conseils municipaux lors- qu'il leur ouvrait la faculté de dépasser , dans 190 MORALE, MÉTHODES d'ENSEIGNEMENT une proportion illimitée , le minimum qu'il avait fixé. Non-seulement les conseils munici- paux n'ont pas répondu à celle attente , mais encore ils ont aggravé la position légale tles instituteurs, en fixant, dans certaines localités, une rétribulion mensuelle dérisoire de 50 c, 7&C., 1 fr., 1 fr. 25 c. Dans un grand nombre de petites communes, l'instituteur, réduit à ses émolumens , se trouve dans la nécessité de demander à quelque industrie, souvent incom- patible, le complément des ressources néces- saires à son existence, et ses fonctions "en souf- frent. Les instituteurs ne sont guère mieux traités sous le rapport du logement. Les communes ne se pressent pas d'accomplir la prescription de la loi d'après laquelle chacune d'elles doit avoir en propriété une maison d'école ; de plus , parmi les maisons qui ont été achetées, il en est beaucoup qui sont très-peu propres à leur destination. Mais ce sont surtout les mai- sons prises à titre de location qui laissent à dé- sirer. Les inconvéniens de diverses natures que présentent ces maisons ont frappé l'adminis- tration dans diverses localilés. Nous croyons devoir porter à la connais- sance de nos lecteurs l'extrait d'une circulaire que M. le préfet de Saône-et-Loirc vient d'a- dresser aux maiies et que ne liront pas sans intérêt les personnes qui s'occupent des amé- liorations à introduire dans l'enseignement pri- maire. Après avoir annoncé à MM . les maires qu'une ordonnance récente a prorogé jusqu'au 31 dé- cembre 1 843 le délai dans lequel toutccommune doit posséder une maison d'école en propriété, M. le préfet ajoute : « Vous ne conclurez pas de la nouvelle dis- position que je vous communique qu'il est in- différent, aux yeux du gouvernement, que les communes, d'ici h 1843, aient des maisons d'é- cole en propriété ou qu'elles se bornent à en louer : ce serait voir dans la mesure un esprit diamétralement contraire à celui qui l'a dictée. Le gouvernement et la loi veulent (pie toute commune, (|ui n'est pas régulièrement réunie à une autre commun(! pour l'instruction , pos- sède en propriété xmc maison d'école, et il fau- dra que cette obligation légale soit partout ac- complie le 31 décembre 1843. J'insiste sur ce point, Messieurs, et je vous invite, de la ma- nière la plus formelle, à ne pas perdre un mo- ment pour préparer les |)roj('ts d'acquisition ou de construction de maisons d'école pour toutes les communes qui n'en possèdent point encore. L'instruction des projets de celte nature dure souvent plusieurs années, parce qu'il se pré- sente de nombreuses dillicultés à aplanir , et vous ne sauriez commencer trop tôt cette ins- truction. Je recommande particulièremcat cet LEGISLATION. objet à votre soUicilude, en vous faisant remar- quer (|u'il est de votre devoir de saisir , le plus promplement possible, le conseil municipal de la question d'acquisition ou de construction d'une maison d'école pour chaque commune. » Je dois en outre vous prémunir contre un inconvénient bien grave que présentent la plu- part des maisons d'école louées ou achetées jusqu'à cejour: je veux parler de l'insutllsance, de l'insalubrité ou de l'incommodité des lo- caux. Les membres des comités d'arrondisse- ment ou les inspecteurs qui ont visité les éco- les ont reconnu que presque partout les pièces qui servent de classe ne sont point assez spa- cieuses, eu égard au nombre d'enfans qu'elles doivent contenir, surtout en hiver; qu'elles sont insuffisamment éclairées et aérées ; qu'en un mot les enfans y sont entassés et exposés à y contracter des maladies. Il a été reconnu, de plus , que le logement de l'instituteur ne se compose généralement que d'une seule pièce , qui devient tout à fait insuffisante, du moment où il a de la famille, et que les maisons d'école manquent souvent d'une cave , d'un grenier, d'une cour pour les récréations et d'un jardin pour l'instituteur. Ce sont autant d'inconvé- niens que j'ai dû vous signaler pour que vous les évitiez dans vos projets de location, d'ac- quisition ou de construction. Les instituteurs doivent sans doute se maintenir dans des ha- bitudes de modestie qui conviennent à la mission qu'ils ont à remplir ; mais aussi ils ont droit à la commodité et à la salubrité dans tout ce qui lient au local que les communes sont dans l'obligation de leur fournir , et je tiendrai rigoureusement la main à ce que les communes fassent , sous ce rapport , tout ce qu'elles doivent faire. » KCONOMIE DE TEMPS. EDUCATION PROFESSION- NKLI.E. ÉCOLE PREPARATOIRE DE MEDECINE (l). On sait qira])rès PAques arrive bientôt dans les collèges l'époque des compositions des prix. Sur ce deuxième semestre de l'année , deux mois au moins sont pris pour les vacances ; dans les quatie mois suivans , les élèves qui peuvent prétendre aux prix sont à peu près les seuls qui travaillent et dont on s'occupe. Il y a pourtant un grand nombre de jeunes gens aux- quels il importe de terminer leurs études pour être en mesure de prendre leur première ins- cription à l'École de médecine à la rentrée au mois de novembre. On sait qu'il faut pour cela cire pourvu du grade de bachelier ès-leltres. Dans de pareilles circonstances, V École pré- paratoire de médecine présente des avanta- (1) Dirigée par M. le doctour P.atier, n. 25 bis, rue de l'Arbalète, près l'École de pliarmacie, à Paris. ANNONCES CRITIQUES ET RAISONNÉES DE L'iNDUSTRIE. 191 ges réels. En effet, six mois de bon travail, di- rigés d'après des vues spéciales , ont souvent été siifïisans pour compléter des études faites trop mollement et pour réparer le temps perdu. D'ailleurs après les études du baccalauréat ès-lcltres viennent les études médicales, ^pour lequelles les jeunes gens trouvent dans l'École préparatoire tous les secours (]ui leur sont né- cessaires. En effet , aux cours publics des fa- cultés viennent se joindre des répétitions, des conférences et autres exercices dans lesquels les élèves trouvent les développemens et les explications qu'ils doivent naturellement dési- rer et dont le manque les jette souvent dans un dégoût dont les conséquences leur sont bien fu- nestes. Nous aurons l'occasion, dans un de nos pro- chains numéros, de nous occuper d'une ma- nière spéciale de cet établissement, fondé sur les principes que le Journal des Connaissances utiles a émis depuis longtemi)s au sujet de l'é- ducation professionnelle. Nous ferons seulement observer dès à présent que, outre l'aide et l'assis- tance que les élèves rencontrent pour que leurs travaux soient plus utiles et plus profitables, la surveillance paternelle, c'est-à-dire sévère et in- dulgente tout à la fois, que le directeur exerce sur les élèves, sous le double rapport de la con- duite et de la santé, est une garantie bien ras- surante pour les parens qui habitent la pro- vince. Combien de jeunes gens se sont per- dus, faute d'une voix amie qui leur ait crié : " Arrêtez-vous, « et, d'une main ferme et pru- dente , qui lésait relevés à leur première chute. L. B. VI. ANNONCES CRITIQUES ET RAISONNÉES DE L'INDUSTRIE. GUIDE DU PRODUCTEUR ET DU CONSOMMATEUR. BREVETS D'INVENTION RELATIFS A DES OBJETS d'iNTKRÊtS AGRICOLES DÉLIVRÉS EN 1837. (Suite et fin.) MM. Clerc (Joseph) et Arciiibald (Guil- laume-Auguste), rafïïneurs de sucre à Hon- flcur, représentés par M. Casimir Paul , de- meurant rue Sainl-Eloi à Rouen, département de la Seine-Inférieure, auxquels il a été délivré, le 25 octobre dernier, le certificat de leur de- mande d'un brevet de perfectionnement et d'ad- dition au brevet d'invention de quinze ans qu'ils ont pris le 15 juillet 183G , pour un nouveau moyen de fabrication de sucre ou de raffinage, soit que le sucre soit extrait de la canne , de la betterave ou de toute autre matière. M. LiÉBERMANN ( Joscph-Antoine-JoachiiTi), fabricant de sucre à Sussy, demeurant à Paris, rue Amelot , n" 48 , auquel il a été délivré , le 25 octobre dei'nier, le certificat de sa demande d'un brevet d'invention de cinq ans, pris le 9 septembre suivant pour un appareil destiné à extraire à froid le jus de la betterave. M. Baron-Bourgeois (Louis-Désiré) , mé- canicien de Ponloise, représenté à Paris par M. Ch. Beynaud, demeurant rue du Temple, n'' 119, auquel il a été délivré , le 25 octobre dernier, le certificat de sa demande d'un brevet d'invention de dix ans pour des perfectionne- mens apportés dans les moulins et appareils propres, à moudre le grain et bluter la farine. M. Evrard, professeur de chimie, demeu- rant à Valenciennes , département du Nord , auquel il a été délivré, le 24 novembre dernier, le certificat de sa demande d'un brevet d'inven- tion de cinq ans pour des procédés et appareils propres à l'extraction des sels de potasse que peuvent fournir les mélasses et les résidus de distillerie. CORllESPONDANCE. Nous avons annoncé dins le numéro du mois de mai du Journal des Connaissances utiles que MM. Mothes frères, mécaniciens , demeurant à Bordeaux , avaient obtenu un brevet d'invention pour une machine rurale propre à tiller les chanvres rouis et non rouis , à égrener les lins , blés , seigles , avoines et orges, et pour l'application à cette machine d'un manège portatif; nous recevons au sujet de _celte invention la lettre suivante que nous adresse un de nos corres- pondans, et que nous nous empressons de pu- blier pour favoriser, autant qu'il est en notre pouvoir, la propagation d'une invention utile à l'agriculture. Bordeaux , 30 avril 1838. Monsieur, C'est comme propriétaire et comme ami de mon pays que je vous transmets les observa- tions suivantes : je présume trop de votre zèle 192 CORRESPONDANCE. pour tout ce qui est d'intérêt pulilic pour ne pas espérer que vous vouliez bien leur donner une place dans vos colonnes. I\IM. IMothes fières de Bordeaux ont inventé une machine à battre les céréales et toute espèce de grains ou graines (i)ropre aussi à battre les foins avariés, infectés d'une poussière malsaine et à tiller les chanvres et lins). Celte machine vient d'obtenir un succès com- plet dans plusieurs contrées de la France. Té- moins nous-mêmes de ses effets, nous croyons qu'il est de notre devoir de la signaler aux agriculteurs. Ils savent tous déjà quels sont les avantages (|u'ils doivent attendre d'une bonne machine à battre; faculté de choisir le moment le plus convenable et d'éviter ainsi des relards funestes aux semailles ^ rendement de grains plus con- sidérable ; économie des frais de la construction d'un sol (jue la pluie détériore si souvent en causant la perte du grain (pii s'y trouve ré- pandu : aucun de ces avantages ne leur a échap- pé ; mais celui qui n'est pas d'une moindre im- portance et dont ils doivent aussi tenir grand compte , c'est celui d'avoir un grain jnir , exempt de saletés et de gravier. Sur les mar- chés oîi l'on a porté des grains battus à la ma- chine , ils ont obtenu la préféience et un prix plus élevé de 50 centimes pour les avoines, et de 75 centimes , même de i franc pour les fro- mens (par hectolitre). Nous ne mettons aucun doute que , lorsque ce mode de battage sera assez répandu pour que des quantités notables de grains ainsi obtenus puissent se présenter sur les divers marchés , ceux qu'on aura re- cueillis par un battage sur sol ne trouvent à se placer qu'il un prix inférieur et encore lorsque les premiers ne pourront suffire aux besoins. Il y a bien longtemps que l'agriculture de- mandait aux arts industriels une bonne machine à battre les céréales principalement et de plus toutes les espèces de grains ou giaines. La construclion de cette machine est sujette h bien plus de difficultés qu'on ne l'avait cru d'abord. beaucoup d'essais ont été faits, soit à l'é- tranger, soit eu France avec plus ou moins de succès. Cependant aucune de ces machines n'a reçu de très-nombreuses applications , malgié le très-grand nombre de culii\aleurs qui en dé- sirent. ]\1M. Mothes , de Bordeaux, inventeurs d'un nouveau système , ont cherché avec soin les causes qui avaient pu entraver la propaga- tion de ces machines généralement demandées. Par les placemens (ju'ils ont faits sur des points tout à fait opposés, ils ont pu étu- dier ces causes et parvenir à les connaître. La principale de toutes est la vaiiété des usages et des besoins de chaque localité. Au nord on veut la conservation parfaite ^de la, paille et même de l'épi ; dans le midi , en cer- taines contrées , on veut un battage parfait , une bonne conservation de l'épi ; la séparation entière de la balle est même désirée comme preuve d'un battage parfait; dans le midi en- core , mais sur d'autres points, dans les dépar- temens qui composaient l'ancienne Provence ou certaines parties du Languedoc , on veut la paille brisée. On conçoit, d'après cet exposé, comment une machine excellente sur un point convenait peu et était trouvée mauvaise sur un autre. Une autre source de difficultés, ce sont les variétés des blés , les uns à paille pleine , dure, résistante ; les autres à paille molle, creuse, flexible, soyeuse; les uns à épis durs, aux- quels le grain adhère avec force ; les autres à épis lâches et laissant échapper le grain avec une grande facilité. Il est évident qu'il est bien difficile que la même machine satisfasse à toutes ces exigences contradictoires : heureusement le système de MAI. Mothes frères se prêtait avec fa(ùlité à diverses modifications qui pouvaient varier les effets de leur machine au gré des cultivateurs et suivant les espèces de pailles. Leur machine a fait maintenant ses preuves : ils peuvent l'offrir aux contrées les plus oppo- sées. Les agriculteurs doivent bien noter que la machine de MIM. Mothes est portative, ainsi que le manège qui la met en jeu ; elle peut s'é- tablir partout, même au milieu d'un champ si l'on veut et si la saison le permet. Le manège peut-être appli(|ué à toute autre machine. Cette machine bat toute esjtèce de grains ou graines , même la graine de trèfle ; elle brise les barbes de l'orge ; elle peut concasser les grains que l'on veut donner aux animaux. Elle peut tiller les chanvres et lins. Elle peut battre les fourrages infectés de poussière lorsqu'ils ont été avariés par submer- sion ou autres causes. Je le répète : en considérant tous les services f(ue cette machine peut rendre aux cultivateurs, j'ai cru de mon devoir de la leui- signaler. MM. Iksson frères , cultivateurs à Guise (Aisne), et dont le témoignage peut être d'un si grand poids, ont adressé dernièrement à la direction du Culiivateur et à celle de l'L'cho des halles el marchés une lettre qui prouvera que notre opinion a des bases solides. (Voir le Cultivaleur, cahier de mars 18-38, f" 158; Echo des halles et marchés, Il mars 1838.) Veuillez agréer, etc. J.-lî. Fauché, propriétaire. BATIGNOLLES-MONCEAUX. — IMPIUMî;ilIE DE AUGUSTE DESREZ ET C% RUE LEMEKCIER , 24. -^ SERIE. Troisième année* REPERTOIRE 3IENSUEL ET PROGRESSIF DE TOUS LES FAITS UTILES, ÉCONOMIQUES ET NOUVEAUX, Guide du consommateur, ANNONCES CRITIQUES ET RAISONNEES DES PRODUITS DE l'iNDUSTRIE. Une livraison de trente-deux pages par mois , contenant un demi-volume in-%°. PRIX , FRANC DE PORT POUR TOUTE LA FRANCE , PAU AN, SIX FRANCS. -«i^ Toules les Icllres devront êlre adressées, franc de port, à M. Auguste DESUEZ, Direcleur rue Neuve-dcs-Petils-Chanips, n. 50, à Paris. ' NUMERO 7.— JUILLET. #1 II Chimie domestique, 194. 1. AGP.ICLLTLT.E. Grande culture : fourrages non graminés (fin), 198.— Culture de la vanille en Europe, 203. — Culture de la ré- glisse, iZ>irf.— Culture du colza, 204.— Inslrumons ara- toires : émondoir eu S, 205. — Exlirpaleur à fourche, 206. — Economie agricole : construction des laiteries et fromageries, ibid. — Destruction de l'alucile, 208. — Nourriture diverse des chevaux, 209. — Economie fores- tière : du but de l'élagage, ibid. — Médecine vétéri- naire : désinfection des cuirs des bestiaux morts du ty- phus épizootique, 21 1. II. COMMERCE , MANUFACTUP.es , AUTS ET MÉTIEUS. Appareil pour conduire et contenir l'eau et la pré- server de la gelée, 213. — Essieux des voitures, ibid. — ^^Fabrication des bouchons, ibid. III. ÉCOiNOMIE DOMESTIQUE. Nouvelle baratte, 214. — Emploi de la saponaire pour le blanchissa! peur, ibid. :e, 215. —Blanchissage du linge à la va- IV. inCIÈXE ET MÉDECINE. Préjugés populaires relatifs à la médecine (suite), îZiirf. — Du soin des dents, 217. — Chirurgie : traite- ment des fractures, ibid. V. MOP.ALE, METHODES D'E.\SEIGXEME.\T, LÉGISLATIOK. Organisation et administration municipales, 218. — Travaux des maires pour le mois de juillet, 220. — Mé- thodes d'enseignement ; inconvéniens des ouvrages élémentaires, 221. VI. AN.\OXCES CP.ITIQUES ET P.AISOXXÉES DE L'IiNDUSTlUE. Manuel de l'élagueur, 222. — Drevets d'invention déli- I vrés eu 1837, 223. JOUKS FÊTES ET NOMS INTÉRÊTS REVENU EMPLOI. 1 r II 0 D U 1 T 3 C £'o delà semaine. des SAINTS. de fr. 100 ' à 4 p. 0/0. par an. f7~ par jour. Dépense 9/10. Epargne 1/10. f. c. de 1/10 épargné au bout de 20 ans. J. f. c. f. c. f. c. f. c. 182 1 niM. s. Martial. 183 2 00 9200 25 20 22 68 ' 2 52 27870 80 183 2 lundi. Visit. de la Vierge. 184 2 01 9250 25 34 22 80 2 53 28028 35 184 3 mardi. S. Anatole. 185 2 02 9300 25 47 22 93 2 54 28179 85 185 4 mercredi. Tr. de S. .Martin. 186 2 03 9350 25 01 23 05 2 56 28331 40 186 5 jeudi. S. Roc, martyr. 1S7 2 04 9400 25 75 23 17 2 57 28482 90 187 6 vendredi. S. Tranquillin. 188 2 06 9450 25 89 23 30 2 58 28634 40 188 7 samedi. S. Aubierge. 189 2 07 9500 26 02 23 42 2 60 28785 95 189 8 m M. Ste. Elisabeth. 190 2 08 9550 26 16 23 54 2 61 28937 45 190 9 lundi. Ste. Victoire. 191 2 09 9600 26 30 23 67 2 63 29089 11 191 10 mardi. Ste. Félicité. 192 2 10 96 50 26 43 23 79 2 64 29240 50 192 11 mercredi. Tr. de S. Benoît. 193 2 11 UTOO 26 57 23 91 2 65 29392 05 193 12 jeudi. S. Guaibert. 19i 2 12 9750 20 71 24 04 2 67 29543 55 194 13 vendredi. S. Turiaf. 195 2 13 9800 26 84 24 16 2 68 29695 10 195 14 samedi. S. Conaventurc. 196 2 14 9850 26 98 24 28 2 69 29846 60 196 15 DIM. S. Henry. 197 2 15 9900 27 12 24 41 2 71 29998 10 197 16 lundi. S. Eustache. 198 2 10 9950 27 26 24 53 2 72 30149 60 198 17 mardi. S. Speral. 199 2 18 10000 27 39 24 65 2 73 30301 10 199 18 mercredi. S. Clair. . 200 2 1 9 10050 27 53 24 78 2 75 30452 65 200 19 jeudi. S. Vincent de P. 201 2 20 10100 27 67 24 90 2 76 30604 15 201 20 vendredi. Ste. Marguerite. 202 2 21 10150 27 80 25 02 2 78 30755 60 202 21 samedi. S. Victor, martyr. 203 2 22 102U0 27 91 25 15 2 79 30907 20 203 22 DIM. Ste. Madeleine. 204 2 23 10250 27 08 25 27 2 80 31058 70 204 23 lundi. S. Apollinaire. 205 2 24 10300 28 21 25 39 2 82 31210 15 205 24 mardi. Ste. Christine. 206 2 25 10350 28 35 25 52 2 83 S1361 65 200 25 mercredi. S. Jacq. S. Chrys. 207 2 26 10400 28 49 25 6i 2 84 31513 15 207 26 jeudi. S. Christophe. 20S 2 27 10450 28 63 25 76 2 86 31664 70 208 27 vendredi. S. Pantaléon. 209 2 29 10500 28 76 25 89 2 87 31816 10 209 28 samedi. Ste. Anne. 210 2 30 10550 28 90 26 01 2 89 31967 65 210 29 niM. Ste. :\larthe. 211 2 31 10600 29 04 20 13 2 90 32U9 15 211 30 lundi. S. Abdon. 212 2 32 10650 29 17 26 26 2 91 39270 95 212 31 mardi. is. Germain. 1 213 2 33 10700 29 31 26 38 2 93 J2422 50 Le 1 lev. du sol. 4 h. 2 m. couch. 8 h. 5 m. P. L. le 7 à 2 h. 28 m. du soir. 10 4 9 8 1 D. 0. le 14 à 7 29 du matin 20 4 10 7 52 N. L. le 21 à 2 29 du soir. 31 4 33 7 39 P. Q. le 30 à] 6 4 [da soir. %m îK». wn CHIMIE DOMESTIQUE «). I. — INTRODUCTION. Le docteur Watson, aulcur dos Essais chimiques, rapporte que le liasard ayant voulu que sir Isaac Newton et le docteur Jkntley se rencontrassent accidentellement à Londres, et (|ue Newton ayant demandé quels pouvaient être les travaux philosophiques qui le conduisaient à Camhiidge, le docteur répondit : Aucun, car lorsque vous avez chassé , sir Isaac, vous avez lue tout le gibier ; vous ne nous avez rien laissé à poursuivre. — Il n'en est rien, dit le philo- sophe ; vous pouvez encore faire sortir une grande variété de gibier de chaque buisson, si vous voulez' seulement prendre la peine de les battre dans ce but. Cette réponse de sir Isaac Newton est bien digne de remarque , car nous pouvons en faire l'application dans un grand nombre de circonstances. Aucun philosophe n'est assez industrieux ni assez habile pour ne rien laisser à découvrir et à invenler à ses contemporains on à ses suc- cesseurs. Aucun homme, quekiue grande que soit son infériorité, en le comparant aux grands hommes dont les noms sont connus et honorés dans tous les siècles, ne doit désespérer de pou- voir ajouter quchpie chose à l'ensemble des connaissances humaines. La position sociale d'un homme, fùt-elie même défavorable ou i)eu propice à lui fournil- les occasions de se livrer h des recherciies scientifiques, n'est jamais telle (ju'elle puisse l'empêcher entièrement de connaître et d'apprécier les beautés et les merveilles naturelles qui l'entourent. Jacques Vergusson avait une ocrupation qui demandait aussi peu de développement des facultés intellectuelles qu'aucune de celles qui peuvent nous tomber en partage. En un mot, il gardait les troupeaux sur les monta- gnes de son pays ; et cependant , par ses propres eiïoits, il acquit un rang distingué parmi les hommes savans de l'époque. On pourrait objecter contre cette citation (pie l'emploi que Fergus- son faisait de sou temps était précisément de nature à lui offrir de grandes facilités pour l'ac- complissement de tout travail mental, parce que, son esprit n'étant que très-peu engagé par les devoirs de sa position, il jouissait alors de toute la libellé possible pour suivre une autre direc- tion. Mais cette remarque ne doit rien diminuer des éloges et de l'honneur dus à Fergusson et à ceux qui sont placés dans les mêmes conditions (jue lui ; car on peut citer au moins autant d'hommes (pii, tout en ayant beaucoup de temps et de loisirs, n'ont cependant rien Hut pour re- culer les limites des sciences, que d'autres hommes qui, au milieu d'un vie agitée et de travaux continuels, ont encore trouvé le temps de découvrir des vérités jusqu'atois inconnues ou d'éten- dre l'utililé de celles qu'on possédait déjà. Notre but, en faisant ces remarques, est de bien persuader à nos lecteurs que nous pouvons tous, les uns aussi bien que les auties, nous rendre utiles à nos semblal)les, si nous voulons seuie'mcnt penser et réfléchir !e qu'on attribu(; plutôt l'inlusion du thé à l'é- bullition de l'eau qu'à sa température. Une blanchisseuse qui affirme que le linge ne peut se blanchir dans de l'eau de source montre une connaissance pialique de cette vérité, à savoir : que l'eau , renfermant de la chaux, ne dissoudra point le savon, qui, en quelque sorte, devien- dra caillé et que, si le savon n'est pas dissous, il n'extraira pas la saleté du linge. Pour emplir un seau dans une citerne , un puits ou un étang, nous ne plongeons pas le seau dans une position verticale jusqu'à ce qu'il soit entièrement submergé, mais nous l'inclinons de façon à ce qu'il en- tre une portion d'eau dans le seau aussitôt que possible; la raison de ceci est que le poids du seau vide est léger comparativement avec son volume, et qu'il ne peut entamer la surface de l'eau qu'à l'aide d'une augmentation de pression ; mais dès qu'un peu d'eau est entré dans le seau, sa chute est accélérée. Toutes ces réflexions sont autant de preuves (et elles ne forment qu'une liès-petile partie de celles qui parviennent à notre observation journalière) que nous mettons continuellement en pi'atique les lois naturelles, mais sans réfléchir sur ces mêmes lois. Nous accomplissons les faits indiqués dans ces quelques exemples, non par suite de la connaissance des lois dont ces faits dépendent, mais parce que leur vérité est démontrée par l'expérience. Cependant ne serait-il pas désirable pour nous d'essayer à comprendre les lois par lesquelles sont gouvernés tous les procédés matériels, — d'acquérir ainsi la clé qui nous ouvrira tant de portes, tandis que chacune d'elles demande une clé à pai'tà celui qui agit en détail? Oui, sans doute ; aussi désirons-nous faire remarquer à nos lecteurs l'abondance des matériaux sur les- quels la réflexion peut s'exercer. Essayez d'expliquer les causes de ces phénomènes qui se pré- sentent d'eux-mêmes à votre connaissance, au coin de votre feu, dans votre cercle domestique, ou dans le cours de vos occupations journalières. Un homme peut être un bon chimiste, quoique ses appareils ne consistent que dans quelques bouteilles , une poire à poudre, une pipe et une lampe ; et le docteur Wollaston a prouvé qu'un grand savant pouvait faiie des expériences gal- vaniques avec un dé à coudre et ûeus. morceatix de fd de métal. On ne doit point oublier qu'au- cune chose n'est ni trop petite ni trop insignifiante poiu- ne pas mériter les remarques d'un sa- vant ; et eelui qui prétend (|ue le soin apporté pour remplir un seau d'eau, pour faiie bouillir des pommes de terre, ou pour fermer une poite n'appartient pas à la science, en est encore à appren- dre quel est le véritable sens de ce mot. II. — EAUX DOMESTIQUES. Si nous observons tous les procédés naturels et artificieis qui sont constamment en action, et les changemcns extérieurs et intérieurs que ces mêmes procédés font éprouver aux choses ma- térielles, nous ne pouvons manquer d'arriver à conclure que l'eau se trouve au premier rang des principaux agens qui opèrent ces mêmes changemens. il nous est impossible de décider entre i'air et l'eau lequel de ces deux élémcns rend les plus imporlans services à l'homme. L'air, par son action indispensable dans le fait de la respiration , est par conséquent le principe de nos forces vitales ; l'action de l'eau est incessante : elle agit comme dissolvant, comme aliment indis- pensable des animaux et des végétaux dont elle favorise les dévoloppemens et l'abondance; elle modifie et atténue un principe puissant , la chaleur ; elle est la source de cette délicieuse fraî- cheur qui rend la terre si éblouissante de beauté, tandis. que l'air qui circule autour d'elle lui conserve une admirable harmonie et un constant équilibre. Mais heureusement il n'y a aucune nécessité pour nous d'établir une comparaison cnlie l'air et l'eau pour établir ensuite la priorité de leurs droits à notre admiration; qu'il nous sufïise de dire que leurs propriétés sont si nom- breuses et si diverses, que tout le génie humain et toutes les recherches n'ont pu découvrir en- core toutes leurs applications. Nous devons accorder à ciiacun d'eux une large part de recon- naissance pour les uombieux avantages (|u'ils offrent à l'homme ; nous devons encore chercher à rendre plus utile l'emploi de l'air et de l'eau, et cela par l'observation et des recherches expé- rimentales. Nous ne devons pas être surpri-s que , dans les temps reculés, l'eau ait été regardée comme un des élémensdont toute la nature inanimée était formée, les trois autres étant l'Air, le Feu et la Terre ; et cène fut que vers la dernière partie du dernier siècle que les rapides progiès des dé- couvertes chimiques établirent que l'eau n'est pas un élément, ou une simple substance, mais bien un composé de deux corps, tous deux gazeux avant leur combinaison, et qui sont l'oxigène et l'hydrogène. On doit à M. Cavendishle mérite d'avoir, le premier, décomposé l'eau en 1766. Le gaz oxi- gène fut découvert par le docteur Priestlyle l" août 1774. Mais la grande expérience qui éta- blit la vérité du fait , que l'eau pure n'est entièiement composée que d'oxigène et d'hydrogène, fut faite à Paris, en 1790, par Fourcroy, Vauqueiin et Séguin. Les circonstances qui accompa- gnèrent l'expérience honorent hautement l'énergie et la persévérance de ces chimistes : ils opé- rèrent pendant cent quatje-vingt-cinq heures consécutives , prenant alternativement quelques heures de repos sur des matelas disposés dans le laboratoire! Après avoir établi la composition de l'eau par des substances gazeuses , nous devons ftu're ressortir dans un cadre limité l'efficacité de l'eau pour les besoins de la vie ; pour parvenir à notre but, nous adopterons un mode de classification par lequel l'eau peut être divisée en diffé- rcalçs espèces, seloo les différentes propriétés que chacune d'elle présente. Plusieurs modes de 196 ' CHIMIE DOMESTIQUE. classification ont été mis en usage ; mais nous préférons classer les eaux en deux grandes gé- néralités, qui sont : les eaux domestiques et les eaux médicinales. Puis nous devons con- sidérer les eauxdomestiques parordre, suivant qu'elles proviennent de l'atmosphère, des sources, des rivières ou deS lacs. La seconde division comprendra une courte nomenclature des eaux médicinales, telles que les eaux de mer et les nombreuses espèces d'eaux minérales. Eaux domestiques : telles qu'elles sont en usage pour la boisson et pour tous les besoins do- meslitjues. Celte classse peut être convenablement considérée comme comprenant quatre espèces : la pre- mière, l'eau atmosphérique ; la seconde, l'eau de source j la troisième, l'eau de rivière, et la qua- trième, l'eau de lac. I. L'eau atmosphérique comprend tout le liquide qui résulte des phénomènes atmosphériques, tels que la pluie, la grêle, la neige, etc., etc. dans l'état où ce liquide se trouve en tombant sur la terre et avant qu'il n'ait acquit aucune teinte minérale en passant sur la terre ou en traversant ses dill'érentes couches. Cette eau est très-pure et ne contient qu'une très-petite portion de ma- tière étrangère qu'elle absorbe, ainsi qu'on le suppose avec raison, dans sa chute vers la terre, et principalement dans le voisinage des grandes villes. Cette remarque vient à l'appui de ce fait, qu'en général, on trouve la grêle et la neige en état de plus grande pureté que la pluie, parce que la grêle n'élant formée que des gouttes de pluie gelées au moment de leur chute, et la neige se composant de vapeur humide avant qu'elle n'ait eu le temps de se réunir en gouttes globuleuses, il est évident que la neige et la grêle ne peuvent prendre et confondre dans leur substance des mo- lécules de matières étrangères avec la même facilité que si elles se trouvaient dans un étal liquide. La source de l'eau atmosphérique est dans l'évaporation de la surface de l'Océan, des mers, des rivières, des lacs, etc., etc.; cette évaporation s'élève constanmient de ces surfaces, même dans les plus basses températures, jusqu'à ce que l'air, qui se trouve au-dessus de ces surfaces, en soit saturé. La vapeur (pii s'élève de la surface d'une pièce d'eau par un jour de chaleur est un litit bien connu de tout le monde : mais ce qui peut exciter quelque surprise, c'est d'apprendre que, dans les jours les plus fioids, la même vapeur se dégage de ces surfaces , et que même la forme compacte de la glace n'est pas un obstacle à l'évapoialion. Cependant , dans les basses tempéra- tures, la (luanlilé de vapeur qui s'élève est très-minime ; mais le fait qu'une basse température ne s'oppose pas à la formation de la vapeur n'en a pas moins été établi par de nombreuses expérien- ces. C'est, il est vrai, quand la température atteint le degré des climats tempérés que la quan- tité des vapeurs qui s'échappent de l'eau devient plus considérable ; et près de l'Equateur, où les rayons du soleil, tnml)anl presque verlicalemenl, ont bien plus de puissance que là où ils ar- rivent plus obliquement, la quantité d'eau qui moule dans l'atmosphère sous la forme de vapeurs est vraiment énorme. On peut voir, à l'aide d'une carte, que neuf grandes rivières et un nombre infini de rivières plus petites jettent leurs eaux dans le sein de la mer Méditerranée. Par des expé- riences faites sur l'étendue et les courans des principales rivières , on a calculé que près de 200 millions de tonnes d'eau tombaient par jour dans la Méditerranée ; mais ce qui est plus extraordinaire, c'est qu'il a été prouvé que i)lus de 500 millions de tonnes d'eau s'évaporent de la surface delà Méditerranée dans le cours d'une chaude journée d'été !.. Cette évaporation est deux fois et demie plus considérable que la quantité d'eau que versent dans la Méditerranée, pendant le même espace de temps, les rivières tributaires ; cette augmentation dans la quantité d'évaporalion, comparée avec le tolal des eaux apportées par ces livières , produit , quant au courant qui existe de l'Océan-AtlaïUique h la mer Méditerranée en tr.iversant le détroit de Gibraltar , un phénomène qui fut considéré comme inexplicable jusqu'à ce que l'influence de l'évaporation fut prise en considération. Outre l'évaporation de la surface de l'eau, il y a aussi une continuelle ascension de vapeurs provenant des végétaux et autres substances aussitôt que le soleil élève la température de la sur- face de la terre au-dessus de la température moyenne. Une ingénieuse combinaison pour esti- mer la quantité de cette évaporation sur une surface donnée fut imaginée par le docteur Wat- son : « Le 2 juin 1779, dil-il, le soleil étant brillant et chaud, je posai un grand verre à boire, l'ouvcrlure en bas, sur mie touffe de gazon qui en fut entièrement recouverte. Il n'yjavait pas eu de pluie depui> plus d'un mois eirherbe était toute jaune. En moins de deux minutes, l'intérieur du verre fut obscuici de vapeurs, et, après une demi-heure, des gouttes, formées de cette va- peur, commencèrent à couler le long des parois intérieures du verre; celte expérience fut répétée plusieurs fois avec le même succès. » Alors je pus estimer avec exactitude la quantité ainsi obtenue dans un certain espace de temps : je mesurai la grandeur de l'intérieur du verre et je trouvai qu'il représentait un carré de 12 jtouces. Quand le verre eut été posé sur le gazon pendant un quart d'heure et qu'il eut amassé une certaine quantité de vapeur, j'essuyai l'intérieur avec un morceau de mousseline dont je connaissais préalablement le poids; aussitôt (jue le verre futj essuyé, la mousseline fut pesée de nouveau, et l'augmentation de son poids fit connaître la quantité de vapeur qui avait élé recueillie. )> {Essais chimiques, vol. III, p. 54.) Une analyse des causes et des effets de ce phénomène atmosphérique n'entrerait pas dans le cadre de cet article et nous éloignerait trop de notre but, qui n'a pour objet que de traiter des produits liquides de ces phénomènes. IL Eaux de sQurcç. Jusqu'ici nous avons parlé de l'eau qui résulte des phéoomèûes almosphé- CHIMIE DOMESTIQUE. 197 riques, en la considérant seulement dans l'élat où elle se trouve au moment qu'elle tombe des nuages; nous n'iivons pas indiqué les modifications qu'elle subit par le conlact de la (erre; nous jdlons donc établir maintenant que la même eau ne garde pas longtemps les mêmes caractères si elle passe au travers des couches dont la terre est formée avant d'avoir été appli- quée à quelque usage. La poriion de pluie, grêle ou neige qui tombe dans les masses liquides qui sont à la surface de la terre se mêle nécessairement avec ces eaux, et ses propriétés dislinctives sont aussitôt perdues parce mélange. INIais la portion d'eau qui tombe sur la terre est sujette à différentes modifica- tions : si elle tombe sur une prairie ou sur une autre pièce de terre recouverte d'une riche végé- tation, une des parties pénètre dans le sol, une autre s'évapore aussitôt que la pluie , la grêle ou la neige cessent, et une troisième partie est décomposée par les corps végétables eux-mêmes : l'hydrogène est absorbé par l'alimentation qu'il fournit aux végétaux, et l'oxigène est dispersé dans l'état de gaz. C'est ce qui rend si rafraîchissant pour l'homme le voisinage des lieux cou- verts de végétation et (|u'une forte pluie vient de pénétrer, l'oxigène étant de toutes les autres substances le plus actif soutien de la vie animale. Mais si la pluie tombe sur une chaîne de mon- tagnes stériles ou sur une plaine sablonneuse , il en résulte une suite d'effets différens. Là au- cune végétation ne se présente pour décomposej- une portion de l'eau, et, par conséquent , au- cune racine n'absorbe l'humidité du sol. C'est pourquoi tout ce qui ne s'évapore point doit t)énétrer dans le sol et chercher un débouché dans une autre direction. Si la surface est rocail- euse, l'eau inondera simplement cette surface ; mais si elle est poreuse, l'eau s'introduira dans les pores au moyen de la force de gravité. C'est ainsi qu'un nombre infini de petits filets ou fila- mens d'eau peuvent filtrer au travers du sol jusqu'à ce qu'ils rencontrent soii une cavité qui leur serve de réservoir, soit une couche de terre compacte, ou un lit d'argile qui puisse résister à leurs progrès ultérieurs. Dans ce dernier cas, le petit filet d'eau prendra une marche oblifjue ou détournée, suivant les localités, mais cherchant toujours, toutes les fois que la possibilité s'en présente, à gagner le niveau le plus bas. Supposons qu'une large étendue de surface sablonneuse, dans un pays montagneux, présente un assemblage de petits canaux pour le passage de minces fdamens d'eau , mais qu'à une certain'e profondeur, au-dessous du sol, la couche de sable soit suivie d'une couche d'argile qui, par sa nature, soit un obstacle à toute filtiMlion , les petits filets d'eau chercheront alors une nouvelle route et suivront l'étendue du terrain sablonneux dans une direction latérale. Ce cours d'eau peut s'étendre plus bas que la base delà montagne, au-dessous du sol d'une plaine ou d'une vallée des environs; si maintenant une fissure ou perforation, soit naturelle, soit artificielle, se trouve être faite au-dessous du sol qui renferme le petit courantd'eau, ce dernier remonterait à travers la fissure à une hauteur proportionnée à celle des ruisseaux souterrains existans dans l'intérieur de la montagne ; ainsi se trouveraient les premiers élémens d'une source; une fois formée, elle serait constamment alimentée , les ruisseaux voisins venant graduellement se joindre au même canal. Cependant si cette source ne pouvait être entretenue que de cette manière , l'alimentation en serait constamment inégale, et peu de temps après la cessation de la pluie, elle serait à sec. Mais si ce fait ne se présente pas, c'est que, le plus souvent, il existe des réservoirs naturels placés dans la montagne au-dessus du niveau de la source. Il n'y a pas de doute que le corps d'une montagne ne renferme beaucoup de cavités, résultant peut-être de craquemens arrivés dans des temps reculés. Ces cavités servent de réservoir à une multitude de petits filets d'eau qui|ont{filtré à travers la surface supérieure, et aussi longtemps qu'il restera quelque peu d'eau dans ces réservoirs , la soui'ce de la vallée voisine continuera d'être alimentée. Ce que nous venons de dire est une imparfaite esquisse de l'origine des sources et servira du moins à donnei' une idée générale de leur formation ; mais il y a beaucoup de circonstances qui modifient l'abondance de leur alimentation et le degré de facilité avec lequel elle est obtenue. Quelques sources sont alimentées par des réservoirs si élevés que l'eau jaillit continuellement de la terre, tandis qu'ailleurs quelques-unes sont produites par des réservoirs placés si bas qu'il faut creuser un puits de 3 ou 400 pieds de profondeur avant de trouver l'eau. Dans quelques sources le jet de l'eau est intermittent : tantôt il est abondant, tantôt il cesse et s'arrête tout à fait. L'eau de pluie, en filtrant ainsi doucement à travers des pores si fins et si multipliés, suit un procédé de filtration naturelle qui, presque toujours, lui donne une pureté cristalline, qui a servi aux poètes d'objetde comparaison depuis qu'il existe des poètes. Mais l'eau ne passe pas au tra- vers du sol sans se charger de quelques matières étrangères et sans en perdre d'autres. Les qualités minérales des différens sois à travers lesquels l'eau pénètre produisent nécessairement quelques changemens dans sa composition : si elle passe à liavcrs un sol plein de craie , elle absorbera une portion de chaux dans sa substance; si le terrain est ferrugineux, elle contiendra du fer , et ainsi de suite. Quand les matières étrangères absorbées par l'eau sont d'une nature saline ou compliquée, l'eau qui en résulte reçoit la dénomination d'eaM minérale ; mais quand ses pro- priétés n'ont souffert que peu d'altérations, elle est appelée eau de source pure, laquelle diffère de l'eau de pluie principalement parce qu'elle contient une partie de chaux ; cette chaux augmente plutôt ses qualités comme boisson q,u'clle ne les détériore ; mais en même temps elle lui donne une certaine dureté qui la rend impropre à plusieurs emplois domestiques. Deux des plus fré- quens usages de l'eau sont : l° le lavage et le blanchissage, et 2° l'extraction des principes nutri- tifs et substances des corps par l'ébullition, l'infusion, la décoction, etc., etc. Pour ces deux ob- jets, l'eau de source est très-inférieure à l'eau de pluie, surtout à cause de la chaux dont elle est chargée. , {Sera continu^',) 198 AGRICULTURE. <)>^>o%%%%%%>é%>é%%%%%}^>^%%%%^%%%5^%>Q%%3^%><')^%%>c;5^%%>^%5^3^%%5^5^5^(> I. AGRICIILTUHE, GRANDE CULTURE. rOURUAGES DES PRAIRIES NATURELLES ET ARTIFI- CIELLES, NON GRAMINÉS. Fourrages légumineux. — Suite. Le trèfle commun se sème le plus ordinai- rement au printemps avec les avoines ou les orges, assez fréquemment sur les blés en heibe et quelquefois en automne. Dans tous les cas , on ne doit jamais le semer avec d'autres four- rages , parce qu'il est toujours ctoufTc par eux. Cela n'empêche pas que quelques cultivateurs conservent la mauvaise liabilude de l'associer à de la luzerne , sous le spécieux prétexte que si la saison ou le terrain n'est pas favorable à l'un, il le sera à l'autre. On indique ordinairement le mois de mars comme l'époque la plus favoiable pour faire le semis ; mais cependant ceci doit éprouver quel- ques modiûcalioQS.rar exemple dans les parties de la France un peu méridionale ou dans les can- tons que leur position physique en lapproche , ^ doit semer en février, dès que les grands froids sont passés, afin que la laciue delà plante ait le temps de pivoter avant le retour des grandes chaleurs. Si l'hiver a été doux , si la chaleur est assez forte, il n'y a pas de raison pour relarder les semailles. La graine avant sa germination ne craint pas la gelée , et d'ailleurs elle ne geimera que lorsque la chaleur atmos- phérique , en correspondance avec celle du sol, sera au point convenable au développement du germe. Chaque cultivateur doit donc hàlcr ou retarder le niomocl du semis en raison du climat et de la localité qu'il habite et dont l'ex- périence lui a appris à connaître les saisons. Lorsqu'on s?;nie le Irèlle en automne et que celte saison éprouve de ccrlaiiies variations almosphéï-iques, il arrive parfois que le semis réussit mal ou même ne réussit pas du tout ; dans ce cas, on a la ressource de ressemer au printemps, soit à moitié de graines, soit en totalité ; mais celle dernière circonstance est assez rare : il est encore plus rare quand on a semé à moitié graine que l'on n';!il pas une belle récolte l'automne suivant. Cependant, pour ne pas risquer des dépenses et une peite inutile de temps, on fera bien de ne semer en automne que dans des Icries bien saines et que les gelées ne font pas goniler. En semant avec de l'avoine , de l'orge ou même du seigle et du froment , on se met en position de retrouver, la première année où le trèfle ne fournit pas de récolle , les frais de cul- luie et la rente de la terre et, chose encore plus importante, d'assurer le jeune plant contre les efl'els des sécheresses de l'élé. Quelques auteurs cependant blâment cet usage , sans doute parce qu'ils n'en ont connu que le désavantage ou qu'ils ont essayé cette méthode dans des localités froides ou humides où il n'est pas aussi utile d'ombrager les jeunes plantes; mais en semant en mélange, il faut avoir la précaution de semer les céréales très -clair afui de ne pas étouffer le trèfle. Comme la giaine du trèfle est fine , on doit, quand on ne la sème pas en mélange avec d'autres graines, la mêler avec une quantité égale en volume de sable , de cendre ou tout simplement de terre sèche et pulvérisée : ce n'est que par ce moyen que l'on parviendra à faire un semis bien égal. Ainsi que toutes les semences fines, les graines de trèfle doivent être très-peu recotivertes de terie. On se bornera donc après le semis à les recouvrir légèrement à la herse. Dans le cas où l'on a semé sur des céréales déjà en herbe , on devra même s'abstenir de ce hersage, et l'on choisira un temps de pluie pour jeter les graines. La germination du trèfle, comme celle de beau- coup de plante, est plus ou moins prompte en raison de la température et de l'humidité du sol. Quoiqu'on ne le fasse pas toujours, un sar- clage est utile et souvent même indispensable. A Paris on le fai" à la fin d'avril ou au com- mencement de mai ; on pourra le faire un peu plus tôt dans nos déparlemens njéridionaux, et un peu plus tard dans le nord de la France. Protégé par la céréale h laquelle il a été associé, le trèfle se fortifie jjendant le reste du printemps et une partie de l'été. Il est en état de suppor- ter les séchei esses de la fin de cette dernière saison et profile mieux de la chaleuides rayons du soleil d'automne lorsqu'on coupe la plante qui le protégeait , ce (pi'il faut faire un peu plus haut que de coutume afin que la faucdle ne l'at- teigne pas. Aux approches de l'hiver, il garnit déjà le terrain el quelques pieds même donnent déjà des fleurs. Beaucoup de cullivaleurs, séduits par un cal- cul d'intérêt malentendu, fauchent ce jeune trèfle et compromeltent ainsi ses récoltes à venir. En effet, c'est de la végétation de la première année que dépend en très -grande AGUICULTUKK. 199 partie la vigiicitr de la plante et par consé- quent l'abondance des coupes futures. Pour une douzaine de boites de foin acquises six mois plus tôt , ils se priveut de plusieurs cen- taines chacune des années suivantes. Jamais, sous quelque prétexte (jue ce soit , on ne doit mettre les bestiaux dans le semis à cette époque , puisque non seulement les animaux le priveraient des feuillet indispensables à sa végé- tation, mais encore ils couperaient les collets des racines et le feraient périr. Voilà ce que recom- mandent tous les auteurs. Et cependant dans la ferme du roi d'Angle- terre , à Windsor, on fait parquer les moutons sur les jeunes trèfles pendant l'hiver, ce qui ne nuit aucunement à l'abondance des récoltes que l'on obtient l'année suivante. Il est vrai qu'on choisit les semis les plus vigoureux et les plus avancés pour sepermeltre cela. La seconde année le trèfle est en plein rap- port, et c'est alors q Ton peut le couper deux, trois et même quatre fois. Bosc et Gilbert pré- tendent avoir vu de trèfles que l'on a coupés jusqu'à cinq fois. Dans le département du Doubs, un arpent de trèfle bien cultivé et en bon état fournit, terme moyen, dix milliers de four- rage sec ; mais dans les terrains secs et surtout dans les années chaudes , la seconde pousse est souvent brûlée, c'est-à-dire à demi desséchée, et alors elle ne fournit qu'un fourrage de fort médiocre qualité et beaucoup moins abondant. Les irrigations, quand elles sont possibles, le plâtre , la marne et la chaux , voilà les meilleurs moyens d'augmenter beaucoup les récoltes des fourrages légumineux eu général et paiticnliè- rement du trèfle. Les irrigations ne doivent avoir lieu que pen- dant la sécheresse et la chaleur ; dans toutes autres circonstances elles sont inutiles et même quelquefois nuisibles. Le plâtre est le meilleur engrais du trèfle ; on le sème la seconde année du semis et quelques instans avant la pluie pour que le vent n'ait pas le temps d'en em- porter une partie. Quoique le moment le plus favorable pour faire cette opération paraisse être le printemps, lorsque le trèfle connncnce à dé- velopper ses premières feuilles, on trouve néan- moins un grand avantage à la renouvolei" api es chaque coupe. Gilbert, dans son traité des prairies artificielles, vante les effets du pl.'itre avec tant d'enthousiasme qu > quelipaefuis i! dé- passe toute exagération possible. Par exemple, il dit avoir remarqué qu'en Alsace le plâtre lait pousser du trèfle dans les endroits même où l'on n'a pas semé celte plante. La marne produit aussi un fort bon effet, mais il faut retendre en petite quantité après chaque coupe et peu d'heures avant une pluie. Quant à la chaux , elle est pour le trèfle le meilleur engrais après le plaire; mais pour qu'elle produise tous ses eflets il faut savoir l'em- ployer convenablement : on se sert ordinaire- ment de la poussière de chaux ramassée dans les fourneaux après que l'on a enlevé celle des- tinée à la couslructiou ; on la transporte sur le champ de trèfle par un l.cau temps et on la déj)Ose eu pelits tas de distance en dislance, où on la laisse s'éteindre par l'etTct de l'air et de lit rosée de la nuit ; quand elle est tout à fait tombée en efïlorescence, ce qui arrive au bout de vingt- quatre ou quarante -huit heures , on la disperse sur le tièfle en la semant avec une pelle de bois : l'essentiel est de ne pas se laisser surprendre parla pluie pendant qu'elle est en tas, car elle serait piesque enlièiement perdue. Ordinairement on réserve la seconde pousse de la seconde année des trèfles pour semence ; cependant le principe que plus les plantes sont vigoureuses et plus la graine est grosse, que plus la graine est grosse et i)lus les semis sont beaux, déviait engager à employer toujours la première pousse de la seconde année. Si pour se conformer à l'usage on veut cependant pren- dre celle graine sur la seconde , il faut faire la première de très-bonne heure, c'est-à-dire avant le développement complet des fleurs. C'est parce que les Hollandais agissent ainsi que leur graine est si supéi'ieure à la nôtre. M. Bosc a donné les renseignemcns les meil- leurs sur les procédés à employer pour lécol- ler et préparer les graines ; ausssi allons-nous le laisser parler lui-même. « On doit attendre , dit-il , que la maturité soit complèle pour cou- per les trèfles réservés pour giaines, les dessé- cher et les conserver dans un lieu sec, à l'abri des rats et des poules, jusqu'à l'époque où on aura besoin de la graine, soit pour la semer, soit pour la meltiedans le commerce. Beau- coup de cultivateurs , il est vrai, battent leurs graines peu de temps après qu'elle est lécoltée; mais ils s'exposent à perdre les avantages de l'espèce de stralificalion dans la [uelle elle est , et à éprouver tous les désavantages de sa conser- vation dans des sacs, désavantages très-mar- qués par sa disposition ou à moisir ou à se trop dessécher. Dans quelques parties de l'ouest de la France, on cultive le trèfle uniquement pour la graine ; là on ne s'occupe que d'avoir le plus possible de cette graine : aussi les champs y sont-ils pr'esque aussi épuisés après la récoUe que s'ils avaient produit du lïomeat. On poui'rait s'y procurer de i)Ju5,graixis béné- fices par un assolement régulier ; niais ce mot n'y est pas connu : là on eiJiploie une machine que l'on fait rnouvoii- pour extraire les gi'aines de leurs gousses. Des boccards mus par l'eau ou par un che- val sont le moyen le i»lus utile pour séparer la graine de trèfle de sa gousse au moyen de la 200 AGRICULTURE. percussion. On a soin de remplir l'auge, afin que cette graine ne soit pas écrasée par ie pilon; on vanne ensuite, soit au tarrare, soit au van. Il faut battre la graine six mois après la coupe. On a imaginé, pour accélérer le nettoie- ment de la graine de trèfle de doubles râpes percées de trous trop petits pour que la graine puisse y passer et assez rapprochés pour qu'elles déchirent les calices. Il y a de ces râpes qui sont circulaires et mues par une manivelle qui fait tourner une grande roue dentée, laquelle fait tourner au moyen d'une lanterne l'axe d'une petite roue, qui fiit touiner encore au moyen d'une autre lanterne l'axe de la râpe su- périeure. Il y en a d'autres (pii sont parallélo- grammiques et qui frottent l'une sur l'autre par un mouvement de va et vient. Ces dernières, comme plus simples, me paraissent préférables. Il n'est pas rare qu'un arpent de trèfle en bon fond donne 1,600 kilogrammes de graines net- toyées. Si je me suis étendu un peu longuement sur la culture de cette précieuse plante, c'est que les principes que j'ai posés peuvent dans leur généralité s'appliquer non-seulement au trèfle, mais encore à la majeure partie des fourrages légumineux. TRIGONELLE (trigonetla). La plupart des plantes de ce genre sont mangées par le bétail , mais une seule a été cultivée pour cet usage. Toutes ont le calice en cloche , à cinq di- visions presque égales ; la carène est très-pe- tite , les ailes et l'étendard sont un peu ouverts et représentent une corolle à trois pétales égaux , la gousse est oblongue, comprimée ou cylin- drique, pointue, droite ou un peu courbée, à plusieurs graines. La Trigoneixe fenu-gbec (trigonella fœ- num-grœcum. Lin.) , a les tiges hautes de huit à dix pouces , presque simples , cannelées , vertes, fistuleuses et légèrement velues; ses feuilles sont portées sur des pétioles courts et un peu dilatés vers leur sonmiet ; les folioles sont ovales, obtuses, ciméiformes, crénelées dans leurs parties supérieures, vertes eu dessus et d'une couleui- un peu cendrée en dessous ; ses fleurs sont sessilcs, jaunâtres, axillaircs, solitaires ou géminées ; les gousses sont un peu aplaties, fort longues, légèrement courbées, étroites et terminées par une longue poiute co- nique. Cette plante se trouve assez communément dans les provinces méridionales de la France et en Alsace. Elle est émollientc, niaturalive et laxalive ; ses semences fournissent un mucilage très-anodin employé à l'exléiicur seulement, parce que son amertume empêche d'en fa ire usage h l'intérieur. Malgré ces propriétés , toutes les espèces de bétail recherchent assez celle j>fetïile et la mangent avec plaisir. Il paraît qu'aetre- fois on la cultivait beaucoup en Italie comme fourrage, quoique beaucoup d'autres plantes de la même famille lui soient de beaucoup préférables sous le rapport du produit. Aussi je ne la cite ici que pour prémunir mes lecteurs contre les exagérations de quelcjues compilateurs qui la vantent sur la foi des anciens écrivains romains, sans s'être donné la peine de l'examiner dans les environs de Paris , où on en trouve des champs entiers pour l'usage de la pharmacie. La trigonelle exige une bonne terre légère et chaude , et fleurit au milieu de l'été. Aux en- virons de Paris, elle est très-sensible aux gelées; aussi faut-il la semer lard. Toutes les espèces de ce genre sont annuelles, à la seuhi exception de la trigonelle bâtarde (trigonella hybrkla), que l'on n'a jamais sou- mise à la culture, ou du moins je le croia. Elle se trouve dans le midi de la France, mais assez rarement. VESCE [vicia). Ces plantes ont un calice tubuleux , à cinq dents ou à cinq lanières , dont deux supérieures plus courtes; le style est fili- forme, et forme un angle droit avec l'ovaire ; il est velu supérieurement et en dessous vers le sommet; la gousse est oblongue, h plusieurs graines, dont l'ombilic est latéral , ovale ou li- néaire; les tiges sont droites ou grimpantes, à stipules petites , à pétioles terminés en vrille rameuse et chargés de folioles nombreuses. Ce genre renferme dix-sept espèces natu- lelles à la France et toutes recherchées par les bestiaux ; mais nous ne citerons ici que celles que l'on pourrait avantageusement cultiver comme fourrage. § I. Fleurs presque sessiles à l'aisselle des feuilles. Vesce cultivée (vicia saliva, Lin.). Rien n'est plus vai iable que le port de cette plante annuelle , si ce n'est la l'orme de ses folioles ; elle est plus ou moins pubescente ; sa tige est couchée ou grimpante quand elle est grande , et se soutient d'elle-même lorsqu'elle reste petite; ses stipules sont en demi-fer de flèche , dentées sur les bords, marquées d'une tache enfoncée oïdinairement noirâlie ; le pétiole se termine par une vrille souvent rameuse et po; te trois à six paires de folioles ovales , oblongues ou li- néaires, presque toujours terminées par une petite arête pointues, tronquées ou échancrées au sommet. Les fleurs naissent solitaires ou gé- minées, presipie sessiles à l'aisselle des feuilles; leur co«leur est d'un pourpre assez vif; il leur succède des gousses comprimées, brunâtres, garnies de petits poils, au moins dans leur jeu- nesse ; elles renferment plusieurs graines légè- rement comprimées , parfaitement lisses et non AGRICULTURE. 201 tuberculeuses ni chagrinées comme dans la fausse-gesse. Les cultivateurs reconnaissent deux variétés dans celte espèce , savoir : 1" La vesce d'hiver, qui a les graines grises. Elle s'accommode njioux d'un terrain léger et seCi et elle se sème en automne. 2° La vcsce de printemps , dont les graines sont noires , et qui , se semant au printemps , réussit par conséquent dans les terres un peu fraîches. Toute terre qui n'est pas marécageuse ou dans le cas d'être noyée par les pluies , pourvu qu'elle ne soit ras tiop stérile , convient à la vesce; cependant les bonnes terres, plutôt fortes que légères , surtout si elles sont d'une nature calcaire , sont celles dans lesquelles elle réus- sit le mieux. Elle aime les expositions sèches et chaudes. Son fourrage , coupé au moment de la' flo- raison , est très-nourrissant et du goût de tous les bestiaux ; il convient princi[)alemenl aux vaches et aux brebis nourrices , aux agneaux et aux chevaux qui ont besoin d'ètie mis aux vert. Coupée quinze jours ou trois semâmes plus tard, c'est-à-dire quand ses graines sont formées , mais avant leur maturité, elle foiunit aux bœufs , aux vaches , aux chevaux et aux brebis ou moulons fatigués , même épuisés, un moyen de se rétablir avec rapidité à raison du plus de matière nutritive qu'elle contient; sou- vent aussi on la dessèche pour leur servir de nourriture pendant l'hiver, et dans ce cas elle prend le nom , dans plusieurs départemens, de dragée ou mélarde. Mais si la vesce a quelques-uns des avantages du trèfle, elle en a aussi les inconvéniens. Donnée en vert sans précaution et outre me- sure, elle est très-sujette à météoriser le bétail ; sa dessiccation est aussi très-diiïicile, car si elle n'est très-prompte , les tiges durcissent, les feuilles et les graines tombent et se perdent. D'une autre part , si on ne la serre pas très- sèche, lorsqu'elle n'est pas mûre elle noircit, ou lorsqu'elle l'est elle germe, ce qui la rend impropre à la nourriture des bestiaux et des volailles. Quelques cultivateurs, pour éviter ces inconvéniens, slratifient leur vesce avec des branches d'arbres ou de petits fagots secs et encore mieux avec de la paille de froment ou d'avoine; mais il vaut beaucoup mieux la faire sécher selon le procédé que nous avons indi- qué à l'article du trèfle. On a aussi remarqué que, soit en graine, soit en fourrage , si on la donne sans mélange aux animaux , elle fait quelquefois maigrir les vaches et les chevaux , et il semble résulter de plusieurs observations qu'elle convient mieux aux vieux qu'aux jeunes. Dans tous les cas, il ne faut la leur donner qu'en petite quantité , mêlée avec d'autre fourrage, non couverte de rosée quand elle est verte, et même dans ce cas la saupoudrer d'un peu de sel. Quant à la graine, cesonl les pigeons qui s'en accommodent le mieux : jamais elle n'a d'inconvénient pour eux , et elle paraît même la nourriture qui leur est le mieux appropriée ; mais il faut la ménager aux poules, aux dindons et aux canards; les cochons mêmes ne doivent en manger que de loin en loin , à moins qu'on ne la mêle à d'au- tres graines : sans cela ils deviennent malades et brûlés, comme disent les marchands. Aux environs de Paris, la vesce d'hiver se sème au mois de novembre. On a remarqué que lorsqu'on la met en terre plus tôt, elle de- vient trop forte et s'étiole ; quand on l'y met plus tard, elle reste faible et produit peu. Si elle réussit, elle produit un tiers et quelquefois moitié plus que la vesce de printemps ; mais assez souvent ellesoufTie l'hiver au point qu'on est obligé de la labourer au printemps pour en semer d'autre. Celle de printemps se sème de mais en mai , et souvent même jusqu'en juin sur les terres fortes et fraîches. Elle se sème ordinairement en mélange avec du seigle , du froment, de l'avoine, du sarra- sin , etc. , et ce mélange varie en raison de ce qu'on attend de la récolle. Si c'est du fourrage que l'on désire, on mêle deux parties de graines de vesce à une partie de céi'éale ; quand c'est pour récolter sa graine, on ne met qu'un sixième, un huitième ou même un douzième de céréale. Semée seule ou avec une très-petite quantité de seigle ou d'avoine, il faut vingt- qualre à vingt-six décalitres de graines par hectare ; un peu plus pour le semis d'automne , surtout dans les terres fortes. Un seul labour suffît à la vesce dans les ter- rains légers , mais dans ceux qui sont argileux on fait bien si l'on en donne deux. Rarement on prépare le sol par des engrais ; cependant les terres marnées ou chaulées lui conviennent parfaitement, et les engrais servent presque ^ avec la même énergie à la récolte qui suit , celte légumineuse. Le plâtre répandu à la volée sur ses feuilles, un peu avant la floraison , ac- célère singulièrement .sa végétation et augmente son produit d'une manière remarquable. Dès la plus hatUe antiquité on a eu l'habitude d'enterrer la vesce pour engrais, et cet usage est passé des Grecs et des Romains jusqu'à nous. Toutes les expériences faites dans ces derniers temps tendent à convaincre des avantages de ce moyen fertilisant, qui, s'il est moins éner- gique et moins durable que celui des fumiers, est bien plus économique et s'ofl're toujours sans la main du cultivateur. Pour l'enfouissage on sème assez fréquemment la vesce avec le sarrasin à la fin de l'été et on enterre les deux 202 AGRICULTURE. en automne; au printemps suivant on sème dessus des céréales. Vesce bes uaies (vicia sepium. Lin.). Celle- ci est vivace ; sa tige Cbt haute de deux à trois pieds, rameuse, anguleuse, presque ailée et un peu velue ; ses feuilles sont composées de dix à douze folioles ovales , larges et légèrement velues , surtout sur leurs nervures et leurs bords : elles vont un peu en diminuant vers leur sommet, qui est obtus mais chargé d'une petite pointe ; les pédoncules sont axillaires , extrêmement courts et portent trois ou quatre fleurs d'un pourpre obscur et bleuâtre ; les ca- lices sont héiissés de poils ; les légumes sont courts, noirâtres, droits, glabres et contiennent cinq ou six semences globuleuses ordinairement tachées. Cette plante convient parûiitement à toutes les espèces de bétail ; elle pousse une des pre- mières au printemps; elle se contente des terres les plus médiocres et enfin elle donne un énorme produit. Ces faits ont été rigoureusement cons- tatés par MM. Thouin et Swaine , et cependant cette vesce n'est pas cultivée ! Si un culti- vateur voulait en tirer parti ou au moins faire de nouvelles expériences, il pourrait la semer en automne, en mélange. Un insecte très- pernicieux , appartenant au genre des bruches , attaque annuellement ses graines et les détruit en grande partie : telle est la raison que l'on allègue contre la culture de cette plante ; mais si on la coupe au moment de sa première flo- raison , elle repousse , fleurit de nouveau et donne abondamment des graines qui mûrissent très -bien quand la saison des bruches est passée. Vesce fausse-ce.sse (fiera lathyroides. Lin .), plante annuelle , différant de la vesce cultivée par ses proportions plus petites, ses stipules entières , non tachées , ses gousses glabres dès leur naissance et ses graines chagrinées de petits points tuberculeux. Ses liges, longues de plus d'un pied, sont menues, filiformes , très-faibles, rarement droites : les fleurs sont petites, purpu- rines ou violettes. Les habitans de la Sologne, qui sont exposés à man(iucr de fourrage à la fin de l'hiver, doivent souvent à celte plante la conservation de leurs moutons. Ces animaux, ainsi que les vaches et les chevaux, l'aiment beaucoup ; elle est très- printanière et se plaît dans les terrains secs et sablonneux. Il serait donc avantageux de la semer dans les pâturages de certaines localités. Vesce jaune (vicia iulea. Lin.). Annuelle; liges striées , rameuses , légèrement velues , un peu faibles , longues d'un à deux pieds ; stipules entières, tachées ; feuilles composées de huit ou dix folioles oblongues, un peu velues , obtuses, comme tronquées à leur sommet, qui est chargé d'une petite pointe ; fleurs axillaires, solitaires, ' presque sessiles , ordinairement jaunes ; gousse comprimée , hérissée de poils tubeiculeux à la base. Quelques essais faits par la société d'agricul- ture de Versailles prouvent que sa culture est plus avantageuse que celle de la vesce com- mune , principalement parce qu'elle peut être coupée jusqu'à trois fois dans le courant de l'été et encore fournir un pâturage abondant pour l'hiver, saison pendant laquelle elle végète et même fleurit; elle fournit à chaque coupe , dont la première doit être faite à l'apparition des fleuis et à deux ou trois pouces de terre , à peu près autant que pareil terrain en vesce ordinaire, coupée de même. § IL Fleurs portées sur un pédoncule allongé. . t Vesce pisiforme (vicia pi si for mi s , Lin.). Cette espèce vivace est connue des agriculteurs sous les noms de vesce blanche , lentille de Canada, etc. Je ne sais pourquoi M. Vilmorin en fait une variété de la vesce cultivée sous le nom de vicia saliva alba. Sa tige est haute de deux à trois pieds , glabre , striée et rameuse ; ses feuilles sont composées de huit folioles ovales, un peu en cœur, fort grandes, tout à fait glabres et nerveuses : les deux folioles in- férieures sont très-voisines de la tige et quel- quefois serrées contre elle ; les fleurs sont assez petites, nombreuses, d'un blanc jaunâtre, dis- posées en grappe, portées sur un pédoncule un peu plus court que les feuilles : les gousses sont oblongues , comprimées , glabres. Comme la plus fournie en feuillage , celte vesce serait la plus utile à cultiver pour four- rage , et il s'en faut bien cependant qu'elle le soit autant que la vesce commune. Les terrains les plus légers lui conviennent et elle ne craint nulle- ment le froid ; son grain est gros , blanc et se mange soit entier, soit en purée ; quelques cultivateurs pauvres le font même entrer dans leur pain, associé en petite quantité avec d'autre farine. Vesce a Épi (vicia cracca, Lin.). Cette plante, connue par (|uel(]ues cultivateurs sous les noms de vesceron , jardeati , etc., est >ivace ; ses tiges sont longues de deux à trois pieds, striées, un peu velues, faibles et Irès-raraeuses; ses feuilles sont composées de seize à vingt folioles linéaires , peu distantes , velues et presque blanchâtres ou soyeuses ; les fleurs sont assez petites , d'un pourpre violet ou bleuâtre et dis- posées souvent au delà de vingt sur chaque grappe ; il leur succède des légumes courts , qui contiennent six à huit semences : le calice est à trois dents aiguës placées du côté infé- rieur ; la partie supérieure est entière , tron- quée. AGRICULTURE. 203 Cette plante, m'hercht'o par toutes les es- pèces de bétail , croit aLoticlainment en France dans les champs , les haies el. siii- le bord des bois. La Société d'agriculture de Paris a publié un intéressant mémoire de M. Tliouin dans lequel il est prouvé par des faits nombieux et de bonnes observations que la culture de cette vescc serait très-avantageuse à l'agriculture, si on la semait en mélange avec unegraminée vi- vace qui put soutenir ses longues liges. Je ne pense pas néanmoins qu'on en ait fait l'essai, quoique son produit dût être énorme. Notre pays offre encore plusieurs espèces de ce genre qui, dans plusiems circonstances résultant des localités, pouriaicnt devenir très- précieuses à l'agriculture. (Fin des fourrages léguminetix .) BorrARD. CULTURE DE LA VANILLE EN EUROPE. M. Ch. Morren, professeur ordinaire de bo- tanique de l'université de Liège, a envoyé à l'Académie deux gousses de vanille , dont une a atteint sa parfaite maturité et l'autre n'est mûre qu'à moitié , et en outre une tige verte de cette plante, qu'il est parvenu à faire croî- tre dans le jardin botanique de Liège. Voici deux ans que M. Ch. Morren s'occupe de cette culture, et ses expériences l'ont «onvaincu que la vanille peut être cultivée en Europe et y donner des fruits de bonne qualité. La vanille qu'il a récoltée [)araît jouir de toutes les pro- priétés des vanilles exotiques et aromati.se par- faitement, au dire de M. IMorren, les alimens auxquels elle est mêlée. Le botaniste de Liège annonce dans sa lettre que pour obtenir la lé- condation artificielle de cette plante si intéres- sante, il a fait l'application des principes déjà démontrés pour d'autres orchidées par MM. de Mirbel et Adolphe Broiigniart. Il faut, du reste , au vanillier cultivé en Eu- rope une culture particulière. Les vanilliers de M. Ch. Morien sont placés dans un coke ou charbon de houille ; leurs racines plongent lUns le milieu ; au-dessus du coke on dépose quelques débris de bois de saule pourri ; le pied mère ne fait que traverser cette espèce de sol . Un des vanilliers croît le long d'un drarœna flagrans , un second autour d'un tuteur mort, et le troisième sur une colonne de k\\ Pas une racine aérienne ne plonge dans aucune plante vivante, de sorte que, dans l'opinion de M. Ch. Morren, le vanillier n'est point une plante parasite, mais serait une plante aérienne, car le pied qui la lie à la terre est sec , mort, reco- quillé , et seulement quelques racines aériennes vont plonger dans le charbon de houille dont j'ai parlé. M. Ch. Morrea possède plusieurs plants de vanillier, dont un auiait une centaine de pieds et l'autre soixante au moins; ce der nier est en ce moment couvcil d'une cinquan- taine de fruits. Le premier pied de vanille fut apporté en Europe, en 1719, par Henri-Philippe Miller: c'était la vanigiia aromatica de Swartz ; le second pied a été apporté en 1800 par M. Ch. Greville : c'était la vanigiia planifolia , le même que celui cultivé par le botaniste de Liège. C'est M. Parmenlier, d'Enghien (en Belgique), qui, en 1812, rapporta un second pied de la dernière espèce de vanillier, et le donna au jardin botanique d'Anvers, où la plante a pris une extension si grande' qu'on a été obligé de lui enlever d'énormes branches. Le pied d'Anvers a fourni aux jardins de Pa- ris, Bruxelles, Louvain, Gand et Liège les in- dividus qu'on y voit aujourd'hui. Le pied d'An- vers fournit encore l'échantillon (pie M. Mar- chai transporta avec beaucoup de peine aux colonies hollandaises , à Java , où la plante a fleuri , mais sans porter de fruits : ce qui se conçoit , la fécondation artificielle étant abso- lument nécessaire à cette plante. CULTURE DE LA REGLISSE. Cette plante, qui a besoin d'une terre pro- fonde et grasse avec un lit d'argile à la profon- deur de trois ou quatre pieds, a très-bien réussi en Angleleri'e , principalement à Pont- Fract dans le comté de Yorkshire. Les pro- priétés de la réglisse se trouvent dans la ra- cine qui contient une grande quantité d'un jus muci'agineux, dont le goût est sucré quoique un peu àcie. Les qualités pectorales de ce jus sont bien connues , et les pâtes dePont-Fract, qui sont une pi'éparation de racine de réglisse, jouissent d'une grande renommée en Angle- terre et sui- le continent. La réglisse est aussi le principal ingrédient employé dans les tablet- tes et autres médicamens préparés pour la gué- rison d.^s rhumes. Cette plante, étant origi- naire des plus chauds climats de l'Europe mé- ridionale, n'est pas toujours d'une bonne récolte dans les pays plus froids. De grands soins et une bonne direction sont tout à fait indispensables à sa culture, et si le cultivateur veut réussir, il faut que la terre soit de qua- lité supérieure, bien labourée, bien fumée et fournie de plantes de choix. Un été froid et humide est contraire , et une saison défavora- ble ne produira que le quart d'une récolte or- dinaire. Le mode de culture des plantes de ré- glisse, à Pont-Fract, consiste d'abord à remuer la terre à la profondeur de trois bêches ; le fond doit-être délié, mais non pas bouleversé. On doit ensuite étendre sur la terre de vieux fumier d'étable dans la proportion de trente à 20i AGRICULTURE. quarante charretées par arpent. Il faut alors bêcher tie nouveau. La terre eslen.^uite disposée en lits de trente pouces de largeur et formant des monticules environ d'un pied de haut et dont la surface doit-ètre raclée nettement. La terre se trou\ e alors prête à recevoir les plants qui doivent^ètre placés en mars ou avril. Il y en a de deux espèces : à liges ou à rameaux courans, et ils doivent être plantés à quatre pou- ces de profondeur en rangs conti'ariés : un sur le sommet du lit et un de chaque côté, et longitudinalemenl à la distance de cinq ou six pouces. Les couches sont alors soigneuse- ment ratissées, et on recouvre les trous dans lesrpiels la plante a été déposée. L'espace qui existe entre chaque rangée de plants est or- dinairement à peu près le même que celui qu'on met entre les choux nains , ou les plants de haricots et de pommes de terre. Peu de temps après, les couches ont encore besoin d'être sarclées, ce qui sera fait deux ou trois fois durant l'été. A l'automne , la tige qui est parvenue à une hauteur de quatre à cinc] pieds doit-être coupée près du pied. Au piintemps suivant et à l'été, la terre doit-ètre encore soigneusement sarclée, et à l'automne suivant les tiges parvenues de nouveau h la hauteur de quali'e à cinq pieds doivent-être couj)ées comme la pi'cmièr'e fois. La même opération se répète chaque anriée pour la partie de la plante qui pousse au-dessus de la surface de la terr-e, car la racine est vivace. Vers la troi- sième ou qualiième année apr'ès sa planlatioir , les racines, qiri doivent être parvenues à une longueur de Ir-ois ou quatre pieds, doivent être enlevées de novcmhr-e à février. Elles sont liées en boites pour la vente rpri doit êlr-e eiïcctuée aussitôt que possible , attendu qu'elle devien- nent sèches et ont moins de valeur à mesui'e qu'elles sont gardées. CCLTUnE DU COLZA. La gi'aine de cette espèce de chou donne une huile abondante et excellente pour tous les ap- prêts de la cuisine, en ayant soin toutefois de la pirrifier avant de s'en servir (i). La friture est de belle couleur. Lor'sque l'hirile a servi plu- sieurs fois à cet usage, elle devient pr-cfér'ahie pour tous les usages de la cuisirre à celle d'olive de pr-ernièie (jualité ; hr'ùlée h la lampe telle qu'on l'apporte du moulirr , elle olhe l'inconvé- nient de donner un peu de fiiiirée , mais si le fabricant se mettait comme dans le noi'd à la CO l'our la purifier, on remplit (l'Imilo la po6ie , et lorsqu'elle esr en éhullition on la retire un peu loin du foyer et on Fasperge avee de l'eau fraîche ou avec du vinaij^re à trois ou quatre reprises consécutives. Il se dégage alors une vapeur considérable. purifier, on obvierait à cet inconvénient : alors on aurait ce qu'on appelle dans le commerce Vlmile épurée. Les agronomes qui ont tr'aité de la culture du colza ont prétendu que cette espèce de chou ne réussissait qire dans les terres à blé et dans les clin)als qui ne sont pas trop chauds. Dans le territoire du Pont-Saint-Esprit, nous avons l'expérience du contr-aire : dans les terrains secs, hiunides , compactes et sablonneux , on plante des colzas qui viennent parfaitement, pourvu qu'on les cultive bien et qu'on les fume dans les terrains légers. Cette observation ne doit |)as - empêcher de les fumer égalentent dans toute autre localité si on en a la possibilité. En 182G, je fus le pr-emier à les cultiver dans cette commune; il me ftit f^tcile de reconnaiti'e que la culture de celte plante , alternée avec celle du blé, pouvait avantageusement lutter avec celui-ci pour le bénéfice que se propose tout agriculteur. Les propriétaires fur'ent lents à suivre cette innovation , mais atrjourd'bui tous l'écoltent du colza. Il s'est étal)li quatre moulins qui sont alimentés pendant six mois de l'année avec des graines rérîoltées dans notr'e lerritoi;-e. Il faut semer le colza en pépinière , d'où on le tr-airsplante contme les autr-es choux. A cet effet, préparez qttelques toises de leri-e pour le semis; semez clair à la volée, du 15 au 30 août, apr'ès itne pliriesi le teir'ain n'est pas à l'aiTosage. Dans le courant de septcrnbr'e et d'octobre, votrs pr-éparer-ezle champ destiné à la plantation soit à la charrtte , soit au lucbel , en ayant soin que la terre soit défoncée de 9 à 12 pouces ; on la herse immédiaterircnt après. A la fin d'octobr'C et au commencement de novcmbr'e , il fairt choisi:' les plus beaux plants de pépinière et les planter en quinconce , es- pacés de 18 pouces l'un de l'autre. On bine en mars , lorsqu'ils connncncent à ntontrer (jucl- (jues fleur's et avant que leur végétation empêche de passer dans les vides. Cette plante (leurit pendant plus d'un mois, et cependant à l'exception du sommet de la tige les graines sont à peu près mûres en même temps ; elle s'élève dans les bons fonds bien cultivés à une hairleui- de -i h 5 pieds. A mesurée que la gr-aine approche de sa maturité, elle in- cline par S(»n poids considéralilerncrit la plante; dès qu'elle a pris une cotrieur jaunàtr'e , vers le milieu de juin , il faut perrscr à fair'e la r'écolte : cette cueillette se fait en trois ou (pratr'e reprises. Des tiges sont alor-s coupées à la faucille dès le , matin , afin qire l'aideur' du soleil et le mouve ment de l'ouvrier en le coitpant ne fiïssent pas perdre une trop grande partie de la gi'aine. On les met en petits gerbiers dans une air'e bien unie et bien battue ou sous le hangar et à l'air libre ; là elles achèvent de mûrir. Quinze jours ou ua AGRICULTURE. 205 mois après, elles sont l)aUues,ciiI)lées, mon- dées, et on les transporte , pour sécher et roni- pléler leur matiiiité, dans le grenier, étendues à quelques ponces d'épiiisseur. Les graines (pii auront coulé sur le sol où se trouvaient les ger- liiers seront lavées, pour les purger de la terre qui s'y est mêlée , de la même manière qui est pratiquée pour le lavage du blé. La graine étant sèche, on la porte au moulin ; un double boisseau de graine, ou le huiliènie d'une salmée , donne 6 kilogrammes d'huile : cette huile se vend avec facilité au prix de 1 fr. 30 c. à 1 fr. 50 c. le kilogramme. Le marc ou gâteau réduit en poudre est un excellent fumier pour la vigne, le blé et foule autre plante : il se vend de 5 à G fiancs le quintal. Il faut douze quintaux pour fumer un hectare : on le jelte à la volée par un temps calme et on l'enterre avec la se.mence. Si on semait h raie par le semoir-Hugues, et que l'on pût mettre la poudre inmiédialement avec le grain, on obliendrait un résultat exces- sivement avantageux. Pour fumer la vigne , on déchausse le pied en novembre et on met à chaque souche une pleine assiette de poudre. Méthode pour faire l'huile. Les graines de colza sont écrasées entre deux cylindres de fer, ensuite portées soiis une meule pour être mises en pâle ; de là on les jette dans une chaudière en tôle légèrement chauffée et aspergée avec de l'eau afin de chaulïer pour ainsi dire de temps en temps à la vapeur cette pâle. Dès le moment qu'elle est touie pénétrée de cette douce chaleur, on la transporte sous la presse, qui donne l'huile telle qu'on l'a dé- crite ci-avant. Résultai d'un hectare et 16 ares de terrain. L'an passé, 1 hectare IG ares plantés en colza m'ont donné i G salmées , 3 boisseaux de graines, qui, vendues à 45 fr. la salmée, ont produit 736fr. 85c. Frais de culture. 58 journées de luchelagc, à 1 fr. 50 c 87 fr. 00 c. Pour les planter , 8 journées , id 12 00 Binage, 7journées, id 10 50 Pour les couper , les transporter et les \ 1 4^ f'"- 50 c. mettre en gerbier , 12 journées, id 18 00 Pour les battre, les cribler et les trans- porter dan: le gre- îjierj 12 journéet,''cZ. 18 00 Reste net 591 fr. 35 c. Ce résultat est sans doute très-beau : il ne faudiMJt pas le prendre pour un exemple géné- ral. Il faut observer que mes terres sont de première estime; que la pièce qui m'a donné ce produit avait élé fumée comme on fait ordi- nairement pour celles qu'on desline à la se- mence du b!é et (pie j'ai soin de faire faire tous les labours en temps utile et avec la plus gi'ande alfenlion. Le blé que j'ai semé dans la terre où j'ai ré- colté ces colzas est magnifique ; si le temps le favorise à l'époque de la maturité , j'eslime qu'il me rendra seize ou dix-huit fois la se- mence. Plusieurs propriétaires, après avoir récolté le colza au mois de juin , travaillent immédialemenl la terre , la fument et y plan- tent des pommes de terres rouges ou jaunes , qu'ils récoltent fin d'octobre et sèment après le blé au commencement de novembre, ce qui leur donne trois récoltes. Habituellement je suis cette marche; mais l'an passé la trop grande sécheresse de l'été fut cause que la récolte de pommes de terre ne réussit que très-médiocre- ment. (Journal d'agriculture du dépar- tement de l'Ain 1838. ; INSTRUMEXS ARATOIRES. Xous avons visité les ateliers de fabrication de ?»i. Arnheiter (i), mécanicien pour les instru- mens d'agriculture. Nous avons vu une col- lection très-compicte d'outils à l'usage de l'a- griculfure et du jardinage. La bonne exécution de ces instrumens, qui tous ont reçu la sanc- tion de la pratique et de l'expérience, nous fait un devoir de recommander à nos lecteurs les machines et instrumens inventés ou perfection- nés par cet habile mécanicien. Nous donnerons chaque mois des vignettes représentant ceux des instrumens d'agriculture ou des outils ara- toires qui nous paraîtront réunir au plus haut degré ces deux conditions, utilité et économie. Émon'doiu en s. L'émondoir en S, dont nous donnons le des- sin et qui présente deux tranobans A A , sert à couper les branches en poussant et en tirant. Le crochet B, que l'on emploie pour attirer des branches, peutégalementservirpour la cueil- lette des amandes. L'ouverture C, qui se trouve au bout de la pointe P, peut être utilisée pour cueillir des noix. Nous avons encore remarqué chez M. Ar- nheiter diverses espèces d'émondoirs : l'un h '0 M. Arnheiter, mécanicien breveté du roi, rue Gl:ikiebert, 13, à Paris. — ^ 206 AGRICULTURE. douille et à serpe, emmanché dans une perche, l'autre h trois Iranohans, un troisième enfin, dit émondoir à ciseau et dont les avantages sont justifiés par le Iréquent usage qui en est fait. EXTIBPATEUR A rOL'RCHE. Cet exlirpateur est utilement employé pour arracher dans les praiiies les racines nuisil)lcs. La tige B, qui est lixée à la naissance de la four- che, sert, lorsque l'cxtirpateur est entré dans le sol, à élahlir un levier afin de déraciner plus facilement les racmes qui présenteraient une fortCj résistance. ECONOMIE AGRICOLE. CONSTRUCTION DES LAITERIES ET FROMAGERIES. C'est peut-être le seul endroit de la ferme où un luxe hien entendu, loin d'être préjudicia- ble aux intérêts du propriétaire , lui devienne au contraire fort avantageux ; néanmoins on poui ra toujours , au moyen d'une proprelé et de soins excessifs , y suppléer à l'emploi des matières trop dispendieuses. Les bénéfices d'une laiterie bien dirigée sont assez considéra- bles et assez faciles pour que l'on comprenne mal comment si peu de fermiers s'occupent sé- rieusement de celte utile branche d'industrie rurale. Pour que les produits d'une laiterie ac- quièrent tout le degré d'excellence dont ils sont susceptibles, il faut d'abord que la construction du bâtiment soit convenable de tout point .- le moindre vice d'ordonnance dans la disposition aurait de graves inconvéniens. Cette condition est aussi essentielle que l'intelligence et le soin à apporter dans la manutention des laitages. Nous nous contenterons ici d'indiquer de quelle manière une construction de ce genre doit être établie poui- satisfaire le mieux possi- ble aux exigences de sa destination. Il y a trois espèces de laiteries : celles où l'on ne conserve absolument que le lait, celles où l'on confectionne le benne, puis enfin celles où l'on fait le fromage. Dans ces Irojs cas, la pièce principale, la laiterie proprement dite diffère peu, et on y .ijoule simplement une pièce ou deux pour la fabrication du beurre ou du fromage. Dans l'économie générale d'une ferme, la laiterie ne saurait être (pie rarement isolée; sa place la plus convenable est dans le voisinage du four- nil, de la buanderie ou de la cuisine ; on obvie ainsi à la nécessité d'avoir une petite pièce ou échaudoir pour laver les ustensiles ; mais dans ce dernier cas même , sa construction variera peu. On aura le soin de placer l'entrée de la laiterie au midi, en faisant précéder cette entrée d'une petite jiièce ou espèce d'antichambre qui servira en même temps de dépôt pour serrer les ustensiles et pour placer au besoin une pierre à évier ; la pièce servant de laiterie se trouvera ainsi garantie de ce côté des atteintes de la cha- leur pendant l'été : c'est un objet qui mérite particulièrement attention ; le mur en face de l'entrée sera au nord, par conséquent, et aura une ou plusieurs ouvertures, selon la grandeur delà pièce. Comme la température doit y être maintenue fraîche en été et suffisamment tem- pérée en hiver, il sera l)on, chaque fois qu'on le pourra, d'en creuser le sol à quelque profondeur au-dessous du niveau du leriain extérieur ; par cette même raison, une laiterie doit être voûtée ])lutot que plafonnée et alors surtout qu'une ))ièce servant h un usage quelconque ne se trou- AGRICULTURE. •207 vera pas déjà établie au-dessus. On place quel- quefois les laileries dans des étages tout à (ait souterrains ; mais cette niétliode nous parait avoir quelques inconvéniens , parliculièrenienl celui de présentei- des difiicuUés do ventilation et d'écoulement pour les eaux de lavage qui doivent y être employées à profusion. Les moyens que nous avons indiqués préser- veront facilement de la chaleur en été, et dans l'hiver on pourra, au besoin, faire aboutir à la laiterie une bouche de chaleur venant de la pièce voisine ; mais on doit s'abstenir , dans tous les cas, de faire du feu dans la laiterie même. Lorsqu'une laiterie sera tout à fait isolée , il faudra donner aux murs une épaisseur assez forte pour laisser le moins d'accès possible à la chaleur ou au froid extérieur. La manière la plus économique d'établir ces murs est d'en faire deux , de douze à quinze pouces d'épais- seur parallèles l'un à l'autre , et espacés entre eux d'environ deux pieds et demi ; on remplit ensuite cet intervalle avec de la terre bien bat- tue, à la réserve des ouvertures ménagées pour la porte et les fenêtres. Ces ouvertures devront êtr« en sens opposés, afin qu'on puisse facile- ment, au besoin, renouveler l'air intérieur. In- dépendamment de leur fermeture ordinaire, les fenêtres devront être garnies chacune d'un cadie revêtu de gaze , afin de laisser un accès libre à l'air en fermant néanmoins tout passage aux mouches et aux autres insectes. Dans les deux cas, celui de l'isolement ou du voisinage , le sol doit être soigneusement formé soit en dallage de pierre dure , soit en brique lorsqu'on n'aura pas de pierre dure à sa disposition. Les joints devront être soigneu- sement faits en ciment romain, afin de prévenir le plus possible toute chance de dégradation et d'infiltration ; on ménagera en outre une pente pour l'écoulement facile des eaux avec lesquel- les on aura lavé le pavé. Si la laiterie est peu spacieuse, on fixera aux murailles des tablettes destinées à recevoir les vases à lait ; si au contraire elle est vaste , on remplacera les tablettes par des auges ou de grands vases propres à contenir une partie du lait. Les vases ne doivent avoir que trois pou- ces de profondeur ; ils seront en faïence, en terre vernissée, en grès, en pierre ou même en bois. Quand les auges sont en pierre ou en bois, on les recouvre quelquefois de plomb ; mais il faut alors a\ oir le plus grand soin d'y mainte- nir la propreté, car le lait attaque re métal. La meilleure matière est sans contredit le marbre ; mais on comprend qu'on ne peut l'employer que dans les laiteries de luxe ; le marbre est encore ce qu'il y aura de plus convenable pour le dallage, de même que pour les revèîisscmens des murs au-dessus des auges. Une laiterie ainsi établie peut fort bien servir à l'ornement d'un parc. Quelquefois dans l'été, pour y en- tretenir une fraîcheur douce et égale, on mé- nage au milieu un petit bassin pourvu d'un jet d'eau; A défaut de marbre, il conviendra de crépir les murs et le plafond avec le plus grand soin , ceci pour empêcher que les ordures ne s'y attachent ; mais un moyen peu dispendieux, et qui contribue tout à la fois a l'agrément de l'aspect et au maintien de la propreté, c'est de l'ecouvrir avec des plaques de faïence les parois de mur comprises entre les auges ou tablettes et le plafond. Il faut qu'il y ait au fond des auges un trou ou robinet servant à tirer le lait et à laisser passer l'eau employée au lavage. Il est com- mode, quand on le peut , d'avoir un conduit régnant dans tout le pourtour de la laiterie avec un robinet au-dessus de chaque auge ; un de ces robinets servirait aussi à répandre sur le pavé l'eau nécessaire pour le laver ou pour ra- fraîchir la laiterie. Lorsqu'une laiterie doit servir à la fabrica- tion du fromage , on place le long d'un des murs une table formée de madriers en chêne de quatre à cinq pouces d'épaisseur. Cette ta- ble, sur laquelle on pratique des cannelures ou rainures un peu profondes, sert à faire égout- ter les fromages ; elle est supportée par des pieds en fer ou en maçonnerie ; on y ménage une pente douce , afin que le petit lait puisse s'écouler facilement ; on revêt quelquefois ces tables de plomb , quelquefois aussi on les éta- blit en pierre dure ou en marbre. Quand les fromages ont acquis une certaine consistance, on les transporte dans une chambre voisine pour les y faire sécher. Cette seconde pièce doit être exposée au midi et chauflée par un poêle en hiver ; on peut mettre aussi cette chambre au-dessus des cuisines ou des étables : de la sorte elle participe à la douceur de leur température. Dans les laiteries à beurre , indépendam- ment de la laiterie et de la pièce où l'on bat le beurre , il en faut une troisième garnie d'un fourneau avec chaudière , elle est destinée à échauder, laver et sécher tous les ustensiles de la laiterie. Comme complément de ce que nous venons de dire sur les laileries en général, il convient de parler d'un séchoir de nouvelle invention qui offre plusieurs avantages en facilité et promptitude, soit de manutention, soit de des- sicralion des fi-omages. Ordinairement on les place à ret efièt sur des tablettes en bois, mais on est alors dans l'obligation de les retourner tous les jours et d'exposer successivement toutes leuis surfaces à l'influence de l'air am- biant. Cette opération demande beaucoup de temps, ne se fait pas toujours avec le soin con- venable et présente en outre cet inconvénient : 208 AGRICULTURE. une portion do l'humidité que contenait le fro- mage se dépose sur la tablette, de telle sorte que, lors(|u'on lé retourne , la partie qui a été séchée vient regagner celle humidité, et la des- siccation totale s'en trouve d'autant retardée. Le séchoir que nous annonçons remédie à ces inconvéniens : il se compose d'un châssis carré formé par quatre fortes barres ; dans ce châssis, et suivant une position horizontale, on fixe au- tant de rang de tablettes que la hauteur le per- met et de manière à ce qu'il y ail entre cha- cune d'elles une distance au moins double de l'épaisseur des fromages. Le châssis othe ainsi l'aspect d'une persienne dont les lames toute- fois ne seraient inclinées d'aucun côté; il est fixé par deux pivots adaptés, au milieu de ses deux montans, ii deux forts poteaux qui peu- vent rester à demeure dans la pièce que l'on destine à cet usage ou qu'on peut fixer, à leur extréii.ité inférieure , à deux patins qui leur donnent une assiette suffisante sur le sol ; ils sont d'ailleurs réunis à leurs extrémités su- périeures par une traverse. Au moyen d'un fort verrou on retiendra le châssis dans une position verticale; on chargera chaque tablette d'autant de fromages qu'elle en pourracontenir, et soir et matin on tournera ce châssis de manière à lui imprimer un mouvement de demi- rotation : de celte sorte , les tablettes du haut se trouveront devenir celles du bas, et les fro- mages retomberont , en se retournant , d'une tablette sur l'autre. Mais comme dans ce mouvement les froma- ges pourraient tomber du séchoir, il faudra fer- mer le côté de ce châssis , mais seulement à claire-voie , afin de ne point gêner la circu- lation de l'air. Par la même raison, on devra toujours tourner le châssis dans le même sens, pour que, dans la posilion horizontale que lui donne la rotation , ce soit le côté fermé qui se trouve vers le sol. L'application de ce procédé simple et ingé- nieux permettra de faire tenir dans le même es- pace denx ou trois fois pins de fromages , et l'on en retournera ainsi de cinquante à soixante en même temps et plus vite qu'on ne pourrait en retourner seulement deux par la méthode ordinaire ; la maturité se trouvera d'ailleurs considérablement hâtée de la sorte. Comme on ne devra mettre les fromages sur ces tablettes que lorsqu'ils auront accpiis déjà une certaine consistance, il n'y aurait aucun inconvénient à pratiquer des trous dans les taiiliMles, et la des- siccation en serait encore précipitée. (La Propriété , journal d'archilecttire civile et rurale.) DESTRUCTION DE l'aLUCITE. Le rapport suivant vient d'être adrçssé au roi par le ministre des travaux publics : « Parmi les insectes nuisibles aux produits de l'agriculture, l'alucite ou papillon des blés est un de ceux qni occasionnent le plus de dommages , particulièrement dans les départe- mens du centre de la France. Dans le seul dé- partement de l'Indre, cet insecte exerce annuel- lement ses ravages sur plus de 500,000 hecto- litres de blé. » Le grain qui en est attaqué subit une dé- préciation qui va quelquefois à plus de 30 et 40 pour cent. La crainte de cette diminution empêche les cultivateurs de le conserver en magasins et les oblige à le vendre au-dessous de sa valeur. » Divers moyens avaient été successivement proposés pour détruire cet insecte ; mais , soit parce qu'ils étaient trop dispendieux , soit parce fjue leur application présentait trop de difficultés , aucun de ces moyens n'avait été encoie jugé susceptible d'être généralement adopté )>ar les cultivateurs. » Un vétérinaire de Châteauroux , M. Rob- bin, vient de découvrir un nouveau procédé. Après de nombreux essais, il est parvenu à construire un appareil simple, peu coûteux et d'un emploi facile, à l'aide duquel, et au moyen de la vapeur d'eau bouillante, il opère la des- truction de l'alucite et de ses œufs avant leur éclosion. » Une commission spéciale chargée par M. le préfet de l'Indre d'examiner ce procédé a constaté par diverses expériences son effica- cité ; elle a reconnu également que l'appareil qui sert à son application peut être établi pour la modique somme de 140 francs, et (|ue les frais de main-d'oeuvie et de combustible né- cessaires pour le faire fonctionner ne s'élè- vent pas au delà de 10 centimes par chaque hectolitre de blé. )) La Société royale et centrale d'agriculture, à l'examen de laquelle j'ai soumis également le procédé de M. Robbin , a confirmé, par ses propres expériences , le jugement favorable qu'en avait déjà porté la commission de Châ- teauroux : elle déclare (|u'il lui parait supérieur à tous les procédés du même genre (pii ont été proposés antérieurement. » D'après ces témoignages et l'oflie Hiite par M. Robbin de renoncer aux avantages qu'il pourrait retirer d'un brevet d'invention et de rendre public son procédé pour en faire jouir à peu de frais les cultivateurs, j'ai cru • devoir lui accorder une indemnité pécuniaire comme dédommagement des frais et des soins que lui ont occasionnés la construction de son appareil et les nombreuses recherches auxquel- les il s'est livré. » Mais une découverte qui sera aussi avan- tageuse à l'agriculture m'a paru en outre mé- riter d'être signalée à l'intérêt de votre majesté, AGRICULTURE. 209 et j'ai pensé que son auteur pourrait avoir des droits à une récompense bonorirujue. » En conséf|uenee, j'ai riionneiir de proposer à votre majeslé d'accorder une médaille d'or à M. Robbin à titre de réconipense pour la découverte de sou procédé de destruction de l'alucite (i). « NOURRITURE DIVERSE DES CHEVAUX . A Londres , le râtelier est à présent banni de la plupart des écuries ; dans celles où il est conservé, il ne sert guère qu'à contenir la paille avec laquelle l'animal s'amuse pendant la nuit. Le foin n'est jamais donné sans être haché , les graines sont toujours concassées. — Voici la nourriture que l'on donne aux chevaux, dans ditrérenles écuries considérables : Dans une écurie de Spilhfields, chaque cheval reçoit 5 kilog. de foin et 1 kilog. de paille hachés en- semble, 5 kilog. d'avoine concassée, et ip ki- log. de fèves aussi concassées ; c'est en tout 1 1 à 12 kilog. de nourriture pour vingt-quatre heu- res. Dans l'été, les fèves sont supprimées comme trop échauffantes : on les remplace par l'avoine. On donne à chaque cheval une demi- livre de sel par semaine divisée en deux por- tions. — Dans une autre écurie de Long-Lane, où se trouvent trois cents chevaux de trait, on hache la paille et le foin , on les mêle avec les autres alimens, et on distribue ce mélange à chaque repas. On donne pour chaque cheval G kilog. de trèfle dans toutes les saisons ; 7 ki- log. de grains concassés , qu'on varie selon les saisons, et l kilog. de son. Dans l'hiver, la nourriture se compose de 1/3 d'avoine , 2/3 de fèves, et à mesure que le printemps arrive, la quantité de fèves diminue ; elles sont alors complètement remplacées par 2/3 d'orge. Dans l'été, c'est l'avoine qui remplace l'orge. Les énormes chevaux de trait de Londres leçoi- vent environ 40 livres de ce mélange en vingt- quatre heures ; les chevaux de taille ordinaire en reçoivent 33 livres. On ne donne pas de sel pendant l'hiver : dans les autres saisons, on en mélange une once à la nourriture de cha- que jour. Quand les pommes de terre cuites forment une portion de la nourritui'e des che- vaux, le sel devient plus nécessaire encore. — Dans certains établissemens , on donne à cha- que cheval lo livres de substances farineuses, pois, fèves, orge concassés, 5 livres de pom- mes de terre cuites, 3 livres de foin haché, dont on remplace quelquefois la moitié par de l'orge bouilli, lo livres de paille hachée , 2 li- vres de déchets de malt, résidus de brasserie ou (0 Nous nous sommes mis en relation avec M. Hob- bin à l'effel d'obtnnir de nouveaux détails, sur son in- vention. Nous communiquerons à nos lecteurs le ré- sultat de cette démarche, de pain de colza. On n'oublie pas d'ajouter deux onces de sel au mélange. — 1\L Gœtz, maître de poste à Saverne, est le prsmier en France qui ait nourri ses chevaux avec un mé- lange de grains concassés et de pommes de terre cuites et écrasées. L'ne longue expérience a constaté l'excellence et l'économie de ce mode d'alimentation, en usage aujourd'hui dans beau- coup de fermes d'Alsace. ECONOMIE FORESTIERE. DU BUT DE l'ÉLAGAGE EN GENERAL (l). Le but que l'on se propose en élaguant ua arbre est de lui procurer un tronc bien droit, d'une belle élévation et d'un diamètre propor- tionné, une tète bien arrondie et bien propor- tionnée. On a aussi pour but de lui donner de la vigueur et de favoriser sa croissance en le débarrassant des branches suj^erllues dont il peut être chargé. Je sais que je suis ici en opposition avec la plupart des botanistes , qui prétendent que les feuilles nourrissant autant que les racines, plus on supprime de branches, plus on diminue la végétation. Riais comme je ne raisonne que d'après mon expérience , je soutiens qu'un ar- bre bien conduit a une végétation beaucoup plus rapide qu'un arbre abandonné à lui-même. Les feuilles sont nécessaires à l'arbre , mais je ne crois pas qu'elles le nourrissent. D'ailleurs, si, en retranchant un certain nombre de bran- ches , je diminue le nombre des feuilles , cet accident n'est que momentané, puisque les branches conservées , en profitant de cetle sup- pression, prennent un plus grand développe- ment, et, en augmentant ainsi le nombre des feuilles, rétablissent ce que l'élagage a fait perdre. L'élagage favorise aussi le développement des racines. Or, plus les racines piennent de développement , plus elles vont puiser au loin des substances propres à la végétation , et de cette conséquence il résulte que la croissance de l'arbre doit être plus rapide. BufTon a dit « qu'en ctètant les arbres on donne aux racines » les moyens de se développer. » Duhamel a dit aussi : « Eu élaguant les arbres peu à peu , » on les engage à produire itne plus grande )) quantité de racines. » On voit donc que l'éla- gage favorise, sous tous les rapports, la végé- tation des arbres. CO Xous empruntons cet article au Manuel de l'Èla- (jucur de M. Ilollon ; nous rendons compte dans ce même numéro de cet ouvrage, utile aux propriétaires, aux ré.gisseurs de biens, aux agens forcsliefs, çtc, c^. 210 AGRICULTURE. Vu but de l'élagage dans les grands bois et les laillis. Le but de l'élagage des arbres de réserve dans les bois taillis est d'aider les baliveaux nio- deroes à se redresser, de fovoriser la croissance des baliveaux anciens en retranchant les bran- ches latérales dont ils sont chargés, de forcer leur tige à s'élancer, et de les débarrasser des branches mortes , branches qui nuisent extrê- mement à l'arbre, ainsi qu'à tout ce qui les en- toure. Indépendamment des avantages que la sup- pression des branches latérales procure aux ar- l)res de réserve , en favorisant leur croissance , en les aidant h s'élancer et en préservant leur cime de l'épuisement que ne manqueraient pas d'occasionner ces branches , celte opération procure encore des avantages non moins im- porlans en débarrassant aussi les faillis des branches superflues des arbres de réserve, car ces branches les privent des bienfaits de l'air, froissent les riii,meaux des souches et les empè- chenl de s'élever, par la résistance qu'elles leur apposent. Des différentes époques de l'année aux- quelles il faut élaguer les arbres. C'est ordinairement à compter du mois de septembre jus(|u'à la mi-avril que l'on élague les arbres ; cependant j'ai vu souvent prolonger celte opération jusqu'à la mi-mai , sans qu'il en soit résulté le moindre inconvénient. Quelquefois aussi on élague les arbres au jiiois de juillet et au mois d'août , entre ce qu'on appelle les deux sèves ; je l'ai fait faire moi- même au bois de Boulogne , près Paris , sans que les arbres aient paru eu souflVir. Voici à peu près , je crois , ce qu'il y a de mieux à faire : I.es arbres faibles ou peu vigou- reux seront élagués les premiers, c'est-à-dire pendant les mois d'octobre , novembre, décem- bre, janvier, février et mars ; les arbres vigou- reux, pendant les mois d'avril et de mai; et enfin les arbres rameitx, c'esl-à-dire ceux dont le tronc est garni d'une (juanlité de jels, pendant les mois de juillet et d'août. Lorsque des éiagages sont considérables et que les élagueurs ne sont pas assez nombreux pour exécuter le travail en peu de temps, on le divisera de manière à pouvoir travailler pen- «lant l'hiver le plus commodément possible. S'il se trouve des roules , des avenues isolées , on les élaguera pendant les mois d'octobre et dje novembre ; s'il se trouve des réserves sur taillis, ou des routes et des avenues dans les forêts, on les réservera pour les mauvais mois de l'hiver, afin d'être à l'abri de la bise et du mauvais temps. Des observations qu'un élagueur doit faire aux propriétaires avant de procéder à l'élagage. Un élagueur intelligent doit, avant de com- mencer son travail, prendre les ordres du pro- priétaire et lui demander si, dans l'élagage pro- posé, il n'a rien à ménager, soit sous le rapport des lieux, soit sous le rapport des circonstances. Il faut qu'il examine alors quelles sont la na- ture du terrain et la situation des lieux, quelles sont les espèces d'arbres , et si ces arbres sont vigoureux ou languissans. Si par suite de la négligence, ou par l'effet des éiagages précédens mal entendus, il arrivait qu'on ne pût opérer selon les vues du propriér taire sans nuire aux arbres , l'élagueur devrait en avertir ce dernier. Il est reconnu , comme nous l'avons déjà dit, qu'un bon terrain, qui a de la profondeur, per- met de donner une grande élévation aux arbres j mais il est des cas où la situation des lieux ne permet pas de profiter de ces avantages, car la violence du vent occasionne quelquefois des dommages plus ou moins considérables aux plantations, selon que les arbres sont plus ou moins exposés au vent d'ouest. Il est donc des cas où l'on ne doit donner aux arbres qu'une certaine élévation , à cause des dommages que le vent d'ouest pourrait occasionner. De la serpe et de la manière dont l'élagueur doit la porter et s'en servir. La serpe d'un élagueur ne doit point avoir la forme de la serpe d'un bûcheron , c'est-à-dire qu'elle ne doit pas être courbée comme cette dernière. Son tranchant doit être presque droit, excepté que vers l'extrémité supérieure il doit y avoir une petite pointe courbée, qui sert à fa- ciliter la taille de certaines branches , lorsqu'il s'en trouve de trop rapprochées et qu'il faut en couper une ou plusieurs entre quelques autres. Quoitpi'il semble , au premier aperçu , qu'il est indillërent de savoir comment l'élagueur doit porter la serpe, je crois cependant devoir en dire un mot. On sait que l'élagueur ne peut tenir la serpe à la main lors<|u'il monte sur un arbie, sans s'exposer à de grands dangers. Quelques-uns la suspendent à un crocJiet fixé à une bandoulière, d'autres la suspendent à un ceinturon ; mais de ces deux manières la première mo paraît préférable , car la bandou- lière est plus (u)mmode à poit«r que le ceintu- ron , et la serpe se trouvant mieux placée sous le bras gauche que sur le dos , l'ouvrier j)eut la prendre plus facilement lorsqu'il doit s'en servir, et la remettre dans le crochet quand il doit faire quelque mouvement sur l'arbre. La manière de se servir de la serpe poui' AGRICULTURE. 211 couper les branches n'est pas non plus indiffé- rcnte , car l'ouvrier (jiii se trouve sur un arbre , n'ayant le plus souvent pour s'y maintenir que le secours des deux crochets (ju'il a aux pieds, il ne peut manier la serpe comme le ferait celui qui est dans une position favorable. Il faut donc, pour éviter de faire des hachures inégales en coupant une branche rez tronc , qu'il porte les coups de serpe en conservant une certaine rai- deur dans le bras et le poignet : par ce moyen, le mouvement de son bras sera moins exposé à se dévier de la ligne qu'il doit tenir pour cou- per plus adroitement la branche et mieux parer la plaie. Pour éviter les éclats et les déchiremens que les branches entraînent souvent dans leur chute lorsqu'on les abat sans précaution, il faut, comme je l'ai déjà dit, que l'élagueur com- mence par couper la branche en dessous , avant de porter les premiers coups sur le dessus. De la houlette. La serpe étant quelquefois incommode, même insuffisante pour couper certaines bran- ches aux jeunes arbres , on se sert d'un outil en forme de ciseau de menuisier, que l'on appelle, en terme de jardinage, houlette. Cet outil est nécessaire pour enlever les jets ou branches chifones qui poussent ordinairement en grande quantité sur les jeunes arbres à qui on a coupé l'extrémité supérieure ; car ces arbres sont sou- vent trop faibles pour soutenir le poids d'une échelle et encore moins celui de l'élagueur. Lorsque des branches ou des jets sont trop gros ou trop mal placés pour pouvoir être enle- vés avec la houlette par le seul eflbrt de la main, on peut se servir d'un maillet ou petite mail- loche. On peut adapter à la houlette un manche plus ou moins long, suivant les besoins. On a soin aussi , pour éviter les éclats et les déchiremens , de couper les jets ou branches en deux fois, c'est-à-dire que, la première fois, on les coupe à un pouce , plus ou moins, de la tige, et la seconde, on les coupe rez tige, mais toujours de manière à ne jtas entamer l'écorce, encore moins le bois de la tige même. Des précautions que l'élagueur doit prendre pour éviter de tomber de l'arbre. S'il arrive assez fréquemment des accidens et. des malheurs aux ouvriers qui élaguent les arbres, la plupart de ces accidens sont occa- sionnés ou par l'imprudence même de ces ou- vi-ieis ou par le peu de précautions qu'ils prennent. J'ai vu des élagueurs s'exposer à de grands dangers et sans que cela fût nécessaire. On ne peut donc trop reconmiander à l'élagueur de prendre beaucoup de précautions, comme, par exemple, de s'attacher à l'arbre avec une forte courroie lorsqu'il a besoin de couper des bran- ches de ditïicile accès ; de ne faire aucun mou- vement sur l'arbre , pour y changer de place ou de position , qu'il n'ait remis sa serpe dans le crochet de sa bandoulière ; de bien fixer dans l'écorce de l'arbre les crochets qu'il a aux pieds. IM. HoTTON , Entrepreneur de travaux forestiers. MEDEQNE VETERINAIRE. DÉSINFECTIOX DES CUIRS DES BESTIAUX SUSPECTS OU MORTS DU TVPilUS ÉPIZOOTIQUE. Offrir aux habitans des campagnes un agent désinfectant sûr, facile à se procurer partout, à bon marché et d'un simple emploi , tel est le but qu'aujourd'hui on doit chercher à atteindre si on veut qu'il soit employé par les campa- gnards, toujours peu partisans de toute inno- vation ; cet agent a été découvert depuis l'an- née 1815, date de la dernière épizootie typhoïde: c'est le chlorure d'oxide de calcium. On sait que le chlore altère les matières ani- males en décomposant tout à la fois et leurs élémens fétides et leurs principes conslituans. Nous avons dit que la chaux se combinait avec les matières graisseuses des tissus organiques pour former un savon calcaire ; or, si d'un coté le chlore dénature les matières animales subti- les en se combinant avec leur hydrogène, que, de l'autre, la chaux, en s'associant aux piinci- pes plus tenaces, les transforme en un composé inorganique, nous aurons trouvé un agent désin- fectant, précieux pour opérer la purification des cuirs sans nuire à l'opération du t^innage. Le chlorure de chaux, d'une facile prépara- tion, peut être au besoin abondamment répandu dans le commerce. Fabriqué en grand , son prix est fort peu élevé : aujourd'hui les chimis- tes livrent ce pi-oduit dans le commerce à 40 c. la livre. Nous avons calculé que dix litres d'eau te- nant en dissolution quatre onces de chlorure étaient sufïisans pour mouiller complètement et désinfecter un cuir de bêle à corne pesant qua- rante livres ; ce qui porte à 10 c. la dépense à fiiire pour désinfecter un cuir dont la valeur peut être estimée 40 fr. Nous nous sommes assuré par l'expérience qu'avec deux cents lities d'eau contenue dans un tonneau dans lequel on met dissoudre ci_g livres de chlorure d'oxide de calcium coûtant alors 2 fr., on peut désinfecter convenablement 212 AGRICULTURE. vingt cuirs; ce qui porte la dépense à 10 cent, j par cuir. Et en supposant la dépense de l'é- talilissenient de tonneaux pour y plonger les^ cuirs , la main-d'œuvre des ouvriers arrive à •40 c. par cuir, le montant de la dépense totale ne s'élèverait encore qu'cà 50 cent, pour chaque cuir : nous allons encore plus loin, nous por- tons celle dépense à l fr. par cuir désinfecté. Or, s'il était prouvé par l'expérience que les cuirs piovenanl d'animaux morts du typhus, jtlongés , lavés dans une solution de chlorure d'oxide de calcium , soient désinfectés conve- nahlement , certes les autorités devraient or- donner et tenir rigourefisement la main à ce procédé de désinfection qui nous paraît réunir tout à la lois une facilité d'emploi et une grande économie. Dans le cas où ce procédé de désinfection serait adopté, les cuirs à chlorurer seraient : 1" Ceux qui pioviennent d'animaux tués comme suspects de contracter la maladie ; 2" Ceux qui proviendront d'animaux abattus étant malades ; 8" Ceux (pii proviendront d'animaux morts de la maladie. La désinfection devra être plus rigoureuse- ment exigée poui' les cuirs des deux dernières classes que pour ceux de la première. Elle sera aussi plus ûicilement prati(|uée pour les cuirs appartenant aux deux premières classes, parce que l'opération pourra être faite tout à la fois immédiatement après l'ahattage des bestiaux. Le gouvernement enjoindrait aux préfets les dispositions suivantes qui devraient être mises à exécution par MM. les sous-préfets, les mai- res des communes, les connnissaires-vétérinai- res ou autres nommés par l'autoiité : 1" Aussitôt (pie l'épizootie typhoïde .se mon- trera dans une commune, le maire, sur le rap- port de l'oxiiert-vétérinaire, devra, s'il le juge convenable, faire abattre et enfouir les bestiaux suspects ou malades ave(^ leur peau , si leur nombre lie s'élève pas au-delà de quinze ; faire procéder immédiatement à la désinfection du local où ont séjourné les animaux, et à la des- truction ou à la désinfection de tous les objets qui les ont touchés ou leur ont servi. 2" Si le nombre des animaux devant être sacrifiés est plus considérable, un équarrisseur devra être nomme par l'autorité pour procéder au (lépouilleinenl des cadavres, et exécuter au moyen d'aides les procédés de désinfection ci- après ex|)li(jués. Procédé de désinfectinn. Deux tonneaux ou futailles, ])ouvant contenir deux cents litres d'eau, devront être conduits aux lieu et place où les animaux devront cire sacrifiés et leurs dé- pouilles enfouies. Dans l'un de ces tonneaux, contenant de T'eau de rivière, de fontaine ou de puits, on jettera une livre de chlorure d'oxide de calcium , et on remuera le liquide à l'aide d'un b.àton pour éviter le dépôt du chlorure au fond du tonneau. Les bètesà cornes étant dépouillées, on com- mencera par plonger les cuirs deux ou trois fois dans le tonneau renfermant l'eau simple, dans le but de les débarrasser du sang ou des matières étrangères dont ils pourraient être souillés ; puis on les plongera complètement quatre ou cincj fois dans le tonneau renfermant la solution de chlorure de chaux. Après ce la- vage désinfectant, les cuirs seiontmis àégout- ter sur le bord du tonneau pendant quelques minutes, puis placés dans un tonneau vide. Ce dernier tonneau, étant lempli par les cuiis, sera foncé. Ainsi renfermés, ces cuirs pourront être conduits sans danger à la tannerie la plus pro- che, y être vendus, et l'argent qui en provien- dra rends à l'autorité, qui répartira cette somme à qui de droit. L'eau qui aura serv> ;i la désinfection sera jetée dans la fosse ou enfouie dans le sol. Telles seraient, selon nous, les simples pré- cautions à prciidre pour la désinfection des cuirs provenant de bètes assommées comme suspectes ou malades du typhus. Voyons maintenant quelles seraient les me- sures à faire prendre par les autorités à l'égard de l'équarrissagc des bêtes mortes chez les pro- priétaires et comment on pourra désinfecter les cuirs qui en proviendront. 1» Le maire nommera un équarrisseur ad hoc, spécialement chargé de dépouillei' les bes- tiaux dans toute la commune : cet équarrisseur pourra avoir un ou plusieurs aides au besoin. Ces écorcheurs seront vêtus de pantalons et de sarraux de toile, lestpiels seront blanchis tous les jours. Ils n'entreront jamais dans les habi- tations qui renfermeront des bêtes à cornes ; ils ne commimi(pieront dans aucun cas avec des personnes possédant des bestiaux ; en tout ces éfjuariisseurs se conformeront aux dispositions prescrites par les art. 8 et 9 de l'arrêt du i G juil- let 1784 (1). fi' Cet arn't du conseil (l'iHal liii roi avait ('lé rendu pour provenir le (lancer des nialailics des animaux , et pariiculièrement de la morve. Voiei les arlicles 8 el 9 dont il est ciueftion : Arl. 8' . Autorise Sa Majesté les commissaires dépar- Us el leurs subdélùgués à commeUre dans les villes l)our;;s el villaf;es de leurs généralités tel nombre d'é- (piarisseurs qui sera jugé néeessaire , lesquels seuls pourront faire l'enlèvement et éipiarrissage des animaux morls dans les arrondissemens tpii leur sont prescrits, auxquels il sera délivré sans frais une commission par lesdils inicndaiis el subdélégués, sans qu'aucuns autres puissent s'immiscer dans léquarrissage des clievaux et bestiaux, à peine de prison. Art. y. Les équarrisseurs ne pourront, sous peine d'être déchus de leur commission, d'amende ou dételle autre pimition qu'il appartiendra, vendre cl débiter au- cune viande qui proviendra de chevaux ou animauj^ qui auront été abattus pour être enterres. COMMERCE , MANUFACTURES , ARTS ET METIERS. 2I.'Î F 2° Il choisira un emplacement convenable pour y faire déposer les cuirs désinleclés qui seront amenés journellement par les éijuarris- seurs. Tous les jours les peaux seront arrosées avec une dissolution de chlorure de chaux. 3" Il mettra à la disposition de l'équarrisseur et aux frais de la commune des tonneaux pour opérer la désinfection des cuirs, un cheval et une voiture pour les conduire au local désigné par l'autorité. Un ou plusieurs tanneurs, autorisés par l'of- ficier municipal delà commune, du canton ou de l'arrondissement, pourront seuls faire l'a- chat des cuirs désinfectés. Le tanneur estimera les peaux et soldera comptant au moment de leur livraison. La voiture du tanneur destinée au transport des peaux sera couverte et traînée par des che- vaux. Plusieurs' tonneaux y seront placés. Les peaux, convenablement pliées s'il est possible, seront placées dans ces tonneaux, qui seront ensuite foncés. Arrivées à la tannerie, elles de- vront être imuiédialement soumises aux pre- mières opérations du tannage^ Celte instruction, ([ue nous regaidons comme loin d'être complète sous beaucoup de rap- ports, pourra, selon les circonstances, les be- soins, être modifiée ; ce n'est , h proprement parler, qu'un simple plan que nous propo- sons , étant pénétré qu'il pourra être de quel- que utilité. 0. DELAFOXD, Professeur de pathologie, de thérapeutique et de police sanitaire à l'Ecole royale vétérinaire d'Jlfort. II. COi\mERCE, MANUFACTURES, ARTS ET MÉTIERS. APPAREIL POUR CONDCIRE ET CONTENIR L EAU ET LA PRÉSERVEP. DE LA GELEE. Le perfectionnement qu'on propose ici con- siste à employer le charbon en poudre , ou tout autre mauvais conducteur de la chaleur, pour en revêtir les tuyaux ou autres vaisseaux des- tinés à contenir ou à conduire l'eau. Comme celle-ci , en pareil cas, est à l'abri de l'action de l'atmosphère , son caloiique ne peut s'y per- dre à cause de la propriéîé non conductrice de la couche de charbon. Elle est donc préser- vée de la gelée et se conserve à létat liquide , quel que soit l'abaissement du thermomètre à l'air libre. L'appareil consiste simplement en un double tuyau ordinaire avec un cylindre ser- vant d'enveloppe. On les tient à distance ou sé- parés l'un de l'autre par de petits morceaux de liège ou des coussinets de laine, placés entre l'un et l'autre ; l'espace intermédiaire est rem- pli de charbon pulvérisé. Il peut y avoir deux ou trois tuyaux et même plus, l'un dans l'au- tre ; les intervalles qu'ils laissent entre eux sont occupés par les matières non conductrices. On peut construire des léservoirs ou des citernes de la même manière ; il suiTit pour cela d'en doubler les côtés , le sommet et le fond , et d'in- troduire du charbon pulvérisé ou une autre matière non conductrice entre les deux surfa- ces. Par cette précaution la fluidité de l'eau sera conservée, quelle que soit la température. (Mémorial Encyclopédique.) ESSIEUX DES VOITURES. Pour prévenir la rupture des essieux, nous ferons connaître le moyen suivant , qui a reçu l'approb.ition de la Société d'encouragement et qui mérite de fixer l'attention des personnes qui s'occupent de la construction des voilures -. Au corps d'essieu près de la roue, on fixe, d'une manière solide, un appui enjambe de force en bois dur, dont l'extrémilé inférieure, arrondie en forme de traîneau, est à huit pouces de terre. Un tinnit de fer le traverse et va se fixer à la flèche ou au brancard , suivant que la voiture est à qunlrc ou à deux, roues. On con- çoit , d'après ce simple appareil , que si la l'usée de l'essieu vient à casser ou la roue à s'é- chapper , la voiture portera sur cet appui et ne versera pas ; elle pourra même aller (juelques pas encore sans que l'appui se brise, ainsi que cela s'est vu dans une expérience faite sur une diligence de la plus forte dimension. Nous convenons toutefois que le petit nom- bre d'expériences qui paraissent avoir été faites à ce sujet sont insuffisantes soit pour démontrer l'entière eflicacité de ce procédé , soit pour faire rejeter son application. Nous indiquons cepen- dant le moyen proposé pour prévenir les graves accidens qu'entraîne la rupture d'essieux, parce que nous pensons qu'il suffit souvent de si- gnaler une découverte, même encore impar- faite dans ses résultats, pour que la réflexion et le travail s'en emparent et que cette décou- verte devienne plus tard pour la science une conquête définitive. FABRICATION DES BOUCHONS. La matière la plu.^ communément employée '214 ÉCONOMIE DOMESTIQUE. pour faire des bouchons est l'écorce d'une es- pèce de chêne vert appelé Hége , qui croit en E.spiigne, en Italie et dans le midi de la France. Cet arbre est de moyenne grandeur, l)ien fourni de rameaux; ses feuilles sont ovales, dentées sur leurs bords et un peu cotonneuses en des- sous. L'écorce du liège se fend et tombe d'elle- même ; mais on prend soin de prévenir cette chute en fendant l'écorce de haut en bas et en faisant aux extrémités deux incisions circulai- res. Dès que l'écorce est ainsi enlevée, on la plonge dans l'eau et on la charge de pierres pour la redresser et lui faire prendre la forme d'une table droite. Après cette opération, on fait sécher l'écorce au-dessus d'un lit de char- bon, et le liège est propre à faire des bouchons. Les outils des bouchonniers consistent en une table à rebords et des tranchets, ou lames très-minces, larges comme la main et très-affi- lés ; ils tiennent d'une main ces couteaux fixes, le dos en bas contre les bords de la table, et de l'autre ils tournent le bouchon sur lui-même et le font aller et venir contre le tranchant du couteau, de sorte que le petit carré long que l'on a formé en découpant d'abord le liège se ti"0uve arrondi quand il a fait un tour sur lui- même. Le couteau doit être repassé à sec avec une pierre à aiguiser chaque fois qu'un bou- chon est terminé, car la moindre brèche que le fil du tranchet aurait éprouvée pourrait occa- sionner la perte d'un bouchon. Les tables de liège n'étant pas de même qua- lité dans toute leur étendue, il en résulte que certains bouchons sont plus ou moins inférieurs à d'autres, ce qui oblige à les trier en très- fins, fins, bas-fins et communs, qui se ven- dent à des prix proportionnés à leur qualité. m. ECONOMIE DOMESTIQUE, NOUVELLE BARATTE. Nous avons indiqué, dans le numéro du /owr- nal des Connaissances xUiles (avril 1 838), une nouvelle baratte de l'invention de M. Midelet. Bien que nous ayons donné notre assenlimenl aux modifications que M. Midelet a fait subir à la baratte ordinaire, nous croyons cependant être utiles à nos lecteurs en leur iuditiuant les barattes fabriquées par M. Arnheiter et qui se recommandent aussi bien par la simplicité du mécanisme que par l'usage facile (jue l'on peut en faire dans chaque ménage. C'est ainsi que nous cherchons à prouver (lue nos jugemens n'ont jamais rien d'exclusif et que chaque pro- grès nous trouve toujours prêts à le signaler. 11 est essentiel d'entretenir cette baratte avec une extrême propreté, car il est peu de subs- tances alimentaires qui soient plus faciles à se détériorer que le lait et le beurre. Avant de s'en servir, on aura soin de net- toyer chaque pièce (jui la compose ; on sortira la baratte A de sa caisse B ; ayant ùlé son couvercle C, on détournera un petit crampon D qui se fixe sur l'arbre et qui peiinetlra de le sortir librement de la baratte. 11 faut laver tou- tes les pièces à l'eau tiède et bien les essuyer. La première fois seulement, on laisseia de l'eau pendant deux heures envuou dans l'inté- rieur de la baratte pour imbiber le bois. Toute* les pièces étant remises en place , excepté le couvercle C , on versera en crème les deux tiers du contenu de la baratte; on placera un linge bien fin sur l'ouverture et le couvercle par-dessus. La baratte étant replacée dans la caisse, on y mettra de l'eau froide en été s'il lalÈBAVLr. HYGIÈNE ET MÉDECINE. 2ï3 fait très-chaud et de l'eau tiède en hiver. Alors on n'aura plus à s'occuper que de la confection du beurre : celle opéralion consiste siniplement à tourner la manivelle F, F, F, de gauche à droite. Lorsqu'on s'apercevra (|ue le beurre est en partie formé, on retirera la bonde 0, qui est au bas de la baratte , pour faire sortir le petit lait, puis on tournera encore quelques minutes, et le travail sera terminé. L'on sor- tira comme la première fois l'arbre du corps de la baratte pour enlever les ailes O, 0, 0, où se trouve en grande partie le beurre, que l'on aura soin de lavera trois eaux dans un autre vase. Il faudra de nouveau laver toutes les parties à l'eau tiède et avoir la précaution de ne re- mettre l'arbre à sa place que lorsque toutes les parties de la machine seront bien sèches. La baratte doit être placée dans un endroit frais , mais exempt d'humidité. EîtPLOI DE LA S.\P0.\AIRH POUR LE BLANCHISSAGE. Cette plante , très-employée dans le net- toyage des étofTes , mérite bien qu'on en dise quelque mots. Voici comment on la prépare : on prend deux onces de feuilles et de tige de la plante (sa racine vaut encore mieux), et on les fait bouillir, pendant quinze mmutes , dans un litre d'eau de rivière ; plus on remue cette coction , plus elle devient savonneuse ; alors on|s'en sert pour nettoyer les soies, les cotons, les laines , les toiles , et elle n'altère nullement les couleurs. Des teinturiers la préfèrent à l'eau de savon ; elle sert aussi à nettoyer les mar- bres. BLAKCHISSACE DC LINGE A LA VAPEUR. Plusieurs de nos abonnés nous demandent des renseignemens sur ce mode de lessivage, Nous croyons devoir rappeler que, dans le N" du mois de septembre 183G du Journal des Con- naissances utiles, nous avons énuméré les avantages du blanchissage à la vapeur, en nous fondant sur les heureux résultais obtenus à V Hôlel-Dieu de Poitiers , ])ar M. Bourgnon de Laire. Nous avons indiqué d'une manièie complète le procédé qu'il employait ; nous ne pouvons donc que renvoyer nos abonnés au numéro du journal publié à celle époque. Nous ajouterons que toutes les personnes qui ont mis en application le mode de lessivage prescrit par M. Bourgnon de Laire en ont vanté l'économie et l'utilité. Au besoin, nous nous appuierions sur l'opinion d'un de nos abonnés, M. Geney, à Saint-Germain-en-Laye , qui nous apprend que depuis assez longtemps déjà il a abandonné la vieille routine du lessivage par la cendre , procédé long et dispendieux, poursuivre le sys- tème de blanchissage que nous avons fait con- naître, et que ce système réunit en effet les con- ditions les plus favorables. IV. HYGlÈrVE ET MEDECINE. PREJUGES POPULAIRES RELATIFS A LA MÉDECINE. DES REMÈDES DE PRECAUTION. (Suite.) Ce n'est point assez pour certaines gens de se médicamenler quandils sont malades, même dans les cas où le régime , le repos , quelques bains et quelques verres d'eau fraîche suffiraient pour les guérir, ils ont encore les remèdes de précaution ; de telle sorte qu'entré la maladie qu'ils viennent d'avoir, la maladie qu'ils ont et la maladie qu'ils attendent, il leur reste à peine le temps de respirer. Il faut le dire en commen- çant, tous les remèdes appelés de précaution sont nuisibles ; je m'explique, et j'enlends par cette expression les remèdes qu'on prend étant en parfaite santé et sans autre indication : les secours de l'hygiène, c'est-à-dire une vie mo- dérée, frugale et laborieuse ; l'observation de ce qui nous est utile et de ce qui ne nous réussit pas, voilà les véritables remèdes de précaution, voilà ce qui est propre à entretenir la santé et à prévenir les atteintes de la maladie. On prend souvent des médicamens qui, sous le nom de cordiaux, de stonuichiques , ont pour objet de fortifier l'estomac et de mettre l'individu en état de résister à l'influeDce des émanations malfaisantes et contagieuses. Les formules en sont variées de mille manières ; mais au résumé ce sont toujours des amers ou des aromatiques associés ou au vin ou à l'al- cool, sous le nom de teintures, de baumes, d'é- lixir, etc. L'usage bien dii igé de ces agens peut être avantageux ; mais il ne faut l'adopter que d'après l'avis d'un médecin éclairé. Les gens du monde, au contraire, les prodiguent presque toujours à contre-temps , et se rendent par là plus accessibles aux causes morbifiques qu'ils avaient voulu éviter. Lorqu'on a à craindre une maladie épidémique ou contagieuse, le plus sûr moyen de s'en préserver c'est de redoubler de tempérance et de propreté. Au contraire, l'abus du vin, du thé, d'une nourriture trop substan- 216 HYGIENE ET MEDECINE. lielle, ainsi qu'on l'a vu en 1 832 à l'époque du choléra, n'a presque loujours ([ue de mauvais effets. On donne aussi le nom de vulnéraires à des préparations du même genre dont l'efficacité est vantée contre les coups, les chutes, etc.; il faut en faire usage, suivant les honnes femmes, pen- dant neuf jours , après lesquels on est à l'ahri des dépôts; mais toute crainte d'un contre- coup n'est évanouie qu'après le quarantième jour. Ces deux termes n'ont absolument rien de positif, et les accidens consécutifs à une chute ou à un coup peuvent se manifestera une époque plus ou moins rapprochée du jour de l'accident : le nombre neuf est une trace de la vénération superstitieuse du vulgaire pour telle ou telle combinaison ; enfin, quant aux remèdes en eux-mêmes , ils sont peu convenables dans les circonstances où l'on propose d'en faire usage. En effet, ce sont pi-esque toujoui's des eaux spiritueuses aromatitiues dont l'usage ex- térieur n'a pas, il est vrai , de grands inconvé- niens, mais qui , portées dans les voies diges- tives, peuvent y produire de fâcheuses excita- tions. C'est une obligation pour quelques personnes de se faire saigner une ou plusieurs fois par an, à des époques péiiodiques, sans autre vue que de prévenir les maladies en général. Une pa- reille habitude doit èlre considérée comme vi- cieuse ; elle a, entre autres inconvéniens, celui d'accoutumer l'économie à des pertes réguliè- res ; de soite que, si l'on vient à omettre une de ces saignées babiluelles, il en résulte des affec- tions plus ou moins graves. i)e même encore on pense que les femmes doivent être saignées du quatrième au cinquième mois de la grossesse : en effet, c'est presque toujours vers ce terme que se manifestent les accidens auxquels remédie la saignée. Mais il n'est pas du tout nécessaire de la pratiquer s'il n'existe aucun motif (|ui l'exige; comme il faut la réitérer plus ou moins, et plus tôt ou plus tard, s'il y a lieu, suivant la nature et l'opiniâtreté des symptômes, c'est l'état de pléthore qui veut qu'on y ait recours : aussi telle femme, qui n'a |)as eu du tout besoin d'ê- tre saignée dans l'une de ses grossesses, pourra, dans une autre, se voir obligée de se faire tirer du sang deux, trois ou fpialre fois et à différen- tes époques de la gestation. Les purgatifs et les vomitifs sont aussi à la mode ; on les prend au printemps et à l'automne pour chasser les mauvaises humeurs; on prend d'ordinaire deux jungalifs de suite , parce que, dit-on, le premiei- met l'humeur en mouvement et que le second ie.rpulse au de- hors. Cetle pratique a lieu aussi ;i la fin des maladies dont on ne se croit pas quille si l'on n'a pas été purgé. On s'expose souvent, au contraire, par là, à voir récidiver la maladie , surtout lorsqu'elle affectait le canal intestinal ; et si un seul purgatif suffU pour produire ce résultat, on ne peut manquer de l'obtenir en re- doublant la dose. Dans les cas où ces remèdes sont indiqués, il peut être quelquefois utile, nécessaire même de les réitérer; maison conçoit facilementquecela ne saurait être donné comme une règle générale et absolue. Un des remèdes les plus employés par précau- tion sont les sucs d'herbes. Ceux qui sont ex- traits de plantes insipides n'ont presque aucune propriété et sont, par cela même, incapables de nuire; ceux, au contraire, qui résultent des plantes acres ou amères, qu'on désigne sous le nom d'antiscorbutiques, peuvent, en irritant les organes digestifs, délénorer leurs fondions et produire les maladies (|u'on veut prévenir. Les sucs d'herbes et une foule d'aulres re- mèdes, tous plus ou moins excitans, sont gé- néralement mis en usage pour purifier la masse du sang ; car c'est ainsi qu'on s'exprime. Ce- pendant ils sont peu capables d'avoir les effets qu'on leur suppose; ils sont propres, au con- traiie, à provoquer des indispositions et même des maladies. C'est d'ailleurs par suite d'une théorie vicieuse qu'on s'imagine pouvoir puri- fier le sang par de semblables médicamens. Ce sont, en général, les personnes affectées de ma- ladies de la peau qui s'imaginent avoir le sang impur, acre, corrompu, hrùle ; elles doivent lieuse persuader que, pour corriger l'état de l'économie (|u'elles désignent par ces expres- sions inexactes, les remèdes les plus sûrs sont un régime sévère, l'abstinence des excitans de toute espèce, l'usage abondant des boissons aqueuses, mucilagineuses , acidulés, les bains généraux, les frictions, les onctions et quelques purg.ilifs. Rien ne mérite moins le nom de grains de santé que les pilules qui portent ce nom ; indé- pendamment de ce qi^'on vend assez cher, sous cetle forme, un médic.unent commun (l'aloès), elles ont l'inconvénient d'accoutumer à la lon- gue les intestins à une sorle d'inertie telle (pi'on ne peut jilus aller à la garde-robe sans leur se- coui's , encore est -on obligé d'augmenter la dose et fiuil-on souvent par délerminer une inflammation intestinale plus ou moins grave. Parmi les remèdes de précaution , les exu- tuires, c'est-à-dire les vésicatoires et les cautè- res tiennent presque le premier rang. C'est pi- tié de voir avec quelle étrange prodigalité on en couvre les enfans, les adultes et les vieillards : on s'imagine s'être garanti de tous les maux lors- qu'on est parvenu h provoquer, dans ces ulcé- rations artificielles, une suppuration abondante. Cependant, on peut le dire avec vérité, sur cent cautère^s ou vésicaloires qu'on entretient à per- pétuité, il y en au inoins cinquante qui n'ont jamais servi à rien, et vingt-cinq qui, après HYGIENE ET MEDECINE. avoir été appliques d'après une iudicalion pré- cise, ont depuis ionglemps cessé d'être d'au- cune utilité. En Ihèse généiale, les vésicaloires ne sont guère avantageux que dans les premiers jours de leur application. La suppression d'un vésicaloire ou d'un cautère est, en général, une grande aiïaire dans les familles, parce qu'on redoute des accidens graves à la suite d'une pareille détermination. Sans doule une évacuation quelconque doit être respectée lorsqu'elle est anciennement établie et que l'économie en a contracté une sorte d'habitude; mais on peut la supprimer sans danger avec les précautions convenables, c'est- à-dire en portant une irritation sur quelque au- tre point de l'économie. On répugne générale- ment moins à fermer un vésicaloire qu'un cau- tère ; ce dernier est, dit-on, potir la vie .- mais cette opinion est dénuée de fondement, et l'on peut le supprimer sans plus d'inconvénient que s'il s'agissait de tout autre exutoire , lors- que la maladie pour laquelle il a été pratiqué est guérie déjà depuis assez longtemps et qu'il commence déjà de lui-même à tendre vers la cicatrisation. RATIER, Directeur de l'École préparatoire f __ de Médecine de Paris. DU SOIN DES DENTS. S'il est une partie de la toilette qui doive être l'objet d'une scrupuleuse attention , c'est à coup sûr celle qui concerne les dcn?5 , ces or- ganes si précieux sous le triple rapport de la digestion , de l'articulation des sons et de l'a- grément de la physionomie. Chacun est jaloux de les conserver blanches et saines, et cepen- dant peu de personnes emploient les moyens capables de conduire à ce but. Les dentifrices, dont les charlatans vantent les propriétés mer- veilleuses, sont presque tous dangereux ou au moins insignifians. Les électuaires, poudres, opiats, etc., sont composés de substances propres à altérer l'émail des dents et par consé- quent à en amener la carie et la chute api es des douleurs insupportables. La meilleure manière de soigner ses dents consiste à les la- ver tous les jours avec de l'eau fraîche en été, et tiède en hiver : ou peut employer avec avan- tage , pour les tenir propres , un peu de savon, dont on les frotte avec une brosse douce , et un peu de poudre fine de charbon ; ce' moyen simple et fort économique est très-efïîcace. Il faut frotter doucement et ménager les gencives. Il faut également employer du savon purifié, comme celui dont on se sert pour la barbe. La fétidité de l'haleine est extrêmement com- mune et tient le plus souvent à la malpropreté des dents : on l'attribue habituellement à l'es- 2 l'y tomac ou à la poitrine , tandis que c'est dans la bouche qu'il faut chercher la source de cette grave incommodité. Beaucoup de gens s'ima- ginent s'être nettoyé les dents lorsqu'ils ont passé une brosse sur celles de devant ; ils ne savent pas que des particules d'alimens logées soit dans les cavités de dents altérées par la carie , soit dans l'intervalle de dents demeurées saines, soit enfin au fond de la bouche ou en arrière des dernières molaires, subissent promp- tement une altération putride et prennent une odeur d'une fétidité insupportable. En portant avec soin la brosse dans tous les endroits où peuvent s'amasser et se corrompre des matières alimentaires, on évite cette incommodité, qui, à part le dégoût qu'elle inspire, entraîne sou- vent la perte des dents et les douleurs prolon- gées qui la précèdent et la suivent. C'est une pratique très-saUitaire et trop peu répandue que de se laver la bouche h la fin de chaque repas. Nous ajouterons ici , pour compléter ce qui a rapport aux soins qu'exigent les dents, qu'on doit éviter de les mettre alternativement en contact avec des corps trop chauds ou trop froids; aussi, après le potage, doit-on les laisser refroidir avant déboire, comme on a coutume de le faire : on s'abstiendra également d'apposer sur elles des substances trop acides, comme aussi de s'en servir pour briser des corps durs, tels que des noyaux de fruits , etc. Enfin une sage et utile précaution consiste à faire visiter de temps en temps sa bouche par un dentiste habile et consciencieux. Eu effet , la carie des dents existe déjà souvent sans avoir donné de signes de son existence, et quand on commence à souffrir , il est déjà trop lard pour porter remède au mal , tandis qu'au début le plombage ou la lime suffisent pour en arrêter les progrès. D. Ratier. CniRUROIE. —TRAITEMENT DES FRACTURES. Aujourd'hui deux méthodei sont employées par les praticiens : dans l'une, on attend le dé- gorgement du membre avant d'appliquer l'ap- pareil; dans l'autre, on agit dans la supposition qu'une compression modérée hâte le dégorge- ment et fait avorter l'inflammation. Un chirur- gien distingué, M. Velpeau, est d'avis que, dans toutes les fractures , même celles qui sont ac- compagnées de plaies au tégument, il faut procé- der immédiatement à la réduction. La fracture réduite, il entoure le membre , depuis la racine des doigts ou des orteils jusqu'à l'extrémité su- périeure, d'un bandage légèrement compressif, pour maintenir les fraginens dans la direction convenable ; au lieu d'employer des attelles et coussinets , il rend rigide l'enveloppe formée par la bande ; il avait d'abord songé à se ser- 218 lUOUALE, .MÉTHODES d'ENSEIGNERIENT , LÉGISLATION. vir pour cet cfTel du liquide solidifiant de M. Larrey (de l'nlbumine), puis il a trouvé préférable de faire usage , à l'exemple de M. Seulin, de lîruxelles, d'amidon préparé à la manière des blanchisseuses. Ce dernier chi- rurgien, d'ailleurs, se sert d'un apporeil diffé- rent, d'un double iiandage de Scultet, de cous- sinets de deux lames de carton. La dessiccation de tout l'appareil s'opère dans l'espace de deux à quatre jours. « Une fois qu'elle est opérée, dit M. A'^elpeau dans un récent Mémoire présenté à l'Académie des Sciences , le membre et le bandage sont si exactement calqués l'un sur l'autre qu'il n'y a plus de déplacement possi- ble. La compression , étant égale et modérée partout, soutient les tissus et ne cause pas la moindre gène : aussi les malades peuvent-ils se tourner, se mouvoir et agir dans leur lit comme s'ils n'avaient qu'une simple contusion à la jambe. Ils ne sont pas obligés à resler six semaines ou deux mois couchés et immobiles ; ils peuvent, sans inconvénient, s'asseoir sur un siège un peu élevé (car il leur est permis déjà de fléchir modérément la jambe] et marcher h l'aide de béquilles, le pied étant soutenu d'un grand élrier qu'on noue au cou. » ' KnUMES, TOUX, CATARRHES. Parmi les découvertes pharmaceutiques qui ont eu pour objet la guérison des rhumes , ca- tarrhes, toux, coqueluches, asthmes, enroue- mens, irritations de poitrine, etc., on peut citer la pâte pectorale de Regnauld aîné , pharma- cien, breveté du gouvernement , rue Caumar- tin, 45, comme n'ayant jamais cessé de justifier la préférence bien marquée qui lui est accor- dée. Ses propriétés remarquables, auxquelles elle doit sa supériorité sur tous les autres pe(- toraux, ont été constatées par nos premiers médecins, à la suite de nombreuses expérien- ces, et lorsque nous aurons cité, entre autres : MM. Récamier, médecin de l'HcMel-Dieu ; Bouillon-Lagrange, directeur de l'École de pharmacie; Pariset, secrétaire perpétuel de l'Académie royale de Médecine; de Guise, chirurgien en chef de l'hospice de Charenton ; Doin, médecin de la Société de prévoyance protestante, etc., nous aurons rempli nos obli- gations vis-à-vis des consommateurs, en leur donnant toutes les garanties qu'ils peuvent ré- clamer. La pâte de Regnauld aîné , très-efficace en- core pour ceux qui , par devoir ou par état, sont obliges de parler ou déchanter longtemps en public , possède une saveur agréable qui la fait rechercher par les malades, et comme elle ne contient aucune préparation opiacée, dont l'effet, toujours trompeur et souvent funeste, ne procure pour l'ordinaire qu'un soulagement momentané, elle a ce rare avantage de produire les bons résultats qu'on en peut attendre et de ne jamais nuire. Aussi a-t-elleéié souvent re- commandée d'une manière toute particulière pai' les journaux de médecine et notamment par la Gazette de Santé, dans son n° 3G. V. MORALE, MÉTHODES D'ENSEIGNEMENT, LÉGISLATION. ORGANISATION ET ADMINISTRATION MUNICIPALES. Septième article. — Juillet. LOI SUR l'admi.mstratio.n communale. TITRE VI. — Complabililc des communes. Arl. CO. Les comples du maiie, pour rcxer- cicc c!!)s, sont présentés au conseil municipiil avant la dclibéiMlion du budget. Ils sont déliiii- livcmcnt ai)proiivés jiar Tes p;éicis, pour les communes dont le revenu est inférieur à cent mille francs, c! par le ministre compétent, jiour les autres communes. Art. CI. Le maire peut seul délivrer des mandats. S'il refusait d'ordonnancer une dé- pense régulièrement autorisée et liquide, il serait prononcé par le préfet en conseil de préfec- ture. L'arrêté du préfet tiendrait lieu du mandat du maire. Art. 02. Les recettes et dépenses commu- nales s'effectuent par un comptable chargé seul et sous .sa rcsponsabililé de poursuivre la ren- trée de tous revenus de la commune et de tou- tes sommes qui lui seraient dues , ainsi qne d'acquitter les dépenses ordonnancées par le maire, jusqu'à concurrence des crédits réguliè- rement accordés. Tous les rôles de taxe , de sous-répartitions et de prestations locales devoiit cire remis à ce comptable. Art. C3. Toutes les recettes municipales pour lesquelles les lois et règlemens n'ont pas pres- crit un mode spécial de recouvrement s'effec- tuent sur des étals dressés par le maire. Ces états sont exécutoires après qu'ils ont été visés par le sous-préfet. Les oppositions , lorsque la matière est de la compétence des tribunaux ordinaires , sont MORALE, MÉTHODES d'ENSEIGNE3IENT , LEGISLATION. 219 jugées comme affaires sommaires, et la com- mune peut y défendre sans aulorisation du conseil de préfecture. Alt. 64. Toute personne, auliequele rece- veur municipal, qui, sans autorisation légale, se serait ingérée dans le maniement des deniers de la commune, scia , par ce seul fait, consti- tuée comptable ; elle pourra en outre être poursuivie en vertu de l'arliele 258 du code pénal comme s'étant immiscée sans litre dans des fonctions publiques. Art. 65. Le percepteur remplit les fonctions de receveur nuuiicipal. Néanmoins, dans les communes dont le re- venu excède trente mille francs, ces fondions sont confiées , si le conseil municipal le de- mande, à un receveur municipal spécial. Il est nommé par le roi , sur trois candidats que le conseil municipal présente. Les dispositions du premier paragraphe ci- dessus ne seront applicables aux communes ayant actuellement un receveur municipal que sur la demande du conseil municipal ou en cas de vacance. Art. G6. Les comptes du receveur municipal sont définitivement apurés par le conseil de préfecture, pour les communes dont le revenu n'excède pas trente mille francs, sauf recours à la cour des comptes. Les comptes des receveurs des communes dont le revenu excède trente mille francs sont réglés et apurés par ladite cour. Les dispositions ci-dessus concernant la ju- ridiction des conseils de préfecture et de la cour des comptes sur les comptes des receveurs municipaux sont applicables aux comptes des Irésorieis des hôpitaux et autres établissemens de bienfaisance. Art. G7. La responsabilité des receveurs municipaux et les formes de la comptabilité des communes seront déterminées par des règle- meus d'administration publique. Les receveurs municipaux seront assujettis, pour l'exécution de ces règlemens , à la surveillance des rece- veurs des finances. Dans les communes où les fonctions de rece- veur municipal et de percepteur sont réunies, la gestion du comptable est placée sous la res- ponsabilité du receveur des finances de l'arron- dissement. Art. 68. Les comptables qui n'auront pas présenté leurs comptes dans les délais prescrits par les règlemens pourront être condamnés , par l'autorité chargée de les juger , h une amende de dix francs à cent francs, par chaque mois de retard, pour les receveurs et trésorici's justiciables des conseils de préfecture , et de cmquante francs à cinq cents francs, également par mois de retard, pour ceux qui sont justicia- bles de la cour des comptes. Ces amendes seront attribuées aux commu- nes ou établissemens que concernent les comp- tes en retard. Elles seront assimilées aux débets de comp- tables, et le recouvrement pourra en être suivi par coips, conformément aux articles 8 et 9 de la loi du 17 avril 1832. Art. 69. Les budgets et les comptes des communes restent déposés à la mairie, oîi toute personne imposée aux rôles de la commune a droit d'en prendre connaissance. ■ Ils sont rendus publics i)ar la voie de l'im- pression , dans les communes dont le revenu est de cent mille fiancs ou plus, et dans les au- tres, quand le conseil municipal a voté la dé- pense de l'impression. TITRE VIL — Des intérêts qui concernent plusieurs communes. Art. 70. Lorsque plusieurs communes pos- sèdent des biens ou des droits par indivis, une ordonnance du roi instituera, si l'une d'elles le réclame, une commission syndicale composée de délégués des conseils muiùcipaux des com- munes iuléressces. Chacun des conseils élira dans son sein, au scrutin secret et à la majorité des voix, le nom- bre de délégués qui aura été déterminé par l'or- donnance du roi. La commission syndicale sera renouvelée tous les tiois ans, après le i-enouvellement par- tiel des conseils municipaux. Les délibérations prises par la commission ne sont exécutoires que sur l'approbation du préfet et demeurent d'ailleurs soumises à toutes les règles établies pour les délibérations des conseils municipaux. Art. 71 . La commission syndicale sera pré- sidée par un syndic qui sera nommé par le pré- fet et choisi parmi les membres qui la compo- sent. Les attributions de la commission syndicale et du syndic, en ce qui touche les biens et les droits indivis, seront les mômes que celles des conseils municipaux et des maires {vour l'ad- ministration des propriétés communales. Art. 72. Lorsqu'un même travail inléressera plusieurs communes, les conseils municipaux seront spécialement appelés à délibérer sur leurs intérêts respectifs et sur la part de la dépense que chacune d'elles devra supporter. Ces délibérations seront soumises à l'approba- tion du préfet. En cas de désaccord entre les conseils mu- nicipaux, le préfet prononcei'a, après avoir en- tendu les conseils d'arrondissement et le con- seil général. Si les conseils municipaux appar- tiennent à dos déparlcmens différens, il sera statué par ordonnance royale. 220 MORALE, MÉTHODES D'ENSEIGNEMENT, LÉGISLATION. La part de la dépense définitivement assi- gnée h chaque commune sera portée d'office aux budgets respectifs, conformément à l'aiti- cle 39 de la présente loi. Art. 73. En cas d'urgence , un arrêté du préfet suffira pour ordonner les tiavaux et pourvoira à la dépense à l'aide d'un rôle pro- visoire. Il sera procédé ultérieurement à sa ré- partition définitive, dans la forme déterminée par l'article précédent. TRAVAUX DES MAIRES POUR LK MOIS DE JUILLET, A JOURS FIXES ET A EPO- QUES INDETERMINEES. SUITE DE l'iNDICATIO.N DES TRAVAUX ANNUELS SANS EPOQUES FIXES. Baigneurs. — Le maire renouvelle la pu- blication des rcglemens concernant les bai- gneurs en pleine rivière. (Dans le mois.) Boulangers. — Envoi au sous-préfcl de l'é- tat récapitulatif de l'approvisionnement de cha- que boulanger, (i" juillet.) Conseil de fabrique. — Tenue de la troisième session ordinaire du conseil de fabrique, (l^"" dimanche de juillet.) Conseil municipal. — Le maire prépare les lettres de convocation pour la .session du con- seil municipal qui se tient dans le mois d'août. (Du 25 au 31 juillet.) Aussitôt que le préfet a fait connaître le jour fixé pour l'ouverture de la session , les mem- bres du conseil sont convoqués au moins cinq jours à l'avance, par lettres closes remises à domicile. — Si un membre du conseil munici- pal a manqué à trois sessions consécutives, ordinaires ou extraordinaires , sans motif légalement reconnu par le conseil, il peut être déclaré démissionnaire par le préfet. Déclaration de successions. — Envoi au receveur de l'enregistrement de l'état des décès survenus dans la commune pendant le trimes- tre précédent, afin que le receveur puisse rap- peler aux intéressés qui n'auraient pas fait la déclaration de succession, imposée par la loi, l'obligation à laquelle ils sont astreints. (Dans le mois.) Ecole PRiMAinr.. — Le maire remet à l'insti- tuteur communal , afin que celui-ci le certifie, ,1e rôle de la rétiibulion mensuelle à percevoir des parens des élèves, (i" juillet.) Enf\ns trouves ou abandonnas. — Le paie- ment des mois de nourrice et pensions des enfans trouves n'a lieu ipic sur la présentation : 1" De la carte ou du Imllelin donné par l'hospice à la jtersonne chargée de l'enfant ; 2" D'un certificat de vie (par conséquent d'identité) et de bonne tenue de l'enfant que le maire doit avoir soin de se faire représenter. Le maire délivre ce certificat le i" du mois qui suit l'expiration du trimestre ; le certificat est expédié sur papier libre et sans frais, et sur la formule imprimée que délivre l'administra- tion. Le sceau de la mairie y est rigoureusement apposé. Les certificats dévie sont adressés au préfet (ou sous-préfet, selon l'arrondissement) , ainsi que les actes de décès des enfans morts pen- dant le trimestre écoulé, (i*"^ juillet.) Enregistrement sur minutes des actes de LA mairie. — Présentation au receveur de l'en- registrement du répertoire de ces actes pour 'obtenir son visa. (Du i"au 10 juillet.) Liberté et surete de la voie publique. — Sous ce rapport , le maire défend tous dépôts de matériaux faits sur cette voie sans nécessité et .sans autorisation, ainsi que les amas de fu- mier et ordures ; ordonne l'éclairage des dépôts autorisés qu'on est obligé d'y laisser séjourner la nuit ; défend les jeux de boule dans les rues, exercice qui a souvent pour les passans les ré- sultats les plus dangereux ; fait surveiller les charretiers et conducteurs de chevaux et de voitures pour qu'ils se tiennent constamment à côté de leurs animaux. Marine (Invalides ou pensionnaires de la). — Le maire adresse au sous-préfet l'élat de ces militaires décédés dans sa commune pendant le trimestre précédent, suivant ce qui est indiqué au n° 25 de janvier. (Dans le mois.) Engagemens volontaires. — Envoi de l'état des engagemens reçus pendant le mois. (31 juillet.) Mercuriales de la quinzaine. — En dres- ser et en envoyer le tableau. (15 et 31 juil- let.) IMoissoN. — Publication du ban de mois- son dans les communes où ce ban est en usage. (Vers la fin de juillet.) Ordre et tranquillité publique. — Le maire fait des règlemens sur la police des ca- fés et des cabarets ; il maintient le bon ordre dans les lieux de rassemblemens publics ; il prévient et dissipe les altroupemens ; em- pêche les bruits et tapages nocturnes , les charivaris; fait arrêter ceux qui répandent l'alarme parmi le peuple par de fausses nouvel- les ou de toute autre manière. Pharmaciens et droguistes. — Dans ce mois, le maire peut faire effectuer par l'officier de police ou f;iire lui-même la visite des offi- cines et magasins des pharmaciens et droguis- tes, prescrite par l'art. 9 de la loi du 19-22 juil- let 1791. (Dans le mois.) Salubrité. — Le maire prend les mesures nécessaires pour prévenir et faire cesser les épidémies et maladies contagieuses, les épizoo- ties ; il informe l'administration supérieure du moment où ces maladies se déclarent ; il veille à la salubrité des eaux, des comestibles et des liquides. MORALE, METHODES D'ENSEIGNEMENT, LÉGISLATION. 221 Sorciers. — On aura peine à concevoir, dit M. Miroir dans son Album municipal, qu'au dix-neuvième siècle il soit encore question de sorcellerie, et cependant nos lril)iniaiix reten- tissent tous les jours dfe causes qui amènent sur les bancs de la police correctionnelle ou des as- sises de prétendus sorciers. L'article 479 , paragraphe 7, du code pénal , punit des peines de simple police celui qui fait métier de deviner ou de pronostiquer ; mais le soi-disant sorcier ne pouvant être qu'un es- croc, ses manœuvres rentrent nécessairement dans le domaine de la police correctionnelle, à moins qu'il n'ait employé , pour parvenir à ses fins criminelles , des moyens de vio- lence qui le rendraient justiciable de la cour d'assises. Les maires de campagne doivent avoir les yeux constamment ouverts sur cette classe d'individus et ne pas les ménager, s'il s'en pré- sente qui cherchent à exploiter la crédulité pu- blique sous quelque apparence ou quelque pré- texte que ce soit. Sûreté publique. — Le maire doit prendre toutes les précautions convenables pour pré- venir les incendies et y porter secours ; à cet effet, il prescrit un ramonage régulier des fours et cheminées, ainsi que leur visite par des gens de l'art à différentes époques de l'année. La mesuie la plus efficace et la plus utile à la population serait certainement celle de fon- taines publiques avec bassins dans les lieux ag- glomérés, mais souvent l'eau manque ; alors il faut y pourvoir par des citernes et de vastes abreuvoirs ayant une capacité suffisante pour ne pas avoir à redouter dans l'été un dessè- chement complet. Les e^iux pluviales, amassées au moyen de chéneaux et de tuyaux de des- cente, pourraient concourir à l'alimentation des uns et des autres. Le maire défend la divagation aes animaux malfaisans et nuisibles, tels que chiens errans , porcs, taureaux , bœufs et môme chevaux vi- cieux. Il fait tuer à l'instant les chiens soup- çonnés atteints de la rage , s'ils n'ont encore mordu personne ; dans le cas contraire, il or- donne qu'ils soient gardés à vue dans l'intérêt des familles. Taxe du pain et de la viande. — Le pain et la viande sont les seules denrées que la loi autorise un maire à soumettre à la taxe. Dans quelques villes la viande est aban- donnée à la libre concurrence du commerce et ne se taxe pas. Il n'en est pas de même du pain. Le gou- vernement paraît tenir à ce que l'usage de la taxe de cette denrée de première nécessité ne soit abandonné nulle part. TRIBu^AL Ds POLICE SU MAiREt •— Le mulre transmet au sous-préfet un extrait desjugemens de police rendus pendant le semestre précédent, pour servir de contrôle auxélats de recouvre- mcns produits par le receveur de l'enregistre- ment. (Du i"au 10 juillet.) METHODES D'ENSEIGNEMENT. ■. INCONVKNIENS DES OUVRAGES ÉlÉME.NTAIRKS EN GÉNÉRAL. Nous avons promis de nous occuper, dans la division du journal consacrée h l'examen des méthodes d'enseignemens , des livres nouveaux qui paraissent pour l'étude des langues. Voici le titre d'un petit ouvrage que nous recomman- dons spécialement aux personnes qui veulent apprendre la langue anglaise : Clé de la lan- gue anglaise y à l'usage des étrangers, ou trente-six anecdotes arrangées de manière à présenter les difficultés graduées (\). L'au- teur de ce petit livre, M. N. Biown , s'explique en CCS termes sur les ouvrages qu'on donne oïdinairement à ceux qui commencent l'étude d'une langue étrangère. « Il y a sur le continent, ainsi qu'eu An- gleterre , une multitude d'ouvrages élémentai- res sous divers titres, tels que : Recueils^ Collections , Beautés de Byron, Beautés de Hume, etc., etc. , dont le but est de faciliter l'étude des langues aux personnes qui com- mencent. a Voilà un fait incontestable ; mais un autre fait non moins positif, c'est que les personnes auxquelles ces sortes d'ouvrages sont destinés ne s'en servent presque jamais. De ces deux faits il s'en suit que ces recueils , en général, ne remplissent pas le but proposé. Ceci est logiquement évident, quand même on ne pour- rait pas en donner l'explication. Cependant, en voici, je pense, la raison; c'est que, comme les fiagmens et morceaux choisis n'ont ni commencement ni fin, ils sont difficiles à comprendre et à retenir, et n'excitent nulle- ment l'intérêt de l'élève , tandis qu'au con- traire, dans un ouvrage véritablement classi- que et complet, l'intérêt est soutenu d'un bout à l'autre ; ce qui suit est expliqué par ce qui précède, et réciproquement. De plus, en écri- vant la dernière page de son poëme , roman ou discours, l'auteur pense à la première et à l'en- semble de son travail ; pour le comprendre, le ju- ger, il faut faire comme lui. Juge-t-onun monu- ment , un tableau en n'en voyant qu'une partie ? » Moi-même j'ai appris à lire à haute voix dans ce que nous appelons, en anglais, une Col' (1) Paris : Truchy, iB, boulevarl des Mmii 2SI§ ANNONCES CRITIQUES ET RAlSONNÊES DE L'INDUSTRIE. hclion , où , s'il faut en croire le collecteur, se trouvent réunis les pnssages les plus sublimes de la littérature anglaise ; eh bien , quoique ce fût ma langue maternelle , je déclare que je n'ai rien compris à ces passages décousus , et si je les comprends aujourd'hui , c'est uniquement parce que je les ai vus dans leur position natu- relle. Mon expérience personnelle m'autorise donc à signaler ces ouvrages comme inutiles : ils détruisent le goût de la lecture , accoutument les enfans à liresanscomprendre,à se contenter de noiions vagues et à juger sans avoir tout vu. » D'ailleurs, qu'est-ce qui nous prouve que « les morceaux les plus brillans de la liilé- ralure anglaise » soient en effet les plus beaux morconux de la lillén;ture anglaise? Le nombic de recueils augmente tous les jours ; nous n'avons i)ourgaiantie que le goût indivi- duel de chaque collecteur^ et, avec la meilleure volonté du monde , on ne peut pas supposer trenle-six ouvrages tons diiïérens l'un de l'au- tre, et tous contenant les plus beaux morceaux de la litléîalure anglaise. En vérité, les mor- ceaux choisis sont à la fois une inutilité et une dérisicm. )» Si \o\\9> voulez que vos enfans fassent des progrès , évitez surtout les fragmens ; mettez d'abord entre leurs mains des touts, des histo- riettes , des anecdotes où ils trouveront des bons mots , du drame, quelque chose enfin qui fasse impression sur leur esprit , et lorsqu'ils en auront appris par cœur cinq ou six pages, donnez-leur un ouvrage classique, n'importe lequel. » Nous sommes de l'avis de l'auteur , les ou- vrages élémentaires en général sont inutiles et même pernicieux. En effet, pourquoi faire des recueils quand il existe une multitude de bons li- vres à metV^etjrînorcAe' et faits par des écrivains connus ; tels que le Ficaire de fVakefield, Té- lémaque, Atkalie, etc., qui remplissent infini- ment mieux le but proposé. Cela est si vrai que dans tous les collèges et institutions , les jeu- nes gens se lassent de tous ces ouvrages pré- pares pour eux et demandent des ouvrages com- plets. Aussi, comment veut-on qu'un élève s'in- téresse à la lecture de morceaux tirés de Shakes- peare , Thompson ou Milton , qui commencent par des conjonctions : mais, cependant, or? Je suis persuadé que le Songed'Athalie même, ou les célèbres monologues d'HamIet et deCaton, tout sublimes qu'ils sont , n'ont jamais été com- pris ni sentis dans les recueils. Les fragmens ont encore, selon nous, l'inconvénient d'arrêter l'essor de l'intelligence et d'en empêcher le dé- veloppement; d'abord parce qu'ils découragent l'élève, et ensuite parce qu'ils tendent à lui faire croire que ses facultés sont trop bornées pour comprendre un ouvrage de longue haleine puis- que l'on en fait tout exprès pour lui. VI. ANNONCES CRITIQUES ET RAISONNÉES DE L'INDUSTRIE. GUIDE DU PRODUCTEUR ET DU C0NS03IMATEUR. MANUEL DE l'ÉLACUEUR , OU DE LA CONDUITE DES ARBUE.S FORESTIERS, PAR M. HOTTOn(I). L'amateur de la belle nature éprouve un sen- timent pénible en considérant l'état de dégra- dation auquel des élagueurs inhabiles réduiseut tous les jours les plus beaux arbres. Cette assertion est prouvée par des faits, que l'on peut aisément vérifier en parcourant les promenades publiques , les grandes roules et les plantations. Déjà des hommes justement célèbres, tels que les lîuffon, les Duhamel, et tout récemment encore les Thouin et les liosc , se sont élevés contre ces abus ; mais tous les efTorts de ces hommes estimables n'ont pu apporter qu'une bien faible amélioration dans cette parlie impor- tante de l'économie forestière, tarit les habitudes et les 1 réjugés sont difficiles h détruire. Les princii)es établis dans le Manuel de Cl) M. Ilollon, entrepreneur des travaux forcsUers, a élé pendant longlemps l'un des rédacteurs du Journal VÉlagiicur (l) , appliqués avec discernement, pourraient seuls y remédier. La Société A' Horticulture de Paris a jugé le Manuel de l'Élagncur d'une si haute im- portance, quant h son objet, qu'elle a chargé un de ses membres des plus distingués de lui ren- dre compte de cet ouvrage. Le rapport qui a élé inséré dans \es Annales publiées par celle société savante , contient un éloge complet du travail de RI. Hotlon. Appelé h juger le mérite de ce livre, M. Sou- lange Bodin a exprimé sou opinion en ces termes : « M. Bosc publia , il y a bien des années, une instruction où il avjiit signalé les mauvais résultats d'un élagage indisci'ct, et avait indiqué la manière la plus convenable de l'opérer, pour avoir des arbres d'une belle venue. « Le Manuel de M. Ilotton est beaucoup plus étendu, et on peut le considérer comme ce qu'il y a de plus complet sur ce sujet. M. Hottoa (I) Cliez M"" Huzard , libraire, rue de l'Kperon, n.T, à Taris, » ANNONCES CRITIQUES ET RAISONNÉES DE L'INDUSTRIE. est élagueur de profession et boa observateur ; il a entrepris et dirigé de grands travaux fores- tiers. Une longue expérience a du lui faire con- naître les meilleurs moyens de traiter ies bali- veaux et de les rendre plus propres à fournir de bonnes pièces de charpente et de charron- nage. Il traite raélhodiquement et successive- ment d'e tous les soins à donner aux arbres de ligne depuis leur plantation. Il discute les avan- tages et les inconvéniens de la conservation ou du retranchement de la tète des arbres au mo- ment de les planter. Il indique l'époque à la- quelle l'élagage doit être fait de préférence ; les branches qui , dans les premières années , doi- vent être conservées ou supprimées, ou redres- sées et maintenues verticales, etc. » L'ouvrage de M. lïotton contient les prin- cipes les mieux raisonnes sur l'élagage des ar- bres des roules, ceux des places et jardins pu- blics. Il fait l'application de ces principes non seulement aux ormes , mais aux autres arbres de lignes et de forêts, etc. Il dit un mot de la taille ou de l'élagage des arbres dans les pépi- nières. Il observe qu'il est boa que les arbres soient toujours conduits par les mêmes éla- gueurs , ou du moins que ce soit le même ré- gisseur ou surveillant qui les dirige. » Le Manuel de VElagucur est présenté comme utile aux propiiétaires , aux régisseurs de biens, aux agens forestiers et aux personnes qui se destinent à la profession d'élagueur. L'ouvrage ne dément pas le titre. » Nous avons la avec une sérieuse attention cet excellent Manuel , dont le titre ne fait pas connaître tout le mérite ni toute l'utilité. Il ne faut pas croire qu'il convienne seulement à ceux qui s'occupent de l'aménagement et de l'entre- tien des forêts. Il est surtout indispensable aux propriétaires qui tiennent à la régularité et aux belles formes des arbres d'avenues , à l'élégance d'un bosquet ou à l'aspect imposant d'un parc majestueux. Dans toutes les villes un peu im- portantes, cet ouvrage devrait être déposé au bureau des travaux publics pour y servir de guide à la taille et à l'élagage des arbres des promenades publiques, dont le dépérissement et la mort n'ont souvent d'autre cause que l'im- péritie des hommes préposés à leur entrelien. BREVETS D'INVENTION DÉLIVRÉS EN 1837. {addition à la nomenclature des brevets publiés dans les numéros de mai et de juin derniers.) M. Ledure (Jean-Baptiste), mécanicien, de- meurant à Vienne, département de l'Isère, au- quel il a été délivré, le 9 janvier 1837, le certi- ficat de sa demande d'un brevet d'invention de cinq ans pour une machine à vapeur appliquée comme moteur et chauffage aux filature ou de- vidage des cocons. M. JÉRÔME (François- Victorin) , demeurant faubourg de Noyon, à Amiens, département de la Somme, auquel il a été délivré, le 1 1 janvier dernier, le certificat de sa demande d'un brevet d'invention de dix ans pour une machine ser- vant h purifier le blé. M. Bouvier (Félix-Godefroi) , avocat , à Orange , faisant élection de domicile à Paris chez M. Fauvel, rue du Marché-Saint-flouoré, n» 1 1 , auquel il a été délivré, le 1 1 janvier der- nier, le certificat de sa demande d'un ci:i(]iiième brevet de peifoctioniieincnt et d'addilion au brevet d'invention et de pcrfeotioiuieniont de quinze ans qu'il a pris le 2(léiOMibic 1834 pour un appareil qu'il noniiiie funiicore anomo- fagc et pour des pi-rfectiomieiiiens dans les cheminées communes. MM. Gf.ollt jeune (Thomas), fabricant de pâtes et farines, et Bouthron-Roussel (Alexis- Louis), fabricant de chocolat, demeurant à Pa- ris, le premier, nie S.nnte-Appoline, ii" 16, et le second, Loulevait Poissonnière, 2 7, aux(|uels il a été délivré, le 1 3 janvier dernier, le certificat de leur demande d'un brevet d'invention de cinq ans pour une nouvelle substance alimentaire qu'ils nomment diclamia. M. BoccnET (Aiitoine-Arnoult), demeurant à Paris, rue du Bouloy, n» 20, auquel il a été délivré, le 13 janvier dernier, le cerlificat de sa demande d'un brevet de perfectionnement et d'addition au brevet d'invention de dix ans qu'il a pris le 5 août 1 83« pour des appareils et pro- cédés propres à la fabrication des sucres indi- gènes et exotiques et des alcalis, pour une mé- thode beaucoup plus simple et moins dispen- dieuse que celles en usage jusqu'à ce jour. M. WiNTER (Rol)ert), de Vaugirard, repré- senté à, Paris par M. Perpigna, demeurant rue de Choiseul, n^^ ter, auquel il a été délivré, le 1 8 janvier dernier, le certificat de sa demande d'un second brevet de perfeclionneiiient et d'addition au brevet d'invention et do perfec- tionnement de quinze ans qu'il a pj-is le 7 octo- bre 1833 pour une machine propre au lavage du linge et autres étoffes et pouvant servir à être appliquée h d'autres usages; perfectionne- mens qui rendent cette m.ichine , surnommée wintérienne, propre au hallage des grains sans exiger les soins d'un ouvrier expérimenté pour la conduire. 31. Delatodr (Uibain) , demeurant ii Paris, rue des Quatre- Vents ,11" 18 , auquel il a été délivré, le 18 janvier dernier, le cerlificat de sa demande d'un brevet d'invention de dix anç pour de§ nageoires og patins natatoire^, lâbrairie d'Auguste BESHEZ, EUE NEUVE-DES-PETITS-CHAMPS , 50 , A PARIS. «ia>^ï>TS. mercredi, jeudi, vendredi, samedi. DIM. lundi. mardi. mercredi. jeudi. vendredi. samedi. DIM. lundi. mardi. mercredi. jeudi. vendredi. samedi. DIM. lundi. mardi. mercredi. jeudi. vendredi. samedi. DIM. 27 i lundi. 28 mardi. 29 mercredi. 30 jeudi. 31 vendredi. S. Pierre-és-L. S. Etienne. Inv. S. Etienne. S. Dominique. S. YOM, martyr. Trans. de N. S. Susc. Ste. Croix. S. Justin, martyr. S. Spire. S. Laurent, martyr. Susc. Ste. Cour. Ste. Claire. S. Hippolyte. S. Eusèbe. Assojirriox. S. Roch. S. Mammés. Ste. Hélène. S. Louis, év. S. Bernard. S. Privât, év. S. Symphorien, S. Sidoine, év. S. ISarthelemi. S. Louis, roi. S. Zéphirin. S. Césaire, év. S. Augustin. Décap. de S. J. S. Fiacre. S. Ovide. INTÉRÊTS de fr. 100 à 4 p. 0/0. J. f. c. 21^ 2 34 215 2 35 REVENU 216 2 36 217 2 37 218 2 3S 219 2 40 220 2 41 221 2 42 222 223 224 225 226 227 2 46 2 47 2 48 228 2 49 229 2 50 230 2 52 231 2 53 232 2 54 233 2 55 234 2 50 235 2 57 236 2 58 237 2 59 238 2 60 239 2 61 240 2 63 241 2 64 242 2 65 243 2 6/; 244 2 67 par an. 10750 10800 10850 10900 10950 Il 000 110.50 11100 11150 11200 11250 11300 11350 11400 11450 1 1 500 11550 11 600 11650 11700 11750 1 1 800 11850 11900 11950 12000 12050 12100 12150 12200 12250 par jour. r. c. 29 45 29 50 29 72 29 86 30 00 30 13 30 27 30 41 30 54 30 68 30 82 30 95 31 09 31 23 31 36 31 50 31 64 31 78 31 91 32 05 32 19 32 32 32 46 32 60 32 73 32 87 33 01 33 15 33 28 33 42 33 56 EMPLOI. Dépense Ivpargne 9/10. 1/10. ~ f. "c7~ ~~f. c. 26 50 2 94 26 63 2 95 26 75 2 97 20 87 2 98 27 00 3 00 27 12 3 01 27 24 3 02 27 36 3 04 27 49 3 05 27 61 3 06 27 73 3 08 27 S6 3 09 27 90 3 10 28 10 3 12 28 23 3 13 23 35 3 15 28 47 3 16 28 60 3 17 28 72 3 19 28 84 3 20 28 97 3 21 29 09 3 23 29 21 3 24 29 31 3 26 29 46 3 27 29 58 3 28 29 71 3 30 29 83 3 31 29 95 3 32 30 08 3 34 30 20 3 35 PRODUIT de 1/10 épargné au bout de 20 ans. f. c. 32574 00 32725 50 32877 05 • 3028 55 33180 15 33331 65 33483 15 33634 65 33786 15 33937 65 3Î088 15 34239 65 34391 20 34542 70 34694 25 31845 70 34997 30 35148 80 35300 30 35451 80 35603 34 35754 85 359(16 38 36057 90 36209 45 36360 95 36312 50 36664 00 36815 50 36767 05 37711 55 Le 1 lev. du sol. 4 h. 32 m., couch. 7 h. 37 m. 10 4 46 7 23 20 4 53 7 14 31 6 16 6 44 P. L. le 5 à 10 h. 35 m. du joir. D. Q. le 12 à 1 38 du ;oir. N. L. le 20 à 4 36 du malin. P. Q. le 28 à 9 4 du malin. m m w\ M ïm m loi m |os É m m mi 'KL5 !t!>SlSW«^tS>^?«IΫîtî«tï«(S'.9IS«lS?^ 52G CHIMIE DOMESTIQUE. CHIMIE DOMESTIQUE. EAUX DOMESTIQUES. (Suite.) lil. Eaux de rivière. — Nous avons otabli que quand la pluie tombe dans un pays montagneux dont le sol est poreux une grande portion de l'eau Illtre à liavcrs le sol et produit ainsi les sour- ces ; mais il y a un grand nombre de montagnes dont la surface, exposée à l'air \ir, est d'une na- ture Irès-ferme et Irès-conipacle, formée, par exemple , par le granit , l'ardoise , la pierre à chaux de montagne, etc., etc., au lra\ers desquels l'eau ne peut pénétrer; ou si les détritus de la portion supérieure du roc avaient formé une mince couclie de terre végétale, quand même cette couche suivrait le contour de la surface , elle ne présenterait pas une quantité sutTisante de terrain mou pour donner un caractère minéral à l'eau qui la pénétrerait; ou bien encore si quelque fissure s'était formée dans le roc et allait rejoindre d'autres fissures existantes près la base de la montagne, la pluie pourrait filtrer à travers tous ces canaux sans acquérir aucune nouvelle propriété par le contact de la matière dure et insoluble du roclicr. Dans tous ces cas, ces eaux, lorsqu'elles se sont réunies à un ruisseau principal, deviennent une ri- vière. Ainsi on verra que la diirérence qui existe entre l'eau de source et l'eau de rivière ne pro- vient point d'aucune qualité distinctive contenue originairement dans l'eau elle-même, mais seu- lement de la roule qu'elle a suivie avant d'être arrivée aux lieux où nous la prenons pour l'employer; l'eau de source en passant à travers les très-minces parois d'un fol poreux entre intimement en contact non-seulement avec un sol sablonneux ou terreux, mais encore avec les corps métalliques ou salins qui peuvent y être contenus, et se trou'.e ainsi beaucoup plus à même de se combiner dans son passage avec une partie de ces cori)s (jue quand l'eau coule simplement sur leur surface. L'efl'et le moins sensible produit sur l'eau de celte manière est (ainsi que nous l'avons dit) l'efTet de la chaux, qui la change en eau dm-e. Dans les filets d'eau qui coulent sur la surface du sol, de petites portions de sable, de gravier, de terre , de caillou , de matière végétale , etc. , etc. , sont en- traînées avec l'eau, mais ne se combinent pas chimiquement avec elle; il ne s'opère qu'un simple mélange, ce qui forme une distinction digne de remarque. Cette difi'érencc peut être établie ainsi : la filtralion peut convertir de l'eau de rivière boueuse en une eau claire et limpide, en enlevant les matières imj)ures dont elle est chargée, parce que ces matières sont mélangées avec l'eau j)ar un etTet en quelque sorte mécanique. Mais la filtralion ne pourrait changer de l'eau dure en eau douce, parce que la chaux, (jui la rend ainsi, est chimiquement combinée avec l'eau et ne peut en être séparée par la filtralion. 8'il y a un réservoir ou lac dans une partie élevée de la montagne, il peut former une source qui apporte un faible mais constant tribut, et s'il exij^ie plusieurs réservoirs sur des montagnes dilTérenles et dans les vallées qui les séparent, ils peinent tousse rencontrer, en dernier lieu, en un seul lit, et, de cette façon , la quantité entière de pluie cjui tombe sur une grande étendue de pays montagneux, après avoir filtré goutte à ;.onlle à travers des sentiers étroits et tortueux, peut se réunir à la lin en un seul ruisseau, qui devient ainsi une rivière. Toutes les grandes rivières ont une origine semblable. Le Lrahmaiioolra et le Gange prennent leur source dans les monts Hima- laya, qui se trouvent dans le nord des Indes, et qui sont les plus bauis du monde; le .Ml tire ses eaux de la pluie qui tombe en elTroyables torrens sur les montagnes di> la Lune, dans r.Vfriquc centrale; la rivière des Amazones reçoit les siennes d'une longue chaîne de montagnes appelées Andes , dans la partie occidentale de l'Amérique du Sud ; le Mississipi sort des montagnes rocail- leuses de l'Amérique septentrionale ; cl les rivières de moindre importance ne sont telles, que parce qu'elles suivent une plus courte roule avant de rejoindre la mer, ou parce qu'elles pro- viennent d'un lerriloiremoiiis montagneux, et qu'elles ne sont formées que de quelques sources ou ruisseaux, au lieu de l'être par l'assemblage d'un jjIus grand nombre. L'eau de rivière est la source la plus iuqjorlanle pour les usages domestique et alimentaire, et cela i)Our deux raisons : premièrement, parce que le cours élendu que les rivières suivent de leur ource à la mer les rend profitables à un grand nombre de villes ; secondement, parce (pi'ou sup- pose que l'eau de rivière est moins altérée que l'eau de source par des corps minéraux étrangers. l'res(iue toidcs les grandes villes soiit situées près d'une ou plusiciirs rivières courantes pour la com- modité des manufactures et pour les besoins dome>li(iues. y.-.is il arrive fréquemment que l'eau d'une rivière n'est pas aussi bonne comme boisson que celle d'une autre qui coule à peu de dis- tance. De là la construction de ces bàtimens élonnans, les aqueducs des anciens , dont plusieurs subsistent encore aujourd'hui comme monumens de l'industrie des premiers âges et de leur igno- rance des principes de l'hydrostatique ; car la source dont l'eau était tirée se trouvait touj.urs plus haute que le lieu où elle était amenée, et s'ils avaient su que des tuyaux placés sous terre ou sur la surfi'.ce du sol et allant d'un endroit à un antre auraient parfailemenl atteint leur but, quelque jirofonde que fût la vallée qui les séparât, pourvu toutefois que le premier point fût plus baul que le second, ils n'eussent trouvé aucune nécessité de bâtir les atp.iéducs immenses dont nous avons parlé. On a supposé cependant que dans les premiers siècles l'absence des conduits d'eau n'était pa^ due autant à l'ignorance de cette loi qu'au manque de matériaux assez forts pour la fabrication des conduite. CUIMIE DOMESTIQUE. 227 On voit prés Paris les restes d'un magnifique aqueduc, appelé l'Aquédue de Maintenon et bàli par Louis \IV. Il y a trois rangs d'arcades superposées les unes sur les autres à lra\ers la vallée, et au sommet de cette construction, un ruisseau coule de Marly à Versailles. Il y a aussi prés Paris un aqueduc souterrain, construit en pierres de taille, dont la longueur est de J 4,; 20 verges, a\ec uive inclinaison d'un pouce et demi par lOO verges, et un eliemin étroit construit sur le coté qui le suit dans son étendue. Les améliorations récentes apportées au pont de Londres nous conduisent à oublier les construc- tions hydrauliques qui se trouvaient encore dans cet endroit il va quelques années; cependant, plusieurs de nos lecteurs ont dû les voir. Une roue immense de 32 pieds de diamètre, avec d'antres accessoires, état employée à élever l'eau de la laniise à une bauteur considérable, d'où elie était transportée dans des tuyaux pour fournir aux besoins des maisons de cette portion de U ville de Londres. Ces ouvrages lurent commeucés en 1581 : à cette époque, la reine Elisabeth céda à bail une des arches du pont, ali/i qu'on pût éle\er les travaux hydrauliques à cet endroit. Deux années après, la seconde arcbe l'ut aussi cédée dans le même dessein , et à différentes époques, on ajouta encore trois autres arches. La machine fonctionnait sous les arches du pont et faisait monter 45,000 muids d'eau par jour. Mais quand, en 1763, deux arches du pont furent réunies en une seule par le déplacement d'une pile, le flux central de l'eau fut tellement augmenté que les deux arches de côté, auxquelles la machine était adaptée, perdirent beaucoup de la quantité qu'elles fournissaient autrefois , et cette quantité se trouva en elï'et diminuée de 5,000 niuids par jour. Quand on cons- truisit le nouveau pont de Lonares, tous les ouvrages hydrauliques furent enlevés, et la distribution de l'eau dans la métropole fut entreprise par plusieurs compagnies qui s'étaient formées a des épo- ques différentes. La plus célèbre de ces compagnies est la Wew-River Company (Compagnie de la Nouvelle-Ri- ■\iere), dont l'origine date de l'année 1608, à l'époque où, par autorisation du gouvernement, b Compagnie présenta un plan pour amener à Londres l'eau de deux sources qui se trouvent dans Hert lordshire; toutefois l'entreprise se trouva être trop vaste pour les entrepreneurs, et ils furent obli- gés de céder tous les privilèges qui leur avaient été accordés à M. Hugh xVIyddleton, qui conduisit ce grand projet à une heureuse issue. Malgré cela cependant, il se ruina et fut obligé de chercher des fonds qui lui manquaient. Jean P'" lui procura l'argent qui lui était nécessaire , à conditiop qu'il aurait la moitié des profits. En 161.3, pour la première fois, l'eau de la source de la nouvelk rivière arriva à Pentonville, après une course tortueuse de près de quarante milles, du lieu de sâ source dans Herlfordshire. On lui fit parcourir cette route afin d'assurer un certain degré d'incli- naison au lit du canal artificiel dans lequel l'eau était conduite, et cette inclinaison était de trois pouces par mille. Deux cents ponts traversent cette rivière du lieu de sa source au lieu de son arrivée. En 1821, on forma un comité dans la chambre des communes pour rechercher qu'elle pouvait être la quantité d'eau nécessaire à la métropole , et il fut prouvé que la quantité totale fournie par les quatre compagnies, par la nouvelle rivière et par les ouvrages hydrauliques de London-Bridge (pont de Londres; monte à 158,381,038 muids par an, et que cette quantité fournit aux besoins de cent vingt mille maisons. Plus de la moitié de la quantité entière de l'eau consommée est tirée de la Tamise. L'impureté inévitable de l'eau d'une rivière qui est le réceptacle des matières de rebut de toute une grande ville a donné lieu à rechercher la possibilité de se procurer de l'eau de rivières plus pures par le même moyen que celui qui avait été employé dans l'accomplissement du lit artificiel de la nou- velle rivière. M. Telford, par ordre de la chambre des communes, a visité plusieurs cantons près de la métropole dans le but d'établir quels pourraient être les résultats obtenus par de semblables moyens. Il trouva que la J^erulam , rivière qui coule entre Watford et Saint-Alban , produisait 16,200,000 gallons d'eau par jour, quantité qu'on peut supposer être suffisante pour alimenter les quartiers de Londres au nord de la Tamise, qui avaient été jusque-là fournis par les eaux de ce ileuve. M. Telford proposa d'amener la V'erulam par un canal artificiel dans le voisinage de la montagne de Primrose, où on pouvait construire des réservoirs à une bauteur de 146 pieds au-des- sus du niveau de la Tamise. Ces eaux supplémentaires iraient destinées à la partie nord-ouest de la métropole. La partie nord-est continuerait d'être approvisionnée par \a nouvelle rivière. M. Telford propose encore d'approvisionner Soulhvvark et Lambelh des eaux de la rivière de Wandle, qui sort d'une source près de Croydon et qu'il propose d'amener à Clapham- Commune ^sr un cours artificiel. Dans ce dernier endroit, il pourrait établir des réservoirs à une hauteur de 82 pieds au-dessus du niveau de la Tamise, d'où partiraient des conduits qui porteraient l'eau dans les maisons du côté sud de la rivière. 11 n'est pas impossible, avant que plusieurs années se soient écoulées, qu'une semblable entre- prise ne puisse être terminée , quoique nous n'ayons encore rien vu qui puisse nous .faire croire à quelque acheminement vers son accomplissement. Si nous voulons mettre à part , pour un moment , la considération de l'impureté des eaux de la Tamise, nous devons convenir que le mode par lequel une aussi grande ville que Londres est ap- provisionnée d'eau est vraiment très-admirable : il n'y a que peu de maisons qui n'aient la quantité d'eau prQ<)ortiounée à ses besoins. Le système des tuyaux de conduite qui s'étendent comme de' artères à travers les rues de la métropole iait que ces tuyaux sont constamment remplis par leu constant rapport avec les réservoirs, qui sont toujours placés dans des lieux élevés. Il y a dans l'hydrostatique une loi importante par laquelle l'eau provenant d'une source élevée remontera toujours à une égale élévation si elle est conduite dans des tuyaux d'un des endroits a l'autre. Pour citer un exemple , quand la nouvelle rivière est arrivée à Pentonville, l'eau monte dans un réservoir par la force d'une machine à vapeur : ce réservoir est égil en hauteur à presque toutes les maisons de Londres. En conséquence , quand les principaux conduits partent de ce réservoir pour une rue quelconque et que les tuyaux de plomb sont adaptés à ces conduits principaux pour •être dirigés dans toutes les parties d'une maison, l'eau parlant du réservoir pénétrera dans tous lies appartemens , pourvu que leur élévation du sol ne soit pas plus grande que celle du réservoir. Ce que nous venons de dire relativement à l'eau de rivière et à sa distribution ^ans ki ville (ic 228 CHIMIE DOMESTIQUE. Londres servira à indiquer à peu près les plans suivis dans d'autres villes. Dans beaucoup d'en- droits l'eau est amenée dans les maisons par des voilures ; dans d'autres , des pompes sont établies dans les lieux propices à obtenir l'eau d'une source. Les habitans des villes qui, comme ceui de Londres, reçoi\eiil une distribution d'eau abondante peuvent à peine concevoir la gène et la saleté qui suivent la privation d'une chose aussi utile. Il n'y a peut-être dans le monde aucune grande ville qui surpasse Londres en propreté, et quoique ce résultat puisse être, sans aucun doute, atlriiiué en partie aux habitudes du peuple, il est également certain que l'abondance des distributions d'eau est un des principaux motifs de celte propreté extrême. IV. Eaux de lac. — Notre principal but en faisant une distinction entre l'eau de lac et les autres eaux est de décrire quelques-unes des inventions qui ont été mises en usage pour purifier les eaux troubles et stagnantes. La plupart des grands lacs , tels que ceux du Canada , sont ou salés, comme l'océan , ou frais, purs et convenables à la boisson , comme l'eau de rivière; ils sont les réceptacles ou réservoirs de nombreuses rivières dont les eaux les traversent dans leurs cours vers l'océan. Mais si une pièce d'eau semblable à ce que nous appelons un étang n'a aucun débouché par lequel l'eau puisse s'écouler, elle deviendra inévitablement impropre pour l'usage de la boisson par la décomposition des maliéres végétales et animales et la présence de la vase, du gra- vier, etc. , etc. On doit être bien persuadé que l'évaporation n'enlève seulement, en état de va- peur, que l'eau la plus pure qui se trouve à la surface et laisse la partie saline et les autres impu- retés au f ind . ce qui fait que l'eau devient de plus en plus infecte. Ce sont à des causes semblables à celles-ci que nous devons attribuer la formation de certains lacs en Egypte , dans lesquels on trouve une quantité de carbonate de soude. Si l'eau est pure par elle-même, elle devient bientôt d'une infection insupportable si on la laisse stagnante ou privée du libre acres de l'air : c'est un fait que nos propres citernes nous dé- montreraient bientôt si la distribution de l'eau n'était pas aussi abondante. Le docteur Saunders dans son Traité sur les eaux minérales dit « qu'il n'y a pas d'eaux, entre toutes celles qui se rendent à la mer, qui deviennent aussitôt putrides que celles de la Tamise. Lorsque l'on ouvre un tonneau qui en a été rempli après l'avoir laissé fermé pendant un mois ou deux , il s'échappe une quantité d'hydrogène sulfureux et carbonisé, et l'eau est aussi noire et aussi insalubre qu'on puisse se l'imaginer. Cependant après avoir été soutirée dans de grands vaisseaux de terre et avoir été exposée à l'air , elle dépose peu a peu une portion de vase noire et gluante et devient claire comme du cristal et remarquablement douce et potable.» On pourrait dire avec raison que l'eau de source est de l'eau de rivière filtrée, car par sa filtra - tion naturelle à travers le sable ou le gravier elle se trouve débarrassée et nettoyée des impuretés qu'elle pouvait contenir en solution ; mais en même temps elle acquiert celte légère teinte minérale que nous désignons par le terme de dure. C'est pourquoi, si nous pouvions l'amener à l'état de pureté sans aucune addition de chaux, nous aurions obtenu un avantage décisif. Ce fait est maintenant accompli par des appareils fillrans qui sont toujours formés de matières poreuses au tra\ers des- quelles l'eau filtre continuellement ; les pierres de Norlhamptonshire et de Derbyshire sont fré- quemment employées pour cet usage. On les taille en forme de bassins creux destinés à recevoir l'eau impure. L'eau pénètre à travers les pores de la pierre et se trouve dans son passage débar- rassée de toutes les impuretés dont elle était chargée auparavant. Un des inconvéniens de ce mode de purification c'est que les pores de la pierre se trouvent petit à petit entièrement bouchés par les molécules de vase, etc., etc., déposées par l'eau. M. Moult a inventé un appareil dans lequel le bassin filtrant est placé dans un autre vaisseau, et l'eau étant versée dans le vase extérieur pénètre à travers la pierre dans le bassin intérieur. D'autres filtres furent imaginés par Hempel , d'une composition de quatre parties de terre de pipe et de cinq parties de gros sable. En réalité les inventions sont très-nombreuses, mais le mode d'action est approchant le même dans toutes; le procédé suivant a été recommandé comme un filtre très- simple et très-bon pour tous les objets domestiques : On se procure un vaisseau cylindrique fait de matière convenable, avec un robinet placé vers le milieu. Au haut de ce premier vase on en place un autre qui doit s'adapter sur celui-ci comme le couvercle d'une casserole de fer et dont le milieu est percé de plu leurs trous. On couvre alors cet endroit perforé par un morceau de gros drap et par-dessus une couche de sable fin ou gravier. On verse alors l'eau dans ce vaisseau supérieur, d'où elle filtre doucement à travers le sable dans le vaisseau placé au-dessous , il est encore mieux de placer au-dessus du sable une planche mince percée de petits trous , afin d'empêcher l'eau qu'on verse dans ce filtre d'écarter et de déranger le sable. L'eau filtrée se tire alors par le robinet placé au vase inférieur. Si l'eau à filtrer est très-bourbeuse , la surface du sable doit être proportionné- menl plus épaisse. L'engorgement des pores des pierres à filtrer a conduit à l'adoption d'un mode de filtrage par ascension. D'après ce procédé, l'eau impure descend d'une certaine hauteur avant d'entrer en filtralion , et celle opération ne s'opère dans le filtre que dans une direction de bas en haut et par là laisse le sédiment séjourner an milieu. Un filtre du genre suivant fut inventé à Paris , il y a quelques années, par le professeur Parrot. Dans cet appareil un réservoir ou pompe décharge l'eau qu'on veut filtrer dans un tuyau de plomb ou de tout autre matière convenable et qui se trouve courbé en forme de siphon. Dans la plus basse partie de la courbure on place du sable et par- dessus une légère couche de gravier; alors l'eau doit en filtrant à travers le sable et le gravier déposer ses plus grosses impuretés dans le premier et le reste sur le second. Le même principe peut être employé d'une manière très-simple et très-commode. On divise un tonneau ou un pot de terre en deux comparlimens à peu près égaux; cette division, dans laquelle une communication reste ouverte entre les deux compartimens , ne doit pas cependant se trouver placée au milieu juste , mais seulement à une certaine distance : le fond de la portion supérieure du vase ou tonneau est alors rem|)li de sable recouvert d'une légère couche de gravier à une hau- teur approchant le milieu juste. L'eau étant alors versée dans relie portion supérieure filtre à travers le sable el le gravier dans l'autre division, de laquelle elle peut être tirée par un robinet adapté au tonneau. Par cet arrangement le sable peut cire nettoyé ainsi que la vase avec la plus grande facilité. Si l'eau qu'on veut filtrer est très-impure ou trés-corrnmpue , on peut substituer le charbon d« boii» au gable , k cause de ses remarquables qualités désinfeclanteg. AGRICULTURE. 229 I. AGRICULTURE, GRANDE CULTURE. 80ITE DE l'article SUR LES FOURRAGES. Fourrages divers. ~ Jusqu'à présent nous avons traité de toutes les plantes graminées et légumineuses qui en- trent dans la composition des prairies naturel- les et artificielles ; il nous reste à parler des plantes qui, sans appartenir à une de ces deux familles, peuvent cependant former en mélange de bonnes prairies, ou se cultiver seules pour la nourriture du bétail. Nous les diviserons en trois sections : i° celles dont on emploie les fruits; 2" celles dont on emploie les racines; 3» celles dont on emploie les feuilles et les ti- ges. l'e SECTION. -"Les citrouilles. Les CITROUILLES ou courges (cucurbita) appartiennent à la monœcia monadelphie de Linnée et à la famille des cucurbitacées de de Jussieu. Leurs fleurs monoïques, en cloches, leurs fruits énormes, les plus gros de tout le règne végétal , et leurs liges rampantes , radi- cantes, suffisent pour les faire reconnaître psrmi toutes les autres plantes. La plupart donnent des fruits que tous les bestiaux aiment beaucoup , mais une seule espèce est cultivée spécialement pour leur nourriture, c'est : Le POTIRON (cucurbita pepo, cucurbita maxima , pepo maximus, hort. paris ). Celle plante est vivace dans les Indes, son pays na- tal , annuelle en Europe parce que les froids de l'hiver détruisent ses tiges. Oa le distingue des autres courges à ses fleurs plus évasées ou plus élargies dans le fond du calice, ayant leur limbe rabatlu; ses feuilles, très-amples, cor- diformes-arrondies, se soutiennent dans une position presque horizontale; son fruit est énorme et très-pesant, à écorce souvent unie, quelquefois verruqueuse ou brodée, afleclant ordinairement le jaune plus ou moins foncé, le vert, rarement le brun ou le noir verdàlre, quelquefois à bandes ou tachée. Sa forme est celle d'une sphère plus ou moins aplatie vers ses axes. En horticulture on en cultive plusieurs va- riétés alimentaires ; mais ici nous ne devons nous occuper que de celle que l'on cultive ex- clusivement pour la nourriture du bétail , et que pour cette raison on nomme dans quel- ques déparlemens courge à vache. La courge à vache est une excellente nourri- ture d'hiver pour les vaches, les bœufs, les co- chons et les moulons. Elle augmente considé- rablement la quantité et la qualité du lait des vaches ; elle les maintient en un état parfait de santé, el en automne elle facilite singulièrement la transition de la nourriture verte à la nourriture sèche. Les vaches que l'on nourrit constam- ment à l'écurie s'en trouvent fort bien, même avant l'hiver. Elle rafraîchit les moulons , les préserve des msladies qui résultent souvent d'une nourriture échauflante et les maintient en parfait état de santé sans les pousser trop à la graisse. Elle est précieuse pour les jeunes cochons et hâte beaucoup leur développement, surtout si on la leur donne cuite et en mélange avec un peu de farine de sarrazin ou autre ; mais elle est moins favorable à l'engniis des vieux , parce qu'elle ne leur donne qu'un lard fade et mou: il est donc nécessaire de les mettre à une autre nourriture quinze ou vingt jours avant de les tuer. La courge à vache peut réussir jusqu'à un certain point cultivée en pleins champs dans toute la France, mais cependant sa culiure n'est réellement avantageuse que dans les dé- parlemens où le mais réussit. J'en ai vu souvent dans la Bresse dont la grosseur égalait celle d'un tonneau et qui pesaient plus de cent li- vres. Les graines de courge conservent fort long- temps leur propriété germinative. Semées dans le printemps qui suit leur récolte , elles pro- duisent une végétation de feuilles et de tiges très-considérable , mais les fruits nouent plus tard , deviennent moins gros et sont quelque- fois surpris par les gelées blanches avant leur parfaite maturité: il est donc mieux de semer de la graine de deux à six ans. La courge à va(>he réussit assez bien dans toutes les terres passables, mais elle végète in- finiment mieux dans celles qui sont substan- tielles, amendées, un peu humides et à exposi- tion chaude. On la sème à travers le maïs, sur des ados de fossés , et généralement partout où son feuillage ne peut pas nuire, en mélange avec d'autres récoltes. On la sème du 15 avril au 15 mai, dans de^ trous préparés i»our la recevoir et nora- 230 AGRICULTURE. mes capots dans beaiiroup de localités. Ces ' capols doivent être au moins à dix pieds les uns des autres et souvent davantage. Avec la Lèche ou la pioclie, on creuse un trou d'un pied de profondeur au moins, et de dix-huit pouces de largeur ; on place au fond un lit de fumier de huit à neuf pouces de profondeur , ayant soin de le choisir très-consommé; les boues des rues sont excellentes pour cet usage ; on achève de remplir le trou avec de la terre très-meuble, et le cajjof est fait. Dans chacun on enfonce à un demi-pouce ou un peu plus trois ou quatre semences, et tout se borne là. Lorsque les graines S(tnt levées et que les jeunes plantes ont déjà quel(|ues feuilles, on visite le capot et on arrache les plants les moins vigoureux, de manière à n'en laisser qu'un dans chaque capot. Si les courges sont semées au travers d'une récolle sarclée, on ne leur donne pas de sarclage parliculicr; mais dans le cas contraire il leur en faut un ou deux pour les débarrasser des mauvaises herbes. Dans quelques endroits on ne donne aucun soin particulier aux courges pendant tout le temps de leur végétation ; dans d'autres on coupe la tige principale quand elle a trois ou quatre pouces au-dessus du deuxième ou troi- sième œd, afin de forcer la plante à émettre des jets latéraux qui se mettent plus tôt à fruit. Lorsque ce dernier est noué et assuré , c'est-à- dire quand il a atteint la grosseur du poing, on arrête la lige ()ui le porte à deux ou trois yeux au-dessus de son attache. J'ai fait une observa- tion qui me laisserait croire que toutes ces opérations de taille sont peut-être plus nuisibles qu'utiles à la culture du poliron, et la voici. Paitoul où j'ai vu celte plante cultivée dans les jardins avec les soins de taille que je viens d'enseigner, et qui, dans ce cas, sont indispen- sables pour forcer la végétation à ne couvrir <|u'nn certain espace de terrain, partout, dis-je, j'ai vu les courges d'une grosseur très-médiocre et seulement au nombre de deux ou trois par chaque pied. Dans les c.hrmps de la IJresse au contraire, où on abandonne la plante à la na- ture, les fruits deviennent énormes et il n'est pas rare d'en voir cinq ou six attachés au même pied. Il serait utile de f.dredes expériences pour constater définitivement ce f;iit. Mais il est un autre soin de culture dont le résultat n'est pas douteux , et le voici. Nous avons dit plus haut (|ue les tiges de potiron sont radicantes , c'est-à-due qu'elles émettent à chaque noeud de petites racines qui tendent à s'enfoncer dans la terre pour fournir aux ti- ges un supplément de nourriture. Le cultiva- teur doit favoriser cette tendance en ameublis- sant la terre d'un ou deux coups de pioche sous les nœuds des branches à fruit , ou, dans les terres sèches , légères ou sablonneuses , CQ jetant une pèle de terre meuble sur ces nœuds. La courge à vache a cet avantage que pour la donner aux animaux , elle n'a pas besoin d'avoir atteint son dernier degré de maturité ni même son entier développement ; d'où il ré- sulte que si une plante est trop chargée de fruits, on peut utiliser ceux qu'on lui retran- che, quelque peu avancés qu'ils soient. Lorsque la courge mûrit, elle se frappe , c'est-à-dire qu'elle change de couleur et passe ordinairement du vert au jaune. On reconnaît encore la maturité quand elle rend un son creux en la frappant avec le doigt : il est temps alors de la cueillir si l'on veut qu'elle se conserve aussi longtemps que possible, car trop ou pas assez mûre , elle pourrit aisément et en peu de temps. Ceci n'empêche pas que dans beaucoup de fermes de la Bresse, on a la mauvaise habi- tude d'altendie pour les récolter et les serrer toutes à la fois (|ue les premières gelées blan- ches aient atteint leur feuillage. Si l'on n'a pas eu la précaution, pendant que le fruit se développait, de glisser entre la terre et lui une bricjue , une pierre , un morceau de bois ou tout autre corps capable de le soutenir et de l'élever un peu , il est nécessairement ar- rivé que la partie qui touchait le sol s'est trou- vée étiolée, et peut-être attaquée par les lima- ces, les vers de terre ou autres petits animaux. Celte partie toujours blanche et faible, pourri- rait bientôt et emporterait après elle la. perte du fruit si l'on n'y remédiait; il faudra donc, cinq ou six jours avant la récolle, faire faire au fruit un demi-tour sur lui-même, de manière à ce que sa porlion étiolée se Irouve tournée au soleil et jouisse des influences de l'air qui la raffermiront. On est aussi dans l'usage quelque temps avant la maturité des courges , de re- trancher les feuilles qui les ombrageaient ; mais celte opération doit se faire avec une extrême prudence, car c'est dans l'air et au moyen des pores de ses larges feuilles (|ue la plante aspire la plus grande partie de sa nourriture. La pri- ver de fu^s pores absoi bans est une opération qui lui nuit toujours plus ou moins: on se contentera donc de n'enlever que le nombre de feuill 'S strictement indispensable pour laisser jouir le fruit des rayons du soleil. Pour récolter les courges on se borne à cou- per le pied ou pédoncule, de manière à ce qu'il en reste au moins trois ou quatre pouces atta- ché au fruit, ou même on ne le coupe, ce qui vaut mieux, qu'au-dessus du premier nœud ; on laisse les courges se ressuyer au soleil sur le champ, puis on les transporte à l' habitation sur des voitures, mais avec l'extrême précaution de ne pas les meurtrir et encore moins de les entamer. Quel(|ues cultivateurs soigneux, pour éviter ce grave inconvénient, assurent les cour- ges dans la voiture avec leur» tiges et leurs AGRICULTURE. 231 feuilles, pour éviter que le balloUement les blesse. On dépose les courges dans une grange, un hangard ou tout autre endroit abrité delà pluie, mais aéré ; on a soin de ne pas les entasser les unes sur les autres pour que l'air puisse circu- ler librement autour de chacune, et on les conserve là juscpi'au moment des gelées ; alors seulement on les ti'ansporle dans une resserre sèebe el où la gelée ne puisse pas pénétrer. On les visite avec attention chaque jour, et on les livre à la consommation en choisissant tou- jours celles qui commencent à s'altérer. Leur parfaite conservation dépend beaucoup du lieu où elles sont renfermées, et celui où le theimo- mètie se tient le plus invariablement à deux ou trois degrés au-dessus de glace est le plus fa- vorable à leur conservation s'il n'est pas hu- mide, 2'' SECTION. — Fourrages-racines. Les BETTES f leia ) forment un genre appartenant à la famille des chenopodées de Jussieu et à la pentandrie digynie de Linnée. Deux espèces, la poirée et la betterave, fournis- sent une excellente nourriture au bétail , mais on ne cultive ordinairement que la seconde pour cet usage, parce qu'elle fournit , indépen- dan>ment de ses feuilles, une racine encore plus utile. Nous ne nous occupei-ons ici que de la variété cultivée comme fourrage. La BETTEliAVE CHAMPETRE OU DISETTE (befC!- tuigaris, rar. campestris^ iiort. paris. ) Aient assez bien dans tous les terrains qui ont été amendés convenablement, mais son produit est bien plus considérable dans les bonnes terres franches et substantielles, labourées !ê plus profondément possible el fumées avant l'hiver; on donne un second hbour au commencement du printemps et un troisième au moment du semis : celui-ci se fait de la fin de mars au com- mencement de mai , à raison de trois livres de graines par arpent dans les bons terrains. On répand la graine à la volée, ou mieux en lignes dans des sillons «spacés de quinze pou- ces au moins si l'on doit façonner à la binette à main , ou de deux pieds à peu près si ce doit être avec laboueà cheval. ï^ar cette der- nière méthode on obtient un avantage considé- rable sous le rapport de Féconomie, et c'est au rapport d'Arthur Young , celle que l'on suit généralement en Angleterre dans les (erres bien cultivées. Comnierel avait proposé de la .semer dans des trous faits avec le doigt et éga- lement écartés, mais il est évident que cette manière augmenterait les frais de culture sans augmenter de beaucoup les produits. Le hersage doit être aussi parfait que possi- ble, et on ne ménagera pas les roulages, car plus le champ est uni plus on est assuré du succès. Le plant levé, on éclaircit, on sarcle et l'or! bine les plantes sans les rechausser. La betterave se sème aussi en pépinière pour être replantée dans les champs (|uand le plant est déjà fort et que les racines ont atteint à peu près la grosseur du doigt, mais jamais moins, car les plants repiqués trop faibles périssent souvent en grande partie. Sur la fin de l'été, quand les betteraves ont acquis à peu près tout leur développement, on peut récolter les feuilles successivement en ne prenant que celles du bas et laissant toujours un bouquet bien fourni au centre. D'octobre en novembre, avant les gelées , on arrache les ra- cines, et après les avoir effeuillées complète- ment , soit en tordant les pétioles ou, encore mieux, en coupant le collet, et les avoir laissées ressuyer, on les serre dans un lieu sain, ou dans une fosse, ou dans des tranchées faites dans la terre, garnies et recouvertes de longues pailles, et que l'on défend le mieux possible contre la gelée et l'humidité. On en retire les racines à mesure qu'on en a b-csoin pour h consomma- tion. M. Mathieu de Dombasle a ci'u trouver que le terme moyen de produit en betterave, pour un hectare de terrain , était de douze mille cinq cents kilogrammes; mais tous les calculs approximatifs, en fait de culture, sont d'un in- téi-èt tout à fait nul, parce que le produit, non pas seulement des betteraves, mais encore de toutes les autres récoltes, peut varier comme un est à trois, en raison du climat, du sol, et de mille autres circonstances fortuites. Il en résulte qu'ils ne peuvent servir à établir aucune base probable d'une province à une autre ou même d'un village à un village voisin. Les cultivateurs américains, qui ne négli- gent rien de ce qui peut augmenter un produit, cultivent beaucoup la bellerave uniquement pour la nourriture des cochons , auxquels ils donnent les feuilles en automne, et les racines en hiver lorsqu'ils achèvent d'engraisser ces animaux. Ils ont observé que le lard des co- chons ainsi engraissés est supérieur à celui des autres, et on doit attribuer cela an piincipe sucré que ces racines contiennent en grande abondance. Tous les bestiaux aiment les betteraves, mais elles ne conviennent p;is à tous. Les chevaux qu'on ennourrii'aiî, par exemple, seraientmoins propres au travail que ceux auxquels on donne du foin et de l'avoine. 11 en est à peu près de même des bœufs de labour ou de charroi, mais ceux à l'engrais s'en trouvent extrêmement bien. Quant aux vaches, c'est leur aliment par excellence , attendu qu'il leur donne plus de lait qu'aucun fourrage. Il a été reconnu que les racines de betteraves devaient être donnée* 232 AGRICULTURE. avec modération aux moulons, parce que, d'une part, elles les engraissenl trop, re qui les dispose à la maladie nommée pourriture , el que de l'autre ils s'en dés">iilenl farilenienl. Toutes les volailles, hors les pigeons, se jettent avidement sur les betteraves cuites, et on peut, en mélange avec une autre nourriture, employer ces racines pour les engraisser rapi- dement et à peu de frais. I.A CAEOTTE (dducus carotta, Linnée) ap- partient à la famille des ombellifères et à la penlandrie digynie de Linnre. Son genre ren- ferme plusieurs autres espèces qui ne sont d'aucune utilité, et qui, pour celte raison, n'ont jamais été cultivées que dans les jardms botaniques. La carotte a la racine pivotante, longue, conique ; le collet donne naissance, sur toute sa circonférence, à des feuilles composées, à découpures très-fines et d'un beau vert foncé; la tige est herbacée, cannelée, haute de trois à quatre pieds, rameuse, velue, garnie de feuilles alternes ; elle se couronne en juin et juillet par des ombelles de petites fleurs blanches. L'excellent fourrage et la bonne nourriture que les feuilles et la racine de cette plante indi- gène fournissent à tous les aninaux , devraient rendre .sa culture en grand plus générale, d'autant plus qu'elle peut très-bien se passer de fumier. « Je remarquai, dit Robert Dilling, que tou- tes les espèces de bestiaux mangeaient les ca- rottes avec autant d'avidité que les choux et les raves, sans autre pré|)aration que de secouer un peu la terre. Je dispersai siu- le sol d'un en- clos une quantité de ces trois plantes en mé lange. Le premier troupeau nourri de cette façon était de douze boeufs et de quarante moulons qui n'avaient encore que deux ans , une vache et une génisse de trois ans ; enfui j'y ajoutai dix-sept bœufs d'Ecosse. Je dois observer ici qu'après avoir consommé ma pro- vision de choux , j'employai pendant quelques jours une charge de raves , ce qui, avec trois charges de carottes, suffisait pour nourrir tout ce bétail. De là je pouvais conclure avec raison qu'une charge de carottes équivaut à peu près à deux charges de raves , et qu'aucun fourrage n'engraisse autant que les carottes. Celte noui- rilure leur répugne un peu dans le commence- ment, mais dès qu'ils y sont accoutumés ils la préfèrent à toute autre. L'expéiience m'a prouvé que les saches donnent beaucoup plus de lait, un beurre de meilleure qualité, et que, ainsi que les brebis, elles se portent beaucoup mieux lorsqu'elles mangent des carottes. Cet avantage est encore manifeste sur les agneaux qui n.iissent dans cette saison. En novembre, je commençai à nourrir avec des carottes seize chevaux qui faisaient tous mes ouvrages de la campagne : je ne leur donnai ni foin, ni graines, mais quelque peu de paille el de pois. Ils fu- rent ainsi nourris jusqu'au mois d'avril; comme ils travaillaient beaucoup, ils eurent à cette épo- que un peu d'avoine, et les carottes ont été leur principale nourriture jusqu'à la fin de mai qu'ils furent mis au vert. Cependant mes che- vaux ne se portèrent jamais mieux, et ne firent jamais plus activement leur ouvrage. Je donnai à ces seize chevaux deux charges de carottes par semaine , et , suivant mon calcul , ces deux charges m'épargnaient pour le moins un char de foin. Dans le commencement, je faisais cou- per la tète et la (pieue des carottes avant de les donner aux chevaux et ces rebuts servaient à la nourriture des cochons ; je m'aperçus bien- tôt que les chevaux mangeaient avec autant de plaisir les deux extrémités que le corps de la racine. J>e cochon mange avec avidité celte plante qui l'engraisse beaucoup et très-rapide- ment. » Ces faits sont trop positifs pour que nous y ajoutions quelque chose ; ils suffisent pour faire comprendre l'importance de la culture de la carotte ; et cependant, soit prévention , soit négligence, bien peu de cultivateurs emploient cet excellent moyen d'augmenter le nombre de leurs bestiaux, la quantité des engrais et le pro- duit de leur ferme. D'où cela vient-il? Serait-ce de ce que la carotte épuise la terre? Non, car après elle les fromens et autres grains viennent superbes. On ne peut pas non plus lui repro- cher de peu produire, car il est peu de fourrage annuel qui rende plus. Espérons donc que les cultivateurs ouvriront les yeux et que la cul- ture de cette précieuse racine se répandra da- vantage. Une terre douce, profonde , bien ameublie, amendée de l'année précédente, est celle qui lui convient le mieux. Si faute de terrain amendé à l'avance , l'on est obligé de fumer exprès il faut n'employer que des engrais consommés. On sème depuis mars jusi|u'en mai et quel- quefois en juin, selon le climat et le terrain, à raison de huit à dix livres de graines par hec- tare. Le semis se fait à la volée ou mieux en rayons ; on recouvre les semences par un léger hersage et l'on passe le rouleau. Quelquefois la carotte se sème avec de l'a- voine , de l'orge . du lin ou autres graines de printemps, où même sur les seigles et fromens en herbe après un hersage, mais le succès en est beaucoup moins assuré que quand on la sème seule : dans ce dernier cas, on la sarcle l'éilaircit et la bine. On coupe la feuille au moment d'arracher les racines ou après leur extraction; on serre les racines dans un lieu sec et à l'abri de la gelée, ou mèrne si le sol est sain et sec, dans des tranchées ou dans une fosse. Tels sont les con- seils donnés par M. Vilmorin. Arthur Young, qui s'est également occupé de celle culture a fait aussi connailre sa mélhode que nous allons rapidement anHlyser. Lorsque les carottes avaient acquis trois ou quatre pou- ces de longueur, c'est-à-dire lorsqu'on pouvait les distinguer aisément, on donnait alors le pre- mier binage avec la houe: on choisissait un temps sec pour faire celte opération, et on em- ployait à la fois autant de bras qu'il était possi- ble de s'en procur<^r, afin d'avoir fini avant que la pluie ne survint. Lorsque les mauvaises herbes étaient trop abondantes, les ouvriers employés à ce travail se traînaient sur leurs genoux pour apercevoir plus aisément les ca- rottes. Les houes qu'ils employaient avaient quatre pouces de largeur et le manche dix- huit de longueur. S'il y avait peu de plantes parasites, ils travaillaient debout et avec les instrumens ordinaires. Dans cette première fa- çon , on espaçait de cinq à six pouces les ca- rottes entre elles, et si on apercevait des plantes trop rapprochées ou de mauvaises herbes trop près des carottes, on les éclaircissail à la main. Quinze jours ou trois semaines après cette première façon , suivant la saison, on choi- sissait un temps sec pour passer la herse sur le champ. Cette opération était indispensa- ble pour ameublir la terre et détruire les mau- vaises herbes qui avaient repoussé. La herse n'arrachait presque point de caiottes. Dès que ces plantes avaient six pouces ou environ , on donnait une seconde façon à la houe ; on employait celte fois des houes de neuf pouces de largeur, et on laissait les carot- tes à la distance de seize à dix-huit pouces en- tre elles. Il vaut mieux, selon Young, les espacer plus que moins : toutes les mauvaises herbes se trouvent détruites par cette opéiation , et la terre est ameublie. On arrache à la main toutes les mauvaises herbes qui se trouvent trop près descarolles; on tâche de nettoyer le terrain autant que possible, on remue même les places oîi il ne paraît pas de mauvaises herbes afin de détruire celles qui pourraient repousser. S'il ar- rive par la suite qu'on voie encore paraître de mauvaises herbes, on emploie de temps en temps des enfans pour les arracher. Le succès de cette culture dépend surtout des sarclages et des binages. Il ne faut pas les négliger , même dans les temps où les cultivateurs sont le plus occupés, comme dans le temps de la fenaison et celui de la moisson. Enfin , tous les cultivateurs qui ont publié leurs expériences sur la culture de la carotte, tels que MM. Gardner, Kay, Edsvard, Heu- WPt, ïurner, Scroppe , Wifkie, Mellish, etc. ainsi que tous les agronomes français, en ont obtenu les mêmes résultats avantageux surtout pour la nourriture des chevaux. BoiT.\RD. (Z.a suUe au prochain numéro .) AGRICULTURF. 233 CAROTTES SACVAfiES AMÉlIORiÎeS PAR LE SEMIS. -'M. Vilmorin a mis sous les yeux de la So- ciété royale et centrale d'agiiculture des pro- duits de la troisième génération de la carotte sauvage, qu'il a soumise à la culture dans la vue de son amélioration. Plusieurs de ces racines sont d'un volume considérable, et elles ont en général la neltetéet l'apparencede belles carottes franches de jardin. Sur l'invitation qui lui a été faite, M. Vilmorin est entré à leur égard dans quelqu.îs détails qui se résument dans les faits suivans : Ces racines sont fort tendres et d'une facile cuisson ; la chair en est plus compacte, un peu plus pâteuse que celles des anciennes variétés , à peu près intermédiaire entre celles de la ca- rotte et du panais; enfin elles sont sensible- ment moins sucrées que les variétés cultivées. La couleur générale des produits a été jus- qu'ici le blanc et le citrou-pàle. Un fort petit nombre est jaune franc, et les semis ont olîert cette année, pour la première fois, des exem- ples de la couleur rouge et orange foncé qui ne s'était pas encore montrée aux deux premières générations. La forme est très-généralement longue ou demi-longue; quelques individus seulement s'en sont écartés , les uns pour se rapprocher des proportions de la carotte courte de Hol- lande, les auires pour passer à la forme de toupie ou conique élargie qui appartient à la race de Breteuil. 31. Vilmorin pense qu'un des résultats de ces modifications sera l'acquisition d'une race de carottes très-volumineuse, très-robuste el es- sentiellement appropriée à la grande culture ; il considère toutefois l'expérience dont il s'agit encore moins importante sous le rapport des variétés obtenues et à obtenir, que sous son point de vue général , c'est-à-dire celui des changemens que l'on peut faire subir , par la culture, aux plantes prises à l'état sauvage. SVR LE r.I\ DE LA NOCVELE-ZÉLASDE. Cette plante fut découverte par Banlvs et So~ lander, qui accompagnaient le rnpUaine Cook dans ses voyages autour du monde. Cooii lui imposa le nom de /in de la Nouvelle-Zélande, et les botanistes celui de p^o;-m«(/m /e«oj-, que l'on traduit par celui de phormion tenace ou tixtile. Cette plante vivace appartient à la famille des liiiacées de Jussicu et à l'hexandrie munogynie de Linné. Elle forme un genre très-voisin de celui des laehenales ; ses racines sont noueuses , charnues; ses feuilles sont persistantes, toutes radicales, nombreuses, coriaces, longues de trois à six pieds , larges de trois à quatre pouces, engainantes par leur base, distiques, lancéolées, d'un vert glauque, quelquefois bordées de rouge; la tige est hante de sept à huit pieds, rameuse, 234 AGRICULTURE. terminée en août par une grande panicule dont chaque rameau porte dix à douze fleurs uni-la- térales et longues de dix-huit lignes; les corolles sont tubuiées, à divisions extérieures , carénées et d'un jaune bronzé , les intérieures moitié plus longues et d'un beau jaune. Il est peu de plantes parmi les textiles qui se soient annoncées, au moment de leur décou- verte , avec des avantages plus nombreux et plus certains que celle qui lait l'objet de cet article. Cook ne tarit point sur les éloges qu'il donne à la force et à la flnesse de la filasse qu'en retirent les habitans de la Nouvelle-Zélande. M. de La- billardiére, qui, après lui, a visité celle ile et qui était spécialement chargé par le gouverne- ment d'étudier les emplois du phorniion et d'en rapporter des pieds en France , a fait connaître son importance avec tous les détails nécessaires dans un mémoire qu'il a lu à l'Institut en l'an ii et qui est inséré dans le recueil de cette savante société. Il suit des expériences qu'il a faites que la force des fibres de l'aloès-pite, étant égale à celle du lin ordinaire, est représentée par 11 3/4, celle du chanvre par 16 1/3, celle du phormion par 23 6/11 cl celle de la soie par 34. Mais la quantité dont ces fils se distendent avant de rompre est dans d'autres proportions, car , étant égale à 2 1/2 pour les fllamens de l'alocs-pile , elle n'est que de 1/2 pour le lin or- dinaire , de 1 pour le chanvre , de 1 1/2 pour le phormion et de 5 pour la soie. On voit par ce résumé que les fibres de celte plante pourraient remplacer avec avantage le chanvre qu'on emploie à fabriquer les cordages de la marine el tous nos vélcmens en chanvre et en lin. Ajoulez que leur grande blancheur el leur coup-d'opil satiné laissent espérer qu'au moyen de l'apprct, les toiles qu'on en fabriquera surpasseront en éclat toutes celles que l'on fait en ce moment avec d'auties matières. Les habi- tans de la Nouvelle-Zélande en font des vète- mens , des lignes, des filets pour la pêche , des cordes beaucoup plus fortes que celles de chan- vre , des étoffes d'une grande blancheur et d'un usage excellent. M. Faujas , qui un des premiers a cultivé en pleine terre le phormion dans le midi de la France , pense que c'est i)our les cor- dages de la marine que la filasse du phorniion deviendra véritablement précieuse, parce qu'elle .se conserve beaucoup mieux dans l'eau, safis pourrir, que celle du chanvre. M. de Labillardière, par suite d'un événement malheureux, ne put ai)porter en France les plan- tes de phormion qu'il avait préparées; mais les An- glais, qui vers le même temps firent une expédi- tion dans le même but, furent plus heureux , et nn des pieds qu'ils reçurent fut envoyé au jardin du muséum d'histoire nalurclle de Paris par le botaniste Alton. Depuis , cet établissement en a reçu plusieurs autres par le retourde l'expédition du capitaine Baudin : ces divers pieds ont fourni un grand nombre de rejetons que M. Thouin a distribués dans nos déparlemens méridionaux , où ils sont cultivés avec succès en pleine terre cl où ils ne tarderont pas sans doute à donner des produits assez abondans pour pouvoir être utilisés. Ce qui, jusqu'à ce jour, s'était opposé à la cul- turc en grand du phormion, c'est que cette pré- cieuse plante ne pouvait se mulliplierque par ses rejetons assez rares, ses graines ne nouant pas en France. Mais cette immense dilTicuité vient d'être levée à Toulon par l'effet d'une culture bien dirigée : on obtient à présent dans les en- virons de celle ville des graines parfaitement mûres et levant fort bien. Je pense qu'on en obtiendra également ailleurs des pieds venus de semis, el déjà même quelques-uns ont fleuri à Cherbourg. Et dans le fait, pourquoi le phormion se se- rait-il refusé de produire des semences en France ? puisque dans son pays même on le trouve communément dans des montagnes el des localités élevées, plus froides que la France méridionale, quoique situées à une latitude plus rapprochée de l'équateur. Culture du phormion. — Celte plante aime les terres franches , légères , un peu humides sans élre froides, à l'exposition du midi. M. Thouin dit qu'il végète dans les plus mauvaises terres, et il a raison ; mais pour que ses feuilles, qui seules produisent la filasse , prennent de belles dimen- sions , il est nécessaire de le planter dans une bonne lerresubstantielle. S'il était possible de le placer dans des fonds que l'on pût irriguer à volonté, il est certain qu'il y croîtrait avec beaucoup plus de vigueur et fournirait des ré- colles plus abondantes. Comme nous l'avons dit, jusqu'à ce jour on n'a guère pu le multiplier que de rejetons; mais on doit espérer que dans peu d'années on on recueillera assez de graines pour pouvoir le multiplier par semis , et alors celte méthode sera à la fois plus commode el plus économique, outre qu'on en obtiendra de meil- leurs résultats. Les œilletons croissent sur les plus grosses ra- cines , près du faisceau des feuilles (quelquefois entre les feuilles); ils semblent n'être d'abord qu'une nodosité, mais peu à peu ils prennent la forme d'une bulbe pointue el laissent voir l'origine de deux feuilles. Leur croissance est assez rapide pour qu'ils puissent élre séparés de leur mère au bout de la première année, c'est-à-dire au printemps suivant. C'est aussi au printemps qu'il faut les déta- cher pour les planter en quinconce ou en échi- quier, à cinq pieds de dislance les uns des autres, peut-être un peu plus près , car je ne crois pas qu'on aitencore déterminé posîtivementcetle dis tance : elle dépendra de la qualité du sol et du développement probable que devra y prendre le phorniion. Comme celle plante est encore assez rare sous le rapport de la grande culture, il sera bon de ne pas perdre les œilletons qui n'auraient pas de racines ; en conséquence , après les avoir détachés de leur mère , on les plantera en pépi- nière dans le terreau d'une couche tiède , on les recouvrira de cloches ou châssis et on les trai- tera à la manière des boutures jusqu'à ce qu'ils aient émis assez de racines pour pouvoir être enlevés et plantés en pleine terre, avec la molle, auprès des autres en plein champ. Nous n'avons pas besoin de dire que le ter- rain , avant la plantation , sera préparé conve- AGRICULTURE. 235 nablcmont par un bon labour à la bêche et amendé avec de bons engrais consommés. Tour entretenir la plantation propre, il sera nécessaire de donner deuv ou trois bons binages par an et de fumer tous les ans, a l'automne, toujours avec des engrais consommés, car on sait que les fumiers cbauds sont dangereux pour toutes les plantes de la famille des liliacées, et l'analogie nous porte à croire qu'il en serait de même pour le phormion. Du reste, l'expérience seule ap- prendra quels autres détails de culture seront avantageux à cette plante. Il est à croire qu'elle durera fort longtemps à la même place, car elle affrite peu la terre. On pourra donc, quand il en périra quelques pieds dans un champ , les remplacer par d'autres sans inconvénient. Extrartion de la filasse du phormion. — Comme je l'ai dit, ce n'est pas l'écorcc de la tige qui fournit la filasse , mais bien les fibres longi- tudinales qui s'étendent dans le parenchyme de la feuille. Or, la plante, comme toutes celles qui ont les feuilles engainantes et distiques , pousse continuellement les vieilles feuilles en dehors à mesure qu'elle en émet en dedans, c'est-à-dire au cœur, d'où la tige doit sortir. Cette manière de végéter indique assez la manière de récolter: il conviendra de détacher les feuilles les plus extérieures deux ou trois fois par an, avant qu'elles jaunissent , en les coupant à leur base avec une serpette. Le nombre des feuilles à dé- tacher chaque fois pourra varier de deux à six, ou davantage, selon les circonstances et la vi- gueur de la plante. Dans tous les cas , il faudra les faire sécher avant tout autre manipulation, afin de pouvoir les avoir toutes au môme point et en même temps pour en extraire la filasse. Les essais qui ont été faits à Paris pour retirer des feuilles cette filasse ont prouvé que ce n'était pas une chose aussi facile qu'on se l'était ima- giné. Le rouissage n'a pas offert de bons résul- tats ; on a donc été obligé de recourir à d'autres procédés. Il résulte des expériences de M. Faujas qu'un moyen d'obtenir la filasse des feuilles de phormion est de les diviser en lanières longitu- dinales et de les faire ensuite bouillir dans l'eau. Le parenchyme se désorganise par cette opéra- lion , et il suffit de frotter les fibres pour les en débarrasser complètement. Ce parenchyme a la saveur et l'odeur de l'aloès et peut lui être subs- titue en médecine. Cette méthode est sans doute excellente, mais elle a l'inconvénient ordinaire attaché à tous les procédés inventés par les écrivains agronomes , c'est d'être trop coûteuse. Il faudra donc en re- venir , en attendant mieux , à celle des habitans de la Nouvelle-Zélande , et voici en quoi elle consiste. On plonge les feuilles dans l'eau et on les y laisse plus ou moins longtemps , jusqu'à ce qu'elles soient ramollies; pour cela on les a préa- lablement attachées en petits faisceaux , en les réunissant par leur base. Quand elles sont suffi- samment ramollies, ce que l'expérience apprend à connaître, on retire les faisceaux, on les place sur un billot et on les bat les uns après les autres avec une sorte de maillet en bois jusqu'à ce que le parenchyme tombe et que les fibres se sépa- rent. Il reste plus qu'à passer la filasse au peigne de fer pour la rendre propre à être employée. DoiTARn. LTILITK ET CULTUBE DU Pli-TSAIE , APPF.I.K CHOU CHINOIS. Les fouilles de cette plante sont ovales, d'une couleur vert-tendre; les florales sont amplexi- caules et lancéolées ; celles qui leur succèdent ont de légers piquans sur la partie inférieure des côtés, quelques-unes même sur les bords. Le jeune plant semble présenter l'aspect d'une laitue. Cet excellent et précieux légume est oiigi- naire des provinces septentrionales de la Chine, par 3G à 4G" latitude nord. Dans ces latitudes on le sème sur plants, de la mi-juillet à la mi-août ; à Canton on ne le sème (|ue dans le mois d'octobre. Les grandes chaleuis le font périr; il lui fout une tempéra- ture moyenne. Après les chaleurs de la canicule on trans- plante les plants en cordeau, dans les trous qu'on fait avec un gros plantoir , afin d'y met- tre un peu de poudrelle ou autre engrais analo- gue. Ceux qui veulent avoir de beaux pè-tsaies les plantent à un pied de distance l'un de l'autre. De quelque manière qu'on plante les pè- tsaies on doit les arroser aussitôt, afin de facili- ter l'attachement et la leprise des racines ; puis les labourer, les sarcler et les chausser jusqu'à ce qu'ils soient en pleine crue et qu'Usaient atteint les rosées et les nuits fraîches de l'automne. Alors, pour peu que la terre ne soit pas trop desséchée, on ne les arrose plus. Pour les faire pommer ou afin d'avoir des tètes plus gros- ses et des côtes de feuilles plus tendres , quelques cultivateurs lient leurs pè - tsaies conmie on le pratique pour les laitues romai- nes; mais d'autres les abandonnent à eux-mê- mes, parce ([u'ils prétendent que les pè-tsaies liés perdent en saveur, en goût et en parfum ce qu'ils gagnent en tendreté et en blancheur. Cette plante demande une terre moins fumée que celle qu'exigent nos choux ; dans le choix des engrais, le terreau, les cendres de différen- tes herbes et la poudrette sont ce qui leur con- vient le mieux. Les terres basses qui ne sont pas trop marécageuses leur sont plus favora- bles. Lorsque les pê-tsaies ont acquis toute leur crue, ils ont d'un à deux pieds de hauteur et pèsent de deux à six kilog. et même davantage. On attend que le froid les ait un peu macérés pour en faire la récolte ; les premières feuilles extérieures en souffrent, on les abandonne sur le champ ou dans le jardin pour y donner du terreau. Celte plante, simplement cuite au 236 AGRICULTURE. bouillon et sans autre assnisonnement que du sel, est fort bonne et très-di-licate. Les Chinois sont grands mangeurs do légu- mes. Afin de prolonger la ressource du pè-tsaie, qui est pour eux une de leuis principales récol- tes, ils ont trouvé plusieurs moyens de conser- vation et mangent de ce légume jusqu'à ce que le printemps leur ait produit de nouveaux her- bages. Parmi ces moyens de conservation, voici les deux qui ne font perdre aux pè-lsaies ni leur fraîcheur ni leur goût. Le premier consiste d'abord à les mettre un peu au soleil, afin de leur ùler le superflu d'hu- midité qui les ferait pourrir, puis à les mettre en pile dans une serre ou dans des fossés creu- sés exprès. On a soin de prévenir le retour de trop d'humidité. Le second moyen consiste , après avoir fait subir la première préparation dont on vient de carier, à les planter en masse au fond d'une serre , les pieds dans le sable humide de ri- vière. Le pê-tsaie est une plante bisannuelle et ne donne des graines que l'année après (|u'il a été planté. Pour en obtenir, les Chinois pren- nent les mêmes précautions (ju'on prend pour les choux. D'ordinaire les graines sont mûres dans les mois de juin et de juillet. Les jardi- niers sont partagés sur celles qu'il convient de semer, des nouvelles ou des anciennes. Le pè-tsaie est un légume précieux dans la Chine ; il est un alunent agréable et même re- cherché pour le riche, et une véritable res- source pour le pauvre. C'est une plante pota- gère fort aisée à cuit i ver, qui croit promptement ; meilleure au goût que les meilleurs choux, elle est encore plus légère, plus facile à digérer et plus saine ; tout se mange dans cette plante. Il n'y a pas de doute que ce légume, si avan- tageux par ses abondans produits et ses quali- tés salutaires, ne puisse facilement s'acclimater en Europe. MM. des missions étrangères en ont fait l'importation et ils avaient obtenu dans leur jardin, avant le mois de novembre 18;]7, des tètes de trois à quatre livres pesant. M . l'abbé Lesson en a olVert, au nom de ses confrères, un pied de ce poids et plusieurs plantes au prési- dent de la Société d'horticulture. Ces pieds don- neront de belles graines , et celles-ci de nom- breux produits. VITICULTURK. scn LA pynALE de i.a vigne. La pyrnle de la vigne, qui a élé, depuis un an, le snjet de tant de recherches et de travaux si importaiis, subit, dans le cours de sa vie, qualrft miilamorphoses ou transfigurations ; elle passe successivement à l'élat de papillon , d'œuf, de larve ou chenille, enfin de chrysalide ou nymphe. Il importe que ces transformations, inhé- rentes à l'organisme de beaucoup d'insectes, soient bien comprises ici; ce sont, en effet, ces quatre états si distincts qui me jalonneront dans l'indication des procédés que l'on devra employer pour amoindrir ou faire cesser le cruel (léau qui pèse maintenant et depuis si longtemps sur plusieurs vignobles de France. On peut faire périr lapyraleen détruisant les papillons, les œufs, les chenilles et surtout les nymphes ou chrysalides. On atteindra ce but, on le conçoit facilement, par des moyens très- diversifiés. Des agriculteiu's, des naturalistes, ont pré- conisé le feu, cet agent si puissant de la nature, pour anéantir la pyrale par la destruction des papillons. Ce corps subtil, dirigé par des mains habiles, peut, à la rigueur, atténuer le mal ; il pourrait même , s'il était permis d'adapter le piocédé de M. Audoin à de vastes vignobles, faire naître les plus belles espérances; mais on conviendra, malgré tous les égards qu'on doit h ce savant , qu'une illumination de six lieues de long sur une de large , répétée pendant au moins vingt jours de suite, et faite par des lam- pions à huile placés à la distance de 25 pieds au plus l'un de l'autre, est ime chose inexécu- table. Il est donc clairement établi par celte impossibilité que l'on ne saurait, dans l'élat présent de la science , anéantir les papillons, et que l'on doit chercher une autre source d'es- pérances. Les lépidoptères ou papillons , que le génie artificieux des hommes n'aura pu atteindre, vonl bientôt cesser de vivre ; mais pendant leur courte existence, ils auront infecté les vignes par les souillures de leurs pontes, vils produits de leurs rapides amours. Les œufs des papillons, que l'on trouvera constamment à la surface supérieure des feuil- les, peuvent facilement être enlevés ; ce travail, qui ne réclame ni intelligence, ni force, .seia exécuté même par les enfans, les femmes et les vieillards. La cueillette des œuls est simple, ra- tionnelle, mais insufïisanle , et employée seule, on ne parviendrait jamais à exterminer la py- rale. Ceci est aisé 5 concevoir. La durée in- dividuelle des pontes étant au plus de quatre à six jours, il est manifeste qne l'on ne trou- veiait jamais assez de bras pour en faire le» cueillettes aussi lien et les répéter aussi sou- vent que l'exigerait ahsoinmcnt la certitude du succès. Celte proposition est démontrée à souhait par un fait (|iie l'on peut maintenant observer à Romanèclie. M. Desp..., proprié- taire en cette commune, a fait exécuter quatre cucillettea successives d'œufs dans l'une de ^es AGKICULTURÉ. 237 Vignes ; elles ont été faites avec un soin minu- tieux; mais un intervalle de luiil jours a séparé la troisième de la qualrinne. Quand on a procé- dé à celle-ci, on a rencontré une (]uanlité ityiom- brable de pontes , et de\jà la plupart d'entre elles étaient passées à réclusion. Celle malen- contreuse circonstance, en stérilisant les soins et les dépenses de noire exi-érinientaleur, a prouvé nettement que les cueillelles des œufs, bonnes en elles-mêmes, seront peu efficaces tant qu'on voudra les employer à l'exclusion de tout autre moyen , ou qu'on ne les répèlera pas tous les quatre ou cinq jours pendant toute la durée de cet état de la pyrale, qui est à peu près de vingt-cinq jours. Mais moi j'af- firme qu'on ne trouvera jamais assez de tra- vailleurs pour remplir cette dernière condition, et si mon assertion est vraie , on devra donc cesser de faire de la cueillelle des pontes une méthode exclusive et générale , pour la faire entrer comme simple élément dans une mé- thode complexe. Il sera parlé un peu plus bas de celte comlànaison. Les chenilles vont succéder aux œufs ; elles en sont le produit direct. Au moment de l'é- closion, elles sont extrêmement ténues, et dès leur naissance, elles vont, par un instinct mer- veilleux, chercher un abri à leur faiblesse dans les écorces du cep , des branches et des ra- meaux, et de plus encore, dans les petites fis- sures des échalas. Entourées d'une rolie soyeuse et à peu près immobiles , elles restent blollies dans leur sûre demeure jusqu'à la pousse du bourgeon. Elles vont donc faire une hiverna- tion de huit ou neuf mois. On a tenté des expériences multipliées pour combattre et exterminer la pyrale pendant cette longue période de son existence; toutes ont élé infructueuses ou nuisibles. Cependant la commission de l'Académie des [sciences , malgi'é ces insuccès, s'est maintenue dans celle voie hérissée de difiicullés et d'écueils et a proposé un moyen simple, peu dispendieux et commode dans son application ; il con-iste à frotter les ceps avec une brosse ou un linge et à les badigeonner avec de la chaux. Ces opéra- lions tevront se faire après la taille de la vigne. La méthode des savans académiciens est peut-être destinée à rendre d'éminens services; néanmoins elle m'inspire dos craintes : je vais les faire connaître. El d'abord, il est bien évi- dent, que, par les fi ollemens avec le linge ou la brosse, on fera tomber la mousse, les lamelles épidermiquesel partant on diminuera l'épaisseur de l'écorce; ensuite, il est probable que, par l'ap- plicalion de la chaux sur l'enveloppe herbacée, on fera périr les chenilles qui logent dans ses in- terstices fibrillaires, mais il est plus probable en- core que le causli(iue, après avoir franchi tous le» tissus élémentaires de l'écorce, parviendra jus- qu'au liber, cette partie si in)portante du vé- gétal , qu'il l'allèrera , et que dès lors tout mouvement de végétation sera éteint. Ainsi ie pense que le procédé de nos habiles investiga- teurs ne devra être adopté que lorsqu'une ex- périmentation large et sévère aura prononcé sur son innocuité. Au moment du bourgeonnement, les che- nilles, sortant de leur apathique repos, vont aller se poser dans les bourgeons ; elles les suivront dans leurs évolutions diverses , et quand les tiges sarmenleuses seront arrivées à un certain développement , elles en abandon- neront le sommet, se livreront à leur œuvre de destruction, et au bout de quelques jours, tout sera consommé : elles vivront alors dans les champs de désastre et au milieu des ruines qu'elles y auront faites. L'échenillage a élé «onseiilé pour anéantir la pyrale durant ce court espace de sa vie. Ce procédé, tout simple qu'il puisse paraître , est long, fort coûteux, et l'on a d'ailleurs très-peu de temps pour le mettre en pratique. Ces con- ditions sont vraiment déplorables ; si elles n'existaient pas, ce moyen devrait être employé à l'exclusion de tout autre : il ofTriiait en eflét l'immense avantage de conserver la récolte pendante , et l'on sait bien que le présent est tout pour le commun des hommes. Malgré son importance, force est donc de l'abandonner, puisqu'd ne saurait s'appliiiuer à une mesure générale, simultanée et pratiquée sur un vaste territoire. Les chenilles vont enfin cesser d'exister, elles ne périront pas cependant : elles prendront d'une manière graduelle et successive leurs ca- ractères distinclifs, et les chrysalides, par suite de ce travail intestin, vont bientôt établir leur paisible empire. Il sera court, vingt-cinq ou trente jours au plus le verront conimenccr et finir. Entourées de quelques filamens soyeux, et comme emmailiotlées dans une feuille de vi- gne roulée, flétrie et desséchée, les chiysalides vontainsi passer leur brève et léthargique exis- tence. A de pareils signes, qui pourrait les mé- connaître? ,Celte dernière transformation de l'insecte se- ra-l-elle favorable à sa destruction? On ne sau- rait en douler. Les chrysalides, en efrel, dont la durée indi\iduelle est. de dix <à quatorze jours, vont se prêter aisémeni à l'œuvre d'extermina- tion : les feuilles qui les recèlent, remarquables par leur aspect, seront enlevées avec facilité , et les cueilleltes qu'on en fera ne demandant ni intelligence ni vigueur, seront à la portée de tout le monde ; tout individu pourra les effec- tuer. Ainsi, la dernière métamorphose que j'ai assignée à notre insecte contribuera donc puis- Siumnent à sa destruction. 238 AGRICULTURE. Après un exjuiien ra])ide et consciencieux de tous les tiavaux entrepris i:our anéantir la pyrale , je vais, afin d'atteindre le même but, indicjiier une mctliude; elle est très-rationnelle, elle sera peu coûteuse et applicable à un vaste territoire; elle ne nécessitera point d'auxilliaires étrangers aux communes ravagées, et trois ou quatre personnes pourront aisément la mettre en pratique dans deux bectares et quelques arcs de vigne, c'est-à-dire un vigneronnage. Au reste, en voici la formule : 1" On fera deux cueillettes de chry^alides ; chacune d'elles devra durer de dix à quatorze jours. 2° On se livrera à cinq cueillettes successives des pontes ; la durée de cbacime devra ètic de cinq jours ; elles ne seront d'ailleurs, après l'enlèvement exact des cbrysalides , et on le comprend bien, que de simples opérations ambulaloircs. 3" Enfin, comme complément, avant de re- piquer les échalas qui auront servi , on les im- mergera, pendant une demi-heure au plus, dans un lait de chaux concentré. Telle est donc ma méthode : elle est un co- rollaire direct , immédiat de tout ce qui pré- cède ; elle est complexe, mais d'une facile exé- cution ; elle sera peu dispendieuse , puisque chaque vigneron et sa famille pourront se suf- fire, et, pratiquée avec atleiition , elle condui- ra inévitablement au but si désiré, la dispari- tion de la pyrale. Maintenant ma tâche est terminée ; que la législature agisse à son tour, car elle devra agir; qu'elle adopte mes idées, qu'elle les mette en œuvre , qu'elle éclaire et dirige les vo- lontés, qu'elle les force même par la sanction pénale, et, je l'affirme, le monstre sera ter- rassé. SAMBIN, Docteur-médecin . (Journal de Saône-ct-Loire.) ÉCIIENILI.AGE. Les arbres fruitiers , spécialement les pom- miers, ont été celle niiiiée la proie d'une ini- iiiensc quantité de clieuillcs qui, en dépouillant CCS arbres de leurs feuilles , ont occasionné la l)erlc des fruits. L'alléraliou de la santé de ces arbres sera le résultat inévitable de la perle prénialurée de leurs feuilles, non, comme on lo rroil ordinai- rement, à cause de la maligne influence de la (lent soi-disant venimeuse des chenilles , mais parce que les nrhres recevant en été plus de nourriture par leurs feuilles que par leurs ra- cines, la perle des feuilles, (juelle ([u'en soit la cause, arrête le développement des jeunes pousses et (les bourgeons qui de\aient dans les années suivantes fournir aux arbres des feuilles, des fruils et des branches nouvelles. C'est un fait de physiologie végétale connu de tous les hor- ticulteurs. Les chenilles qui ont causé les ravages que nous signalons appartiennent presque toutes à une seule espèce : c'est celle du papillon nommé par les naturalistes bombyce disparate [bombyx ilispar, Fabr.). Celle chenille est d'un gris noi- râtre, velue, et porte sur le dos deuv rangs de tubercules, de couleur bleue sur la moitié an- térieure du corps, rouge tuile sur la moitié pos- térieure. Sa lougeur varie entre trois et six cen- timètres. Cette chenille éclol dans le courant de mai et a acquis son entier développement à la fin de Juin. A celle époque elle cesse de manger, cherche un abri pour subir sa première transfor- mation, forme une chrysalide brune parsemée de quelques poils de même couleur et suspen- due par sa pointe ou soutenue horizontalement par quelques fils soyeux. Au bout de quelques semaines, ces chrysalides donnent naissance à des papillons dont la dissemblance justifie le nom spécifique. Le mâle , beaucoup plus petit que la femelle, a comme elle les ailes en toit dans l'élat du repos; mais ces ailes sont rous- sàlres avec quelques zigzags noirs, tandis que celles des femelles sont blanches avec les mêmes zigzags. Le corps du mâle est mince et léger, celui de la femelle est gros et massif; enfin le mâle a un vol léger et rapide : on le voit en grande quantité sillonner l'air en tous sens le long de nos haies dans les soirées chaudes du mois d'août au coucher du soleil , à l'approche des orages surtout. La femelle ne vole point ou presque point; elle reste le plus souvent fixée près des débris de sa chrysalide : c'est là qu'elle est fécondée et qu'elle dépose ses œufs, qu'elle a soin de cacher dans les gerçures de l'écorce et de recouvrir d'un duvet jaunâtre dont son ab- domen est amplement fourni. (>es œufs, ainsi cachés et garantis par le duvet qui les recouvre des rigueurs de rhi\ er, échappent en grande parlie aux recherches des jardiniers lors de l'échenillage du printemps; et si l'état de l'atmosphère dans cette saison est favorable à leur éclosion , les soins les plus minutieux ne sauraient garantir les arbres de la voracité des jeunes chenilles. (".'est ordinairement après quelques jours de pluie légère ou de brouillard hunnde que ces jeunes animaux apparaissent en grand nombre sur les arbres fruitiers, ce qui a accrédité le pré- jugé presque généraleuient reçu que les brouil- lards ou brumes du printemps engeiulrent des insectes et surtout des chenilles. Ces brouillards ne Ionique déterminer et favori-er la dispersion des jeunes larves qiu restent cachées dans l'é- corce tant que durent la sécheresse et la séré- nité de l'atmosphère. Si la sécheresse se pro- longe , un grand nombre de ces insectes périt ; aussi remarque -l-ou toujours plus d'insectes après un printemps humide qu'à la suite d'un printemps sec. A la fin de juin , époque à laquelle ces che- nilles cessent de manger, elles se rassemblent sur les tiges et sous les branches principales, dans les creux des arbres, sous les loilsdes nmrs, partout enfin où elles peuvent trouver l'abri et AGRICULTURE. 239 le repos nécessaires à leur métamorphose. C'est alors que l'on peut les chasser avec succès et en détruire facilement et en peu de temps un très- grand nombre. Armé d'une spatule de bois, on peut, sans endommager les arbres , écraser sur l'écorce même chenilles et chrysalides, ainsi que les papillons femelles nouvellement écios, et em- pêcher par là le développement futur d'une immense ciuantité «l'œufs; la mort d'une che- nille ou d'une chrysalide tuée au mois de juillet équivaut à la destruction de plus de cent che- nilles au printemps suivant. Ne serait-il pas à désirer que l'autorité, qui prescrit et surveille l'échenillage au printemps, engageât les agriculteurs et propriétaires de jar- dins à visiter soigneusement leurs arbres pen- dant tout le mois de juillet ? Cet échenillage se- rait beaucoup plus facile et surtout beaucoup plus efiBcace que celui du printemps. COTTET , Conservateur-Adjoint du cabinet d'histoire naturelle de Troijes. MOYEN DE DÉTRUIRE U.\ INSECTE QUI DEVORE LES SECONDES COUPES DE LA LUZERNE. Un fléau destructeur, qu'on pourrait compa- rer en petit aux sauterelles de l'Orient , est venu flétrir les joies de l'agriculteur, en le privant, depuis quelques années, des secondes et ordi- nairement des plus belles coupes de luzerne. Les larves d'un insecte coléoptère (c'est-à-dire à ailes couvertes d'un étui dur} de la famille des chrysoniélines , les dévorent annuellement. Des plaques jaunâtres , irrégulières, répandues çà et là sur la luzernière, et qui tranchent sur la noire verdure de la plante , font reconnaître aisément leur présence. Ces animaux s'étendent bientôt sur toute la surface de la prairie , en dé- vorent toutes les feuilles et ne laissent à l'agri- culteur désolé qu'une récolte de tiges et des par- ties les plus dures, souillée par les excrémens ou le passage de ces insectes , et que le bétail repousse ou ne rnange qu'avec répugnance. Cette larve , sous la forme d'un ver à six pat- tes, de couleur noire , ressemble à un petit cy- lindre composé d'anneaux tubercules. Elle com- mence à paraître vers les premiers jours de juin, est dans son plein accroissement vers la fin du même mois, et disparait ensuite totalement jus- qu'à l'année suivante. Les ravages de cet Insecte furent d'abord in- sensibles et renfermés dans un petit arron- dissement; mais leur nombre croissant rapi- dement avec la masse des luzernes, ce cercle s'étendit et s'étend encore tous les ans d'une ma- nière effrayante , et prive plusieurs communes des cantons de Varille et dePamiers, et sans doute de plusieurs autres localités du départe- ment, de plus d'un tiers des avantages que donne la culture de la luzerne. En vain les propriétaires, espérant d'abord conjurer le mal , allaient-ils recueillir avec soin ces animaux, en les faisant tomber dans des paniers ou des corbillons, sur lesquels ils se- couaient doucement les liges de la luzerne ; en valu y conduisaient-ils, après ou avaul la coupe, des poules avec leurs poussins , de jeunes ca- nards , etc. Ils en ramassaient sans doute une grande quantité, mais la plus grande partie de ces vers se laissant tomber à terre au moindre mouvement pour remonter ensuite sur la plante, tous ces soins n'étaient qu'un vain palliatif, dont l'efTet n'était pas sensible , et le mal a toujours été croissant, car ce ne sont pas ces petits moyens employés par quelques particuliers qui peu- vent détruire ou du moins diminuer considéra- blement les générations de cet insecte : il faut pour cela ou des phénomènes atmosphériques, souvent inaperçus , qui détruisent presque tota- lement certaines espèces d'insectes, ou plutôt réduisent tellement leur nombre qu'on n'aper- çoit plus leurs ravages , comme j'en ai été té- moin dans les dernières années du siècle passé. Un insecte de la famille des teignes , qui avait les plus grands rapports avec le tineea (1), mais qui en diCférait cependant, dévora, sous l'état de chenille, tous nos pommiers pendant trois an- nées successives, d'une manière si complète qu'il ne leur restait pas même une feuille. La troi- sième année surtout ils en étaient tellement in- festés , que , n'y trouvant plus de quoi se nour- rir, ces animaux descendaient de tout côté de leurs branches , en filant de nombreuses toiles qui ne permettaient de passer sous les arbres qu'en se frayant une voie avec un bâton. Il n'en parut pas un l'année suivante et je n'en ai plus vu depuis. Fut-ce la faim , une forte gelée ve- nue plus tard ou quelque autre cause qui amena leur destruction , ou bien quelque maladie con- tagieuse ? C'est ce qu'on ne peut que conjecturer. Mais , faute dé ces heureux accidens , qui , pour le cas actuel , se font trop longtemps atten- dre , on ne peut espérer de réussir qu'au moyen de quelque mesure générale , qu'il est bien dif- ficile, à la vérité , d'obtenir de la part des nom- breux propriétaires de luzernes , mais qu'un hasard heureux semble avoir (indiqué , l'année pissée, pour l'insecte dont il est actuellement question. Pour bien apprécier ce moyen, il faut d'abord connaître les habitudes et la manière d'être de notre ennemi et rappeler quelques généralités de l'histoire des insectes. On sait généralement que les animaux com- pris dans celte classe se montrent, dans les di- verses époques de leur vie , sous des formes en- tièrement différentes, qu'on a appelées méta- morphoses ou transformations et qui ne sont réellement que des développemens successifs. D'abord caché sous une enveloppe à peine visible , leur germe est enfermé dans un œuf. Une douce chaleur le développe. L'animal naît, dans le vers à soie par exemple et dans toute la classe des papillons , sous la forme d'une che- nille ; sous celle d'un ver dans les mouches et dans la plupart des autres insectes. C'est dans ce second état que sous le nom général de larve , l'animal prend tout son accroissement. Après avoir changé plusieurs fois de peau , en conser- vant la même forme , il a pris tout son dévelop- pement. Subissant alors une nouvelle ractamor- (i) La teigne de Fusain, MO AGKICLLTIRE, phose , après s'être enfermé dans une toque de soie, ou même suspendu à nu exposé à l'air ou bien caché dans l'inlérieur de la lerre , avec ou sans enveloppe, il rcvcl une peau nou\elle, sous laquelle il reste en général immobile et comme privé de vie, sans prendre aucune nourriture pendant un plus ou moins long espace de temps. Quelquefois , comme dans les mouclies , la peau ihêine de la larve se dessèche , prend de la con- sistance et recèle dans son intérieur l'insecte parfait. L'état sous lequel se trouvent alors les insec- tes est connu sous le nom de nymjihe fève ou chrysalide. Après un temps plus ou moins long , suivant les diverses espèces , l'animal quitte celte der- nière enveloppe , sort de sa coque s'il a pu s'en filer une , du sein de la terre s'il s'y est plongé pour sa dernière métamorphose, et parait sous sa forme naturelle ; et, lorsque l'air a séché et donné de la consistance a tous ses membres , il prend la volée s'il a des ailes et se trouve dans l'état où il est propre à se régénérer par une nouvelle ponte, soin auquel il selivrc aussitôt. Ces poules se renouvellent plusieurs fois dans la même année pour certaines espèces , comme les charançons du blé, les pucerons, les alli- sés, etc., soit par le même individu, soit par là succession de ses petits, et il y a alors dans l'espace d'une année plusieurs générations suc- cessives. D'aulres ne produisent annuellement qu'une seule génération. Certains enlin passent une ou plusieurs années sous les formes d'œufs, de larves ou de nymphes, et ne >ivent que quel- ques instans comme insectes parfaits et seule- ment pour ?e reproduire ; tels sont les banne- tons , les éphémères , etc. Ces notions préliminaires sont nécessaires pour connaître le moment le plus favorable pour combattre avec plus d'avantage les espèces qui nous sont nuisibles, et diminuer autant que possible dos êtres qui ne sont dangereux que par leur nombre. C'est le cas de l'espèce dont il csl actuellement question. Ce n'est pas d'aujourd'hui seulement qu'on s'est aperçu de ses ravages. Olivier de Ser- res l'a signalé déjà dans son Théâtre d'agricul- ture. «Quelquefois , dit-il, la saisun étant trop .sèche , à la seconde herbe de cette plante s'y en- gendrent petites chenilles noires appelées bubo- tes, ([ui la périssent , la faisant dessécher.» On est convenu actuellement de ne donner le nom de chenilles qu'aux larves des pai)illons de jour el de nuit (|ui ont toujours plus de six pâlies. On ne connaissait pas encore l'insecte parfait produit par cette lar\e , lors de la dernière édi- tion du Thfâtre d'agriculture ; mais plus tard ses ra\ages s'étant fait sentir dans les en\ irons de Taris, il n'échappa pas aux rcLherchcs des entomologistes , et on reconnut en lui une chry- somélc de Linné , classée par l'illustre auteur du Tableau des insectes des environs de Paris , el par la plupart des entomologistes dans le genre gribouri , placée plus lard dans le genre qu'on a nommé euntolpe , sous le nom û'eii- molpe obscur, avec te gribouri, aujourd'hui eu- niolpc de la vigne , remarquable surtout, vers le nord de la France ou ses parties moyennes , par les ravages qu'il fait dans les \ ignés (1). Au printemps et dans le courant de mai , sui- vant la température de l'année , on \oit sur les premières pousses de la luzerne , déjà grandes à celle époque, un petit insecte gros à peu près comme un grain de vesce. Ses antennes (ou cor- nes} sont fauves, le reste du corps est noir, mais les poils fauves , épars sur son corps el qu'on n'a- perçoit qu'à la loupe , lui «lonnenl une teinte brunâtre. Ses élytres ou les étuis de ses ailes sont chagrinés, ce qu'on ne peut encore voir qu'à l'aide d'une loupe. Le mal qu'il fait en cet état esta peine apparent. C'est le moment de la reproduction des insec- tes : ils recherchent alors leurs femelles el so ser\ent au besoin de leurs ailes, cacliées sous le fourreau corné qui les recouvre , pour y parve- nir plus aisément , ce qui explique l'extension graduelle des ravages produits par ces animaux, car les femelles jouissent de la même faculté. Après l'accouplement , l'abdomen ou ventre des icmelles prend un accroissement considéra- ble. Naturellement plus grosses que les mâles , elles paraissent alors difformes et monstrueuses par l'extension de cette partie de leur corps, oc- casionnée par le volume de leurs œufs. Leurs élytres ne recouvrent q;:e le tiers ou le quart de leur abdomen , qui preiid une couleur rousse causée par celle de leurs a'ufs. Ces étuis ou ély- tres couvrent toujours le corps entier des mâ- les. Dans les femelles prêles à pondre , ils res- semblent au capuchon des anciens moines. Bientôt elles déposent dans les débris tombés au pied des tiges de luzerne , parmi les mousses et les feuilles qui peuvent leur servir d'abri, qua- tre ou cinq cents œufs chacune. Ces œufs sont oblongs , luisans et de couleur jaune fauve. Après l'accouplement el la ponlc , l'insecte parfait périt et disparait entièrement. [Sera continué.) MOYEN FACILE ME PRESERVER LIÎS l!.\«;l^ES BU FRAISIER DE l' ATTAQUE DU %'ER BLANC. On sait f|uc la racino du fraisier est une de celles que le ver blanc attaque de préférence. On sait aussi que le ver blanc s'enfonce l'hiver à une profondeur qui n'est jamais moin- dre de 14 à 10 pouces (i78à 4 33 milliin.). Pour se préservcl- de ses lavagcs on défonce pendant l'hiver de la profondeur de lO à 12 pouces (270 à 324 niillim.), les planches desti- nées aux fraisiers , el on en rejelle les Icires des deux rôles ; puis on étale dans le creux ainsi pioduit un lit de feuilles d'arbres sèches de l'épaisseur de 3 ;i quatre pouces (81 à 108 niiliiin. ), passableinenl tassées. Ensuite on re- jette sur ces feuilles les terres (ju'on avait artiassées des deux côtes, et c'est sur ces terres (i) Ine autre espèce <]o ce genre a dévoré ceUe an- née dans beaucoup de bois loules les feuilles des Ireni- bles. AGRICULTURE. 241 ainsi ameublies et superposées au lit de feuilles qu'on repique son semis «le fraisiers , dont le succès est alors remarquable. L'expérience iious apprend que le ver blanc ne peut pas percer et traverser ce lit de feuil- les pour remonter jusqu'aux racines du frai- ser. Cette espèce de parafer pourrait être de même employée pour préserver d'aulies plan- tes estimées, et plus particulièrement attaquées par ce\er. On a pensé qu'il serait utile de donner de la publicité à ce procédé , usité à Loulogne-sur- Seine près Paris. ECONOMIE FORESTIERE. DE LA TAILLE ET DE l'ÉLAGAGE DES ARBRES DA? : elles sont en acier. L'arbre Csur lequel elles sont fixées se retire à volonté par un écrou E fixé au boul d'un des deux manches F. (i) Cet inslrutncnt de cuisine elle presse purée d iroispied.s, que tous indiqiionsplusb.is, sont fabriqués par M, Arnhcitor, ni''caiiicien breveté. 260 MORALE, MÉTHODES D'ENSEIGNEMENT, LÉGISLATION. Les portions du rouleau en bois G se retirent également , afin que les lames puissent être repassées lorsqu'elles ont servi pendant quelque temps. mv H, portion du rouleau sorti de l'arbre; I, rou leau en bois, vu de face ; J, lame circulaire, vue de face. PRESSE PURlii; A TUOIS PIEDS. Cet instrument, qui se comp»se d'un cylindre A et d'un rcfouloir 15, peut recevoir difTérenles applications. Ainsi, quoiqu'il soit principalemeii t destiné à réduire des légumes cuits en purée , il pourrait encore servir pour obtenir des confitu- res et des marmelades : il ne s'agirait que de te- nir les trous du cylindre plus petits, (.et instru- ment tend à éviter la fatigue à la personne qui l'emploie , car la pression s'exécute avec une grande facilité et les résultats sont obtenus plus promplement que par les procédés ordi- naires. La figure G indique le refouloir sorti de son cvlindre. Nous tiendrons nos abonnés au courant des nstrumcns de cuisine que M. Arnheilcr pour- rait inventer ou peri'eclionner , lorsque ces ins- Irumcns nous paraîtront de nature à intéresser les bonnes ménagères. o--^g-■g-t^i-f•i-^■^§■^tf^■s--g-t■§-tf■^ti-tt-e■f-tf■-§-f-§-i--§-^?--s■ti--§-f--§^^ IV. MORALE, MÉTHODES D'ENSEIGNEMENT, LÉGISLATION. TRAVAUX DES MAIRES POUR LE MOIS d'aoLT , A JOURS FIXES ET A EPO- QUES INDÉTERMINÉES. — SUITE DE l'iXDICATIOjN DES TRAVAUX ANNUELS SANS EPOQUES FIXES. Bois ET FORÊTS DE l'ÉTAT ET DE LA COMMUNE. — La conservation des bois et forèls de l'élat et de ceux des communes et des claMissemcns publics est placée sous la sauvegarde des mai- res et adjoints. Le moire ue doit jamais se mon- trer trop facile à délivrer à un délinf|uant un oerlificat qui aurait pour but rallénualion des faits énoncés dans le piocès-verbai , pour le soustraire aux poursuites et à l'amende qu'il aurait encourues. Par une condescendance trop facile à délivrer de ces sortes de ceilificats aux délinquans, un maire encourage ceux-ci à commettre de nouveaux délits, leur rend ainsi un très-mauvais service et s'expose lui-même à des poursuites désagréables, puisqu'il certifie un fait conti'airc à la vérité. Il n'est pas sans exemple que quelques maires aient encouru en MORALH, 3IÉTH0DES' D'ENSEIGNEMENT , LÉGISLATION. 251 semblables ciironstanres la censure des tribu- naux et de l'adminisiralion. Le maire et l'adjoint doivent donc, au con- traire recommander aux gardes champêtres et forestiers de redoubler de vigilance dans celle partie essentielle de leurs fonctions; il vaut mieux prévenir que punir. Boulangers. — Envoi au sous-préfet de l'état récapitulatif de l'approvisionnement de chaque boulanger, {i"' août.) Chasse. — Du 20 au 31 août, l'ouverture de lâchasse est déterminée par un arrêté du pré- fet , que le maire fait afficher dès qu'il le reçoit. Les dispositions réglementaires sur la chasse et sur le permis de port d'armes de chasse sont basées sur la loi du 30 avril 1790 et sur le dé- cret du 4 mai 1812 , rappelés dans l'arrêté du préfet. Des procès-verbaux sont dressés contre les délinquans , remis au maire et adressés au sous- préfet, qui les transmet au procureur du roi. Conseil municipal. — Session d'août. — Troisième session ordinaire de l'année. — ( Du i" au 10 août ou le jour fixé par le pré- fet. ) A l'ouverture de la session dans laquelle on s'occupe des afTaiies qui n'ont pu être trai- tées dans les sessions précédentes, et en géné- ral de tout ce qui concerne les intérêts de la commune , le conseil municipal procède au choix du secrétaire ; l'ancien peut toujours être réélu. Nous indiquons ici les travaux spéciaux à la session d'août. En exécution de l'art. 14 de la loi sur l'ins- truction primaire du 28 juin 1833, et aux ter- mes de l'art. F"" de l'ordonnance du IG juillet suivant, le conseil municipal dresse, dans sa session d'août , l'état des élèves qui doivent être reçus gratuitement à l'école primaire élé- mentaire. Cet état présente la liste de tous les enfans dont les païens ne peuvent payer la ré- tribution mensuelle. En conséquence, il ne doit pas sexihment comprendre ., ainsi que cela a eu lieu par erreur dans quelques communes, un nombre de ces enfans déterminé à l'avance. Le préfet donne le modèle de la liste. - Les conseils municipaux des communes jus- ticiables de la Cour des comptes, c'est-à-dire de celles qui ont plus de 10,000 fr. de revenus, doivent, dans la session d'août, s'occuper de la formation du budget de l'exercice prochain. Celte modification aux règlemens d'après les- quels les budgets de toutes lescommunesétaient arrêtés dans la session du mois de mai, est la conséquence nécessaire du changement apporté par l'ordonnance du i" mars 1835 à l'époque de la clôtur» des exercices. L'exercice étant clos au 30 juin pour les communes dont le re- venu s'élève à plus de 1 0,000 fr., le conseil ne doit s'occuper du nouveau budget que dans la session du mois d'août, afin de pouvoir statuer à la fois sur la clôture de l'exercice précédent, sur le rapport au budget supplémentaire de l'année courante , des restes à recouvrer cl à dépenser, et enfin sur le règlement du nouveau budget. Ce que l'on vient de dire s'applique aux éla- blissemens de bienfaisance que l'importance de leurs revenus rend également justiciables de la Cour des comptes. Cultes. — Le maire a des rapports avec les ministres des cultes ; il a une place distinguée dans l'église ; il est de droit membre du conseil de fabrique. Il veille à ce que l'église et le pres- bytère soient entretenus en bon étal, puisqu'en résultat la commune serait chargée de suppor- ter la dépense des grosses réparations et des reconstructions de ces édifices. Ecole primaire. — Le maire remet à l'insti- tuteur communal , afin que celui-ci le certifie, le rôle de la contribution mensuelle à percevoir des parens des élèves. Emgagemens volontaires. — Le maire envoie l'état des engagemens volontaires reçus pen- dant le mois. (31 août.) Hospice , Bureau de charité, etc. — Renou- vellement par cinquième. — Aux termes de l'art. 4 de l'ordonnance du 6 février 1818 , et des ordonnances des 31 octobre 1821 et c juin 1830, le renouvellement des membres de la commission de l'hospice, du bureau de charité et des autres établissemens de bienfai.sance, a lieu chaque année par cinquième. Par une circulaire du 15 février 1818, le mi- nistre de l'intérieur a fixé au 15 août de chaque annnée l'époque où doil s'effectuer la réunion dans laquelle est arrêtée la liste des candidats à présenter. Cette réunion a lieu sous la présidence du maire. Il est procédé au remplacement ; 1° Des membres qui doivent sortir de droit h la fin de l'année; 2° Des membres démissionnaires ; 3" Des membres décédés ; 4" De ceux qui ont quitté la commune et n'ont [»as été remplacés. S'il se trouve un ou plusieurs membres sor- tans placés dans l'une des catégories désignées aux U05 2^ 3 et 4 ci-dessus , ils comptent pour ceux qui auraient dû sortir de droit, «t ceux de 252 MORALE, MÉTHODES D'ENSEIGNFMENT , LÉGISLATION. la première catégorie retombenl alors dans une position (lui les maintient dans leurs fonctions. La liste de préscnlalion doit indiquer les membres sortaus et contenir pour chaque membre à remplacer trois candidats, avec leurs nom, prénoms, domicile et profession. La liste est adressée au sous-préfet avant le l" septembre, transmise par ce fonctionnaire, avec son avis, au préfet, avant le i" octobre. L'exécution de ces dispositions a de nouveau été recommandée par une circuhuie du ministre de l'intérieur du 16 septembre 1830. Listes Électorales et du jurv. — A^chc. —Les maires des communes chefs-lieux de cantons, et de celles dont la population est au moins de 600 âmes, font afficher le 1 5 août les listesélectoralcset dujury rectifiées par le préfet. A cet effet , deux exemplaires de ces listes sont adressés aux maires de ces communes. L'un de ces exemplaires est et demeure affiché, par leurs soins , dans le lieu consacré à la pu- blication des actes municipaux ; l'autre est con- servé au secrétariat de la maiiie , tant pour être communiqué aux personnnes inléiessées que pour être consulté à l'époque de la révision annuelle de ces listes , qui a lieu au mois de juin. Le maire, en publiant ces listes, doitporterà la connaissani e de ses administrés que, à comp- ter du 15 aoùl, jour de la pulilicalion, il est ou- vert au scciétanat de la piéfccturc un registre sur lecjuel sont inscrites toutes les réclamations concernant la teneur des listes. Ce registre se clôt le 30 seplemhre. Le maiie annonce que les réclamations seront reçues : 1° De tout individu qui croirait avoir h se plaindre, soit d'avoir été indûment iascrit, omis oïl rayé , soit de toute autre erreur le concer- nant ; 2° De toute personne inscrite sur les listes de rarrondissemcnl électoral, qui réclamera l'ins- cription de tout citoyen omis ou la radiation d'individus uidùment inscrits. Ce inème dioil appartiendra i\ tout citoyen inscrit sur la liste des jurés non électeurs de l'arrondissement. 11 est d(inné par le préfet récépissé de chaque réclamation et des pièces à l'aitpui. Ces dispositions sont applicables aux listes supplémentaiies et complémentaires dressées pour l'élection des membres des conseils gé- néraux et d'arrondissement prescrite par la loi du 22 juin 1833. Mercuriales. — En dresser et en envoyer le tableau. ( 15 et 31 août.) voie publique pour cause d'alignement, l'acte d'acquisition rie ce terrain peut-il, par applica- tion des articles 56 et 58 de la loi du 7 juillet 1833, et pour éviter les frais qu'entraîne l'in- tervention d'un notaire , être rédigé dans la forme des actes administratifs , alors même qu'on n'a pas été obligé de recourir à l'expro- priation pour cause d'utilité publique? Nous répondons qu'aucune disposition de loi n'ayant rendu indispensable, pour le cas dont il s'agit, le ministère d'un notaire pour valider les actes d'acquisition faite parles oommnnes, celles-ci ont la faculté de contracter par un acte sous seing privé, après toutefois qu'elles y ont été autorisées soit par une ordonnance royale, soit par un arrêté du préfet en conseil de pré- fecture, suivant la quotité du prix d'acquisition. Nous ajouterons même que si l'acquisition a lieu par suite d'une demande d'alignement et pour l'exécution d'un plan approuvé par l'au- torité compétente , aucune autorisation n'est nécessaire pour passer l'acte d'acquisition sous signatures privées. Ces solutions, qui dé- coulent de la loi , sont d'ailleurs conformes à une interprétation récemment donnée par M. le ministre de l'intériour. On nous adresse celte question : Lorsqu'un propriétaire cède du teriain à la DE L'INSTRUCTION PURLIQUE , PAR M. EMILE DE GIRARDIN. (Membre de la chambre des députés). Celui-là qui est maître de l'éduca- lion peut changer la face du monde. LUBMTZ, Deux circonstances nous obligent à nous ex- l)rimer avec une extrême réserve sur l'ouvrage de iM. de Girardin. D'abord son litre de fonda- leur du Journal des Connaissances utiles, en- suitcla manière avantageuse dont il a parlé de l'auteur de cette analyse. Nous nous bornerons doiicà faire connailrc au\ lecteurs ce livre d'un genre tout nouveau et qui, pour être apprécié à sa juslc valeur, a besoin (l'être lu et médité. Ce n'est point , en cfTc't , une vaine et malveil- lante critique de ce qui exisle, mais un examen sérieux et approfondi de ce qu'on peut faire, d'abord en ulilisanl , par de sages modifications, les ressources qui existent, puis en créant ces ressources là où elles maïKiuent encore : tou- jours le remède à ( ùlê du mal, les moyens au- près des nécessités, ce à quoi ne nous ont guère accoutumes la plupart des publicistes modernes, si habiles à détruire cl si peu féconds en moyens d'organisation et de reconstruction, MORALE, MÉTHODES D'eNSEIGNEMENT , LÉGISLATION. 253 L'épigraphe est la pensée fondamentale du li- | Vre. Celui-là , en effet, changerait la face du monde qui serait maître de l'éducation. Mais qui sera jamais maitre de l'éducation ? Personne, si ce n'est tout le monde ; c'est donc à tout le monde qu'il faut s'adresser ; il faut guider ses concitoyens par des conseils, attendu qu'il est impossible de les maîtriser parla force, quelque grande qu'on la suppose. On doit en convenir, il n'existe point en France d'éducation ; le ministère qui est chargé de cette mission si grave de former des citoyens porte un nom significatif, il s'appelle seulement ministère de l'instruction publique; etiM. de Gi- rardin, adoptant le langage consacré, ou peut- être ne croyant pas devoir dire encore toute sa pensée, donne pour titre à son livre, De l'Ins- truction publique, tout en faisant un véritable traité d'éducation. On a dit que notre société offre l'image de ce chaos si bien défini par ces paroles : « Chaque chose n'est pas à sa place et il n'y a point de place pour chaque chose. » La cause en est, d'une part , dans le défaut d'éducation, et de l'autre dans une instruction vague et indécise à force d'être générale, instruction qui suscite et fait grandir en foule des prétentions qu'attendent dans I» pratique d'amères déconvenues. Le monde est plein de gens qui ne sont bons à rien, parce qu'ils sont ou se prétendent propres à tout, et il y a beaucoup de choses que personne nesa'l précisément parce que tout le monde est censé les savoir. Il serait bien superflu de s'appe- sentir sur celte vérité, reconnue par tous les hom- mes de quarante ans qui se sont demandé à quoi bon leur avait servi cette éducation de collège qui a coulé à eu\ les plus belles années de leur vie et à leurs familles les plus lourds sacrifices , et qui se sont vus réduits (heureux encore ceux qui ont eu assez de bon sens et de courage pour l'entreprendre ! ) à refaire leur éducation au mi- lieu des occupations de la vie active du citoyen, du travailleur et du père de famille. Quels sont donc les moyens de remédier à cet étatde choses, dont chacun se plaint sans que per- sonnesonge à faire le moindre effort pour en sor- tir? Organiser l'instruction publique et former deux sections , une première qui comprendra l'instruction élémentaire , générale, nationale : une seconde danslaquellese donnera l'instruc- tion complémentaire, spéciale, professionnelle. L'éducation élémentaire, venant du gouverne- ment, pour lequel c'est une étroite obligation et un devoir sacré, nivelle tous lescitoyens au début de la carrière et leur donne à tous, gratuitement et par portions égales, moralité, religion et in- strumens de travail intellectuel et physique. Après cela, partageant celte grande masse en groupes divers, suivant les aptil udes particulières, il présente à chacun d'eux, moyennant rétribu- tion de temps et d'argent, les moyens d'acqué- rir un talent spécial qui devienne entre ses mains un capital productif propre à le faire vivre. Celte simple division amènerait d'importans ré- sultats. M. de Girardin voit peu de choses à changer dans le système d'instruction primaire actuelle- ment adopté pour le premier degré ; il propose seulement d'y ajouter l'enseignement du chant, qui est maintenant encore borné à qneUiues lo- calités. Quant au second degré, il demande, ou- tre ce qui existe, que les élèves soient exercés à écrire sous la dictée, à faire des analyses et à s'exprimer facilement ; il veut de plus qu'on les familiarise avec la tenue des licres de com- merce et qu'on leur donne des notions d'agri- culture et d'économie domestique, de mécanique industrielle, de chimie, de physiologie et d'hy- giène, enfin de droit civil et public. On est frappé de la ressemblance qui existe entre les idées de M. de Girardin et le plan proposé par Franklin , il y a près de cent ans, pour une école destinée à ceux qui ne devaient pas suivre les éludes classiques usitées alors, plan qui est consigné avec beaucoup de détails dans l'édition anglaise de ses œuvres et dans le- quel on trouverait des choses fort utiles relati- vement aux méthodes abrégées d'enseignement que M. de Girardin désire avec raison voir s'éta- blir. Ce n'est pas d'ailleurs le seul rapport qui existe entre M. de Girardin et le philosophe américain. En effet, l'almanach du Bonhomme liichard fut publié pour la première fois (ent ans juste avant la première apparition de ïAl- manachde France. L'auteur s'arrête sur un point capital, c'est le choix et la position des instituteurs. Il fait voir que dans l'état actuel des choses , l'exiguïté de la rétribution et la dépendance où sont les ins- tituteurs primaires relativement aux autorités locales et aux inspecteurs communaux éloigne d'une carrière vraiment ingrate presque tous les hommes capables et laborieux, et il montre que l'instiutcur devrait avoir sa place marquée entre le curé et le maire, sous le double rapport de la considération et de l'existence matérielle. Il in- dique comment on pourrait, sans augmenter les impôts, faire face aux dépenses qui résulteraient de celte nouvelle organisation dont il donne les bases hiérarchiques et les moyens d'exécution. On ne saurait s'expliquer d'une manière plus judicieuse sur l'éducation des femmes et sur l'influence qu'elles exercent sur la société qu'en disant : « Il faut apprendre aux femmes ce qu'elles doivent plus tard enseigner aux enfans qui naîtront d'elles, » Pour arriver à la diffusion désirable de l'ins- truction primaire , un moyen de toute justice, mais que les idolâtres de la liberté ne manque- ront pas de considérer comme atlentatoire aux droits de l'homme , consisterait à priver de l'exercice de ses droits politiques quiconque, âgé de vingt ans, à une époque déterminée, ne pour- rait pas prouver qu'il sait lire et écrire. Les hommes raisonnables n'ont pas besoin qu'on leur démontre que personne n'est lésé par cette disposition, si ce ne sont les paresseux elles in- capables. Ils comprendront également qu'il fe- rait juste d'attribuer les premiers numéros du tirage pour le recrutement aux hommes ne sa- chant ni lire ni écrire, ne fùl-ce que pour leur faire acquérir à l'école régimentaire les connais- sances qu'ils n'ont pas pu ou qu'ils n'ont pas 254 MORALE , MÉTHODES D'ENSEIGNEMENT, LÉGISLATION. voulu acquérir à l'école primaire de leur vil- lage. Abordant la scronde qucsUon , celle de l'ins- truclion secondaire on professionnciile , l'auleur signale un fait bien digne d'allention , savoir l'cnconibremenl des professions appelées libéra- les, encombremenl d'où résultent des maux si graves que le goiivernenient est actuellement obligé d'y remédier d'une manière efficace. Examinant les frais énormes de l'instruction re- quise pour ces professions et le faible produit qu'en retire ceux qui y parviennent, il signale la nécessité de les diminuer en spécialisant de bonne beure l'instriiclion afin de parvenir plus tôt au résultat, non pas en abrégeant et en tron- quant les éludes, mais au contraire en les com- plétant par un emploi p'.usjudi ieux du temps: car, il ne faut pas se le dissimuler, les éludes ne sont si longues que parce qu'on manque abso- lument de méthode, et que, si l'on peut employer celle comparaison, la moitié de la force est per- due en frottement. Nous espérons dans quelque temps examiner la question importante de la didactique, c'est- à-dire l'art de faire acquérir les connaissances; et dans ce travail nous chercherons si cffecli- vcment il y a des méthodes abrévialives et expé- ditives. Il est vraiment singulier que les progrès de la raison publique n'aient pas amené le nivelle- ment des professions sous le rapport de la con- sidération en faisant voirqu'on n'en peut exercer aucune d'une manière honorable et utile san.; tm travail fort assidu cl sans des connaissances iiussi nombreuses que variées. Pourquoi donc , tandis que lous les Français sont égaux devant la loi, un avocat, un médecin se pose-l-il comme supérieur à un fabrioani, à un marchand, à un cultivateur'.' et pourquoi ccsderniers, quand ils ont fait fortune , s'empressent-ils de pousser leurs cnfans vers l'administration , la magistra- ture, etc., leur donnant une vocation orgueilleuse et souvent mensongère dont les suites ne sont que trop connues? 11 y aurait à étudier ce que c'est que la vocation. Peut-élre serait-on conduit à conclure (lu'il y a peu de vocations pour une profession pro|)reineiU dite ; que , pour la plu- pari, lesjeunesgcns sont dirigés par leur vanité on par celle de leurs parens , que plus .'ouvent peut-être encore ils sont attirés vers le droit ou vers la médecine par l'appât de la liberté dont ils espèrent jouir pendant quatre ou cinq années à l'abri du titre olîiciel ù'étudians. Puisse le livre deM.de Girardn se répandre et mettre en circulation ces idées, qui ont en- core si peu de cours en France et qui auraient une si heureuse influence sur l'avenir du pays , idées simples, naturelles et si souvent formulées par nos proverbes = « // n'y a pas de sots métiers, il n'y a que de sottes yens ; un métier ne vaut rien s'il ne nourrit son homme ; d'un magis- trat ignorant c'est la robe qu'on salue; il vaut mieux être le premier d'une profession moleste que le dernier d'une profession relevé^, etc. »0a comprendrait alors que chaque homme doit, pendant les trois quarts de la journée, travailler T>our vivre et alors être marchand, agriculteur, fabricant ou avocat, puisque pendant la der- nière portion du jour il doit élre homme, c'est- à-dire citoyen , père de famille , etc. , s'appli- quant à la culture de son intelligence ou se li- vrant aux délassemens auxquels son travail lui a donné des droits. Il n'est pas douteux que ce livre ne devienne le guide des pères de famille qui ont a décider pour leurs enfans du chsix d'un état. Quel est en elTet actuellement la position d'un père au moment où son fils est prêt à prendre une pro- fession :' D'après quoi se décidera-t-il? Sait-il (iuellcs sont , parmi les diverses carrières qu'il peut lui faire suivre , celles qui sont encom- brées et celles qui offrent des chances de suc- cès? quelles sont les sommes qu'il faut mettre dehors pour atteindre le but qu'ils se sera pro- posé , et où se trouvent les établissemens d'ins- truction publics ou particuliers que le jeune homme pourra fréquenter? Que d'existences manquécs faute d'avoir su économiser le temps et l'argent, faute d'avoir su même ce qu'il en fallait pour atteindre un but déterminé ! M. deGirardin, par son travail , préviendra ces erreurs funestes. Lorsque, comme il l'annonce, une seconde édition à bas prix aura paru, elle se répandra partout, et chacun saura positivement à quoi s'en tenir sur ces matières. Tous les bons citoyens doivent désirer de voir les idées de ftl. de Girardin prises en considéra- tion par le gouvernement. A la prochaine légiS'- lature on s'occupera de l'inslruction publique et pliisieurs projets de loi seront présentés sur ce sujet important : peu de personnes sont plus en mesure que ce député de fournir à la discussion de lumineux reiiseignemens : nous sommes sûrs qu'il ne manquera pas à sa mission, et nous croyons que la lecture de son livre sera pour ses collègues une préparation non-seulement utile, mais encore indispensable. D'ailleurs, M. de Girardin ne prétend pas voir toutse réaliser en un jour: il échelonne en quel- que sorte el fractionne le travail en montrant l'ordre dans lequel peuvent s'exéculer les amé- liorations dont se composerait le vaste ensemble qu'il embrasse dans ses prévisions. Nous n'avons pas prétendu donner une idée d'un ouvrage qui échappe à l'analyse tant il est précis, serré, compact, si l'on peut ainsi dire ; nous désirons seulement avoir appelé sur lui l'attention el la méditation de nos concitoyens. Et qu'on ne pense pas que ce livre, traitant de si hautes et si graves questions, soit accessible seu- lement aux hommes de science et de travail : il n'est pas d'homme sensé qui ne puisse le lire et le comjjrendre, tant il est écrit avec clarté et simplicité; il n'est personne qui n'ail fait ces re- marques, personne qui n'eût pu tirer ces con- clusions et proposer ces mesures qui découlent tout naturellement de l'observation des faits. En un mot si Montaigne a dit : « Ceci est un livre de bonne foi , » on pourrait dire de l'écrit qui nous occupée : « Ceci est un livre de bon sens. « F. lÎATIER , Docteur-médecin et directeur de l'École préparatoire de mé- ilerinc de Pqris. HISTOIRE DE LÀ COMPAGNIE DE JÉSUS DEPUIS SA lO.NDATION JUSQU'A NOS JOURS, En y comprenant les missions évangéliques de la Chine, du Paraguay, du Canada, etc.; rédigée sur les documens les plus authentiques, PAR EMMANUEL DE SARRION. Ornée des portraits , gravés sur acier, des jésuites les plus célèbres par leurs vertus ou leurs talens. Ccl-imporlant ouvrage, destiné à relever tant de calomnies, à redresser tant de préventions, paraîtra à dater du 15 juillet prochain, par livraisons de 50 centimes, contenant deux feuilles de texte imprimé' sur fran'd-jésus- véîin, ou une l'euille avec portrait, gravé sur acier, et dû au burin des premiers artistes de rrance et S'Annlcterre La première livraison contiendra l'histoire et le portrait do ' o • Sainî-ïgaace de Xioyola. tous librai ries Les 600 pi'emiers souscripiems qui enverront immédialement 20 fi\ recevront pour ce prix , (es 2 volumes complets et franc déport. I. ÉLÉMENTAIRE, GÉNÉKALE, NATIONALE. II. COMPLÉMENTAIRE, SPÉCIALE, PROFESSIONNELLE 5 Par M. Emile de Girardl\, membre de la chambre des dépulés. Un volume in-8". Prix .- 7 fr. 50 c. Chez Auguste Desrez, éditeur, rue Neuve-des-Petils-Ghamps , 50. TRAITÉ DES VACHES LAITIÈRES, Pour connaître ;\ la seule inspection de l'animal quelle quantité de lait uns vache quelconque peut donner mr jour, quelle est la qualité du lait, et combien de temps la vache le maiiitieiil. PAR M. F. GUENON, Membre du comice agricole de Bordeaux, membre correspondanl du comice agricole d'Aurillac. 1 vol. in-8° avec planches. Cet ouvrage, que quelques journaux ont déjà annoncé, étant demandé de toutes parts, <;e maintiendra au nri^ primitif de la souscription, a fr., jusqu'à la fin d'août prochain ; passé ce mois, il sera vendu ,o f"_ ""'^ ^" P"^'^ COURS RAISONNÉ DE COMPTABILITÉ RURALE, A l'usage des propriétaires, cultivateurs, fermiers et hommes d'affairés. PAR M. DUPRAT, Membre correspondant de la Socicic nalionalc. Un volume in-1'2. — Prix : 2 fr. S'adresser pour ces deux ouvratçes, qui sont sous presse, à M. DUPRAT, libraire, n^ent co-rcsnondant -ï Bordeaux, rue Gouvion, 21, qui ne recevra que les demandes affranciiies. ' " esponaant , j ©îaiB'"^4B^ ^»2St^a'îï-^2S?. PHARMACIEN, RUE CAUMARTIN, 45, A PARIS. Supériorité constaîéc sur les autres Pectoi-aux pour guérir les Rlujmes, Catarrhes^,- Coqueluches, Toux, Asthmes , Enrouemens et Maladies de Poitrine. Dépôt dans toutes les villes de France et de î'élranger. LE SIECLE. La clôture des débats législatifs va pprmelire au Sic- cle, celle année comme les années precédenles, de don- ner à sa partie lilléraire loul le dcveloppemenl que les circonstances rendent possible dans l'intervalle des ses- sions, et tpii lui a mérité une place si distinnuée dans la presse parisienne. Ainsi , pendant le prochain se- mestre, à partir du i"-' juillet (outre les arlicles isolés de Critique littéraire, de l'Iiilosophie, d'Histoire, de Science, d'Art, de Théâtre, etc. , par MU. A. Nisaud, Loiis ViAnnoT, Hemu Martin, l'ii. liLANCUAUD, E. Baueste, Pierhe I)t RA^n, Tiumiî, Hiiioi.yte Lucas, CeAL'DO, ÉMll.E PACiiS, lASSAlI.EY, GEMÉS, HOLS- SEAU, J. AUACO, P.ocHEFonr, Cn. DE Wallat, Atoe- EUAND, Napoléon d'AhuantI'S, (iiicnAUDET, Arnoeld Fremy, Ch. Nodier, Aliieric Second , Albert Clerc , L. COUAILHAC, MaGALON, I'. DE iMlSSET, LoUlS PiEY- BAtD , Anselme Peteti.n, etc.), le feuilleton quotidien du Siècle publiera : lo LA PEAU DU LION, NouvelIc eu plusicurs chapi- tres, par M. Charles de Bernard. 2» LA TRAITE DES BLANCS, petit Tomau ; — Robcft tlacaire ri Joh J«aH, fantaisie; — et quelques Scé/ie.y dramatiques de l'Histoire de France, par M. Alphonse ROYER. 30 SOUVENIRS INTIMES DU TEMPS DE L'EMPIRE, comprenanl, savoir : lu Dicton de l'Epoque. — Les Aides-de-Camp de l'Empereur. — Histoire pittoresque de la mère Moulin, vivandière du Si-- de licjiie.—La Ba- taille de Lutzen. — L'Entrevue de Dresde (I8i'^).— L'Empereur a IHoscoir. — Un Jour de grande réception aux Tuileries. — JSapoleon et les Hommes de Lettres. — Abdication de Louis tionuparte , roi de Hollande. — La Saint-yapolcoii a Paris. — Divorce de l'aupcralrice .losephine. — L'Escadron sacre (Episode de la campa- gne de Ilussie^. —N(ipoLo)i au liai masque. —Séjour a nie d'Elbe. — Le l'.ivouac de l'Empereur. — Le Chump-de-ilai.—Le duc de llrichsladl n Schaiibrunn. — Les Illustres Ingrats, etr ; par M. Emile Marco de Saint-IIilaire (un page du palais impérial». 40 lA FAMILLE DE HENRI !■ ' , Clirollique dU doU- zième siècle , Nouvelle en plusieurs chapitres , par M. Paie Eolcuer. 50 LE LIVRE DU MEzouAR, Ilistoirf algérienne, Nou- velle en plusieurs cliapilre.s,— et plusieurs IUines nis- TORioiES, savoir : Port-lioijal-des-Cliamps, — Jumie- ges,—Poissii,—etc., par M. Alexandre de Lavergne. 60 QUELQUES UTOPISTES : Cubnnis, — Ualliinclie, — Fourier, par M. Félix Leclerc. 70 LETTRES SUR L'AUTRICHE (frapmens d'un voyage): — Les Crocodiles, Anecdote do la ileslauralion, Nou- velle, — et ['Histoire des Clubs, Série, par M. André Delriel-. 8° LE DERNIER DES MONTMAYEUR , ClirOniqUC CU plusieurs chapitres, par M. Mole-Gentiluomme. 90 LA MAIN DE LA MADONE, Nouvelle , par M. Ste» I-HEN DE LA MaDELAINE. 10° GONELius, Nouvelle en plusieurs chapitres, par M. UOCER DE lÎEAlVOlR. lie LA MAUP.EssE, Nouvcllc, par M. Eue Herthet. 120 LES MIGNONS DE LA LUNE, Chro»i(|ue espagiiole (1340}, par M. Emmanuel Gonzalés. loù LA PREMIÈRE EXPÉDITION DEM. DE TOURVILLC, Nouvelle historique, par .M. Charles La*ont. 14» MARIE, Nouvelle posthume, Uiédite, en plusicurs chapitres, par M'"f la duchesse d'Abrantès. 15" FRANZ, Nouvelle en plusieurs chapilres, par M. Al.TAROClIE. 160 LE SERGENT DE MUSIQUE, Nouvclle par M.Jules A. David. 17° UN ROMAN, parle bibliophile Jacob. 18° ESQUISSES DE MŒURS, par M. Pal'l de Kock. 19" NOUVELLES SCÈNES POPULAIRES^ par M. HENRI MONNIER. ^O" UN PROVERBE inédit, de M. Théodore Leclercq. 21'^ LE MALHEUR D'ÊTRE UN HÉROS , paf M. LÉON GOZLAN. 220 MADAME MACAiRE, Fomao , par M, Louis Des- KOYERS. 230 BALTHAZAR, roman, par M. Scribe. 240 DEUX ROMANS et unc nouvelle série d'impRES- I sioNS DE VOYAGE , par M. Alexandre Dumas. Le feuilleton du Siècle est également en mesure de réaliser un projet que les nombreuses dillicullés de l'exécution et le défaut d'espace l'ont forcé d'ajourner jusqu'à ee moment. Il s'agit de la publication d'un ro- man DE MœURS CONTEMPORAINES, dont VINGT-SEPT COL- I.VROIUTEURS AURONT ECRIT LES DIVERS CHAPITRES. Chacun des vingt-sept collaborateurs prendra l'ac- tioti et les personnages au point oit les aura laissés .son devancier, et devra les conduire à son tour pen- dant Imil un rhapilre cl sans s'écarler du but général. L'ordre dans lequel chacun d'eux devra coopérer à l'œuvre commune sera réglé par le sort. Cette espèce de roman de tout le monde, dont le sujet a été mis au concours, et dont le Siècle fera connaître ultérieure- ment le litre et les auteurs, sera publié à partir de la lin de juillet ou du commencement d'août au plus tard, par chapilres qui paraîtront régulièrement de huit jours en huit jours. La puhlicalion en durera plusieurs mois. Le nom des écrivains chargés de celle œuvre collec- tive en garantira Je succès plus encore que la nou- veauté (1). V (1) On s'abonne au journal le Siècle, rue du Crois- sant, 16, et chez lous les libraires, directeurs de poste et de messageries, l'rix pour un an, 40 fr.; six mois, 20 fr. ; trois mois, 10 fr. Départemeus, 48, 24 et 12 fr. {Affranchir.) BOURSE MILITAIRE. ASSURANCES GÉNÉRALES CONTRE LES CILWCES DU RECRUTEMENT Établie à Paris, rue de la IMichodiùre, 4, sous la raison IIknri LECLERC et C*. CAPITAL SOCIAL : 1,000,000 DE FR. Celte compagnie opère dans toute la France depuis six ans. Elle opère à Ions les ,igcs, depuis la nai:isanre jus(pi'à vingt ans, nioveiinant une prime uni(iue ou an- nuelle. Les fonds provenant des assurances restent entre les mains des souscripteurs jusqu'à parfaile libération des assurés, ou sont déposés, à leur choix : Chez leur notaire, chez les dépositaires dé.' ignés par la compagnie, ou chez MM. Jacques LAFFITTE et C«» banquiers, rue Lallitte, lU, à Paris. Suivant l'article additionnel des statuts, MM. Jacques LAIl'l r fE ei C<- ont le droit exclusil de recevoir et de donner (|uitlance des sommes provenant des assuran- ces faites par la Bourse militaire, et sont garans envers les souscripteurs du montant des primes déposées en leurs mains, jusqu'à la libération définitive des assurés. S'ADRESSER, POUR CONNAITRE LES CONDITIONS, A Vadminisiration, rue de la Michodière, 4, ou à j\P Pré coteau, notaire, rue Si-Marc, 50. BATIGNOLLES-MOKCEAUX. — Imprimerie de Auguste DESHEZ et Ce, rue Le-meucibu, 24. , M & • SÉRIE. 1838. JOURMAZ. DES Troisième année* COIAISSAIES UTILES. REPERTOIRE MENSUEL ET PROGRESSIF DE TOUS LES FAITS UTILES, ÉC0N03IIQUES ET NOUVEAUX, Guide du consommateur, ANNONCES CRITIQUES ET RAISONNÉeS DES PBODUITS DE l'IiNDUSTRIK. Une livraison de trente-deux pages par mois , contenant un demi-rolume m-S". PRIX , FRANC DE PORT POUR TOUTE LA FP.ANCE , PAK AN, SIX FRANCS. n rue Neuve-des-I'etiis-Champs, n. 50, à Pi IVLMÉRO 9. — SEPTE3IBRE. Notions générales de botanique, 25S. I. AGRICCLTCP.E. Grande culture : Suite de l'article sur les fourrages, 261. — Des moyens de détruire les insectes qui dévo- rent les secondes coupes de luzerne, 265. — Terre de bruyère artificielle, 267. — Faucliaison, 26S. — Ilor- ticnlture : Nouveau poireau, ibid. — Des plantations de bordures , des vergers agrestes , ibkl. — De la canne à sucre, 269. — Constructions agricoles : Poulaillers, ibid. — Garennes et colombiers, 271. — Progrès de l'agriculture en France depuis 1S15, 272. — lïes en- couragemens donnés à l'agriculture, 273. II. COMMEUCE, MANLFACTLT.es, AUTS ET MÉTIERS. Procédés peu connus de l'art du marécbal, 274. — Fabrication des fers, 275. — Fabrication de la chaux, ibid. — Eau-forte des graveurs, 276. — Commerce de^ soieries, ibid. III. ÉCOXOMip DOMESTIQUE. Petit-lait clanlié , 276. -A Fromage de pommes de terre, 277. IV. inCIÈNE ET-MÉDÉCIXE. , Des vers, 277. V. JIOR VLE, MÉTHODES D'EXSEIGSE.ME5IT, LÉGISLATION. Enseignement spécial .- École préparatoire de mé-» decine à Paris , 278. — Travaux des maires pour le mois de septembre, 281. — Loi sur les justices de paix, ibid. — Sessions des conseils municipaux, 283. — Loi concernant les vices rédnibitoires, 284. — Loi prescrivant l'adoption définitive et exclusive du système métrique décimal, 285. -^ Tableau des mesures légales, 286. Annonces, 287. Le 1 lev. du sol. 5 h. 17 m., couch. 6 b. 42 m. 10 5 30 6 22 20 5 44 6 2 30 5 59 5 40 P. L. le 4 à 6 h. 27 m. du matin. X). Q. le 10 à 10 19 du s«ir. N. L. le 18 à 8 54 du soir. P. Q. le 23 à 10 3 du soir. m loi' m ¥(^ i JOUKS FETES ET ROMS INTÉRÊTS REVENtJ 1 EMPLOI. 1 PRODUIT i, de I/IO £ épargné ^ AU bout de «^ i4 0 — il de la des de fr. 100 par par Dépense Epargne ^ •a -3 semaine. SAINTS. à 4 p. o;0. an. jour. 9/10. ~f.~c7~ 1/10. f. c. 20 ans. ^ i J. f. c. C f. c. f. c. 1 ■^ 244 1 samedi. SS. Leu et Gilles. 245 2 68 12300 33 69 30 32 2 36 3727» 10 ■ ^ i 245 2 DIM. S. Lazare. 246 2 69 12350 33 23 30 45 2 38 37421 60 g 246 3 lundi. S. Grégoire. 247 2 70 12400 33 97 30 57 2 39 37573 10 £ 1 247 4 mardi. Ste. Rosalie. 248 2 71 12450 34 10 30 69 2 41 37724 60 g 248 5 mercredi. S. Berlin, abbé. 249 2 72 12500 34 25 30 82 3 42 37876 15 £ S 249 6 jeudi. S. Onésipe. 250 2 73 12550 34 38 30 94 3 43 38027 70 g ^ 250 7 vendredi. S. Cloud. 251 2 75 12600 34 52 31 06 3 45 3S179 20 ■ % ^ 251 8 samedi. Nat. de N.-D. 252 2 76 12650 34 65 31 19 3 46 38330 70 Ê nI 252 9 DIM. S. Omer. 253 2 77 12700 3*78 31 31 3 47 38482 25 Ê ^3 253 10 lundi. Ste. Pulchérie. 254 2 78 12750 34 93 31 43 3 49 3S633 80 à. ^ 254 U mardi. S. Patient. 255 2 79 I28CO 35 06 31 â6 3 50 38785 35 g ^ 255 12 mercredi. S. Raphaël. 256 2 80 12850 35 20 31 '68 3 52 3SH36 85 g ^ 256 13 jeudi. S. Maurille. 257 2 81 12900 35 34 31 80 3 53 39088 40 g t3 257 14 vendredi. Exalt. de la Ste.-C. 258 2 82 12950 35 47 , 31 93 3 54 39239 90 g â 258 15 samedi. S. Nicoraède. 259 2 83 13000 35 61 . 32 0» 3 56 39391 41 f fŒ 259 16 DIM. Ste. Eugénie. 260 2 84 13030 35 75 • 32 17 3 57 39542 92 f 0 260 17 lundi. S. Lambert. 261 2 86 13100 35 89 32 30 3 58 39694 43 g ^ 261 18 mardi. S. Jean-ChrysosU 262 2 87 13150 36 02 3? 42 3 60 39845 94 |. fs? 262 19 mercredi. S. Janvier. 263 2 88 132U0 36 16 32 54 3 61 39997 45 . 1 *y^ 263 20 jeudi. S. EusUche, 4 T. i 264 2 89 13250 36 30 32 67 3 63 40148 97 1 264 21 vendredi. S. Mathieu. 265 2 90 13300 36 43 32 79 3 64 40300 49 f 265 22 samedi. S. .^laurice, 4 T. 266 2 91 13350 36 57 32 91 3 65 40452 01 1 Z)-^ 266 23 DIM. Ste. Thêcle, 4 T. 267 2 92 13400 36 71 33 04 3 67 40003 52. 1 ■<\4 267 24 lundi. S. Andoche. i 268 2 93 13450 36 86 33 16 , 3 68 40755 03 1 268 25 mardi. S. Cléophas. 1 269 2 94 13500 36 98 33 28 3 69 40907 55 1 269 26 mercredi. Ste. Justine, v. 270 2 95 1 3550 37 12 33 41 3 71 41058 07 1 d'J 270 27 jeudi. S. Côme. 271 2 96 13600 37 26 33 53 3 72 41209 60 1 ^ 271 28 vendredi. S. Céran, évèque. 272 2 98 13650 37 37 33 65 3 73 41361 13 i 4bs 272 29 samedi. S. Michel, arch. " 273 2 99 13700 37 55 33 78 3 75 41512 69 1 M 273 30 DIM. S. Gérome. 274 2 00 13750 37 67 33 90 3 76 41664 25 1 ar les botanistes. La tulipe et la jacinthe doivent-elles être placées, selon leur système, parmi es plantes, où ils les ont mises ? Si nous faisons un emploi rigoureux de leurs définitions , nous serons fort embarrassés, car ces deux plantes perdent également chaque année leurs tiges et leurs racines ; un gemme seul, nommé ognon, se conserve et développe annuellement une nou- velle plante. Le même gemme dure huit ans, et fleurit cinq ou six fois pendant ce laps de temps dans la jacinthe ; cette plante est donc réellement vivace. Mais en est-il de même dans la tulipe ? Un ognon ne fleurit qu'une fois, et il périt ; seulement, pendant l'année de la floraison, il émet à son collet un autre gemme, qui, à son tour, ne fleurira qu'une fois et mourra ensuite. Le collet del'ognon de tulipe agit positivement comme le collet d'une rose trémière ou de toute autre plante bisannuelle. Celle-ci émet également, non pas descaieux, mais des œilletons qui fleurissent de la même manière l'année qui suit leur naissance. Si la rose trémière est bisannuelle , pourquoi la tulipe, la pomme de terre sont-elles vivaces ? Il s'en faut de beaucoup que je veuille m'ériger en réformateur de la science ; mais comme la matière que je traite est extrêmement difficile , comme nul autre avant moi ne s'est ouvert , à ma connaissance , la carrière neuve que je vais lâcher de parcourir, je me crois en droit de prendre tous les moyens qui me paraissent nécessaires pour mettre dans mon ouvrage de la piécisioa et de la clarté. En conséquence , j'emploierai , toutes les fois que je le croirai nécessaire , les épithètes de multipare et unipare dans le sens que je viens de leur assigner. Revenons aux racines. Sous le rapport de leur substance^ elles peuvent être charnues ou ti- esEusES, Dans leur direction , on le5 dit pivota>tk.s lorsqu'elles s'enfoncent verticalement dans 260 NOTIONS GENERALES DE BOTANIQUE. la terre; iiorizontalf.s quand elles courent entre deux terres. Dans ce dernier cas, elles peu- vent être RAMPANTES, quand elles émettent çà et là des ramifications radicales et des tiges. Mais c'est surtout sous le rapport des formes qu'elles varient beaucoup. Comme c'est un des principaux organes de la plante, quand on étudie celle dernière sous le rapport de la bolanicjue appliquée à r;:griculture, nous allons entrer dans quelques détails indispensables à savoir. Lne raciue peut être simple , sans divisions ; rameuse, subdivisée jusqu'à la base en plusieurs parties allongées et cliarnues rapprochées en faisceaux; chevelue, garnie de ramifications capillaires nombreuses. Capillaire, composée de filets très-déliés , semblables à des cheveux; filiforme, déliée, cylindracée et flexible comme un fil; grumeleuse, formée par la réunion de plusieurs petits grains arrondis et tubéreux ; tubéreuse , en masse épaisse et charnue , connue sous le nom de tubercule ; tubéreuse simple , composée d'un seul tubercule ; tubéreuse composée , formée par plusieurs tubercules; orciiidacée ou scrotiforme , composée de deux tubercules rapprochés et plus ou moins ovales ou arrondis; orchidacée didvme, quand les deux tubercules sont pres- que appliqués l'un contre l'autre ; orciiidacée palmée , lorsque deux ou plusieurs tubercules rap- prochés au collet s'écartent beaucoup à l'autre extrémité, mais sur un même plan ; palmée , tu- breuse , aplatie, divisée peu profondément, de manière à imiter une main ouverte dont les doigts seraient un peu écartés ; digitée, de même , mais plus profondément ; napacée ou coni- que , ayant la forme d'un cône renversé ; napacée , napiforme, en forme de toupie ou de navel, ïusiforme , comme un fuseau , allongée , renflée vers le milieu , s'amincissant insensiblement vers ses extrémités; momliforme, composée de plusieurs petits tubercules réunis en chapelet; GÉNICULÉE, pliée en genou à chaque articulation; sigillée, ayant dans plusieurs endroits des impressions résultant des liges qui sont tombées. Les racines alTecleiit encore une infinité de formes qui toutes ont été définies par les botanis^ tes, mais dont il est inutile que j'entretienne mon lecteur. Les gemmes ou boutons sont les rudimens des nouvelles pousses naissant sur les tiges, les branches et les racines. Les gemmes peuvent être ou nus , ou entourés d'une enveloppe nom- mée pÉRULE, qui consiste en une membrane, ou des écailles , ou des feuilles avortées. Les BULBiLLEs sout dcs gemmes tantôt écailleux , tantôt lubéreux , naissant sur les liges à la bifurcation des rameaux, ou à l'aisselle des feuilles, quelquefois à la place des graines, rare- ment autre part , ayant les mêmes qualités végétatives que les bourgeons. Les BULBES sont d'autres espèces de gemmes ne dilTéiant des précédens que parce qu'elles sont placées sur le collet des racines. On leur donne ordinairement les noms d'oGNONs et caïeuk. Une bulbe est quelquefois tubéreuse , homogène dans toutes ses parties et sans écailles distinctes ; TUNiQUEusE, composéc de tuniques charnues, circulaires, enveloppées les unes parles autres, comme par exemple l ognon de cuisine; écailleuse, composée d'écaillés étroites et imbriquées, comme dans l'ognou de lis. Les FEUILLES naissent sur les branches et les rameaux par le développement des boutons. La feuille se compose du limbe , partie ordinairement plate, comme laminée, formant la feuille tout entière, enen exceptant le pétiole: celui-ci est la queue ou petit pied qui sert de support à la feuille. Le limbe se compose : 1° d'une surface supérieure, ou page supérieure ; 2° d'une surface in- férieure, ou PAGE inférieure; 3° de nervures; i" d'une matière succulenle, herbacée, placée enlre les nervures , et prenant le nom de parenchyme. Le limbe , sous plusieurs rapports de formes, de couleur, de pubescence, etc., a été beaucoup étudié par les botanistes, mais ces dé- tails , qui sont immenses , sont étrangers à notre sujet. On dislingue plusieurs espèces de feuilles qui sont : 1° Les feuilles séminales, ou les cotylédons ; 2° Les feuilles primordiales ; elles naissent d'abord après les séminales et leur ressemblent souvent ; 3» Les feiîili.es hétéroÏdes; ce sont celles qui sont dissemblables enlre elles, quoique naissant sur le même arbre et souvent sur la même branche. Par exemple, les feuilles du brousonnelier ; 4" Les feuilles caractéristiques; ce sont les feuilles ordinaires de la plante, celles dont les formes sont les moins variables et qui fournissent ordinairement aux nomenclaleurs de bon» ca- ractères spécifiques. Elles sont naturollemenl divisées en feuilles simples et feuilles composées. La feuille simple est celle qui n'a qu'un seul limbe s'étendant au-dessus du pétiole sans inter- ruption. La feuille composée est celle dont le pétiole se ramifie, ou dont le limbe est interrompu par des sinus creusés jusqu'à la côte principale. Les petites feuilles qui la composent portent le nom de folioles et peuvent aflectcr chacune en particulier toutes les formes de la feuille simple ; 5» Les bractées ou feuilles florales. Ce sont ces petites feuilles qui naissent dans le voisi- nage des fleurs , qui sont souvent entremêlées avec elles dans l'épi , dont la forme diffère de celle des feuilles caractéristiques et dont la couleur est souvent différente ; C» Les STIPULES sont ces appendices foliacées que l'on trouve ordinairement à la base des vé- ritables feuilles. . , , „ . , Les feuilles n'ont pas toutes la même durée. Dans de certains végétaux elles tombent chaque année ; dans ce cas, on les nomme décidues ; dans d'autres elles résistent à l'hiver, et le végétal en est paré pendant toute l'année : on les appelle alors persistantes. Les GLANDES sont de petits corps vésiculeux, arrondis ou ovales, sessiles ou portés sur pédi- cule , qu'on aperçoit sur plusieurs parties des végétaux et plus parliculièrement sur les feuilles , les calices et les pétales. . - BOITARD. AGRICULTURE. 261 ï. AOllICULTUllE. GRANDE CULTURE. SUITE DK l'article SUR LES FOURRAGES.— RACINES. CHOU-NAVET. ( Brassica , napo-bras- sica, LIN.) Le genre chou appartient à la té- tradynamie-siliciileuse de Linnée, et à la fa- mille des crucifères de Jussieu. Les plantes cultivées qui le composent sont trop connues des cultivateurs pour que nous en donnions ici la description botanique. Nous nous borne- rons à dire que le chou-navet, que nous ne re- gardons que comme une simple variété du chou ordinaire (brassica oleracea] , en dif- fère seulement par son collet très-renflé , charnu, semblable à un navet. On connaît plusieurs variétés de chou-navet, savoir : 1° Le chott-navet ordinaire, chou turneps. Ses feuilles sont peu amples, presque ailées, sortant à fleur de terre; ses racines ont com- munément de trois à quatre pouces de dia- mètre ; 2° Chou de Laponie , chou-navel de La- ponte. Quoique introduite dans nos cultures depuis une trentaine d'années seulement, celte variété est devenue plus conmnine que la pre- mière. Sa racine, grosse comme un gros navet, est généralement plus tendre que la précé- dente , et son principal mérite est de suppor- ter de très-grands froids sans altération ; Z" Chou-navet hâtif. M. Vilmorin dit avoir reçu depuis peu de temps cette variété d'Alle- magne. Elle est excellente , dit-il , à racines beaucoup plus grosses et moins fibreuses que celles de notre ancien chou-navet, et elle l'em- porte sur lui à tous égards ; sauf ce seul point , que son collet n'étant pas tout à fait enterré, elle est un peu moins à l'abri des fortes ge- lées ; 4° Rutabaga, chou-navet de Suède. Cette variété est jaune, arrondie , tandis que les pré- cédentes sont blanches et allongées ; elle a l'in- convénient de se former un peu moins vite que les précédentes, ce qui exige qu'on la sème un peu plus tôt. Comme sa racine résiste aux plus grands froids, on est dans l'usage de la laisser l'hiver dans les champs, où on va l'arracher à mesure qu'on en a besoin pour la consomma- lion Connue toutes les espèces de choux, ces va- riétés offient au bétail, principalement aux va- ches, une excellente nourriture verte, soit par leurs feuilles , que l'on cueille pendant tout l'automne et une pailie de l'hiver et, soit par leurs racines à la fin de l'hiver et au com- mencement du printemps , quand tous les au- tres fourrages verts manquent ou sont rares. Sous ce dernier rapport seul, les choux-navets sont dignes d'être pris en considération par les propi-iétaires de troupeaux de moutons, car ils savent combien il y a d'inconvéniens à faire passer subitement ces animaux d'une nourri- ture sèche à une nou!-ii(ure fraîche. Les choux-navets, mieux que toutes les au- tres espèces de choux , s'accommodent très- bien d'une terre légère et médiocre, quoiqu'ils la préfèi-ent bonne et fumée. On peut les semer en pépinière, en septembre , à l'exposition du levant, ou en mars à celle du midi, pour les re- piquer lorqu'ils ont quatre ou cinq feuilles. Le repiquage du premier semis se fait en mai et en juin dans le climat de Paris , et celui du se- cond en juillet et août. La distance qu'on met entre chaque plant est ordinaiiement de dix huit pouces. Plus ordinairement on les sème en ligne ou à la volée, d'avril en juin , à raison de trois à quatre livres des graines par hectare. Les binages et buttages se font comme à l'or- dinaire. Le rutabaga se sème communément eu li- gnes espacées de deux pieds à deux pieds et demi, et, pour le mieux, sur des ados dans le milieu desquels on a ramassé l'engrais ; les in- tervalles, ainsi que les lignes elles-mêmes, doi- ventètresoigneusementbinés et sarclés. Comme nous l'avons dit, sa racine supporte très-bien le froid; cependant M. Vilmorin a remarqué plusieurs fois que la grande humidité et les al- tei-na(ives de gelée et de dégel lui étaient plus nuisililes qu'au chou-navet. Dès que les pieds seront assez forts, on pouira commencer la cueillette des feuilles , mais avec discrétion, afin de ne pas épuiser les plantes. Eosc dit que chaque pied peut fournir mais petit à petit, la totalité de ses feuilles pendant l'été et l'automne , et cependant en fournir encore en hiveretau printemps. En fé- vrier ou mars , on a recours aux racines ; on les arrache et on les apporte à l'écurie, ou on les fait manger sur place. Cet te dernière méthode a l'avantage de procurer aux champs un abon- îiOZ AUtiiv^UJ-ii uuri.. liant engrais; mais aussi elle fait perdre beau- coup de nourriture. >AVET, RAVE, TURNEPS ('Z?rrtS.«2m rafO , LIN.) de la tetradynamie siliculeuse de Linnée et de la famille des crucifères de Jussicu. Il ne faut pas confondre , comme on fait généralement à Paris , la rave et le navet avec les espèces ou variétés du genre raifort (jui portent leur nom. Ces dernières eu dilTèrent principalement parla saveur acre et piquante de toutes lems parties. Outre leurs racines charnues , la rave et le navet se reconnaissent à leurs feuilles alternes, les unes radicales, pétiolées, lyrées, légèrement hérissées , f)rdinairement de la largeur de la main, les autres amplexicauies, lancéolées, en- tières, souvent moins larges que le doigt; leurs fleurs sont jaunes, disposées en panicules ter- minales. Nous ne citerons ici (|ue les variétés les plus répandues parmi celles que l'on cultive uniquement pour la nourrilure du liélail. 1" Turnep, rabiotilc, rave du Limousin. ïrès-grosse, large, un peu aplatie, Manche et à chair tendre. On en connaît trois sous-variétés, savoir: le turnep d'Auvergne^ à collet rouge; celui du Norfolk , Irès-hon , mais tardif; le turnep hâtifs très-convenable |)our les derniers semis, parce (|u'il se fait très-vile ; 2^ Bave longue d'Jlsace , gros navet de Berlin, navet long de campagne. D'une gros- seur énorme, blanche, trois frois au moins plus longue que large, à chair Irès-tendre ; 3" Navel rose du Palalinat, à collet rose et chair très-tendre ; 4° J{ave ronde blanche. Très-giosse, tur- binée, à écorcc l)lanche; 6° Hâve ronde grise. ?ifoins grosse que la précédente, turbinée, à écorce d'im gris plus ou moins brunâtre, à chair plus ferme ; ii" Navel jaune d'Ecosse. Assez gros, pro- pagé depuis peu en Ecosse et en Angleterre, à raison de la qualité qu'on lui a trouvée de mieux résister aux gelées que les autres varié- tés du même genre ; 1° La rave jaune , ou navet jaune rond , moins grosse que la rave du Limousin , sor- tant moins de terre , plus ferme et résistant mieux à la gelée. Peu de plantes varient autant (pie les raves et les navets , en raison de la nature du terrain dans lequel on les cultive, aussi nous ne fini- rions jamais si nous voulions mentionner ici les nombreuses variétés de chacpie pays. Les raves et navels réussissent très-bien dans tous les terrains, pourvu (ju'ils ne soient ni trop humides ni argileux ; néanmoins, ceux (pii sont très-fertiles , légers et sablonneux, pas trop secs et h exposition découverte, sont ceux qui leur conviennent le mieux. L'époque de leur semis varie en raison (]n rli- roat. Dans le midi ou les sème très-tard : ;i:: nord il faut, au contraire, les semer de bonne heure , c'est-à-dire en été. Dans tous les cas , on ne les sème jamais au printemps , parce que dans ce cas, loin de se former une grosse ra- cine, ils monteraient en graine dès les premiè- res chaleurs de l'été. Cette plante croît très-vite, et il faut, en raison du pays où l'on se trouve, calculer sa culture de manière à ce qu'elle ait allcint toute sa grosseur à l'arrivée des pre- mières gelées blanches, époque à laquelle on la récolte. En raison des climats, on sème donc depuis le milieu de juin jusqu'en septembre, après la récolte de blé, de pois, de haricot, etc. Dans (joelques-uns de nos départemens, on sème les raves dans le chanvre , le sarrazin, lo m.iïs, etc., avant de récolter ces plantes, et ces semis réussissent presijue toujours bien, parce que les graines et les jeunes raves sont protégées contre la sécheresse pendant et après la germi- nation. Soit qu'on les sème sur jachère ou dans une récolte sur pied , il faut choisir pour cela un temps humide ou le moment qui succède à la pluie, car la sécheresse est fatale à cette plante pendant tout le cours de sa végétation, quoique trop d'humidi(('' lui soit également nuisible. Si on la sème sur jachère, il faut donner un bon labour au moins, jeter la graine à la volée, comme le blé, après l'avoir préalablement mêlée à deux tiers de sable, et la recouvrir à la herse , mais de manière à ce qu'elle ne se trouve pas enterrée à plus de quatre à cinq lignes de pro- fondeur , car celle (jui est plus recouverte ne lève pas. Il faut environ cinq à six livres de graines par hectare , un peu plus ou un peu moins, selon la qualité du terrain et la grosseur de la variété de rave. Dans les terres légères et sèches, il est très-bien de passer le rouleau sur le semis, parce que cette opération, en plom- bant la terre, maintient une humidité indispen- sable à la végétation. Lorsque les raves sont levées et ont acquis un certain degré de force, il s'agit de les éclair- cir de manièie à laisser entre chaque pied une distance convena!)le. Cette dislance varie en rai- son de la giosseur présumable que prendront les raves, mais elle ne doit jamais être moin- dre de quinze pouces et de plus de vingt à vingt- deux. Les uns é(;laircissent à la main dans les terres douces, les autres à la houe , et c'est le mieux. En Angleterre, on fait volontiers celte opération avec la charrue nommée cultivateur, mais pour cela il faut avoir semé en lignes, ou ail moins très-épais, et dans ce cas on forme les lignes en arrachant avec le cultivateur. Le plus souvent on ne se donne pas la peine de biner les raves, et cependant l'influence de ces façcms sur leur accroissement est telle , qu'il résulte d'expériences faites en Angleterre, (ju'il y a triple récolte à gagner , année cora- AGRICULTURE. 263 niiine, h donner au moins deux l)inages. C'csl au cultivateur à faire la balance de celte aug- nicntiition de |»roduit avec les fiais de main d'œuvre, et il se délerniinera en conséfjueucc. Lorsque les raves ont atteint la plus grande partie de leur grosseur, on peut commencer à récolter leurs feuilles pour les donner aux va- ches. On arrache les racines avant les premiè- gelées blanches, on enlève toutes leurs feuilles, si on ne l'a déjà fait , et après les avoir laissé quelque temps se ressuyer sur le sol, on les serre dans une grange pour s'en servir au be- soin. Afin de les garantir de la gelée, on couvre les tas d'un I)on lit de paille. Dans de certains pays , on conserve les raves dans des fosses creusées en terrain sec, et variant de grandeur et de profondeur en raison de la quantilé qu'on y en doit déposer. On garnit le fond et les pa- rois delà fosse avec de la paille, de la fougère et même de la bruyère; on en étend un lit épais sur les raves, et l'on recouvre le tout de terre. Elles se conservent assez bien jusqu'au printemps. Quand les terres sont très-maigres, les raves réussissent mal si on ne fume préalablement. Mais il faut mettre de l'économie dans cette opération, non-seulement pour balancer la dé- pense avec le produit, mais pour éviter que les raves montent, ce qui arriverait infailliblement si on les fumait trop. Toutes les espèces de bétail s'accomodent très- bien des raves et les mangent même avec avi- dité, mais c'est principalement aux vaches lai- tières et aux moutons que cette nourriture con- vient particulièrement. Cependant on ne doit la leur donner qu'en mélange, à raison d'un tiers de leur ration totale de nourriture. Presque partout on en donne aux cochons, et ils s'en trouvent bien, soit qu'on les leur fasse man- ger crues ou cuites. Mais cette noin'iiture ne les engraisse pas et retarderait même cette opération si on la leur continuait pendant l'en- grais. Les chevaux aiment la rave, mais on ne doit pas leur en donner, surtout pendant le Iraviiil, parce qu'elle les affaiblirait beaucoup en leur tenant constamment le ventre libre. 11 n'en est pas de même |)0ur le bœuf. Une vache lailièi'e , uniquement nourrie par Arthur Young avec des turneps, donna plus de lait, mais celui-ci devint tàcre et le beurre fort mauvais. Il diminua la quantité de turneps, la remplaça par du foin, et le mauvais goût dimi- nua proportionnellement. Une altération analo- gue a été observée dans la chair des bestiaux nourris de celte manière ; aussi quelque avanta- geux qu'il soit de faire concouru- ces racines à leur engrais, surtout dans lescommencemens, on doit les supprimer vers la fin. Dans quel(pies lieux on ne donne les raves et les navels aux bestiaux qu'après les avoii- fait cuire, et cet usage devrait être généralement suivi s'il n'occasionnait pas un surcroît de dé- pense par la consoniniation du bois. Néanmoins il est avantageux pour les cochons. Comme les raves et les navets sont souvent trop gros pour être mangés parles moulons, on est dans l'usi'.ge de les couper en morceaux avant de les leur donner. On en fait de même pour les donner aux oiseaux de basse-cour, qui tous les mangent très-bien, si on excepte les pi- geons. On doit aussi les l'aire cuire pour cet usage, et, en cet étet , les dindonneaux les ai- ment beaucoup. Le PANAIS ( Paslinaca satica, Lin. ) appar- tient à la pentandrie-digynie de Linnée, et à la famille des ombellifères de Jus-ieu. Ses racines sont iîisannuelles, furiformcs; ses tiges creuses, cylindri(jues, cannelées, rameuses à leur som- met, hautes de trois à quatre pieds ; ses feuilles sont alîeiTiCS, amplexicaules, ailées avec im- paire , à folioles lai'ges, lobées ou incisées ; ses fleurs sont jaunes, petites ; ses fruits larges de deux ou trois lignes. Cette plante coït naturellement dans nos champs, lelongdcshaiesel autres lieux incultes. Tous les bestiaux la mangent avec plaisir, et sur- tout les cochons. Elle donne aux vaches beau- coup de lait et d'une excellente qualité: « C'est un fait remarquable, dilM. Vilmo'in, et qui at- teste la lenteur avec laquelle les bonnes prati- ques se répandent, qu'une racine cultivée de- puis des siècles, en ISrelagne, dont on tire en ce pays le plus grand parti, cpii y est reconnue excellente pour presque tous les animaux, soit restée , à peu près dans tout le reste de la France , plante exclusivement potagère , et qu'on n'y en fasse presque nulle part un champ destiné pour les bestiaux. Un avantage très- jnar(iuant de cette racine est de ne souiTrir aucunement des gelées et de pouvoir rester dans le champ tout l'hiver , ce qui sauve les frais et les risques de la conservation. Ce mé- rite compense bien les inconvéniens de la ♦ ul- tin-c, dont le plus considérable consiste dans le défonceinent ou les h!l)ours profonds qu'exige cette racine et dans le choix d'un terrain sub- stantiel et frais. Les procédés de cette culture sont les mêmes que pour la carotte ; il faut seu- lement que les panais soient éelaircis davan- tage , il cause de la plus grande dimension de leurs feuilles. Cette circonstance les rend moins propres aussi h être semés pariiu les céréales. Le panais rond, variété nouvellement con- nue , a l'avantage de réussir sur les terrains moins profonds et moins riches que ceux qui sont nécessaires pour la variété longue ; il ren- dra la culture praticable dans un beaucoup plus grand noml!)re de localités, et si cette cul ture devient générale , c'est sans doute celto 264 AGRICULTURE. variété que l'on adoptera. On sème dix à douze livres de graines de l'une ou de l'autre par hectare. « Complétons cet artic'e. Une terre calcaire et un peu argileuse est celle qui convient le mieux au panais, que l'on sème ordinairement sur un labour très-profond , en automne ou au commencement du printemps, à demeure et à la volée ; mais les semis d'automne ris- quent de monter en graine avant que la racine soit foimee , c'est-à-dire dans le courant de de l'été suivant, et ceux du printemps ne don- nent quelquefois que de petites racines. On fera donc bien d'en semer dans les deux saisons, au moins jusqu'à ce qu'on connaisse comment la plante se comporte en raison du terrain. La graine doit être semée claire et le plus égale- ment possible. Le plant étant levé, on le sarcle et l'éclaircit au besoin, et l'on arrache, pour les donner aux vaches, les plants qui montent en graine. Dès le mois de septembre , on peut en airacher pour l'usage, ainsi que pendant tout le cours de l'hiver. Les feuilles peuvent se couper, en partie et avec discrétion, dès le mois de juillet, pour servir de nourriture aux vaches laitières que l'on garde à l'écurie, ainsi qu'aux moutons et aux cochons. Si on veut conserver les panais, on ])eut le faire en les arrachant et les serrant dans des caves ou dans des fosses comme cel- les dont nous avons parlé dans l'article précé- dent , ou bien on peut mettre les animaux en pâturage dans le champ en septembre et octo- bre, et les racines qu'ils ne sont pas ])arvenus à ronger fournissent à la terre, en pourrissant, un excellent engrais. « Il résulte, dit Jîosc, des calculs de M. Bri- gant , que , dans la ci-devant Bretagne , un champ en panais rapporte trois fois plus qu'en froment et qu'il est plus favorablement disposé pour les récoltes suivantes. » Terminons par une citotion de Rozicr, qui nous porterait à croire que le panais peut four- nir plusieurs coupes de fourrage vert en herbe. « La réussite certaine des semis de panais après la récolte des céiéales , dit-il , c'est-à-dire en août et en septembre, offre un avantage bien précieux, puiscju'ils peuvent donner un excel- lent pâturage d'hiver ou de printemps ou plu- sieurs coupes de bon fourrage et engraisser la terre de débris des racines à l'époque des la- bours. )) La graine de panais ne se conserve guère bonne , c'est-à-dire avec ses propriétés germi- nativcs, que pendant deux ou trois ans. poMMK DE TERRE. ( Solanum luberosum , Lin.) de la pentandrie monogynie de Linnée, et de la famille des solanées de Jussieu. Cette plante est originaire de la chaîne des Cordil- lièrcs, en Amérique, et lorsque les Espagnols on fait la conquête du Pérou , elle y était déjà cultivée. M. Humbolt dit qu'aujourd'hui on l'y cultive encore beaucoup, et il prétend en avoir vu des variétés énormes dont le tubercule ap- proche d'un pied de diamètre. On a déjà tant écrit sur la pomme de terre, même dans ce journal, que nous ferons cet ar- ticle très-court, et nous nous bornerons à dis- cuter quelques points encore douteux de sa culture. On a discuté la question de savoir si, pour planter avantageusement la pomme déterre, on devait employer de préférence les gros ou les petits tubercules , des morceaux coupés d'une certaine grosseur ou simplement des yeux. Si nous consultons les lois de la physiologie végétale, voici les résultats que nous obtenons : 1° un sujet vigoureux transmet toujours plus ou moins ses qualités à ses descendans quand on le multiplie de semence, à plus forte raison par œilletons ou tubercules. Or, la grosseur d'un tubercule est un indice certain de la vi- gueur de la plante , donc en plantant de gros tubercules on en obtiendra de plus gros et de plus nombreux (jue si on en plante de petits ; 2° toute blessure affaiblit un sujet, ne fut-ce qu'en mettant à nu ses organes et les exposant ainsi à l'action de l'air et de l'humidité, et par conséquent à la pourriture. A'^oilà déjà un in- convénient que doivent éprouver les tronçons de pomme de terre , surtout si on les plante dans un terrain humide ; 3" la pulpe, ou chair de la pomme de terre, joue le même rôle dans le développement des jeunes tiges, que la pulpe des cotylédons jiour le développement de la plumule pendant la germination des plantes ; c'est-à-dire que cette pulpe est chargée par la nature de fournir de la nourriture aux jeunes tiges, jusqu'à ce qu'elles aient émis des racines capables de tirer les sucs nutritifs de la terre. Cette loi physiologique démontre que la plus mauvaise méthode de multiplication est celle que l'on a prônée depuis quelques années, con- sistant à ne planter qu'un œil muni d'une pe- tite portion de pulpe. Voyons maintenant si l'expérience est d'ac- cord avec ces principes que nous aurions pu développer beaucoup plus, et pour nous abs- tenir de toute partialité, consultons M. Vilmo- rin relativement aux trois modes de plantation dont il s'agit ici. Voici comment il s'explique: « Je me bornerai à dire que, d'après des expé- riences comparatives, il paraît démontré qu'à nombre égal et à terrain égal, les gros tubercu- les entiers sont ceux qui donnent le produit net le plus considérable , et que les petits tu- bercules ou les morceaux reproduisent un plus grand nombre de fois leur semence. » Les germes déjà poussés, détachés du tuber- AGRICULTURE. 265 Cille qui IrtS porte , sont un quatrième procédé qui peut quelquefois trouver son application. Ce sont de véiilables boutures (|ui doivent pro- duire plus que celles (]ue l'on fait avec de jeunes liges détachées des pieds déjà plantés et en végétation. Ces dernières néanmoins peu- vent quelquefois èlre très-utiles pour regarnir les places vides où la plantation aurait man- qué. Mais pour que cette dernière méthode démultiplication ait tout le succès désirable, il faut la mettre en pratique assez de bonne heure pour que le§ boutures aient le temps d'émettre des racines et des tubercules avant les chaleurs de l'été. Enfin, une cinquième méthode démultiplier les pommes de terre est celle du semis. La pre- mière année on n'obtient que de très-petits tu- bercules d'une utilité nulle pour la consomma- tion, mais d'un haut intérêt, parce que l'année suivante ils fourniront un bon nombre de va- riétés parfaitement appropriées au sol et au climat , et parmi lesquelles on pourra choisir celles qui conviendront le mieux à l'usage au- quel on les destinera. « Le semis se fait de deux manières, dit un de nos meilleurs agronomes: ou en semant en pépinière dans un jardin pour replanter à 15 ou 18 pouces entre chaque plant, ou bien en semant en place, ainsi qu'il suit : le terrain étant bien préparé, on trace des rigoles peu profondes , espacées entre elles de |8 pouces à 2 pieds. En mars ou avril , on sème très-clair dans ces rigoles et l'on recou- vre très-peu , de préférence avec du terreau bien consommé. Quand les jeunes plantes peu- vent être distinguées , on arrache ii la main la mauvaise herbe ; lorsqu'elles ont quelques pou- ces de hauteur, on sarcle de nouveau, on éclair- cit dans les places trop garnies, et, avec le cou- teau à sarcler , on fait couler un peu de terre autour des plantes qui restent, pour les rafier- miret les rehausser. Plus tard on fait un se- cond éclaircissage qui laisse les plants à un pied environ l'un de l'autre ; cette fois on les butte modérément. On continue ensuite de les butter ou de les biner comme on ferait do pom- mes de terre plantées. » Il arrive souvent que dans un semis fait en plein champ on obtient , dès la première an- née , dfes tubercules dont un tiers, ou même la moitié , sont d'une grosseur ordinaire et peu- vent être consommés de suite. Chaque pays a ses variétés auxquelles il donne la préférence pour la grande culture. Celles qu'on estime le plus pour cela dans les environs de Paris et dans quelques-uns de nos départemens, sont : t° h grosse blanche, très- grosse et très-productive ; 2° la grosse jaune, aussi productive, meilleure et plus farineuse; •P la patraque jaune, dont les tubercules sont ramassés autour du pi«d, et par conséquent fa- ciles h récolter; 4" la brugeoiseou divergente, blanche , uu peu rosée , d'un très-grand pro- duit, etc. Tout le monde sait que les pommes de terre réussissent bien dans tous les terrains, qu'elles deviennent très-grosses dans ceux qui sont fer- tiles et un peu foils, mais qu'elles sont excel- lentes dans les terres sèches , sablonneuses ou très-légères. On les sème au printemps, après un ou deux labours très-profonds, et on les en- terre à la houe ou à la charrue, on donne le pre- mier binage lorsqu'elles commencent à sortir de terre, et cette première opération peut être avantageusement remplacée par un hersage sur le travers des rangées. On butte à la pioche ou avec la charrue à versoir, et tout se borne là. Tous les animaux domestiques, sans excep- tion, aiment la pomme de terre cuite; le bétail la mange crue ou cuite, et elle est pour tous une des meilleures nourritures. BoiTARD. (La suite au prochain numéro. } BES MOYENS DE DETRUIRE UN I?ÏSECTE QUI DKVORK LES SECONDES COUPES DE LUZERNE. ( Suite et fin. ) ' " Peu de temps après cette époque (l*accouple-= ment et la ponte) se font les premières coupes de luzerne. Les seconds jets de cette plante repous- sent avec vigueur, et bientôt édosent les œufs produits par milliards par leseumolpes. Ils se présentent alors sous la forme de pe- tits vers noirs à six pattes , formés d'anneaux qui plus tard paraissent tuberculeux ou héris- sés de pointes mousses. Jeunes et à peine for- més, ils mangent d'abord fort peu et leur exis- tence est inaperçue, mais leurs besoins aug- mentent bientôt avec leur âge et leur taille; ils s'étendent dans tous les sens, et s'élevant vers les parties les plus tendres de la plante , ils les dévorent rapidement , à cause de leur nombre , et on s'aperçoit bientôt de leur pré- sence. La luzerne jaunit par plaques irrégu- lières, ses feuilles sont déchiquetées, et si on regarde alors de plus près , on les voit couver- tes de ces vers, qui ont trois ou quatre lignes de longueur et se laissent tomber au moindre mou- vement. Si la pièce où ils se trouvent , trop tôt dévo- lée, ne suffît pas à leurs besoins, ils se répan- dent dans tous les sens pour aller chercher ail- leurs de quoi se nourrir, et ne laissent à l'agri- culteur, jouissant d'avance de l'espoir d'une superbe coupe, que des tronçons inutiles, souil- lés de leur passage et de leursexcrémens, et que rebutent les chevaux ou les bœufs qui de- vaient s'en nourrir. Dans cette circonstance , on voit ces larves , 260 AGRICULTURE. comme les fourmis autour d'une fourmilière , courir de lous côtés, traversant les chemins, les fossés, les haies et cherchant ailleurs une nouvelle proie. Vers la fin de juin ou au commencement de juillet, suivant l'année , parvenus au terme de leur croissance, ces vers disparaissent et pé- nètrent très-probablement dans la terre, comme le font beaucoup d'autres insectes , pour y su- bir leur avant-dernière métamorphose et s'y transformer en nymphes ; ils y passent l'hiver dans ce nouvel élat pour reparaître l'année d'après vers le mois de mai et travailler à pro- duire, comme nous l'avons vu, une nouvelle génération qui perpétuera leur espèce et leurs ravages. C'est ainsi que les cantharides , les hanne- tons et beaucoup d'autres insectes qui ne se re- produisent qu'une fois dans l'année , paraissent annuellement dans le cours de l'été, remplis- sent par une nouvelle ponte le vœu de la nature et s'éclipsent ensuite pour ne reparaître que dans l'année suivante. Mais les cantharides ne dévorent les frênes , les peupliers, les lilas , les jasmins, les chèvre- feuilles et même quelquefois les oliviers, ainsi que les hannetons les arbres de toute espèce , que sous leur forme parfaite , au lieu que ce sont les larves de l'eumolpe obscur qui détrui- sent nos luzernes. Ce ([u'on a vu de leur histoire indique assez qu'on ne peut espérer de détruire ou du moins de réduire le nombre de ces insectes à des pro- portions qui ne nous soient plus nuisibles, lors- qu'ils sont dans leur étal parfoit et prêts à se reproduire. En elTet, comment au milieu d'une coupe fourrée de luzerne, trouver des ani- maux qui ne sont pas plus gros qu'un grain de vesce el que leur couleur sombre dérobe d'ail- leurs à la vue ? .' Certains particuliers leur ont fait cependant la chasse à celte époque. Chaque femelle dé- truite avant sa ponte, ce qu'il est aisé de voir, amènera à la vérité la mort de trois à quatre cents ennemis. Quoiqu'on en puisse saisir une assez grande quanlilé, c'est peu de chose, com- paré à leur multitude. Ce moyen , qu'on peut ne pas négliger, bien qu'il foule un peu la première coupe , ne doit donc être considéré que comme très-secondaire. On peut encore bien moins se daller de rem- plir le but qu'on a en vue , en attaquant ces in- sectes lors(ju'ils sont en œufs ou dans l'état de nymphes. Quoi(jue la couleur jaune des premiers soit assez apparente, ils sont si petits qu'on ne peut les reconnaître pour tels qu'à la loupe , et d'ail- leurs la mère les cache dans la mousse, les her- bes et les débris de feuilles qui sont au pied de la luzerne. Tour les nymphes , on peut regarder comme très-piobable qu'elles sont cachées dans la terre comme celles de plusieurs autres insectes. L'ap- parilion de l'eumolpe à son état parfait, au re- tour du printemps , au milieu des luzernières , loin des haies , des murs à pierre sèche et de tout autre lieu qui peut leur servir de retraite, change en certitude celte probabilité ; car les larves n'ont pas la ressource des ailes pour al- ler en chercher une loin de leur berceau : elles doivent même, à l'instar de celles de beaucoup d'autres espèces , s'y ménager un asile impé- nétrable ; car j'ai vu une luzerniène inondée en hiver et recouverte d'un à deux pieds d'eau (32 à G4 centimètres), et dans certains endroits d'une épaisse couche de vase, être dévorée , comme les autres , au printemps suivant , par les larves de l'eumolpe. Il est vrai que l'insecte parfait aurait pu y voler des champs voisins, quoique assez éloignés, avant la ponte. Ce n'est donc que sous l'état de larve qu'on peut espérer de réussir dans les efforts à faire pour arrêter les ravages de ces animaux par une destruction notable des individus qui com- posent leur espèce; car on ne peut pas se flat- ter de la détruire. Nous ne pouvons que nous servir des instrumens que la Providence a mis dans nos mains et non les anéantir. Un heureux hasard a donné la preuve l'an- née dernière qu'on pouvait les réduire de ma- nière à rendre leuraction presque nulle, à M. P., propriétaire d'une belle luzernière isolée de toute autre. Le temps étant très-pluvieux vers l'époque de la première coupe, il l'a retardée longtemps dans l'espoir de rencontrer quelques jours pro- pres à la sécher et à l'enfermer sans pluie; mais le beau temps n'arrivant pas , il se con- firma dans la résolution de l'attendre, espérant trouver dans l'accroissement que prenait tou- jours la luzerne qui n'était pas fleurie , comme c'est l'ordinaire à la première coupe , un dé- dommagement h la perte de la seconde qu'il éprouvait annuellement par le fait de l'eumolpe obscur ou de ses larves. Agissant sous l'influence de cette heureuse pensée , ]\I, P. ne faucha sa luzerne que quel- que temps après qu'elles furent coupées et déjà repoussces partout. Peu de jours après, il aperçut sur du linge étendu sur les bords de sa luzernière une four- milière de laives d'eumolpes alors très-petites. Son attention élant éveillée par cette remarque, il observa sur toutes les lisières de son champ une multitude de ces animaux qui émigraient de sa luzernière pour aller chercher ailleurs de quoi vivre. Murs , fossés , haies , tout en était couvert. Elles durent sans doute mourir de faim, tout comme celles qui étaient au milieu du champ, car la seconde coupe fut saiivée.* AGRICULTURE. 267 • C'est donc peu de jours après que les œufs sont éclos et lorsque les peliles larves commen- cent à attaquer les jels de luzerne , qu'il faut faire la première coupe si on veut avoir des chances presque certaines de faire périr ces ani- maux. « I^'unique remède à ce mal , dit Olivier de )) Serres, est de faucher l'herbe incontinent » qu'on s'apercevra la cimed'icelle se blanchir, i> ce qui est à l'arrivée de ces bestioles, sans j» en attendre la fleur, car par telle coupe avec » l'herbe , les babotes se meurent du tout, donc • le jet, ne craignant plus telles naissances, en » revient abondant et beau. » Mais il est déjà trop tard alors pour couper la luzerne , par rapport aux larves d'eumolpes qui sont déjà grandes lorsqu'on aperçoit leurs traces et trop tôt pour la coupe ; car les jets de cette plante, étant à cette époque encore tendres, se réduisent presque à rien en se séchant ou font en vert une nourriture dangereuse pour le bétail, de manière que la seconde coupe est à peu près perdue. n Cet insecte, dit encore M. Bosc en parlant » de notre eumolpe , se trouve en France sur- j> tout vers le midi... Je l'ai vu deux ou trois » fois si abondant aux environs de Paris, dans » des champs de luzernes réservées pour grai- M nés, qu'il en avait mangé toutes les feuilles et » coupé toutes les tiges. » 11 est moins connu, ajoute-t-il, que celui » de la vigne , parce que quand il n'est pas très- » abondant , on ne s'aperçoit pas du dommage u qu'il cause et que la fréquence des coupes des i> fourrages qu'il dévore s'oppose à sa mulli- w plication; en effet, la larve est à peine née » qu'on fait la première coupe, et il n'y a que » les individus dans le cas de saisir les brindilles » échappées à la faux qui peuvent leur éviter de » mourir de faim. Ces derniers ont encore une » autre chance du même genre à courir avant )> leur transformation, aussi on ne trouve abon- » damment cet insecte que sur les luzernes ré- » servéespour graines ou abandonnées, etc. » Ces observations , que l'autorité tiès-grande de M. Bosc nous assure être juste dans les en- virons de Paris , tendraient à faire croire que l'humidité du climat de ce pays permet d'y faire des coupes plus multipliées, ou que le dévelop- pement de l'eumolpe y est moins rapide , puis- que suivant lui on ferait deux coupes de luzerne pendant qu'il vit dans l'état de larve. Une triste expérience , ré[)étée depuis plu- sieurs années, nous prouve que dans l'Arriége cet insecte ne se trouve dans l'état de larve que dans l'intervalle qui sépare la première de la seconde coupe et qu'il dévore entièrement celle-ci. Nous voyons aussi dans ces citations de deux auteurs justement célèbres , que le seul moyen propre à conserver nos luzernes consiste dans la coupe entière de leurs jets, dont l'heureuse épreuve de M. P. vient de fixer l'époque dé- cisive. Nous répéterons donc , d'après cette expé- rience que c'est peu de jours après que les œufs sont éclos qu'il faut faire la première coupe. Les petites larves , jeunes et faibles à cette épo- que, doivent moins résister à la faim et trouver moins de ressources pour attendre le recrû de la luzerne. ]\Iais pour que cette mesure fût décisive, elle devrait être prise en même temps sur toutes les luzernes d'une contrée , et c'est à quoi il est bien difficile de réussir. Comment obtenir en effet ce concert de tant de volontés? Un parti- culier pourra bien sauver une luzernière isolée en employant annuellement ce moyen , mais la troisième coupe ou le dernier regain en seront toujours retardés et diminués, et s'il négligeait une année de l'employer, les eumolpes des champs voisins, à l'aide de leurs ailes vien- draient l'infester de nouveau au mois de mai , lorsqu'ils sont dans l'état d'insecte parfait et avant la ponte. Au lieu que si cette mesure était générale , il suffirait de l'employer une ou deux années, après lesquelles on pourrait re- venir jusqu'à nouvel ordre à l'ancien usage et couper la luzerne à l'ordinaire. Mais lors même qu'on ne parviendrait pas à obtenir ce retard général dans les premières coupes des luzernes , il serait toujours avanta- geux d'y faire concourir un nombre quelcon- que de propriétaires voisins ; la conservation de la seconde coupe, ordinairement la meil- leure, en serait le résultat et dédommagerait bien du relard de la troisième et même de la suppression du regain si elle avait lieu. Il est donc essentiel, dans tous les cas et dans l'intérêt de tous , de foire connaître et de don- ner toute la publicité possible à l'heureux résul- tat obtenu par M. P., et nous exhortons nos lecteurs à y contribuer de tout leur pouvoir. Annales agricoles et industrielles de l'Arriége, TERRE DE BRUYÈRE ARTIFICIELLE. Un des plus grands propriétaires de la Belgi- que, M. le baron d'Hoogworst, n'a pas de terre de bruyère sur son domaine, et il ne s'en trouve pas non plus dans les environs. Cependant il cultive des plantes de serre de tous les climats avec autant de succès que ceux qui mettent de la terre de bruyère partout. On voit dans son immense jardin des massifs de Rhododendron, de Kalmiael d'Andromèdes, tous aussi beaux qu'ailleurs, sans le secours de la terre de bruyère. Voici comment on y supplée : M. d'Hoogworst fait ramasser des feuilles dans 'JC8 AGRICULTURE. son parc et les fait pourrir en ta?; pendant trois ans : on fait en même temps, auprès du tns de feuilles, im autre las de fumioi- qu'on laisse pourrir aussi pendant trois an«. Quand ils sont bien consommés, on les divise et on passe à la claie; ensuite on r.pporte près des deux las un troisième tas de sable noirâtre , qui se trouve dans le pays, et on mélange convenablement, à parties égales, le sable, le terreau de leuillos et le lerreau de fumier. Quand le tout est bien mélangé, on croirait voir et toucher une terre de bruyère naturelle: celle composition la rem- place parfaitement ; la beauté des massifs de plantes dites de terre de bruyère dans les jar- dins de M. d'Hoogvvorst ne laisse aucun doute à cet égard. Nous avons vu plusieurs jardiniers tenter de faire delà terre de bruyère artificielle, ir,ais aucun n'y faisait entier de terreau animal, parce qu'on n'en trouve point dans la terre de bruyèic naturelle, quoiqu'elle doive en contenir nn peu, ne serait-ce que de-; crottes de lapins ; ensuite ils employaient un sable ai'gileux, tan- dis qu'ils auraient dû choisir un sable quartzeux ou granitique , un sable qui conliut beaucoup de particules brillantes ou micacées, tel que ce- lui d(^, la terre de bruyère véritable. Aussi, au- cun de ces jardiniers n'a atteint le but qu'il se proposait. r.MJCirAisoN. Le Journal de la Meurlhe publie la note suivante, communiquée par un cultivateur : « Les faucheurs se fatiguent beaucoup vers le milieu du jour pour faire mordre la faux sur l'heibe sèche; ils se servent ordinairement, pour faire couper l'outil, d'une pierre à alliler et d'eau , pour que cette pieiie morde sur l'a- cier. " Il est plus avantageux de mêler à l'eau pure de l'acide sulfurique concentré ; il n'est pas cher et il n'en faut que le quart d'une livre mélangé à deux litres d'eau pour oblenir le ré- sultat désiré ; deux sous par jour pour prix de l'acide et un cornet en plomb ou en bois pour coiilenir ce mélange. Trempez ta pierre dans celle mixtion et repassez la faux; elle coupeia très-bien et sera exemple d'être battue à dillé- renlcs reprises comme on le pratique, et un ou deux battages par jour doivent suffire. » Il y a un aulre moyen plus efficace encore : c'est de se servir moins souvent de la pierre l\ affiler et de remplacer son usage fiéquent par l'emploi d'un morceau de boix blanc (tremble ou peuplier; le sapin n'est pas bon, sa résine graisse la faux) de la même forme que la pierre, de le tremper dans l'eau acidulée qui sera mé- langée aussi de sablon ou gré pulvérisé. »j HORTICULTURE. NODVEAU POIREAU. M, Pépin vient de communiquer à la Société royale d'horticulture de Paris les expériences qu'il a faites sur une variété de poireau qui ofTre l'avantage de repousser comme les asperges, après avoir été coupé entre deux terres. Celte plante peut, comme tous les légumes en général, acquérir un fort développement, selon la nature du sol dans lequel on la cultive. I^lle peut repro- duire de nouvelles t'ges pendant trois ans, sans que l'on soit obligé de la semer ou de la replan- ter chaque année, si l'on a le soin de couper horizontalement les feuilles et la hampe à la hauteur de 2 à 8 lignes au-dessus du plateau, au moment que la hampe était près de fleurir, et de planter ensuite ces plateaux en terre meuble et amendée. Le nombre des liges-feuilles produites par les caïeux qui poussent sur le pla- teau, est ord ina ircmen t de 2, 3 et 4 sur chaque pied coupe. Il est a remarquer que celte variété de poireau devient plus dure lorsqu'elle déve- loppe sa hampe pour fleurir. Son emploi serait très-avantageux dans les maisons où l'on fait une grande consommation de légumes. Cette plante est trcs-vorace, elle demande une terre riche en humus et des arrosemcns copieux pen- dant les chaleurs de l'été. Comme le mérite du poireau dépend entièrement de sa grosseur et de sa blancheur, il est avantageux de le repiquer, quand il a atteint le diamètre d'une plume. Ce légume devient beaucoup plus gros par le repi- quage, il est plus tendre et blanchit par celle opération qui se fait profondément. Il est essen- tiel de couper les racines près du plateau; on doit aussi couper l'extrémité des feuilles pour éviter qu'elles ne fendent et qu'elles ne sèchent. (Annales de la Société d'agriculture de Paris.) DES PLANTATIONS DE BORDURE, DES VERGERS AGRES- TES ET HERBAGES PLANTES. Les plantations en bordure faites le long des chemins et sur la lisière des horlesou des cours d'eau qui séi)arenl souvent les héritages surtout a l'exposition du sud, c'est-> Ce ne sera pas tout encore , car l'amélio- ration du bétail importe autant que sa multipli- cation. On conçoit, en effet, quel avantage ii y aurait, soit sous le rapport de la culture des terres, soit relativement à la nourriture des hommes, à ce que les bètes à cornes fussent fortes et vigoureuses. Or si, comme nous le pensons , l'abâtardissement de la race bovine tient à l'insuflisance d'une bonne nourriture, on parera bien à cet inconvénient par la mul- tiplication des prairies, mais on ne fera que maintenir la race ab;\lai'die. Pour l'améliorer, il faut encourager l'élève et la conservation de beaux sujets destinés à la reproduction. Sous ce rapport encore, on peut se promeltre beau- coup du système des primes, non de ces pri- mes qui par leur exiguïté ressemblent à une aumône qu'on n'aime iii à recevoir ni à donner, mais des primes plus rares que par le passé et aussi beaucoup plus élevées. Voici comment nous entendrions qu'elles fussent fixées et dis- tribuées : " Deux primes par arrondissement, l'une de COO fr. pour le i)lus beau taureau, et l'autre de 400 fr. pour la plus belle génisse, suffiraient ; elles pourraient même être cumulées avec iclics de l'année suivante si le plus beau tau-^ 274 COMMERCE, MANUFACTURES, ARTS ET MÉTIERS- reau et la plus belle génisse n'élaient pas jugés dignes d'èlre primés. » Les maires du canton , assistés d'un artiste vétérinaire , désigneraient le plus beau taureau et la plus belle génisse ; et un jury, composé de membres du conseil général et du conseil d'arrondissement, réunis à la sous-préfecture sous la présidence du sous-préfet , décernerait les deux primes pour lesquelles ne pourraient concourir que les sujets désignés, comme il \ient d'être dit , dans les cantons. » Dans ce qui précède , il n.'y a que de l'ar- gent; c'est quelque chose, mais ce n'est pas tout. » Quoi qu'on en dise, les distinctions hono- rifiques ont une grande puissana5 beaucuup plus de main-a.s frères, raailres de forges à Dijon, ont pris, il y a peu de temps, un brevet d'invention pour un genre de travail où la liouille, remplaçant en grande partie le charbon de bois dans la fabri- cation du fer fin , la consommation de ce der- nier combustible se trouve réduite à 3, .33 mètres cubes (90 pieds cubes) pour chaque mille kilog. de fer obtenu, tandis que, par les procédés jus- qu'à présent en usage, la même quantité de fer exige plus de IG mètres cubes (environ 460 pieds cubes) de charbon de bois, tant pour la réduc- tion du minerai dans le haut fourneau que pour le travail de la fonte au feu de forge. On assure que , bien loin d'altérer la qualité du fer, le nouveau prucédé procure un affinage si parfait que même avec des minerais qui n'avaient ja- mais donné que des fers très-mauvais et cassant au moindre choc, MM. de Meillonas en obtien- nent d'assez dociles pour cire étirés facilement en fils de fer du plus petit diamètre, ■ X FAERICATIOM DE LA CHAUX. Une amélioration vient d'être introduite en Pensylvanie dans l'art de chauller les fours à chaux , c'est l'introduction d'un courant d'air par un vcntilaleur. On charge le four et on al- lume le feu comme à l'ordinaire , puis on fait arriver le courant d'air. Les gens du métier sa- vent quelle influence a l'atmosphère sur les opé- rations du chaufournier; quelquefois le com- buslihle brûle difTicilemcnt , et la température ne s'élève pas assez pour cuire la pierre. Avec le ventilateur, il n'y a rien de semblable à craindre; l'opération marche régulièrement du commen- cement jusqu'à la fin, quelles que soient les va- riations atmosphériques. Il en résulte deux avantages : c'est que le combustible est brùlé à profil et ne s'exhale pas en fumée, et par con- séquent on trouve une économie considérable dansée procédé; puis, en outre, toute espèce de combustible inférieur peut être employé, ce qui n'a pas lieu dans les fours ordinaires. Les inventeurs, car ce sont deux Allemands établis aux États-Unis, préfèrent le ventilateur, comme moins coûteux ; mais cependant, dans une usine où on aurait des soufUets de forges ou des ma- chines soufflantes à sa disposition , on pourrait également s'en servir en recevant le courant d'air dans un réservoir et en le distribuant de là dans le four par plusieurs ouvertures pour évi- ter l'inconvénient d'une trop grande impétuo- sité de courant. On conçoit qu'il y a non-seule- ment économie de combustible, mais aussi éco- nomie de temps puisque la combustion ne se ralentit Jamais. %7^ ÉCOOMIE DOftlESTlQUE, EAU-FORTE DES GBAVEt'RS. Prenez : Vinaigre distillé 3 pintes. Hydrochlora. d'ammoniaque. G onces. Chlorure de sodium. . . G onces. Oxide vert de cuivre. . . 4 onces. Mêlez toutes ces substances et faites jeter quel- ques bouillons au mélange. LIQUEUR POUR BRONZER LES MEDAILLES. Prenez : Ammoniaque liquide, l demi-gros. Sel de nilre. ... 1 demi-gros. Sel marin desséché. . J demi-gros. Sel ammoniac. . . 1 gros. Vinaigre 6 onces. Mêlez exactement toutes ces substances. Il faut décrasser avec beaucoup de soin toutes les pièces avant d'appliquer cette liqueur. On augmente les teintes par des couches réitérées. tOM.MERCE DES SOIERIES. La production de la soie grége ' en France, dans les douze départemens où elle est cultivée, est estimée à la quantité de trois millions de livres par an. Les départemens du Gard et du Vaucluse fournissent à eux seuls les ^i:} de celte quantité. On évalue la consommation de la France à 'i^ àe soie étrangère et "l'i de soie indi- gène. On compte en France environ 70,000 métiers qui emploient, l'un dans l'autre, 00 livres de soie; la totalité des soieries fabriquées est éva- luée annuellement à la somme de liO millions de francs, qui se compose de 80 millions de ma- ' On donne le nom de soie grège à la soie quand elle est tirée de dessus le cocon. tière brute et .de 60 millions en main-d'œuvre et proGts. Kn élevant à 3 millions de livres la produclidn de la soie grège en France, il faut que la quan- tité de cocons soit d'environ 36 millions de livres. On calcule qu'il faut 16 livres de feuilles de mûrier pour une livre de cocons, en sorte que le produit annuel des feuilles de mûrier en France doit être de 57G millions de livres; et ciî admettant que chaque arbre fournisse , terme moyen, 80 livres, le nombre des mûriers s'élève- rait à 7,200,000 environ. Une once d'œufs produit, terme moyen , 100 livres de cocons. On compte qu'une once d'œufs donne au moins 30 mille vers, ce qni élèverait à 10 milliards 800 millions la quantité de vers ù soie élevés chaque année en France. Il y a peu de spéculations agricoles qui don- nent autant de profit que celle du mûrier. On évalue ainsi le produit de cette spéculation : 10 onces d'œufs à 2 fr. 'oO cent. . . 2& fr. Les 300,000 vers qu'ils donnent con- somment 10,000 livres de feuilles à raison de 3;j fr. le mille, ci. . . 660 Bois pour chaullage , loyer et autres frais 160 Les produits sont au moins de 800 livres de cocons, dont le prix est de 1 fr. 20 à 1 fr. 23; ce qui donne une valeur de 9G0 à 1,000 francs» soit 960 f. Les frais de dévidage et autres sont de 126 f. 40 Total. . . . 108Gf. 40 Le produit étant 70 livres de soie, le prix de revient est donc de 15 fr. b'2 c. Le prix moyen du cours est, en moyenne de 18 fr., ce qui porte le bénéfice net à 2 fr. 48, c'esl-à-dire à 14 fr., 30 p. 100. 0-S-f-§~i-g-ê-4-g-^-S-^-4-S^-a-3-s- 5-*-S-8-4-S-g-g-S-2-S-S-S-S-S-S-4-i-8-ê-4-44-8-«-8-8-4-^-o III. ECONOMIE DOMESTIQUE, PETIT-LAIT CLARIFIE. Tous les traités de pharmacie donnent le mode de préparation du [letit-Iait; aussi sous ce point de vue n'aurions-nous que i)eu de chose à dire s'il n'était avantagf^uK de faire connaître un procédé plus expédilif (|uo celui mis usage dans toutes les oflicines : ce procédé est le suivant: Battez un blanc d'œuf dans une piiile de lait, ajoutez une denii-once de bon vinaigre blanc ( environ une cuillerée à bouche), mêlez exac- tement, puis chauffez rapidement jusiprà ébul- lilion ; projetez alors dans le liquide bouillant quelques cuillerées d'eau froide pour l;iciliter la {séparation du coaguiuni, et liKrc;^. Ce mode d'opérer permet d'obtenir un prr>- duit parfaitement limpide dans un temps de moitié moins long que celui que l'on emploie part oui. Le petit-lait, dans les grandes villes surtout, est souvent arlificiel et certes il est loin danâ ce cas d'avoir les propriétés qu'il possède lors* qu'il est véritable. On reronnait aisément ce pelil-Iail factice, (" à ce qu'il mousse moins que le vrai p.ir l'agitation ; 2" à ce que , traité à chaud par l'acide suHiirique , il ne développe l>as l'odeur de la vache comme celui qui a été fait avec le lait. Quoi qu'il en soit, si l'on ne pouvait par ha- sard se procurer le lait nécessaire pour cette préparation et s'il faillit recourir à l'emploi du HYGIENE ET MEDECINE. 277 pelit-lait d'imitalion, nous croyons devoir in- diquer !a formule suivanle, comme celle qui doit être proférée pour sa préparation ; c'est celle que l'on suit dans plusieurs des principa- les pharmacies de la capitale : Prenez: sucre de lait 1 liv. 8 onces; Chlorure de sodium 1 liv. 8 onces; Nitrate de potasse 12 onces; Bitartrate de potasse 2 onces 4 gros ; Sucre blanc 6 livres. Mêlez et faites une poudre bien homogène ; alors : Prenez : Poudre ci-dessus 2 gros et demi; Eau commune 2 livres ; Dissolvez , puis ajoutez: ^irop de nerprun S gouttes ; Vinaigre ordinaire 10 gouttes. Mêlez exactement. Ce pelit-lait factice se prend aux mêmes do- ses et dans les mêmes cas que le véritable : il peut comme lui être rendu plus actif par l'ad- dition de diverses substances médicamenteuses, suivant les indications que le médecin a à rem- plir, i JROMAGES DE POMMES DE TERBE. On fabrique en Thuringe et dans une partie de la Saxe , des fromages de pommes de terre qui sont très-recherchés : voici la manière de les préparer. Après avoir choisi des pommes de terre de bonne qualité, et de préférence les grosses jau- nes, on les fait cuire dans un chaudron. Quand elles sont refroidies, on les pèle, et on les réduit en pulpe, soit dans un mortier, soit dans une terrine. A cinq livres de cette pulpe, qui doit être bien égale et bien homogène, on ajoute une livre de lait aigri et la dose de sel néces- saire ; on pétrit le tout, on couvre le mélange et on le laisse reposer pendant trois à quatre jours, suivant la saison. Au bout de ce temps, on pétrit de nouveau et l'on place les fromages dans de petites corbeilles, où ils se débarrassent de leur humidité superflue ; ensuite on les met sécher à l'ombre , et on les place par lits dans de grands pots ou dans des tonneaux, où on les laisse pendant quinze jours. Plus ces fromages sont vieux, plus ils acquièrent de qualité. On en fait de trois espèces : la première, qui est la plus couimune , d'après les proportions indiquées ci-dessus ; la seconde, avec quatre parties de pommes de terre et de deux parties de lait caillé ; la troisième , avec deux livres de pommes de terre et quatre livres de lait de va- che ou de brebis. Le lait de chèvre convien- drait sans doute également. Les fromages de pommes de terre ont sur les fromages ordinaires l'avantage de ne pas être attaqués par les vers et de se conserver frais pendant plusieurs années , pourvu qu'on les dépose dans un lieu sec et dans des vais- seaux bien clos. ( Bulletin de la Société royale d'Agriculture , Sciences et Arts L'amende sera de 1 0 francs pour les au- tres contrevenans. Elle sera perçue pour cha- que acte ou écriture sous signature privée ; quant aux registres de commerce, ils ne don- neront lieu qu'à une seule amende pour cha- que contestation dans laquelle ils seront pio- duits. » Art. G. Il est défendu aux juges et arbi- tres de rendre aucun jugement ou décision en faveur des particuliers, sur des actes , registres ou écrits dans les(]uels les dénominations in- terdites par l'article précédent auraient été iu- sérées avant que les amendes encourues aux termes dudit article aient été payées. ))Art. 7. Les vérificateurs des poids et me- sures constateront les contraventions prévues par les lois et règlemens concernant le sys- tème métrique des poids et mesures. » Ils pounont procéder à la saisie des instru- mens de pesage cl de mesurage dont l'usage est interdit par Icsdites lois et règlemens. » Leurs procès-verbaux feront foi en justice jusqu'à preuve contraire. )) Les vérificateuis prêteront serment devant le tribunal d'arrondissement. » Art. 8. Une ordonnance royale réglera la manière dont s'cireclucra la vérification pé- riodique des poids et mesures. TABLEAU DES MESURIiS LÉGALES, MENTIONNÉ EN 1,'aRTICI.E 5. Mesures de longueur. NOMS SYSTEMATIQUES. VALEUR. Myriaméire dix milles mètres. Kilomètre mille mètres. Hectomèlre cent mèlres. Décamètre dix mètres. jyiÈTRE, unité fonda- dix-miliionnième mentale des poids partie du quart I et mesures du méridien ter- restre. Décimètre dixième du mètre. Centimètre centième du mètre. Millimètre millième du mètre. Mesures agraires. Hectare cent ares ou dix mille mèlres cairés. Are.. cent mètres carrés. (Carré de dix mè- tres de côté.) Centiare centième de l'arc ou mètre carré. Mesures de capacité pour les liquides et les matières sèches. Kilolitre mille litres. Hectolitre cent litres. Décalitre dix litres. LrrRE décimètre cube. Décilitre dixième du litre. Mesures de solidité. Décastère dix stères. l Stère mètre cube. Décistère dixième du stère. Poids. Mille kilogrammes. . . poids du mètre cube d'eau et du ton- neau de mer. C'est le millier métri- que, poids du ki- lolitre d'eau pure Cent kilogrammes. . . quintal métrique. Kilogramme mille grammes , poids, dans le vide, d'un décimètre cube d'eau distillée à la température dequa Ire degrés cenii- grades. Hectogramme cent grammes. Décagramme dix grammes. Gramme poids d'un centi- mètre cube d'eau à quatre degrés centigrades. Décigramme • dixième du gramme. Centigramme centième du gram- me. Milligramme millième du gram- me. Monnaie. Franc cinq grammes d'ar- gent au titre de neuf dixièmes de fin. Décime dixième du franc. Centime centième du franc, (8 à 1'», IS à 'Mi.) Imprimerie et Librairie d' Auguste DESREZ, A PARIS, RUE NEUVE-DES PETITS-CHAMPS, 60. PAIVTHEOMOTTERAIÎIE COLLECTION IMVLRSELLE DES CHEFS-D'OELVRE DE L'ESPRIT HIMAI\. 10 fr. Volumes ■ /"Chronique de Du Gues-N I clin \ ANONYMES. < La Vertat el romances es- i j pagnoles sur Blanche de l \ JSourbon I d'oro.nvili.e. Vie de Louis de liourbon.f CHRISTINE DE PiSAN. Vie de Charles V. . \ . jivÉNAi. DES l'RsiNs. Vie de Charles VI. ' ^ MiGiEi. DEL VERMS. Chroniquc des com- tes de Foix ANONYME. Chronique de Flandres... MIGON DE ROCIIEfORT , GllLLAlME GAYAN. Ambassade du duc d'.\njou au juge d'Arborée JACQUES Dv CLERCQ. Chroniqucs \ LEFÉVRE DE SAiNT-uEMY. Chroniques.. . f . 1 . - ANONYME. Documens sur Jacques Cœur i el son procès ; ROBERT MACQTÉREAu. Chronique àe^ Bourgogne \ CHEVEUNT. Mémoires f iiiRAiT.T. Mémoires ; i vol r AFE . Jlémoires CILLOT, PASSERAI. )„„,.„ .,,„. , PITHOU, CHRESTIEN. ] ^^''^ MénippéC.. jEANNiN. Négociations | i vol DESCARTES. Œuvres philosophiques pu- ) . bliécs par .V. Aimé Mariin j LETTRES ÉDIFIANTES ET CIRIEISES, écri- , les des missions étrangères, sur la re- j ligion, les mœurs et les usages des f peuples visités par les missionnaires, /i vol. lO fr. augmentées d'une synonymie géogra- phique el de notes sur l'état actuel de chaque pays récemment publiés. 10 fr. 10 fr. 10 fr. POETES rR.4NÇAIS. ACAN, SEGRAIS , .Mme DESHOILIF.RES ,A CHAULIEU, LA FARE, SENECÉ, VERCIER, HOIDARD DE LA MOTTE, PIUON, LOUIS RACINE, LEFRANC DE POMI'ICNAN, GRES- , SET, GENTIL-CERNARD, LEMIERRE, EERNIS, SAINT-LAMBERT, MARMONTEL, )2 VOl. 20 fr. LEBRUN , MALFILATRE , COLARDEAU EONNARD, BERLIN, PARNY, BOUFFLERS, RnULIÉRES, M.-J. CHÉNTER, ANDRÉ CHE- KIER , FONTANES , LECOUVÉ, MILLE- VOVE , ROMIXS. ORIENTAUX. l\ i vol. 10 fr. •1 vol. 10 fr. LES MILLE ET UNE NUITS , coHtes ara-\ bes, traduction de Calland, accompa- f gnée de notes el d'un Essai hislori- i que, par.V. Loiselew-Dedongchamps. ) LES MILLE ET UN JOURS , tfadultS dU persan par Pâlis de Lacroix LA SULTA.\E ET LES VISIRS, COntCS tUrCS. — Contes et fables indiennes de bidpaï. — Contes indiens. — Contes chinoi-;. — le Jardin des l'.oses de Saadi. Édition publiée par M. Loiseleur-Deslonq- •. champs '. . / STERNE. Tristram Shandy , Voyage scn-") limenlal, etc ". S i vol. 10 fr, GOLDSMiTii. Le ministre de Wakefield. . ) FRANÇAIS. LES AGE. OEuvTes .T.T. I rvol.~io~fr", ANCELOT. OEuvres complètes | i vol. lo fr. PAUL JACOB Cle bibliophile). — Romans i , ,- relatifs à l'histoire do Erance ) ' ^°'' '" •""' La nouvelle administration du Musée des Familles , jalouse de conserver la faveur que cette publication n'a cessé d'obtenir du public , et afin qu'il n'y ait pas une seule famille qui ne possède cette collection, a réduit le prix des cinq volumes de plus de âO pour cent pour tous les nouveaux souscripteurs qui prendront avant le 31 octobre prochain l'abonne- ment à l'année 1838-1839 au prix ordinaire de 7 fr. 20 c. 17 francs 20 centimes au lieu de 37 francs 20 centimes LA COLLECTION COMPLÈTE Cinq beaux vol. grand in-8" à deux col. renfermant la matière de 50 vol. in-S" ordinaire et contenant plus de 1,500 vignettes. Pour toutes les personnes qui prendront l'abonnement à l'année courante, du 30 septembre 1838 au 1" octobre 1839 , au prix de 7 fr. 20 c. Toutes les expéditions seront rendues franches de porl au domicile des souscripteurs. Les demandes doivent être accompagnées d'un bon de vingt-cinq francs sur la poste , sur le trésor, ou sur une maison de Paris , montant de la collection des cinq volumes et de l'abonnement à l'année 1838-1839. La souscription sera fermée le 3i octobre 1838. S'atjresskr a m. Augcste DESREZ, directetr db Musée des Familles, : nue Keuve-des-Pelits-Champs, ào, à Paris, ' ■* En vente chez Augcste D£ISR£IZ, libraire-éditeur, True neuve-des-petits-ciiamps , 50, a paris. L'ÂLMÂMGH DE FRANCE 1839. 7^ ANNÉE DE PUBLICATION. Des améliorations importantes ont été apportées dans le plan et dans la rédaction de VAlmanach de France , afin que ce recueil éminemment populaire ne fût pas vainement consulté par la classe nombreuse des lecteurs auïfjuels il s'adresse. Convaincu que les Almanarhs ne seront réellement utiles que quand ils seront réunis en collection afin de compléter chaque année ceux des années précédentes, le principal rédacteur de VAlmanach 3ue nous annonçons a pris soin de ne pas reproduire des articles déjà publiés dans les six premiers Almunachu e France. En agissant toujours à l'avenir de cette manière, on formera une sorte d'encyclopédie progressive qui tiendra quelques cent mille lecteurs au courant des lois nouvelles, de la législation usuelle , au courant en- core des découvertes importantes, des procédés nouveaux, des progrés de l'agriculture, du commerce, de l'in- dustrie, au courant enfin des conquêtes morales que la l'rance est encore appelée à faire ou à consolider. L'éditeur de VAlmanach de France a voulu que celte publication se plaçûl enfin sous le patronage des per- sonnes dont le talent et le nom ont une double autorité. 11 s'est adressé à cet effet à des magistrats, à des publi- cistes, à des administrateurs, à des agronomes, à des savans. Des hommes haut placés dans la science, dans le monde politique, ont répondu à l'appel qui leur était fait ; ils ont compris qu'ils pouvaient signer les pages d'un Almunach destiné à populariser, avec les meilleurs principes d'ordre et de morale , les connaissances les plu3 utiles à acquérir; en un mot ils ont jugé ce petit livre digne d'être élevé jusqu'à eux, et ils ont bien voulu, pour la plupart, ou écrire spÉciAi,EMK>T des articles pour r.l/maHat/i fit' Fra/ice, ou indiquer les sujets qu'il convenait de mettre en saillie, en évidence, pour le plus grand aTanlage de tous, t Nous citerons parmi les principaux articles de VAlmanach de France 1839 : DE L'INSTRUC ION GliXÉHALE , par M. le comte A. DE LABOUDE , aide de camp du Roi , membre de la chambre des députés cl de l'Institut. |DE LA RÉFORME DES PRISONS, par M. RÉREXCER, membre de la chambre (Les députés, conseiller à la cour de CassaCion. DES CAISSES D'ÉPARGNE etjDES MONTS-DE-Pli;;TJi; , par M. le baron CHARLES DUPIX, ; Pair de France. INFLUENCE DES S.XLLES D'ASILE, par M. COCHIN, membre du conseil général du département de la Seine. AVANTAGES DES CAISSES D'ÉPARGNE, par M. BENJAMIN DELESSERT, membre de la chambre des députés. TRAITEMENT DES MALADIES. — DES REMÈDES SECRETS ET DES CHARL.ATANS, Ipar M. le docteur RATIER. L'ai.manacu de FRANCE Contient encore des articles signés par MM. AIMÉ MARTIN', S. HENRI BERTHOUD, EMILE DK GIRAUDIX, ROITAKU, CRAMER DE CASSAGNAC , PAYEN, MALEPEYRE, BAILLY DE MERI.IEUX , TOLLARD, LOL'IS BELLET, H. CORNU. Nous avons encore remarqué des articles sur La monarchie de I8ï0 , —Alijer, — Ixs expositions de l'industrie, — Conseils à un jeune pùirc, — Les chemins de fer; — de nombreux renseignemens statistiques sur /'«!/;7t«/î//rt', /c coi//mtYct', l'instruction primaire, eic. , etc ; enfin le tableau DES rniKciPAi.Es FoiHEs , établi pour la première fois sur les documens officiels transmis par M.M. les préfets A M. le ministre du commprce. Prix 50 centimes, et par la poste 85 centimes. HLes abonnés au Journal des Connaissa)iccs utiles, pourront joindre 85 centimes au montant de leur abonnement pour 1839; ils recevront immédiatement VAlmanach de France sous bandes par la poste. PETIT TRAITE D'ARITHMETIQUE DECIMALE, Destiné principalement aux instituteurs primaires et aux personnes qui font usage des poids et mesures; publié à l'occasion de la loi du 4 juillet 18375 Par M. BALLIN, ancien professeur de mathématiques élémentaires. Brochure in-i°. — Prix : 1 fr. Les cartes se vendent séparément 50 c. A Paris, chez DERACHE, à la Librairie étrangère et départementale, 7, rue duBouloi, au 2'. BATIGNOLLES-MONCEAUX. — IMPRIMERIE DE AUGUSTE DESREZ ET Ce, RUE Lemercier, 24. s^ Ome ^ ANNÉE. 1838. JOURISTAX. DES Troisième année* COIAISSAI REPERTOIRE MENSUEL ET PROGRESSIF DE TOUS LES FAITS UTILES, ÉCONOBIIQUES ET NOUVEAUX» Guide du consommateur, ANNONCKS CRITIQUES ET RAISONNEES DES PRODUITS DE l'iNDUSTRIK. Une livraison de trente-deux pages par mois , contenant un demi-volume PRIX , FRANC DE PORT POUR TOUTE LA FRANCE , PAR AN, SIX FRANCS. tn-b°. m r1^ Toutes les leltres devront être adressées , franc de port, à M. Auguste J)ESP.EZ, Directeur, rue Neuve-des-Petils-Gliamps, n. 50, à Paris. ^1^ NUMERO 10. — OCTOBRE. 5^ Notions générales de botanique, 290. I. AGRICULTURE. Grande culture .- suite de l'article sur les fourrages, 293. — Emploi du plâtre comme engrais , 297. — Nou- velle culture des champignons, 298. — Sur la machine à moissonner de M. Pereuil, ibid. — Économie rurale : influence de l'alimentation des vaches sur la production (H la qualité du lait, 299. — Constructions agricoles : ruchers , ibid. — Magnanerie de M. Camille Ceauvais, 300. — Médecine vétérinaire : de l'usage de la chair de quelques animaux atteints de maladies non contagieu- ses, 301. II. COMMERCE, MANUFACTURES, ARTS ET MÉTIERS. Machines à vapeur : chauffage des machines , 303. — Emploi de l'anthracite, ibid. — Nouvel alliage pour les pivots de montre, 304. — Briqueterie mécanique, ibid. — Cheminée salubre , 305. — Conservation des^bois de construction, ibid. û di-'3 III. ÉCONOMIE DOMESTIQUE. De la préparation des alimens , 306. — Remède con- tre l'aigreur des vins , 307.— Moyen de tirer parti des pommes de terre gelées , ibid. — Moyen de connaître la présence du vert-de-gris dans certains condimens, 308. IV. HYGIÈNE ET MÉDECIN-E. De la vaccine et des revaccinaiions , iôid. — Du trai- tement des ophlhalmies en général, 3io. — Frictions avec l'huile de crolon dans les cas de gastralgie , ibid. — Note sur la préparation d'un sirop d'huile de foie de morue , ibid. V. MORALE, MÉTHODES D'ENSEIGNEMENT, LÉGISLATION. Travaux des maires pour le mois d'octobre , ibid. — — Loi sur les faillites et banqueroutes, 3i2. — Exposi- tion des produits de l'industrie française, 317. — Loca- tion ; des états de lieux, 318. — Taxe à payer au gou- vernement pour les brevets, 3i9. m ai S 2 'o JOURS FÊTES ET ^OMS INTÉRÊTS de REVENU EMPLOI. r R 0 D W 1 T de 1/10 3^ §e delà des fr. 100 par par Dépense Épargne épargné au bout de •a *^ 3 semaine. SAINTS. à 4 p. 0/0. an. jour. 9/10. f. c. 1710. 20 ans. J. f. c. f. f. c. f. c. f. c. 274 1 lundi. s. Rémi, év. 275 3 01 '13800 37 80 34 02 3 78 41815 80 275 2 mardi. SS. Anges gard. 276 3 02 13850 37 94 34 15 3 79 41967 30 276 3 mercredi. S. Cyprien. 277 3 03 13900 38 03 34 27 3 80 42118 85 277 4 jeudi. S. François d'Ass. 278 3 04 13950 38 21 34 39 3 82 42270 35 278 5 vendredi. Ste. Aure, vierge. 279 3 05 14000 38 35 34 52 3 83 42421 83 279 6 samedi. S. Bruno. 280 3 06 14050 38 49 34 64 3 84 42573 40 280 7 DIM. S. Serg., S. B. 281 3 07 14100 38 63 34 76 3 86 42724 90 281 8 lundi. Sle. Brigitte. 282 3 08 14150 38 76 34 89 3 87 42876 45 282 9 mardi. S. Denis, év. 283 3 10 14200 38 90 35 01 3 88 43027 95 283 10 mercredi. S. Paulin. 284 3 11 14250 39 04 35 13 3 90 43179 50 284 U jeudi. S. Firmin, év. 285 3 12 14300 39 17 35 26 3 91 43330 70 285 12 vendredi. S. Wilfride. 286 3 13 14350 39 31 35 38 3 93 43482 25 286 13 samedi. S. Gérand. 287 3 14 14100 39 45 35 50 3 94 43653 75 287 14 DlM. S. Balinte, pape. 288 3 15 14450 39 58 35 63 3 95 43783 25 28S 15 lundi. Ste. Thérèse. 289 3 16 14500 39 72 35 75 3 97 43936 80 289 16 mardi. S. Gai, abbé. 290 3 17 14550 39 86 35 87 3 98 44088 30 290 17 mercredi. S. Serbonnet. 291 3 18 14600 40 00 36 00 4 00 44240 15 291 18 jeudi. S. Luc, évangél. 292 3 20 14650 40 13 30 12 4 01 44391 65 292 19 vendredi. S. Savinien. 293 3 21 14700 40 27 36 24 4 02 44543 20 293 20 samedi. S. Sendou. 294 3 22 14750 40 41 36 36 4 04 44694 70 294 21 DlM. Ste. Ursule. 295 3 23 14800 40 54 36 49 4 05 44846 25 295 22 lundi. - S. Mellon, év. 296 3 24 14850 40 68 36 61 4 06 44997 75 296 23 mardi. S. Hilarion. 297 3 25 14900 40 82 36 73 4 08 45149 30 297 24 mercredi. S. Ma^loire. 29S 3 26 14950 40 95 36 86 4 09 45300 80 298 25 jeudi. S. Crepin. 299 3 27 15000 41 09 36 98 4 10 45452 30 299 26 vendredi. S. Rustique. 300 3 28 15050 41 23 37 10 4 12 45603 80 300 27 samedi. S. Frumence. 301 3 29 15100 41 36 37 23 4 13 45755 35 301 28 DIM. S. Simon, S. Jude. 302 3 30 15150 41 50 37 35 4 15 45906 85 302 29 lundi. S. Pharoo, év. 303 3 32 15200 41 64 37 47 4 16 46058 45 303 30 mardi. S. Lucain. 304 3 33 1S250 41 78 37 60 4 17 46209 87 304 31 mercredi. S. Firmin. 305 3 34 15300 41 91 37 72 4 19 46360 35 Le 1 lev. 10 — 20 — 30 — du sol. 6 h. 0 m., couch. 5 h. 14 5 29 5 46 4 18 m. 20 0 40 P. L. le 3 à 2 h. 56 m. du soir. D. Q. le 10 à 10 34 du malin. N. 'L. le 18 à 2 34 du soir. P. Q. le 26 à 9 8 au matin. ^K« il m m ni Slus de 40 kil. de cocons pour 1,000 kil. de feuilles : voilà donc les pro- duits plus que doublés dans le climat de Paris, que l'on avait si longtemps regardé comme peu convenable pour celle industrie ; et si l'on con- sidère qu'au jnoyen de nouveaux procédés d'hygiène employés pour les vers h soie , on n'aura plus guère d'autres maladies à craindre que les touffes , qui ne se manifestent que par une température très-haute, on se trouve porté à conclure que les provinces du cenire de la France et même celles du Nord , sont peut-être plus favorables à la production de la soie que celles du Midi, au moins quant à l'abondance des produits. Lesplantations, qui occupenti 4 hectares, sont admirablement conduites; elles sontcomposées en partie de mûriers à larges feuilles , à feuilles de lis et de Dandolo. On a renoncé au nud- ticaule : il supportait trop difficilement les ge- lées. Tous ces arbres, depuis un an, sont sou- mis à un assolement biennal , c'est-à-dire que chaque mûrier ne fournit de fouilles que tous les deux ans. Autrefois on suivait les méthodes du Midi pour la plantation du mûrier, mais on a reconnu que sous le climat de Paris ils ne de- vaient pas être plantés trop profondément et qu'ils devaient être à 20 pouces environ du sol afin d'être plus échauffes par les rayons solai- res. Les taillis ont aussi été abandonnés , car si les mûriers poussaient avec plus de force, ils étaient plus exposés aux gelées blanches. La greffe qui a réussi aux Bergeries est celle de printemps , qui donne, dans le courant de l'an- née , des pousses de 6 à G pieds de longueur. On a renoncé à la greffe du mois de juillet parce qu'il ne restait plus assez de temps aux jeunes bourgeons et à celle à œil dormant, à cause des gelées d'hiver et de pi intemps. A la magnanerie modèle est jointe une fila- ture dans laquelle on expérimente chaque an- née. Ainsi on a reconnu que les cocons filés dans l'eau distillée se comportent mieux que dans l'eau de rivière et que le dévidage de la soie pouvait s'y faire à une température plus basse de io° qu'à celle où l'on file ordinaire- ment. Les flotes que nous avons vues étaient sur deux mètres : elles peuvent supporter la cheville du teinturier; elles ont été filées sur un guindrage de deux mètres, afin de s'accorder avec les soies d'Italie et du Jîengale ; elles étaient d'une élasticité et d'une finesse remar- quables. A la dernière réunion du comice agricole de Seine-el-Oise, le duc d'Orléans et les mi- nistres, qui s'étaient tous rendus à cette fête de l'industrie, ont particulièrement insisté pour examiner le produit des œufs récemment en- voyés de Chine par M. Hébert. Ces vers, selon M. Camille lîeauvais, seraient plus rustiques , puisque , éclos à Afacao, etaprès avoir passé la ligne deux fois , ils vivaient encoie lorsqu'ils sont arrivés. Leur caractère et leur couleursont très-diflërens ; ils sont fort petits, noirâtres, et passent ensuite au bleu ; quelques-uns, qui sont déjà dans le deuxième âge , ont une couleur blanchâtre. Maintenant que nous possédons les pratiques chinoises, nous devons espérer de rivaliser avant peu avec la Perse, la Turquie et même la Chine. MÉDECINE VÉTÉRINAIRE. DE L USAGE DE LA CHAIR DE QUELQUES ANIMAUX ATTEI.NTS DE MALADIES NON CONTAGIEUSES. (i" article.) Ladrerie du porc. La ladrerie est une maladie vermineuse du tissu cellulaire due à la présence du ver nommé cyslicerque celluleux (Rudolphi), maladie à marche lente, entraînant des désordres pro- fonds dans les solides et les liquides et cons- tamment la mort. Les législateurs de la Grèce et de la Tur- quie, IMoise et Mahomet, ont proscrit l'usage de la viande de porc, pensant par cette défense préserver les hommes de l'affreuse maladie connue sous le nom de lèpre. Les juifs et les musulmans tiennent encore de nos jours à ce pi-écepte religieux et ne se nourrissent point de la viande du porc. En France, si l'on consulte les registres des chambres de haute justice, on voit qu'en 171G les peines les plus sévères étaient prononcées envers les personnes qui vendaient des viandes ladres ou de mauvaise qualité (i). Ce fut aussi (1) Pour donner une iJùe de l'imporlance qu'on don- nait au débit de viande de bonne qualité sous le régne de Louis XIV , nous croyons devoir rapporter l'arrêt suivant. ArrëC définitif de la chambre de justice contre Antoine Dubout, du 28 inai 1716. « Condamne ledit Antoine Duboul, directeur des bon chéries de l'armée du roi, à faire amende honorable, nu en chemise , la corde au cou, tenant en ses mains une lorclie de cire ardente du poids de deux livres , ayant écriteau devant et derrière, portant ces mots : « Direc- teur des boucheries qui a distribué des viandes ladres 302 AGRICULTURE. à la même époque que Louis XIV insliUia la charge de conmllers du roi , jurés , lan- gueyeurs de porcs, doiiL les fondions étaient de s'assurer par l'inspection de la langue si les porcs amenés aux marchés n'étaient pas at- teints de la ladrerie. La viande du porc ladre est dite de liasse qualité ; les houchers commet- tent UH grave délit lorsqu'ils la déhitcnt , non parce qu'elle est dangereuse pour la santé des jicrsonnes qui en fout usage, mais pai'ce qu'elle est d'une qualité très-inférieure et ne peut être conservée par la salaison. Il serait donc à dési- ler que les langueyeurs de porcs qui existent encore aujourd'hui dans quelques localités de la France fussent institués dans tous les mar- chés, et le désir que nous exprimons ici en ce qui touche l'importance de cette question nous engage h faire connaître comment il est pos- sible de constater la ladrerie pendant la vie et après la mort des porcs. Caractères fendant la vie. Lorsque la la- drerie se manifeste, il est difficile de la recon- naître; cependant la pâleur des conjonctives et leur infiltration , la couleur Manche de la peau, l'arrachement facile des soies, la faiblesse des mouvemens, la laxité de la base cartilagineuse du boutoir peuvent faire fortement présumer de son existence. Mais lorsque, après avoir abattu le porc et l'avoir bâillonné à l'aide d'un mor- ceau de bois ou d'un bâion, le vétérinaire saisit la langue avec un serre-langue ou avec ses doigts garnis de linge, il aperçoit à sa face in- férieure et sur ses côtés de petites vésicules ou ampoules, de la grosseiu' d'im grain de millet ou d'un pelit pois, formées par le cysticerquc ladriipie , il est certain (pie la ladrerie existe. D'ailleurs si la face interne îles paupières , 1» peau qui entoure l'anus offrent de semblables wixsoldula, >'au-icvanl do la principale porto ni cnlrd'C <1<) l'église de Taris, et à la principale porte cl entrée de l'église du couvent des (;ran(ls-.\ugiislins ; el là, élant nu léte el à genoux , dire et déclarer, A haute et inlel- ligible voix , que, nii'Cliammenl cl comme mal avisé, il a distrilnié et fait disirihiier des viandes ladres el d'a- nimaux morls nalnrcllenient ; rpi'il s'est servi de fausses romaines pour peser el faire jieser les viandes ; (pi'ila fait vendr'' à son (irolii des luriifs morts ou restés ma- lades en roule, dont il a f;iil t<'riir comple par le roi. » )' Ce fait, a banni et hnnnil li'dit Antoine Duliout pour neuf ans du ressort du parlement de Paris el des lieux ou se tiennent les camps, garnisons el armées du roi ; lui <'njoint de pardiT son lian sous les peines portées par la déclaration du roi, qui sont les j^aléres; lui fait présent arrêt lu et afficlié dans les villes el frontières du royaume, et partout ou besoin sera. )> l'ail en ladite chambre, le '28 mai nia. >< Collaiioiiné , mjud Amyot. » (Extrait des registres de la chambre de justice, an 1716.) ampoules, et si, d'un autre cote, l'animal pré- sente les symptômes indiqués ci-dessus , nul doute alors que le porc est ladre. Caractères après la mort. A l'inspection de la viande, on reconnaît qu'elle est ladre par^ la présence dans le tissu cellulaire de petites ampoules aiiondies, transparentes, dans les- quelles est renfermé le ver vésiculaire. Ces vers se montrent surtout dans le tissu cellulaire des interstices musculaires et dans les endroits où ce tissu est très-abondant. Sous les séreuses des grandes cavités du corps , dans le foie , le poumon, le tissu du cœur , les anfractuositcs cérébrales , ces vers sont surtout très-nom- breux ; le lard est pâle jaunâtre et peu consis- tant ; les ganglions lymphatiques sont gros , mous et gorgés de sérosité ; le tissu cellulaire des parties déclives, setdement lorsque la ma- ladie est récente et de tout le corps lorsqu'elle est très-avancée , renferme un fluide séreux dans ses mailles. Les bouchers, dans le but de cacher aux yeux des acheteurs la mauvaise qualité de la viande et l'existence de la ladrerie, détruisent le foie, le poumon, les reins et la tète des ani- maux , enlèvent les parties infiltrées et celles aussi où les vers sont le plus nombreux et rougissent ensuite la chair, qui est pâle et comme lavée, avec le .sang d'un autre animal; mais il sera toujours facile h l'expert vétéri- naire de constater la fraude en faisant débiter la viande en sa présence et en disséquant quel- ques parties chainues , celles des épaules par exemple. La chair des cochons ladres soumise à l'ébtd- lition surnage et ne se précipite au fond du vase qu'après avoir fourni une abondante écume ; le bouillon qu'elle donne est trouble, blanchâ- tre, sans sa\ eur et sans odeur. La chair cuite est réduite à un petit volume : elle est gluante et parsemée de petits points blanchâtres, durs, de la grosseur d'un grain de millet, qui sont les cysli- cerqiies; sa saveur est douceâtre, elle est coriace, et les vers, durcis par la cui.sson, craquent sous la dent. L'usage prolongé de celle viande ladre occasionne la diarrhée, de fré(|uentes indiges- tions, mais elle n'a point, ainsi qu'on l'a dit, l'inconvénient de déterminer la dyssenterie et la fièvre putride. Sal(-e pour la conservation, elle ne prend que difficilement le sel , fournit beaucoup de saumâtre, s'altère et finit bientôt par se corrompre. C'est dans cet état que, mangée par les honuucs dans les villes assié- gées , à bord des navires, elle occasionne des maladies graves, telles que les fièvres putrides et les affections sroibiitif|ues. Si la viande de porc ladre ne peut être con- servée , si elle est peu substantielle et même nuisible comme aliment, les autorités devront prohiber la vente des porcs ladres et le débit COMMERCE, MANUFACTURES, ARTS ET MÉTIERS. ^0^ de celle viande dans les boucheries et les cliar- ruterics. MAI. les maires et les commissaires de police devront donc faire mcUre à exécution les dispositions prescrites par l'arlicle ;}, tilre 11 de la loi du lG-24 août 17i)0, l'article G05 delà loi du 4 brumaire an 4 cl les articles 90 et 98 du Code pénal, et, pour ledéparlemenl de la Seine, les articles Gi et 247 de l'ordonnance de police du 25 mai 1830 (l). (i) L'art. 3, titre xi dfila loi des l6-2i anilt 1790 con- fie septemlire, la situation générale de l'appro^isionnemcnfl des boulangers, (i" octobre.) Conseil de ^adrique. — Quatrième ECSSiOÉ ordinaire du conseil de fabrique. (i" dimanche d'octobre.) Conseil Mu.MciPAL, — rréparation des lettres 5I0RALE, MÉTHODES D'ENSEIGNExMENT , LÉGISLATION. 311 de convoçnlion pour la session de novembre , qunlrièriic el dernière session ordinaire de l'an- née. (!)ii 25 au 31 colohre.) Aussilôl ([lie le préfet a fixé le jour peur l'ouverlure de la session , les niea,bres du con- seil sont convoqués au moins cinq jours à l'a- vance par lellrcs closes reniiscs à domicile. Si un membre du conseil munieipal a manijuc à trois sessions consécudvcs, ordinaires ou ex- traordinaires, sans motif légitime et reconnu tel par le conseil , il peut èlre déclaié démis- sionnaire par le préfet. Cdrage des fossés. — La fin d'octobre est, sous le lapport de la salubi'ité et de la viabilité, la saison la (>lus favoiable jiour le curage des fossés que les fortes pluies de l'été ont encom- brés de terre, de vase et d'beibes ; la loi du lG-24aoùt 1700, titre XI, art. 3, parogr. l" et 5, place spérialemcnt cet objet dans les attributions des maires. Le maire doit donc à cette époque prendre un airèté, pour ordon- ner d'une manière générale, le curage des fos- sés le long des cbemins connnunaux. Si cette mesure a été négligée, on ne doit pas laisser passer le mois de féviier suivant s;:us la iïure exécuter. Les contievcnans sont poui suivis par les voies ordinaires en simple police. (15 octobre.) DÉCLARATION DES SUCCESSIONS. EnvOl aU receveu!' de renregistrcinentdu canton du rele- vé des décès survenus dans ia commune pen- dant le trimestre pi'écédent. (Dans le mois.) Ecoi.E KOHMALE, — Au 1 '''■ octobrc, com- mence l'année scolaire des écoles normales. Ecole piumaire. — Le maire remet à l'ins- tituteur communal afin que celui-ci le certifie, le nMe de la rétribution mensuelle à percevoir des parens des élèves. — Le maire signe le nMe et l'adresse au sous-préfet qui, à son tour, l'envoie au receveur municipal afin que les recouvremens soient Ojiéiés. — Le maire remet à l'insliluteur les mandats à toucber, ac- quittés par le percepteur, (i'^'' octobre.) Eingage.mens \olo_\ïa!res. — Deux registres doivent être tenus pour eniegistrer les engage- ïiicns volontaires que reçoivent les maires des cbefs-lieux de canton, et non les maires des auli'es communes rurales. Le maire dépose un de ces registres aux arcbives de la commune et l'autre au grefie du tribunal de première ins- t'mce (dans le mois). — Le maire du cbef-lieu de canton transmet au sous-préfet, d'après l'ordre du registre, la liste des engagemens vo- lontaires qu'il a reçus pendant le mois. (31 oc- tobre.) E.NREGISTREMENT SUR MI.NUÏE DES ACTES DE LA MAIRIE. — Les actes de la mairie qui sont soumis à cette formalité doivent être portés 25 c. Dans les 20 jours de rapprobalion (pic le préfet donne à ces actes de la mairie, ils doivent être enregistrés. Le répertoire de ces actes est présenté au visa du receveur de l'en- registicment du canton. (Du i" au lO oc- tobre.) Garde nationale. Jury de révision. — • Une instruction du ministre de l'intérieur (30 août 1831) fixe l'époque du renouvellement du jury de révision aux \" avril et 1'' octobre.— Le maire, qui dans le courant du mois précé- dent a adressé au juge de paix la liste des gar- des nationaux appelés à concourir aux fonc- tions de membre du jury de révision, assiste au tirage (dans le mois). Le maire du chef-lieu assiste à rinstallolion. Listes Électorales et du jurv. Tableau de recii/icaiion (Publication et affiche). — Le préfet adresse, pour le faire afficher je 20 oc- tobre, au maire de chaque commune de GOO âmes et au-dessus, le quatrième et dernier ta- bleau de rectification de la liste électorale et du jury, ainsi que l'arrêté de clôture de cette liste. Le uîaire d'une cninnume ayant moins de GOO âmes fait connaître à ses administrés la commune la plus voisine où la liste est dépo- sée afin que cluniue iuléiessé puisse en prendre connaissance. Cette publication est d'autant plus impor- tante (jue les listes, ainsi closes, doivent servir aux élections qui pourraient avoir lieu du 20 oclobic, jour de la clôture, au 20 octobre de l'année suivante, et ne p.euvent plus subir, jus- qu'à celte dernière épO(|ue, d'ai.tres cbange- mens que ceux qui seraient le résultat de décès ou de jugemens prononçant perle de droits ci- vi(|ues. (Du 15 au 31 octobre.) Masi;id. — Cons- tructions agricoles ; des gerbiers, 338. — Médecine vé- térinaire : de l'usage de la viande des bestiaux atteints de la cachexie aqueuse, 34o. IL COM.MERCE , MANUFACTURES , ARTS ET MÉTIERS. Commerce des lins en France, 34 1. — Procédé pour rendre les étoffes et le bois incombustibles, 342. — Instrumens nouveaux pour le tirage des rochers à la poudre, 344. — Teinture : fabrication de boules de bleu céleste, 345. III. ECONOMIE DOMESTIQUE. Procédé pour empêcher l'altération des vins, 34S. IV. inCIÈNE ET MÉDECINE. Hygiène publique : de l'altération spontanée et de la falsification des boissons, 34". V. MORALE, MÉTHODES D'ENSEIGNEMENT, LÉGISLATION. Trsvaux des maires pour le mois de novembre, 348. — Loi sur les faillites et banqueroutes (suite), 349. . JOURS t. s delà semaine. 1 jeudi. 2 vendredi. 3 samedi. 4 DIJI. 5 lundi. 6 mardi. 7 mercredi. 8 jeudi. 9 vendredi. 10 samedi. 11 DIM. 12 lundi. 13 mardi. 14 mercredi. 15 jeudi. 16 vendredi. 17 samedi. 18 DlM. 19 lundi. 20 mardi. 21 mercredi. 22 jeudi. 23 vendredi. 24 samedi. 25 DIM. 26 lundi. 27 mardi. 28 mercredi. 29 jeudi. 30 vendredi. 305 306 307 308 309 310 311 312 313 314 315 316 317 318 319 320 321 322 323 324 325 326 327 328 329 330 331 332 333 334 Le 1 lev. du sol. 6 h. 10 7 20 7 30 7 FETES ET NOMS des SAINTS. LA TOtlSSAlKT. Les Trépasses. S. Marcel. S. Charles. Sle. Rerthilde. S. Léonard. S. Willi-brad. Stes. Reliques. S. Mathurin. S. Léon, év. S. Martin, év. S. René. S. Brice. S. Maclou. S. Eugène. S. Eucher. S. Agnan, év. Ste. Aude, vierge. Stc. Elisabeth. S. Admond. Prés, de N.-D. Ste. Cécile. S. Clémfnt. Ste. Flore. Ste. Catherine. Ste. Genev. d. A. S. Maxime. S. Sosthènes. S. Saturnin. S. André. 48 m., couch. 4 h. 39 m. 3 4 25 18 4 13 33 4 5 INTÉRÊTS REVENU EMPLOI. 1 de ^ — -"iii». -^-— -■■ ^ — ■" -V fr. 100 à 4 p. o;o. par par Dépense Épargne an. jour. 9/10' 1/10. J. f. c. fT" f. c. f. c. f. c. 306 3 35 15350 42 05 42 81 4 20 307 3 36 1 5100 42 19 42 97 4 21 308 3 37 15450 42 32 42 09 4 23 309 3 38 15500 42 46 42 21 4 24 310 3 39 15550 42 60 42 34 4 26 311 3 40 15600 42 73 42 46 4 27 312 3 41 15650 42 87 42 53 4 23 313 3 43 15700 43 01 43 71 4 30 1 314 3 44 15750 43 13 43 83 4 31 1 315 3 45 15800 43 28 43 95 4 32 316 3 46 15850 43 42 43 08 4 34 317 3 47 15900 43 56 43 20 4 35 318 3 48 15950 43 69 43 32 4 36 319 3 49 16000 43 83 43 45 4 38 320 3 50 16050 43 97 43 57 4 39 321 3 51 16100 44 10 44 69 4 41 322 3 52 16150 44 24 44 82 4 42 323 3 53 1 62U0 44 38 44 94 4 43 324 3 55 16250 44 52 44 06 4 45 325 3 56 16300 44 65 44 19 4 46 326 3 57 16350 44 79 44 31 4 47 1 327 3 58 16400 44 93 44 43 4 49 1 328 3 59 16450 45 05 45 56 4 50 329 3 60 16500 45 20 45 68 4 52 330 3 61 16550 45 34 45 80 4 53 331 3 62 IfiGOO 45 47 45 93 4 54 332 3 63 166r,0 45 61 45 95 4 56 333 3 64 16700 45 75 45 17 4 57 334 3 66 16750 45 89 45 30 4 58 335 3 67 16800 46 02 46 42 4 60 rnoDuiT de i/io épargné au bout de 20 ans. ^f. cT" 46511 85 46663 40 46814 90 46966 45 47U7 95 47269 50 47421 00 47572 50 47724 05 47875 55 48027 10 48178 65 48330 15 48481 65 48653 20 48784 70 48836 25 49087 75 49239 25 49390 80 49542 30 49693 85 49845 35 49996 85 50148 40 50299 90 50451 40 50602 95 50754 45 50006 05 P. L. le 2 â 0 h. 34 m. du malin. T) 0. le 9 à 2 58 du matin. N. L. le 17 à « 11 du malin. P. Q. le 26 à 6 42 du soir. i ^N <î^ ?.; KM \. 32-2 DISCOURS SUR LES ENFAIS'S TROUVÉS, SÉMCË MIELLE DE LA SOCIÉTÉ DE LA MORALE CRRÉTIEIE. DISCOURS SUR LES ElVFAl^S TROUVES pnOKOMCÊ (Première partie.) Messieurs , Si le christianisme a le droit de rcvcndirnicr la plus sainte part dans les œuvres de la charité légale, c'était du soiii d'une société de morale chrétienne (juc devait s'élever le premier cri de scandale et de réproiialion contre les mesures meurtrières (pic les conseils généraux de dépar- tement demandent et que l'administration autorise à l'égard des enfans trouvés. Depuis quatre ans je plaide cette cause contre mon département, et je vous remercie de me permettre de joindre ici ma voix à la vôtre : il n'y en a pas de plus convaincue, je dirais presque de plus indignée. Certes, si quelque chose pouvait démontrer davantage que l'homme et la société ont hesoin, pour accomplir une grande œuvre quelconque, d'un motif puisé plus haut que la terre, d'ime force empruntée à un sentiment surhumain , et que toute législation qui prend pour but l'é- goïsme cl la richesse n'ahoutit qu'à l'impuissance ou à la brutalité, nous n'aurions pas besoin d'en chercher d'autre preuve que dans ce (jui se passe sous nos yeux à l'égard des enfans trouvés depuis l'abrogation du décret de 1811. Sans entrer ici dans un examen historique de la conduite des civilisations antiques et 7no- dernes enveis- cette population d'orphelins (pie la terre a toujours reclus comme des hôtes, et que pour la première fois on veut lui faire proscrire comme des criminels; sans vous montrer ces malheureux enfans exposés sur les places publiques , recueillis par des magistrats , vendus comme esclaves ou adoptés par la famille , plus tard portés sur le seuil des églises et distribués aux fidèles comme une sainte matière de miséricorde et d'aumône, les villes, les maisons reli- gieuses, les seigneurs chargés de leur entretien , enfin les hospices s'ouvrant à la voix de saint Vincent de Paule et toute une législation de tentJresse s'animant de la flamme et s'éclairanl du génie de sa charité , je passe tout de suite à l'état présent , à la question des tours et des dé- placemens , et ceux qui l'ignorent et qui vont m'entendre croiront que je mens ou que j'exa- gère. Je ne dirai pas même toute la vérité. Ecoutez. Lorsqu'un de ces pauvres enfans que la misère abandonne ou dont la honte veut cacher la naissance est apporté la nuit au seuil d'un hospice où on l'attend à toute heure, il est déposé dans un tour, ingénieuse invention de la charité chrétienne , qui a des mains pour recevoir et qui n'a point d'yeux pourvoir, point de bouche pour révéler; un tintement de cloche annonce que le tour a été visité. De pieuses sœurs, qui veillent derrière ces murs, accourent pour re- cueillir le nouvel hôte : s'il est nu , on le vèt ; s'il est couvert de haillons dégoùtans , on les DISCOURS SUR LES EISFANS TROUVÉS. 323 change contre des langes propres et tMes ; une nourrice que l'hospice loge et cnlrelient depuis plusieurs jours est réveillée , elle lui donne le sein ; au jour, une femme des champs saine et rohusle , dont la moralité est attestée par les magistrats, vient chercher et emporte sur sa tète le nourrisson qu'elle va coucher dans le berceau de son propre enfant. Préalablement des signes de reconnaissance ont été détachés de l'enfant, inscrits sur des registres, et permettront de suivre sa trace si jamais les circonstances qui ont forcé la mère à l'abandonner lui permettent de le suivre d'un regard inaperçu et de revendiquer son fils. Ce n'est pas tout : des hommes de bien consacrés gratuitement à ces œuvres , choisis parmi c6 que la ville renferme de citoyens les plus purs et les plus dévoués, forment un conseil de surveillance des hospices et acceptent la tutelle de ces orphelins; ils les suivent de l'œil jusque sous le toit de la nourrice. A des épo(|ues fixes, elle doit leur rapporter le nourrisson pour témoigner de ses soins pour sa santé ; à des époques indéterminées , le maire de la commune où il est nourri ou un médecin délégué par le conseil des hospices vient surprendre la nourrice et s'assurer par ses propres yeux qu'il est traité maternellement, qu'il a été vacciné, que toutes les prescriptions hygiéniques ont été ou seront accomplies à son égard. L'enfant grandit , il a partagé le lait de la mère , le pain des enfans ; la modique pension que l'hospice paie pour son entretien est un supplément à la richesse de la pauvre iamille adoptivc qui fait accepter sa présence comme un bienfait. Il est bientôt considéré comme un enfant de plus, comme un frère de plus dans la maison, dans le village ; nul préjugé flétrissant ne s'at- tache à sa condition d'illégitimité : on l'a oubliée, il l'a oubliée lui-même. Il a grandi avec toute la génération contemporaine du pays ; il a été au travail , aux champs , à l'école , à l'église avec elle. L'instituteur l'enseigne , le curé le catéchise , il mange à la table de son père nourricier, il est riche de sa récolte ; il se marie dans le pays, soit avec une de ses sœurs de lait, soit avec la fille d'un cultivateur du hameau voisin à laquelle il apporte en dot la lichesse du paysan , un métier appris ou des bras exercés au travail de la terre ; il recrute ainsi celte race saine et forte des cultivateurs dont l'insatiable cupidité de nos villes manufacturières dépeuple de plus en plus nos campagnes , et d'une source impure ressort ainsi une population rajeunie , labo- rieuse, primitive, qui rend chaque année douze ou quinze mille laboureurs à notre agriculture épuisée d'hommes. Les mêmes résultats ont lieu en ce qui concerne les filles. Ceci n'est point une fiction, une utopie, c'est ce qui se passe ou plutôt c'est ce qui se passait sous vos yeux sur toute la surface de la France, dans ces nombreux villages dont la nourriture des eiifans trouvés est l'utile et pieuse industrie. Voilà à quel point de perfection était arrivé un système où le génie chrétien et l'esprit administratif de la révolution française s'étaient rencontrés et secondés dans une des plus belles œuvres qui pût consoler et honorer l'humanité. Cela coûtait neuf millions à un budget départemental et à un budget de l'état qui se dénomme par milliard , et ces neuf millions enlevés à l'impôt étaient rendus sous une autre forme au pays et portaient l'aisance et les bonnes mœurs dans trente-trois mille familles de cultivateurs indigens. Maintenant , écoutez. Ces tours ouverts joui- et nuit pour substituer la tendresse et la charité chrétienne ou sociale à celle de lanière indigente ou coupable et pour empêcher la honte et le désespoir de chercher le secret dans un crime , on vient de les murer dans beaucoup de départemens, on va les murer partout, oui, les murer comme une porte par où la miséricorde publique pourrait fsutivement se glisser. La mère séduite et surprise par le témoignage vivant de sa faiblesse n'aura plus que cette alternative : le déshonneur, la réprobation de sa famille, la vengeamce d'un époux trahi, ou Je n'ose nommer, mais ce que l'on trouve tous les matins sur vos pavés et ce que vos cours d'assises déroulent tous les jours devant vos yeux l'ont nommé pour moi. Le déshonneur accepté etafîîché, l'exposition dans les lieux solitaires ou l'infanticide, voilà les trois options que la clôture des touis laisse aux mères illégitimes : l'une est la honte, l'autre est la mort, la troisième est le crime. Si l'exposition dans les lieux solitaires est la ressource la plus comnuine, et que l'enfant abandonné pendant toute une nuit, tout un jour dans un carrefour non fréquenté, derrière une porte, sur le seuil d'une église, sur les bords d'une rue, sous les pas des chevaux , ne périt pas d'inanition, de froid, foulé sous la roue des voitures de nuit, un passant le ramasse, il le porte à un sergent de ville qui le porte à un commissaire, qui l'envoie pori.er à un bureau d'hospice. Mais l'hospice ne sera bientôt plus autorisé à le recevoir : qu'en fera-t-ou ? L'économiste ne le dit pas ; mais ses doctrines le disent, et Malthus, son niaître, ose l'écrire. L'hospice donc le reçoit provisoirement encore par pitié, par habitude et sans autorisation légale ; il est envoyé eu nouirice comme précédemment. Mais ne vous tranquillisez pas sur son sort et suivez-moi jusqu'au bout pour admirer comment, troriipé dans sa cruauté par la miséricorde forcée de l'hospice , l'économiste saura retrouver sa victime et l'attemdre plus tard par l'ingénieuse férocité de son système. Je vous ai dit que l'enfant trouvé avait été jeté au sein d'une nourrice, que cette nourrice, sûre de conserver indéfiniment son nourrisson et s'attachant à lui par celte tendresse de la chair qui semble couler avec le lait, devenait pour lui une mère, et qu'il avait retrouvé là tout ce que la nature lui avait refusé, un père, une mère, des frères, des sœurs, une famille, un enseigne- ment, une patrie. Vous en bénissiez la Providence et la charité d'une société chrétienne. Eh bien! attendez : tout cela était une faute contre les règles d'une bonne économie administrative; il y avait là une piofonde immoralité. Vous ne vous eu doutiez pas, ni moi non plus; mais l'économiste a dé- couvert l'iamioralité sous le chiffre, et par une erreur déplorable, pour justifier son avarice 324 DISCOURS SUR LES ENFANS TROUVES. il va vous prendre par le sentiment moral et vous démonirer que la miséricorde est une séduc- tion et que riiuriianitc est un crime. Voici donc comment il raisonne et voici comment il agit. Je prends les paroles de lord Erougham, l'éloquent et consciencieux organe de cette théorie en action, nom illustre et bienfaisant qu'on s'afflige de trouver inscrit sur un tel sophisme : « La » mauvaise conduile a une séduction de plaisirs suivie d'une peine : or en recevant l'enfant }> à l'hospice, vous laissez le plaisir à la mère coupable et vous la déchargez des conséquences. M Que diriez-vous d'un hospice destiné à soulager les ivrognes? » Partant de ce principe , dont vous avez déjà senti toute la fausseté d'application aux malheu- reux enfans victimes et non coupables de leur naissance, et sur lequel je reviendrai tout h l'heure, nos économistes, suffisamment édifiés, méditent et décrètent ; et nu'out-ils médité et que décrètent-ils? Le voici : si l'enfant est reçu dans le toui', s'il est relevé de la terre où on l'a couché , à la manière des Romains , pour être jugé digne de l'existence , pour vivre ; s'il est remis au sein d'une nourrice et qu'élevé par elle avec l'amour qu'elle porte à sa propre chair, il vienne à recouvrer une famille, à s'attirer l'attachement de ses parens adoptifs, à s'attacher lui-même à eux ; si les signes de reconnaissance dont on a pu le marquer en le déposant et le voisinage de la ville où il a été déposé permettent à la tendresse de la mère de le suivre encore de loin dans les phases de sa vie et de le retirer dans des jours meilleurs, la douceur de cette situation , ces consolations d'une vie raanquée, ces liens conservés avec la nourrice, avec la mère peut-être , seront une séduction si puissante à l'exposition des enfans que le sentiment maternel en sera vaincu et que le libertinage et même le mariage rempliront vos hospices d'eofans abandonnés et feront ce hideux et froid calcul que repoussent également la nature et le sens commun. Or, pour prévenir cet abus imaginaire, que faut-il faire? fermer les tours? Ce n'est pas assez ; ceux qui passeraient par la porte des hospices offriraient encore le scandale de votre miséricorde : il faut dépayser h la fois et la tendresse des parens et l'afTection des nourrices ; il faut proscrire, expatrier,' exporter, déplacer, échanger les enfans de départemens à départemens , le plus loin possible, d'une extrémité de la France à l'autre, de peur que la tendresse des nourrices venant à se former, elles ne s'attachent aux orphelins qu'on leur a jetés pour un jour, et que ces malheu- reux enfans eux-mêmes ne viennent 5 se créer une habitude d'alfection et une illusion de famille dans les chaumières où ou les a recueillis ; il faut dire à ces enfans qui ont déjà de trois à dix ans, à ces pères nourriciers (jui ont oublié que ces enfans ne sont pas à eux : « Vous étiez des pères pour ces orphelins; vous, enfans, vous étiez des fils pour ces familles : l'habitude, la reconnaissance, la certitude de vivre à jamais ensemble vous avaient inspiré une consangui- nité presque aussi forte que cclie de la nature; brisez violemment tout cela, séparez-vous. La loi vous punira de l'amour que vous aurez conçu les uns pour les autres : vous, enfans, on vous enverra à un autre père; vous, mère, on vous jettera un autre enfant. » Et ne dites pas que l'exécution de ce déplacement n'est point une rigueur, qu'il ne change rien au sort de l'enfant trouvé, rien au sort des familles adoptivcs, puisqu'à l'enfant on donne une autre famille, à la famille un autre enfant : ce serait montrer de la nature humaine une ignorance ou un mépris qui, bien qu'il soit dans vos actes, n'est sans doute pas dans vos pensées. Quoi ! messieurs , arracher à trois , quatre , sept ou dix ans un enfant à la femme qui l'a nourri de son lait , au père qui l'a bercé avec ses fils , aux frères , aux sœurs avec lesquels il a grandi , au village qu'il a liabilé depuis sa naissance , au pasteur qui lui a donné les en- seignemens de la religion , à l'instiluteur dont il a reçu les leçons dans l'école avec tous ses compagnons d'âge, aux habitudes de ses travaux, à toutes les ailections enracinées de sa jeune àme, à la maison, au champ, au troupeau, au clocher, à la langue, au climat, à toutes ces corrélations instinctives de l'homme avec la nature entière qui forment ce qu'on appelle le pays ; le jeter à cent ou deux cents lieues de là , dans un climat différent , dans une maison , "dans une famille qui ne le connaissent ])as , parmi des enfans avec lesquels il n'a ni souvenirs communs ni ailections innées , à un homme, à une femme qui ne sont plus son père, qui ne sont jilus sa mère, qui le lecevront avec répugnance et rudesse parce (ju'il vient prendre la place encore chaude de l'enfant qu'on leur a enlevé de même ! quoi ! n'est-ce pas une rigueur, une peine, un exil, une barbarie? Qu'est-ce donc? Ah! demandez-le à voire propre cœur intimement interrogé, demandez-le à ces convois presque funèbres de ces enfans expatriés que nous rencontrons par longues files sur nos routes, le front pâli, les yeux mouillés , les visages mornes , et qui semblent interroger les passans du regard et de- mander à quel supplice on les mène! Demandez-le, j'ai été vingt fois témoin moi-même de ces lamentables exécutions, demandez-le à ces enfans que votre gendarmerie vient enlever de force à celle qui a été ]us(|uc-là sa mère et qui se cramponne à la porte de la chaumière dont on vient de l'arracher pour jamais! Demandez-le à ces pauvres mères indigentes qui courent de chez elles chez le maire, de chez le maire à la préfecture, pour faire lévoquer l'ordre in- flexible; qui, ne pouvant se dé(;ider a le voir partir, prennent l'engagement de le nourrir gra- tuitement, qui le livrent quelquefois au conducteur du convoi, puis, se repentant, courent à pied jusqu'à vingt ou trente lieues après lui pour le redemander et le rapporter dans leurs bras ! Demandez-le aux malédictions unanimes qui s'élèvent contre une administration sans en- trailles, aux violences, au désespoir, et, chose horrible mais vraie, mais nécessaire à du-e, aux suicides précoces d'enfans déplacés qui , dans mon département même , ne pouvant sup- porter l'angoisse de ces séparations , se sont précipités dans le puits de la maison ou dans l'c- DISCOURS SUR LES ENFANS TROUVÉS. 325 tang da village ! Non , ces impitoyables économistes ne sauront jamais quelle masse de désespoir el de colère leur mesure a soulevée dans le coeur du peuple et dans l'àme de ces malheureux, cnfans. Ils en rient, ils nous accusent de sentimentalisme et d'exagération : « Ces hommes du j)eui)le n'ont pas, disent-ils, cette sensibilité que vous leur prêtez; un enfant n'est pour eux qu'un mandai à loucher tous les trimestres, qu'une tête de plus dans le bétail. » Misérables sub- terfuges d'une théorie dédaigneuse qui calomnie la nature dans les classes pauvres pour n'avoir pas à se juger elle-même ! Plus près que nous de la nature , ces âmes simples la sentent mieux que nous, parce qu'elles ne sentent qu'elle. Superbes calomniateurs de la classe indigente, essayez donc d'arracher son chien au pauvre, vous ne le pourriez pas, vous auriez autant d'in- surrections que de villages. Eh quoi ! le cœur du misérable se soulèvera si vous lui arrachez son chien , et vous pensez qu'il ne se soulève pas quand vous venez lui arracher l'enfant que sa femme a nourri, qui a mangé son pain, dormi dans son lit, grand avec ses enfans ? Ah! si ce sont des mœurs, comme vous le dites, que vous prétendez refaire ainsi, ce sont des mœurs, oui, mais des mœurs administratives, mais des mœurs féroces que vous semez parmi le peuple et que vous retrouverez un jour sous vos pas pour votre malheur et pow notre honte ! Voilà pour le présent ; quant à l'avenir que la mesure des déplacemens prépare aux enfans abandonnés, jugez-le vous-mêmes. Où est l'avenir d'un homme? dans son passé, dans sa na- ture, dans son àme , dans ses sentimens, dans ses habitudes contractées. Où est la garantie de cet avenir? dans l'esprit de famille, de patrie, de sociabilité, qui est comme l'atmosphère mo- rale de l'individu. Eh bien ! cpie faites-vous par le déplacement et l'échange forcé des enfans trouvés? Vous endurcissez l'âme de l'enfant que vous promenez d'une famille à l'autre pour lui apprendre bien qu'il n'eu avait aucune; vous lui arrachez du cœur cette douce illusion de ma- ternité que nos sages institutions faisaient naître en lui ; vous le dégradez à ses propies yeux, TOUS ravalez sa nature en lui montrant qu'il n'est pour vous qu'un rebut de l'humanité à qui on ne tient compte ni de ses affections ni de ses larmes , qu'on déporte d'un sol à un autre comme un vil bétail , que dis-je ? qui n'a pas même la condition des brutes , car il n'appartient à personne; vous lui enseignez à ne s'attacher à rien , à ne rien aimer ; vous lui faites un calus sur chaque sentiment déchiré en lui; vous en faites un je ne sais quoi d'humain, sans aucune des conditions de l'humanité , dont tous les liens qu'il formera sont rompus d'avance , qui doit errer de porte en porte, de foyer en foyer, sans prendre racine nulle part, que personne n'élè- vera parce que personne n'aura espoir, droit, responsabilité sur son avenir, et qui , ne prenant des classes mférieures où vous le ballottez que leur ignorance et leurs vices , ira grossir promp- lement celte plèbe flottante et impure de vos grandes villes, traîner sa vie dans le vagabondage, dans les maisons de correction et peut-être la finir dans vos bagnes ! Et vous appelez cela un système! et vous appelez cela de l'économie! Oui, quelques centimes disparaîtront sous une forme de vos budgets départementaux; mais ils y reparaîtront grossis sous mille autres formes. Vous paierez en vices, vous paierez en gendarmes, vous paierez en polices, vous paierez en prisons , vous paierez en bagnes , en dépopulation et en crimes sept fois plus que ce que vous ne voulez payer en tutelle et en providence. Apprenez qu'un seul crime, qu'un seul vice, qu'un seul désordre ruine plus une société que mille actes de bienfaisance. Eh bien ! messieurs , voilà les faits ; je rougis de les dévoiler, mais il le faut ; car faire éclater de pareils scandales devanl une nation intelligente et généreuse, c'est les rendre impossibles. Voyons maintenant sur quelles théories on les appuie. D'abord, disent-ils , c'est économique, c'esl de l'argent de moins. Comme si l'humanité devait se soumettre au chiffre et non pas le chiffre à l'humanité! Vous avez vu ([ue c'était la plus illusoire des économies, que c'était im- mensément d'argent de plus, seulement de l'argent sali par le vice, ensanglanté par le crime, au lieu de l'argent purifié, sanctifié, fructifié par la miséricorde et la prévoyance sociales. Que disent-ils encore? Qu'ils réduisent ainsi de deux manières le nombre des enfans trouvés ou abandonnés. Et comment? D'abord , selon eux, en empêchant l'exposition des enfans légi- times par des pères et mères en état de les nourrir et qui les jettent par paresse ou par caprice à la charge de l'état dans les hospices, ensuite en épouvantant d'avance les mères illégitimes, qui se corrigeront du vice ou qui surmonteront la force des passions illicites parce qu'elles ne pourront plus en cacher ou en déposer le malheureux fruit. Quant à l'exposition des enfans légitimes, il est vrai que quelques abus se sont glissés dans l'œuvre de charité que les hospices sont chargés d'administrer ; mais malgré les statistiques menteuses et les assertions complaisantes , ces abus se réduisent à bien peu de chose , à trois ou quatre pour cent sur le nombre des trente-deux mille enfans trouvés. J'avais cru d'abord sur parole à ces innombrables expositions d'enfans légitimes si authentiquenient énumérées par les partisans de l'économie à tout prix; mais ayant plus mûrement réfléchi sur celte in- croyable aberration des senlimens naturels et des sentimens domestifiues qui, dans un état de société régulier, forcerait vingt mille pères et mères à s'unir pour jeter ensuite effrontément les fruits du mariage sur le pavé de vos rues, je me suis demandé si cela était vraisemblable, et puis enfin si cela est vrai. J'ai recherché les faits de ce genre dans deux déparlemens les plus abon- dans en enfans exposés, et après l'examen le plus minutieux, après les témoignages recueillis des maires , des curés , des conseillers d'hospices , des voisins, il m'a été impossible de constater un seul cas d'exposition de ce genre. {La suite et la fin au prochain numéro.) 326 AGRICULTURE. ï. AGMCULTURE. DES PRAIRIES. CHAPITRE 1^''. — DES PRAIRIES NATUBELLES. En agricullure on admet systématiquement deux sortes de prairies (ou de prés, car ici ces deux mots sont synonymes), savoir les prai- ries naturelles et les prairies artificielles. Les premières sont toujours composées d'un mélange de plantes parmi lesquelles les grami- nées dominent, et on ne les défriche jamais, parce qu'elles se conservent des siècles si elles sont bien entretenues. Les secondes ne se com- posent guère que d'une, deux ou au plus trois espèces de plantes, et ou est obligé de les dé- fricher pour les remplacer par d'autres cultures dès que les plantes ont vieilli et cessent de pro- duire. Les pâturages se classent aussi, pour les mêmes raisons, en pâturages naturels et ar- tificiels. Comme on le voit, cette classifica- tion est d'autant plus arbitraire que, dans l'ac- ception rigoureuse des mots, il ne pourrait y avoir en France ni prairies naturelles ni prai- ries artificielles; mais comme les cultivateurs s'entendent fort bien, il serait de toute iuulililé de régulariser leur langage. Nous allons d'a- lioid nous occuper de la culture des prairies naturelles. Les prairies naturelles se divisent en prai- ries hautes, prairies moyennes cl prairies basses. Les premières ne sont pas arrosées ])ar des courans d'eau, et généralement on ne les coujje qu'une fois par an; elles produisent peu, mais le fourrage qu'elles fournissent est généralement le meilleur, surtout pour les che- vaux et les moulons. Les prairies moyennes sont irriguées par les eaux courantes; en règle générale on les fauche deux fois par an . le fourrage de la première coupe se nounne foin; il est de meilleure (jualité que celui de la se- conde coupe que l'on nomme regain. Les ])rairies moyennes produisent plus que les iiauls prés, et leur foin, quoique d'une qualité inférieure, est cependant estimé : il convient à toutes les csjièces de bétail. Lesprairies bas- ses sont le plus souvent arrosées par des eaux courantes et des eaux stagnantes. Quand ces dernières y sont constamment, elles devien- nent des marécages ou des marais en raison de leur abondance. lien résulte que la qualité du fourrage des pi/.ries basses varie beaucoup en raison de^ ro -•aux, glayeuls et autres j'!3':- vaises herbes aquatiques qui y croissent plus ou moins abondamment. Celui où il y en a peu est le moins mauvais; les poa et les fétuques qui y dominent le font manger en sec par les chevaux et rechercher en vert par les va- ches et môme les bœufs ; celui des marais est le plus mauvais de tous, et celui des marécages lient plus ou moins des bonnes et mauvaises qualités de la prairie basse et du marais. Le lecteur qui a porté quelque attention à nos articles précédens conçoit aisément que ces diverses qualités de foin résultent non pas de la qualité du sol sec, humide ou inondé, mais bien de la qualité des diverses plantes qui en- vahissent ces terrains en raison de ce qu'ils leur conviennent mieux ; mais chacune de ces espèces de sols, secs ou inondés, peut produire des espèces particulières de plantes qui s'y plai- sent et fournissent un foin de bonne qualité. Un des premiers principes de bonne culture sera donc de choisir parmi les bonnes plantes celles qui conviendront le mieux à la nature du terrain ; ensuite ces terrains eux-mêmes , par le moyen des irrigalions quand '..s sont secs, par celui de l'assainissement et du des- sèchement quand ils sont trop humides , par celui des engrais quand ils sont trop maigres, peuvent aussi s'approprier à la végétation de bonnes plantes ; ceci nous fournira une se- conde règle importante d'agriculture, et de ces deux règles on déduira tout l'art de cultiver les prairies. Mais il ne sutBt pas de connaître les bonnes plantes qui conviennent à chaque nature de terrain , il faut encore savoir quels sont les végétaux qui nuisent aux prairies, soit par leurs qualités vénéneuses, soit en étoulTant les bonnes herbes ou en s'emparant de leur nour- riture. Le nombre en est assez grand, mais ce- pendant pas aussi considérable qu'on pourrait le croire au premier coup d'œil, car il est beau- coup de plantes qui, sans fournir un fourrage bon ou abondant, ne nuisent cependant d'une manière sensible ni à la qualité de la récolle ni à sa quantité ; on peut donc les laisser sans inconvénient dans une prairie parce que les frais d'extraction ne seraient pas compensés parle produit. IVous allons donner ici la liste des plantes véritablement nuisibles dans les prairies avant d'entrer dans les détails de cul- ture. Tableau des pla^'tes les plus nui.'iiblcs. Les achillées, — l'aigremome , — l'alchimillo, — l'angélique sauvage, — l'arrcte-bœuf ou ononis, — les bétoines, — la bardane, — les campanules, — la petite centaurée ou cbiionie, — les choins, — la ciguë, — le coquelicot, — les chcnopo- dcs, — les grande et petite consoudes, — la cuscute, — les cressons ou sysimbres, — les épilobes, — l'euphraise, — les ibugères, — les gaillels ou graterous, — la gaude , — les gé- ranium ou becs de grue, — la grassette, — les iris , — les joncs , — les laiches , — les marrubes, — les marguerites, — les mauves , — les massettes, — les menthes, — les mé- niantbes ou trèfles d'eau, — lanumulaire, — l'œnanthe, — l'onoporde acanthin, — les or- chis, — l'origan, — la pâquerette, — la pa- tience, — les potentilles, — la presle, — les primevères, — toutes les renoncules, — les reuouées, — les rhinanthes ou crêtes de coq, — les roseaux, — la sanicle, — les salicaires, — les séneçons, — le serpolet, — les serra- tules, — la spirée ou reine des prés , — les tormentilles , — les valérianes, — les véroni- ques. Il est deux moyens de détruire les plantes nuisibles. Le premier s'applique aux plantes vivaces, et il consiste à les arracher dans toutes les saisons, mais principalement en automne si on peut les reconnaître, parce qu'alors lesfrag- mens de racines qui restent dans la terre, au lieu de repousser , pourrissent dans la terre. Le second moyen, qui s'applique aux plantes annuelles, consiste à couper les tiges flofifères à mesure que les fleurs commencent- à paraî- tre; les plantes, ne produisant plus de graines, ne peuvent se multiplier, et l'on parvient à s'en débarrasser complètement en deux ou trois ans au plus. Dans de certaines plantes viva- ces, telles que l'arrête-bœuf, les menthes, etc., les racines sont tellement longues et traçantes qu'il serait impossible de les arracher toutes, et cependant le plus petit fragment reste dans la terre ne manque pas de reproduire de nouvelles tiges : on parvient à les faire mourir en cou- pant ces nouvelles pousses h mesure qu'elles paraissent, c'est-à-dire tous les sept ou huit jours pendant tout le temps de la végétation. On parvient aussi quelquefois à détruire les mousses, les lichens et en général les plantes aquatiques au moyen d'engrais chauds, tels que le plâtre, la chaux, la colombine, la suie, la cendre, etc. Les botanistes qui ont analysé des prairies naturelles ont observé, terme moyen, i° que sur 42 espèces de plantes que contenaient quelques prairies moyennes, il y en avait 17 de conve- nables à la nourriture des bestiaux, et que les 25 autres étaient inutiles ou nuisibles ; 2° que dans les hauts pâturages, sur 38 espèces, il ne s'en trouvait que 8 d'utiles ; 3" enfin que dans AGÎUCLJLTURE. 32^ les prairies basses, il ne s'en trouvait de bonnes que 4 sur 29. Ils en ont tiré la conséquence que stu- le foin des praiiies moyennes, il doit y avoir cinq sei)tièmes de perte, plus de trois quarts sur celui des hautes prairies et six sep- tièmes sur celui des prairies basses. Ce calcul est très-exagéi'é, parce que la plus grande partie des plantes perd ses qualités vénéneuses en se desséchant , co.mme par exemple le colchique, les renoncules, que les bestiaux mangent im- punément quand elles sont sèches ; ensuite sous le rapport de la quantité du fourrage , aucune plante n'est inutile quand le bétail la mange. Ces expériences prouvent néanmoins combien il est utile de nettoyer les prairies des végétaux parasites. Semis des prairies. Dans les articles pré- cédens , nous avons dit pour chaque plante quel est le terrain et l'exposition qui convien- nent, comment on doit préparer le sol, quels sont les soins à donner au semis, la quantité de graines qu'il faut employer, etc.; il ne nous reste donc à parler ici que des généralités. Dans les sols élevés, secs et sans eau cou- rante qu'on puisse y conduire, il n'y a que l'ex- trême nécessité qui puisse déterminer un bon cultivateur à établir une prairie, et cette né- cessité se présente assez rarement ; dans ce cas on fera très-bien de cultiver ces localités en prairies artificielles. On ne peut espérer un bon produit d'une praiiie naturelle que dans les vallées , les terres basses, humides ou un peu fraîches, d'une qualité bonne ou au moins pas- sable, pouvant recevoir des irrigations au prin- temps, soit au moyen des eaux d'un ruisseau qu'on y disperse par des rigoles , soit par les eaux de pluie qu'on ramasse au pied des co- teaux dans des canaux et des réservoirs spa- cieux. Dans les lieux bas, inondés ou maréca- geux, on peut créer de très-bonnes prairies si ou parvient à faire un boa dessèchement; dans tous les cas, deux ans avant de semer une prairie, on devra ne cultiver dans le champ qu'on lui destine que des plantes sarclées afin de détruire parfaitement les mauvaises heites, qui sans cette précaution pourraient envahir la terre aux dépens des bonnes graines de foin qu'elles étoufTeraient peu de tenjpsaprèsla ger- mination : cette précaution est surtout indispen- sable dans les lieux bas et frais ; on prépare en- suite le teirain par des labours, et il est es- sentiel de le niveler le mieux possible et de ne laisser ni pierres ni mottes. Quelque plante qu'on veuille semer, il est important que le sol soit extrêmement divisé et qu'il le soit aussi profondément que le per- met l'épaisseur de la couche de terre végétale. Les labours sont toujours assez nombreux si la terre est bien divisée, et vice versa; rarement on aura besoin d'eu faire plus de deux ; dans 328 AGRICULTURE. les terres froides et argileuses, il est important de donuer le premier avant l'hiver. Si la terre est un peu maigre ou qu'elle ait été épuisée un peu par les récoltes précédentes, on fera très- Lien de lui donner un peu d'engrais ; les jeunes plantes acquerront une vigueur de végétation, une force de sanlé dont elles se ressentiront pendant plusieurs années. Dans les sols compactes, humides et froids, il est de principe de ne semer qu'au printemps ; dans ceux qui au contraire sont légers et chauds, il vaut mieux semer en automne. Si, par des rigueurs extraordinaires de l'hiver, le semis d'automne réussissait mal, on pourrait ense- mencer de nouveau au printemps sur un sim- ple hersage. Quant aux graines, nous avons dit à l'article de chaque plante combien il en faut par hectare en raison des espèces. Il est de règle générale qu'il en faut plus pour les semis d'automne que pour ceux de printemps, plus pour ceux des terres médiocres que pour ceux des bons fonds, et cette différence peut aller jusqu'à un tiers, mais jamais plus haut. On se procure ordinairement de la graine de foin en balayant les greniers à fourrages, et quoique cette méthode soit presque générale, elle est extrêmement vicieuse ; en voici les rai- sons extrêmement faciles à comprendre : 1° les balayures contiennent plus ou moins de grai- nes comparativement à leur volume, de manière qu'il est impossible de savoir même approxi- mativement combien on confie de semences à une mesure quelconque de tei-rain. 2" Les ba- layures de grenier ne contiennent que des graines imparfaites parce que l'on coupe les foins peu après la floraison et longtemps avant la maturité. 3° Ces balayures contiennent tou- jours, en mélange avec les graines de bon foin, une grande quantité de semences d'autres plantes. 11 serait donc avantageux , lorsqu'on se dispose à former une prairie naturelle, de laisser mûrir sur pied les graines d'un demi- arpent, plus ou moins selon le besoin, de bon pré, de purger des mauvaises herbes h la main pendant la floraison , et quand le foin serait mùr, de le couper à la faucille, de le f;>ire sé- cher et de le battre au fléau comme le blé. J'ai fait moi-même exécuter celte opération, qui m'a réussi complètement et qui est beaucoup plus aisée qu'on le pense ; cependant si on ne voulait pas prendre cette peine, on pourrait, en les demandant un an à l'avance , se procurer des graines très-pures chez les marchands grai- niers, tels que MM. Tollard aîné, Vilmorin , Grandidier, etc., a Paris. Une autre question à poser est celle de sa- voir quelles espèces de plantes on devra choisir pour l'onsemenc^enient d'une prairie. On vous répondra qu'il vous faut telle ou telle espèce parce qu'elle produit davantage ou que son fourrage est meilleur, etc., etc., et je suppose même qu'on prendra en considération la qualité de votre terrain ; mais sur une question aussi im- portante et d'où résultera nécessairement le succès ou la ruine de votre entreprise, croyez- moi, fermez l'oreille aux avis des donneurs de conseils et jetez les livres de côté. Vous avez dans la nature un guide qui ne vous trompera pas : observez les plantes fourragères (|ui croissent naturellement dans votre terrain et dans les prés voisins ; voyez parmi elles celles dont la végétation a le plus de vigueur, faites- en un choix et semez ces plantes, vous serez mathématiquement sûr, si je puis me servir de cette expression, d'obtenir "un succès complet, car ces végétaux se trouveront appropriés à votre terrain, au climat, à l'exposition et à mille circonstances géologiques et atmosphéri- ques que les meilleurs agronomes ne savent ni juger ni prévoir. Une troisième question est celle de savoir si l'on doit semer une espèce seule , comme on le fait quelquefois en Angleterre, ou un mé- lange de deux, trois ou davantage ; nous allons essayer de la résoudre. 1" On a observé que le foin des prairies naturelles était plus salutaire au bétail que le foin des prairies artificielles. Je ne doute pas que ce fait résulte de ce que le premier contient en mélange un plus grand nombre d'espèces végétales que le second. Eq effet les physiologistes , les naturalistes et les médecins sont tous d'accord sur ce point, qu'il faut à l'estomac des animaux, comme à celui de l'homme, des alimcns vaiiés : or le foin de prairie naturelle remplit cette condition d'hy- giène, qui ne se trouve pas dans celui des prai- ries artificielles. 2" Chaque végétal, pour i)rcn- dre un développement i>arfiu't , exige des cir- constances atmosphériques différentes : les uns ne réussissent bien que lorsque l'année est plu- vieuse, d'autres lorsqu'elle est sèche ; aux uns il faut une température chaude, aux autres une température douce, etc. , etc. Il en résulte qu'une prairie composée d'une seule espèce peut ne lien produire du tout de certaines années et produire beaucoup pendant d'autres. 3" Comme il faut nourrir clia(|ue année son bétail et qu'il peut par consé(pu;iit y avoir compensation des bonnes et mauvaises années, il est donc. néces- saire d'avoir des prairies mélangées, parce que si une espèce ne i)roduit pas cette année , une autre la remplacera , puis celle-là sera remplacée h son tour l'année suivante par une autre, de manière que tous les ans on aura un terme moyen de récolte sur lequel on pourra compter, si ce n'est avec certitude , du moins avec un nombre de probabilités égal au nom- bre de plantes qui composeront la prairie. A° Une plante seule qui compose une praiiie AGRICULTURE. 329 lire constamment du sol les mêmes sucs, c'esl- à-dire ceux qui lui conviennent ; la terre finit par s'en épuiser; alors les plantes languissent et finissent par produire foit peu de chose ou rien. Quand au conlr;dreun herbage est com- posé dun grand nombre d'espèces, chacune lire du sol le suc rpi'il lui faut, mais ces sucs étant diflërcns ne sont chacun soustraits au sol que par un plus petit nombre de plantes et ont par conséquent le temps de se renouveler avant de s'épuiser. Il est donc bien de semer dans une prairie non-seulement huit à dix espèces de grami- nées au moins, mais encore quaire ou cinq espèces déplantes appailenantà d'autres famil- les, particulièrement à celte des légumineuses. J'ai annalysé, au château de la cour Roland , un des meilleurs hau's prés de Paris, et j'y ai trouvé le nombre de plantes que voici : i° Gra- minées : paturin , G espèces ; fétuques , G ; avoines, 2; agroslis, 1 ; brome, 3; dactyle, 1; cretelle, 1 ; ivraie , i; orge, i ; vulpin, i; total 23. — Légumineuses : coronille, 1 ; gesse, 2 ; lotier, 1 ; luzerne , i ; melilot, ï ; trèfle, 4 ; vcsce, 1; total, il. — Familles diverses .• plantin, 1 ; pimprenelle, i ; polygala, i sal- sifis, 2 ; scabieuses, 2 ; jacée, i ; total, 8. — Total général, 42. Il s'y trouvait encore beau- coup d'autres plantes , mais que je ne jugeai pas assez multipliées pour avoir une certaine influence sur ia quantité et la quaiiié du four-, rage. Soins à donner aux prairies naturelles. — Dans beaucoup de localités , les prairies sont pour ainsi dire abandonnées à la nature , et dans cet élat elles ne rendent pas à leurs propriétaires la moitié des fourrages qu'elles devraient produire avec des soins et quelques travaux. d'amélioration dont la dépense, pour le plus grand nombre des cas, est peu de chose en comparaison des produits. Dans l'année qui suit le semis d'une prairie , il est très-bien de la faire épierrer au mois de mars lorsque les pluies ont mis à découvert les pierres qui ne sont pas enterrées. Pour cela on emploie des femmes et des enfans munis de paniers à anse. On s'abstiendra de la fau- cher si elle est peu vigoureuse , et dans tous les cas on ne le fera qu'après la maturité des grains et lorsque les herbes commenceront à sécher ou jaunir : on évitera par ce moyen une seconde pousse épuisante ; les pieds se fortifie- ront, et les graines qui tomberont sur la terre garniront les petits espaces vides. S'il se trou- vait de grands espaces où l'herbe eût manqué, on les gratterait avec un râteau à dents de fer et on y jetterait de la semence au printemps. Enfin si beaucoup de places avaient manqué ou que le tout ne fût pas sutTisamment garni, on sèmerait après avoir passé la herse. Eu automne, lorsque les pluies ont amolli la terre, il f;uU se garder de laisser entrer les bestiaux dans un jeune pré, parce que le sol céderait sous leurs pieds , ils y feraient des trous dans lesquels se trouveraient enfouies les plantes qu'ils auraient écrasées. Pour atteindre ce but, il est indispensable d'enclore les prai- ries avec de bonnes haies d'aubépines où autres arbrisseaux épineux et ne traçant pas, ou avec de piofonds et larges fossés. Ou arrache les mauvaises heibes, comme nous l'avons dit, et si la mousse envahit la prairie, pour l'extirper on peut se servir d'une houe h trois dents ou pluséconomiquenient d'une herse de fer. Si la prairie n'a pas de courant d'eau pour les irrigations, on exécute tous les travaux né- cessaires pour profiter des eaux de pluies, les réunir, les amasser, les répandre d'abord sur les endroits les plus secs, puis, si on en a assez , sur toute la su, face de la prairie : on v parvient en coupant, par des tranchées ou des fossés, les pentes de coteaux qui aboutissent sur le pré et en faisant à ces tr;mchée^ des sai- gnées ou rigoles que l'on ramifie encore de ma- nière h porter l'eau parlout où Ion veut. Avec un peu d'intelligence on vient aisément à bout de ces travaux; il ne s'agit que de maintenir l'eau aussi longtemps qu'il est possible sur les parties du pré les plus hautes afin de pouvoir de là, par une pente douce, les distribuer dans les parties moyennes et définitivement dans les parues basses. Le nivellement dti sol doit être fait de manière à ce que l'eau ne puisse sé- journer ou s'accumuler nulle part. Quand on a à sa disposition un courant d'eau venant d'une rivière , d'un ruisseau , les soins sont les mêmes, et tout se borne à distribuer les irrigations le plus également possible sur toute la surface de la prairie. On se sert pour cela d'un ou de plusieurs petits empellemens placés avec intelligence. Dans les prairies basses et marécageuses, il est très-facile de reconnaifrc, aux joncs et aux massettes qui y cioissent, les endroits r ni ont le plus besoin d'être assainis. On y fait des ri- goles, des fossés, et, s'il n'y a pas d'écoule- ment possible, des canaux plus ou moins larges où l'on concentre les eaux stagnantes et dont la tene qu'on en extrait sert à exhaus- ser les parlies les plus basses. L'essentiel est de savoir quelles sont les épo- ques favorables aux irrigations des prés, et sur ce point il s'en faut beaucoup que les agronomes soient d'accord, parce que chacun a jugé cette question selon sa pratique ou ses préjugés. S'ils eussent appelé à leur secours la physiologie végétale, ils eussent raisonné sur des bases certaines, et l'on aurait dei)uis long- temps des principes d'irrigation établis sur les lois de la nature. Ce n'est pas dans un article 330 AGRICULTURE. do journal qae nous' pouvons développer <*es principes , mois nous enseignerons du moins les principales consé(iuenccs à déduire: i" Les plantes aquatiques seules peuvent vivre étant continuellement dans l'eau; mais comme elles ne fournissent que du mauvais foin, il est nécessaire de les détruire. Les prai- ries ne doivent donc jomais être ternies cons- tamment mouillées , d'où resuite la nécessité des empcllemeus pour mettre et ôter l'eau dans les prés à volonté. 2" Toutes les plantes, pour végéter, ont be- soin de quatre choses : de l'air, de la lumière , de la chaleur et de l'humidité ; nous n'avons à nous occuper que des deux dernières. 11 faut à chaque plante non aquatique une certaine quan- tité d'eau, plus ou moins, selon l'espèce ; mais il y a un terme moyen dont toutes peuvent s'accomoder, et c'est ce terme moyen qu'il faut chei'cher pour trouver les règles générales d'irrigation. On sait que l'était de la terre le ])lus favorable à la végétation ftsl une humi- dité douce, suffisante pour favoriser la fermenta- tion et la solubilité des subst;mces terreuses dont les végétaux s'emparent, pas assez grande pour ralentir la fermentation en détruisant la chaleur du sol. Il faut donc arroser suffisamment pour entretenir cette humidité favorable sans re- froidir la terre. 3° Il est facile délirer de ceci les conclusions suivantes : dans les saisons très-chaudes, il faudra plus d'eau, et pour éviter une trop ^irompte évaporation, on mettra l'eau dans les prés pendant la nuit , la terre étant suffisam- irient échauffée pour qu'on ait à craindre qu'elle se refroidisse trop ; on ôtora l'eau pendant le jour. i» Au printemps et en automne, les nuits étant plus longues et la terre moins échauffée , on mettra l'eau dans les prés le matin et on la retirera à midi afin que le sol ait le temps de se ressuyer avant la nuit. 5" Dans l'hiver et toutes les fois que le Ihermomctre étant à zéro la végétation est sus- pendue, il faudra retrancher totalement les iri'igations. C" Si l'eau employée aux irrigations provient d'tmlac, d'un étang, d'une njare ou en un mot qu'elle soit stagnante et éi^haufiée par le soleil , on pourra eu mettre dans les prés une grande quantité sans inconvénient. 7° Si au contraire on emploie des eaux vives, froides et crues, sélénitcuscs, de fontaines ou de luisseaux venant des montagnes , il faudra ménager les irrigations en conséquence. 8° Bans une bonne tultui'e, les rigoles et les empellemens doivent être disposés de manière h ccqu'on puisse faire épancher l'eau aujourd'hui dans une partie des prés, demain dans une autre, après-demain daus une îioisièine, et la retirer de la même manière à volonté partie par partie. 9° Si douze heures après que l'eau a été retirée d'une partie de prés la terre est plus qu'humide et mouillée , c'est qu'on a trop ar- rosé. 10^ Si douze heures après que l'eau a clé re- tirée d'une partie de prés, la terre est absolu- ment sèche, sans humidité, c'est qu'on n'a pas assez arrosé. Ces deux règles doivent servir à déterminer le plus ou mohis de temps que l'on doit mettre à laisser couler l'eau dans le pré sans perdre de vue néanmoins les pi'incipes énoncés aux numéros G et 7. Telles sont les pt incipales règles à consulter pour l'irrigation des prairies; mais il s'en faut de beaucoup qu'elles soient généralement sui- vies. Aussi voit-on, dans les Vosges surtout, les meilleures qualités de prés se métamorpho- ser en peu de temps en mauvais marécages , parce (jue les cultivateurs y mettent l'eau au piintcmps et l'y laisse jusqu'au moment où il faut l'en retirer pour faucher. Les engrais sont encore une chose trop négligée, quoique je les regarde comme indis- pensabLeè même aux prairies des meilleurs sols : ils ont non-seulement i)Our objet d'augmenter la récolte des bonnes plantes , mais encore de faire disparaître une giandc partie des mauvai- ses herbes, c'est-à-dire les mousses, les li- chens, les joncs et autres végétaux aquatiques. Tous sont bons pour les prairies et l'on peut également les employer partout; cependant quelques-uns conviennent mieux que d'autres dans de certaines circonstances que nous al- lons rapidement esquisser. Les cendres do lessive conviennent aux prai- ries humides menacées d'être envahies par les n)oussc5. Les cendres de houille et de tourbe pro- duisent le même effet, mais d'une manière plus énergique, parce qu'elles ont conservé les sels que les premières ont pCi'dus par l'eiret de la lessive. La 5Uîe est excellente dans les prés bas pour détruire les mousses et les herbes aquati(iues ; elle est plus énergique que les cendres. Les fumiers d'écurie sont bons dans tous les sols maigres (pii ne sont pas trop bmiiides. Celui de cochon convient aux sols très-chauds ; celui de vache aux sols chauds; celui de che- val et d'àne aux sols froids; celui de mouton aux sols très-froids. 11 faut éloigner des prai- ries les excrémens humains , poudrette, urate, etc., paice qu'ils conmumiquent à l'herbe une odeur qui déjjlail aux bestiaux. Le ^j/ft/rc en poudre, cuit ou cru, est ex- cellent dans les prairies d'une médiocre humi- dité, au sol argileux, siliceux, granitique, AGRICULTURE. 331 etc. ; mais il ne convient pas oralement aux ter- res calcaires : il délruit les piaules aquatiques et augmeate la qualité du foiurage en faisant développer une grande quanlité de trèfles et autres plantes légumineuses ; quant à la quan- tité de la récolte, il ne raugmeu'e pas aussi sensiblement que dans les prairies artificielles. La c/««»a; produit les mêmes effets que le plâtre , mais avec plus d'énergie dans les prai- ries humides, où elle déiruit promptement les herbes aquatiques et les mousses. Les houes de rue, de chemin, etc., sont très-bonnes dans les prairies sèches en teii'ain maigre. La terre végétale est également employée avec succès dans les vieilles prairies. L'argile peut être employée dans les prai- ries maigres en sol léger ou sablonneux. La marne agira avec plus d'énergie dans les sols argileux, granitiques, etc. Nous en avons dit assez pour faire parfaite- ment concevoir comment on doit, autant qu'on le peut, approprier les engrais et les amende- mensàla nature des prairies; mais, je le répète, tous les engrais sont bons. Les taujies, dans de certaines localités, font beaucoup de mal aux prairies en élevant leurs taupinières, qui gênent les faucheurs et les for- cent à couper l'herbe très-haut, ce qui occa- sionne une perte dans la quantité de la récolte. Il faudra donc les détruire, et l'on y parviendra aisément si l'on emploie les procédés que j'ai enseignés dans ce journal à la fin de l'année 1836. Outre cela , il faudra chaque mois au moins avoir le soin de démolir à la houe les taupi- nières qui pourraient encore se trouver dans la prairie et d'en disperser la terre. Malgré tous les soins que l'on peut donner à une prairie , il arrive quelquefois , surtout dans les sols médiocrement fertiles, qu'elle s'é- puise à la longue faute d'engrais ou d'irriga- tions. Dans ce cas, il vaudrait mieux la dé- fricher que la conserver eu friche ou en pâturage : on la cultiverait en céréales pendant quehjues années, et elle produit beaucoup ; ensuite on ' peut la semer de nouveau ; mais, je dois le dire, on ne doit en venir à celte extrémité que lors- qu'on manque absolument d'eau ou d'engrais. Bosc racontait que dans les environs de Clè- ves, M. de Dael avait fait une expérience assez singulière. Il sema de l'avoine sur l'herbe d'une prairie basse et la fit recouvrir d'environ un demi pouce de terre. La récolte de celle avoine fut superbe , et l'anuée suivante celle du foin ne le fut pas moins. Malgré ce fait, nous ne partageons pas l'opinion de îîosc lorsqu'il re- commande d'imiter M. de Dael. Mais il est en agricultiu'e deux hommes bien autrement important que Bosc et dont néan- moins nous ïic pouvons pas adopler l'opinion qui suit. Arthur Voung cl Jlarshall ne ces- sent de répéter qu'il faut faire pâturer les |m .li- ries semées de l'année précédente par iu r, moutons pour les forcer à se gazonner. .ie sais, par ma propre expérience, qu'il n'y a pas d'animal plus nuisible aux praiiies (jue les moutons, parce qu'ils arrachent l'herbe au lieu de la couper; mais rien n'est meilleur pour l'entretien des prés que d'y mettre les bœufs, les vaches et même les chevaux pendant l'au- tomne; ils font de même Ihaller l'herbe; leur urine et leurs excrémens engraissent le sol, et ils ne peuvent faire aucun mal , si ce n'est aux baies. Boitarb. rXILITt I)E LA rniPRENELLE. La pimpreneile commune ou sanguisorbe est une plante dont les agriculteurs ne tirent point encore tout le parli convenable. On l'applique fraîche et pilée sur les plaies, et sèche et pilée sur les ulcères; son infusion ou sa décoction fortifie l'eslomac, guérit les diarrhées, et celle de sa racine rappelle le cours des urines ; elle peut aussi entrer dans la sa- lade de laitue pour corriger un principe nui- sible aux estomacs faibles : la pimpreneile peut surtout être cultivée dans les champs comme fourrage. En Angleterre, où l'on a commencé à la cultiver pour ce dernier emploi, l'expérience d'une gi-ande quantité d'agriculteurs et de fer- miers, qui recherchent toujours avec beaucoup de soin les plantes qui peuvent convenir le mieux à la nourriture de leurs bestiaux, en a parfaitement démontré l'utilité. En eîTet les moulons, les bœufs la mangent avec avidité ; les chevaux la refusent d'abord , mais quand on les y a accoutumés peu à peu , ils l'a- bandonnent avec peine ; les vaches la man- gent avec délices ; l'embonpoint de l'animal prend un accroissement i-emarquable, et le lait, sans participer à l'odeur un pou forte de la plante , devient beaucoup i)lus riche en beurre. Les jardiniers la sèment dans toutes les sai- sons, soit en bordure, soit en planches, après avoir préalablement labouré avec la bêche. C'est une des plantes qui résistent le plus aux in- lempéries de l'air; pour avoir toujours des feuilles tendres, il suffit de les couper fréquem- ment. Si on n'a pas de graine, on iransplante à part un vieux pied duquel on a séparé lous les brins et qu'on laisse monter. La graine des- tinée à faire du fourrage ne doit pas être tout à fait mûre. C'est à l'époque de la floraison qu'il convient de faucher la pimpreneile, car c'est alors qu'elle contient le plus de suc et le plus de saveur. ._0n la trouve dans toute l'Europe, dans les 332 AGRICULTURE. terrains pierreux, calcaires et Jiionlagncux : on peut donc, clans les pays où la terre est si maigre qu'on est obligé de la laisser reposer un an et même deux, semer de la pimprenelle après la levée de la récolte. Les champs de pimprenelle restent veris pendant les mois de février et de mars; on peut dans cette saison, si le froid n'est pas trop intense, y faire brou- ter les bestiaux sans nuire aux récolles de l'été. Les champs de pimprenelle conservent aussi pen('ant les fortes chaleurs toute leur fraîcheur, tandis que les autres pâturages sont desséchés. Ces nombreux avantages sont de la plus haute importance, car on peut avoir pen- dant deux ou trois ans , sans autre dépense (pie celle du premier semis, de bons pâturages d'hiver et des récoltes d'été suffisantes pour dédommager le cultivateur des frais de culture. Quand on a des landes où le terrain est oi'di- nairement trop rocailleux pour (luc le bois y vienne, on peut remuer la terre pour y semer cette plante ; on a aiftsi à peu de frais des pâ- turages qui se conservent longtemps, en ayant toutefois soin de ne mener le troupeau que successivement sur chaque pièce de terre. La pimprenelle atteint la hauteur d'un h deux pieds; ses feuilles sont alternes et ailées, ses épis ovales, sa saveur herbacée et salée. MOYEN DE P.1tSUR\Er. LES TLANTS d'arTICIIAUTS CONTU'': I.A GF.LLE. Les fi'oids rigoureux de l'hiver dernier, joints .h l'humidité qui est survenue à la suite, ont occasionné la perte presque totale des plants d'arîiciiauts ; cette circonstance m'a engagé à faire connaître le moyeu de préserver ce lé- gun::c généralement estime. Il consiste d'abord à ne buter les touffes d'ar- tiehauis que de deux pouces envii-on et de ne faire ce travail que par un temps sec ; ensuite vous roupez les fouilles d'un pouce au-dessus de la butte : ce travail fait, vous pi'cndrez des pots à fleurs d'un diamètre d'enviion sept pou- ces (ces pots doivent èlre troués par le fond) pour les couvrir, en ayant le soin de les faire entrer d'un demi-pouce dans la terre; vous garnirez ensuite les entre-deux de vos vases avec du fumier ou des feuilles sèches, et lorsque le froid atteindra deux degrés, vous boucherez chaque trou de pot avec des morceaux de tui- leaux ; le froid étant à 'i degrés, vous couvriiez le tour des pots avec du fumier, en ayant soin que les tuileaux ferment hermélicpiement ; si le froid augmente , aloîs vous couvrez les pots totalement avec le fumier; le froid diminuant, vous les découvrez de Tiième par degré au fur et à mesure que la température s'ado-jcit. LvciN, abonné au Journal des Connaissances utiles. INSTRI'MENS ARATOIRES. . > CHARRUES ET SEMOIR A>T)P.É JEAN. En France la forme des charrues varie à l'infini : chaque locilité a la sienne, et le culti- vateur qui l'emploie est persuadé qu'il n'en existe pas de préférable. Cette erreur, transmise de génération en génération non -seulement chez les cultiva- teurs mais encore parmi la plus grande partie des personnes qui s'occupent de culture, a rc- tnrdé les progrès que devait faire l'agriculture. Elle restait slalionnaire jjcndant que de toutes parts l'industrie manufacturière, sous mille for- mes diverses, excitée par une concurrence in- fatigable, créait et perfectionnait des machines qui nous permettent de lutter avec nos rivaux. Nous devons dire au^si que si le cultivateur n'est pas disposé ;\ adopter les innovations uti- les, rien n'avait été précisé quant à la forme de la charrue. Parmi celles nouvellement perfec- tionnées, on était embarrassé pour accorder la préférence, paice qu'elles ne présentaient pas toutes les conditions voulues pour faire décider une question d'un si haut intérêt. Les choses étaient dans cet état lorsque, du centre d'un pays peu avancé en agriculture, M.André Jean, jtropriélaii'c à Périgny, près La KocbcUe, département de la Charente-Infé- rieure, aidé de ses seules lumières et d'une pra- tique dirigée avec discernement , a crée un nouveau système de chaiiue qui lui a valu une médaille de bronze à la dernière exposition des produits de l'industrie. Nous avons vu fonctionner celle charrue, et avant d'en entretenir nos lecteurs, nous avons voulu laisser h l'auteur le temps d'y faire les cbangemens qu'il avait reconnus nécessaires, cl nous désirions aussi, malgré nos convictions, n'en parler qu'après l'avoir vue figurer dans plusieurs essais comparatifs et lorsque sa supé- rioiilc aurait.élé reconnue d'une manière in- contestable. Des concours ont eu lieu sur divers points du département de la Charente-Inférieure et des départemens circonvoisins en présence des commissaires nommés par les Sociétés d'agri- culture , et nos prévisions se sont réalisées : dans tous ces concours la charrue de M. André Jean a obtenu les premiers prix. g Nous citerons à cette occasion le rapport adressé à la Société d'agriculture du départe- ment des Deux-Sèvres par la commission qu'elle avait chargée de diriger des essais comparatifs de charrues, tout en regrettant que la commis- sion n'ait pas cru devoir faire régler la même largeur et la même épaisseur de terre à labou- rer pour chaque charrue afin que les specla- AGRICULTURE. 333 tours puissent mieux juger le tirage nécessité par chacune d'elles. « Ces essais, ditle rapport, onteu lieu en pré- sence d'une réunion d'environ deux mille per- sonnes de toutes les conditions dont la majeure partie se composait de cultivateurs des Deux- Sèvres et de quelques agriculleui's des départc- mens voisins, et la commission a prononcé dans l'ordre suivant : 1° Une charrue simple à avant-train, pré- sentée par M. André Jean, de La Rochelle, pour laquelle il a eu un brevet d'invention, a labouré attelée de deux chevaux , dans toutes les natures de terre, sans être tenue par le con- ducteur qui l'abandonnait avec la plus grande sécurité : elle a franchi sans se déranger des obstacles qui auraient jeté les autres hors de la ligne. Si ceux-ci sont insurmontables, elle arrête l'attelage et ne rompt pas ; il suffit de la soulever pour qu'elle reprenne sa marche. Si l'obstacle au contraire roule, elle se soulève sans dévier et poursuit d'elle-même sa direction : arrivée à l'extrémité de la raie, elle tourne sans être tenue pour passer de l'autre côté de la planche. Cette charrue exige un tirage de 330 kilo- grammes pour soulever une masse de terre d'un pied de large sur cinq pouces d'épaisseur. Elle fait un labour très-régulier, dont la raie coupée horizontalement est parfaitement nettoyée ; la bande de terre bien ti'anchée n'est pas toujours exactement renversée, seul le- proche qu'on ait à lui faire et qui dépend de ce que le versoir forme un angle trop ouvert avec la ligne du cep, qu'il n'est pas assez contourné et qu'il est trop court ; on remédiei'ait à cet in- convénient en adoptant le versoir de Dombasle, le plus parfait en ce genre (i). Le système de fixité inventé par M. André Jean est tellement solide, simple et ingénieux que nous croyons devoir en donner la descrip- tion. L'âge de cette charme, de la longueur de six pieds environ sur trois pouces d'équarrissage, est renforcé à sa partie antérieure par deux jumelles de sa force tenues parallèlement à trois pouces de chaque côté par deux traverses fixées à chaque extrémité dans des mortaises. Un morceau de madrier de dix-huit pouces de long sur quinze pouces de large et trois pouces et demi d'épaisseur forme tout le corps de l'avant-train ; il est posé de champ d'une roue à l'autre selon sa largeur et porte à chaque (i) Depuis ces essais, M. André Jean a remédié à l'in- convénient signalé par la commission ; son versoir ne laisse plus rien à désirer, et nous l'avons vu renverser des bandes de terre d'un pied de large sur six pouces de profondeur dans des terrains cliaigés de racines résistantes, tandis que les autres cliarrucs ne pouvaient m$me eatamsr le soi. bout dans sa partie inférieure un essieu pour chaque roue; celui de gauche joue dans une mortaise de manière à permettre de lever ou d'abaisser la roue de six pouces environ an moyen d'une cheville.' Dans la partie supérieure de la sellette, on a enlevé à la scie trois morceaux de sept pouces de profondeur pour loger le triple âge, que l'on y enferme au moyen d'une bande de fer fixée en travers et par-dessus et maintenue par qua- tre boulons en fer qui traversent les deux es- sieux, consolident la machine et ne permettent de jeu à l'âge que de l'avant en l'arrière pour déterminer l'enlrure : celle-ci se règle au moyen d'une chaîne fixée en haut de l'étancon et qui vient s'accrocher en arrière et au bas de l'avant- train. L'âge peut aussi être élevé ou abaissé pen- dant la marche même au moyen d'une mani- velle qui traverse à vis la bande de fer et est fixée à l'âge par une tète qui glisse selon sa longueur dans une coulisse formée par deux bandes de fer clouées parallèlement sur une rainure de deux pieds de long environ. Le tirage s'opère au moyen d'une forte tige en fer fixée sous l'avant-train et terminée par un régidatcur qui mesure la largeur de la bande de terre. Une teMe charrue, qu'il est si facile et si sim- ple de régler, dont le système de fixité est si parfait et qui peut sans peine opéier un très- bon labour entre les mains de gens les plus étrangers à l'agriculture, a dû particulièrement iniéiesser la commission, qui l'a placée en pre- mière ligne. Le prix de celte charrue, qui s'élève de 130 à 1 50 francs en raison des soins que l'auteur apporte à sa confection, lui ùte de son mérite aux yeux de certaines personnes, par la raison, disent-elles, que nos cultivateurs n'ont pas les moyens de se la procurer. Sans doute le prix est un obstacle à sa pro- pagation ; mais le même inconvénient existe à l'égard des bons bestiaux, des bons engrais, etc.; il faudrait pour le bien de la chose qu'on pût amener chacun à ne cultiver qu'une quantité de terre proportionnée à ses moyens afin de pouvoir alors faire les dépenses les plus utiles et se proctu'er les instrumens les plus propres à labourer le mieux, le plus promplementet le plus commodément possible. On ne pourra jamais rien espérer d'un agri- culteur auquel le nécessaire m-anque sur une gi-ande exploitation. Les améliorations et les réformes ne peuvent arriver que par les plus aisés, qui deviendront pour les autres un objet d'imitation. 2" La charrue Dombasle, avec et sans avant- train, présentée par M. Chailot, président de la Société, est un instrument très-avanlàgeuse- 334 AGRICULTURE. ment coflmi et qui a fort bien fonolionné dans une terre franche enire les mains d'un homme habile et habitué à la diriger ; elle a fait un la- bour qui sur celui de la précédente a l'avan- tage de mieux retourner la terre, ce qui tient à la perfection du versoir, dont rajustement et les différentes inflexions ne peuvent ètie que le résultat d'une longue expérience ingénieuse- ment suivie. Cependant la commission a placé cette char- rue au second rang par les considérations sui- vantes : 1" Elle exige pour fonctionner un homme adroit, intelligent et habitué à la diriger. 2" Sur les lèvres pîcrraill m ses, elle sautille, fatigue le laboureur, sort de la ligne ou ne peut pas fonctionner. 3" Il faut dans sa construction une précision difficile'à saisir par les meilleurs ouvriers. Ces charrues ont exigé un tirage de 310 ki- logrammes pour celles sans avant-train et 350 kilogrammes pour l'autre sous une bande de teric de onze pouces de largeur sur quatre pouces et demi d'épaisseur. 3" M. de La Rochcbrochard d'Orion a pré- senté une charrue à avant-train qui est établie sur un système de fixité très-ingénieux. Cette charrue a fait vm labour excellent sans être tenue par le conducteur; elle renverse exactement la terre au moyen d'un versoir à la Pombaslc. Elle a exigé une force de 307 kilogrammes pour soulever une bande de terre (le dix pouces de large sur quatre pouces d'é- paisseur. Cet instrument a fixé l'attention de beaucoup de monde en raison du peu de volume de son système de fixité, qui est simple et qui mérite d'être décrit. 11 y a sur l'essieu une pièce de retenue de sept à huit pouces en bas, mobile au moyen de deux colliers en fer retenus par deux écrous ; elle est percée d'un tiou rond de trois pouces et demi de diamètre et boité en fer sur ses deux 1) ; (1:, dans lequel est ajusté l'âge, qui est rcn- f( ' dans cette partie par quatre bandes de fer d . K-huit pouces de long; il est retenu par u; lieville qui permet de le faire mouvoir de droite à gauche. La pièce de retenue est garnie de quatre ban- des de fer et de quatre Louions de manière à éviter tout écartemcnt. L'âge, qui a six pieds de long , est mobile dans l'ctançon et le mancheron de manière à pormeltre d'ouvrir ou de fermer l'angle qu'il forme avec le cep au moyen d'une cheville et de Irons gradués dans l'ctançon, ce (|ui lègle l'en- Irure concm-remment avec la faculté d'allonger et de raccourcir l'âge, qui est percé de plusieurs trous dans l'épaisseur des bandes de fer qui le enforcent. Un régulateur en fer adapté k la pièce d© retenue permet, au moyen d'une série de trous pratiqués en haut de la sellette et d'une che- ville en fer, d'incliner le soc à droite ou à gau- che et de le fixer à volonté. Enfin un levier placé dans la sellette au-des- sous de l'âge sert , à l'aide de deux montans fixés sur le bout de l'avant-train et de deux pe- tites chevilles de fer, à remplacer la force de l'homme sur le mancheron. Le régulateur, placé en avant de l'avant-train, sert à déterminer la largeur de la bande de terre. La commission a placé cette charrue en troi- sième ligne, parce qu'elle fait un labour dont la raie n'est pas aussi nette et aussi bien tranchée que celle des précédentes ; elle n'est pas aussi exactement fixée que celle d'André Jean, et le laboureur ne l'abandonne pas avec autant de sécurité. 4" La charrue Grange, présentée par la So- ciété, est un dernier modèle de l'auteur, qui ne lui a laissé que deux leviers, le supérieur et celui des armons. Cet instrument a fait un bon labour, mais moins régulier que celui des précédens en rai- son do l'oscillation de son système de fixité, qui l'a fait placer au quatrième rang. Il a exigé une force de 370 kilogrammes pour une bande de terre de neuf pouces de largeur sur quatre et demi d'épaisseur. Certes la commission reconnaît tout le mé- rite de M. Grange comme premier inventeur des charrues fixes ; honneur lui en a été rendu par plusieurs Sociétés d'agriculture ; mais ici, . dans un essai comparatif, il ne peut être ques- tion (|uc de l'inslrumcnt, de sa bonté et des services qu'il peut rendre h l'agriculture. 6"LacharrueRosé, présentée parM. Chariot, président de la Société et tenue par un de ses laboureurs, est mi fort bon instrument à avant- train, d'une construction svelte et solide; elle a exigé un tirage de 320 kilogrammes pour une bandes de terre de dix pouces de large sur quatre d'épaisseur. Cet instrument a fait un très-bon labour, qui lui aurait mérité le pas sur la précédente si celle-ci n'avait pas le précieux mérite de la fixité , condition dont on ne saurait contester tous les avantages , vu qu'elle permet de dis- traire un bon laboureur de son travail pour l'occuper ailleurs et de le remplacer par le der- nier des domestiques, auquel on ne confierait pas la charrue ordinaire. G" La charrue Guillaume à avant-train, ap- partenant à la Société, est un bon instrument de 'al'our, plus fort que la précédente, moins bien proportionné et moins avantageux à la ligne de tirage. Pour une bande de terre de même largeur AGRICULTUREJ 335 et de même épaisseur, elle a exigé une force de 354 kilngrammcs. c 7° La charrue du pays à avant-train, pré- senlce par M. Tristan de Bois-lîcrticr et con- dnile par son domestiijue , a éié modifiée par cet agriculteur zélé, quia adapté à cette charrue une oreille de cinq pouces de large et un versoir en fer d'une bonne longueur et cORtourué de manière à bien renverser la terre. Cet instrument a fait un des labours les plus réguliers, mais peu profond, de trois pouces et demi sur sept pouces de large , et a exigé une force de 31G kilogrammes. S" La charrue de marais h avant-train, pré- sentée et modifiée par M. Tison, cultivateur à lâ~~feTme~aePaiglan,' diffère de la véritable charrue du marais par des formes plus légères et généralement plus allongées; le soc, d'un très-bon modèle, tranche parfaitement la terre ; mais ce même instrument, dont cet agriculteur se sert dans une vaste exploitation, a mai fonc- tionné devant nous et a exigé un tirage de 340 kilogrammes pour une bande de terre de huit pouces de large sur quatre de profondeur. 9° La charrue américaine , appartenant à la Société, n'a pas pu fonctionner, parce que sans doute le laboureur n'y était pas habitué, ce qui arrivera le plus souvent dans les clîairues sans avant-train dont l'âge n'a aucun appui ; elles exigent une précision dont l'appréciation est diflicile même au plus exercé. j lâ'lO" L'ancienne charrue du pays, encore em- ployée par la majeure partie de nos cultivateurs, a tracé (pielques raies d'un mauvais labour et a été bientôt arrêtée par les huées des specîa- teurs. M. André Jean a présenté à la Société trois autres instrumens : une charrue double , un extirpateur et une charrue-semoir, tous établis sur le mènje système de fixité et d'une heu- reuse combinaison qui annonce le talent supé- rieur de cet ingénieux agronome. Nous allons les placer par ordre de mérite : 1" La charrue double se compose de deux araires du modèle de la sin^iple, qui prennent la place de deux jumelles sur l'avant-traiu et si- tuées en avant l'une de l'autre de manière à ce que la dernière, qui seule a un mancheron, couvre la raie ouverte par la première. Cette charrue, qui fonctionna irrégulièrement le 15 mai par suite du dérangement dans quel- ques parties , a fixé l'attention de la commis- sion, qui a invité l'auteur à la renvoyer pour la mettre de nouveau à l'épreuve, ce qui a eu lieu les 17 et 20 juin dernier en présence des com- missaires et de plusieurs cultivateurs. Cet instrument, attelé de trois chevaux, poids de quatre bœufs, a labouré sans être terni une bande de terre de deux pieds de large et de quatre pouces et demi d'épaisseur ; il a exigé un tirage de 5i7 kilogrammes (i) et a labouré dans l'espace de vingt-quatre minutes huit arcs quatre-vingts centiares de terre, ce qui fait un hectare soixante-seize ares pour un jour de huit heures. La charrue du pays , attelée de deux bœufs et solidement maintenue par un bon laboureur, a fait (rois ares trente centiares de labour en trente-six minutes, ce qui fait quarante-quatre ares dans un jour de huit heures et cent trente- deux ares de moins que la précédente. Le travail considérable de cette charrue , joint à la fociiité de la conduire, promettent de grands avantages h l'agriculture, et la commis- sion en l^iit le plus grand cas. Le versoir laisse aussi beaucoup à désirer; mais nous espérons que l'auteur, homme mo- deste et instruit , ne tardera pas à y apporter toutes les modifications nécessaires (2). 2° L'extirpa teur est un instrument à cinq socs plats suivis d'une herse ; il a fonctionné admi- rablement sans être tenu. Cet instrument, qui par 'cette combinaison a le double avantage d'ameublir la terre à l'intérieur et à la surface, a été employé par l'auteur pour couvrir des blés semés à la volée. Si l'expérience confirme les bons elTets de cet instrument sous le rapport de l'ensemencement, il offrira de grands avantages pour la célérité. M. Mangou, au moyen d'un exlirpateur sim- ple et sans herse, a semé la plus grande partie de ses blés, qui dans ce moment ont une belle végétation. Un homme , à l'aide de deux che- vaux, en a semé deux hectares vingt-sept ares par jour. ■ 3° Le semoir consiste dans une trémie adap- tée sur le derrière de la charrue, à laquelle est ajusté un cylindre qui tourne par une chaîne sans fin, mue par le moyen de la roue, et fait répandre la semence dans la raie d'une manière uniforme et à la profondeur que l'on désire ; puis une herse attachée au mancheron divise la terre et fait un guérct qui a été admiré par tous les speetaleurs. M. André Jean a semé celte année la moitié de ses blés avec cet instrument et l'auli'e avec l'extirpa teur. Nous attendrons les observations, qu'il fera sur la récolte. A la sui'e du concours qui a eu lieu à Saint- Jean-d'Angély, on a remarqué que les blés se- més à l'aide de cet instrument ont levé huit jours après les autresr, ce qui peut dépendre de la profondeur, que l'on varie du reste à volonté. Ce semoir serait de la plus grande*utililé si (1) Dans des lorrcs calcaires proparies pour recevoir la semence, cette ciiarruc, allelce ssuleiTsnt de deux chevaux et labourant à trois pouces de proîondîur, n'a exigé qu'un tirage de 350 kilogrammes. (2) Kous ferons ici îa mOtue observation que pour le versoir de la clisrrue à un sec. 336 AGRICULTURE. l'on savait à quelle profondeur doivent être placées les graines de toiles ou telles plantes pour le succès des dilTérenlcs phases de leur végélaliou. On a clos les expériences par le semoir Hu- gues , instrument avantageusement connu et dont le mécanisme admirable peimet de répan- dre en ligne les semences de dilTercntes gros- seurs et aussi claires que possible, méthode Irès-avanlagcuse pour les plantes à sarcler. » Nous terminerons cet article en disant que la Société d'agriculture de Lille a décerné une médaille d'or à la personne ((ui a établi dans cette ville un dé|)ùt des instnimens de M. An- dré Jean. Cette faveur, accordée pour uti pareil motif par la Société d'agriculture du déparle- ment le mieux cultivé, n'cst-clle pas la preuve irrécusable delà supériorité de cesinstrumcns, que nous nous sommes empressés de faire con- naître en publiant dans le Journal des Con- naissances idiles les vignettes que nous of- frons à nos lecteurs à la suite de cet article? Figure 1'"'' : charrue a un soc avec semoir. — A. Soc en fer forgé et aciéré. — E. Yersoir en fonte. — C. Élancon en fonte. — D. Sep en fonte. — E. Poignée en fonte. — F. Centre en fer forgé et aciéré. — G. Chaîne de tirage. — H. Blauivelle à vis pour régler l'entrure. — I. Caisse du semoir. — J. Chaîne sans fin qui passe dans la poulie de l'axe du cylindre fi- gure 4 , et dans une seconde poulie fi.\ée àja roue gauche de l'avant train. , ïâ-- Figure 2. — K. Régulateur. — L. Coulisse en fer où'fglisse la tète de'Ja vis II figure 1" — M. M. Grattoirs eu fer pour nettoyer les roues. F. 2. ■ ï'icuRF 3 : COUPE DU PLATEAU DK LA CHARRUE 1 vaut montcr ou^ilesccndre de G pouces 'et qu'on A u.N SOC. - s. Essieu de la louc gauche, pou- I fixe avec une cheville enïer. ~:.T. Essieu fixe AGRICULTURE. 337 delà roue droite. — U. U. U. Entailles pour l'ccevoir le triple âge. — V. V. V. V. Sioiiloiis h écrous qui travciseut le plateau et les deux essieus. FlGUnE 4 : CYLINDRE EN CITIVr.E TOUR KKPANDKE LA SEMENCE. — X. Poulie fixée h l'exti'éniilé de l'axe du cylindre. ~ Y. Plaque en fer avec une ouvcr'ture d'oi^i s'échappe la semence. — Z. Aulie plaque en fei' qui se place sur la pré- cédente, clic sert h régler l'ouverture, pour se- mer plus ou moins épais. _FiGL'EE 5 : ciiARRUJî.A DEUX SOCS. —■ (On pcut I soirs CH fcr forgé. — P. P. Élançons en fonte adopter un semoir au-dessus de chaque soc). — C: Q. Seps en fonte. — I\. Poignée en N. N. Socs en fer forgé et aciéré. — O. 0. Ver- I fonte. ■ '^ lHI£BAULT - ^'"""^ ^ = '■^;''^ Z''"'T'\ ''^ '^ .'";''""' ^ I ''"' '^ "" ''' ' ^"<^ P'^'- ""^ P'-'^ ^^^^ào largeur DEUX socs. ~ Il ne d.ffere du plateau de la char- J etparce qu'il est maintenu par un boulon déplus. 338 AGRICULTURE. FiouBE 7 : EXTiRpATF.uns A CINQ FERS torgés ET AC!ÉnÉs= — < L'énscmblc (Ic 'syslènic (Ic fixité est le inèaie ((lue celui des charrues. CONSTRUCTIONS AGRICOLES. GEr.BIERS. Les fourrages , paille ou foin , sont arrangés en meule ou placés clans les greniers au-dessus des écuries ou des élables. Ces deux usages sont généralement adoptés. Par l'emploi du dernier, on utilise un emplacement qui autrement serait perdu, et le service peut aussi , dans certaines occasions, s'en trouver accéléré. Pourtant cette pratique n'est pas sans quelques inconvéniens ; le principal est le passage ouvert aux exhalai- sons des élahles ; elles sont inévitablement nui- sibles au fourrage, ii moins que le plancher ne soit plafonné avec soin, et que l'on ne fasse point usage de trappes qui établissent une communication directe de l'un à l'autre éla- ge. Au total, nous ne croyons ces greniers tout à fait propres à recevoir le fourrage que lorsqu'ils sont isolés suffisamment des écuries ou établessur lesquelles ils se trouvent placés. L'usage, pour le même objet, des meules que l'on élève en plein champ, ou , mieux en- core, dans un enclos adhérent à la ferme, où elles se trouvent plus en sûielé, est susceptible de graades améliorations ; on apporte généra- lement, en France, peu de soin à la confection de ces meules. En elfet, ou se contente de les élever sur le sol , dont elles ne sont siTiarées que par un soutrait en fagots, et dont par con- séquent elles reçoivent toute l'humidité ; faute d'issue, celte humidité s'y concentre et fait souvent fermenter le foin, au point (pi'il se gâte, ou du moins contracte une odeur qui le fait re- jeter par les bestiaux. Lorsque ces meules , au lieu d'être simplement de fourrage , se compo- sent de gerbes de blé, les inconvéniens sont encore plus graves ; car , indépendamment de ceux que nous venons de signaler, le libre ac- cès donné à tous les animaux granivores qui s'y introduisent par la base , fait qu'en peu de temps les gerbicrs sont infestés , et qu'il faut souvent recourir à des moyens extrêmes pour préserver les i)arties qui sont jusque-là moins attaquées que les autres. L'inconvénient est grave, sans doute ; eh bien ! on peut y remédier au moyen d'une dépense une fois faite , et (jui , dans tous les cas, ne saurait égalei' la perte qui peut résulter pour un propriétaire ou un fer- mier de la persévérance dans le système ac- tuel. C'est encore une question indécise parmi les agriculteurs que de savoir s'il vaut mieux, pour conserver les grains en gerbes , les resserrer dans une grange ou les élever en meules , les- quelles , dans ce cas , nous appelons du nom de gerbicr , pour les distinguer des meules à foni rage. Il est évident que chacune de ces mé- thodes offre une somme d'avantages comme d'inconvéniens ; mais laquelle l'emporte dans celte balance ? c'est ce que nous ne déciderons pas, et nous croyons plus utile de chercher à remédier aux inconvéniens de l'une et de l'au- tre, afin que tout propriétaire puisse après cela en faire telle application qu'il jugera convenable à ses intérêts. On vient de voir que la première chose h ob- server pour les gerbiers est de les piéserver de l'humidité du sol, en même temps que de l'ac- cès des animaux qui y séjournent. Cette double condition sera remplie en établissant les ger- l'iers sur un plancher à claire-voie , élevé de quel(|ues pieds au-dessus du sol. Ce moyen sera bon à employer également pour les meules AGRICULTURE. 339 et les gerbiers ; toutefois, ces derniers deman- dant à être plus soigneusement préservés de la pluie que les autres, une simple couverture de paille ne saurait leur convenir; il leur faudra un toit solide, conslmit en planches et recou- vert le plus légèrement possible avec les ma- tières les plus économiques et néanmoins of- frant un degré de résistance convenable. M. Perlhuis, dans son Cours d'architecture rurale , donne le dessin d'un gerbier fixe qu'il a conçu d'après le système des granges alle- mandes : ce sont des espèces de pavillons car- rés, ronds ou à pans, formés par de grands po- teaux qui supportent un toit conique, mais mobile. Les gerbiers devant être d'une assez grande dimension, poiu- ne pas trop se multi- plier, le toit qui les recouvre exige l'emploi de moyens assez dispendieux , soit pour son éta- blissement, soit pour le faire manœuvrer, et nous ne voyons pas , en définitive , un tel in- convénient compensé par de bien grands avan- tages. Si les gerbiers ont l'inconvénient de laisser le blé trop exposé aux intempéries des saisons, les granges à leur tour ont le défaut contraire , c'est-à-dire que , lorsqu'elles ne sont pas suf- fisamment aérées, le grain peut y éprouver une altération sensible, et si diilicile du reste à pré- venir, que les marchands distinguent presque toujours le blé conservé en meules de celui qu'on a mis en grange , en donnant la préfé- rence au premier. Ceci , joint à l'excessive dé- pense qu'occasionnent ces bàlimens , soit pour leur construction, soit pour leur entretien, dis- pose beaucoup de personnes à donner la pré- férence aux gerbiers. Les moyens employés pour l'élévation des meules anglaises remédient à tous les incon- véniens que nous avons signalés. En effet ces meules se trouvent isolées de terre de manière à ne point recevoir l'humidité du sol et à ne laisser aucun accès possible aux animaux des- tructeurs, qui ne sauraient grimper le long de cippes en fonte. Le plancher est à claire-voie ; seulement , sur ces pièces de bois ainsi dispo- sées, qui laisseraient entre elles des vides trop considérables, on jette au hasard quelques plan- ches ou quelques branches d'arbres , de ma- nière toutefois qu'en offrant un support so- lide à la masse du fourrage , elles permettent à l'air de s'y introduire par-dessous. Quelquefois on remplace ces planchers, ainsi établis sur des supports isolés , par une masse circulaire en maçonnerie ; mais ce dernier système est loin d'offrir les avantages du précédent , car la ma- çonnerie pompe l'humidité du sol et la commu- nique bientôt au fourrage ; ce n'est pas non plus une protection contre les animaux granivores , bien au contraire; ils parviennent toujours à pénétrer dans la masse par quelque endroit, et cela fait, leurs dégâts se multiplient infiniment plus que dans les meules ordinaires, car, à l'aide de ce refuge temporaire, ils se perpétuent aisément et leur nombie y augmente d'année en année. D'ailleurs , si pour une cause quel- conque on veut changer ces meules de place, rien n'est plus facile que de démonter des pièces de bois et d'aller les établir autre part sur leurs cippes, tandis qu'il ne saurait en être de môme quand il s'agira d'un massif en maçonnerie. La même méthode conviendrait parfaitement pour les gerbiers, si , indépendamment de l'o- bligation d'isoler leur base du sol , on n'était encore dans la nécessité de préserver leur som- met des intempéries des saisons. Dans le cou- rant de l'année, on enlève conlinueilement des gerbes ; il faut (|ue cette opération puisse se faire facilement et sans que le gerbier demeure à découvert ; dès lors il est indispensable de lui donner un toit soutenu autrement que par l'ap- pui du fourrage , au lieu que dans les meules c'est la masse de celui-ci qui suppoite le toit. Nous avons parlé plus haut du gerbier à toit mobile que propose M. Pcrthuis et de la grange allemande qui lui en a fourni l'idée ; cette gran- ge, qui n'a pas moins de 24 pieds de diamètre, est formée par huit poteaux ou mâts de réforme qui reçoivent un plancher et un toit mobiles, lesquels on baisse ou élève à volonté, au moyen d'anneaux et de broches en fer traversant les poteaux d'outre en outre. Cette construction, qui paraît simple au premier aspect, exige au fond l'emploi de moyens dispendieux, puisqu'il s'agit de faire mouvoir des masses aussi lour- des que devront l'être ce toit et ce plancher, dont la solidité, sur une aussi grande portée, deviendra elle-même coûteuse ; on comprend donc l'impossibilité de s'en tirer sans d'assez grands frais. Au surplus, nous doutons que celte grange soit exécutable de la manière dont la propose M. Perthuis; et d'un autre côté, l'utilité d'un toit mobile ne nous frappe pas très- vivement. Si l'on considère en effet que ce toit sera toujours d'un établissement difficile et de- mandera pour être mis en mouvement un ap- pareil qui devra augmenter de beaucoup la dé- pense, le faible avantage que ce moyen pré- sente sera tout à coup bien diminué. Il y a plus, le toit ne pouvant former une saillie avan- cée ne préservera pas l'extérieur des gerbiers des atteintes de la pluie; ensuite la difficulté, sinon même l'impossibilité d'enlever les gerbes d'une manière bien égale dans tout le pourtour, deviendra un obstacle à la fermeture herméti- que du toit, et celte circonstance permettra aux oiseaux de s'y introduire à tout instant. La Propriété, journal d'architecture civile et rurale, auquel nous empruntons cet article, a fait connaître un systèUiC de gerbier à toit fixe et saillant, lequel, nous le croyons , renié- 340 AGRICULTURE. die à tous les inconvcnicns qui viennent d'être signalés. En oulre il odVe sur ceux à toit mo- bile des avantages très-marqués d'économie et de facilité d'exécution : « Le toit est établi suivant un système de charpente très-simple , il est fixé aux supports sur lesquels il forme une saillie de cinq à six pieds. Ce toit devra être très-léger; on pouira i'élablir en zinc, en chaume ou simplement en planches recouvertes de papier fort et d'as- pballe. _ » ^Maintenant , à mesure que le gerbier di- minuera en hauteur, d'un ou de plusieurs cô- tés, on abaissera des rideaux cloués dans le haut à la traverse joignant les poteaux montans; ces rideaux glisseront facilement le long des po- teaux au moyen d'anneaux passés dans une tringle fixée de chaque côté. Il conviendra, pour plus de sûieté, qu'ils soient imperméa- bles ; on les chargera dans le bas de balles de plomb ou d'une tringle en fer, de manière qu'à l'aide d'une (;orde et d'une poulie on puisse ai- sément les faire tomber par leur propre poids. Ces rideaux offriront de grands avantages ; d'a- bord ils défendront toujours l'accès de l'inté- rieur aux oiseaux ; on pourra ensuite les abais- ser tellement que la pluie ne pourra pénétrer dans le gerbier , même quand le vent la jettera par bouffées de côté et d'autre. L'idée de ces rideaux nous a été suggérée par l'emploi que l'on fait en Angleterre de toile imperméable pour couvrir des gerbiers longs ; on entame verticalement ces gerbiers par l'une de leurs extrémités et on les recouvre ensuite de cette toile. Tsous sommes bien loin de recommander l'emploi de gerbiers oblongs ; leurs inconvé- niens ont été très-judicieusement démontrés, selon nous, par M. l'orlhuis, dans son Traité d'architecture rurale. La toile, malgré son imperméabilité , se trouvant en contact immé- diat avec le grain, et recevant la pluie sur un plan incliné, communiquera toujours à ce grain une humidité qui devra lui nuire. » Nous avons ménagé au sommet du toit une ouverture recouverte d'un chapeau. De la sorte , toutes les exhalaisons échappées des gerbes trouveront une issue naturelle et ne pourront faire contracter au grain aucune odeur désagréable. Cette ouverture, la seule par où pourraient s'introduire les oiseaux, sera fermée au moyen d'un grillage suffisam- ment serré. » A deux des poteaux extrêmes nous atta- chons, de 18" en 18", des échelons en fer (|ui les traversent et servent à monter sur la meule ; ceci aura l'avantage de dispenser du lransi>ort continuel d'une échelle. Pour que les poteaux soient moins alTaiblis par les entailles que né- cessiteraient les pièces de bois formant le plancher , celles-ci se tiouvent supportées et fixées à des goussets dont la forme inclinée à encore le l)on effet de rendre tout à fait impos- sible l'accès des animaux granivores qui pour- raient grimper le long des pièces verticales. » MEDECINE VETERINAIRE. DE l'usage de la viande des bestiaux atteints DE LA CACHEXIE AQUEUSE. La cachexie aqueuse des bestiaux est le ré- sultat d'une altération des principes consliluans du sang avec diminution notable de la quan- tité normale de ce fluide. Principaux caractères pendant la vie. — On reconnaît la pourriture, lorsqu'elle dé- bute, à la pâleur et à une teinte jaune de la conjonctive, de la peau des gencives et du frein de la langue, à une diminution de la force mus- culaire , et souvent aussi à un embonpoint fac- tice décelé par la mollesse de la 'graisse aux endroits appelés les maniemens. Plus tard, l'exagération de tons ces symptômes, la séche- resse de la laine, la présence d'une tuméfaction froide et indolente sous la ganache (bouteille) , la maigreur, une diarrhée séreuse qui salit la laine au dessous de l'anus, sont les caractères à l'aide desquels on ne peut méconnaître l'exis- tence de la pourriture. Caractères après la mort. — Il faut une assez grande habitude de juger l'état de la chair des bètes bovines et ovines pour assurer que les animaux étaient atteints de la pourriture à son début pendant la vie, si les bouchers ou les fournisseurs ont détruit les organes renfer- més dans la cavité abdominale. Cependant le peu de fermeté de la graissse et la teinte jau- nâtre qu'elle reflète, une infiltration légère du tissu cellulaire sous-cutané et intermusculaire du bas-ventre, des cuisses, de la partie infé- rieure de l'encolure, surtout au voisinage du gosier, la pâleur, le peu de fermeté des mus- cles sont des indices qui font fortement présu- mer l'existence de la cachexie. Mais si les ani- maux tués dans lt;s abattoirs ne sont pas ouverts, la couleur jaunâtre et le volume du foie , la pré- sence de douves dans les canaux biliaires, la pâleur de tous les viscères sont des traces certaines de l'existence du mal. A un degré plus avancé, la pâleur des chairs, l'infiltration qui les entoure, l'état de la graisse, qui ressemble alors à de la gelée de viande, la facilité avec la- quelle elle devient lavée et flasque par les temps humides sont les caractères certains qui font reconnaître l'altération de la viande. Les bouchers, les fournisseurs achètent et tuent rarement des bètes atteintes de la pourri- ture pendant les temps humides, mais bien COMMERCE , MANUFACTURES , ARTS ET MÉTIERS. 341 pendant les (emps où l'air est sec et froid ; aussi esl-cc pendant cet élat hygrométricjue de l'air que les inspecteurs des viandes destinées aux salaisons pour les troupes de terre ou de mer doivent visiter scrupuleusement les fournitures. La viande cachectique, cuite à l'eau, fournit un bouillon fade et blanchâtre ; la chair est flasque, gluante, coriace et entièrement dé- pourvue de suc et de goût. Difïicile à digérer, souvent elle occasionne la diarrhée ; grillée sur les charbons ou rôtie, elle se racornit, devient filandreuse et ne conserve aucune saveur. Salée, elle prend difficilement le sel, donne une abondante saumàtre et ne peut se conser- ver longtemps. L'usage momentané de cette viande n'est d'aucun danger; mais prolongé, cet usage peut amener des troubles dans la di- gestion et occasionner des flux intestinaux dif- ficiles à guérir. Achetée pour les salaisons et se détériorant facilement, elle peut donner lieu à de graves inconvéniens. En résumé la viande provenant d'animaux atteints de cachexie aqueuse doit être considérée comme un comes- tible nuisible à la santé dont l'autorité ne doit point permettre le débit. DE l'usage do lait ET DE LA VIANDE DES EÊTES BOVINES ATTEINTES DE MALADIES RECENTES OU ANCIENNES DE LA POITUINE. Usage du lait. ~- Les bètes bovinss sont Irès-fréquemment atteintes d'inflammation chro- nique du poumon ou des plèvres, d'une durée longue et souvent mortelle. Dans le début de ces maladies, les vaches donnent souvent plus de lait que dans l'état de santé , mais il est plus séreux, parfois bleuâtre et ne peut être con- servé ; chauffé, il se décompose (tourne) et ne peut être consommé. Ce lait pris seul cons- titue un aliment (Jebilitant et laxatif; mais as- socié à d'autre lait de bonne qualité, ainsi que cela se fait chez les nourrisseuis , il ne peut avoir aucun inconvénient. Les vaches de Paris et des environs sont aussi atteintes parfois d'une affection générale avec dépôt de carbonate et de phosphate de chaux dans tous les solides organiques et no- tamment dans les poumons (phthisic calcaire). Dans le cours lent de cette maladie, les vaches continuent à donner du lait, mais ce liquide a une teinte bleuâtre, une saveur faible, il est acide et contient, par rapport au lait d'une va- che saine, beaucoup d'eau, peu de matière bu- tireuse et caséeuse. Incinéré, il donne se^t fois plus de phosphate et de carbonate de chaux que celui d'une vache saine. Ce lait pris seul peut être nuisible à la santé , et, ainsi que l'a observé M. Dupuy, les peisonnes atteintes de phthisie pulmonaire ne doivent point en faire usage. Usage de la chair. — La chair des bêles bovines sacrifiées lors du début d'affections ai- guës non gangreneuses peut être utilisée sans inconvénient. Celle de ces bètes qui sont attein- tes de la pneumonite chronique (appelée pom- melière) n'est nullement nuisible ; mais il arrive, à Paris surtout, que les nourrisseurs et les éleveurs laissent prolonger et aggraver le mal et que ce n'est guère qu'à l'époque où la bête est maigre et ne donne plus de lait qu'elle est tendue aux bouchers ou conduite aux abat- toirs. ' Les'animaux ainsi sacrifiés ont le poumon dur, pesant, rouge ou giis dans une grande partie de son étendue (hcpalisalion ancienne) et le tissu cellulaire interlobulaire induré, jau- nâtre et résistant. Dans la phthisie calcaire, ce sont des kystes plus ou moins volumineux ren- fermant une matière blanchâtre et épaisse. D'autres fois ce sont des collections de liquides dans les sacs pleuraux et des adhérences pleu- rales par d'anciennes fausses membranes. Les bouchers jettent ces parties altérjées et débitent la viande comme de seconde qualité. Cette viande n'est pas essenliellement mauvaise, jamais elle ne donne lieu à des accidens graves ; néanmoins plusieurs ordonnances de la préfecture de police de Paris exigent que l'état de la bête vendue au boucher soit constaté par un vétérinaire et que la viande, avant d'être livrée à la consommation, soit inspectée par deux adjoints au syndicat des boucheries. 0. Delafond , Trailé de la police ■ sanitaire des animaux domes- tiques. ; o-B~§-§-H~g-f -H-f-^-g-^-H-^-S-g-i-f-^-g-e-t-g-g-S-i-i-^f ^^ -^g-H-ff-§-^^H-H-ô II. COMMERCE, MANUFACTURES, ARTS ET MÉTIERS. COMMERCE DES LINS EN FRANCE. Les nombreuses réclamations des cultiva- teurs, fileurs et tisseuis de lins ont engagé le gouvernement avant de se prononcer sur une question aussi controversée à l'éclairer en la soumettant à une enquête. En conséquence une commission s'est réunie au ministère du com- merce sous la présidence de M. Odier, pair de France 5 M. Gréterin, directeui- général des 342 COMMERCE, BIANUFACTURES, ARTS ET MÉTIERS. source féconde de notre ancienne indastric. douanes, en faisait partie. 11 résulte de celte en- fjuèie que l'inipoi'tance de la culture des chan- A'ies et lins en Fi'ancc ocrupe une masse de 170,000 hectares de terre annuellement ense- mencés, savoir : 120,000 en chanvre et 50,000 en lins; on peut même, sans crainte d'erreur, la porter a 180,000 hectares en raison des pe- tites cultures qui ne figurent point dans les sta- tistiques. Les travaux agricoles qu'occasionne cette culture versent dans les classes laborieuses environ 640 francs, terme moyen, par hectare, ce qui ferait pour 180,000 hectares 115 mil- lions 200,000 francs. Leur produit en matière première est de 950 francs par hectare pour le Un et de 750 francs pour le chanvre, dont la moyenne de 800 francs donne pour 180,000 hectares lU millions de francs. Le produit en laine grasse est de 200 fi-ancs par hectare pour le lin et de 150 francs pour le chanvre, dont la moyenne de 175 francs par hectare donne en- core 31,500,000 francs, et -comme l'industrie donne une valeur triple à ces matières lors- qu'elles sont manufacturées, ce serait près de 300 millions de main-d'œuvre, de filature et de tissage à ajouter aux 1 1 5 millions de travaux agricoles, qui pourraient représenter les res- sources que verse dans la (liasse pauvre l'in- dustrie des chanvres et des lins. Maintenant si l'on réfléchit aux souffrances de cette industrie, depuis vingt ans que l'industrie cotonnière est venue envahir tous ses débouchés, on se fera une idée des privations et du malaise qui a dû en résulter pour plusieurs de nos provinces , Comme la Picardie, la Normandie et la lireta- gne. Une autre cause de l'étal de gène de cette branche si imporlanie de notre conuocrce pro- vient encore de l'introduction en France des fils et î. Fournet. Quatre trous de vingt-deux pmices de profondeur et deux pouces de diamètre avaient été forés d'avance dans la roche de gypse : deux étaient forés ho- rizontalement, un verticalement, un incliné ;i •'( .'j degrés. Apiès avoir placé au fond de chaque trou un huitième de kilogranmie de poudre en- ve!()pi)6 dans du papier, im ouvrier les a bonnes successivement en employant diverses matières, savoir : poin- les deux premicis, des fragmens de gyi)se (gravois) de la grosseur d'une petite noisette; pour le troisième, du gypse en poussière ; pour le dernier, de la terre passablement sèche. IJans toui* les cas, on a placé d'abord l'épinglelle dans l'axe du trou, sa poinle enfoncée un i)eu dans la poudre à tra- vers l'enveloppe du papier; on a placé immé- diatement au-dessus de la carlouche un peu de gypse en poussière fine que l'on a lassé avec précaution pour fixer l'épinglelle, puis on a achevé le bourrage avec les matières qu'on a indi(pii'es en procédant comme h l'ordinaire et sans aucune iirécaution partictdière. Le bour- rage fini, réjùnglétte a été retirée avec facilité de lotis les trous, et le petit canal , laissé vide dans l'axe du trou, s'est maintenu parfaitement ouvert; ses parois paraissaient aussi solides qu'elles le sont quand on se sert du bourroir COMMERCE, MANUFACTURES, ARTS ET METIERS. 345 ordinaire. On a mis le feu à ces quatre coups au moyen d'une mèche ordinaire consistant en un petit tuyau de paille rempli de poudre fine, amorcé avec un peu d'amadou : les quatre coups ont éclaté, ce qui a prouvé que le canal, laissé vide par le retrait de l'épinglette, ne s'était point éboulé ou encombré. L'opération du bourrage a été aussi facile et aussi prompte que si elle eût été pratiquée avec un bourroir ordinaire. Les avantages signalés par M. Fournet comme particuliers à la méthode qu'il propose sont relatifs à la sûreté des ouvriers mineurs. Il arrive fréquemment en effet qu'une étincelle jaillit des parois du trou et met le feu à la pou- dre par suite du choc ou du frottement de l'épinglette ou de l'extrémité du bourroir con- tre ses parois , soit pendant l'opération du l)0urrage, soit surtout au moment où l'ouvrier tourne l'épinglette dans le trou pour l'extraire ; l'étincelle est alors produite par le frottement niévitable de l'épinglette en fer contre les pa- rois du trou. Un autre avantage de moindre importance signalé par l'auteur consisterait en ce que le canal destiné à porter le feu à la charge étant ménagé au milieu des matières sèches formant la bourre, ce canal est ainsi préservé des petites filtrations d'eaux qui ar- rivent souvent par les fissures de la roche et noient le coup ou éteignent la mèche. Observations. L'idée de terminer l'épinglette par une pointe en cuivre et d'employer un bourroir terminé également par une partie massive en cuivre n'est pas nouvelle : cette pratique est recommandée depuis longtemps ; on a même indiqué avec raison d'employer des épinglettes entièrement en cuivre parce que l'on savait que l'épin- glette, appliquée tout du long contre la paroi du trou, pouvait faire jaillir une étincelle qui mit le feu à la poudre en un point quelconque de cette paroi. Néanmoins l'usage des épin- glettes en cuivre s'est peu répandu ; les ou- vriers mineurs répugnent à s'en servir parce qu'ils sont routiniers, indolens, insoucians du danger et qu'ils disent que les épinglettes en cuivre plus molles que celles en fer se cas- sent plus facilement et coûtent plus cher. Ce dernier motif n'a aucune valeur parce que ce sont généralement les exploitans qui fournis- sent et entretiennent les outils ; mais il y a quelque chose de fondé dans les deux premiè- res objections, savoir la mollesse et la fragilité des épinglettes en cuivre. Ce qui appartient à M. Fournet dans la mé- tnode qu'il propose, c'est l'idée d'isoler l'épin- glette de la paroi du trou en la plaçant au mi- lieu des matières servant au bourrage, matières que l'on choisit toujours exemptes de quartz ou autres roches ayant la propriété de fournir des étincelles par le choc de l'acier ou du fer aciéré. Cette idée a paru heureuse aux menjbres de la commission. En effet il devient inutile, dans le système de M. Fournet, d'avoir des épinglettes entièrement en cuivre, puisque le corps de l'épinglette ne peut jamais venir en contact avec les parois du trou : il suffit donc que la pointe soit en cuivre sur une longueur de deux et demi à trois pouces au plus. Si d'ailleurs le bourrelet qui forme la base du bour- roir est complètement en cuivre, on voit que toutes les parties de l'appareil susceptibles de choquer les parois du trou ou de frotter contre elles n'auront pas la propriété l t^J>l 1838. JOURSTAI. DES Troisième annéei COIAISSÂN mv^ (i=g REPERTOIRE MENSUEL ET PROGRESSIF DE TOUS LES FAITS UTILES, ECONOMIQUES ET NOUVEAUX, Guide du consommateur, ANN0NCE5? CRITIQUKS ET RAISONNÉES DES PRODUITS DE L'|I«IDUSTRIE. Une livraison de trente-deux pages par mois , contenant un demi-volume PRIX , FRANC DE PORT POUR TOUTE LA FRANCE , PAR AN ^^IXFRANCS. Toutes les lettres devront être adressées, franc de port, à M. AuctsTB DESREZ, Directeur rue Keuve-des-Petits-Champs, n. 50, à Paris. ' NUMÉRO 12. — DÉCEMBRE. m-S" l^li-t f]>^ Discours sur les enfans trouvés, par M. de Lamar- tine (suite et fin), 354. l. AGRICULTURE. Des prairies : ch. 2, des prairies artificielles, 357. — Sur le lin de la Nouvelle-Zélande, 36t. —Jardinage : nouveau cerisier, 363. — Économie agricole : nouveau moyen d'étouffage des cocons de vers à soie, ibid. — Médecine vétérinaire : maladies des vers chez les ani- maux domestiques, ibid. II. COMMERCE, MANUFACTURES, ARTS ET MÉTIERS. Instrumens nouveaux pour le tirage des rochers à la poudre (suite et fin), 367. — Papier inaltérable : prix de 36,000 fr. proposé par le gouvernement, 369. — Fabrication du sucre ; emploi de la betterave avant sa parfaite maturité, 370. in. ÉCONOMIE DOMESTIQtJK. Fabrication du vin : sucre de fécule,' iZ>i(/. — Moyen de conserver les œufs, 37 1. IV. HYGIÈNE ET MÉDECINE. De la goutte et du rhumatisme goutteux, ibid. V. MORALE, MÉTHODES D'ENSEIGNEMENT, LÉGISLATION. Travaux des maires pour le mois de décembre, 373. — Loi sur les faillites et banqueroutes (suite et fin), 375. — Cens électoral : prestation en nature, 380. — Pavage des villes : usages locaux, ibid. — Carrières : conlravenlions, ibid. — Alignement : droit de proprié- taires, ibid. — Sciences morales : enfans trouvés en Russie , 381. Table des matières, 382. Avis aux abonnés. 384. FETES BT KOMS des SAIKTS. S. Éloy. l'ave^t. s. François Xav. Ste. Barbe. S. Sabas, abbé. S. Nicolas. Ste. Fare, v. CONCEPTION. Ste. Gorgonin. Ste. Valyre, v. S. Fuscien. S. Daraase. Ste. Luce , v. S. Nicaise. S. Mesmin. Ste. Adélaïde. Ste. Olympe. S. Gafien, év. Ste. Meuris. 4 T. S. Philocome. S. Thomas. 5 T. S. Honorât. 4 X. S. Yves. Ste. Delphine. NOËL. S. Etienne, mart. S. Jean, ap. SS. Innocons. S. Tho. de C. Ste. Colombe. S. Sylvestre. 34 m., couch. 4 h. 4 m. INTÉRÊTS REVENU 1 EMPLOI. 1 de ^ ». -'■'— *"^ — ^ III fr. 100 par par Dépense Epargne à 4 p. o;o. an. jour. 9/10- i;io. J. f. c. f.=^ f. c. f. c. f. c. |336 3 68 16850 46 16 41 54 4 61 337 3 69 16900 46 30 41 67 4 63 - 338 3 70 16950 46 43 41 79 4 64 339 3 71 117000 46 57 41 91 4 65 3'iO 3 7'i 17050 46 71 42 04 4 67 341 3 73 17100 46 84 42 16 4 68 342 3 74 19150 46 98 42 28 4 69 343 3 75 17200 47 12 42 41 4 71 344 3 76 17250 47 26 42 53 4 72 345 3 78 17300 47 39 42 65 4 73 346 3 79 17350 47 53 42 78 4. 75 347 3 80 17400 47 67 42 90 4 76 348 3 81 17450 47 80 43 02 4 78 349 3 82 17500 47 94 43 15 4 79 350 3 83 17550 48 08 43 27 4 80 351 3 84 17600 48 21 43 30 4 82 352 3 85 17650 -58 35 43 52 4 83 353 3 86 17VU0 48 49 43 64 4 84 354 3 87 17750 48 63 43 76 4 86 355 3 89 17800 48 76 43 89 4 87 356 3 90 17850 48 90 44 01 4 89 357 3 91 17900 49 04 44 13 4 90 358 3 92 17950 49 17 44 26 4 91 359 3 93 18000 49 31 44 38 4 93 360 3 n 18050 49 45 44 50 4 94 361 3 95 18100 49 58 44 63 4 95 362 3 96 18150 49 72 44 75 4 97 363 3 97 18200 49 86 44 87 4 98 364 3 98 18250 50 00 45 00 5 00 365 4 00 18300 50 13 45.12 5 01 366 4 01 ;. 18350 50 27 45 24 5 03 PRODUIT de 1/10 épargné au bout de 20 ans. f. c. 51057 55 51209 10 51360 60 51512 10 51663 65 51815 15 51966 65 52118 20 52269 70 52421 25 52572 80 52724 30 52875 80 53027 35 58178 85 53330 40 53481 90 53633 40 58784 95 53936 50 54088 00 54239 50 54391 05 54542 55 54694 10 54845 50 54997 15 55148 63 S 5 300 20 55151 70 55603 25 4 4 P. L. le là 11 h. 44 m. du matin. D. Q. le 8 à 11 6 du soir. N. L. le 17 à 0, 32 du malin. P. Q. le 24 à 3 16 du matin. P. L. le 31 à 0 45 du matin. m ,»/»»«t.«iMKiwias, parce que cela ne peut pas être. En effet, messieurs, demandez-vous d'abord combien de fois se renconircra entre le père et la mère ce concert contre nature d'a- bandon d'un enfant qu'ils auront eu d'une union légale, religieuse, patente; demandez-voiis ensuite comment, sous l'empire d'une législation de l'état civil parfaite et sous la s\n-veillancc (juotidienne de la loi et des mœurs , une mère aura pu porter iicuf mois son enfant aux yeux do ses parons, de ses voisins, de son village , comment elle aura mis cet enfant au jour, «omment. elle l'aura lait enregistrer h la municipalité ou omis de le faire sans notoriété, comment elle l'aura fait baptiser à l'église, comment elle lui aura donné un parrain, une marraine parmi ses proches, commenl elle l'aura nourri elle-même quelques jours ou fait nourrir dans son voisi- nage, puis retiré furtivement, puis déposé, fait disparaître, sans que de tant d'actes impossibles à cacher ou à juslitîer il résulte une trace, un témoignage, un soupçon de l'existence, de bi-dis- ])arition de cet enfant de la maison paternelle, sans que le maire, le curé , la sage-fenmic, le parrain, la marraine, le parent, i'aini , le voisin lui demandent jatnais compte de cet enfant porté aux yeux de tous, né au su de tous, enregistré, baptisé, nourri au vu de tous. De deux choses l'une, ou la mère mentira et dira : « Mon fils est mort, » et les actes de l'état civil seront là pour lui donner un démenti; ou bien elle avouera son exposition simulée, cl alors elle se couvrirait elle-même de confusion devant toutes les mères. Et remarquez que si cela pou- v.iii avoir lieu plus facilement, ce serait .sans dotUe dans les villes où la surveillance mutuelle est jdus dépaysée. Eh bien ! ici , la jirétendue statistique répond pour moi ; elle n'accuse presque au<^nn cas d'exposition d'cn.fans légitimes dans les villes. Que resle-t-il d» celte excuse menteuse du système des déplai^emens? Rien ou presque rien; et quand cela serait plus fréquent? quand, dans une société (|ui n'a ni les assistances antiques de l'Église ou de la féodalité, ni les assistances mu'uelles d'une démocratie qui s'isole dans son égoïsnia , ni les assistances municipales de la. taxe des pauvres comme en Angleterre; dans une société où le prolétaire sans travail n'a de providen(;e que dans le ciel, où un surcroît d'cnfans à élever, des vieillards infirnies à nourrir peuvent dépasser ses forces par ses nécessités ; quand, dans une société paieille, l'Klat recueillerait et nourrirait du pain public quelques mil- liers de ces enfaus dont l'aumône est le seul patrimoine, ferait-il autre chose que le plus rigou- reux et le plus sacré de ses devoirs? Oh ! tant que la démonatie ne prendra pas d'âme dans le christianisme qui l'a enfantée , tant que la gociété n'aura pas d'entrailles pour elle-même, quj (i) II s'asil de TabaïKlon 'f*\*>< l .1 IL«iliW^- ff ^^rrna-j^ 1S5' Il ne Pufnt pas que la terre soit aineublic, il faut encore (ju'elle soil liiou aiiieiu'ée avec dos engrais convenables à la nature du sol si elle est nalurellenieot uiai-^re ou (|u'elle ail été épuisée par une suile de productions succes- sives. Si depuis la nouvelle fumure elle n'a donné que deux récoltes, elle contient ordinai- rement assez de principes pour pouvoir se pas- ser de nouveaux engrais. Il est bien plus avan- tageux alors de réserver ces engrais pour la seconde ou pour la troisième année. Les opéi'ations qu'exigent ensuite les terres destinées à recevoir un semis de prairies artifi- cielles, sont l'épierrement, le bersage et le rou- lage. Les pierres sont nuisibles, non-seulement parce qu'elles font perdie du terrain , mais en- core parce qu'elles rendent la fauchaison fort difficile. Si on ne parvient pas à les enlever toutes avant le semis, on fait épierrer de nou- veau en mars. Le nivellement exact du sol n'est pas moins nécessaire , et par la première de ces raisons et parce que les creux qui s'y ti'ouveut favorisent la stagnation de l'eau qui , d'uncôté, pourrit les plantes qui les composent, et de l'autre , donne naissance aux plantes aquatiques. « Herser chaque année à la sortie de l'hiver les prairies artificielles avec une herse de fer, est, selon Eosc, une excellente opération, soit parce qu'elle arrache la mousse, détruit les plantes annuelles déjà germées, soit parce qu'elle supplée au binage. Un grand nombre d'expériences et la théorie ne doivent pas per- mettre aux cultivateurs de s'en dispenser, et cependant on la fait dans fort peu de lieux. » Il est certain, comme dit Bosc, qu'on fait cette opération dans fort peu de lieux, car pour moi, je ne l'ai vu faire nulle part. Mais il n'est pas certain, comme le dit cet auteur, qu'elle soit excellente, car je ne vois pas pourquoi la herse n'arracherait pas autant de bonnes plan'es (jiie de mauvaises, vu que le collet des plantes four- ragères n'est pas simple comme celui des cé- réales graminées, et que les dents de la herse, qui glissent contre ces dernières, arracheraient certainement les autres en s'inlroduisant dans les enfourchurcs des racines et des liges. Je lange donc ce conseil de lîosc avec les spécula- lions de cabinet des agrolognes , qu'on nie passe ce terme .lien sera de même d'un autre con- seil de cet auteur : « Des ex^iciienres plur-ieurs fois répétées ont piouvé qu'on p.iuvail gjgnef une année et augmenter les produits des prai- ries artificielles en semant en juillet les graiuœ non encore colorées', mais cependani bien foP- mées, cueillies quelques jours auparav.'.nt. )> Un autre écrivain, agronome biea auticment instruit que Bosc, Gilbert, donne un excellent moyen pour dislingue.' la bonne graine à semer d'avec la mauvaise. Il j'agil : i° d en mettre une certaine quantité dans l'eau et d'enlever avec une écunioire celles qui surnagent , k'scpaelles ne valent rien ; 2° d'en semer une autre quan- tité dans un pot sur couche. Quelque soil le moyen employé , on conçoit de quelle inipor- lance il est de s'assurer de la quulilé des graines avant Ù2 semer, et leur âge inlLie beaucoup sur cette (jualité. Généralement on doit préférer celles do la dernière recolle à celles qui au- raient été recueillies un an ou deux ans à l'a- vance. Cependant (juelques personnes pré- fèrent la graine de deux ans, principalement pour le tièfle. Le plus crdinairemaîit on réserve pour ré- colter des semences la seconde pousse des prairies artificielles, quelquefois même la troi- sième. Cette méthode estextrèmcnienl vicieuse, car les graines de la première pousse sont tou- jours les meilleures et les seules qui atteignent une maturité parfaite. Quant à la quantité q'.i'il enfant pour ense- mencer une élend'ie déterminée de terrain , il sei'ait fort diiïicile de s'en faire une idée juste si l'on s'en rappoi'lait aux écrivains , car ils va- rient entre eux depuis 1 jusqu'à 50. Cependant en consultant ce qu'en ont dit les moins exa- gérés en plus ou en moins, on trouve pour terme moyen de l'ensemencement d'un arpent , à Paris : Luzerne ; minimum 1 2 livres , maximum 25 livres, moyenne 18 livres. T; èfle ; minimum 1 0 livres , maximum 1 8 livres; moyenne 16 hvres. Sainfoin; minimum 200 livres, maximum 240 livres, moyenne 220 livres. On sème à la volée, du moins en France, de deux manières : ou à la poignée, en mélangeant les graines de luzerne ou detrèCe avec du sable ou de la terre en poussièi-e ; ou à la pincée et sans mélange i)OUi" ealerrer les gi-aiues à une profondeur uniforme ; on se contente d'un léger hersage dans les terres fortes et dans celles qui sontsallonneuses, onfaitsuivre le hersage d'un rcuiage; si on sèn:e sur un blé déjà grand, il est impossible de herser ; dans ce cas on ne re- couvre jîâs les giains, mais ou a la précaution de choisir pouf semer un mouîent qui précède ou qui suit une pîriie. lîoso veut que ïoà sarcle les p:airies artifi- cielles non-seulement pendant la p-remièrc an- née du seri:is, înais encore pendant les années stSlYftgtcs , cf voilà co.r.mcDl les a^rcnoTi~;es de caiJÎaeL donueat, faj; te d'expérience, des conseils rrâr.eu::. Certes des sarcla jcs qr.i détrûii'.''.ient ks bcrbc:; parasites Mm u::c prairie ne fei-aienî: cv.e di»Licn, l|ais i! s'en faudrait de beaucoup (j,,e !e s.n'iws de récoiie qui en ré.;uUerai'v com- pensât les dépenses. Gilbert est tout à fait de ( ette opinion. Ces!; donc seulement lorsque des grrno.os plaî:.?:'',s viv: res, lei'e. :.'ue Ivchnidcs , 36a AGRICULTURE. chardons, etc., menacent d'envahir une prairie, qu'il faut penser, non à sarcler, mais à échar- donner. Pour cela , des femmes et des enfaas , armés d'une houlette à lame ti-ancha:le et à manche long de quatre pieds , se placent en rang sur un côté dç la prairie et avancent en ligne en coupant entre deux terres, un peu a;i- dcssous de leur collet toutes les grandes plantes parasites. Il est assez rare qu'une prairie artificielle se trouve dans, le cas de recevoir des irrigations naturelles, c'est-à-dire des eaux tirées par des rigoles d'un ruisseau , d'un étang, etc. Cette rareté vient souvent de la position du ter- rain , et plus souvent encore du mauvais em- placement dont font choix les cultivateurs pour former une prairie. Si , dans un domaine , il se trouve une terre dans laquelle on puisse ame- ner des eaux courantes , c'est celle-là qui doit être choisie pour former une prairie, quelle que soit d'ailleurs l'infériorité des qualités du sol comparativement aux autres champs du do- maine. Quand on n'a pas fait, comme moi, l'ex- périence des irrigations dans une luzerne ou un trèfle, on ne peut se faire une idée deTeirct pro- digieux qu'elles produisent : il m'est arrivé de tripler une recolle par leur moyen. Mais il faut qu'elles soient faites avec intelligence, selon les principes quej';!i ctahlis à l'article des prairies naturelles, mais avec quelques modifications que je vais indiquer. J)e toutes les plantes qui composent la flore fourragrrc, les gramiaées sont les seules, à très-peu d'exceptions près, auxquelles l'eau donnée en tnij) grande abondance ne peut pas nuire. Parmi les autres, celles quiLi craignent le plus sont les fourrages-racines, puis (;uel- ques végétaux isolés dans plusieurs familles et enfin les légumineuses. ]\Iais ces dernières ont cependant besoin d'une humidité soutenue, pas assez forte pour refroidir la terre, mai- suffi- sante pour enl:etonir une diuice fermenialion. Il faut donc i igo;;:-cusement s'abstenir d'inon- der une prairie artificielle et n'y mettre l'eau que loi'squc la température de l'air a une cer- taine élévation, quatorze degrés lléaumur au moins. On irriguera le malin en automne et au printemps , le soir pendant l'été, et chaque fois on ne laissera l'eau que quelques heures. [ Les eaux .stagnanlf^ de gnandes marcs et d'é- tangs soBt cxccllL'nlcs, celles de rivières Sîiut bonnes , celles des ruisseaux sont qurlqtîî^S un peu vives , surtoiil dans Les vnontagnes ^1- les des fontaines sont toujours froides cl crues, et pa:' conséquent les moins houues. On pren- dra tout ceci en considération quand ii s'agira de régler l'heure et la quantité d'eau à d ?nncr. Si on peut conduire dans une prairie les eaux de \duics qui ont balayé à le:;r pass;;go les cours à fumier et les boues de rues, on-fe:a plus que tripler la récolte d'une prairie , telle qu'elle soit , ualurelle eu artificielle ; mais il faudra prendre la précaution de les y conduire quelques jours vivant la fauchaison , car elles i-.ourraient communiquer une mauvaise odeur à l'herbe et même des qualités malfaisantes si cette dernière n'avait le temps de se ressuyer et d'être lavée par les pluies avant la coupe. Les eaux troubles et boueuses chargent les tiges et les feuilles d'une vase limoneuse , nommée rouille par les cultivateurs et qui affecte très- facilement la poitrine des animaux. Les plus grands ennemis des prairies natu- relles sont, parmi les végétaux, le chiendent et la cuscute ; parmi les animaux , l'eumolpc pour la luzerne , la zigaene pour le sainfoin , le ver blanc ou larve de hanneton et la courlilière pour tous. On parvient à détruire le chiendent dans un champ à force de labours et {au moyen d'une longue succession de cultures sarclées, mais qu'il en existe dans une prairie le mal est sans remède. Du reste, cette graminée ne commu- nique au foin aucune mauvaise qualité et four- nit elle-même un assez bon fourrage. Elle ne ferait donc pas un bien grand tort aux prairies si elle n' étouffait les plantes plus productives qu'elle et n'abrégeait ainsi la durée d'un herbage. On parvient , si on y met de la persévérance, à débairasscr une luzerne de la cuscute en arra- chant, à mesure qu'elle parait, les plantes qui en sont infestées. 7.,'eumolpe et la zigaene dispa- raissent promptenient si avant une petite pluie on saupoudre la prairie avec de la chaux en poussière, ce qui est un excellent engrais. Quant aux vers blancs et aux courlilières, c'est jusqu'à ce jour, quoiqu'on en ait dit , un mal sans remède. D'après les principes de physiologie végé- tale , les plantes tirent autant de nourriture de l'air par leurs feuilles et leurs rameaux que de la terre par leurs racines. 11 ne faut donc pas dépouiller une jeune plante de .ses feuilles et de ses lige^, jusqu'à ce qu'elle ait acquis une force suffisante pour réparer ces pertes. Aussi on ne coupera pas les prairies artificielles la première année, afin de leur laisser le temps de se for- tifier ; la seconde année il n'y a pas d'inconvé- nient à les couper une ou même deux fois. Cel- les d'entre elles dont la durée est la plus longue sont dan:Uou[e leur force à !:ois OH(|u;ilre ;ais: alors on peut les cou[)cr aussi soi;, tut que icur nature , la qualil'' du s'ol et laciid.ur du climat le. licrmetlra. La luzerne se coupe ordinaire- '.nèni trois fois et dure de cinq à (juinze ans ; le s:\i;ifoin et le trèfle ne se c upent guère que deux fois; le jjieraicr dure cinq à dix ans et le rec.^nd deux à trois. En principe général , pour que le foin ait toutes ses qualités, il ne faut faucher ni trlï|> tôt ni trop trrd ; le moment le AGRICULTURE. 361 plus avnnlngcux C:?l celui où les planlcs com- nicnceut à entrer en (leur. La dessicealion du foin des prairies artificiel- les doit être plus soignée, à l'aison de la gros- seur des tiges et de l'épaisseur des feuilles des plantes qui les composent. Il faut les letourner plus souvent, craindre davantage les pluies, etc. Beaucoup de légumineuses sont sujettes à perdre leurs feuilles pendant la dessiccation ; il ne reste alors qu'une lige dure et sèche, peu riche en sucs nutritifs. Nous avons enseigné, à l'article du trèfle, les moyens de stratification employés pour parei" à ce grave inconvénient. Dans les greniers , ce foin est plus sujet que celui des praiiies naturelles à attirer l'humi- dité, à s'enflammer spontanément, à noircir et à pourrir, (pioique l'on soit dans l'usage de le mettre en Lottes pour diminuer ces inconvé- niens : « Le moyen !e jdus sûr, dit Gilbert, pour conserver les qualités des fouirages des prairies artificielles, et de les préserver de l'hu- midité qui les vicie si souvent, consiste à for- mer alternativement un lit de ces fourrages et un lit de paille jusiju'à ce que le tas soitadievé : la paille et le fourrage trouvent un égal avan- tage dans cette union ; la première devientaussi appétissante que le foin , (]ui devient aussi inaltérable qu'elle. » Une prairie artificielle, dans un excellent ter- rain , peut à la rigueur se passer d'engrais ; mais on fera toujours bien d'an mettre de temps en temps, et non-seulement on aug- mentera ainsi le produit des récoltes, mais en- core le nombre d'années que doit durer la prairie. Nous avons enseigné à chaque article des plantes fourragères les engrais qui con- viennent le mieux à chacune, nous ne revien- drons donc pas sur ce sujet; mais nous recom- manderons de nouveau le plaire en poudre, soit cru, soit cuit, pour en saupoudrer, après la coupe, les plantes de la famille des légumi- neuses. On aura soin de ne le répandre qu'a- près une pluie ou un peu avant, ou enfin quand l'herbe est encore mouillée parla rosée. Quant à la quantité qu'il en faut pour un ar- pent, je ne peux la donner, parce que cela dé- pend de mille circonstances locales que je ne puis prévoir. Il serait cependant un moyen d'y arriver approximativement, et ce moyen le voici : Le plâtre cuit double ordinairement la ré- colte, et son ell'el se fait sentir pendant deux ans au moins; mais pour èti'e plus sûr, sup- posons qu'il n'augmente le produit pour les deux ans que d'un quart de récoite : on esti- mera ce quart de récolte et l'on ne dépassera pas son prix dans l'achat du plaire à semer dans la prairie; les années suivanles on profi- tera de l'oxpériencequ'on aura pour déterminer positivement la quantité de plàtie que l'écono- mie permettra et que la nature du sol exigera. On doit s'abstenir de faire paitre par le bétail une prairie artificielle, et cela pour deux rai- sons : la première est que les chevaux , les bonifs et autres grands animaux leur nuisent beaucoup en piétinant la terre; les chèvres et les moutons en mangeant le collet des racines, et les cochons en mangeant les racines elles- mêmes ; la seconde raison est le danger poin- les animaux de la météorisation ou tympanite, que les légumineuses leur donnent infaillible- ment pour peu qu'ils en mangent trop ou que l'herbe soit mouillée par la pluie ou la rosée. Après avoir fourni plus ou moins longtemps d'abondantes récoltes, les prairies artificielles s'épuisent, les bonnes plantes disparaissent peu à peu pour faire place à de mauvaises, et le produit diminue en conséquence. Dans ce cas il ne faut pas chercher, comme font quelques cultivateurs, à les raviver à force d'engrais, mais bien les défricher et les cultiver en céréales. Ordinairement c'est de l'avoine qu'on sème sur le défrichement, parce qu'on a remarqué qu'elle y réussissait mieux que les aulres graines; mais le blé y vient aussi très-bien. BoiTARD. ^. SUR LE LIN DE LA NOUVELLE-ZELANDE. (2« article.) Dans le numéro d'août de cette année, page 233, j'ai donné l'histoire et la culture du phor- miuin tenax ou lin de la NouvELLE-ZÉLAiNDE , et j'ai dit de ipiel avantage il serait pour la France de cultiver cette plante textile. Depuis l'impression de cet article, il m'est venu d'An- gleteire de nouveaux documens qui prouvent (jue les Anglais ont déjà réalisé (;hez eux une pallie de mes prévisions. Je me hâte de faire part aux agronomes des renseignemens utiles que renferment mes notes , et je les engage à transporter sur notre sol une industrie dont les cultivateurs en particulier et la France en gé- néral tireront les plus grands avantages. Il existe deux variétés de phormion , l'une à fleurs rouges, l'autre à fleurs jaunes, dont les Zélandais font également usage pour fabriquer tout ce qu'on fabrique en Europe avec le lin et le chanvre. Les fibres en sont très-belles , longues de deux à quatre pieds, blanches et brillantes conmie deia soie. Les cordages qu'ils en fabriquent sont, au dire des navigateurs anglais , beaucoup meilleurs que nos cordages de chanvre , et ils ont , en particulier, la pré- cieuse qualité de se conseiver beaucoup mieux dans l'eau. Cette seule considération serait assez importante pour que le gouvernement protégeât cette industrie naissante et encoura- geât les cultivateurs à faire des essais sur la 362 AGRICULTURE. culture du phormion. Mais cette culture réus- sira-l-elle dans nos climats? Je répondrai à cela par un extrait textuel de ma notice : « Nous devons à M. Salisbury de lirompton la décou- verte du phormium lenax dans le midi de l'Irlande , où il croît naturellement et en grande quantité. Cette découverte sera sans doute d'une grande nnporlance pour l'Irlande, où les pauvres 'peuvent être employés avec profit à sa culture et à sa fiibiication. AI. Salis- bury observe qu'une plante de trois ans fournit, terme moyen, trente-six feuilles et une grande quantité de rejetons ; ces feuilles coupées eu automne , repoussent l'été suivant. Quant au produit, M. Salisbury dit: « Six feuilles, après avoir été nettoyées et séohées, m'ont |)roduit une once de fibres ; d'après cela, un acre de terrain planté en phormion à trois pieds de dislance entre cbatiue piaule, donnera l,GOO livres de filasse, ce qui est beaucoup comparativement au lin et au cbanvre. wOn peut retirer les filircs du lin delà Nouvelle- Zélande sans beaucoup de peine, et cette opéra- tion peut être faite par |)lusieurs pei'sonncs ensemble. Ilfaut cou[)er les feuilles lorsqu'elles sont parvenues;! toute leur croissance, les faire macérer pendant plusieurs jours dans de l'eau stagnante et les passer sous des cyliiidres convenablement chargés. Les fibres se séparent et blanchissent loi'squ'on les lave dans une eau courante; lorsqu'elles sont propres et sèches, tout frottement augmcnlc leur finesse ; on peut même leur faire i)rcudre la forme de coton. Celte plante est actuellement cultivée dans di- veises ])arties de l'Angleterre et du pays de Galles. Ellecroîtégalement dans un sol humide ou sec, sur les montagnes et dans les vallées, mais elle préfèie et devient plus grande dans les terres un peu humides. Elle est de\ enue une branche de notre industrie , et l'on en fabri(|ue divers articles de conmiercc. » Cette nolice répond, je crois, d'une manière péi'em|)toirc à toutes les objcclions que l'on }»ourrait faire contre la possibilité de cultiver en France le lin de la Nouvelle-Zélande, car s'il réussit en Angleterre, s'il croit spontanément en Irlande, certes il s'accommodera à merveille i\u climat de notre pays. D'ailleurs j'ai vu dans rétablissiu.ent de M. Noiseile une plante de phornuon, placée dans un vase d'orneuicnt sur le pilastre d'un iiuu'de elôture, résister pendant plusieurs années au froid rigoureux de l'hiver, et cependant elle était dans les ciicoiislances les plus défavorables. M. Ilolt jeune, de Whitby, en Yorkschire, vieul de former un établissement pour prépa- rer la filasse du phormion par des procédés dont il est l'inventeur et que nous allons en- seigner : « Dans la fabrication du cordage gou- dronné, dit-il, le principal obstacle à l'emploi du lin de la Nouvelle-Zélande, est l'impossibilité apparente d'imbiber ses fibies de la résine con- servatrice ; aussi ne l'emploie-t-on jusqu'à ce jour que pour la fabrication des cordages blancs (non goudronné.s). Cela vient de ce que les fibres sont liées entre elles par une matière gluante , et qu'il faut enqiloyer un dissolvant chimique pour les mettre en liberté et leur per- mettre de recevoir le goudron : une faible dis- solution de potasse et de soude remplit ce but complètement et avec économie. Voici le pro- cédé : » he lin peigné et tissé en filin (fil à carré), à la manière ordinaire, est plongé dans la disso- lution préparée en raison d'un gallon d'eau chaude ou froide pour une demi-once d'alcali (soude et potasse). Ou l'y laisse quarante-huit heures; après quoi on le retire , on le toid et on le fait sécher à l'air ou dans une étuve. Ainsi prépaie, il prend et retient le goudron aussi facilement que le chanvre, et le cordier n'a rien il changer à ses [)i'océdés pour le mettre en œuvre. » M. Ilolt a aussi inventé un appareil mécani- que perfectionné pour dépouiller le lin de la Nouvelle-Zélande des écorces, pellicules et au- tres corps étrangers que contient toujours celui que l'on trouve dans le commerce anglais. Il décrit ainsi son appareil : « On a une espèce de grillage en fer ou en bois foiiné d'une rangée de baires parallèles, le tout foiniant un rec- tangle (ou carré long), dont les côtés les plus longs sont maintenus pai' des planches verti- cales; les barreaux sont eflilés transversale- ment (en lame d'instrument tranchant). Leur côté étroit est placé en haut, mais dans un au- tre assemblage semblable de barres qu'on peut faire passer sur le i)remier. Les barreaux de ce second assemblage ont leur coté étroit en bas, ce qui donne à tous une tendance à s'engrener les uns dans les autres, comme feraient deux roues denlciées. Lors(pie le lin est placé sur le grillage inférieur et que l'on fait passer et re- passer dessus l'autre grillage suflisamment chargé, il se produit un frottement uniforme et puissant qui sépare les libres et chasse les matières étrangères : elles passent à travers le grillage inférieur et tombent par terre. Pour pou- voir placei- le lin sur le grillage inférieur, on divise le grillage supérieur en deux parties qui s'ouvrent comme le couvercle d'une boîte et se fcrnient au moyen de chai-niùi'es dentées, doni les dents servent ii tenir le lin en place tandis (ju'on te frotte. » Oulicles notices dont je viens de donner des extraits, j'apprends que !e phormion depuis cinq ou six ans est très-cultivé en Amérique par les colons de la Nouvelle-Galles. Les agro- nomes, quand il s'agit d'une chose aussi im- portante, rcsleronl-ils eu arrière? 13oixAr,D. AGRICULTURE. 3G3 JARDINAIJE. NOUVEAU CERISIEP,. M. Poileau a fait connaitie le nouveau ce- risier de la reine Jloriense. Les feuilles res- semblent beaucoup à celles du cerisier royal- La plupart des fruits sont figurés en cœur, tandis que quelques-uns conservent la forme arrondie ; tous n'ont pas moins d'un pouce de diamètre , sont légèrement aplatis sur deux côtés opposés, et l'un de ces cùlés présente souvent un sillon longitudinal sur son milieu ; ils naissent rarement solitaiies et sont le plus souvent réunis, deux, trois ou quatre ensemble, pendus à des queues minces de moyenne lon- gueur et plantées sur le fruit dans une giande fossette. La peau est mince , luisante, trans- parente, d'abord d'un rouge clair et ensuite d'un rouge foncé; elle se détacbe aisément de la chair, qui est jaunâtre, fine, remplie de jus abondant , sucré , sans couleur et sans nulle acidité. Le noyau est gros (mais petit relative- ment au volume de la cerise), ovale , aplati, strié du côté de son point d'attaché. Celte ce- rise mérite une grande propagation par son vo- lume, sa beauté, la bonté de sa chair et de son eau : moins de cinquante font une livre. (Ann. sociélé royale d'horticulture, juillet! 8-38.) ECONOMIE AGRICOLE. NOUVEAU JlOÏEN D ETOUFFACE DES COCONS DE VERS A SOIE. M. Parisel (de Lyon) propose un nouveau procédé pour celte opération, (jui n'est pas sans difficulté et (jui exigerait de grandes amé- liorations. Ordinairement on asphyxie la chry- salide dans des fours chanflés à cet elièt ; mais cette méthode donne à la soie beaucoup de sécheresse et la coloi-e souvent d'une nuance plus ou moins fauve, selon que la tempéraUirc du four a été plus ou moins élevée. M. Parisel a conseillé l'emploi du gaz acide sulfureux , agissant dans un espace feimé sans élévation de température. Le premier essai fut fait sur une petite balle, et en moins d'une demi-heure l'asphyxie fut complète. Celte année, le mèrne procédé fut répété sur une plus grande quantité de cocons, et le résultat fut au-si satisfaisant : à l'ouverture du cocon, on trouvait la chry- salide asphyxiée, le cocon ne présentait pas ia plus légère altération, la soie était intacte. Voici comment il faut opérer. Le four qui sert à l'étoufTiigc étant garni de corbeilles de cocons, on y fiit arriver le gaz , suffisamment lavé, qu'on dégage de la manière suivante : Prenez ; Soufre deux livres. Peroxyde de manganèse, demi-livre. Mêlez et introduisez dans une cornue de grès ou de fonte, ajustez-y un tube qui se rendra dans une cantine de verie qui sera bien fermée par \n\ bouchon de liége. La cantine doit contenir quatre litres d'eau au moins ; son bouchon sera peicé de trois trous, qui se- ront travers.'S par trois tubes : le preirtier est celui qui part de la cornue, il plongera au fond de la cantine ; le second s'élèvera au centre et s'enfoncera de deux pouces seulement dans l'eau : c'est le lulie de sûreté destiné à pré- venir ral)Sorplion ; le troisième aura son orifice h un pouce au-dessus de la surface de l'eau , traversera le bouchon et se rendra dans le four. Il faut que toutes les pièces de l'appareil soient luUées avec soin afin d'éviter les fuites du gaz. On chauffera alors légèrement la cornue : la réaction du soufi'e sur le manganèse est prompte et facile, et une demi- heure de dégagement suffit. Le gaz acide sulfureux arrive humide dans le four, pénètre tous les pores du cocon, qui retient sa vive odeur pendant quelques heures ; elle se dissipe promptement par l'ex- position à l'air. On remarque que les surfaces des cocons les plus exposés au contact du g;iz acide sulfureux blanchissent sensiblement : elfet piévu, puisqu'il est connu dans l'art du blan- chîinenl. Ce nouveau procédé est incontestablement supérieur à l'ancien, sanctionné qu'il est main- tenant par une expérience de deux années; il réunit le double avantage de l'économie du temps et de famciioration des produits. Malgré cette sûre recommandation, ce procédé, par l'importaacc de l'opération qu'il modifie , ap- pelle les recherches des éducateurs de vers k soie. .^lEDECINE VETERINAIRE. MALADIES DES VEÎ.S CHEZ LES A.MMAUX DOMES- TIQUES. Préciser l'existence des vers dans le corps des animaux domestiques , sans autres rensei- gneniens que les signes extérieurs, est assez difficile, et déterminer l'espèce ou les espèces dont ils sont tourmentés, est impossible ; ils n'occasionnent pas seulement des coliques, mais une infinité d'autres maladies. Ecoutons l'homme qui , sans beaucoup de modèles ni de précédens , a porté le plus loin la médecine vétéi inairc pratique, Chabert, quand il ne fait que décrire superficielleinent lesnccidens au.x- (juels ils donnent lieu. « Ce sont, dit-il, des coliques, des fluxions périodiques, la cécité, le li(;, des claudications inopinées, des convul- sions, le verli'ge , le dégoût ou des appétits voraces, le dépérissement, la tristesse, la con- 364 AGRICULTURE. soniption, enfin I,i mort. Ces nccidens divers et si nniUipliés n'ont rien d'étonnant qnand on rénéchit à la quantité de ces insectes qui existent quelquefois dans le même individu ; j'y en ai trouvé jusqu'à seize hectogrammes (trois livres quatre onces) d'espèces diverses, qui chacune a sa manière de tourmenter, oc- cupant tontes les parties, absorbant tous les fluides, desséchant tous les solides après les avoir criblés, épuisant les sucs nourricieis , enfin causant à l'animal une mort cruelle et anticipée. » Quand les intestins en renferment peu , les animaux n'en sont que faiblement incommo- dés, taudis qu'accumulés en grande quantité, ils donnent lieu à des affections de tons gen- res, plus bizarres, plus inexplicables les unes que les autres, qui ne ^suivent jamais une mar- che régulière connue, qui sont accompagnées d'anomalies dont la plus intelligente perspica- cité devine rarement l'origine, et desquelles on ne découvre souvent la véritable cause qu'a- près la mort. Leur seule présence dans le ca- nal alimentaire constitue une lésion organique dont la gravité dépend toujours du nombre des espèces renfermées et principalement de l'an- cienneté de la maladie. Quand celle-ci date de loin , il est souvent plus facile encore d'en dé- truire la cause que d'en réparer les désordres qui, depuis longtemps, ont miné, altéré les sources de la vie. Malgré l'obscurité dont nous savons que les signes qui dénotent leur existence sont envi- ronnés, essayons d'esquisser les moins vagues ; de leur ensemble jaillira peut-être assez de lu- mières pour autoriser l'observateur à porter un jugement fondé. Telle bonne que soit la nour- riture , quelque modéré (jue puisse être le tra- vail , le clicva! maigrit et menace de tomber prochainement dans le marasme ; et si les vers ne sont pas assez nombreux pour produire un aussi fâcheux efl'et, du moins ils s'opposent â son engraissement, attendu qu'ils se nourris- sent de bipartie la plus délicate, la mieux éla- borée et la plus assimilable du chyme. La grande connexité qui existe entre le ca- nal alimentaire et la peau fait que celle-ci, en raison de la continuelle irritation exercée sur le premier, devient sèche, adhérente; le poil se soulève , est piqué ; la mue ne se fait que diflicileiiient ou pas du tout ; la transpiration insensible languit, tandis que le plus léger tra- vail provoque la sueur. Ce dernier phénomène ne reconnaît d'autre cause que la faiblesse de l'animal, suite nécessaire de son appauvrisse- ment. La démangeaison delà queue, indiquée comme un signe de vers, est très-incertaine: elle peut être due h la malpropreté de celle par- lie, à des poux, etc. Si cependant elle exis- tait en même temps que d'autres symptômes diagnostiques, elle deviendrait coïncidente. Le cheval se frotte le jiez ou pour mieux dire la partie antérieure de la cloison médiane contre le râtelier ou la mangeoire et s'ébroue souvent; l'appétit est irrégulier, capricieux, dépravé, tantôt modéré , plus souvent vorace; il lèche ou ronge les murs , mange de la terre , quelquefois sa longe, recherche avec avidité les substances salines que son instinct semble lui indiquer comme propres à la guérison de ses maux. Les flatulences et les borborygmes sont fiéquens; les déjections, qui varient sin- gulièrement de consistance, et la diarrhée, qui attaque les poulains, exhalent une odeur insup- portable, signe non équivoque du trouble de la digestion. Des coliques de courte durée se manifestent souvent pendant lesquelles il mon- tre de l'anxiété, se frappe vivement les flancs avec la queue, le ventre avec les pieds de der- rière, se roule une ou deux fois, se redresse et mange comme de coutume. Si la maladie est invétérée, la queue exécute sans motif apparent et en toute saison un mouvement oscillatoire presque continuel ; les extrémités, surtout les postérieures, s'engor- gent et se recouvrent d'éruptions qui s'éten- dent jusque sous le ventre et qui, lors de la guérison de la maladie principale, se dessèchent et entraînent dans leur chute le poil des par- ties environnantes. A ces indices particuliers se joignent des si- gnes généraux qu'il est bon de prendre en considération : sa position , sa démarche sont ceux de la tristesse et de la souffrance ; ses yeux sont larmoyans , il porte la tête basse, et qnand il éprouve des douleurs sourdes, ce qui lui arrive souvent, il tient les jambes ou écar- tées ou rapprochées , rarement dans leur po- sition naturelle: bien pansé, son extérieur pré- sente encore l'aspect de la saleté et de la misère ; en un jnot, l'examen de son ensemble, tant en action qu'en repos, ofl're des preuves irrécu- sables de débilité et de langueur. Quoi qu'il en soit, le signe le plus certain de la présence des vers dans les intestins , c'est d'en trouver, pendant le cours de l'année , un ou plusieurs dans la fiente de l'individu : il est permis alors de leur supposer une nombreuse parenté, car elle peut s'étendre à plusieurs gé- nérations, et d'agir en (conséquence. La maigreur cependant n'est pas toujours une condition essentielle de leur existence dan3 le cheval ; i)lus d'une fois nous avons été h même de nous convaincre de cette vérité : paré du plus bel embonpoint, il peut renfermer assez d'ascarides pour en mourir. Parmi les symptômes précédons , plusieurs sont communs à tous les animaux, tels que la tristesse et l'abattement , l'émaciation progres- sive, l'irrégidarité, h dépravation el .surtout la AGRICULTURE. 365 voracité de l'appélit; mais il en est de parli- culieis à chaque espèce. Dans le chien, le poil sur les reins et le haut des épaules est dressé , sec et sale ; son corps exhale une mauvaise odeur, la marche est gênée, les meinbies pos- térieurs sont raides, les cuisses et les hanches paraissent plus maigres que le lestc du corps ; le ventre est soulevé, levieté ; la pupille très- dilatée, les membranes de la gueule et des yeux- sont plus pâles que dans l'élat de santé ; ces derniers sont larmoyans, quekiuelbis chas- sieux , les paupières sauvent rouges , les na- rines humides, l'éternument fré(|uent; l'animal fait la hrouetlc; la dépilalion du périnée a lieu soit par l'eflét de ce frottement ou par l'àcreté des matières alvines. S'il est obsédé par un grand nombre de. ces hôtes incommodes et si la maladie a été négligée, il devient insociable, moi'ose, taciturne, irascible , taquin envers ses pareils ; il erre, court çà et là, se plaint, hurle, aboie sans motif, dévore avec colère linge, paille, bois, terre, gazon et autres objets à sa portée, montre de fréquentes envies de mor- dre, tombe dans une hideuse maigreur, souffre une longue agonie et meurt dans d'alTieuses convulsions. Dans les bêtes à laine , i! n'est pas aussi fa- cile de constater leur existence ; cependant on remarque riue celles qui en sont tourmentées se météorisent souvent, vacillent fré(|uemment la queue, s'éloignent volontiers du troupeau, soit par caprice, soit par instinct, dans l'in- tention de mieux se repnitre ; ont les orifices du nez entourés d'un mucus plus ou moins épais, quelquefois puriforme , s'ébrouent sou- vent ; sont, malgré leur voracité, toujours fai- bles; les derniers du troupeau en rentrant à la bergerie et les premiers eu sortant; la conjonc- tive et la bouche sont pâles ; la maigreur des leins devient telle , que la chair semble avoir abandonné les vertèbres lombaires : alors les bergers disent que le mouton est cassé. ""Les bêles à cornes sont aussi sujettes aux vers , donc elles peuvent l'être aux maladies qui en sont le résultat , mais il est rare qu'elles y succombent. Dans le cochon , il n'en est pas ainsi : les échinorhynques s'y multiplient facilement et pi-od\nsent (le grands désordres. L'animal qui en est alfecté se distingue du reste du troupeau par sa maigreur, la raideur du train de derrière et une faiblesse extrême des reins. Le matin, avant d'être repii, il fait entendre un grognement continuel, et s'il fait ses repas en commun avec d'autres, il mord ses voisins ; mais dès qu'un de ceux-ci se défend , n'ayant pas la force de résistei", il loinI>e ; ses yeux sont enfoncés et pâles ; la débilité allant toujours croissant, elle le conduit à une époque où il ne peut plus se lever ni se tcnii' deboul. La classe des médicamens anlholminliques est tellement étendue que le praticien n'est jamais embarrassé que du choix ; les trois rè- gnes en fournissent: le minéral, toutes les pré- pai'alions meicurielles, le souffre, les sulfures d'anlimoine, l'éther, nombi'C de sels, etc., etc.; le végétal , tous les amers , les acides, les pur- gatifs, etc. ; et le règne animal, l'huile empy- reumalique et la coraline de Corse. Il en est dans ce nombre qui passent pour des spécifi- ques , mais on ne peut se dissimuler que la disposition du corps est pour beaucoup dans leur action ; tous ne produisent pas les mêmes résultats et n'agissent pas de la même manière sur des individus différens; les plus actifs, ou présumés tels, restent quelquefois sans effet, tandis que l'emploi des plus innocens est cou- ronné de succès. Les matières végétales ont généralement peu d'effet sur les herbivores ; les poisons même ne sont pas à beaucoup près aussi délétères que sur les carnassiers , en sorte que leur emploi sans mélange et aux doses les plus élevées est rarement suivi de succès. Dans l'homme et le chien on en obtient d'heureux résultats. Les Allemands préconisent le tabac à fumer à la dose d'une demi-once en décoction pour un cheval fait, et la moitié pour un poulain; mais il doit être continué avec persévérance. La coloquinte, non moins acre, jouit des mêmes vertus. Ces moyens sont dangereux. Le règne animal fournit le plus actif et le plus efficace des vermifuges pour tous les ani- maux sans exception , c'est l'huile empyreu- malique , comme nous l'avons précédemment décrite. On peut la donner en breuvage dans une décoction amère quelconque, à la dose d'une .a deux onces pour les grands animaux ; en opiat, mêlée avec des poudres amères, telles que celles de gentiane , de thanaisie , de rhu- barbe indigène , de fougère mâle, d'absinthe, etc. , qui toutes lui servent avantageusement d'excipient. L'efficacité nous en a été démon- trée en bols ou pilules préparés trois jours d'a- vance, comme suit : racine de fougère mâle en poudre, 6 onces; huile empyreumatique, G on- ces ; éthiops minéral [sulfure noir de mer- cure), 2 onces; mercure doux {proto-hydro- chlorate de mercure) et aloès succotrin, de chaque 6 gros ; gomme arabique , 1 once : le tout divisé en dix parties qu'on enveloppe de miel, autant pour en masquer le goût que pour allécher les vers. On en donne deux ou trois chaque matin , le cheval étant à jeun. Le cin- quième join- on administre un breuvage pur- gatif composé d'une à deux onces d'aloès et d'une demi-once d'huile cmj)yi'eumatique. Si l'animal n'a pas rendu de vers et qu'on soit bien convaincu qu'il en renferme , on peut re- commencer le même traitemeiU. 366 AGRICULTURE. Observons cependant que ces pilules sont d'un prix qui doit en faire proscrire l'usage pour des chevaux de vile valeur et même pour des chevaux fins qui ne se défendent pas alors de l'administration des breuvages; d'ailleurs l'huile seule, dans un véhicule convenable, suffit toujours. Dans les petits animaux, les doses doivent être infiniment moindies, eu égard àleurlaille. Le chien, le plus irrilaMe d'entre eux, ne peut snpporler qu'iuic faible (|uantité de prépara- lions mercurielles ; en outre-passer les bornes, c'est l'empoisonner. Cette quantité varie depuis 9 jusqu'à 3G el 40 grains de parties égales de muriate de mer- cure doux et de sulfure noir h donner en trois fois par jour; la première somme est suffisante pour ceuxjde la très-petite espèce, et jus!|u'à la dernière on suit une échelle de proportion basée sur la force de l'animal. L'huile empyreuniatique , dans une infusion ou décoction vermifuge depuis lO à 20 gout- tes jusqu'à un demi-gi'os , leui' convient par- failement ; mais l'extrême facilité avec laquelle cet animal se débarrasse des matières qui ré- pugnent à son estomac la lui fait quelquefois vomir peu d'inslans après l'avoir prise; n'im- porte, on la conlinue. Le polypode doit leur être administré avec prudence, car, très-asiringent, il peut occa- sionner des constipations opiniâtres, la phleg- masie des intestins et la mort. Il n'en est pas de mémo dans les grands animaux, son ellet sur eux est pou marqué. Dans les liètes à cornes, la sensibilité étant plus émoussée que dans les solipèdcs, les quan- tités de médie;uuens peuvent sans iiiconvé- nicnt cire augmentées, mais doivent toujouis , ainsi que dans les bêtes à laine, être données de préférence sous forme li'piide, en raison de la conformation particulière de l'îipparcil di- gestif dans les runiinans. En indiquant les doses, nous {ivons spécifié les plus fortes, ce qui ne veut pSs dire qu'il faille les dohi;er ainsi. Avant de prescrire, il faut prendre ea considération l'âge, la taille, le sexe et le lenipéramenl du malade , aliri de ne pas excéder s:'S moyens; in;iis il iie faut pas non pbis qu'iui:- trop timide prudence préside à la détermination, car si l'excès est nuisible, rinsui'Iisance ne l'est pas moins, elle fatigue inutilement l'estomnc et ne tue point les ver?. Qnel que soit du reste l'animai dont on veuille eiUreprendre le traitement, il doit y avoir été prépaie par trois à (jualre jours d'une diète sévère cl avoir chaque fois qu'on ad- ministre les médicamens l'estomac parfaite- ment vide. On a singulièrement préconisé la suie de cheminée comme vermifuge, cl en eiTci c'en est un puissant, mais Une peut convenir qu'aux grands animaux. Celle de bois est la meilleure; on en fait une décoction qu'on a soin de clari- fier en la passant à travers une étoffe de laine pour être donnée en breuvages et en. lavemens, seule, ou fortifiée par des plantes amères qu'on y fait infuser. Elle sert aussi très-utilement de véhicule à l'huile enipyreumalique : c'est ainsi que nous l'employons. Lnmédiatement avant d'administrer l'uu ou l'autre de tous ces médicamens , il est avanta- geux de faire boire au malade une faible quan- tité d'eau blanche éduicorée par le miel ou la mélasse : la matière sucrée attire les vers. Comme tous les anthelmintiques sont plus ou moins excitans, échaulîans, irritans même, quelques lavemens mucilagineux ne pourront jamais nuire. Un vermifuge des plus actifs , peu connu et qui mérite de l'être universellement, qui offre l'inappréciable avantage de pouvoir être donné sans rienchangerau régime des animaux, même pendant la saison des travaux , de ne pas les dégoûter et d'être peu coûteux , c'est le seigle toriéfié jusqu'au brun noir comme le café. La manière peu embarrassante de le préparer et de le faiie |)rendre mérite d'être portée en ligne de compte; la voiei. On fait sécher un double déi aliire (dix pots) de ce grain dans un four après la sortie du pain , et on opère aussitôt qu'il est sec la torréfaction. Celle-ei étant ache- vée, on l'arrose et le mêle avec une solution d'un kilogramme (deux livres) de sel de cuisine dans une suifisanle quantité d'eau bouillante qui le pénètre el le fait gonfler. A chaque repas on en donne im litre mélangé avec l'avoine ou le son et la mouture; la première fois l'animal hésite un peu, mais bientôt il y prend goût et le mange avec plaisir. En di.sant que ce moyen si simple , si facile à se procurer, est, de tous ceux employés jus- qu'à ce jour^ celui (pii nous a le mieux et le plus généralement réussi, nous ne faisons que rendrehonunageàla vérité. Après peu de jours de son usage, les vers sont expidsés par pa- quets, tous le môme jour et la plupart encore vivans. Les préparations mercurielles suivantes, à peu près les seules en usage comme antiver- Uiineuses à cause du peu de danger qui ac- compagne leur action, peuvent être données au ehcval dans l'esparede viiigt-qnalre heures, mais en plusieurs fois, savoir : le mercure doux depuis trois gros jusqu'à une once et l'éliops minéral à une dose double. La méthode la plus convenable à suivre dans leur administration et dont le succès est le plus pioinpt, c'est de les mélanger avec du miel, après les avoir porphyrisées , et de les délayer ensuite dans une épaisse décoction de graine COMMERCE , MANUFACTURES , ARTS ET BIÉTIERS. 367 de lin qui en lient la majenrc partie en snspcn- sion. Ce véhicule doux, mais imprégné du plus aelir poison des vers, les allèrlieet les tue ; on a vu une seule mixture semblable sullire à leur destruction. En médecine vétérinaire on doit éviter autant que possible les traitemens onéreux, autant dans l'intérêt de l'art que dans celui des pro- priétaires; s'il fallait pour toutes les disposi- tions des animaux avoir recours aux lirogues officinales, leur valeur intrinsèque serait bien- tôt absoibée. On trouve à chaque pas, sous la main, des objets dédaignés qui peuvent au be- soin remplacer avantageusement les substances les plus chères. Celte proposition est assez im- portante pour être méditée par les jeunes vété- rinaii-es ; elle mérite leur attention. On sait bien qu'il est impossible de toujours se passer de médicamens, mais on doit être avare de pres- criptions coûteuses. Les symptômes qui décèlent la présence des vers et le traitement qu'il convient d'employer pour les détruire étant appréciés, il ne nous reste plus qu'un mot à dire des coliques qu'ils occasionnent. Ces coliques, toujours légères dans le prin- cipe , ne sont qu'un prélude de douleurs plus violonles, plus durables et plus dangereuses licndant lesquelles l'animal se roule avec viva- cité, rcgai'deson venire comme dans la colique spasmodique. Ces deux atTections pourraient être confondues si l'on négligeait l'examen de son ensemble et de scruter les signes commé- mora (ifs. La médication doit avoir pour objet de cal- mer les douleurs d'abord, sauf à en détruire plus tard la cause. Une livre d'huile d'olive ou d'oeillet (pavot) avec addition d'une once d'élher et d'une demi- once de laudanum remplit au mieux la pre- mière intention. Cette potion peut être réitérée plusieurs fois; nous l'avons vue suffire pour opérer uhe guérison paifaite, par les seules vertus de l'élher sans doute. Une boisson lé- gèrement mucilagineuse et fortement blanchie à la farine d'orge sera donnée tant soit peu tiède ; quelques lavemens caïmans ne seront pas inutiles. Dès que les souffrances ont cessé, il faut pro- céder sans relard à la destruction des vers. J. B. S. L. (Journal des Haras.) H. COmiERCt:, MANUFACTURES, ARTS ET MÉTIERS. ISSTRU.ME.\S NOUVEAUX POUF, LE TIKAGE DES ROCHERS A LA POUDRE. ( Suite et [in. ) La commission nommée pour l'examen des procédés proposés par M. Fournet a cru qu'il serait utile d'ajouter, comme appendice au rap- port ci-dessus, les renseignemcns suivans qui se rapportent au nombie d'accidens survenus dans les mines de houille de la Loire, par le fait d'inflammation de la poudre pendant l'opé- iMlion du bourrage et aux moyens employés dans les mines métalliques du comté de Coru- wall pour piévenir les accidens de ce genre. Il résulte des documens transmis à l'admi- nistration, qu'il y a eu en (833 47 ouvriers tués ou blessés tians les mines de houille de Saint-Etienne et de Rive-de-Gier. Sur ces 47 ouvriers, 4 ont élé atteints par l'explosion inat- tendue de coups de iniue, dont un est mort, un a été estropié et les deux autres blessés. En 1834, sur G8 ouvriers tués ou blessés, G ont élé blessés par la même cause, dont un es- tropié. En 1833, sur ci ouvriers tués ou bbssés, il n'y en a pas qui ail élé atteint par l'explosion de coups de mine. En 1836, sur 82 ouvriers tués ou blessés, 4 sont estropiés par l'explosion de leurs coups de mine p>^ndant l'opération du bourrage, et 2 autres sont blessés par l'explosion survenue lorsqu'ils se rapprochèrent du trou, après 7 ou 8 miuutes d'attente, pensant que la mèche s'é- tait éteinte. La proportion d'ouvriers mineurs blessés par des explosions de poudre paraîtra assez con- sidérable si l'on réfléchit (|ue le nombre des ouvriers mineurs qui emploient la poudre est une très-petite fraction du nombre total des ouvriers bouilleurs du département de la Loire. D'ailleurs , beaucoup d'accidens ne sont pas connus des ingénieurs. On ne les instruit or- dinairement que des cas de mort ou de bles- sures très-graves. Le procédé de M. Fournet évite complète- ment, ou à peu près complètement, la possibi- lité de l'explosion pendant l'opération du bour- rage. Il demeure toujours indispensable de le- commander à l'ouvrier d'avoir la prudence d'attendre fort longtemps avant de se rap- procher de son trou de mine lorsque l'cxplo- 368 COMMERCE, MANUFACTURES, ARTS ET MÉTIERS. sion n'a pas lieu au moment où il l'aUcnclait. L'un de nous, qui a habile pendant plusieurs années le département de la Loire et vu beau- coup d'ouvriers mineurs , se rappelle que la plupart d'entre eux ont sur la ligure et les mains les traces des explosions imprévues de leurs coups de mine. Quant aux moyens employés en Angleterre, dans les mines du comté de Cornwall, nous ci- terons la déposition de M. JohnTaylor devant le comité d'enquête de la chambre des com- munes, nommée en 1835 pour recueillir les faits et documens relatifs aux accideus surve- nus dans les mines de la Grande-lirelngne. Après avoir décrit la méthode du tirage à la poudre à l'aide 4'instrumens ordinaires , M. Taylor s'exprime ainsi : « Le premier perfectionnement consiste à substituer à cette barre de (ev (lebourroir) une barre en cuivre , ou tout au moins une barre terminée par du cuivre à son extrémité. On se servait encore de l'épinglelte en fer ; de- l)uis quelques années, nous avons remplacé l'é- pingletteen fer par l'épinglelte en cuivre, ce qui n'a pu se faire sans beaucoup de difficulté. C'é- tait chose vraiment des plus étranges que de voir les propriétaires et les agens se donner toute les peines du monde pour préserver les ouvriers "du danger, tandis que ceux-ci pous- saient l'insouciance au point qu'ils refusèrent fort longtemps de prendre des épiiigletles en cuivre , bien qu'on les leur donnât au même prix que celles en fer. Je crois que nous n'eû- mes le dessus à la fin qu'en décidant que tout ouvrier qui serait blessé par l'explosion de son coup de mine serait privé des secours accordés sur les fonds de la caisse consacrée à cet usage ; ce fut là notre dernière ressource, après que nous eûmes essayé toutes les autres, et elle fut efficace. L'épinglelte en cuivre est donc au- jourd'hui généralement employée. 11 me reste à mentionnei- le dernier perfectionnement, que je crois des meilleurs: il a été imaginé par un in- dividu habitant du Cornwall , qui a fait ce qu'il appelle des mèches de sùreié (safetij fiizes) pour mettre le feu à la poudre. Cette i)ersonne a imaginé de fabiiquer une corde mince , con- tenant dans son axe une traînée très-déliée de poudre fme. I.a corde est d'ailleurs enduite de poix ou de goudron. La sûreté (jue procurent ces sortes de mèches consiste en ce qu'elles emploient un ceitain temps à brùlei', ce qui laisse à l'ouvrier la facilité de s'éloigner avant (pie l'explosion ait lieu. Il lui suliit pour cela de couper une mèche plus ou moins longue, suivant le temps nécessaire pour se mettre à l'abri. Ces mèches coulent si bon marché (jue leur introduction dans les mines a lieu sans difficulté; on les donne aux ouvriers à si bas prix qu'il ne vaut .plus la peine pour eux de faire des mèches ordinaires, et je suis d'avis que cette invention est une des plus heureuses que l'on ait jamais faites dans Tintérèl de la vie des mineuis. » Sur la demande du piésident de la commis- sion d'enquèle , M. ïayior ajoute que l'usage des mèches de sûreté est général dans beau- coup des principales mines du Cornwall , et qu'il a envoyé des échantillons de ces mèches dans les autres disliùcts des mines dans les- quels s'étendent ses relations. L'un de nous a été le témoin de l'emploi des mèches de sûreté dont parle ici M. Taylor à l'époque d'un voyage fait dans cette partie de l'Angleterre en 1833. Le sac goudronné dans lequel la poudre est renfermée et la mèche de sûreté sont décrits dans lemémoii'e sur les mi- nes de Cornwall (Annales des mines, tome 5, p. 348). Le prix de ces sortes de mèches était alors assez élevé , car il était de 2 pences par yard de longueur ; il paraîtrait qu'il a beau- coupdiminué depuis. Lo. London Journal and repertory , pour décembre i835, contient la desciiplion du procédé de la fabrication de ces mèches de sûreté. Un extrait de cet article, ac- compagné d'une figure, a été imprimé dans les Annales des mines, tome 10, année 183G, page 348. Le prix n'est indiqué ni dans le journal anglais ni dans la déposition de M. Tay- lor. Il est bien entendu que, dans le cas où la l'oche n'est point humide, on enveloppe la pou- dre dans du pa|)ier et non dans de la toile gou- dronnée, dont on ne fait usage que dans les ro- chers acpiifères. L'usage des mèches de sûreté dispense de se servir d'épinglette. L'école des mines possède un échantillon de la mèche de sûreté fabriquée en Coi'nwall et rapportée de ce pays par M. Combes. EXPLICATION DES riGURES 1 PLANCHE. 2,3, 4 DE LA Nouveaux inslrumens pour le tirage des rocliers à la poudre proposé par M. Fournel. Fig. 1. liourroir portant un trou h son cen- tre. Une rondelle en cuivre sou- dée circulairement à sa partie in- férieure est deslinée à bourrer les matières dans le trou. Fig. 2. Épinglelle en fer sans boucle , por- tant un œil à l'une de ses extrémi- tés et ayant un bout en cuivre jaune soudé à son extrémité poin- tue. Fig. 3. Aulrebourroir différent du premier. C'est un cylindre creux, terminé à il l'une de ses extrémités par une COMMERCE, MANUFACTURES, ARTS ET MÉTIERS. 369 rondelle en enivre. L'épinglctle est reçue clans rinlérieur du bour- roir pendant le chargement du trou de mine. Fig.i. Curette ordinaire aplatie à l'une de ses extrémités; elle sert tout à la fois à sortir la poussière du trou _, et à retirer l'cpinglelte. 4 La dépense en plus sur l'ancien pro- cédé pour l'enscniMc de tous les outils ne s'élève qu'à un franc. Soudure d'un bout en lai- ton à l'extrémité de l'épin- glctle 0 50 Soudure d'une rondelle en cui- vre au bourroir 0 60 1 00 ïî. î. noifij rL2. s .J8 lî.5. -f-tE] Fi. 4. c:ive opérée par le sucre fait crever une grande quantité de grains qui résistent à la fermentation ordiiîaire. HYGIÈNE ET MEDECINE. 371 La quantité de G kilogrammes de sucre par hectolitre, indiquée ici, est la moindre qu'on doive mettre ; il n'y a aucun inconvénient à eu employer davantage : plus on ajoutera de su- cre, plus le vin sera fort, généreux, et conser- vable. Le sucre étant, comme l'annoncent 3LAÎ. La- biche ctïugot, au prix de io francs pris à leur fabrique, les frais de cette addition par pièce de 230 litres seraient de G francs , aux- quels'il faudrait ajouter le coût de transport et de la manutention. MOYEN DE CONSERVER LES OEUFS. M. Voisin, directeur du séminaire des Mis- sions étrangères, a reçu de la Chine des œufs de canard encore très-bons à manger et c|ui , suivant lui, seraient encoïc tels au bout d'un an ou deux ; ils étaient conservés par le pro- cédé suivant. Pour dix œufs on prend un demi-litre de cendres de cyprès ou de liges de fèves (quelques personnes rei!ii)lac!'nt cette cendre par la potasse), trois huitièmes de chaux pulvérisée et deux onces de sel commun aussi pulvérisé; on délaie le tout dans une fort_^ in- fusion de thé et l'on en forme une pâte dont on enveloppe les œufs jusqu'à l'épaisseur d'une ou deux lignes et ou les dépose dans un vase de terre qu'on ferme hermétiquement. {Moni- teur des villes et campagnes.) !¥• ÏIYGIÈIVE ET MEBECI^E, -g'-S-c{o-0 DE LA GOUTTE ET DU KnUMATISV.E GOUTTEUX. La goutte est une afTection fort répandue et qu'il convient de faire connaître. U'où lui vient son nom ? Est-ce de l'allemand gichl? car les Grecs, et après eux les Romains, l'ont appelée podagra quand elle affectait les pieds, et chi- ragra lorsqu'elle tenait les mains. Nous ne chercherons pas à édaircir ce point ; les noms ne font pas les choses, surtout en médecine, et c'est heureux, puisqu'il n'y a pas de maladie qui n'ait au moins cinq à six noms. On a proposé dans ces derniers temps la dé- nomination d'arthrite ou arthritispour désigner une affection connue sous les noms divers de rhumatisme goutteux , de rhumatisme articu- laire et de goutte. Celle maladie, qui peut se présenter sous des formes différentes, suivant l'âge des sujets (]u'elle affecte et le plus ou moins d'acuité et de régularité qu'elle offre dans ses retours, ne saurait être ainsi parta- gée ; c'est une seule et même maladie et qui est la goutte dans l'âge mûr et dans la vieil- lesse. Longtemps l'arthrite a été altrihuée à un vice, à un principe appelé goutteux , principe insaisissable qu'on supposait voyager dans toute l'économie et aller, se jetant tantôt sur un or- gane, tantôt sur l'autre, produire des désor- dres variés. Ces opinion:^, que rien ne justifiait, sont tombées dans l'oubli, et dans l'état actuel des connaissances, l'arthriîe est considérée comme l'inflammation des membranes syno- viales et des parties fil)reuses qui revêtent les articulations, inflammation qui partage avec le rhumatisme musculaire (inflammation des mus- cles) la singulière propriété de se déplacer fré- quemment et de donner lieu à des alfectioris diverses qu'on voit quelquefois disparaître lors- qu'au moyen d'iri itans externes on parvient à rappeler l'irritation primitive : aussi avait-on admis l'identité de cause de ces deux maladies, et ce n'était pas sans quelque fondement. On a remarqué que la goutte, ou du moins la disposition qui la produit , était souvent héréditaire ; mais si elle semble se transmettre d'une génération à l'autre, c'est que les cnfans, ayant une constitution semblable à celle de leurs parens, se trouvent soumis à l'influence des mêmes causes. C'est donc avec raison qu'un médecin a dit : « Les enfans des riches héritent de la goutte avec la fortune de leurs pères ; qu'ils soient déshérités et obligés de vi- vre d'une manière frugale et laborieuse, et ils seront soustraits à celte maladie. » ' Quant aux expressions si communes dans le monde, de goutte mal placée, remontée ou masquée, de goutte qui se jette sur le pou- mon^ sur le cerveau, etc., elles sont inexactes et propres à donner des idées Irès-fausses sur le phénomène morbide auquel elles se rattachent. En effet qu'un individu goutteux soit pris d'une affection du poumon, d'une inflammation d'une membrane muqueuse ou séreuse , la maladie pour cela est-elle bien différente de ce qu'elle serait si elle était duc à toute autre cause ? En effet diie que la goutte s'est portée sm* le cer- veau qunnd cet organe s'enflamme à la suite d'une phicgmasie articulaii'e, c'est, ainsi que le fait remarquer M. Broussais, comme si l'on di- sait que la folie s'est portée sur le gros orteil 372 HYGIENE ET MEDECINE. quand un accès de goutte remplace le délire ; mais encore une fois revenons aux choses et laissons les querelles de mois. Les causes de l'arthrile sont assez nombreu- ses,; outre les intempéries de l'atmosphère, l'action du froid humide, les fatigues de divers organes, les passions violentes, on compte et surtout on doit faire figurer en première ligne l'inteiiipcrance, l'abus des liqueurs spirilueu- ses, du vin, du café, du [\4, des alimcns de haut goût et très-nutritifs, qui déterminent l'invasion de l'arthrite chez ceux qui n'en ont pas éprouvé les atteintes et rappellent les accès chez ceux qui les ont déjà épiouvées. On trouve dans ce fait l'explication de l'observation déjà très-ancienne, savoir que cette maladie épargne d'ordinaire les femmes, les enfans, dont le ré- gime en général est plus modéré que celui des hommes : aussi, même parmi ceux-ci, les plus robustes sont-ils frappes plus souvent et d'une manière plus violente. Rarement la gouUe survient tout d'un coup ; elle est presque toujours annoncée par des symptômes précurseurs, plus ou moins remar- qués des malades suivant qu'ils sont plus ou moins sensibles : ce sont des douleurs dans les parties qui doivent être affectées et des phénomènes d'irritation vers l'estomac et le système nerveux. Les symptômes propres à la goutte sont une douleur vive et déchirante qui s'empare d'une ou de plusieurs articulations et que les malades comparent à celle que produirait une effusion d'eau bouillante ou de plomb fondu. Les parties affectées ne peuvent supporter ni la moindre pression ni le moindre mouvement; elles se gonflent, et la peau qui recouvre rougit quel- quefois. Alors pour peu que l'accès ait d'in- tensité, les signes d'une irritation du canal di- gestif se font apercevoir, et la fièvre se déclare, proportionnée au nombre et au volume des ar- ticulations affectées. Les urines présentent pres- que constamment dans leur composition une altération marquée ; elles déposent un sédiment rougoàtre et sablonneux dans lequel se trou- vent même des calculs quelquefois assez gros : on sait que la goutte est fréquemment la com- pagne de la giavelle. Ajirès avoir atteint un degré d'intensité auquel le traitement ne ren>- pèclie pas toujours de parvenir, la maladie dé- croît par degrés et le calme se rétablit, Itien souvent pour être troublé de nouveau après un couit délai ; d'ailleurs plus l'alTeclion est an- cienne, plus les accès sont rapprochés et prolongés. Alors la guérison comi)lète ne s'o- père jamais, les articulations restent iiabituel'e- ment gonflées et douloureuses, et il s'y déve- loppe des espèces de nœuds durs qui les déforment et gênent leurs mouvemens ; ces tu- roeuis sont formées par un dépôt de matière terreuse semblable à celle des os : on les nomme tophus, nodus, etc. L'arthrite se montre plus ordinairement à l'état aigu chez les jeunes sujets qui peuvent bien n'en avoir qu'une seule attaque ; mais cela est rare, et pour l'ordinaire cette maladie, lors- qu'elle s'est manifestée une fois, a de la ten- dance à se reproduire , et c'est lorsqu'elle est arrivée à cet état chronique et habituel qu'elle produit ces nodosités des articulations qui peuvent les condamner à une inaction com- plète. La niarcbe et la durée de la goutte aiguë ou chronique n'ont rien de bien régulier; cepen- dant la première se prolonge souvent jusqu'au quatrième jour. Bien que très-douloureuse, cette maladie n'est pourtant pas tics-grave, et il est rare qu'elle entraîne la mort à elle seule. Ce qui en fait le danger, c'est la facilité avec laquelle l'inflammation abandonne les surfaces articulaires pour envahir le poumon, le cer- veau, l'estomac, etc.; c'est ce qu'on appelait jadis la goutte rentrée ou remontée. L'arthrile chronique et habituelle est regar- dée comme incurable, et elle l'est en cfl'et dans le plus grand nombre des cas, mais c'est parce que les malades prétendent guérir par des spé- cifiques et se refusent presque tous obstinément à suivie le régime qui pourrait les débarrasser de la maladie et en prévenir sûrement le retour. Il n'existe pas plus de spécifique contre l'ar- Ihrite que contre toute autre maladie, et les di- verses méthodes de traitement, qui ont tour à tour été vantées comme jouissant d'une certi- tude parfaite pour la guérir, sont-elles toutes reconnues comme insuffisantes; même le trai- tement anliphlogislique et dérivatif qu'on em- ploie avec le plus de succès ne procurc-t-il dans la plupart des cas qu'un soulagement momentané, sans abréger la durée réelle des années si l'on ne suit un régime convenable et capable d'anéantir pour toujours la maladie. Le soin de vivre dans un air sec et chaud, de se couvrir de flanelle, d'user fréquemment de bains lièdes et de frictions sèches, et sur- tout d'observer les lois d'une rigoureuse tem- pérance et même de s'abstenir presque totale- ment de viande, de vin et d'excitans de toute espèce, sont les premières précautions à pren- dre pour se garantir des atteintes de la goutte quand on y est disposé originairement et pour s'opposer à ses retours quand déjà on en a été atteint. C'est cette sévérité de régime qui éloi- gne la plupart des malades incapables d'une résolution forte et qui les livre aux mains des vendeurs d'anti-goullcux (|ui ne les guéris- sent jamais. Que sont d'ailleurs tous ces anti-goutteux, depuis le ré'mède de Pradier, en réputation il y a vingt-cinq ans, jusqu'à celui du docteur MORALE, MÉTHODES D'ENSEIGNEMENT , LÉGISLATION. 373 Turck , qui dans ces deiniers temps a su se donner une vogue bruyante ? Ce sont dos dis- solutions dans l'alcool de substances résineuses et aromatiques dont on arrose de largos cata- plasmes de farine de graine de lin avec les- quels on enveloppe les jambes du malade. Ces remèdes guérissent comme les autres, avec le repos, le temps et la patience. Le remède de Cadet avait du moins le mé- rite de ne pas coûter cher : il consistait à boire, je crois, quarante verres d'eau en vingt-quatre heures. Quand la goutte est déclarée et qu'elle se présente sous la forme aiguë, elle doit être combattue comme une inflammation quelconque au moyen des saignées générales et locales, des applications émoUientes et narcotiques, des bains tièdes, etc. On devra tenir compte égale- ment de l'irritation du canal digestif conti-e la- quelle doivent être dirigées l'abstinence plus ou moins complète, les boissons tempérantes, et en procédant de cette manière, on n'a pas à craindre les phlegmasies secondaires, souvent si funestes , des organes intérieurs ; phlegma- sies qu'on a coutume de rapporter à la réti o- pulsion ou au transport du vice ou du principe goutteux et qui dans le plus grand nombre des cas sont la conséquence des remèdes très-iri i- tans que l'on emploie dans le traitement de l'ar- thrite. Il ne saurait être indifférent de faire prendre, dans un accès de goutte aiguë et quand l'estomac est irrité, des vomitifs, des purgatifs, des sudorifiques. Tout ce qu'il est utile de retenir de l'ancienne théorie de la goutte remontée ou déplacée, c'est que quand une afTeclion aiguë coïncide avec la brusque disparition de douleurs de goulle en mémo temps que l'on traite cette affection nouvelle par les moyens appropriés, il faut appliquer sur les parties occupées précédemment i)ar les douleurs des irritans propres à les y rapi)eler. Quand, au lieu d'être aiguë, la goutte est lente et chronique , le traitement ne doit être différent que sous le rapport de son activité ; du reste, même nécessité du régime et des re- mèdes tempérans. On peut néanmoins essayer avec quelque chance de succès les vomitifs, les purgatifs et les sudorifîques lorsque le canal digestif jouit de toute son intégrité : les bains de vapeurs simples ou aromatiques y sont également avantageux. Un peu d'exercice et quelques frictions stimulantes sont quelquefois utiles, de même que des cataplasmes excitans sur les parties malades , surtout lorsqu'il y existe des engorgemens indolens. Il ne faut pas pourtant prendre à la lettre le proverbe, goulle bien tracassée est à demi passée, et les fatigues excessives, de même que les frictions ou les applications très-irri- tantes ne seraient pas sans inconvénient. Nous souhaitons que cette courte instruction devienne pour les goutteux une sorte de ma- nuel qu'ils consultent avec fruit et qui les ga- rantisse surtout des funestes absurdités qui se débitent dans le monde, des charlatans d'un côté et des ignorans de l'autre. F. Ratiek, Directeur de l'École préparatoire de médecine, à Paris. f-%-f-o V. MORALE , MÉTHODES D'ENSEIGNEMENT , LÉGISLATION. TRAVAUX DES MAIËES POUR LE MOIS DE DÉCEMBRE , A JOURS FIXES ET A EPOQUES INDETERMINEES. Boùlancers. — Envoi au sous-préfet de l'état récapitulatif de l'approvisionnement de chaque boulanger. (1" décembre.) Caisse municipale. Vérification ; arrêté ou clôture des registres. — Le 31 décembre, le maire assisté d'un membre du conseil muni- cipal, vérifie la caisse du receveur municipal , en arrête le solde , clôt et arrête également en présence du comptable les registres de recettes et dépenses, tels que livre de détail, journal général, grand-livre, etc. Le maire arrête de même le solde en caisse et les livre; de recettes et dépenses des établis^ semens de bienfaisance et de l'octroi. Il est dressé, de ces opérations , Un procès- verbal qui constate l'état des fonds en caisse , les valeurs en poi-tefeuille et le montant des avances et créances qui restent à recouvrer. (Ordonn. des U septembre 1822 et 23 avril 1823; instr. du ministre des finances de sep- tembre 1824.) Le procès-verbal concernant la comptabilité municipale est signé du maire , du conseiller municipal et du receveur, et celui relatif à la comptabilité de l'hospice et du bureau de cha- rité, par le maire président, un membre délé- gué de l'établissement et le comptable. Si le comptable est chargé du service de plu- sieurs établisscmens , le procès-verbal de clù- 374 MORALE, MÉTHODES d'EINSEIGNE3IENT, LÉGISLATION. ture est alors accompagné d'une Imlance des . de pouvoir procéder, dès le premier janvier, comptes du grand-livre (Uîi présente le déve- loppement des valeurs existant entre les mains du receveur. (Instruction minisléi'iclle du 30 mai 1827.) Le maiic se conforme d'ailleurs aux instruc- tions exislautes, et à celles (pie le préfet publie chaque année pour ces diverses opérations. CoNTRisuTioNs Dir.ECTKs. SHualion c'cs vc- couvranens. — Le maire du chef-lieu de per- ception vise, après véiific.ition de la caisse et des écritures du complalile , l'état trimes- triel de situation des rccouvremens sur les con- tributions directes et sur les revenus commu- naux. Il examine les cotes des contribuables indi- viduellement, s'assure que les poursuites sont faites sans partialité, stimule les contribuables en retard alin de leur éviter des frais de pour- suites. Si les sommes en caisse, appartenant à la commune sont d'une certaine importance, il en provoque le versement au trésor ii tilre de placement, i f;nforniément aux instruclions. (31^déceml)re.) Écoles paimaiuks. — Le maire remet h l'ins- tituteur communal afin (]ue celui-ci le certifie, le rùle de la i-étribulion mensuelle à percevoir des parens des élèves. Le maire signe ce rùle et l'adresse au sous-préfet qui , à son tour, l'envoie au receveur municipal afin (pie les re- couvremens soient oj)érés. Le maire remet à l'insliluteur les mandats;! louchei', acquittés par le percepteur, (i" décembre.) Élulti de situaiiun des écoles. — Confor- mément à l'arlide 22 de la loi du 28 juin 1 833, le maire, de concert avec le connlé communal, dresse l'état de situation de cl)a(iue école pri- maire de garçons ou de tilles, conformcaient au modèle transmis par l'administration. Cet état est réàigé en quadruple expédition ; la première pour être di^osée aux archives du comité d'arrondissement; la deuxième dans celles de l'Académie; la troisième j^our être adressée au ministre ; la (iu:ili ième ^our être remise au préfet. Ces rcnseiguemcns sont cons- tatés le 15 déceuibre, et adivssés au sous-'i)r#- fet dans les dix piemiers jours de janvier. Éi-ECTiiurs cuM.Mu.N.vuX {Lïsks dci:). Tra- vail yréparaloire. — aux lermes de l'article -iO de la loi du 21 mars 1S31, l'opération de la confection des listes des électeurs coiunm- naux, devant ooiiimeiicer le i" jaii\ieret être terminée le 7, vu ce court intervalle, le maire ne saurait uiieux faire que de prescrire à ses bureaux de s'oci;uper, dans la deuxième quin- zaine da dé(^embre, du travail préparatoire tendant à faciliter et à abréger celle opération , tel (pie le relevé des décès, celui des cbange- mcns de domicile, etc. 11 sera ainsi en mesure aux opérai ions de rédaction des listes prescri- tes par les articles 32 et 38 de la même loi avec les fonctionnaires désignés dans ces ar- ticles. « C'est à tort, dit M. Miroir, dansl'yi/ÔMm Municipal, que dans certains recueils péiiodi- ques, faits beaucoup trop à la légère, on a in^ diqué que le piéfet devait intervenir dans ce travail préparatoire: le concours de cet admi- nistrateur, relativement aux listes des électeurs comnumaux, ne commence qu'au point indiqué pai- l'article 30 de la loi, et c'est induire M^ï. les maires en erreur, et par conséquent les engager dans un travail et dans une cor- resi)ondance entièrement inutiles que de leur parler un autre langage. » (Dans le mois.) Ekgagemens volontaires. — Envoi de l'état de ceux reçus pendant le mois. (31 décembre.) Clôture des registres. — Les registres des cngagemcns volontaires, reçus par les maires des chefs-lieux de canton, sont clos et arrêtés par eux le 31 décembre, delà même manière que les registres de l'état civil. Etat civu.. Clôture des registres. — Le 31 décembre, le maire ou l'adjoint remplissant les fonctions d'officier de l'état civil dàl et ariête les deux doubles de? registres de l'état civil de l'année. Le procès-verbal declôlure énonçanlle nom- bre d'actes inscrits est porté sur chaque re- gistre sans aucun &/flnc,iiiunédiatement après le dernier acte qu'il conlienl. Ce procès-vei'bal de clôture doit être dressé, lors même (pie le l'cgistrc serait resté en blanc, ce qui peut arrive;- dans les très-peliles com- munes ; dans (;e cas, il est placé iminédialc- incnt après le procès-verbal d'ouverture avec la mention qu'il n'y a eu dans l'année aucun acte à inscrire. (31 décembre.) Garue nationale. Jlccenscment. — En exé- cution de l'art. JS de la loi du 22 mars 1831, le maire a dû noter dans le courant de l'année, en marge du registre matricule de la commune, knniel est formé de la colleclion des bullclins iudividueis , les mutations i)rovcnanl, 1" des décès; 2" des cbangemens de résidence; 3" des actes en vertu de.sipiels les personnes désignées dans les arlicles il, 12 et 13 de la bji, auraient cessé d'être soumises au service de la garde ualionale, ou en seraient exclues. (Art. 18.) Si ces noies n'avaient pas encore été recueil- lies, ce travail devrait être l'ait pendant le mois de décembre pour être communiqué au con- seil de recensement, qui doit, au mois de jan- vier, procéder à la révision des listes. Le maire fait en outre établir la liste pour la communifiucr aussi au conseil de recen- sement : 1" Des ciloycns omis jusque là dans les re- MOPxA-LE, METHODES D ENSEIGNEMENT, LEGISLATION. censemens, on qui, depuis le liernicr, seraient venus fixer leur domicile dans la conuiiunc. 2" Des eitoyens qui, dans le cours de l'année, sont entrés dans leur vingliènie année. (Art. 17 de la loi.) 3" Dans ceux qui sont entrés dans leur soixantième année, au 31 déceuibre. (Idem 4ans le mois.) 1ns.tructioi\ primaire. Comités d'arron- dissement; aperçu des dépenses. — Dans ce mois , si cela n'a été fait en novembre , le co- mité d'arrondissement doit rédiger un apei'çu des dépenses à faire pendant l'année suivante. (Circulaire ministérielle du 31 juillet 1834.) Ces dépenses qui doivent être acquittées sur les fonds départenienlaux, consistent = l° en fournitures de bureau ; 2" en indemnités qu'il y aurait lieu d'accorder aux copistes qui seraient momentanément ap|)elés pour seconder h, se- crétaire dans les travaux extraordinaires; 3" en achat de registres et d'imprimés, etc. (D;ins le mois.) Mercuriale de la ouiiNZAiNE. — En dresser et en envoyer le tableau. (15 et 31 décembre.) Neiges eï glaces. Enlèvement. — Le maire donne des ordres pour que les babitans brisent les glaces, mettent les neiges en tas pour que leur enlèvement se fasse proniptemenl et que la circulation sur la voie publique soit toujours libre. L'autorité fait placer des piancbes pour faciliter le passage des piétons dans les parties de ruisseaux encombrées. Dans les villes où les moyens d'enlèvement manquent , on y supplée en plaçant les tas de neige et de glace sur la partie de la voie publi- que la moins fréquentés par les voitures ; on contraint les voituriers h s'observer dans leur marche pour ne pas disperser ces tas , et de distance en distance on îinl déblayer le ruis- seau dans la longueur de deux à trois mètres, ce qui facilite le passage des piétons. Les ordres du maire à cet égard doivent se renouveler dans les mois de janvier et de fé- vrier. (Dans le mois.) Poids et mesures. Férificalion. — Le maire fait publier un avis indiquant le jour où, d'a- près l'arrêté du préfet, les poids, mesures, balances et romaines , doivent être vérifiés et marqués du nouveau poinçon, soit à domicile, soit au bureau de vérification , soit à la mairie. L'avis indique la lettre qui doit former la marque de l'année. (Dernier jour de décembre ou premier jour de janvier.) LOI sur. LES FAILLÎTES Eï BANQUEUGllTES, (Suite cl On.) 644. SI le créancier porteur d'cngngemcns so- lidaires entre le failli et d'autres coobligés a reçu, avant la l'aiHile, un à compte sur sa créance, il ne sera compris dans la masse que sous, la déduction de cet à-compte , cl conservera, pour ce qui lui restera dû, ses droits contre le co- obligé ou la caulion. Le coobligé ou la caution qui aura fait le paiement partiel sera compris dans la même masse pour tout ce qu'il aura payé à la décharge du i'ailii. 545. Aonobslanl le concordai, les créanciers conservent leur action pour la totalité de leur créance contre les coobligés du failli. SECTION II, — Des créanciers nantis de gage et des créanciers privilégiés sur les biens meubles. 54G. Les créanciers du failli qui seront vala- blement nantis de gages ne seront inscrlti dans la masse que pour mémoire. 547; Les syndics pourront, à toute époque, avec l'autorisation du juge-commissaire, retirer les gages au prolil de la faillite , en remboursant la dcllc. 548. Dans le cas où le gage ne .sera pas retiré par les syndics, s'il est vendu par le créancier moyennant un prix qui excède la créance, le surplus sera recouvré par les syndics; si le prix est moindre que la créance , le créancier nanti viendra à contribution pour le surplus, dans la masse, comme créancier ordinaire. 549. Le salaire acquis aux ouvriers employés, directement par le failli , pendant le mois qui aura précédé la déclaration de faillite, sera ad- mis au nombre des créances privilégiées, au mê- me rang que le privilège établi par l'article 2101 du Code civil pour le salaire des gens de ser- vice. Les salaires dûs aux commis pour les six mois qui auront précédé la déclaration de faillite se- ront admis au même rang. 550. Le privilège et le droit de revendication , établis par le n° 4 de l'article 2102 du Code civil, au prolil du vendeur d'elïéts mobiliers ne seront point admis en cas de faillite. 551. Les syndics présenteront au juge-com- missaire l'état des créanciers se prétendant pri- vilégiés sur les biens meubles, et le juge-corn- niissairc autorisera, s'il y a lieu, le paiement de ces créanciers sur les premiers deniers rentrés. Si le pri\ilégc est contesté, le Iribunal pro- noncera. SEcriorv m. — Des droits des créanciers hypo^ Ihêcaires et privilèges sur les immeubles . 552. Lorsque la distribution du prix des im- meubles sera faite antériciirement à celle du pris des biens meubles, ou simultanément, les créan- ciers privilégiés ou hypothécaires, non remplis sur le prix des immeubles, conconrront, à pro- portion de ce qui leur restera dû, avec les créan- ciers chirographaires , sur les deniers apparte- nant à la masse chirographalrc, pourvu loulefois que leurs créances aient été vérifiées et affirmées suivant les formes ci-dessus établies. 376 MORALE, MÉTHODES D'ENSEIGNEMENT, LÉGISLATION. 553. Si une ou plusieurs distributions des de- niers mobiliers pr(;ccdent la distribution du prix des immeubles, les créanciers privilégiés et hy- pothécaires, vérifiés et alTirmés, concourront au\ répartitions dans la proportion de leurs créances totales, et sauf, le cas échéant, les distractions dont il sera parlé ci-aprés. 554. Après la vente des immeubles et le règle- ment définitif de l'ordre entre les créanciers hy- pothécaires et privilégiés, ceux d'entre eux qui viendront en ordre utile sur le prix des immeu- bles pour la totalité de leur créance ne touche- ront le montant de leur collocalion hypothécaire que sous la déduction des sommes par eux per- çues dans la masse chirographaire. Les sommes ainsi déduites ne resteront point dans la masse hypothécaire , mais retourneront à la masse chirographaire , au profit de laquelle il en sera fait distraction. 555. A l'égard des créanciers hypothécaires qui ne seront colloques que partiellement dans la distribution du prix des immeubles , il sera procédé comme il suit : leurs droits sur la masse chirographaire seront définitivement réglés d'a- près les sommes dont ils resteront créanciers après leur collocation immobilière et les de- niers qu'ils auront touchés au delà de celte pro- portion, dans la distribution antérieure, leur se- ront retenus sur le montant de leur collocalion hypothécaire et reversés dans la masse chiro- graphaire. 556. Les créanciers qui ne viennent point en ordre utile seront considérés comme chirogra- phaires et soumis comme tels aux effets du con- cordat et de toutes les opérations de la masse chirographaire. SECTION IV. — > Des droits des femmes. ' 557. En cas de faillite du mari, la femme dont les apports en immeubles ne se trouveraient pas mis en communauté reprendra en nature lesdils immeubles et ceux qui lui seront survenus par succession ou par donation entre vifs ou Icsla- mentaire. 558. La femme reprendra pareillement les im- meubles acquis par elle et en son nom des de- niers provenant desdites successions et dona- tions, pourvu que la déclaration d'emploi soit expressément stipulée au contrat d'acquisition , et que l'origine des deniers soit constatée par inventaire ou par tout autre acte authentique. 559. Sous quelque régime qu'ait été formé le contrat de mariage , hors le cas prévu par l'ar- llcle précédent, la présomption légale est que les biens acquis par la femme du failli appartien- nent à son mari, ont été payés de ses deniers et doivent être réunis à la masse de son actif, sauf à la lemme à fournir la preuve du contraire. 5G0. La fomnk pourra reprendre en nalure les effets mobiliers qu'elle s'est constitués par con- trat de mariagî ou qui lui sont advenus par succession, donation enlre vifs ou leslaineiitaire, et qui ne seront pas entrés en communauté, toutes les fois que l'identité en sera prouvée par inventaire ou tout autre acte authentique. A défaut , par la femme, de faiie celle preuve, tous les elTcls mobiliers , tant à l'usage du mari qu'à celui de la femme , sous quelque régime qu'ait été contracté le mariage , seront acquis aux créanciers, sauf aux syndics à lui remettre , avec l'autorisation du juge-commissaire, les ha- bits et linge nécessaires à son usage. 5G1. L'action en reprise, résultant des dispo- sitions des articles 557 et 558 , ne sera exercée par la femme qu'à la charge des dettes et hypo- thèques dont les biens sont légalement grevés, soit que la femme s'y soit obligé volontairement, soit qu'elle y ait été condamnée. 5C2. Si la femme a payé des dettes pour son mari , la présomption légale est qu'elle l'a fait des deniers de celui-ci , et elle ne pourra , en conséquence, exercer aucune action dans la fail- lite, sauf la preuve contraire, comme il est dit a l'article 559. 563. Lorsque le mari sera commerçant au mo- ment de la célébration du mariage , ou lorsque, n'ayant pas alors d'autre profession déterminée, il sera devenu commerçant dans l'année, les im- meubles qui lui appartiendraient à l'époque de la célébration du mariage , ou qui lui seraient advenus depuis , soit par succession, soit par do- nation enlre vifs ou testamentaire , seront seuls ou mis à l'hypothèque de la femme : l» Pour les deniers et elTels mobiliers qu'elle aura apportés en dot ou qui lui seront advenus depuis le mariage par succession ou donation enlre vifs ou testamentaire, et dont elle prou- vera la délivrance ou le paiement par acte ayant date certaine; 2° Pour le remploi de ses biens aliénés pen- dant le mariage ; 3° Pour l'indemnité des dettes par elle con- tractées avec son mari. 50'». La femme dont le mari était commerçant à l'époque de la célébration du mariage, ou dont le mari, n'ayant pas alors d'autre profession dé- terminée, sera devenu commerçant dans l'an- née qui suivra celle célébration, ne pourra exer- cer dans la faillite aucune action à raison des avantages portés au contrat de mariage, el, dans ce cas, les créanciers ne pourront, de leur côté, se prévaloir des avantages faits par la femme au mari dans ce même contrat. CHAPITRE VIII. — De la répartition entre les créanciers et de la lif/uidation du mobilier. .565. Le montant de l'actif mobilier, distrac- tion faite des frais et dépenses de l'administra- tion de la faillite, des secours qui auraient été accordés au failli ou à sa famille et des sommes payées aux créanciers privilégiés, sera réparti enlre tous les créaiiciersau marc le franc de leurs créances vérifiées et affirmées. 566. A cet elTet les syndics remettront tous les mois , au juge-commissaire, un état de situation de la faillite et des deniers déposés à la caisse des dépôts et consignations; le juge-commissaire ordonnera, s'il y a lieu , une répartition enlre les créanciers, en fixera la quotité et veillera à ce que tous les créanciers en soient avertis. 567. Il ne sera procédé à aucune répartition entre les créanciers domiciliés en France qu'a- MORALE, MÉTHODES D'ENSEIGNEMENT, LÉGISLATION. prés la mise en réserve de la part correspondante aux créances pour lesquelles les créanciers do- miciliés hors du territoire continental de la Fran- ce seront portés sur le bilan. Lorsque ces créances ne paraîtront pas portées sur le bilan d'une manière exacte , le juge-com- missaire pourra décider que la réserve sera aug- mentée, sauf aux syndics à se pourvoir contre celle décision devant le tribunal de commerce. 5G8 Cette part sera mise en réserve et demeu- rera à la caisse des dépôts et consignations jus- qu'à l'expiration du délai déterminé par le der- nier paragraphe de l'article 492; elle sera ré- partie entre les créanciers reconnus sï les créan- ciers domiciliés en pays étranger n'ont pas fait vérifier leurs créances , conformément aux dis- positions de la présente loi. Une pareille réserve sera faite pour raison de créances sur l'admission desquelles il n'aurait pas été statué définitivement. 5G9. Nul paiement ne sera fait par les syndics que sur la représentation du titre constitutif de la créance. Les syndics mentionneront sur le titre la som- me payée par eux ou ordonnancée conformé- ment à l'article 489. Néanmoins , en cas d'impossibilité de repré- senter le titre, le juge-commissaire pourra auto- riser le paiemenl sur le vu du procès-verbal de vérification. Dans tous les cas, le créancier donnera la quittance en marge de l'état de répartition. 570. L'union pourra se faire autoriser par le tribunal de commerce, le failli dûment appelé, à traiter à forfait de tout ou partie des droits et actions dont le recouvrement n'aurait pas été opéré, et à les aliéner; en ce cas, les syndics fe- ront tous les actes nécessaires. Tout créancier pourra s'.idrcsser au juge com- missaire pour provoquer une délibération de l'union à cet égard. CHAPITRE IX. De la vente des immeubles du failli. 571. A partir du jugement qui déclarera la faillite, les créanciers ne pourront poursuivre l'expropriation des immeubles sur lesquels ils n'auront pas d'hypothèques. 572. S'il n'y a pas de poursuite en expropria- tion des immeubles comniencée avant l'époque de l'union, les syndics seuls seront admis à pour- suivre la vente; ils seront tenus d'y procéder dans la huitaine sous l'autorisation du juge- commissaire , suivant les formes prescrites pour la vente des biens des mineurs. 57.3. La surenchère , après adjudication des immeubles du failli sr:r la poursuite des syndics, n'aura lieu qu'aux conditions et dans lc3 formes suivantes : La surenchère devra être faite dans la quin- zaine.'- Elle ne pourra être au-dessous du dixième du prix principal de l'adjudication Elle sera faite au greffe du tribunal civil , suivant los formes prescrites r«r hi .^rtlc'c; "10 ciTîi du :'o;!c de 377 procédure civile ; toute personne sera admise à surenchérir. Toute personne sera également admise à con- courir.à l'adjudication par suite de surenchère. Cette adjudication demeurera définitive et ne pourra être suivie d'aucune autre surenchère. , CHAPITRE s, — De la revendication. 574. Pourront être revendiquées, en cas de faillite , les remises en effets de commerce ou autres litres non encore payés et qui se trou- veront en nature dans ie portefeuille du failli à l'époque de sa faillile , lorsque ces remises au- ront été faites par le propriétaire , avec !e simple mandat d'en faire le recouvrement et d'en gar- der la valeur à sa disposition, ou lorsqu'elles auront été*, de sa part, spécialement affectées à des paiemens déterminés. 575. Pourront être également revendiquées, aussi longtemps qu'elles existeront en nature , en tout ou en partie , les marchandises consi- gnées au failli à titre de dépôt, ou pour être ven- dues pour le compte du propriétaire. Pourra même être revendiqué le prix ou la partie du prix desdites marchandises qui n'aura été ni payé ni réglé en valeur, ni compensé en compte courant entre le failli et l'acheteur. 57G. Pourront être revendiquées les marchan- dises expédiées au failli, tant que la tradition n'en aura point été effectuée dans ses magasins ou dans ceux du commissaire chargé de les ven- dre pour le compte du failli. Néanmoins la revendication ne sera pasrece- vable si , avant leur arrivée , los marchandises ont été vendues sans fraude, sur factures et con- naissemens ou lettres de voilure signées par l'ex- péditeur. Le revendiquant sera tenu de remboursera la masse les à-compte par lui reçus, ainsi que tou- tes avances faites pour fret ou voiture, commis- sion, assurances ou autres frais et de payer les sommes qui seraient dues pour mêmes causes. 577. Pourront ctie relenuespar le vendeur les marchandises, par lui vendues, qui ne seront pas délivrées au failli, ou qui n'auront pas encore été expédiées soit à lui , soi ta un tiers pour son compte. 578. Dans le cas prévu par les deux articles précédens et sous l'autorisation du juge-com- missaire , les syndics auront la faculté d'exiger la livraison des marchandises en payant au ven- deur le prix convenu entre lui et le failli. 579. Les syndics pourront, avec l'approbation du juge-commissaire, admettre les demandes en revendication : s'il y a contestation, le tri- bunal prononcera après avoir entendu le juge- commissaire. CHAPITRE XI. — Des foies de recours contre les jugemens rendus en matière de faillite. 580. Le jugement déclaratif de la faillite, et ce-ui qui fixera à une date antérieure l'époque de la cessation de^ paiemens, seront suscepti- bles d'opposition de la part de failli, dons la liui- (•j:'\ cJ 'c !.; p-rî (!? touie autre partie iî>tc- 378 MORALE, MÉTHODES d'enseignement , LÉGISLATION. ressée, pendant un mois. Ces délais courront à partir des jours où les formalités de l'alliche et de l'insertion, énoncées dans l'article 442, au- ront été accomplies. 681. Aucune demande des créanciers, tendant â faire fixer la date de la cessation des paicraens à une époque autre que celle qui résulterait du jugement déclaratif de faillilc ou d'un jugement postérieur, ne sera rccevable après l'expiration des délais pour la vériûcalion et l'affirmation de créances. Ces délais expirés , l'époque de la ces- sation de paiemcns demeurera irrévocablement déterminée à l'égard des créanciers. 682. Le délai d'appel , pour tout jugement rendu en matière de faillilc, sera de quinze jours seulement à compter de la signiflcalion. Ce délai sera augmenté à raison d'un jour par cinq myriamèlrcs pour les parties qui seront domiciliées à une distance excédant cinq myria- mèlres du lieu où siège le tribunal. 683. Ne seront susceptibles ni d'opposition, ni d'appel, ni de recours en cassation : 1" Lcsjugcmens relatifs à la nomination ou au remplacement du juge-commissaire, à la no- mination ou à la révocation des syndics ; 2° Lesjugcmens qui statuent sur les demandes de sauf-conduit et sur celles de secours pour le failli et sa famillle; 3» Les jugemens qui autorisent à vendre les effets ou marchandises appartenant à la fail- lite; 4" Lesjugcmens qui prononcent sursis au'con- cordat ou admission provisionnelle de créanciers contestés ; 5" Les jugemens par lesquels le tribunal de commerce statue sur les recours formés contre les ordonnances rendues par le juge-commis- saire dans les limites de ses attributions. TITRE DEUXIÈME. DBS BANQUKROUTE.S. CHAPITRE I". — De la banqueroute simple. 5Si.Lescasde banqueroute simple seront pu- nis des peines portées au code pénal et jugés par les tribunaux de police correctionnelle, sur la poursuite des syndics, de tout créancier ou du ministère public. 685. Sera déclaré banqueroutier simple tout commerçant failli qui se trouvera dans un des cas suivans : 1" Si ses dépenses personnelles ou les dépenses de sa maison sont jugées excessives; 2" S'il a consommé de fortes sonmies, soit à des opérations de pur hasard , soit à des opéra- lions fictives de bourse ou sur marchandises; 3° Si, dans l'inlenlion de retarder sa failiUe , il a fait des achats pour revendre au-dessous du cours; si, dans la même intention, il s'est livré à des emprunts, circulation d'ellets ou autres moyens ruineux de se procurer des fonds; 4» Si, après cessation de ses paiemens, il a payé un créancier au préjudice de la masse. ■M6. Pourra être déclaré banqueroutier s'mple tout commerçant failli qui se trouvera dans ua des cas suivans : 1° S'il a contracté , pour le compte d'autrui , sans recevoir des valeurs en échange , des enga- gemens jugés trop considérables eu égard à sa si- tuation lorsqu'il les a contractés ; 2° S'il est de nouveau déclaré en faillite sans avoir satisfait aux obligations d'un précédent concordat; 3o Si , étant marié sous le régime dotal, ou sé- paré de biens , il ne s'est pas conformé aux ar- ticles G!) et 70; 4° Si, dans les trois jours de la cessation de ses paiemens , il n'a pas fait au greffe la déclaration exigée par les arlicies 438 et 439, ou si cette dé- claration ne contient pas les noms de tous les associés solidaires; 5° Si, sans empêchement légitime , il ne s'est pas présenté en personne aux syndics dans les cas et dans les liclais fixés, ou si, après avoir ob- tenu un sauf-conduit , il ne s'est pas représenté à justice; G» S'il n'a pas lenu de livres et fait exacte- ment inventaire; si ses livres ou inventaires sont incomplets ou irrégulièrement tenus, ou s'ils n'offrent pas sa véritable situation acti\e ou pas- sive, sans néanmoins qu'il y ait fraude. 687. Les frais de poursuite en banqueroute simple intentée par le ministère public ne pour- ront , en aucun cas, être mis à la charge de la masse. En cas de concordat, le recours du trésor pu- blic contre le failli pour ces frais ne pourra être exercé qu'après l'expiration des termes accordés par ce traité. 688. Les frais de poursuite intentée par les syndics , au nom des créanciers, seront suppor- tés, s'il y a acquitlcmenl, par la masse, et s'il y a condamnation, par le trésor public, sauf son recours contre le failli, conformément à l'article précédent. 689. Les syndics ne pourront inlonter de pour- suite en banqueroute simple, ni se porter par- lie civile au nom de la niasse , qu'après y avoir été autorisés par une délibération prise à la ma- jorité individuelle des créanciers présens. 691). Les frais de poursuite intentée par un créaiicicr seront supportés , s'il y a condamna- lioji , par le trésor public, s'il y a acquitlement par le créancier poursui\ant. OHAPrrrE u. — De la banqueroute frauduleuse. 691. Sera déclarébanqueroutier frauduleux et punfdcs peines portées au code pénal tout com- merçant failli qui aura soustrait ses livres, dé- tocraé uu clssinmlé une partie de son actif, ou (jui, se il dans ses écritures, soit, par des actes publics ou des engagemens sous signature pri- vée, soit par son bilan , se sera iVaûduleusenicnl reconnu débiteur de sommes qu'il ne devait pas. 692. Les frais de poursuite en banqueroute frauduleuse ne pourront, en aucun cas, être mis à la cliarge de la masse. Si un ou plusieurs créanciers se sont rendus parties civiles ei! leur nom personnel, les Irais, MORALE, MÉTHODES D'ENSEIGNEMENT , LEGISLATION. en cas 'd'acquittement, demeureront à charge. leur ciiAPiTRK III, — Des crimes et des délits com- mis dans les faillites par d'autres que parles faillis. 603. Seront condamnés aux peines de la ban- queroute frauduleuse : 1" Les individus convainquis d'avoir, dans l'in- térêt du failli, soustrait, recelé ou dissimulé tout ou partie de ses biens , meubles ou immeubles; le tout sans préjudice des autres cas prévus par l'article GO du code pénal ; 2° Les individus convaincus d'avoir fraudu- leusement présenté dans la faillite et alilrmé, soit en leur nom , soit par interposition de per- sonnes, des créances supposées : 3° Les individus qui, faisant le commerce sous le nom d'autrui ou sous un nom supposé, se se- ront rendus coupables de faits prévus en l'ar- ticle 691. ô!)4. Le conjoint, les descendansou lesascen- dans du failli ou ses alliés aux mômes degrés, qui auraient détourné , diverti ou recelé des ef- fets appartenant à la faillite, sans avoir agi de complicité avec le failli , seront punis des pei- nes du vol. 695. Dans les cas prévus par les articles pré- cédons, la cour ou le tribunal saisis statueront lors même qu'il y aurait acquittement : 1° d'of- fice sur la réintégration à la masse des créan- ciers de tous biens, droits ou actions frauduleu- sement soustraits ; 2" sur les dommages-intérêts qui seraient demandés, et que le jugement ou l'arrêt arbitrera. 596. Tout syndic qui se sera rendu coupable de malversation dans sa gestion sera puni correc- tionnellement des peines portées en l'article 406 du code pénal. 697. Le créancier qui aura stipulé, soit avec le failli, soit avec toutes autres personnes, des avantages particuliers à raison de son vote dans les délibérations de la faillite, ou qui aura fait' un traité particulier duquel résulterait en sa fa- veur un avantage à la charge de l'actif du failli, sera puni correctionnellement d'un emprisoa- nement qui no pourra excéder une année , et d'une amende qui ne pourra cire au-dessus de 2,000 fr. L'emprisonnement pourra être porté à deux ans si le créancier est syndic de la l'aillite. 598. Les conventions seront en outre déclarées nulles à l'égard de toutes personnes et même à l'égard du failli. Le créancier sera tenu de rapporter à qui de droit les sommes ou valeurs qu'il aura reçues en vertu des conventions annulées. 599. Dans le cas où l'annulation des conven- tions serait poursuivie p;u- la voie civile, l'ac- tion sera portée devant les tribunaux de com- merce. 600. Tous arrêts et jugemens de condamna- tien rendus, tant en vertu du présent chapitre que des deux chapitres précédeiis . seront afli- chés et pu!)liés suivant les formes clablies par l'article 42 du code de commerce, aux frais des condamnés. ciiAPiTKE IV. — Do l'administration des biens en cas de banqueroute. 601. Dans tous les cas de poursuite et de con- damnation pour banqueroute simple ou fraudu- leuse , les actions civiles autres que celles dont il est parlé dans l'article 696 resteront séparées, et toutes les dispositions relalivcs aux biens , prescrites pour la faillite , seront exécutées sans qu'elles puissent être attribuées ni évoquées aux tribunaux de police cori'ectionnelle ni aux cours d'assises. 602. Seront cependant tenus, les syndics de la faillite , de remettre au ministère public les pièces , titres , papiers et renseignemens qui leur seront demandés. 603. Les pièces, titres et papiers délivrés par les syndics seront, pendant le cours de l'instruc- tion , tenus en état de communication par la voie du greffe; cette communication aura lieu sur la réquisition des syndics, qui pourront y prendre des extraits privés ou en requérir d'au- thentiques, qui leur seront expédiés par le gref- fier. Les pièces, titres et papiers dont le dépôt ju- diciaire n'aurait pus été ordonné seront, après l'arrêt ou le jugement, remis aux syndics, qui en donneront décharge. TITRE TROISIÈME. DE LARÉUABILITATION. 604. Le failli qui aura inlcgraleraent acquitté en principal , intérêts et frais, toutes les som- mes par lui dues, pourra obtenir sa réhabili- tation. Il ne pourra l'obtenir, s'il est l'associé d'une maison de commerce tombée en faillite, qu'a- près avoir justifié que toutes dettes de la société ont été intégralement acquittées en principal, intérêts et frais, lors même qu'un tfoncordat particulier lui aurait été consenti. 606. Toute demande en réhabilitation sera adressée à la cour royale dans le ressort do la- quelle le failli sera domicilié. Le demandeur de- vra joindre à sa requête les quittances et autres pièces justificatives. G06. Le procureur général près la cour royale, sur la communication qui lui aura été faite de la lequLle, en adressera des expéditions certifiées delui au procureur du roi et au président du tri- bunal de commerce du domicile du demandeur, et si celui-ci a changé de domicile depuis la fail- lite, au procureur du roi el au président du tri- bunal de commerce de l'arrondissement où elle a eu lieu , en les chargeant de recueillir tous les renseignemens qu'ils pourront se procurer sur la \érité des faits exposés. 607. A cet eilet , à la dil;gence tant du procu- reur du roi que du président du tribunal de commerce!, copie de ladite requête restera affi- chée pendant un délai de deux mois, tant dans les salles d'audience de chaque tribunal qu'à la bourse et à la maison commune, et sera insérée par extrait dans les papiers publics. 608. Tout créancier qui n'aura pas été payé intégralement de sa créance en principal, inté- 380 MORALE, MÉTHODES D ENSEIGNEMENT , LÉG1SLA.TI0N. rôts et frais et toute autre partie intéressée, pour- ra , pendant la durf^c de l'atTichc , former oppu- silion à Li réhabilitation par simple ;:cle au greffe, appuyé des pièces justificatives. Le créancier op- posant ne pourra jamais être partie dans la pro- cédure de réhabilitation. 009. Après l'expiration de deux mois, le pro- cureur du roi et le président du tribunal de commerce transmettront chacun séparément au procureur général près la cour royale les rensei- gnemens qu'ils auront recuciilis et les opposi- tions qui auront pu être fonuées. Ils y joindront leur avis sur la demande. CIO. Le procureur près la courroyalc fera ren- dre arrêt portant admission ou rejet de la de- mande en réhabilitation. Si la demande est re- jctée.elle ne pourra être reproduite qu'après une année d'intervalle. Cil. L'arrêt portant réhabilitation sera trans- mis aux procureurs du roi et aux présidens des tribunaux auxquels la demande aura été adres- sée. Ces tribunaux en feront faire la lecture pu- blique et la transcriplion sur leurs registres. 61'2. Ne seront point admis à la réhabilitation les banqueroutiers frauduleux , les personnes condamnées pour vol , escroquerie ou abus de conGance , les slcllionataires , ni les tuteurs, ad- ministrateurs ou autres comptables qui n'auront pas rendu et soldé leurs comptes. Pourra ;êtrc admis à la réhabilitation le ban- queroutier simple qui aura subi la peine à la- quelle il aura été condamné. G13. Nul commerçant failli ne pourra se pré- senter à la bourse à moins qu'il n'ait obtenu sa réhabilitation. G14. Le failli pourra être réhabilité après sa mort. LIVRE PREMIER. TITRE QUATRIÈME. C9. L'époux séparé de biens ou marié sous le régime dotal , qui embrasserait la profession de commerçant postérieurement à son mariage, sera tenu de faire pareille remise dans le mois du jour où il aura ouvert son commerce j à dé- faut de celte remise , iL pourra être, en cas de faillite, condamné comme banqueroutier sim- ple. LIVRE QUATRIEME. TITKtt DEUXIEME. C35. Les tribunaux de commerce connaîtront de tout ce qui concerne les faillites , conformé- ment à ce (]ui est prescrit au livre troisième du présent code. La présente loi, disculée, délibérée et adoptée pi'r la chambre des pairs et par celle des dé;;u- tés et sanctionnée par nous cejourd'hui, sera exé- cutée comme loi de l'état. CCNS JiLECTORAI.. Les prestations de liavaiix en nature impo- sées pai- la loi sont des coutribuiions directes el comme teiles doivent entier en compte pour la détermination du cens électoral. Noie. — Celte interprétation a été décidée en principe à l'occasion de la prestation établie par la loi du 21 mai 1836 sur ler. chemins vici- naux. Les motifs de l'arrêt sont : iTjue l'objet de cette prestation et la manière dont elle se perçoit la font rentrer dans la classe des con- tributions indirectes ; 2° que la loi ne l'ayant pa^ classée parmi les contributions indirectes, ce silence suffirait à lever le doute , et qu'en cas de doute même, il faut inierpréler en faveur de l'élecleur ; 3" que l'article 4 , loi d'avril 1831, qui contient l'énumération des impôts considérés comme directs, est indicatif et uoa limilatif. PAVAGE DES VILLES. USAGES LOCAUX. L'article 4 de la loi du 1 1 frimaire an VII , qui met h la charge des communes l'entretien du pavé poiu- les parties qui ne sont pas grandes routes , n'a pas pour but d'abolir les usages anciens qui dan> certaines localités mettent les frais de pavage à la charge des propriétaires riverains. L'aulori;é adminislraliveestcompéientc pour constater les anciens usages locaux, dresser et rendre exécutoires les rôles spcciatjx de con- tribution. CARKIEBES. CONTRAVENTIONS. L'arrêt du conseil du 5 avril 1772 qui dé- fend d'ouvrir aucune carrière h moins de 30 toi- ses des routes est toujours en vigueur dejjuis la loi du 21 avril 1810 sur les mines, et il est applicable aux carrières creusées à ciel ouvert. Celle prohibition ét;;blit une servitude légale ail profit (les grandes routes , ol riufraclion constitue une contravenlion de grande voirie dont la connaissance est dévolue aux conseils de préfecture. ALIGNEMENT. DROIT DES rUOrRlETAIRES. Les terrains désignés sur le pl;iii d'aligne- mcnl d'une ville pour faire pari le d'une ruey-ro- jelée ne sont p;;s dèa lors considéiés comme frappés d'interdit au point que le propriétaire ne puisse plus y élever de construction sans au! risaîion préalable. Le propriéîairc ne 'jieut être privé du droit de construirç.^ qu'autant que le projet de rue recevant son ■exé('alioii , il aura clé piéalablc- mcut exproprié et iialcamisé. MORALE, MÉTHODES D'ENSEIGNEMENT, LÉGISLATION. 381 S.CIENCES MORALES. RUSSIE : ENFANS TROUVES. La maison des enfans trouvés de Moscou a été établie en i'ancce 1762, d'après un plan rédigé par le lieutenant-général Bctskoï, qui était lui-même un illustre enfant illégitime. Ce plan est un cours de morale pratique. La mai- son porte le trti'e de Maison impcriale d'édu- cation: on y reçoit les orphelins, et une mère hors d'état d'entretenir son enfant peut l'ap- porter dans cet établissement, s'y faire accep- ter pour sa nourrice et recevoir le salaire fixé pour l'allaitement. Au nombre de ces derniers sont désignés sous le nom à'enfans de ville ceux qui sont élevés chez eux ; ils reçoivent une pension 'alimentaire proportionnée à leur âge, et si les parens le préfèrent, ils peuvent les placer dans la maison impériale d'éducation. Il, se fait trois fois par mois des mises en nour- rice, et lorsque les enfans ont atteint l'âge de dix-huit ans, on établit les garçons comme cultivateurs dans un village de la couronne. En 1834, un nombre considérable de jeunes familles composées d'élèves de la maison des enfans trouvés ont été établies dans une terre achetée dans le gouvernement de Smolensk pour y former une colonie. Bans les mises en nourrice, on ne comprend jamais les pensionnaires, c'est-à-dire les enfans pour lesquels on a payé, une f ois pour toutes , loa roubles, plus 60 roubles lorsqu'ils sont au sein. Ces pensionnaires ne quittent plus la maison impériale où ils sont élevés. En 1835, on comptait dans cet établissement i,043 adultes, dont 478 garçons et 565 filles. Selon . le plus ou le moins de capacité que montrent ces enfans, on les distribue dans les classes ou dans les ateliers. Les garçons apprennent le catéchisme, le russe, le latin, le français et l'allemand, l'bistoire, la géographie, la physi- que et les mathématiques. A la fin de ces études préliminaires, queiq-ies-uns d'entre eux sont envoyés à l'Académie de n^.éde ine pour y prendre leurs degrés ; d'autres suivent ies cours de l'Université et obtiennent ensuite du service dans le corps en-^^eignant eu dans les administrations» Les filles foui à peu p es les mêmes études el y rtunissont la musique et la danse. Elles pe.iver.t ensuite occi:per des places de préceptrices et de gouvernables dans l'intérieur de l'empire, mais il ne leiu* est point permis de se placer dans les deux capitales. On enseigne aux apprentis divers métiers , et les apprenties deviennent brodeuses, faiseuses de dentelles, toileuses et couturières. 0:i reçoit à la naison impériale d'éducation, par année, jusqu'à 7,000 enfans , sans qu'on cherche à s'informer du nom de leurs parens. On les accueille tous les jours, à toute heure, et ils sont baptisés sur-lc-cbamp ; puis on leur atta- che autour du cou un numéro, dont on peut prendre un double pour avoir la facilité de faire une réclamation si on le juge à propos. En outre, un hospice de la Maternité , qui fait partie de la maison des enfans trouvés, a été fondé en 1771 par M. Trocope Demidoff, en faveur des victimes de la séduction qui cherchent à ensevelir leur erreur dans le mystère. A leur arrivée on ne s'informe ni de leur nom ni de leur qualité , et les personnes qui leur donnent des secours oa des soins ne les connaissent que par le numéro qu'elles reçoivent en entrant. On engage les mères qui accouchent dans cet hospice à nourrir leurs enfans pendant le temps qu'elles y res» tent, et si elles demandent à les prendre avec elles en quittant l'hospice , cette permission leur est accordée. Près de Moscou, la maison impériale d'éducation possède une campagne où, pendant l'été, on envoie successivement et par divisions tous les enfans de cet établisse- ment pour y jouir de la belie saison ; ceux qui sunt malades y passent tout l'été. Cette maison des enfans trouvés est reniée de façon à pouvoir non-:^eulemcnt satisfaire h toutes les dépenses de son établissement, mais encore à celles d'autres étabiissemens con idé.-ables , tels que l'hôpital des Pauvres, l'hospice des Veuves, l'Iustitut technologique, etc. Un lotn-' hard{\) que la couronne a joint à la maison des enfans trouvés lui permet de faire face à toutes ses dépenses et c'aider même la couronne dans ses emprun's. Le lombard se partage en deux divisions, dont l'une est chargée des recettes et l'autre des dépenses : les recettes se compo- sent : 1° d'un p. 100 d'intérêt, formant le pro- duit d'u:ie balance en faveur du lombard qui prête à 5 p. 100 et reçoit à 4 p. 100 ; 2° du produit de ses baux à loyers, du droit qu'il touche sur la régie des cartes et qu'il perçoit sur les spectacles, les concerts et les fêtes publiques et du produit des dons volontai- res, etc., etc. Le lombard contient également un Mcut-d'^-Piété qui ne prête que sur immeu- bles, pierres pn'cieuses, b'joux, perles, argen- terie et autres objets qui ont une valeur intrin- s:èqae. L'administration des enfans trouvés était conduite et surveillée par feue l'impéra- trice mère, et ;iiaintenant c'est l'empereur qui s'en occupe et la protège. (1) Le Lombard esl le nom donné à un établisge- menl autorisé dans plusieurs villes des pays étran- gers et où l'on prête sur gages de l'argent à un intérêt réglé par les magistrats. Des négocians venus de JaLom- bardie el qui s'établiient d'abord à Paris, où ils exer- cèrent l'industrie de prêteurs sur gages, ont laissé leur nom à une des rues de la capitale où ils avaient fixé leurs comptoirs et par suite aux étabiissemens dont nous parlons. Les Slonts-de-Picté sont aujourd'hui en France ce que sont les Lombards en Russie> en Uollaude, en Bel- gique, etc., etc. TABLE DES MATIERES. ACniCULTURE ET nORTlCULTURE. Pages. Agriculture en France de- puis 1815 ; ses progrès, 272 — Eiicouragcmcns donnésà ragricnllure, 273 Artichauts. — Moyen de les préserver de la gelée, 332 Assolement quinquennal, 8G Bruvères (terre arliflcielle dé), 267 Canne à sucie, 20» Carottes sauvages amélio- rées par semis. 233 Cerisier (nouveau), 3G3 Champignons (nouvelle cul- ture des), 298 'Colza (culture du), 204 r.chenillage, 238 Elagagc(butder), 200, 241. Engrais. — Emploi du plâ- ^ tre. 297 Fauchaîson, 2C8 Fourrages divers, 529, 2G1, 293. Fourrages des prairies natu- relles et arlincielles non graminés, 7, 37,71, 103, 133, 105, 190. Fraisiers. — Moyen de pré- server SCS racines du ver blanc, 240 Garance (culture de la), 109 Indigo. — Son extraction du polygonum linclo- riîim, 170 Insectes.— Leur destruction sur les arbres par l'em- ploi de la clianx vive, 109 Lin de la >onvclle-Zélandc, 233, 301. Luzerne. — Moyen de dé- truire un insecte qui dé- vore les secondes coupes, 239, 2G5. Macliine à moissonner, 108, 298 ]Vai)éc. — Nouvelle plante textile, 170 réisai, chon chinois (utilité et culture du), 23.S Pimprcnellc (utilité de la), 331 Poireau (nouveau), 2G8 Prairies naturelles, 320 ^ — arlinriellcs,' 357 «églisse (cullurc de la), 203 Thé (culture indigène du), 170 Trèfle, incarnat, 83 — Fumure de la vigne par le trèfle, 110 — Danger du trèfle plturé en vert, 139 Vanille (culture de la), 203 Vergers agrestes, - - 2G8 • Pages. Vigne (planlali^eT) de la), 138 — Sur la teigne de la vigne, id. — Des amendemens et en- grais de la vigne, 172 — Kmploi du lil de fer pour la vigne, 174 — Sur la pyrale delà vigne, 23G COMMERCE, MANUFACTURES, ARTS ET METIERS. Anthracite (emploi de 1'), 303 Bleu céleste. — Fabrication de boules de bleu, 345 Bois. — Conservation des bois de construction, 305 — Procédé pour rendre le bois incombustible, 342 Bouchons (fabrication des), 213 Briqueterie mécanique, 304 Caoutchouc (nouveau moyen de préparer le), 248 Chaux (fabrication de la), 275 Cheminée salubrc, 305 Copicsd'imprcssion, dessins et gravures, 41 Couvertures de terrasse en zinc, 12 Dorure sur métaux, 248 Eaux (filtrage des), 60 — Appareils pour contenir l'eau, 213 — Eau forte des graveurs, 276 Encrier syphnide, 02 Epingles (fabrication des), 177 Essieux de voitures, 213 Fers creux laminés, 157 — Fabrication des fers, 275 Gravier (machine à enlever le). 248 Incendies ( Echelles pour les), 143 Lanterne de sûreté, 14 Lins. — Coninicrcc des lins en France, 341 Maréchal (procédés de l'art duj, 274 Mineurs. — Instmmens nou- veaux pour le tirage des rochers à la poudre, 344, 307. Papier de Chine. — Son en- collage, ''2 — Inaltérable. — Prix pro- posé par le gouverne- ment, 369 — Vernis, 3^ Pivots de montre, 304 Hampes Féron, 127 Piéservoirs en béton, lj[~ Soieries (commerce des), 27G Sucre. — Emploi de la bet- terave avant sa parfttile Page», maturité, '=^-- 370 Teinture, — Causes des la- ches sur les étofl'cs, 87 Tuiles (machine à fabri- quer les), 113 Vapeur (machines à), 303 ÉCONOMIE DOMESTIQt'K. Alimcns (préparation des), â06 Biscuits (le Reims (fabrica- ^ lion des), 249 Blanchissage. —Savons di- vers, 144 — Emploi de la sapon- naire, 215 — Emploi de la vapeur, id. Brasseries de cidre améri- caines, 43 Carbonisation des bois, 178 Charbon. — Conversion du bois en charbon, 113 Fromage de pomme de terre, 277 Hachoirs pour viandes et herbes potagères, 249 Incendie (secours contre 1'), 114 — Appareils contre les feux de cheminée, 219 Laiterie. — Nouvelle ba- ratte, 114, 214. — Pclil lait clarifié, 276 Lapin domestique, 87 Miel (sucre et sirop de), 14 OEufs (moyen de conserver les), 371 Persiennes en trile, 177 Presse-purée à trois pieds, 250 Pommes de terre gelées. — — Moyen de les utiliser. 307 Vert-de-gris. — Moyen de reconnaître sa présence dansc(»rtainscondimens, 308 Vins. — Procédés pour empê- cher l'altération des vins, 340 — Remède contre leur ai- greur, 307 — Sucre de fécule pour la dulcification des vins, 370 ÉCOBOMIE RURALE ET AGRICOLE. Accacia. — Son emploi dans les constructions ru- rales, 82 Aides ruraux ou garçons de ferme, 1^3 Alucite (destruction de 1'), 208 Bœufs (engraissement des;, 77 Charrues et semoirs André Jean, 332 Chevaux (nourritures diver- ses des), 209 TABLE DES MATIERES. 383 Pagf'S. CUrouilIc à vaches, 139 Enioiuloirs C4i S, SOS Exlirpaleur e^ fouiTlie, 20G Faux. — Manière de les af- filer, 12 Fourthe-BincUe , 2H> Graines '^conservation des), 171 Herse pour les prairies, i'I. Pommes de terre. — De leur cuisson spontanée pour la nourriture du bé- tail, 84 — Silos pour leur conser- vation, 82 Vaches. — Influence de leur alimcntalion sur le lait, 299 Veaux. — Manière de les élever sans lait, 139 Vers à soie. — De la mus- cardine, 11 — Emploi de la farine de riz pour leur nourriture, 177 —Appareil propre à les faire monter, 245 — JN'ouveau moyen d'élonf- fage des cocons, 363 CONSTRUCTIONS AGRICOLES. Ecuries, 342 Garennes et colombiers, 271 Gerbiers;, 338 Laiteries et fromageries, 206 Magnanerie, 300 Poulaillers, 269 Ruchers, 299 HYGIÈNE KT MEDECINE. Boissons (falsification des), 347 Chauffage et ventilation, 91 Dents (du soin des), 217 Eaux minérales, 10 Envies (des), 93 Erreurs populaires relatives à la médecine, 144, 179, 215. Foie de morue ( sirop d'huile de), 310 Force et de la faiblesse (delà), 114 Fractures (traitement des), 217 Gastralgie. — Emploi de l'huile de croton, 310 Goutte (de la), 371 Pages. Médecin (du choix d'un), 182 Mort apparente cl mort réelle, 19 Nourrice (choix d'unej, 44 Ophtalmies (traitement des), 310 Platane. — Effets perni- cieux de son duvet, 117 Rhumes, toux et catarrhes, id. Saxifrage ( emploi de la feuille de), 145 Vaccine et revaccinalion, 308 Vers (des), 277 LÉGISLATION. Brevets d'invention relatifs à des objets d'agriculture, 155, 191, 223. — Taxes des brevetpj 319 Contributions directes. — Jurispr;!dence du conseil d'état, 23, 51, 124. Conseils municipaux (ses- sion des), 283 Enregistrement. — Droits tixes, 54 — Droits proportionnels, 151 Exposition de l'industrie pour 1839, 317 Faillites et banqueroutes (loisûrles),3l2,349,375.) Justices de paix ( loi sur les), 281 Lettres d'attrape (rembour- sement des), 27 Location. — Des états de lieux, 318 Maires (travaux des), 20, 48, 94, 123, 148, 184,220,250, 281, 310, 348, 373. Mesures légales, 286 Organisation et administra- tion municipales, 19, 48, 122, 146, 183, 218. Police.— Des peines de sim- ple police, 27, 57. Recrutement de l'armée. — P.eraplacemens, ^ 186 Systéîna métrifjue décimal, 285 Vices rédiiibitoires (loi sur les) , 284 MÉDECiJsK VÉTÉRINAIRE. Farcin (traitement du , 245 Pages. Péripneumonite des bêtes à cornes, 110 Typhus. — De la nécessité de purifier les lieux in- fectés, 141, 174. — Désinfection des chairs des animaux morts, 211 Usage de la chair de quel- ques animaux atteints de maladies non contagieu- ses, 301, 340. Vers. — Maladies des vers chez les animaux domes- tiques, 363 MÉTHODES d'enseignement. Ecole préparatoire de méde- cine à Paris, 278 Education professionnelle, 190 Enseignement universel, 118 — spécial, 278 Instruction publique (de l'), 252 — Ecoles de charité en An- gleterre, 35 Ouvrages élémentaires (in- convéuiens des), 221 MORALE. Asile (salies d'), 3 Banque de prévoyance, 154 Caisse des incendiés, 153 Enfans trouvés. — Discours prononcé par .M. de La- martine, 332, 354. — Leur état en Russie. 381 aiaisons d'école dans les communes, 189 VARIÉTÉS. Chimie domestique, 194, 226. Correspondance ,31, 64 , 128, 191. Elagneur (manuel de 1'), 222 Etudes morales. — La vie réelle, 130, 162. Fermier (le), le philosophe elles charançons, 111 Livres utiles, 98 Notions générales de bota- nique, 258, 290. Observations sur la préten- due inflijcnce des lunes en agriculture, 24G Pierre Sacaze de Gaston, 99 s^ lUT^U] QUI ONT CONTRIBUE AU JOURNAL, SOIT COBIME REDACTEURS, SOIT PAR DES CITATIONS DE LEURS OUVRAGES. André-Jean. — Audoin. — Arzac. — Arnheitcr. — Augus- tin. Bailly de Merlieux. — Bar- thc-Rriard. — Baslard. — Raye — Rcllet. — Benoit. — Ber- thoud. — Coitard. — Bonafous. — Bosc, — Buchon. — N. Brown. Camille Béarnais. — Capplet. Chaix. — Chaulia. — Collet. Cornu. — CurLis. Deinarçay. — Delwart. — De- lafond. — Duclos. • Fabre-Lichaire. — Fauché. — Féron. — Fournet. — Pournier. — Fourtannier. — Fusch. Gambert. — Gambin. — Gan- diilot. — Ghyra'di. — Gibert. — Girardin (E. de). — Gloria. — Grailhc. — Grasset, liigonet. — Hotlon. Jacolot. — Jacquinet. — Ju- lia-Fonlat'.cUc. Karbe. L.-.chaud. — Labiche. — La- martine (de). — Leroy. — Les- qiiillier. — Lubin. Maillet. — Mention. — Ma- chéco (de). — Maigne. — Mara- tuch. — Mcilionas. — Michcl- Kaymffnd.-^ Mîdclet. — Miroir. Morrcn. Orfila. Parisel. — Pépin. — Péreuil. — Pcrpigna. — Poitcau. — Pu- vis. Quentin-Durand. Ralier. — Robin. — Rousseau. Salanville. — Sambin. — Shé- ridan. Terrai. — Tugot. Velpeau. — Verardi. — Ver- sepuy. — Vilmorin. — Voisin. Wagner. —Webster-Flockton. AVIS AÏJX ABO]^]VÉS. Nous disions au commencement de rnnnée : « Nous indiquons quelques-unes des améliora! ions qui seront introduites dans le Journal, nous réservant d'accueillir toutes celles dont la nécessité nous serait démontrée soit par l'expérience, soit par les conseils de nos abonnés correspondons , ou que nous suggérerait notre constant désir de conserver à cette feuille une part de l'immense faveur qui Taccueillit à son origine. » Plusieurs de ces améliorations ont été réalisées, soit par l'adjonction de divisions nouvelles dans le cadre du Journal , soit par le soin que l'administration a pris de faire résoudre par le comité de rédaction toutes les questions que les abonnés ont soumises à ce comité sur des faits qui les intéressaient personnellement ou qui, dans leurs rapports avec l'économie politique , l'économie sociale et la morale pu- blique, se raîtachaient aux intérè's généraux du pays. L'adminis'ration du Journal continuera de répondre aYCC la plus grande exactitude aux lettres des membres cor- respondans ou dis abonnés, en tant que ces lettres soulèveraient une des questions rentrant dai;s l'une des spécialités auxquelles le Journal est consacré. Les lettres qui nous paraîtraient offrir un intérêt général p:-ur nos lecteurs sercnt publiées chaque mois sous le litre de correspondance. Nous n'avons pas atteint à noire gré, pendant le cours de celte année, le but que nous nous proposions en remplaçant le Réper- toire de la conversaîion et de la lecli-re par des yinnonces critiques et raisonnées de l'industrie. Nous chercherons à multiplier ces annonces : les objc's d'industrie, les entreprises commerciales cl indusîrieîies seront signalés et appréciés dans ce bul- letin , que complétera rcxamen sérieux et impartial des statuts de quelques sociétés en commandite qui, psr leur nature ou leur importance, sont dignes de fixer l'al- tention publique. Le Journal achève sa huitième année de publication. Nos efforîs no seront peut- être point impuissans à conserver à ce recueil son caractère d'ulilité et à pro- pager des ))rinciperi (|ui ont amené sa fondation en appliquant ces principes aux besoins nouveaux cl anx intérêts positifs de notre époque. Conditions d'abonnement. Tonte (lomaïKÎc d'abonnemciil fr.ite dirccte- /ncnt à radiiiiriistrntion doit être; .icconip.igiioc d'un mandat (ic pojlc ; mais alors les sonscrip- Icurs sont anlorist-s à retenir sur le pi: . de six rnANcs l'atïranchisscmcnldi! leur lettre et le coût de la reconnaissance de pusle. Birection. Toutes les demandes d'abonncmens et Ic^ l'i^cKi- mations doivent èlre adressées à M. A. DESUt'^Z, directeur du Journal, rue IN'cuvc-tIes-l*etits- Cliampa, 50, à Taris. Mode de publication. Une livraison de 32 pages par mois , contenant la matière d'un demi-volume in-8". Chaque li- vraison est expédiée de Taris le 25 de charinc mois, afin que le journal puisse parvenir, sur les points les plus éloignés au commencement du mois dont il porte la date. Rédaction. S'adresser, pour la rédaction et la solution des questions à soumettre au comité du Journal, à M. LOUIS liEhLET. rédacteur en chef, rue des Jeûneurs, 7, à Taris. - Les aV^onnés au Journal des Conna>ssances utiles sont invités à renouveler de suite leur aboniiemcnt pour l'ann/e 18;;9, afin di; ne point éprouver de retard dans l'envoi des numéros. — Le nuir.éro de janvier sera expédie à dater du 25 décembre. DATIGNOIXES-MOKCEAUX. — iMVUJiiiiraE u'AuGUSTC DESREZ ET G', UUB LemEUCIE», 24. sr^c